Philippe sort ses griffes
La dernière heure du 15/02/02
Il regrette les attaques contre sa personne, « à la limite de l’insuite » lorsqu'il a reçu le titre de Docteur Honoris Causa à la KUL
BRUXELLES : Les interviews du prince Philippe à la presse sont plutôt une denrée rare. Si l'on
excepte ses déclarations au moment de la naissance d'Elisabeth,
le dernier entretien qu'il a accordé à un journal remonte à septembre. Et encore, il ne s'agissait pas d'un média belge ! C'était au prestigieux New York Times, à l'occasion d'une
mission économique aux Etats-Unis.
Philippe a cependant décidé de sortir de sa réserve en accordant une interview dans l'édition du 14 février que Campuskrant, le journal de la KUL, où il a été fait Docteur Honoris Causa la semaine dernière. Et il n'est pas particulièrement tendre avec la presse ! Il déplore ainsi que les journalistes aient accordé trop peu d'attention au contenu du discours qu'il a prononcé lorsqu'il a reçu le titre de Docteur Honoris Causa. « Au lieu de cela, il y a eu des spéculations sur mon passé d'étudiant et des attaques contre ma personne, à la limite de l'insulte. Au 21e siècle, une maison royale ne doit pas être star des médias ». Le prince a souligné en outre qu'il avait écrit son discours lui-mème.
Travail à long terme
Aux « passions passagères » des médias, le prince entendait opposer un discours basé sur la raison. « Le héros des médias est un héros d'un jour. La seule chose que l'on puisse faire est un travail à long terme, moins médiatique mais bien plus important. »
Le prince héritier, qui n'a décidément pas sa langue en poche, égratigne au passage ses opposants, qui ont manifesté contre son titre de Docteur Honoris Causa. « Ils feraient bien de trouver de nouveaux slogans. Cela fait des années que j'entends la même chose. Les extrémistes manquent de créativité. Mais je n'ai pas peur d'eux. Je commence même à connaître un peu certains visages ! »
Quant aux causes de l'extrémisme, Philippe se réfère au thème central de son discours : la reconnaissance. « Sans reconnaissance, personne ne peut se développer. Nous avons besoin des autres pour être nous-mêmes. Sans reconnaissance, la liberté est un concept creux. »
La reconnaissance intervient également à une échelle plus importante, selon Philippe. « Après le 11 septembre, nous devons réévaluer la solidarité internationale », a-t-il déclaré tout en soulignant la différence entre l'Europe et les Etats-Unis. « Je remarque en Europe une plus grande disposition pour reconnaître véritablement le Tiers-Monde et faire reculer la pauvreté, source du terrorisme. »
En conclusion, Philippe constate un grand isolement dans notre manière de vivre et s'en prend à un autre média : la télé. « Si vous regardez la télévision six heures par jour – et c'est le cas pour beaucoup de sonnes ‑ vous vivez isolé. Et les gens isolés sont enclins à devenir extrémistes, même dans l'isoloir. »