Guide pratique du Petit Taliban Orthodoxe.

Suite à plusieurs (hélas) fort judicieuses réflexions que m'ont faites des "hommes de Dieu" qui me connaissent, je me suis dit que ma "vocation" devait être ça : "mauvais exemple à ne pas suivre". Aussi vais-je vous en conter par quelques paraboles, non pas par auto-satisfaction face à mon fratras de sales habitudes, ça serait un comble! Mais je me dis que si vous faites le contraire de tout ça, hop! n'ayons pas peur des mots, vous aurez une bonne chance de vous retrouver un jour rien de moins que canonisé! Le plus "cocasse" c'est que la plupart des situations citées paraboliquement ou poétiquement avaient déjà été lues ou entendues chez de sages hommes de Dieu comme mise en garde. Les bouchons sont durs à enlever quand on croit qu'ils ne sont qu'extérieurs!

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JMayatolah bin Talibanovitch von Belgikskaia

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1. Ne refroidissez pas mes Eskimos!

Un saint homme de Dieu par les "hasards" des routes,
se retrouva un jour chez les Inuits, ou étaient-ce les Aléoutes?
Il y prêcha si bien la Bonne Nouvelle,
que tous voulurent goûter de cette Vie nouvelle!

Un pêcheur qui était pècheur et un peu paumé,
échoua sa barque un jour en cette belle contrée.
Nous approchions de la grande et belle Pâque du Seigneur,
dans une église un dimanche il vint près du saint prêtre pour y vider son coeur.
Après une Divine Liturgie qui eut convertit le plus dur des scélérats,
toute la contrée pour d'évangéliques agapes se rassemblat.

Voyant les convives se régaler de viande de phoque,
il s'empressa d'aller dire au prêtre : "ça, vraiment, ça me choque!"
Et de surenchérir, saints canons et saints Pères à l'appui,
qu'en ces temps-là, seuls huile d'olive et poissons sont permis..

Le brave homme de Dieu,
saint et très miséricordieux,
pour ce frère de se désoler intérieurement,
face à tant d'endurcissement,
et de lui faire remarquer qu'en ce temps,
contrairement au phoque, le poisson mord rarement.

"Et l'huile d'olive, cher frère "péêècheur", ici sur notre belle Banquise,
elle est un produit de luxe : c'est Carême donc elle n'y est pas de mise..."

"Mon frère, c'est ma vie", disait saint Silouane l'Athonite.
"Abba Antoine dit encore : La vie et la mort dépendent de notre prochain. En effet, si nous gagnons notre frère, nous gagnons Dieu; mais si nous scandalisons notre frère, nous péchons contre le Christ."
Sapristi, mais le mataf' (marin), il "connaissait" les Pères du Désert, et Saint Silouane aussi tout de même. Que n'a-t'il pas cherché à en vivre plutôt qu'à les citer pour vainement espérer se justifier?...
Lord Jesus-Christ, have mercy upon me, sinner!

PS : N'étant pas Saint Philarète de Moscou, ce n'est certes pas à moi que le grand Pouchkine écrirait que ma poésie est telle une harpe... ne cherchez donc pas ci-avant autre chose que de pauvres rimes, point de riche alexandrin..

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2. Le travail c'est la santé!

Parabole traduite de l'anglais :
"Chère maman, cher papa,
Te rends-tu compte que si tu meurs, ton employeur te remplacera sans aucun problème en quelques jours?
Mais ta famille que tu laisseras derrière toi, elle, c'est toute sa vie qu'elle souffrira de ne plus t'avoir près d'elle.
Penses-y un instant... Ne passes-tu pas plus de temps au travail qu'en famille? Quel investissement insensé, non?
Qu'y-a-t'il derrière cette histoire? Simple. Connais-tu la signification du mot famille? (en anglais)
FaMILY
Fa ther - papa
M other - maman
I "i" - je
L ove - aime
Y ou - vous
Papa, maman, je vous aime!
(message adressé par un enfant à ses parents un peu trop pris par leur travail..)"

Notez qu'on peut - hélas.. - remplacer ci-dessus le mot "travail" par "église", si le service en paroisse devient un substitut à la communion famillialle et qu'on en vient à délaisser "l'église à domicile" (cfr Saint Paul, Saint Jean Chrysostome, etc). Testé et désapprouvé..
Heer Jesus-Christus, Zoon van God, ontferm U over mij!

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3. Je suis ptet nouveau dans cette équipe, mais avec moi ça va gazer!

Un badaud passait près d'un terrain de basket-ball. Emballé par le jeu dont il connaissait au demeurant plutôt bien les règles théoriques, il rentra et s'inscrivit pour pouvoir faire partie de l'équipe. Les entrainements allaient bon train, l'ex-badaud devait probablement avoir quelque don reçu d'En Haut (Jean 3,27) pour une partie des actions à y mener. Vint le premier match. Le nouveau, tout fiérot de ses talents apparents, de se piquer d'haranguer l'équipe à la place du capitaine et de l'entraîneur : "faites comme ceci et comme cela, vous m'en direz des nouvelles". Et un ancien de discrètement chuchoter au nouveau : "dis, tu sais, cette équipe-là en face, ça fait des années qu'on la connaît, on l'a déjà rencontrée plusieurs fois, ton idée serait certes bonne face à d'autres équipes, mais si on fait ainsi avec eux, on va se planter.. on les connaît.. tu verras.."

Aimant un peu tout de même la philosophie et même pas qu'un peu, je sais, intellectuellement parlant, que vouloir imposer son opinion sans réflexion n'est pas forcément un bien. C'est ce qu'en disait en tout cas fort justement un philosophe stoïcien, Cléanthe d'Assos (Pédasos) : "Tu me demandes ce qu'est le bien? Ecoute donc : Il est règlé, juste, saint, pieux, maître de soi, utile, beau, décent, austère, droit, toujours profitable, sans crainte, sans tristesse, avantageux, sans douleur, secourable, plaisant, sûr, agréable, honorable, unanimement reconnu..., glorieux, modeste, attentif, doux, fort, de longue durée, irréprochable, demeurant toujours. Il n'est plus libre, celui qui tourne ses regards du côté de l'opinion, comme s'il voulait en obtenir quelque bien".  (fragments 75 & 101). Bon, on pourra toujours critiquer telle ou telle assertion, mais l'homme n'avait pas encore eu la chance de connaître le Christ, après tout c'est pas si mal d'en être déjà là. Et je le sais... Ca vaut la peine de lire de la bonne philo' si c'est pour la ranger dans sa bibliothèque sans en tenir compte!

Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi!

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4. Dans quelle synagogue me suis-je encore fourré?

Humour juif :
"Cela se passe à Tokyo, au Japon. Abel Mozon, en voyage à Tokyo, découvre avec étonnement une synagogue. Il y entre et après la prière, il demande respectueusement au Rabbin :
- dites-moi, monsieur le Rabbin, tous les types qui étaient là étaient juifs?
- sans aucun doute
- vraiments juifs? insiste Abel
- absolument, affirme le Rabbin
- et vous, vous êtes vraiment Rabbin?
- exactement!
- eh bien, fait Abel peu convaincu, vous êtes juif, d'accord, mais vous n'avez pas du tout le type!"

On remplace "juif" par "chrétien" "orthodoxe".
Devant "orthodoxe" on place "belge" ou "russe" ou "grec" ou "bulgare" ou.. n'importe quel nom de pays où il a plut à Dieu qu'il y ait déjà (ou à nouveau) des chrétiens "Orthodoxes".
On remplace "synagogue" par "église", "orthodoxe" bien entendu et ne compliquons rien, une qui est reconnue par toutes les autres sans condition sinon on n'en sort plus, n'est-ce pas?!
On peut garder "Tokyo" en pensant à Saint Nicolas du Japon par exemple.
On retrouve alors une situation bien connue, phrase à prononcer avec l'accent brusseleir : "Mais est-ce que ce bazar est bien orthodoxe? Awel, ils n'en ont pas l'air!"

  "Il les conduisit sur la montagne pour leur révèler la gloire de sa divinité, et pour montrer qu'il était ce même Sauveur qui, par l'intermédiaire des prophètes, avait promis de venir, afin qu'aucun ne succombe à la tentation en ayant vu sa passion consentie", Saint Ephrem le Syrien, commentaire sur la Transfiguration.
Saint Ephrem n'a pas dit "pour leur révèler la bonne manière d'avoir l'air orthodoxe". J'aurais mieux fait de relire, méditer et retenir ce que dit mon grand ami Ephrem avant d'ouvrir encore une fois pour rien ma bouche...

Gospodi, Iesous Christe, Sinié Bojé, pomiloui mas!

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5. Nos enfants regardent trop la télévision!

Extrait d'une prière (anonyme) d'un enfant à ses parents :
"J'aimerais être votre journal, que vous ayez toujours envie d'avoir de mes nouvelles...
J'aimerais être votre télévision, pour ne jamais m'endormir le soir sans avoir été, au moins une fois regardé avec intérêt..."

Oui, oui, tu as raison, mon cher enfant, mais tout de même, cette émission est importante pour ma culture - ou mon avenir professionnel, ou pour ma documentation catéchétique, prétextes au choix, liste illimitée -, tu aurais tout de même pu attendre qu'elle finisse pour me demander un câlin, non?
J'entend au fond de ma conscience une voix me dire : "Gardez-vous de mépriser aucun de ces petits: car, je vous le dis, leurs anges aux cieux voient constamment la face de mon Père qui est aux cieux." (Matthieu 18,10)
Ma réponse, avé l'accent de Dom Camillo : "Heuuuu, oui Seigneur.."

Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi!

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6. Qu'elle est belle, notre jeunesse! Ca promet!

a.«Notre jeunesse (..) est mal élevée. Elle se moque de l'autorité et n'a aucune espèce de respect pour les anciens. Nos enfants d'aujourdhui (..) ne se lèvent pas quand un vieillard entre dans une pièce. Ils répondent à leurs parents et bavardent au lieu de travailler. Ils sont tout simplement mauvais. »
b. «Je n'ai plus aucun espoir pour l'avenir de notre pays si la jeunesse d'aujourd'hui prend le commandement demain, parce que cette jeunesse est insupportable, sans retenue, simplement terrible. »
c. « Ce monde a atteint un stade critique. Les enfants n'écoutent plus leurs parents. La fin du monde ne peut pas être très loin. »
d. « Cette jeunesse est pourrie depuis le fond du coeur. Les jeunes gens sont malfaisants et paresseux. Ils ne seront jamais comme la jeunesse d'autrefois. Ceux d'aujourd'hui ne seront pas capables de maintenir notre culture. »
a = Socrate (470-399 av. .J-C.)
b = Hésiode (720 av. J.-C.)
c = un prêtre égyptien (env. 2000 av. J.-C.)
d= citation vieille de plus de 3000 ans, découverte sur une poterie d'argile dans les ruines  de Babylone.

Est-ce que vraiment, quand un de mes enfants veut aller à l'église et qu'il n'est pas habillé "comme moi j'aime", ça a plus d'importance que le fait que mon enfant veuille venir à l'église, et même souvent avec plus de joie que moi!? Je me demande si parfois ce n'est pas plutôt ce qu'on dit de (l'apparence de) mes enfants qui me fait plus plaisir que le fait de les savoir aimer Dieu... Vite, un psy! Tant recevoir et pas être content, je dois être dingo!

Lord Jesus-Christ, have mercy upon me, sinner!

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7. L'Académie de Platon, c'est de la gnognote par rapport à chez moi, ah non peut-être!

"Ou bien, quelle est la femme qui, si elle a dix drachmes et vient à en perdre une, n'allume une lampe, ne balaie la maison
et ne cherche avec soin, jusqu'à ce qu'elle l'ait retrouvée? Et, quand elle l'a retrouvée, elle assemble amies et voisines
et leur dit: Réjouissez-vous avec moi, car je l'ai retrouvée, la drachme que j'avais perdue! (Luc 15,8-9)

Il était un homme qui avait perdu un bien précieux reçu il y a fort longtemps.. à son baptème. Un jour, Dieu parvint à le lui faire retrouver, malgré toute la mauvaise volonté que cet homme déployait pour empêcher Dieu de réussir. Retrouvailles... La fête! Mes amis, quelle découverte, quelle joie, Dieu m'aime, allelu Yah!
Mais ci-dessus, la femme, une fois les réjouissances terminées, elle reprit ses activités normales, le coeur bien réchauffé, bien armée pour la longue et pénible route.. elle n'alla plus envahir la salle à manger de ses amies et voisines jour après jour pour leur dire "j'ai retrouvéééé ma draaaaachmeuuuuu!".. Imaginez la réaction, à la longue, même des plus endurantes et meilleures amies... imaginez la réaction, certains soirs dans la famille de cet homme, après qu'il leur eut "imposé" une exégèse fouillée de l'Evangile du jour avec citation de minimum 4 fois Saint Jean Chrysostome et 4 fois Saint Cyrile d'Alexandrie - il faut respecter l'équilibre Antioche-Alexandrie! - et référence à "l'apparat critique" du texte selon le manuscrit "machinchose" et les 2 mots d'hébreux qu'il sait (fort approximativement en prime)..

Un homme de Dieu fort connu de ceux qui fréquentent la belle côte belge disait : "les pèches, c'est excellent, mais si on en mange de trop, on attrape quelques problèmes gastriques; c'est pareil pour la vie spirituelle en famille".
C'est bien d'écouter les sages hommes de Dieu, mais pourquoi bon sang faut-il toujours qu'on ne s'en rappelle qu'après coup, une fois la gaffe commise?

Heer Jesus-Christus, Zoon van God, ontferm U over mij!

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8. Il faut commencer jeune!

Ayant lu un jour que tel ou tel grand saint avait commencé ses hautes études théologiques à un âge où d'habitude on préfère courir dans les bois, et au vu du résultat final, sans même tenir compte du style littéraire de l'hagiographie lue, style qu'il connaissait pourtant, untel se dit que c'était un bon plan à suivre pour avoir une famille de théologiens à même de tenir la dragée haute au premier malheureux jéhoviste venu, ou à un catéchiste en mal d'inspiration, au choix. Et certains jours le régime d'étude fut lourd. Quelle ne fut pas sa déconvenue quand un dimanche matin il trouva sa marmaille occupée à lire - horresco referens - une bande dessinée flatant l'usage des jeux vidéos les plus lobotomiseurs qui soient. BD que lui-même ne détestait d'ailleurs pas lire n'est-ce pas, mais un Dimanche, voyons, voyons, voyons!

"Il y avait dans le désert un chasseur de bêtes sauvages qui vit abba Antoine se récréant avec des frères. Il s'en scandalisa. Voulant le convaincre qu'il fallait de temps en temps condescendre aux frères, le vieillard lui dit:
«Mets une flèche à ton arc, et bande-le.» Il fit ainsi. Le vieillard reprit: «Bande-le un peu plus », et le chasseur le fit. Le vieillard lui dit encore : « Continue à le bander. » Le chasseur répondit: «Si je bande mon arc au-delà de la mesure, je vais le casser. » Le vieillard lui dit alors: «Il en va de même dans l'oeuvre du Seigneur; si nous tendons les frères outre mesure, ils seront bientôt brisés. Il faut donc de temps en temps condescendre à leurs besoins.» Entendant ces paroles, le chasseur fut pénétré de componction. Grandement édifié par le vieillard, il partit. Quant aux frères, ils retournèrent chez eux fortifiés."

Mais saperlote, c'est bien sûr! Abba Antoine, ce n'était pas pour simplement que je le lise plus tard qu'il a écrit ça, c'était pour que je suive son exemple! Flute, je m'ai encore gourré.

Gospodi, Iesous Christe, Sinié Bojé, pomiloui mas!

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9. Quel païen, ce riche!

Un homme apparement pieux s'en allait plusieurs fois par semaine à l'église pour prier Dieu et recevoir la Sainte Communion.
Passant devant la maison d'un riche médecin où l'on voyait une belle voiture toujours garée, il se disait en lui-même : les voilà bien, ces riches, ils vivent sans Dieu, ils ont tout ce qu'il faut donc Dieu ne les intéresse pas!

"Dans le désert, abba Antoine eut la révélation suivante. Dans la ville, il y a quelqu'un qui t'est semblable : médecin de son métier, il donne son superflu à ceux qui sont dans le besoin, et chaque jour il chante le Trisagion avec les anges".
Glips.

Et de devenir tout honteux en apprenant un jour que le riche médecin sévèrement jugé recevait les pauvres sans les faire payer, allant jusqu'à leur fournir les médicaments et donnant larges aumones...
Quand les tracas matériels, certes importants et réels, se transforment en munitions pour le "fusil à jugement" (Matthieu 7,1), qu'est-ce qu'il y a moyen de devenir bouffi d'orgueil! Parole!

Kyrie éléison!

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10. Je vais leur apprendre, moi!

Un jeune théologien chrétien passait devant une paroisse hétérodoxe où il y avait un sacré pétard. Une ambiance genre fête villageoise au Tyrol, yodléléhitou compris.
Il entra et vit une grande assemblée occupée à danser, à chanter à tue-tête des "Gloire à Dieu" et autres "Jésus on t'aime!". Une sacrée cohue.

"Quel mauvais goût, ils ne chantent pas dans les tons et n'importe quoi, ils se tiennent n'importe comment, il faut que je sache ce qui se passe", se dit-il. Il approcha d'une personne qui lui avait l'air moins déjantée que les autres et lui demanda de quoi il en retournait. La personne de répondre, hors d'haleine : "nous venons de lire le passage de l'Exode où Dieu fait passer Israël à pied sec et anéantit Pharaon, et nous louons Dieu parce qu'Il a sauvé Israël!" et de repartir illico pousser des hululements à la "schamalala" et danser avec les autres.
Le jeune théologien de se dire "mais ils sont dingues, je vais leur apprendre ce qu'il faut comprendre de ce texte, moi".
Il monte à leur pupitre, prend le micro, demande la parole, arrive à les calmer et leur explique le texte.
"Chers frères et soeurs, hum, chrétiens, hum. Le grand Origène dans ses homélies nous explique la symbolique du baptème dans ce passage de l'Exode, .. et puis Tertullien... , et puis saint Grégoire le Théologien.. et puis.. Et en plus, historiquement, il est plus que probable que ce n'était qu'un tout petit bout de bras du Nil, avec des roseaux, une lagune quoi, fort peu d'eau après tout". Toute l'assemblée est baba. Il est content, il en a montré à ces hétérodoxes ce que c'est que la vraie Foi, non mais sans blague.
Il sort.
Boucan.
Il sursaute.
A l'intérieur, ça a repris de plus belle, mais alors en plus fort encore qu'avant!
Il retourne à l'intérieur en courant et demande à la première personne croisée : "mais vous n'avez pas compris ce que je vous ai expliqué?"
"Si! Si! répond l'extatique, et merci encore! Et justement, nous louons Dieu qui a réussi à faire périr une si grande armée dans si peu d'eau!"

Père Marc, qui était au monastère Saint Silouane en France, dans une entrevue télévisée, disait se réjouir de savoir qu'il y a encore des moines et des moniales catholiques-romaines qui prient nuit et jour. En l'écoutant je me disais "mais oui, bien sûr, il a tout à fait raison"... C'est si facile (pour moi) de critiquer les membres d'une Eglise hétérodoxe... alors que sans gratter beaucoup, qu'est-ce qu'il y a moyen de trouver comme "cadavres dans les placards" de sa propre Eglise...

Gospodi, Iesous Christe, Sinié Bojé, pomiloui mas!

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11. Je vais lui apprendre, moi!

Un jeune théologien chrétien se dit que pour vivre pleinement l'expérience des Pères du Désert et parvenir un jour peut-être à la cheville d'un saint Jean de Gaza ou saint Paul du Désert - l'humilité comprise! - , il lui fallait inévitablement aller dans un endroit bien désert, avec beaucoup de sable et peu d'humains. Il partit donc au loin, tel un nouveau légionnaire des sables du Christ, mais sans oublier ses précieux manuels et nombreux livres des saints Pères, sinon rien qu'avec sa sainte Bible il ne serait qu'un vil hérétique, c'est bien connu.

Chemin faisant, le soir tombant, il vit un feu en haut d'une colline, s'en approcha, et y rencontra un chèvrier. Ils sympathisèrent. Le chèvrier lui parla des merveilles de la Création, de la beauté du ciel étoilé, le jeune approuvait.
Puis le chèvrier partit traire une biquette et apporta 3 bols de lait. Il en proposa un au jeune, il en but un après avoir rendu grâce. Puis déposa le troisième dans le creux d'un proche petit un rocher, ayant dit une prière "pas très orthodoxe".
Le jeune théologien lui fit la remarque. Le chèvrier lui dit : "cela fait des années que chaque nuit, je place là un bol de lait de ma meilleure chèvre. Il est pour Dieu. Et ça plaît à Dieu parce que chaque matin, le bol est vide."
Le jeune lui dit : "Bon, d'accord, les miracles, mais là c'est un mirage, il doit y avoir une explication simple. On va veiller et surveiller discrètement le bol". A contre-coeur, le chèvrier qui voulait dormir du sommeil des justes resta avec le jeune théologien - ce dernier respectant les consignes de son "pnevmatikon", il égrenait avec conscience et technique respiratoire appliquée son "tchotki". Juste avant l'aube apparu un renard; il vint sans hésiter au petit rocher, plongea la tête dans le creux et y lappa avec joie le lait puis repartit. Le jeune dit au chèvrier : "alors, tu as vu, Dieu n'a rien à voir là-dedans, c'est un animal, un renard, une créature, c'est tout. N'adore pas la créature, c'est mauvais pour le Salut de ton âme". Le jeune s'en alla, fier d'avoir éloigné le spectre de l'hérésie de la Foi du chèvrier.

La nuit suivante, méditant de belles paroles d'un très sage Père du Désert dont il avait emporté la collection avec lui, il s'endormit. L'Ange du Seigneur lui apparut en songe : "Et alors, tu es fier de toi? Le Seigneur, touché par l'offrande de ce nouvel Abel, inspirait chaque nuit à un renard de venir s'y nourrir, et le simple homme était ravi de voir que Dieu avait agréé son offrande. Et toi, avec tes beaux discours, tu lui a cassé toute sa joie de croire en Dieu!"
Le jeune se réveilla en sursaut, tout tremblant, en sueur. Il partit en courant dans la nuit pour essayer de retrouver la colline où sûrement le chèvrier était. Il le retrouva, tout triste. Le jeune lui dit : "as-tu trait ta chèvre cette nuit?". Le chèvrier de répondre en sanglotant : "mais après ce que tu m'as dit, j'ai pas osé, non". Le jeune de dire : "mais tu sais, j'ai été bête, je ne connais rien aux chèvres, aux renards, et même qu'est-ce que je sais de Dieu?! vite, apporte-nous 3 bols de lait et n'oublie pas le rocher!"
Puis ils chantèrent des cantiques toute la nuit, le chèvrier accompagnant avec sa flute (un modèle de flute garanti orthodoxe, bien entendu). Ils ne se soucièrent que du Seigneur et de la joie qu'Il met en nos coeurs... et s'endormirent du sommeil des justes. Au matin, quand ils virent que le bol était vide, ils rendirent ensemble grâce à Dieu et partirent chacun de son côté, bénissant le Seigneur et le coeur plein de joie.

"Craignons que par une présomption téméraire, la science que nous cherchons à tirer des Ecritures ne se transforme en péché", écrivait mon grand ami Origène, dans ses homélies sur le Lévitique (5,9). Je le sais, je l'ai lu. Et pas vécu. Qu'est-ce que je peux être rabat-joie quand j'entend une personne me conter une aventure spirituelle "pas très orthodoxe" mais sans danger..
Gospodi pomiloui!

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12. Je sème des cailloux.

C'est l'histoire de deux amis  qui marchaient dans le désert. A un moment, ils se disputèrent et l'un des deux donna une gifle à  l'autre. Ce dernier, endolori mais sans rien dire, écrivit dans le sable:  AUJOURD'HUI  MON MEILLEUR AMI M'A DONNE  UNE GIFLE. Ils continuèrent à marcher puis trouvèrent un oasis, dans lequel ils décidèrent de se baigner. Mais celui qui avait été giflé manqua de se noyer et son ami le sauva. Quand il se fut repris, il écrivit sur une pierre:  AUJOURD'HUI MON MEILLEUR AMI M'A SAUVE LA VIE.
Celui qui avait donné la gifle et avait sauvé son ami lui demanda: "quand  je t'ai blessé tu as écrit sur le sable, et maintenant tu as écrit sur la pierre. Pourquoi?" L'autre ami répondit: "quand quelqu'un nous blesse, nous devons l'écrire dans le sable, où les vents du pardon peuvent l'effacer. Mais quand quelqu'un fait quelque chose de bien pour nous, nous devons le graver dans la pierre, où aucun vent ne peut l'effacer ".

C'est bète, mais je collectionne plus souvent les cailloux que les tas de sable quand on me marche sur les pieds, et j'oublie les cailloux quand on me rend service. Et pourtant, à la mer, mes enfants m'ont montré que le sable c'était chouette pour jouer avec mais que ça salissait et était difficile à enlever; et que pour ramener et conserver un bon souvenir, rien de tels que les petits coquillages et beaux cailloux... Je devrais écouter plus souvent mes enfants.

Kyrié éléison!

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13. Votez pour moi, je vous (r)amène la paix!

En tel endroit de mon pays, si untel d'une telle Eglise (orthodoxe) vous parle d'une autre Eglise (orthodoxe) qui y est aussi présente, ni l'une ni l'autre n'étant d'ailleurs en situation canonique correcte parce que la "Diaspora" est un non-sens théologique pour ne pas dire plus pas mais passons, c'est d'office bingo, c'est pour la bombarder de critiques. Je vous le donne en mille : j'ai toujours LA réponse "canonique" qui résoudra tout. Comme disait encore hier en riant un sage homme de Dieu en m'écoutant patiemment dans mes illusions : "mais bien entendu, on va t'élire Patriarche et tu va tout règler en vitesse!"

Mon ami le grand philosophe Sören Kierkegaard écrivait pourtant ceci : "Bien souvent, nous avons constaté que le monde ne peut pas nous donner la paix. Seigneur, fais-nous expérimenter la vérité de ta promesse que rien au monde ne peut nous ôter ta paix."  (cfr Ps 90,9-gr/91,9-heb & 1Thes5,23).

Et l'admirable Corrie Ten Boom, survivante de cette famille qui aux Pays-Bas sauva tant et tant de juifs durant la seconde guerre mondiale, prolongeant durant l'occupation leur vie de famille chrétienne active et charitable mais au risque de leur vie cette fois ( http://www.corrietenboom.com/ ), elle qui se retrouva avec toute sa famille en camp de concentration, n'écrivait-elle pas que "la paix dans le Seigneur ne dépend pas des circonstances extérieures de notre vie, mais exclusivement de notre communion avec Dieu"? (Corrie a survécu au camp de concentration de Ravensbrück, là où la sainte moniale russe Mère Marie Skobstova est morte martyr pour les mêmes raisons)

Et le grand mystique rhénan, Thomas A Kempis, disait aussi "Conservez-vous premièrement dans la paix; et alors vous pourrez la donner aux autres. Le pacifique est plus utile que le savant. Un homme passionné change le bien en mal, et croit le mal aisément. L'homme paisible et bon ramène tout au bien. Celui qui est affermi dans la paix ne pense mal de personne; mais l'homme inquiet et mécontent est agité de divers soupçons: il n'a jamais de repos et n'en laisse point aux autres. (Mt 5,9)". Et nous connaissons tous la phrase de saint Séraphim de Sarov sur l'acquisition de la paix de Dieu et son effet direct sur la paix autour de soi..

Je sais tout ça, je l'ai lu. Mais ne l'ai souvent pas vécu - pourquoi d'ailleurs parler au "passé"?! Et au lieu de prier pour que Dieu apporte Sa Paix à la situation de non-Amour que je rencontre et que moi j'arrive à vivre de cette Paix qu'Il me donne pourtant largement, "j'en rajoute une couche" à la situation avec mes opinions tranchées. C'est sûr que ça va aider...

Gospodi pomiloui!

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14. Jackpot divin!

"Ne vous souciez pas de ce que vous mangerez demain, demain se souciera de lui-même" nous dit notre divin Maître. Maintenant, quand on voit les factures s'amonceler et les ressources taries depuis longtemps, c'est une tentation bien forte de prendre Dieu pour un jackpot. Tout en répètant à ceux qui parlent de prier pour obtenir "un boulot", "une nouvelle voiture", etc, que Dieu n'a jamais dit que la vie ici bas était ce dont nous devions nous soucier en premier lieu - même si il y a bien entendu un devoir parental de se soucier des ressources pour la famille.

Si parce que je l'entend trop (??) souvent ou le lit aussi souvent (ça oui), la Parole de l'Evangile qui me le dit ne passe pas aussi bien, peut-être que la philosophie aurait dû avoir un peu plus de chance de passer, quand elle est bonne? Par exemple Ménandre (Fragments, n°245), certes auteur de théatre du 3ième siècle avant Jésus-Christ et pas pleinement philosophe, mais belle observation tout de même que ceci : "Si un homme, avec ses cymbales, amène Dieu à faire ce qu'il désire, celui qui fait cela est plus grand que Dieu; mais ce sont là des instruments d'audace et de violence, inventés par les hommes".

Kyrié éléison!

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15. Je suis occupé, envoie-moi un fax, ma chérie!

Communiquer ou écouter et parler? Les moyens de communication ultra-développés et "anonymisants" plutôt que la communication directe, en voilà encore un choix où il est facile de se planter. De me planter..

(à suivre)


Bien fraternellement dans le Christ!

Jean-Michel, votre hôte

16 / 12 / 2003

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