I
l n'est plus question d'alliance diplomatique quand le prince Albert épouse la duchesse Elisabeth de Bavière, en 1900. Le royaume de Bavière est alors sous la régence du prince Luitpold, oncle du roi Othon, écarté pour folie. Et malgré la garantie de « droits réservés »,
la Bavière n'est plus, depuis 1870, que l'un des 25 Etats du Reich dessiné par Bismarck. Et si le père d'Elisabeth est également le frère de l'archiduchesse d'Autriche, il est surtout réputé comme ophtalmologue.
L'existence de la Belgique n'est pas menacée à court terme. Malgré la montée des nationalismes et l'affirmation de la puissance prussienne, aucun conflit majeur n'est venu menacer le nouvel équilibre européen depuis la défaite française de 1871. La course aux colonies a déplacé les
foyers de tension outre-mer. Mais si le mariage princier a cessé d'être un outil de la politique étrangère belge, il n'en reste pas moins pour Léopold II, un acte politique important, soumis au consentement du souverain. C'est ainsi qu'en 1898, le Roi s'oppose à un projet d'union entre le prince Albert et
Isabelle d'Orléans, sœur du duc d'Orléans. Il justifie son refus par la « décadence » du sang des Orléans, et fait remarquer qu'un prince héritier au trône de Belgique ne peut devenir le beau-frère du prétendant au trône de France, au risque de dégrader les bonnes relations de la Belgique avec
la IIIe République.
(B. Sn.)