Enseignement de l'Eglise Catholique-Romaine sur l'éducation affective, la vie
difficile et rêvée des couples, la sexualité et l'amour.
Réflexion basée sur les Saintes Ecritures, les documents du Magistère catholique-romain, les données scientifiques concrètes concernant la nature humaine et sa psychologie. Fidélité conjugale, cohabitation et relations avant mariage, divorces, concubinage ou mariage ou mariage chrétien, fiançailles, chasteté, plaisir, homosexualité & parenté, bonheur, fertilité & régulation des naissances, tous les points sensibles possibles sont abordés à la lumière de l'Evangile. Ecole de la Foi, diocèse catholique-romain de Namur-Luxembourg, septembre-octobre 2001.
Nous allons voir la 1° étape de lamour : comment fonctionnons-nous, chacun, par rapport à cette question ? Lamour est une expérience universelle, que lon retrouve sur tous les continents, dans toutes les cultures et toutes les religions. Lhomme est fait pour aimer. Comment ? Cest ce que nous allons voir ici.
INTRODUCTION
Pour commencer, nous allons dabord nous poser une question : si nous regardons au fond de nous, que désirons-nous ?
En fait, nous désirons tous être heureux. Nous cherchons le bonheur. Et on sent aussi que ce bonheur est lié à lamour. Et oui, notre grande préoccupation, consciente ou inconsciente, est dêtre aimé et daimer. Nous rêvons tous plus ou moins de vivre en harmonie avec ceux qui nous entourent, que ce soit au travers de relations damitié ou damour.
Ce besoin daimer et dêtre aimé est inscrit très profondément dans tout homme, toute femme et est réellement synonyme de bonheur.
Pourtant, on remarque autour de nous et même en nous, que ce nest pas si simple daimer : que de drames personnels ou de société, qui viennent de différents manques damour.
On voit vite que lamour " réussi " nest pas évident, inné et que nous devons tous apprendre à aimer vraiment.
Mais comment faire, concrètement ?
Et puis, peut-on aimer les autres sans saimer dabord soi-même ? (Il est écrit dans la Bible : " Tu aimeras ton prochain comme toi-même )
Nous allons essayer dy réfléchir ensemble.
Nous ne sommes pas ici pour juger ou condamner. Nous allons parler de comportements qui conduisent au bonheur, et de comportements qui mènent à la souffrance. Sans juger : faisons un parallèle avec la drogue : je peux dire, sans être intolérant ou moralisateur, que la drogue est un mal objectif, car elle détruit lhomme (ceux qui nen sont pas convaincus nont quà regarder quelquun qui vient de se " piquer ", ils verront vite que ce quelquun est dans un état catastrophique !). En condamnant la drogue, je refuse, en même temps, de condamner la personne qui se drogue : qui sait quel chemin de difficultés, de souffrance, de solitude la conduit à se droguer ? Refusant de la juger, je peux même laimer, la respecter, et mefforcer dêtre une personne sur qui elle pourra prendre appui si elle le souhaite.
Donc, on peut, sans être intolérant, condamner des comportements, en refusant de condamner les personnes qui adoptent ce comportement. Cest ce que fait le Christ, dailleurs : il condamne le péché avec force, tout en étant tout accueil et amour pour le pécheur.
Donc, nous allons maintenant réfléchir ensemble au bonheur du couple sans jugement des personnes.
Avant dessayer de comprendre comment être heureux en couple, il est important de comprendre comment on " fonctionne " soi-même. Cest ce quon va essayer de faire maintenant, à laide dun schéma appelé " zones de lêtre ".
LES ZONES DE L'ETRE
L'être humain est un être complexe, constamment en relation avec autrui. Personne, ici, ne vit sur une île déserte, loin de tout contact humain !
Le schéma suivant, les "zones de l'être" va nous permettre de mieux comprendre les différentes composantes qui entrent en action dans toute relation.
La capacité relationnelle des individus évolue avec le temps pour arriver, à l'âge adulte, à des relations libres et responsables.
Dessiner maintenant le schéma des zones de lêtre, zone par zone, en lexpliquant au fur et à mesure.
Le tout jeune bébé communique principalement par son corps et son affectivité: le corps manifeste par des cris sa faim, sa peur, son inconfort...; par le sourire, sa joie ou sa satisfaction. Son affectivité se développe: au début, il aime sa mère peut-être parce qu'elle satisfait ses besoins matériels, mais on sait maintenant que, dès la vie intra-utérine se développe tout un échange affectif. L'enfant aime sa mère, simplement parce que c'est elle.
En grandissant, l'enfant développe progressivement sa raison (qui lui permet de comprendre, réfléchir, connaître, évaluer...) et sa spiritualité: tout le monde, même le non croyant, a une zone spirituelle : cest là que se trouve entre autre léchelle de valeurs qui évalue les comportements, qui dit : " ceci est bien, ceci est mal ". Et aussi une soif de Dieu (même si elle nest pas reconnue consciemment comme telle.)
Toutes ces zones communiquent entre elles et s'enrichissent mutuellement, même si elles se contredisent souvent. Pour bien le comprendre, on va prendre un petit exemple :
Un enfant se promène dans la rue et rencontre un monsieur qu'il ne connaît pas qui lui présente des bonbons. Son corps va dire "chic! accepte!". Mais son intelligence va dire: "Non, ma Maman m'a toujours dit de ne pas accepter les cadeaux des inconnus."
Il va donc devoir choisir entre ce que lui dit son "corps" et ce que lui dit "sa raison".
Il y a donc conflit intérieur, et pour résoudre ce conflit, il va devoir exercer sa liberté : il va devoir décider de ce quil va faire : sil est esclave de sa gourmandise, il va peut-être accepter les bonbons, mais ce ne sera pas un acte libre : il laura fait, simplement parce quil nétait pas capable de ne pas le faire ! Cest un peu la même chose pour lalcoolique : il se croit libre de boire (en effet, dans notre pays, lalcool est en vente libre et rien ninterdit de se saouler) mais en fait, il est esclave de son besoin de boire. Cest souvent un esclavage du corps, qui a besoin dalcool, et de laffectivité : souvent, on commence à boire à la suite dun problème dordre affectif.
Ce nest pas forcément facile de mettre toutes nos zones en accord, ou de refuser la dictature de lune ou lautre : cest un long apprentissage. Donc, 1° chose importante à comprendre, cest que, si je me sens mal dans ma peau, ce nest pas forcément parce que jai un problème psychologique et que je dois donc courir chez un psychologue pour me faire soigner. Peut-être que, simplement, ça tiraille entre les zones !
Réalité biologique
La puberté
A la base du cerveau se trouve une toute petite boule, de la taille dun petit pois, lhypophyse. Cest lordinateur central de notre corps, qui coordonne tout le système hormonal. A un moment donné, cette hypophyse envoie un signal au corps : " il est temps de passer à lâge adulte ". Tout un système hormonal se déclenche, qui a pour finalité de transformer le corps de lenfant en en un corps adulte capable de procréer et dassurer la survie de lespèce.
Les hormones imprègnent tout le corps et influencent donc aussi le psychisme.
Effets
pulsion (envie de manger le bâton de chocolat)
fantasme (rêve pour fuir une réalité ou sinventer une réalité plus attrayante : accident du prof de math)
nont pas de valeur morale en soi, mais peuvent être mis sous le contrôle de ma volonté.
Cela nécessite un réel apprentissage de lexercice de sa liberté.
Adolescent
Cest particulièrement vrai chez les adolescents : dès que la puberté est terminée, le corps est adulte, avec ses pulsions, ses envies, ses instincts.
- Mais la zone affective, elle, nest pas au même stade : le jeune est à lépoque où il se " sépare " de ses parents, où il apprend à vivre seul, même si, dans la réalité, il a encore besoin, même sil ne le reconnaît pas ouvertement, de la chaleur du nid !
- Sa raison, elle aussi, est en pleine maturation : il réfléchit de plus en plus par lui-même, ne fonctionnant plus uniquement sur ce quil avait appris des adultes. Il se fait sa propre opinion, sa propre réflexion. Mais il na pas encore tout compris ni appris ! La preuve, cest quil est encore à lécole pour compléter sa formation.
- La zone spirituelle, elle-aussi, est en pleine effervescence : le jeune prend de la distance par rapport aux valeurs quil a reçues de ses parents : il va accepter ou refuser ce quil a appris, pour se créer sa propre échelle de valeur, et, sil a été éduqué dans la pratique dune religion, il va choisir de rester croyant ou non. Il va devoir faire une rencontre personnelle avec le Seigneur.
Donc, cest très important de se rendre compte que le conflit intérieur est quelque chose de normal, même si ce nest pas toujours très agréable ou facile à vivre !
L'adulte devrait normalement être capable d'avoir des relations interpersonnelles libres, c'est à dire qu'il décidera, en fonction des informations données par son corps, son coeur, son intelligence et sa spiritualité, de la conduite à tenir, sans être esclave de lune ou lautre zone.
Ce schéma marche aussi pour expliquer notre façon de vivre nos relations amoureuses :
Quand on tombe amoureux n'entrent en jeu que le corps et/ou l'affectivité.
Ex: imaginons que je sois encore un jeune adolescent. Ce matin, pour aller aux cours, j'ai croisé dans le bus une fille superbe. Flash ! Je suis amoureux. En discutant avec elle, je me rends compte qu'en plus d'être vachement jolie, elle est drôlement sympa. Reflash, affectif cette-fois. Je suis donc amoureux, sans l'avoir forcément cherché ou prémédité.
Dans cet exemple-ci, il sagit dun coup de foudre, mais on peut tomber amoureux lentement : une amitié peut se transformer tout à coup ou pas à pas, en attirance amoureuse. Toutes les histoires damour sont uniques et ont développement tout à fait particulier !
Donc, être amoureux, c'est une émotion, une attirance que je subis. Certains tombent amoureux très souvent, d'autres très rarement. Tout est question de tempérament... Et ça peut aussi arriver aux gens mariés !
Aimer, c'est la même chose, mais l'intelligence et la spiritualité ont leur mot à dire: elles peuvent freiner ou accélérer une relation.
Ex: je reprends lexemple précédent : en discutant avec la fille, je me rends compte quelle est mariée. Manque de chance pour moi ! Je nai pas forcément fait exprès de tomber amoureux delle mais maintenant, ma raison va crier "casse-cou" et ma spiritualité va m'interroger sur le sens de cette relation éventuelle: puis-je construire mon couple en détruisant une famille déjà constituée ?
Aimer, c'est donc accepter une passion amoureuse, en la soumettant à la raison et à son idéal. Je ne subis plus mes sentiments, car je décide de leur évolution, sans en être esclave, et après avoir interrogé toutes les zones de ma personnalité. De façon libre et responsable.
Oui, mais alors, la passion ?
Pourquoi dit-on que l'amour rend sourd et aveugle ?
La vraie passion, celle qui effectivement fait que l'amoureux ne voit plus et n'entend plus rien en dehors de son amoureux, c'est quand la force des sentiments nous fait décoller de la réalité. (cf. schéma : on " gonfle " la zone affective et physique jusquà avoir une forme de montgolfière, et on dessine deux petits pieds en dessous des zones de lêtre, en montrant que ces pieds décollent du sol.) L'imagination, le rêve (éveillé) prennent le pouvoir qui fait qu'à un moment, l'amoureux fou "décolle". N'ayant plus les pieds sur terre, sa raison, sa spiritualité peuvent hurler, il n'entendra rien. Les parents peuvent tout essayer pour faire entendre raison à leur enfant, rien n'y fera, il "plane".
Le remède ? Attendre que la "bulle de l'imagination" se dégonfle et que l'amoureux atterrisse. Ca fait parfois très mal...
Ou bien intervenir avant "l'envol", en crevant la "bulle". L'outil, c'est la raison, qui doit donner son avis avant que les zones affectives ou physiques ne soient tellement bouleversées par lexpérience amoureuse quil en devient impossible de leur résister. Mais ça ne marche que si c'est l'amoureux lui-même qui réfléchit !
Bref, le meilleur moyen d'éviter une fuite hors du réel, c'est encore la prévention: apprendre à repérer nos mouvements du corps et du coeur, en s'obligeant à ne pas s'embarquer dans le rêve éveillé quand on sait que l'histoire d'amour n'a aucune chance de réussir.
Evidemment, la passion n'est pas interdite dans un couple fait pour durer, au contraire...
Voilà. Ce schéma permet donc de comprendre la complexité de nos réactions et surtout de mieux comprendre ce qu'est la liberté:
Trop souvent, on croit qu'être libre, c'est faire ce qu'on veut, comme on veut, quand on veut. Sans se rendre compte qu'au nom de la liberté, on est parfois esclave: comme on la dit tout à lheure, l'alcoolique se croit libre de boire comme il veut, alors qu'il est esclave de sa passion pour l'alcool. Il n'est pas capable de choisir de ne pas boire.
La liberté, c'est donc être capable de faire des choix, pour s'accomplir, se réaliser. Est libre celui qui n'est pas prisonnier de ses passions, de ses émotions, de ses peurs, des circonstances, ... Est libre celui qui choisit l'orientation qu'il veut donner à sa vie, en veillant à ce que toutes les composantes de son être s'épanouissent. En amour, est-on plus libre maintenant que tout est permis ? Le Don Juan qui collectionne les conquêtes n'est-il pas prisonnier des ses désirs, sans être capable de construire une histoire d'amour solide ? N'est-il pas esclave de ses passions, comme certains de nos ancêtres ont pu être prisonniers d'une morale qui rejetait le corps ?
Etre libre, c'est donc faire des choix qui respectent toute les zones de l'être.
C'est aussi un moyen d'exercer ses responsabilités: si on a retenu une option de vie entre une ou plusieurs possibles, ne doit-on pas rendre des compte à sa conscience et à ceux dont la vie est influencée par ce choix ? La liberté de chacun est donc limitée par celle d'autrui car toute liberté se situe dans un tissu de relations avec d'autres personnes qu'on ne peut négliger. Il ne faut donc pas confondre la liberté potentielle ( qui est ce que j'ai la possibilité de faire) et la liberté éthique (qui est ce que je suis capable de faire, sans nuire aux autres.)
Quand on ne veut pas ou qu'on est incapable de se priver de toutes les possibilités qu'offre l'existence, on décide, alors, au nom de la liberté, de rompre les liens que l'on a tissés autour de soi ; on décide de se défaire de ses engagements.
Dans cette perspective, l'autre disparaît.
Le schéma des zones de lêtre vaut pour les femmes et les hommes, même sil y a des différences importantes dans la manière de fonctionner de ces zones.
Pour aimer, il faut se savoir, se connaître, se comprendre différents
Lhomme et la femme sont DIFFERENTS
Ca paraît élémentaire, évident. Et bien non, ce nest plus évident pour tout le monde. Nous vivons dans une société " unisexe " où, au nom de légalité, on tente de gommer la différence sexuelle. Or reconnaître la différence ne veut pas dire que lon nie légalité de dignité ! !
Cette négation ou non connaissance de la différence est source de bien des difficultés dans les couples.
Nous portons tous en nous des modèles de femmes ou dhommes, plus ou moins consciemment, et ceci en fonction de notre tempérament
de notre éducation
- de notre histoire personnelle
- de nos rencontres
ex : fille dans famille où les hommes sont médecins de père en fils. Hyperorganisés.
Sera désorientée par lartiste au tempérament bohème : ne correspond pas à lidée quelle se fait des hommes.
Garçon dont la mère est très " femme dintérieur ". Sattendra à ce que toutes les femmes adorent cuisiner et lui mitonner des bons petits plats
Nous sommes invités à ne pas faire de ces " modèles " des absolus, afin de pouvoir découvrir lautre tel quil est vraiment et pas tel que je mimagine quil est.
A partir des zones de lêtre, nous pouvons tâcher de reconnaître des différences objectives et à peu près constantes.
CORPS
- Pas seulement différents au niveau des organes génitaux mais par tout leur corps.
- Chaque cellule est # : chromosomes X et Y
- Cette différence physique va colorer tout le comportement, la façon dêtre, lactivité de lhomme ou de la femme.
LAFFECTIVITE
Cest le lieu de nos émotions, des sentiments, des désirs, de la psychologie.
Autrefois, ces # étaient affirmées fortement, le plus souvent en faveur des hommes dailleurs.
Aujourdhui, on a plutôt tendance à les nier.
Il faut faire la part des choses entre les clichés stéréotypés véhiculés par certains milieux ou certaines cultures et les réalités objectives.
- sexualité :
lhomme : - organes sexuels de lhomme sont externes et destinés à donner la vie hors de lui, parfois même sans le savoir. ( ! !)
=} tendance à considérer la sexualité comme un à-côté de sa vie ;
la femme : - organes sexuels de la femme dans lintime de son corps, destinés à porter, longtemps (9 mois, cest long ) la vie.
=} plus consciente de la " gravité " de la sexualité, de ses conséquences.
=} plus grand besoin dêtre protégée, pour pouvoir elle-même protéger la vie en elle.
- Cette différence physique a des répercussions sur le psychisme :
Recherche plutôt :
La tendresse (zone affective) attrait physique (zone physique)
1° malentendu : habillement filles : en shabillant " sexy ", la fille cherche à attirer la garçon pour obtenir son amour, dans le sens de la tendresse. Mais bien souvent, elle ne fait que " lexciter " physiquement, et va émoustiller sa zone du corps bien plus que sa zone affective.
! Pour les filles : Etre vigilante sur ce plan ! Pas besoin de shabiller en bonne sur mais faire attention à ne pas stimuler lappétit sexuel des garçons, quaprès, elles se plaindront de ne pouvoir contrôler !
2° malentendu : la gentillesse des garçons est facilement interprétée par les filles comme une preuve damour.
! Pour les garçons, faites attention à ne pas jouer avec le cur des filles !
3° : la fille a une imagination plus développée : elle a tendance à interpréter les événements dans le sens de ce qui larrange : si un garçon vient sasseoir à côté delle, elle se dira peut-être : sil vient à côté de moi, cest donc que, peut-être, il maime un peu. Alors quen réalité, le gars sest peut-être assis là parce que cétait la seule chaise libre !
! Les filles doivent être vigilantes quant à leurs rêves
sécurité conquête
1° filles plus possessives 2° garçons plus instables
constance multiplicité des conquêtes (perpétuation
de lespèce)
1° filles plus " cocooning " 2° garçons plus " agités ".
Importance de la parole importance de laction
lhomme croit quil dit du moment quil fait ; la femme ne " voit " que ce quelle entend.
Il faut donc quils apprennent à comprendre le mode de communication de
lautre.
è importance pour les garçons de DIRE ;
è importance pour les filles de VOIR, de percevoir lamour dans les gestes posés.
Donc,
- les apprivoiser (en tenir compte)
Ces différences ne signifient pas que les hommes et les femmes soient inégaux : ce nest pas une question de supériorité ou dinfériorité.
Si donc je mattache à vous rappeler ces différences, cest parce que leur méconnaissance est loccasion de multiples heurts et malentendus.
Ce siècle nous a montré que les femmes étaient aussi intelligentes que les hommes : toutes les études leur sont désormais accessibles.
Il y a pourtant un fait de société qui doit nous poser question : pourquoi les postes à responsabilités sont-ils encore souvent occupés par des hommes ? Divers gouvernements tentent détablir des quotas. La raison de cette différence dans les carrières ne vient-elle pas du fait que beaucoup de femmes ne veulent pas sengager dans une carrière professionnelle lourde pour garder une plus grande disponibilité pour leurs enfants ? La campagne du Ministère pour légalité des chances, qui vise à promouvoir le temps plein plutôt que le temps partiel tient-elle réellement compte du désir des femmes de soccuper de leurs enfants ?
Cette espèce dacharnement à vouloir faire de la femme une travailleuse comme un homme ne vient-il pas de cette négation de la différence, négation propre à notre siècle ? La femme ne peut-elle être " reconnue " que par le travail " salarié " ?
Encore une fois, ce nest pas une question dintelligence mais de caractéristiques de personnalités.
Les femmes étant plus " intérieures " ont, en général, plus de facilités pour prier.
ex : village : femmes à léglise, hommes au café.
! imagination des femmes
! activisme des hommes
=} sentraider.
La spiritualité nest pas le seul lieu de la prière : la prière va " éclairer " toutes les zones de lêtre.
Quand on est croyant, on na pas une zone spirituelle " hypertrophiée ", visible par tous les gens autour de nous. Souvent, dailleurs, on a un peu peur de se convertir vraiment et de se donner entièrement à Dieu : on craint de devenir complètement illuminé, et sujet de moquerie de la part de nos proches. Se convertir, cest laisser le Seigneur toucher toutes les zones de notre être, et aussi contempler le Christ dans son humanité.
JESUS
Jésus, est vrai Dieu mais aussi vrai Homme. Puisque vrai homme, il a aussi des " zones de lêtre ". Par la prière, on pourra se rapprocher de Lui pour tacher de comprendre comment Il " fonctionnait " et ensuite nous efforcer de le suivre.
- Jésus a éprouvé faim, fatigue (il dort dans la barque lors de la tempête ; il se soucie de la faim de la foule )
Il navait pas peur de la satisfaction du corps : son 1° miracle se passe pendant un mariage, à Cana, ( Jean, 2, 1-10) pour transformer de leau en vin. Quand on réfléchit, on se dit que ce nétait vraiment pas un miracle indispensable : les invités à la noce avaient déjà bien bu, ils étaient heureux. Or le vin que Jésus donne est encore meilleur que celui du maître de maison. Donc, quand on croit que le Seigneur est contre la satisfaction du corps, on se trompe : il naurait pas fait ce miracle sil avait voulu que les hommes soient des ascètes !
Dans un autre évangile, (Matt, 11,16-19) Jésus dit : " Vient le Fils de lhomme, mangeant et buvant, et lon dit : voilà un glouton et un ivrogne " Donc, ces récits montrent que Jésus profitait de la vie, dans le bon sens du terme.
Jésus est un homme. Il est né, a grandi, est passé par ladolescence, puis est devenu adulte. Il a certainement dû se poser la question de lamour et de la sexualité.
Dans un passage où il parle à ses disciples du mariage, il évoque la continence volontaire (Matt, 19, 1-12)
" Il y a des eunuques qui sont nés ainsi, il y en a qui le sont devenus par laction des hommes, et il y a des eunuques qui se sont eux-mêmes rendus tels à cause du Royaume des Cieux. Qui peut comprendre, quil comprenne ! "
Le Christ nous dit explicitement quon peut choisir le célibat pour le Royaume des Cieux, cest dailleurs dans ces phrases-là que senracine le choix du célibat de nos frères et surs consacrés. Mais le Christ sait que cest difficile à comprendre. Sa dernière phrase montre bien quil sait quil ne sera sans doute pas compris par tout le monde.
Ce nest pas un discours qui nie ou diminue la sexualité, on le voit bien dans les premiers versets du chapitre. Simplement, le Christ nous montre quil y a un sens à y mettre.
Laffectivité
Le Seigneur avait des amis avec qui il passait du temps. Cest dailleurs un reproche fréquent des pharisiens ;
Il avait des sentiments :
de joie :
de tristesse : il pleure à la mort de Lazare (Jn, 11, 35) et devant Jérusalem
damour : (Jn, 11, 36) " Les juifs dirent : voyez comme il laimait ! "
dadmiration (Matt, 8, 10) devant la Foi du centurion ;
de pitié (Matt, 9, 36) devant la foule qui a faim ;
de colère : contre les marchands du temple
Donc, quand on éprouve des sentiments dont on ne sait pas trop quoi faire, on peut toujours se tourner vers Jésus et se dire : " comment aurais-tu fait, à ma place ? " Et chercher, dans lévangile, ce que Jésus dit à ce propos
On voit que Jésus est un homme intelligent, qui a un discours cohérent, adapté aux circonstances et à son auditoire. Il connaît lEcriture et sappuie dessus. Il nous apprend à avoir lintelligence de notre Foi.
Jésus priait souvent, et longtemps, parfois une nuit entière.
Il sadresse à son Père, et nous recommande de faire de même, en nous apprenant le Notre Père ;
Il médite lEcriture, la connaît et en vit.
Et en même temps, il vit une vie normale : 30 ans de vie cachée, où il a travaillé, simplement et humblement ; 3 ans de vie publique qui ne la pas empêché de sentourer damis.
Pour nous aussi, chercher Dieu, ça ne veut pas dire prier toute la journée. Nous avons notre devoir détat qui nous oblige à travailler ou à nous occuper des affaires temporelles. Si notre temps de prière quotidienne est indispensable pour se rapprocher de Dieu, cest important de comprendre quêtre chrétien, cest en tout se mettre sous le regard de Dieu.
Merci Seigneur pour la beauté de ta création, pour ce bon vin, pour cette soirée entre amis
Ou : Pourquoi Père, mabandonnes-tu dans cette situation de souffrance ? Et en même temps, penser à Jésus qui dit ces mêmes paroles sur la Croix. Demander alors la Foi qui nous permet de croire à la résurrection, qui nous permet de voir au-delà et plus loin que la souffrance qui nous écrase maintenant.
Ou, devant une personne à qui on ne sait pas trop que dire : Seigneur, que veux-tu que je fasse pour elle ? Montre-moi comment laimer, maintenant. Donne-moi le courage de poser lacte de charité dont elle a besoin maintenant et que je nai pas envie de donner.
Donc, la spiritualité nest pas " à part " de notre vie humaine, concrète. Elle est en plein dedans, elle léclaire. On peut faire appel au Seigneur tout le temps et en toutes circonstances. Notre relation à Dieu est unique et marquée par tout ce que nous sommes puisque nous sommes chacun, unique.
Mais soyons attentifs à ne pas tout " spiritualiser " : si je veux me marier, il ne faut pas se dire : Dieu va me trouver le bon conjoint : non : cest ma recherche, ma réflexion, ma liberté, ma décision qui sont en jeu. Dieu peut méclairer mais pas faire le boulot à ma place !
Pour conclure,
Pour être bien dans sa peau, nest-ce pas capital de saccepter " sexué ", càd avec des caractéristiques propres ? Nest-il pas capital pour la femme dêtre heureuse dêtre femme ? Pour lhomme dêtre un homme ?
La société na-t-elle pas tout à gagner dêtre composée dhommes vraiment hommes et de femmes vraiment femmes ? En quoi cela serait-il gênant ? Car être vraiment homme ou vraiment femme, ça ne veut pas dire " senfermer " dans des rôles préétablis. Cest faire ce pour quoi on est fait, en tenant compte de ce que nous sommes réellement, en tenant compte de toutes les zones de notre être, sans être esclave de lune ou lautre. Et quand cest trop difficile, appuyons nous sur le Christ qui peut nous éclairer sur les causes de nos difficultés, qui peut nous libérer de toutes ces attaches qui nous empêchent dêtre vraiment libres pour aimer.
Peut-être pouvons-nous nous poser chacun une question : " Seigneur, montre-moi quelle zone mempêche de me rapprocher de Toi. Quas-tu à me dire ? Comment aurais-tu fait, à ma place ? "
Nous allons parler maintenant de la 2° approche de lamour (la première étape que nous avons vue hier nous permettant de comprendre notre fonctionnement interne): lamour " humanisé ", lamour qui mûrit au contact dune culture ou dune civilisation. Nous allons nous attacher aux couples de la culture occidentale, où il est clair, pour beaucoup encore, que lamour qui dure rend heureux. Le modèle social du monde occidental est le couple monogame et fidèle. Cest un héritage chrétien, et , en même temps que la société se déchristianise, nous sommes en train de perdre le sens du couple. Même si la fidélité et la durée ne sont plus présentées comme des idéaux aujourdhui, même si elles sont de moins en moins vécues, elles restent encore profondément souhaitées. Tous, quelle que soit notre parcours amoureux, nous aspirons à être aimé de façon unique et inconditionnelle, pour toujours. Nous allons voir ce qui permet aux personnes de vivre un tel amour.
En oubliant pas les célibataires, qui souvent souffrent dun état quils nont pas choisi. Ceux qui vivent un " vrai " célibat ne sont souvent pas compris par le monde actuel, qui encourage les relations amoureuses de passage sensées combler la solitude ;
Et ceux qui vivent en couple, sans pour autant se marier, souffrent souvent aussi, parce que cet état ne correspond pas à leur souhait profond dêtre aimé de façon inconditionnelle et définitive.
Avant de commencer, nous allons méditer le texte du jeune homme riche (Mtt, 19, 16-30 ou Marc, 10,17-31). Cest un texte à garder à lesprit : nous sommes occupés à réfléchir sur lamour, et le grand risque, dans une réflexion comme celle-ci, cest den rester à laspect humain.
La réflexion que nous faisons est nécessaire : nous rencontrons beaucoup de jeunes qui, en plus dun accompagnement spirituel, demandent un accompagnement humain. Mais le risque, cest dadhérer à une morale, à une loi, en oubliant que la Foi chrétienne, ce nest pas ladhésion à des valeurs, mais une rencontre avec le Christ.
Le jeune homme riche cite tous les commandements, on voit quil connaît bien la loi, la morale. Mais il a oublié le 1° : " Tu aimeras le Seigneur ton Dieu. " Cest ça que le Christ lui dit.
" Il le fixa et il laima. " Le Christ laime, il ne critique pas cette adhésion à des valeurs, mais il lui demande daller plus loin.
Donc, cet enseignement peut vous éclairer à un niveau humain, mais il ne doit pas occulter lessentiel de notre recherche: approfondir notre relation à Dieu, pour quil puisse venir nous éclairer dans notre vie affective.
Ex : Martine G, père part à 15 ans, révolte, saute sur tous les hommes, malheureuse, embarquée aux JMJ, entend le topo (intéressant mais pas pour elle !!) se convertit, et comprend enfin !
=> Nécessité de la conversion.
ETRE HEUREUX EN COUPLE
Nous allons tenter de découvrir quelles sont les caractéristiques que l'on retrouve chez les couples heureux ! Quels sont les ingrédients qui permettent de réussir son couple ?
Je le rappelle, ceci sans jugement de ceux qui souffrent ou vivent un échec : nous ne connaissons pas leur vie, nous ne savons pas ce qui a pu se passer pour quils en arrivent là. Donc, analysons les faits, ne jugeons pas les personnes. Nous en profiterons aussi pour nous poser en même temps la question de la cohabitation : est-ce équivalent de se marier ou de vivre en cohabitation ?
Pourquoi est-il nécessaire de se poser la question de la cohabitation ?
Pourquoi ne pas simplement accepter cette évolution des murs, apparemment irréversible et de plus en plus généralisée ?(Vous savez que certains courants pastoraux souhaitent la bénédiction des cohabitants, en attendant le mariage.)
Parce que :
9 couples de cohabitants sur 10 ne passent pas la barrière des 10 ans (si pas enfant)
Si enfants, séparation plus fréquente que chez les gens mariés avec enfants (séparation simplement " retardée ")
Quand le mariage suit la cohabitation, il se termine 2 fois plus souvent par un divorce que chez ceux qui nont pas cohabité.
Suivant une enquête de lUCL, publiée en 1984 pour Bruxelles et la Wallonie, il y aurait actuellement 23 % des femmes engagées dans le célibat définitif, contre 5% en 1970. Ces chiffres continuent à saccroître.
On constate, dans les faits et dans les chiffres statistiques que la cohabitation fragilise le couple.
Pourquoi ? Cest ce que nous allons tenter dexpliquer ici.
(en italique et en retrait, les arguments qui montrent pourquoi ces caractéristiques risquent de manquer dans la cohabitation.
La majorité des couples heureux ont compris, consciemment ou non, la :
1. Différence entre aimer et être amoureux.
comme nous l'avons expliqué avec les zones de l'être. Ils ne se sont pas mis en couple sur un coup de tête, ou prisonnier dune passion dévorante : ils ont compris que lamour était plus quune attirance, même réciproque et même très intense. Ils ont fait fonctionner toutes les zones de leur être avant de sengager dans la relation.
On constate chez beaucoup de cohabitants, que leur couple na pas vraiment été construit suite à une décision réfléchie mais plutôt suite à une succession dévénements qui ont conduit à se retrouver finalement sous le même toit : on tombe amoureux, on sort ensemble, et assez rapidement, sinstallent les relations sexuelles, puisque cest la norme à lheure actuelle. On passe une nuit ensemble, puis lun amène dans le logement de lautre sa brosse à dent, des vêtements de rechange pour finalement sinstaller définitivement. Le couple est alors reconnu comme tel. Malheureusement, dans 9 cas sur 10, ils se disent un jour: " en fait, on sest trompé, il vaut mieux se séparer. "
Ils ont aussi compris que la réalité du couple ne correspondait pas toujours aux rêves de leur adolescence.
Il est nécessaire déliminer un certain nombre didées fausses que nous pouvons avoir sur qui est lautre et ce quest lamour.
On saperçoit très vite, en vivant en couple, que lautre ne correspond pas exactement à ce que lon pensait de lui. Dès ladolescence, on se fait une idée de ce que sera le mari ou la femme idéale On a beau savoir, intellectuellement, que celui quon épouse ne va pas correspondre à 100 % à ce rêve, ces illusions issues de nos rêves vont parfois nous compliquer la vie.
Je cherche " lâme-sur ", quelquun qui va me combler parfaitement, qui va deviner tout ce que je ressens, vis, pense et avec qui je serai en communion parfaite et permanente. Cest une illusion qui vient de notre toute petite enfance, à lépoque où petit bébé, nous avions une mère qui venait combler tous nos besoins. Même adultes, nous avons la nostalgie de cet amour-fusion. Cette nostalgie sera facilement entretenue par la lecture de romans à leau de rose où lamour semble toujours parfait et merveilleux
Une variante de cette manière de concevoir lamour est de vouloir me fondre dans lautre, de fondre nos personnalités respectives dans le couple. Lamour devient " le grand tout ", lunion parfaite et totale. Avec une telle attente, on va tomber de haut ! Vous connaissez peut-être cette histoire où un homme très amoureux dit à sa femme. " Ah ! Comme cest merveilleux ! Nous nous aimons tellement que nous ne formons plus quun " Et la femme répond : " Oui, mais lequel ? "
Dans cet exemple, on voit quil y a une dimension réductrice de lautre : je ne le considère pas pour lui-même mais davantage comme quelquun qui est à ma disposition, au service de mes rêves. Je ne vois pas ou difficilement en lui quelquun à découvrir, à recevoir pour ce quil est réellement, avec sa vie et ses aspirations propres. Personne nest à labri dune telle déviation : cela vient de notre égoïsme inné (reconnaissons-le !) qui nous pousse à tout ramener à nous-même. Pas de panique, nous sommes tous faits de la même pâte, et nous avons donc tous à progresser sur ce point Ca va nous aider den être conscient : prévenus, nous arrivons beaucoup plus facilement à repérer ce qui nous bloque, ce qui coince. Et progressivement, nous parviendrons à nous débarrasser de toutes ces idées fausses qui encombrent notre couple.
La majorité des couples heureux ont trouvé un :
2. Equilibre entre leur projet commun et leurs projets personnels.
Les couples heureux parviennent à trouver léquilibre entre leur projet commun et le projet personnel de chacun.
Le projet commun, cest " lorientation générale " que les conjoints donnent à leur vie de couple, cest lhistoire quils ont envie de vivre ensemble. Ce projet les unit, les motive, les enthousiasme, leur rappelle tous les espoirs nés de leur rencontre. Certains couples actuels ne sont-ils pas un simple assemblage de deux individus, unis par le seul désir ? Ils vivent côte à côte deux vies bien distinctes, avec quelques points de rencontre qui permettent de ne pas se sentir tout à fait seul. Leur couple sinscrit dans le présent, le futur nest pas envisagé puisquon ne sait pas encore si on aura tous les deux envie de la même chose
Le projet commun inscrit les amoureux dans la durée : à deux, ils vont écrire une histoire formidable, chacun se sentant responsable de la bonne marche du couple.
Bien entendu, il nest pas nécessaire de tout prévoir : la vie est suffisamment riche en imprévus et rebondissements pour mettre à mal les meilleurs projets
Par exemple : nous souhaitons fonder une famille nombreuse et puis le 1° enfant a du mal à venir Ou, au contraire, nous souhaitons avoir 2 enfants, puis un 3° sannonce par accident, et en plus, ce sont des jumeaux !
Ou, nous rêvons dhabiter à la campagne mais les aléas du travail de lun exige de venir habiter en ville
Et puis, lamour laisse toujours la place à la fantaisie, à la spontanéité, à la folie, à laventure, à limprévu.
Mais que de drames évités si les amoureux prenaient le temps de vérifier que leurs " grandes options " soient compatibles Que leurs projets soient conciliables Que leur projet commun de couple respecte les aspirations profondes de chacun
Quel est le projet du Seigneur pour notre couple ?
Le projet personnel.
Sil est important davoir un projet commun pour orienter sa vie amoureuse, il est indispensable que chacun ait dabord un projet personnel : que vais-je faire de ma vie ? Quelles sont mes aspirations profondes, quelle est ma vocation ? Quest-ce qui est prioritaire pour moi ?
Comment bâtir à deux quand on na pas encore de " plan " pour sa propre vie ?
Dans un couple harmonieux, chacun reste lui-même tout en choisissant dinscrire son destin dans une histoire commune.
Les cohabitations démarrent de plus en plus tôt, souvent chez des jeunes encore aux études. Ils vivent une vraie, grande passion, et sinstallent ensemble. Puis arrive la fin des études, la recherche dun boulot, la prise de décision concernant la vie professionnelle et le choix de fonder une famille. Cest souvent durant ces mois-là que les couples de cohabitants craquent : lun veut se spécialiser à létranger, lautre ne veut pas quitter un boulot quil a eu tant de mal à trouver ; lun veut se marier, lautre non ; lun veut des enfants tout se suite, lautre pas avant davoir bien installé sa carrière, etc Bref, ils se retrouvent confrontés à des divergences dopinion sur des questions quils navaient jamais pensé à se poser du temps de leur grande passion, ce nétait pas le moment, ils étaient bien trop jeunes et ne pensaient pas à si long terme !
Dans notre société hyper-individualiste, nest-ce pas là une source de grande difficulté ? Beaucoup de nos contemporains disent aimer leur conjoint tant que ça leur " rapporte " quelque chose. Mais si lautre devient source de conflit ou de difficultés, ils se posent sérieusement la question de la continuité du couple.
Il est possible que jaime lautre selon un schéma, un idéal que jai construit daprès mes rêves, et jessaie coûte que coûte quil (elle) corresponde à ce modèle.
ex : - lhomme peut rêver davoir une femme au foyer, bonne cuisinière et maternante et se rendre compte que sa femme " réelle " a plutôt envie de faire carrière à lextérieur ! Ou linverse : il peut rêver davoir une épouse très professionnelle et qui ramène de largent dans le ménage et à la naissance des enfants, prendre conscience que celle-ci veut se consacrer à leur éducation quitte à voir le niveau de vie familial s'abaisser
- La femme a peut-être un modèle dhomme fort, solide, sans problème, sur qui elle peut toujours sappuyer. Et sera peut-être déconcertée de constater quil a, lui aussi, besoin dêtre soutenu, encouragé, réconforté.
Je peux avoir épousé lautre parce quil me ressemblait et que je pensais que cétait une garantie pour faire un " bon " mariage. Le grand danger, alors, cest de refuser ou de nier les différences, et donc une difficulté daccepter lautre tel quil est réellement. Ce qui nous différencie, au lieu dêtre un " plus " peut être source de conflits.
Je peux lavoir épousé parce quil est complètement différent de moi. Jai des faiblesses et des manques et lautre est aimé comme une amélioration de la mauvaise image que j'ai de moi-même. Je cherche à me réaliser à travers lui.
ex : je souffre dun problème de non-reconnaissance sociale et je vais épouser quelquun qui est promis à une carrière brillante. Jattends de lui quil réalise ce que je nai pu moi-même accomplir.
En conclusion, les couples cherchent à construire une histoire en respectant la vocation propre de chaque conjoint.
3. L'engagement
L'amour a besoin de la force de l'engagement, qui est volonté explicite et formelle de passer au-dessus des obstacles que tout couple rencontre tôt ou tard sur son parcours.
Associer "aimer" et "volonté d'aimer". Deux notions apparemment contradictoires: que reste-t-il de l'amour quand il est le fruit d'une volonté, sous-entendu contraignante ?
En réalité, la volonté d'aimer n'est pas une contrainte mais un moteur puissant qui pousse chaque conjoint à dépasser ses propres limites, à dépasser les limites de l'autre, pour retrouver ce que chacun a de meilleur et le faire fructifier.
L'engagement ne garantit pas le succès de la relation. Mais il y contribue fortement: il est garant de la constance, de la stabilité, du désir de réussir, nécessaires pour évoluer vers plus de maturité, vers un plus grand amour.
Trop de sécurité étouffe, mais trop d'insécurité inhibe. L'engagement permet aux couples de résoudre leurs difficultés en ayant la satisfaction de savoir que l'affrontement et les conflits ne remettent pas en cause leur projet initial ni leur amour. Cet engagement va déterminer, souvent, la qualité de la relation: si celle-ci se vit dans la réserve quant à l'avenir, dans l'incertitude quant à la solidité des sentiments, elle sera totalement différente de la relation où l'enthousiasme est tellement grand que l'engagement ne fait plus (trop) peur... Oui, souvent l'engagement fait peur: on est responsable de celui envers qui on s'est engagé. Terrible défi !
Dans notre société, l'engagement = mariage: - la cohabitation fragilise les couples;
ceux qui se marient après avoir cohabité divorcent deux fois plus.
Evidemment, il y a des gens qui sengagent réellement sans se marier, comme il y a des gens qui se marient sans sengager (si on se marie pour faire plaisir à Papa et Maman, sans lavoir vraiment décidé soi-même, ou pour le décorum ) Mais les statistiques sont là, très claires : les cohabitations sont bien plus fragiles, cest donc que lengagement des cohabitants est moins solide !
Pour comprendre cela, prenons un exemple : si vous voulez trouver du boulot, vous avez intérêt à faire des études. Sans diplôme, cest difficile. Mais vous connaissez sans doute tous des gens qui sont devenus patron sans avoir étudié. Mais ce sont des exceptions : on peut dire que, statistiquement, on a plus de chance davoir un job si on a un diplôme, on a plus de chance dêtre au chômage si on na pas terminé ses études. Même sil y a des exceptions à cela. Cest la même chose pour le couple : on a plus de chance de réussir en se mariant, on a plus de chance (ou de risque !) de rupture si on cohabite. Même sil y a des exceptions à cette règle. Et nous voulons tous être lexception qui nous arrange. Mais la vie nest pas si simple
4. La communication
Pour s'aimer, il est nécessaire de... communiquer.
La communication est essentielle, la parole indispensable.
Le dialogue permet de se réajuster en permanence, de faire le point chaque fois que le besoin s'en fait sentir. Il désamorce les conflits, permet d'éviter qu'un malaise ne progresse lentement mais sûrement vers une crise sérieuse. Le dialogue permet de soigner une blessure avant que celle-ci ne dégénère en abcès, il lève les doutes, répond aux questions et hésitations qui se poseront un jour ou l'autre.
La mésentente, ou le passage de l'amour au désamour suit un peu le même processus que le cancer: au début, on ne remarque rien, on ne sent rien. Puis, petit à petit, une gêne légère, un trouble... qui, lentement, mais sûrement, s'aggrave, si on ne fait rien. Si on dépiste la maladie tôt, le pronostic est bon: le traitement n'est pas trop lourd et la guérison presque toujours au rendez-vous. Si on attend, le traitement sera plus difficile à mettre au point, plus pénible, et parfois, malheureusement, inefficace. En amour, c'est la même chose. Dès que l'on sent que quelque chose ne va pas, il faut intervenir... par la parole. Parole qui permet de repérer les problèmes, de les cerner, de les dédramatiser; parole qui soulage et guérit, même si elle peut faire terriblement mal au moment même. Plus on attend, plus ce sera difficile. Si on attend trop, ce sera inutile et parfois même destructeur: on se dit des choses blessantes, trop difficiles à oublier ou à pardonner. Parlons, parlons, pour ne pas être atteints par le cancer du désamour.
Donc, le dialogue est indispensable, mais tellement difficile. Cest là la difficulté essentielle de tant de couples qui souffrent
Il y a deux formes de communication : - la communication verbale ;
- la communication physique
La communication verbale
Nous lavons vu avec les zones de lêtre, il y a des différences entre les hommes et les femmes.
Différence homme-femme ;
- Lhomme croit quil dit du moment quil fait, la femme ne comprend que ce quelle entend.
- Regardons aussi les enfants, et surtout leurs disputes : les filles vont crier, senvoyer leurs 4 vérités à la figure : ça va faire beaucoup de bruit; les garçons, eux, auront plus tendance à utiliser le langage " musclé " : ils parlent avec des coups ! Ca va faire quelques bosses. Il ny a pas de raison que ça change fondamentalement à lâge adulte, sauf que léducation est passée par là et quelle a dû normalement- apprendre à canaliser les excès ! Les femmes auront tendance à " sétaler " longuement sur leurs griefs, lhomme prendra plutôt la fuite en claquant les portes
La communication est aussi un apprentissage, qui commence dès le début de la vie, où on apprend à " décoder " lattitude de lautre. Quand on ne prend pas le temps de bien communiquer, on risque dêtre confronté à nombre dincompréhensions !
Les incompréhensions
- entre ce que je ressens : de la colère contre mon mari qui nest pas encore rentré à 21h ;
- ce que je voudrais lui dire : il devrait au moins me prévenir quand il ne peut pas
rentrer ;
- ce que je lui dis effectivement : Tas vu lheure quil est !
- ce quil entend : des grognements ;
- ce quil comprend : encore des reproches ;
- et ce quil me répond : de toute façon, tu ne veux jamais comprendre ;
il y a de nombreux décalages qui perturbent la relation.
! ! En reparler " à froid ". Vider " son sac " pour ne pas le transporter comme un fardeau le reste de la vie commune.
Donc, la communication est vraiment un point où les couples qui saiment sont vigilants.
Les filtres
Nous navons pas toujours une manière objective découter les autres. Nous avons des " filtres ", ou mécanismes dinterprétation qui déforment la réalité, sans quon sen rende compte. (Ceux qui ont déjà écouté Madame Inversen, psychiatre, connaissent bien cette réalité)
Ex : prenons un exemple : je suis à lhôtel. Le robinet coule (action A). Jentend ce robinet (perception A, correcte par rapport à laction A). Cela provoque une réaction A, qui est daller fermer le robinet.
Je suis chez moi. Le robinet coule (A). Mais je perçois : ça y est : mon mari na pas encore fermé le robinet convenablement, alors que je lu ai déjà dit 100 fois de le faire, ou de le réparer, donc, cest bien la preuve quil ne maime pas, que je ne suis quun meuble dans cette maison, etc, etc La perception est B, càd quelle ne correspond pas à laction A : jy ai ajouté toute une série de considérations que jai dans mon filtre, filtre qui se remplit au fur et à mesure de notre histoire commune. Cette perception B va entraîner, non pas une réaction A mais une réaction B, conforme à ce que jai perçu. Et quand mon mari va rentrer, je vais lenguirlander comme du poisson pourri, et lui va se dire : " ma femme est folle, elle fait un drame pour un bête robinet qui coule. "
Le pire, cest que les 2 croient quils ont raison : le mari se dit que cest dingue de réagir aussi fort pour une aussi petite chose, et lépouse, pas consciente du mécanisme du filtre, trouve que sa réaction est tout à fait juste par rapport à ce quelle a perçu de la situation.
Ex : filtre de couleur devant appareil de photo : si le mur que je photographie est bleu, mais que jai, sans le savoir, un filtre jaune devant lobjectif de mon appareil, jaurai une photo qui va montrer un mur vert. Si quelquun me dit : " le mur est bleu ", je lui répondrai, de toute bonne foi : " mais non, il est vert, dailleurs regarde la photo. " Donc, dans le mécanisme du filtre, il nest pas question dhonnêteté ou de sincérité. Cest uniquement un mécanisme de fonctionnement qui perturbe notre manière dappréhender la réalité et qui provoque des incompréhensions dans le couple ou nos autres relations.
Donc,
- soyons conscients que nous avons tous des FILTRES, et quils sont dautant plus épais quils sexercent vis à vis de personnes proches ;
- Lindice qui nous montre quon a fait fonctionné un filtre, cest quand on dit : " toujours " ou " jamais " : " Tu es TOUJOURS en retard " ou " Tu ne fais JAMAIS attention à ce que je te demande.
L incertitude quant à la solidité du couple empêche daller au fond des choses : celui qui aime le plus nose pas parler des difficultés qui, si elles sont soulevées, risquent de faire exploser la relation elle-même.
Si on est sûr de son engagement inconditionnel, on peut aller au fond des problèmes.
=> ce problème de communication est une des causes de fragilité des cohabitations.
Cette incertitude pèse très lourdement chez les couples de cohabitants : trop souvent, ils nosent pas aborder les problèmes les plus graves, par peur de se perdre. Et tout à coup, ils se retrouvent devant une montagne de non-dits, impossible à gérer. Cest une des causes fréquentes de ruptures. Et sils se marient, ils arrivent au mariage avec un bagage de problèmes non résolus que le mariage ne va pas solutionner automatiquement ! Cest une des raisons des divorces plus fréquents dans les mariages qui suivent la cohabitation.
La sexualité est importante pour le couple. Mais donnons-lui sa juste place ! Dans le schéma des zones de lêtre, on voit que le corps occupe ¼ des zones : cest beaucoup, mais ce nest pas tout ! Or, à lheure actuelle, ne croit-on pas que la réussite ou léchec dun couple dépend essentiellement de sa vie sexuelle ?
Les différences hommes-femmes se retrouvent aussi dans la sexualité.
Il y a les différences physiologiques :
- psychologiques ;
Au niveau physiologique :
L épanouissement sexuel est inné chez lhomme.
Il est le résultat dun apprentissage chez la femme. (comme tout apprentissage, ça prend un peu de temps : pour apprendre à marcher, il faut quelques mois ; pour apprendre à parler, il faut quelques années. Et bien, pour le plaisir sexuel de la femme, il faut un temps dapprentissage qui peut prendre de quelques jours à quelques années, sans que cela ne soit pathologique.) Cet apprentissage se fera dautant plus vite que la femme est en confiance et quelle communique verbalement avec son conjoint sur cette question.
Au niveau psychologique : la recherche de stabilité est profondément inscrite chez la femme à cause de la possibilité de grossesse que donne la relation sexuelle. Même si la femme est sous contraceptifs, cette finalité de lacte sexuel est profondément inscrite en elle et la contraception ny change rien. Cest important, dailleurs, de rappeler quaucun moyen contraceptif nest sûr à 100% et que le couple devrait toujours se poser la question : sommes-nous capables dassumer les conséquences de notre acte ? Que de drames évités, surtout chez les jeunes, sils avaient réfléchi aux conséquences possibles de leur comportement
La femme, donc, a ce désir de stabilité en elle et il est rare quelle soit satisfaite dune relation si elle ne vit pas, en même temps, cette sécurité. Et même si elle peut ressentir un certain plaisir physique, elle nen sera pas forcément heureuse.
Toutes ces différences, normales, sont pourtant peu connues. Beaucoup de jeunes sengagent dans la vie à deux sans le savoir. Et quand ils vivent une difficulté dans leur sexualité, ils ne savent pas que cest normal, quil y a un temps dadaptation pour tous les couples. Et par peur de faire voler leur couple en éclat (puisquils sont persuadés que, sans entente physique, il ny a pas damour solide possible) ils nosent pas parler de ce problème, surtout la femme qui croit que cest elle qui a un problème !
- Cest la tête qui donne le sens : un même geste, suivant quil est librement posé ou
imposé, sera ressenti de façon tout à fait différente et même opposée ! Donc, lépanouissement sexuel du couple dépend bien plus du contexte dans lequel il se vit que de prouesses techniques.
Pourquoi léglise demande quil ny ait pas de relations sexuelles en dehors du mariage ?
- Pas par peur de la sexualité.
- Pour que le couple puisse profiter pleinement des fiançailles comme dernier temps de discernement avant lengagement, définitif et irréversible.
Les conjoints nont pas intérêt à se tromper. => pour faire une réflexion la plus lucide possible, nécessité de ne pas avoir de relations sexuelles parce que, si on en a :
- soit ça se passe très bien et cest tellement formidable quon se dit que lautre est certainement " le bon " conjoint. Le plaisir ressenti et leuphorie qui en découle empêche la réflexion plus en profondeur ;
- soit ce nest pas si formidable quon espérait (ce qui nest pas anormal, puisque lépanouissement sexuel est progressif chez la femme) et sinstalle alors le doute : est-ce vraiment lui ou elle qui me convient ?
En plus, les relations sexuelles créent des liens très forts. Si un des fiancés veut rompre, ce sera dautant plus difficile.
Si un enfant sannonce " par accident ", il ny a plus vraiment de choix possible
Donc, des fiançailles " chastes " ne sont pas réservées aux personnes ringardes, pudibondes ou mal à laise avec la sexualité. Elles sont le résultat dun choix qui permet de vérifier quon ne se trompe pas de conjoint. (Même si cest vrai quil y a toujours une part de risque, et que, même si on a très bien réfléchi avant de se marier, il y a toujours une part de mystère et dinconnu chez lautre qui nous échappe et qui peut provoquer de réelles difficultés.)
Profitons de ce temps qui finalement nest pas très long, en regard dune vie pour vraiment bien réfléchir, le plus lucidement possible, sur lengagement que lon va prendre
5. La fidélité
Les jeunes demandent souvent: "la fidélité est-elle nécessaire ? Est-elle possible ?"
Dans tous les sondages, on retrouve l'idée que la fidélité aide le couple à être heureux.
Elle est nécessaire à l'épanouissement des conjoints car elle affirme à chacun qu'il est unique, irremplaçable. Elle donne l'assurance d'être important pour au moins une personne dans l'immensité de la foule humaine.
Lamour a besoin de temps. Etre fidèle, cest donc permettre au couple de grandir et de mûrir dans la durée ;
La fidélité maintient le cap sur le projet commun quon a défini ensemble ;
Elle est adaptation constante aux évolutions du couple. " La fidélité, ce nest pas faire toute sa vie la même chose. Mais évoluer constamment dans la ligne dun projet. Une vraie fidélité est vivante, toujours en recherche et en croissance : que pouvons-nous faire pour nous aimer mieux et plus ? "
Elle est donc un acte de volonté et pas un sentiment. Si je ne trompe pas mon conjoint simplement parce que je nen ai pas loccasion ou pas lenvie, ce nest pas forcément une preuve de fidélité. La fidélité, cest décider de rechoisir son conjoint même si des occasions de le trahir se présentent
Ce nest pas seulement sengager à ne pas se quitter, cest surtout sengager à tout faire pour rester ensemble. Ce nest pas une contrainte négative (je ne peux pas te tromper) cest une force créative et constructive (je veux que notre couple reste au top-niveau.) " Je me garderai vivant, je ne me laisserai pas endormir, je ne me laisserai pas distraire de toi (L. Evely)
Elle ne se limite pas à la sexualité : je suis fidèle à mon conjoint en entier, son corps, son cur, ses aspirations, ses projets
La fidélité est-elle encore possible à lheure actuelle ?
OUI ! ! Mais elle sera facilitée par :
Tous les points qui précèdent. En plus, il y a :
Le juste choix au départ. On la vu, ce nest pas une question de chance. Quand on sait quon va engager sa vie, on prend le temps de vérifier quon ne se trompe pas. Comment ? En prenant le temps daccorder les curs et les pensées AVANT de passer à lacte sexuel. En effet, les relations sexuelles peuvent apporter un tel sentiment deuphorie quon risque de croire que lautre est " le bon ", sans se rendre compte, à temps, quon nattend pas la même chose de la vie Cest entre autre pour ça que lEglise demande de ne pas avoir de relation sexuelle pendant les fiançailles : pas par peur de la sexualité, mais parce quelle risque de fausser le temps du discernement. (On en reparlera dans le topo sur la sexualité)
Une volonté claire et explicite de vivre toujours ensemble. Si on se dit : " on verra bien ", cest déjà mal parti Cest comme en montagne : lalpiniste a plus de chances darriver au sommet sil est fermement décidé dy arriver. Sinon, il redescendra dès quil a mal aux pieds
La vigilance. Attention à ceux qui se croient plus forts que les autres. Lamour est fragile, parfois Dans ces moments, inutile de se mettre dans des situations quon finit par ne plus contrôler
Lattention à lautre. Ce qui tue un foyer, ce ne sont pas les disputes, les difficultés cest quand on ne se regarde plus. Chacun est pris dans son rim-ram, le boulot, les enfants Lautre devient un meuble qui fait partie du décor. Le conjoint, pour être heureux, doit se sentir objet dattention de la part de lautre.
Cultiver le regard positif. Voir en lautre ce qui va, plutôt que ce qui ne va pas. Ce qui ne veut pas dire manquer de réalisme.
6. Le pardon
Nos différences sont parfois difficiles à gérer, à accepter, et souvent, nous nous blessons. Lamour passe donc par le chemin de lacceptation de lautre tel quil est et aussi par un chemin de réconciliation, de pardon. Ce chemin est indispensable pour nous faire quitter notre amertume, nos rancurs, notre agressivité.
Le pardon est donc vraiment un point essentiel de la vie. Le Seigneur lui-même nous recommande de nous réconcilier avec les autres avant de nous avancer vers Lui :
" Si tu as quelque chose contre ton frère, laisse-là ton offrande et va te réconcilier avec lui. Après, tu reviendras vers moi. "
Combien de personnes ne sont-elles pas torturées par un pardon quelles ne parviennent pas à donner ? Aimer nest déjà pas facile. Pardonner lest encore moins puisque le pardon est la perfection de lamour : grâce à lui, lamour se fait espérance : il est encore possible de bâtir quelque chose ensemble : lavenir reste ouvert.
Pourquoi se pardonner ? On va vous raconter une petite histoire pour mieux comprendre :
Un homme partit un jour se promener en montagne, muni de son sac à dos. Il profitait du spectacle merveilleux de la nature et était absolument heureux. A un moment, il trébuche sur une pierre. Il se penche, ramasse la pierre et la met dans son sac. Un peu plus loin, une nouvelle pierre barre le chemin, il la prend et la met dans son sac. Et ainsi, plusieurs fois de suite. Au bout dun certain temps, son sac devient trop lourd, il est épuisé, et au lieu de continuer à se réjouir du spectacle de la montagne, finit par la maudire.
Il en est ainsi pour nous dans nos relations avec les autres : nous sommes en marche et il arrive que nous trébuchions : nos différences, nos limites, font que nous ne nous comprenons pas toujours et même que nous nous fassions mal. Cest inévitable, et pas trop grave à condition de retirer lobstacle et surtout de le jeter au loin, plutôt que de lemmener avec nous pour continuer la route. Si, lorsquune dispute se déclare ou quun conflit éclate, nous continuons à y penser constamment et à le ruminer, notre cur va se charger de plus en plus, il va sencombrer de plus en plus dimpressions négatives et finalement, cette image de lautre va prendre toute la place et nous aurons limpression de ne plus laimer.
Cest pour cela que le pardon est tellement important : lorsque vous dites à lautre: " je te demande pardon " et que vous entendez cette réponse : " je te pardonne ", la " pression " intérieure diminue sérieusement ! Evidemment, le pardon ne nie pas le problème, il nest pas non plus oubli du mal qui a été fait. Il nest donc pas un sentiment (je pardonnerais alors dès que jai oublié ou que je nai plus de rancune) mais une décision. Décision darrêter les hostilités, volonté de poursuivre le chemin ensemble, en faisant ce qui est en mon pouvoir pour que notre relation reste ou redevienne positive. Si, sans doute difficilement, douloureusement même parfois, je prends la décision de pardonner, peu à peu, les sentiments suivront
Voici encore une autre image pour mieux comprendre : quand on a une blessure physique, le corps se met à réparer la plaie. Au début, cest une cicatrice qui chatouille et obsède : on a envie de gratter sans arrêt (cest dailleurs ce que font les enfants !) Et puis le temps passe. La croûte ne chatouille plus et finit par tomber. Un jour, elle ne sera plus quune cicatrice, plus ou moins grande, plus ou moins visible, plus ou moins sensible. Mais elle ne nous embêtera plus. Limportant, dans le processus de guérison, cest donc de décider darrêter de gratter sa croûte. Cest la même chose pour les blessures " morales " : au début, on les rumine sans cesse. Si on décide de changer dattitude et de rentrer dans une démarche de pardon, on permet au processus de guérison de senclencher. Cela prendra du temps, mais on arrivera finalement, à une plaie guérie, saine, une cicatrice dont on parlera peut-être avec humour : le temps a fait son uvre parce quon le lui a permis.
Cest vrai que la première fois, ce nest pas facile : on a limpression quon va perdre la face, quon va être diminué ou ridicule. Et puis, on se dit : ce nest pas uniquement ma faute. Il ou elle na quà faire le premier pas. Ou bien : ce que jai fait est impardonnable. Il ou elle ne voudra jamais de mon pardon, ça ne vaut même pas la peine dessayer. Ou bien encore : ça ne vaut pas la peine de demander pardon, de toute façon je retombe toujours dans les mêmes travers. etc Bref, on a toujours une bonne excuse pour ne pas faire le pas.
Ce qui va nous aider, ce nest pas de savoir qui a vraiment tort ou raison, cest notre désir de retrouver lunité. Ce désir va se réaliser par notre prise de décision (et oui, encore !). Je décide de faire un pas, même sil men coûte, pour rétablir ce qui est cassé entre nous. Le plus facile, cest de commencer dans un cas où on est vraiment en tort.
Les fruits du pardon.
- Le pardon amène donc réellement une libération, il reconstruit notre relation. Ne croyons pas que nous allons perdre la face, perdre notre prestige ou notre autorité si nous demandons pardon.
Il se peut que lautre nous ait blessé tellement profondément quon se dise que le pardon est impossible. Nous sentons que, malgré toute notre bonne volonté, nous navons pas la force de faire ce pas. Noublions pas que Dieu est là, quIl peut nous aider dans ce chemin. Par la prière, nous pouvons puiser en Lui la force que nous ne trouvons pas en nous-mêmes. Et laissons le temps au temps : nhésitons pas à faire des petites démarches successives qui permettent un rapprochement.
est vraiment une aide inestimable pour chacun dentre nous. Dieu nous révèle son amour et sa Miséricorde. Comme le Père attend le fils prodigue, Il nous attend Il nous fortifie et nous aide. Ce qui nous est demandé, cest davoir lhumilité daller dire à un prêtre ce que nous avons fait. Le pardon ne dépend pas de la qualité du prêtre. Il est vraiment grâce donnée au travers du sacrement.
Nous ne devons pas attendre davoir fait de " gros péchés " pour aller nous confesser ! Ce sacrement va nous aider pour les petites choses de tous les jours, pas très graves en soi peut-être, mais qui empoisonnent parfois notre vie de couple et de famille. Cest important donc daller se confesser régulièrement pour éviter que les blessures, bénignes au départ, ne saggravent.
Et si nous pensons : " Oui, mais je raconte toujours la même chose ", ce nest pas grave : Dieu nous a demandé de pardonner jusquà 77 fois 7 fois. Donc, ça ne lagite pas tellement quon recommence tout le temps. Limportant, cest la sincérité de notre démarche et le désir que nous avons de nous améliorer, avec son aide.
7. La confiance
La confiance est presque la raison d'être de tout ce qui précède.
N'est-ce pas folie de tenter l'aventure de l'amour alors qu'il restera toujours une part de mystère et d'imprévu dans la personnalité de son conjoint ?
N'est-ce pas folie d'investir dans la durée quand nul ne peut prévoir ce que réserve l'avenir?
Folie, oui. Mais ici intervient la confiance: les relations humaines ne sont pas seulement affaire de connaissance ou de raison, mais aussi acte de foi.
Sans la foi en l'autre, on n'ose pas s'engager, parler en vérité, se donner.
Si la confiance permet tous les paris les plus fous, son absence paralyse. On rencontre de plus en plus de jeunes et moins jeunes, définitivement marqués par un échec amoureux. Ils n'osent plus "y croire", et décident de ne pas s'investir dans une histoire d'amour. Ils préfèrent multiplier les conquêtes, délibérément sans lendemain. Ca fait moins mal, quand ça finit... Mais ça ne rend pas forcément heureux non plus...
La confiance, ingrédient essentiel de l'amour et tellement fragile... (cf topo suivant : quand on multiplie les expériences )
Voilà quelques ingrédients que l'on retrouve, dans des proportions variées, chez tous les couples stables et heureux. Ingrédients qui prouvent que l'amour n'est pas qu'une affaire de sentiments...
Finalement, tout ceci nest jamais acquis une fois pour toutes, nous sommes tous en chemin pour construire un couple toujours plus selon le cur de Dieu. Et ceux qui ne sont pas en couple sont appelés à vivre toutes leurs relations dans un esprit de don et de respect.
Nous verrons dans un prochain enseignement la spécificité du couple chrétien.
Noublions pas non plus que notre 1° mission, cest dannoncer lAmour du Christ, et ue seul cet amour peut permettre aux gens de changer de vie.
Ex : Catherine F., maman célibataire, famille athée depuis des générations, conversion brutale dans un lieu marial où elle vient par hasard, suivie par des prêtres qui enracinent dabord sa Foi toute neuve, pour enfin lui montrer les erreurs de son comportement (amants, ) Avant dêtre une morale, la Foi est une histoire damour avec le Père, et sans cet amour, on na pas la force de changer ses " mauvaises " habitudes
Topo 3 : pourquoi un sacrement de mariage ?
Nous avons vu, jusquà présent, quelques caractéristiques humaines du couple. Et par la bonne compréhension de ces données humaines, on peut vraiment améliorer la qualité de notre couple. Cest vrai pour tous, croyants ou non.
Puisque nous sommes ici, cest donc que nous croyons que le Seigneur a quelque chose à nous dire, en plus de ces données humaines.
Quest-ce qui fait la spécificité du couple chrétien ?
Pourquoi lEglise nous propose-t-elle un sacrement de mariage ?
Cest ce que nous allons tâcher de voir maintenant.
I. Le couple chrétien croit quil est appelé à aimer dun amour semblable à lamour du Christ.
La parabole du jeune homme riche (Matt, 19, 16-22 ou Mc, 10, 17-22)
Cette parabole nous éclaire, parce quon voit bien que lobservance de la loi, une vie moralement correcte ne suffit pas à rendre heureux.
Jésus nest pas contre cette droiture morale, dailleurs, la première chose quil dit, pour répondre à la question du jeune homme riche, cest lénoncé les commandements, en particulier ceux qui appartiennent à la deuxième table des commandements et explicitent les formes de lamour du prochain. Mais le jeune homme nest pas convaincu : il a fait sans doute ce quil devait faire, mais cette bonne conscience, pourrait-on dire, ne suffit pas à taire son inquiétude : " que me manque-t-il encore ? " Il ne sait pas que cette nostalgie quil éprouve est celle de ce besoin de communion plus profonde, plus large que la seule communion humaine. Il ne sait pas quil lui manque cet amour du Christ lui-même, amour qui rejaillira dans tous les aspects de sa vie.
" Alors, Jésus fixa son regard sur lui, et laima ". Le Christ laime, nous aime, malgré notre difficulté à le suivre.
Toute la réflexion mystique (par mystique, on entend ce relève du mystère de Dieu) sur lamour conjugal nous invite à rentrer plus profondément dans le mystère de lamour de Jésus pour nous. Lévangile de St Jean nous rapporte cette parole de Jésus : " Je vous donne un commandement nouveau : que vous vous aimiez les uns les autres " (Jn, 13,34) mais il précise : " Comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres. " (Jn, 15,12) " Il ny a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux quon aime. " (Jn, 15,13)
Cest là que ça se corse pour nous : on se rend tout de suite compte quon nest pas capable, par nos seules forces, daimer comme le Christ.
II. On prend conscience quon nest pas capable daimer dun tel amour
On voudrait tous être de supers conjoints, des parents parfaits, des travailleurs performants, des gens formidables. Et puis, on se rend compte que, malgré notre bonne volonté, on nest pas toujours aussi formidable que ça.
Notre Foi tente dexpliquer cela par le péché originel. Pour comprendre le pourquoi du sacrement du mariage, il est nécessaire de reprendre toute la réflexion depuis le début de lhistoire de lhomme.
A. ) La création :
On va commencer par le commencement, cest à dire la Création.
Lamour entre lhomme et la femme est prévu par Dieu, dès lorigine.
Les relations sexuelles qui en découlent sont une dimension nécessaire et bonne pour notre amour. Si nous avons été créés sexués, ce nest pas par hasard. Dans la Genèse, il est écrit :
" Dieu créa lhomme à son image, à limage de Dieu Il les créa. Homme et femme Il les créa. " Gen, 1, 27 " Dieu vit tout ce quIl avait fait : cela était très bon " Gen, 1, 31
Un peu plus loin encore : " Cest pourquoi lhomme quitte son père et sa mère, et sattache à sa femme, et ils deviennent une seule chair. Or tous deux étaient nus, lhomme et sa femme, et ils navaient pas honte lun devant lautre. " Gen, 2,24-25
On voit quavant le péché originel, il est prévu que lhomme et la femme vivent ensemble et quils nont pas peur lun de lautre. Dieu a donc créé la différence, la sexualité et Il la bénit.
- On voit aussi dans la Genèse que ni lhomme, ni la femme nassistent à la création de lautre. Dabord lhomme est tout seul et puis Dieu " fit tomber sur lui un profond sommeil " (Gn, 2, 21) pendant lequel Il crée la femme. Par là, Dieu nous montre que chacun dentre nous restera toujours un mystère pour lautre.
- La sexualité va donc nous permettre dentrer en communion avec lautre même si nous ne percevrons jamais tout à fait son mystère. Cest aussi un moyen de communication privilégié puisquil est réservé exclusivement au couple : tous les autres moyens de communication, nous les expérimentons aussi avec dautres. Tandis que la sexualité ne se vit quà deux et cest donc à deux que nous allons grandir dans cet échange.
Dieu nous aime tels que nous sommes et ce qui caractérise lhomme et la femme, ce qui fait quon a une profonde dignité, cest quon a été créés libres, avec une capacité à décider et à choisir...
Si Dieu a voulu cette différence sexuelle, ça veut dire que cest une bénédiction, et que donc, pour nous, dêtre homme et dêtre femme, cest aussi une bénédiction. Nous vous proposons donc découter tout ce que nous allons dire à la lumière de cela : " je suis homme, je suis femme ", Dieu la voulu ainsi et je Lui rends grâce. Cest important quon se dise que cela a été voulu par Dieu. Que Dieu nous veut tellement différents. Il ne sest pas trompé.
Donc, ceci posé, quest ce que la sexualité ? Dans la vision de lEglise, la sexualité atteint la totalité de la personne, le corps est sexué mais laffectivité aussi, ça veut dire quil y a une affectivité féminine, une affectivité masculine. Il y a une sexualité masculine et une sexualité féminine, une spiritualité masculine et une spiritualité féminine. Même chose pour lintelligence. Une des raisons pour lesquelles ce sujet de la sexualité est si sensible, cest quil atteint la totalité de notre personne. Cela a des répercussions dans toute notre personne. Lorsquon a une discussion intellectuelle, que lon discute avec un homme ou une femme, cette discussion concerne surtout notre intelligence. Mais quand on parle de la sexualité, il y a lensemble de notre personne qui est mise en cause et cela a des répercussions très importantes dans tout notre être.
La sexualité, cest aussi un mouvement, cest une énergie qui jaillit de lhomme vers la femme et de la femme vers lhomme. Et cette énergie qui jaillit du plus profond de nous parcourt toutes les dimensions de la personne. Cette énergie parfois nous fait peur, parce quelle peut être très puissante et envahissante, pourtant elle est bonne, et elle est voulue par Dieu.
Elle sexprime par exemple par le cri dAdam quand il découvre Eve :
Alors celui-ci sécria : pour le coup cest los de mes os, la chair de ma chair. (Gen 2 v. 23).
On voit bien que ce cri est un cri damour. Cest la première chose que dit lhomme, cest la première parole qui est retranscrite. A chaque fois on dit Dieu dit mais là, la première parole quAdam prononce, cest en regardant Eve. Ce cri manifeste aussi son attirance pour la femme. Adam comprend quil est fait pour aimer. La finalité de la sexualité, cest dabord lamour.
Quand on continue la lecture de la Genèse, on voit que Adam et Eve vivent heureux au paradis. Et puis , il y a un " couac ". Cest l histoire du serpent qui propose à Eve de manger le fruit défendu. Eve et Adam se laissent tenter, mangent le fruit, et cest la catastrophe. (Genèse, 3, 1-20)
Que pouvons-nous comprendre par ce récit :
Les premiers enfants de Dieu, créés à limage et à la ressemblance de Dieu, sont naturellement ouverts à Lui, en référence simple et permanente avec Lui. Lhomme et la femme sont créés lun pour lautre, ils trouvent leur plénitude lun par lautre, dans un don total de lun à lautre, jusquà ne faire plus quun ;
Lhistoire du couple est orientée vers lunion à Dieu. Ils se connaissent à travers le regard de Dieu, cest une connaissance du cur ;
Les relations entre époux sont harmonieuses, faites daccueil et de don, dans la confiance, le respect, lémerveillement. La complémentarité est naturelle et sans problème.
Puis, ils sont trompés par la Malin (concrétisé ici par le serpent) et veulent être légal de Dieu et se passer de Lui. Ils lui désobéissent, estimant quils nont pas à respecter ses recommandations. Et cest là que commencent les problèmes : ce péché introduit une rupture radicale qui va se situer à 4 niveaux :
Avec Dieu : on déforme son image, il devient un étranger dont on a peur.
" Ils entendirent le pas de Dieu qui se promenait dans le jardin à la brise du jour, et lhomme et la femme se cachèrent devant Dieu parmi les arbres du jardin. Dieu appela lhomme : " Où es-tu ? " " Jai entendu ton pas dans le jardin, répondit lhomme, jai eu peur parce que je suis nu et je me suis caché. " (Gen, 3, 8-10) Le texte ne donne pas lintonation de la voix de Dieu : on pense facilement quil était en colère et quil prononce son " où es-tu " dune voix forte. Mais cest peut-être la voix douce dun père, triste de voir que son enfant sest fait du mal Dès le début, on voit quon interprète les questions de Dieu comme des reproches. On ne voit plus en lui la miséricorde.
Avec eux-mêmes : La femme et lhomme ne sacceptent plus tels quils sont.
" Alors leurs yeux à tous deux souvrirent et ils connurent quils étaient nus. Ils cousirent des feuilles de figuier et se firent des pagnes. " (Gen, 3, 7)
Cette difficulté de saccepter tel quon est se retrouve dans toutes les zones de notre être.
Ils ne comprennent plus leur fonctionnement interne et donc vont se tromper. Ils ont une fausse idée de leur vocation humaine et du sens de leur vie.
Dans leurs relations les uns avec les autres. On rejette lautre, on accuse lautre, on le rend responsable de nos maux et de nos difficultés.
Adam accuse Eve, Eve accuse le serpent.(Gen, 3, 11-13)
Lunité originelle sest transformée en division, perturbant à jamais la relation de lhomme et de la femme qui, de don merveilleux et gratuit de Dieu, allait devenir lobjet de luttes incessantes. Les voilà marqués par la culpabilité, la méfiance, la domination, la rivalité, la convoitise, légoïsme. Lharmonie nest plus acquise.
(cf, Gen, 3, 14-24)
Rupture avec la création elle-même :
Lhomme est chassé du paradis et va vivre dans un monde hostile, où il devra peiner pour vivre.
Ne cherchons pas à situer ce récit dans un temps historique, mais voyons ce quil nous enseigne :
Cette histoire, que lon appelle " le péché originel " nest plus très à la mode. On a tendance à en rire, et pourtant elle vaut aussi pour nous : elle est très actuelle ! Elle nous montre que lhomme en général, et moi, en particulier, nous nous détournons de Dieu et décidons de faire notre vie, tout seul, en nous prenant comme unique référence du Bien et du Mal. Cest particulièrement vrai aujourdhui où on narrête pas dentendre " A chacun sa vérité ", comme si la vérité dépendait de lidée que je men fait.
Comme nous sommes incapables de tout comprendre et de tout connaître, notre vision du monde et de la vie est forcément incomplète et fausse parfois. Mais lorgueil nous pousse à croire que nous connaissons tout et que donc, nous pouvons nous passer de Dieu pour vivre notre vie.
Dans ses catéchèses du mercredi, consacrées à lamour humain dans le plan divin, Jean-Paul II éprouve le besoin délaborer une anthropologie adéquate : Celle-ci " cherche à comprendre et à interpréter lhomme en ce qui est essentiellement humain " pour éviter des erreurs de comportements qui proviennent dune fausse vision de lhomme. Le Pape reconnaît quon peut trouver dans certaines mentalités, assez répandues parmi les chrétiens, des manières de penser et dévaluer les choses qui comportent un mépris, ou du moins, une reconnaissance insuffisante de la dignité personnelle du corps. De quoi sagit-il ?
Sans entrer dans les détails, une première erreur est la réduction de la sexualité à une fonction biologique, qui ne se justifie quen vue de la reproduction. A cela sajoute la méfiance du plaisir sexuel, due à linfluence de certains courants de rigorisme ascétique. Cest ainsi que St Augustin finit par " nexcuser " lacte sexuel que lorsquil est accompli comme un devoir en vue de la procréation. La sexualité est accueillie en termes utilitaires.
Avec St Thomas, on arrive à une revalorisation du plaisir puisquil fait partie de la nature, et que, par conséquent, il est bon. Mais il reste tout de même une certaine suspicion relative à la dimension émotive et passionnelle de la sexualité.
Le Pape Jean-Paul II, qui appelle le corps " sacrement de la personne " càd manifestation visible dune réalité invisible, indique des pistes pour renouveler la manière de comprendre et de présenter la morale sexuelle. En parlant de la " théologie du corps ", il a voulu montrer comment la lumière de la Révélation éclaire lexpérience humaine du corps dans sa réalité la plus profonde. Donc, la Foi nest pas étrangère à lexpérience du corps, elle est au contraire la lumière qui permet den saisir la signification ultime.
JP II nous montre que le corps nest pas un simple matériau manipulable arbitrairement, mais il est toujours le lieu où se manifeste la signification de laccueil et de la reconnaissance. Par le langage des émotions et de laffectivité, le corps exprime des significations que la conscience est appelée à reconnaître et à vivre à un niveau réellement personnel. Le Christ nous invite à vivre toutes ces dimensions avec un amour semblable au sien. A la vision matérialiste de la sexualité, qui ne voit que les pulsions, les instincts, et le désir brut devant être assouvi sous peine de frustration, la foi propose lexpérience dune plus grande plénitude dhumanité et de sens, en inscrivant ces données dans le cadre dune relation de don des personnes.
Le catéchisme de lEC dit la même chose : " La sexualité, en laquelle sexprime lappartenance de lhomme au monde des vivants, devient personnelle et vraiment humaine lorsquelle est intégrée dans la relation de personne à personne. " (2337)
Notre difficulté à comprendre notre vocation et le refus plus ou moins conscient de Dieu dans notre vie va nous poser des problèmes:
Dans la pratique, on saperçoit que, même si nous sommes de bonne volonté, ce nest pas toujours simple, comme on la dit plus haut. La réalité ne correspond pas toujours à notre idéal, et nous pouvons être déçus de nous-mêmes, de notre vie en général, de notre couple.
Ceci nest pas de la théorie, mais la réalité de ce que nous vivons, tous, sans exception, à des degrés divers, dans notre vie de tous les jours.
Sans cette certitude de laide de Dieu, nous serions découragé : la prédication du Christ est des plus exigeantes : elle appelle à la fidélité absolue, à la pureté, non seulement dans les actions mais jusque dans les intentions les plus profondes du cur, à la pureté du regard. Mais cet appel nest pas fait pour condamner lhomme pécheur, ou le décourager face à un idéal inaccessible aux seules forces humaines. Au contraire, son but est de lappeler à la grandeur de sa vocation et de lui offrir, au moyen de la grâce, la possibilité de se mettre en chemin.
Lhomme, pour grandir, doit dabord avoir le courage et lhumilité de se reconnaître imparfait, non pas pour être découragé, écrasé, mais au contraire libéré : en effet, la Bonne Nouvelle, cest que Dieu ne cesse jamais de nous aimer et quIl narrête pas de nous proposer son aide pour vivre dans lamour.
Et nous voilà presque au sacrement ! Dieu vient à notre aide, aux travers des sacrements. Comment vient-il ?
Le but, aujourdhui, nest pas de faire un exposé théologique sur la Rédemption. Ce quil faut savoir, cest que Jésus, Fils de Dieu, est venu prendre notre condition dhomme pour nous sauver. " Je suis le chemin, la vérité, la vie. " Nous avons accueilli ce salut, personnellement, au baptême qui fait de nous un homme nouveau, réconcilié avec le Père.
Comment comprendre cela ?
ex. du buisson. Depuis la chute, on peut imaginer que nous sommes entrés dans un monde séparé de Dieu, un monde où lon est confronté à la souffrance et au mal. Cest un peu comme si nous étions dans un immense buisson très piquant, où nous nous blessons. Dieu nous appelle, mais nous ne lentendons pas, nous ne le voyons pas. Alors, Dieu, triste de nous voir nous débattre et nous perdre, décide de venir nous rejoindre : il nous envoie son fils, Jésus, qui traverse lépaisseur du buisson pour nous rejoindre là où nous sommes. Mais ce passage dans les épines le blesse à mort. Mais en même temps, le passage vers lau-delà que, jusquà présent, nous ne voyions pas, est fait : il y a un chemin à prendre, pour retrouver la voix du Père : cest le chemin tracé par Jésus, car il nous dit : " Je suis le chemin, la Vérité, la Vie. "
Cest librement que Jésus a accepté de nous rejoindre, au prix de sa vie, pour faire la volonté de son Père qui voulait nous libérer du mal. On voit donc que cest par pur amour quil nous a rejoint, et que cest ce chemin damour quil nous est proposé demprunter.
Chaque jour, Dieu nous invite à grandir dans cette vie nouvelle, tels que nous sommes, où nous en sommes. Nous avons parfois peur quIl nous juge ou nous condamne : parfois, une mauvaise relation avec notre propre père nous empêche de croire à lamour de Dieu. Et bien, Dieu nous donne sa Miséricorde, son pardon, il nest pas venu pour nous écraser de sa grandeur, mais nous relever et nous faire avancer. Il nous donne son amour, mais ne nous force pas
Nous avons donc, chaque jour, à décider de nous tourner vers Lui, pour quIl nous aide à vivre dune façon nouvelle : dans lamour. Cest dailleurs ça, le but de la prière : être en relation avec ce Dieu damour, et se laisser transformer par lui, pour notre plus grand bonheur.
Cest ce que nous essayons de faire, ici : mettre en pratique la théorie de lamour. Apprendre à aimer à travers de toutes petites choses : ce ne sont pas les grandes phrases qui vont faire vivre notre couple, mais les petits gestes concrets damour, que nous poserons dans le quotidien.
D. Le sacrement du mariage
Pourquoi un sacrement ?
Quand on a compris que, par nos propres forces, cétait difficile daimer notre conjoint dans tout ce quil est vraiment, et quon réalise cet amour de Dieu qui vient nous sauver, on comprend aussi que Dieu peut nous aider par des signes concrets.
Un sacrement est un don de Dieu pour nous aider à vivre ce que nous sommes appelés à vivre, mais qui nest pas toujours à notre portée. Le sacrement, et les gestes qui laccompagnent, sont donc un signe visible dune réalité invisible.
Nous avons vu que le couple est une réalité naturelle, qui sest humanisée et civilisée au fil du temps. Le mariage nest pas une invention de léglise, mais une réalité que lon retrouve partout, dans lespace et dans le temps, même si les rites qui lentourent ou les modalités culturelles sont différents. Au plus profond de nous-mêmes, nous savons que nous cherchons à faire " alliance ", de façon définitive. Dire que le mariage est dabord une réalité humaine, ce nest en rien lui enlever sa dimension mystique (par mystique, on entend ce qui relève du mystère de Dieu) ou spirituelle. Cest reconnaître que laction de Dieu est incarnée et pas perdue dans les nuages.
Pour comprendre cela, on peut prendre limage dun souffleur de verre : le mariage naturel, cest la pâte de verre ; Dieu, cest le souffleur, qui insuffle son Esprit ; Si la pâte se laisse travailler par ce souffle, il y aura un très beau résultat, où les deux composantes étaient nécessaires.
Le mariage chrétien va donc proposer aux conjoints un subtil équilibre entre lhumain et le divin :
La réalité humaine nous propose
une union de 2 personnes
de sexe différent et complémentaire, (il est peut-être utile de la rappeler, à notre époque où on est tenté dautoriser le mariage des personnes homosexuelles. On verra lhomosexualité la prochaine fois, mais on peut déjà rappeler, que, sans jugement des personnes homosexuelles, on doit reconnaître que lacte homosexuel nest pas inscrit dans la nature biologique de lhomme, ne fut-ce que parce quil ny a pas de concordance des organes sexuels. Lacte homosexuel nest pas dans la nature humaine de lêtre humain. Mais cest un sujet délicat, car porteur dinnombrables souffrances, et il faut donc en parler plus longuement, et dans un réel esprit daccueil et de compréhension des personnes.)
entre lesquelles est décidée une alliance, scellée par un échange de consentements, de personnes capables, libres et responsables.
Cette union vise :
à mettre en commun vie, corps, personnes ;
à se donner profondément à lautre, à se recevoir lun lautre.
à donner la vie.
On voit déjà que, même sans signification religieuse, le mariage, au départ, est compris comme un engagement, et pas comme une formalité temporaire. Notre société, marquée par les divorces et les formes alternatives des couples, a peut-être oublié que le mariage civil représente bien plus quun contrat révocable.
Néanmoins, on peut constater une différence de fond entre le mariage civil et le mariage religieux :
la formule du mariage civil dit : " je te prends comme époux "
le mariage religieux dit : " je me donne à toi et te reçois comme époux "
Cette notion de DON est essentielle dans notre Foi.
Le don nest pas un prêt. Il est total, sans réserve, définitif. Il est inscrit dans la durée. Il demande la fidélité.
Le mariage a deux finalités :
lépanouissement des conjoints ;
donner la vie et élever des enfants. Quand un couple ne peut pas avoir denfant, il peut alors donner son amour vers lextérieur, pour construire la civilisation de lamour (ex : adoption, engagement social, etc ). La fécondité de lamour nest pas uniquement biologique.
Le mariage est aussi à la base dune cellule de la société , cellule unique, appelée à une action et un rayonnement uniques dans le monde. Avez-vous déjà remarqué que certaines familles attirent, presque comme des aimants, tous ceux qui souffrent, qui sont seuls ou ont besoin de réconfort ? Lamour est appelé à rayonner.
La réalité mystique du mariage se greffe sur cette réalité humaine :
Le sacrement est :
un don de Dieu, un don de lEsprit Saint
qui guérit tout ce qui a été blessé dans notre relation. Ce sont des guérisons parfois très concrètes. Nayons pas peur de demander laide de Dieu pour ce qui paraît trop difficile.
Ex : nous avons rencontré un couple où lui venait dun milieu assez violent, et à chaque dispute, il semportait. Ca lui était même arrivé de lever la main contre son épouse. Il en était très affecté, mais complètement incapable de se contrôler. Après une thérapie de couple, ça nallait pas mieux. Ils ont alors rencontré quelquun qui leur a suggéré de faire une retraite, où ils ont découvert quils pouvaient sappuyer sur la grâce de leur sacrement de mariage. Et depuis lors, ce mari prie tous les jours pour demander la force de se maîtriser. Le Seigneur a véritablement guéri tout ce qui avait été cassé par la violence et reconstruit petit à petit lamour de ce couple. Sans cette prière quotidienne, le couple se serait sans doute séparé.
Mais attention. Le sacrement nest pas un rite magique qui solutionnerait automatiquement tous les problèmes Nous avons à collaborer, en ouvrant notre cur à la grâce, en acceptant de nous rapprocher de Dieu par la prière et les sacrements, en acceptant que notre évolution vers un amour plus grand se fasse dans le temps.
Cest un chemin qui nous donne accès au cur même du Christ, pour apprendre à aimer comme Lui. Nous ne perdons pas notre personnalité pour autant, nous restons ce que nous sommes, avec nos qualités propres, qui sépanouissent dans le sens dun plus grand amour.
Ce don de Dieu est continu, il nest pas donné une fois pour toutes, le jour du mariage, mais tous les jours. Il aidera à la réalisation du mariage dans toutes ses dimensions : physiques, affectives, spirituelles, éducatives, apostoliques. Il accompagne le couple dans toute son histoire.
On peut comparer le mariage à la création dun jardin. Le sacrement, cest un peu comme un puits, planté dans votre jardin. Il est là, rempli deau, et nattend quune chose : que nous venions y puiser leau qui nous permettra dentretenir nos plates-bandes . Si nous ny venons pas, les fleurs risquent de se dessécher. Si nous attendons que notre jardin soit complètement sec pour nous rappeler lexistence du puits, ça prendra sans doute un peu de temps pour arriver à revivifier nos plates-bandes, à redonner vie à nos parterres, pourtant si beaux au début de notre histoire damour. Si nous ny venons jamais, peut-être le jardin sera-t-il brûlé par le soleil, les épreuves, et finalement condamné à disparaître ; mais si nous venons y puiser tous les jours, alors le jardin pourra rester magnifique, malgré quelques temps de gelée ou de soleil trop violent. Mais il persistera, et saméliorera, au fil du temps et de nos efforts.
Le mariage chrétien nest pas seulement un mariage béni par le Christ. Le sacrement nous fait entrer, ou commencer dentrer, dans le mystère de lAlliance du Christ avec lEglise.
Il nous fait participer à ce mystère.
Jésus, au moment de sa mort, donne sa vie. Le sacrement donne au couple de vivre comme le Christ, et par le sacrement, les époux représentent réellement ce mystère damour du Christ pour lEglise, avec ses 3 aspects :
dunion : comme lhomme et la femme ne forment plus quun, Jésus et son Eglise sont tout à fait unis. Même si les conjoints sont imparfaits, ils forment néanmoins un couple unique, qui peut rayonner lamour de Dieu. Ainsi, même si lEglise, composée dhommes et de femmes pécheurs, est imparfaite, elle peut, unie au Christ, rayonner de lamour de Dieu. Cest son union au Christ qui nous permet de dire quelle est sainte, même si nous reconnaissons quelle est aussi imparfaite.
de don : qui va imiter le don du Christ : donner sa vie pour lautre. A lheure actuelle, ce don nest plus évident, et il ne la jamais été, dailleurs : cest si facile daimer quand lautre nous comble et satisfait nos attentes. Mais que faire, sil ne nous apporte plus le bonheur espéré ? Ca peut être pour des causes extérieures à lui-même, comme léloignement pour le travail, la maladie, les soucis trop nombreux ; ça peut être pour des causes liées à sa personnalité, comme la découverte dun défaut que lon navait pas vu, ou sous-estimé, une infidélité, un mensonge, ou des attitudes qui nous blessent. Etc. Le Seigneur nous demande de continuer à donner notre amour, pour laider à se transformer sous le regard de Dieu. Ce don de soi est parfois héroïque, et peut parfois nêtre possible que par la grâce.
Ex : nous connaissons un couple où le mari était gravement alcoolique. Sa femme ne le savait pas quand elle sest mariée. Pendant des années, elle a prié pour la guérison de son mari, et a demandé à Dieu la force de tenir le coup. Cet homme, profondément blessé par la vie, sest reconstruit petit à petit, au travers de ce regard despérance de sa femme, sans pour autant parvenir à se libérer tout à fait de lalcool. Elle dit : " je nai pas été exaucée comme je le pensais, il nest pas encore sorti de lalcool, mais le miracle, cest que notre couple tienne et que nos enfants " poussent " bien malgré tout. Le Seigneur donne les forces quon na pas en soi. "
de pardon. Nous lavons vu la fois dernière, le pardon est indispensable, mais parfois si difficile !
Nous verrons ce point plus en détail la prochaine fois, mais voilà déjà une piste de réflexion :
Les pharisiens interrogent Jésus sur ce point, en citant la Loi de Moïse qui permet la répudiation dans certains cas.
Dans Deutéronome, 24, 1 : " Soit un homme qui a pris une femme et consommé son mariage ; mais cette femme na pas trouvé grâce à ses yeux, et il a découvert une tare à lui imputer ; il a donc rédigé pour elle un acte de répudiation et le lui a remis, puis la renvoyée de chez lui. "
Et Jésus, pour répondre, se réfère à deux reprises à lorigine. Lindissolubilité de lunion entre lhomme et la femme trouve ainsi son fondement dans lintention originelle du Créateur. Il faut remarquer que lexercice de la sexualité propre au mariage est aussi, dans les paroles de Jésus, relié au commencement : " Navez-vous pas lu que le Créateur, dès lorigine, les fit hommes et femmes et quil a dit : " ainsi donc, lhomme quittera son père et sa mère pour sattacher à sa femme, et les deux ne feront quune seule chair. " ? Et bien, ce que Dieu a uni, lhomme ne doit pas le séparer. " (Mt, 19,4-6 ou Mc, 10, 4-9)
Dans le commentaire de ce texte, JPII compare les questions posées par les pharisiens avec celles que nos contemporains se posent aujourdhui. Ces questions, sans doute, recevraient les mêmes réponses de Jésus qui renverrait une nouvelle fois à lorigine.
Peut-être quaprès tout ce quon a raconté, vous vous dites : jai fait des erreurs, je me suis trompé ;
Peut-être vous sentez-vous coupable de quelque chose.
Mais le Seigneur, en plus de son amour, nous donne son pardon qui nous relève et nous retrace une nouvelle voie.
Si nous sommes confrontés à une grosse culpabilité, qui nous travaille et nous enlève la paix intérieure, nous pouvons méditer lexemple de Pierre et de Judas :
Dans lEvangile, ces deux hommes trahissent Jésus : Judas, qui le vend pour quelques pièces dargent, et Pierre, qui après avoir juré haut et fort quil serait fidèle au Christ jusquà la mort, le reniera trois fois, le soir de son arrestation. Les deux hommes, à un moment donné, prennent conscience de ce quils ont fait :
Dans Matthieu, 27, 3-5, on dit que Judas fut pris de remords. Mais il na pas cru au pardon du Seigneur, il na pas cru que le Seigneur pouvait lui rendre la vie après ce quil avait fait. Il est désespéré et va se pendre.
Dans Luc, 22, 54-62, Pierre, après avoir renié Jésus par 3 fois, croise son regard : " Au même instant, comme il parlait encore, un coq chanta, et le Seigneur, se retournant, fixa son regard sur Pierre. Pierre alors se souvint de la parole du Seigneur qui lui avait dit : " Avant que le coq chante aujourdhui, tu mauras renié trois fois. " Et sortant dehors, il pleura amèrement ".
Pierre aussi a des remords. Mais ces remords ne lont pas conduit au désespoir, comme Judas. Il a croisé le regard de Jésus, et on peut se dire quil y a vu lamour et le pardon. Il a compris, à cet instant, que tout ce que Jésus avait dit était vrai, non seulement la prophétie du reniement, mais tout le reste aussi, sur lamour qui donne vie. Il a sans doute compris, à cet instant, que le salut venait de Dieu seul, et que lamour de Dieu était plus fort que la trahison.
Et dès lors, il a pu, de nouveau, marcher à la suite du Seigneur et porter du fruit
Le sacrement de réconciliation est inséparable des autres sacrements. Mais ce sacrement est peut fréquenté, parce quon en a sans doute oublié la signification.
Peut-être serait-il bon de se poser ces questions :
Est-ce que je crois que Jésus peut me pardonner tous mes égarements ?
Est-ce que jai encore un regard despérance, sur ma vie personnelle, sur ma vie de couple, sur mon conjoint ?
Est-ce que je crois que lamour et le pardon de Dieu redonnent vie ?
Est-ce que je crois que le Seigneur sintéresse vraiment à mon couple, non pas pour nous juger mais pour nous aider à grandir dans lamour ?
Quelques points particuliers
Nous avons vu que la Foi chrétienne peut vraiment nous aider à vivre un amour toujours plus vrai, même si nous savons que cest un chemin qui nest jamais terminé.
Nous savons que le Christ est lexemple même de lamour parfait, et que nous pouvons toujours lui demander sa force quand il nous devient trop difficile daimer de façon inconditionnelle.
Si beaucoup de nos contemporains catholiques sont daccord dessayer de suivre le Christ, certains parmi eux se sentent mal à laise dans léglise catholique, car ils ont limpression quelle est en retard sur son temps.
Dans les discussions, on entend souvent la même chose :
lEglise a peur de la sexualité ;
lEglise manque de miséricorde par rapport aux divorcés remariés ;
lEglise est contre la contraception ;
lEglise devrait sadapter à lévolution des murs et accepter, par exemple, de bénir les cohabitants ;
LEglise devrait accepter lhomosexualité.
etc, etc
On ne voit plus que les interdits. Mais avons-nous pris le temps de voir ce quil y avait derrière ces interdits ? Cest ce que nous allons faire maintenant.
Avant de commencer, nous allons repenser aussi à la miséricorde et à lhistoire de Judas et de Pierre : au fond, la vraie question, ce nest pas : quelle est la gravité de ce que jai fait, mais plutôt : est-ce que je crois que lamour du Christ peut me relever de tout, ou est-ce que je suis désespéré comme Judas, au risque den mourir ?
Gardons à lesprit, tout au long de cet exposé, cette Foi en la miséricorde
LEglise a peur de la sexualité : elle refuse les relations sexuelles hors mariage, alors quil nest pas nécessaire dêtre marié pour saimer vraiment.
1.1. Le papillonnage amoureux
Nous avons vu, dans le 2° enseignement, pourquoi il était préférable de ne pas avoir de relations sexuelles pendant les fiançailles : celles-ci sont un dernier temps de discernement.
Mais que dire aux jeunes qui ne sont pas en âge de sengager, et qui pourtant sont amoureux ? Nest-il pas souhaitable quils vivent librement leur sexualité, ce qui leur donnera de lexpérience pour choisir, en temps voulu, le bon conjoint ?
Léglise recommande labstinence pour des raisons humaines, dabord.
Imaginons une petite histoire un peu caricaturale mais pas trop éloignée de ce que vous voyez autour de vous ou que vous avez vous-mêmes vécue
Jules et Julie sont très amoureux. Ils décident de sortir ensemble. Tout va bien.
Julie Jules
Après quelques mois, tout va toujours bien, même s'il y a, de temps à autres, quelques tensions. Et puis un jour, Julie se dit quelle sest trompée, elle quitte Jules. Personne n'y trouve rien à redire: de toutes façons, ils n'étaient pas engagés, cela semble très bien ainsi: s'ils avaient été mariés, leur couple se serait soldé par un divorce, n'est-ce pas ?
Julie Jules
(culpabilité) (souffrance)
(doute)
Oui, mais voilà. Jules, même s'il est soulagé de voir que cette relation prend fin (en fait, il n'était pas si heureux que ça avec Julie) Jules donc, souffre: son ego, son image de marque en prend un coup: ce n'est jamais drôle de se "faire plaquer";
Julie, elle, se culpabilise: elle lui avait dit qu'elle l'aimait, et maintenant elle le largue. N'est-elle pas une belle s ? En plus, elle doute d'elle-même et de sa capacité d'aimer: elle était sincère quand elle disait aimer Jules, et maintenant, elle ne l'aime plus. Pourquoi ? Est-ce elle qui ne sait pas aimer ?
Comme ces sentiments (souffrance, doute, culpabilité...) sont très désagréables, on a tendance à les refouler. Ils ne seront donc pas ressentis consciemment. Ce n'est pas pour ça qu'ils n'existent pas.
Au bout dun certain temps, Julie tombe amoureuse dArthur. Tout va très bien Le couple est heureux.
Arrive alors Ernest, un collègue de travail de Julie. Julie sentend très bien avec lui, mais il ny a que de lamitié entre eux, vraiment. Mais Arthur le regarde d'un oeil soupçonneux:
Puisque Julie a quitté Jules, quest-ce qui dit que Julie ne va pas le quitter lui, dautant plus quelle a lair de sentendre si bien avec Ernest La jalousie fait son entrée Julie non plus n'aime pas trop quand Arthur s'approche de jolies femmes: elle sait par expérience que quand il veut quelque chose, il l'obtient...
S'installe donc un climat de jalousie, poison des couples.
Julie Arthur
Jalousie
Les jolies femmes Ernest
Jules (le 1° amoureux de Julie), de son côté, se méfie: il a déjà été plaqué une fois, ça lui a fait mal, on ne l'y reprendra plus. Il va donc s'installer dans des relations de plus en plus superficielles ou de plus en plus agressives (l'agressivité est souvent l'expression d'une souffrance intérieure profonde...)
Jules Les filles
méfiance
agressivité
jalousie
Les hommes
Et voilà. Quand Jules et Julie se sont mis ensemble, conscients qu'ils n'avaient pas décidé de leur avenir, ils se sentaient formidablement libres: libres de vivre leur amour, libres de sortir du couple si celui-ci venait à être moins passionnant. Ils ne savaient pas qu'ils risquaient de se blesser profondément et blesser surtout leur CAPITAL-CONFIANCE, indispensable pour fonder un couple stable et durable: On ne s'engage pas si on n'a pas confiance en l'autre. Mais comment faire confiance quand on a été déçu plusieurs fois ?
Notre constat vous paraît-il trop pessimiste ? Pourquoi, alors, entend-on dire par beaucoup de jeunes femmes: "Tous les hommes sont des salauds" ou "Ils ne pensent qu'à vous avoir dans leur lit pour vous laisser tomber par la suite..."
Pourquoi entend-on dire beaucoup de jeunes hommes: "Les femmes sont toutes les mêmes: faux-jetons, vamps, ...et autres qualificatifs peu élégants..."
Pourquoi tant d'agressivité dans notre société ? Pourquoi tant de dépressions, pourquoi tant de célibataires définitifs ? Suivant une enquête de l'UCL, le célibat définitif non choisi est en augmentation constante... Certains sont célibataires parce quils nont pas trouvé lâme sur. Leur souffrance est dautant plus aiguë que la société ne reconnaît pas leur célibat comme une souffrance éventuelle mais plutôt comme une nouvelle liberté. Mais on rencontre de plus en plus de célibataires qui ont vécu en couple, sans oser lengagement. Après parfois plusieurs épisodes de cohabitation, les femmes surtout risquent de se retrouver définitivement seules, à partir de 40 ans. Les hommes, eux, peuvent toujours se marier et procréer à un âge avancé, et sont moins menacés par la solitude. Les naissances hors mariage se multiplient et les familles monoparentales deviennent un réel problème de société...
Alors, tout va donc pour le mieux depuis que la sexualité est libérée ?
Peut-être est-il temps de prendre conscience que la sexualité touche toute la personne et la marque en profondeur.
Peut-être est-il temps de reconnaître que l'échec amoureux n'est pas anodin: à force de trouver normal que les jeunes multiplient les aventures, on ne les avertit plus des conséquences de tels comportements. Et quand vient l'échec, ils ne savent pas forcément le gérer, l'analyser, pour en sortir grandi.
Dans ce constat pessimiste, il y a tout de même un chemin despérance :
Parce que, et c'est important de le dire, l'échec n'est pas toujours négatif, à partir du moment où on parvient à l'analyser et en tirer des leçons.
Maturité
Echec
Superficialité, Agressivité, Solitude, Désespoir, Perte de confiance
Léchec nous tire vers le bas si on ne comprend pas ce qui cest passé ; on aura tendance à accuser les autres ou la société, et on refera toujours les mêmes erreurs.
Mais il peut nous aider à grandir si on parvient à analyser ce qui sest passé, lucidement, si on accepte de reconnaître la part de notre responsabilité (mais cest ce quil y a de plus difficile : on le voit bien depuis Adam et Eve : Adam accuse Eve, Eve accuse le serpent " cest pas moi, cest lui ou elle "). Si on analyse ce qui sest passé, on ne recommencera pas deux fois la même erreur.
Comment les jeunes pourraient-ils réfléchir sur leur comportement amoureux si le seul discours qu'ils entendent est celui de la contraception et du préservatif ? Comme si les seuls risques de la sexualité étaient l'enfant et le SIDA (c'est terrible, d'ailleurs, de se rendre compte que, dans la tête de beaucoup, l'enfant est un mal à éviter au même titre que les M.S.T (maladies sexuellement transmissibles)).
LEglise, par son discours, nous invite à réfléchir sur les conséquences à court et à long terme de nos comportements. Donnons à nos jeunes des éléments de réflexion qui leur permettent de diriger leur vie affective de façon vraiment responsable. Que ce ne soit pas la peur (de l'enfant ou du SIDA) qui motive leurs choix mais la découverte de la beauté de l'amour synonyme de respect. Voyons, derrière linterdit, limmense champ damour vrai que lEglise tente de protéger.
Les fiançailles
Le temps des fiançailles est un peu particulier, puisquil y a projet dengagement définitif. On ne peut donc pas parler de RS qui ne concernent pas toute la personne.
Même sil y a projet de mariage, lEglise recommande de ne pas avoir de RS pendant ce temps pour plusieurs raisons :
Pour les fiancés eux-mêmes :
Les fiançailles sont un temps de discernement. Les conjoints nont pas intérêt à se tromper, car, le mariage étant indissoluble, ils en ont pour 60 ans à vivre ensemble !
Pour comprendre ce temps, nous pouvons méditer lévangile de Luc, 6, 47-48 : bâtir sur le roc.
Ce thème évangélique de la construction dune maison rejoint tout à fait la préoccupation (ou ce qui devrait être la préoccupation) des fiancés : " creuser " la relation pour voir si lon peut poser des fondations solides. Ce nest plus un temps de défrichage ou de déblaiement du terrain. Cest le temps dun travail en profondeur qui pose les bases des fondation dune construction faite pour durer.
Nécessité de garder la possibilité de rompre les fiançailles.
Pour que le couple puisse profiter pleinement des fiançailles comme dernier temps de discernement avant lengagement, définitif et irréversible.
=> pour faire une réflexion la plus lucide possible, nécessité de ne pas avoir de relations sexuelles parce que, si on en a :
- soit ça se passe très bien et cest tellement formidable quon se dit que lautre est certainement " le bon " conjoint. Le plaisir ressenti et leuphorie qui en découle empêche la réflexion plus en profondeur ;
- soit ce nest pas si formidable quon espérait (ce qui nest pas anormal, puisque lépanouissement sexuel est progressif chez la femme) et sinstalle alors le doute : est-ce vraiment lui ou elle qui me convient ? Avoir des RS pour vérifier quon sentend bien physiquement napporte pas de plus au couple, vu ce qui précède : les RS évoluent avec le couple, et le début nest pas obligatoirement aussi super que ce quon espérait.
En plus, les relations sexuelles créent des liens très forts. Si un des fiancés veut rompre, ce sera dautant plus difficile.
Si un enfant sannonce, on perd sa liberté de choix de façon plus radicale encore.
Donc, la continence pendant cette période a un sens puisquelle permet de rester libre. Il est important de redécouvrir que les fiançailles peuvent être rompues, et même si cest parfois au pris dune grande souffrance, cette éventualité permet un engagement réellement libre.
Nécessité de se donner un temps " dapprivoisement " : beaucoup de couples souffrent de navoir pas pris le temps de se connaître bien avant davoir des RS sexuelles. Il nest pas rare que lun ou lautre des partenaires souffre du manque de patience de lautre. Ce temps de fiançailles permet lapprentissage de la rencontre du corps de lautre, à un rythme lent et paisible.
La difficulté, cest que lamour est impatient. Il est important que les fiancés comprennent que limpatience est ce qui nuit le plus à lamour, car elle empêche de senraciner réellement : à la première bourrasque, lamour est arraché. Que de jeunes couples qui se quittent après seulement quelques mois de vie commune, quils soient mariés ou non.
Il y a le problème des fiançailles longues : que dire aux jeunes qui restent fiancés plusieurs années, attendant, par ex, la fin de leurs études pour se marier ?
Dabord, se poser une question : pourquoi ne pourraient-ils pas se marier en étant encore étudiants, sils sont sûrs de leur choix ? Si non, pourquoi accepte-t-on plus facilement leur cohabitation ? Nest-ce pas, quindirectement, on doute de leur capacité de sengager réellement ?
Il y a aussi la question financière. Mais quelle différence y a-t-il, pour des parents, entre financer un couple cohabitant et un couple marié ?
Sils sont réellement trop jeunes pour se marier, pourquoi seraient-ils alors assez vieux pour vivre ensemble ? Nest-ce pas de nouveau quon accepte plus facilement une séparation de cohabitants. Mais on la vu, une séparation de cohabitants est aussi douloureuse quun divorce, et fragilise les couples à venir
Parce que les actes posés de manière privée rejaillissent tout de même sur la vie sociale. Petite histoire pour le comprendre :
Jules et Julie saiment damour tendre Ils saiment même tellement quils décident de se marier En attendant le jour J, ils vivent ensemble. Ils sont adultes, majeurs et vaccinés, indépendants financièrement. Qui donc peut sopposer à ce choix, et surtout pourquoi ? On suppose, étant donné quils sont intelligents et bien élevés, quils ont suffisamment réfléchi avant de faire ce pas ! Alors, où est le problème ? Dailleurs, y en a-t-il un ? (Peut-être que quelques vieilles pimbêches vont grincer des dents, mais quimporte )
Quelque temps plus tard, leur cousin Alexandre tombe amoureux et se fiance avec Alexandra. En attendant la mariage, pourquoi ne pas faire comme Jules et Julie, ils ont lair si heureux ! Les voilà qui sinstallent à deux Le mariage approche, et Alexandre a des doutes de plus en plus sérieux quant au choix de sa future épouse. Ne se serait-il pas trompé ? Mais il ne peut plus faire marche arrière car il était clair, pour tous les deux, que la cohabitation signifiait que leur engagement était définitif. Il avait oublié (la-t-il jamais su, dailleurs ?) que les fiançailles sont " le dernier temps de discernement " avant lengagement le plus risqué que lhumain soit capable de prendre : sengager à vivre tout le reste de sa vie ( !!) avec la même personne, fonder une famille et conduire des enfants à lâge adulte, dans les conditions optimales pour leur épanouissement Les fiançailles, temps difficile mais crucial où lon peut encore normalement- faire marche arrière Mais plus on a été " loin " dans la relation, plus les liens sont douloureux à rompre, le cas échéant. Honnête homme, Alexandre décide de se marier tout de même, ne pouvant rejeter celle qui a cru à sa parole " privée ". Mais le jour J, son cur est lourd même si personne ne le remarque.
Quelques mois plus tard, leur cousin Antoine tombe amoureux dAntoinette. Pourquoi se marier, au fond ? On voit bien que pour Jules et Julie, Alexandre et Alexandra, le mariage nétait quune formalité dans leur parcours de couple. Il na rien changé fondamentalement à leur vie. Alors, pourquoi se compliquer la vie par des démarches inutiles et coûteuses ? Exit le mariage.
Le temps passe (et oui, lhistoire sétale sur plusieurs années, mais pour évaluer les fruits dun comportement, il faut un peu de recul !)
Alexandre se sépare de son épouse. Coup de tonnerre dans le ciel bleu. Qui aurait cru ? (Mais qui savait ses réticences le jour de son mariage ?) Se faisant, il ne fait que confirmer les statistiques qui montrent que ceux qui cohabitent avant de se marier divorcent 2 fois plus que ceux qui nont pas cohabité
Antoine et Antoinette se séparent aussi, confirmant eux-aussi les chiffres : 9 couples de cohabitants sur 10 ne passent pas la barrière des 10 ans de vie commune. Ils ne savaient pas que, pour durer, lamour a besoin de la force de lengagement, explicitement exprimé dans le mariage. Ce mariage, justement " utile " pour aider le couple à passer les caps difficiles. Mariage qui montrent que les conjoints sont conscients de leurs limites et de leurs faiblesses et reconnaissent que la construction dune vie de couple épanouie est un défi. Comme le montagnard sappuie sur sa détermination à vaincre le sommet quand la montée devient trop dure et que lenvie de redescendre le tenaille les gens mariés sappuient sur leur mariage quand lenvie daller voir ailleurs les secouent parfois durement !
Revenons à Antoine et Antoinette ; lentourage se dit : " ouf ils nétaient pas mariés ! " Mais la souffrance de la séparation est-elle moins grande, surtout pour le plus amoureux des deux ? En plus, le temps a passé Antoinette a pris quelques rides, et son " temps de fécondité " a diminué Trouvera-t-elle encore un mari, au milieu de toutes ces petites " jeunesses " bien plus " appétissantes " ? Et quand elle laura trouvé, pourra-t-elle encore avoir des enfants ? (Le célibat définitif et non choisi - des femmes est en augmentation alarmante ces dernières années ; la " stérilité " pour cause de 1° " essai de maternité " trop tardif aussi )
Devant un tel désastre, la " petite cousine " a beaucoup réfléchi : cest clair, il ne faut pas se marier, ça apporte beaucoup trop dennuis. Alors, elle vit ses amours au jour le jour, se croyant réellement " libre " : " Je reste avec toi tant que tu me plais, on se sépare relax quand on ne saime plus "
Mais elle a oublié une chose, cette chère " petite " Lhumain recherche la stabilité, surtout quand le désir denfant se fait plus pressant. Mais comment trouver un mari quand on ne croit pas au mariage ? Et la voilà qui a un bébé, hors mariage
Malheureusement, les cohabitations avec enfants ne sont pas plus solides que celles sans enfant. Tout au plus tiennent-elles un peu plus longtemps La " petite " cousine quittera sans doute le père de ses enfants. Malheureuse dêtre parent seule, elle se retrouvera un compagnon pour quelques mois ou même quelques années mais a toutes les chances de terminer sa vie dans la solitude.
Quand Jules et Julie se sont " mis ensemble ", ils se sont dit : " notre amour ne regarde que nous, notre vie privée ne regarde personne. " Et les adultes ont acquiescé : puisquils étaient fiancés
Beaucoup de membres de notre société hyper-individualiste ne sont même plus conscients de leur responsabilité sociale. Chacun vit sa vie, comme il lentend, sans se rendre compte que ses choix influencent forcément ceux qui en dépendent, mais aussi ceux qui le voient vivre.
LEglise est contre le plaisir sexuel, elle parle même encore de chasteté, alors que ce mot est totalement dépassé.
Le plaisir sexuel
Cest important de savoir que, contrairement à ce quon pense généralement, ni la Révélation, ni lEglise, ni la tradition chrétienne ne portent sur la sexualité le soupçon qui en ferait une chose mauvaise. Des courants de pensée, à lintérieur du christianisme tel le jansénisme ont, il est vrai, véhiculé des idées fausses qui se sont installées dans les mentalités et y ont parfois fait des ravages. Toute une génération de chrétiens a été fortement influencée par ce courant janséniste, courant dur qui condamnait effectivement la plaisir sexuel. Mais ce courant, qui touchait principalement les classes intellectuelles, ne représentait pas toute lEglise, même si celle-ci, dans nos pays, en a été fort influencée.
Depuis lors, il y a eu le concile Vatican II, qui a remis pas mal de pendules à lheure, même si on ne sen rend pas forcément compte. Cest important, quand on pense aux messages de lEglise, de réfléchir à partir de textes actuels, et de ne pas revenir constamment avec de vieux discours du début du siècle !
Ex : un de nos amis, qui suit un cours de licence en psychologie familiale et sexuelle nous racontait quun de ses professeurs avait critiqué lEglise de façon très virulente en citant des textes dun prêtre anonyme, du début du siècle. Cet ami avait été trouver le prof en lui recommandant de lire les textes actuels, qui pourraient donner aux élèves une vision plus juste de la pensée catholique. Et bien, ce prof ne les connaissait pas, persuadé que lEglise avait toujours et pour toujours condamné la sexualité. Comme quoi, les préjugés sont parfois tenaces !
Il faut donc redire clairement que la sexualité est bonne et ôter de notre esprit cette idée que la Foi et la sexualité ne font pas bon ménage.
Donc, aujourdhui, en lan 2001, lEglise reconnaît le plaisir sexuel comme une dimension essentielle du couple et ne le condamne absolument pas.
La chasteté
LEglise, en 2001, parle de chasteté. Pourquoi ?
Cest un mot qui " sonne " rétro, vieillot. Ca ne paraît vraiment pas très moderne et même, pour certains, carrément ennuyeux : " que va-t-on encore nous dire à propos de NOTRE sexualité ? ? " ou " LEglise na pas à se mêler de ce qui se passe dans notre chambre. "
En plus, on confond parfois chasteté et continence sexuelle. Si donc on na pas trop de peine à imaginer la chasteté pour les célibataires, on se demande ce que ça vient faire chez les gens mariés ! ! Effectivement, la chasteté et la continence concernent la sexualité, mais différemment : la continence désigne une pratique, la chasteté une spiritualité :
la continence consiste à ne pas avoir de pratique sexuelle, tandis que la chasteté nexclut pas la pratique sexuelle mais la guide pour la vivre de façon droite et juste. Plus quune loi rigoriste et implacable, la chasteté est avant tout une façon de vivre, de concevoir nos relations à lautre et aux autres, une invitation à redécouvrir le sens profond dune sexualité dabord ordonnée au don de soi. Cest une attitude du cur, une façon dêtre juste par rapport à soi-même et aux autres .
Donc, rassurez-vous. La chasteté, ce nest pas bien compliqué : ça veut dire : vivre sa sexualité selon le plan damour de Dieu. Et Dieu aime la sexualité puisque cest son uvre : quand Il fit lhomme et la femme, Il vit que cela était bon.
Dans notre combat pour garder un cur pur, nous avons des armes. En voici 3.
1. La connaissance lucide de soi.
Il est nécessaire que nous portions un regard vrai sur nous-mêmes, de nous connaître en vérité. Il y a comme un état des lieux à faire, pour découvrir avec lucidité nos désirs, nos attirances, nos pulsions, nos points faibles et nos points forts, nos tentations, nos peurs, nos blessures. Noublions pas que beaucoup de choses nont pas de valeur morale en soi : nos pulsions physiques, nos élans affectifs etc Par contre, nous sommes responsables de ce que nous en faisons ! Si nous nous laissons diriger par nos pulsions sexuelles, par ex, cela peut nous dérégler et nous amener à pécher.
Ex : si un homme a des difficultés à résister aux avances des jeunes et jolies femmes, il doit, dans un premier temps, le reconnaître, et puis décider de ne pas se mettre en situation périlleuse (comme éviter dinviter une jeune collègue à boire un verre au coin du feu dans une maison isolée au bout du monde)
Ce " tour du propriétaire ", on peut le faire seul ou se faire aider. Cela nous conduit à lacceptation de nous-mêmes dans lhumilité. Nous allons nous accepter et nous aimer tels que nous sommes en nous rappelant que dans notre cur, comme dans le cur de chaque homme, Dieu a mis un appel à la sainteté. Et donc, cet inventaire ne doit pas nous décourager, nous humilier ou nous dégoûter, mais va être le point de départ dun chemin de conversion.
2. La garde du cur
Cest une attitude intérieure de vigilance qui va nous permettre de garder notre cur dans un état de pureté. Elle va sexercer aussi bien à légard de nos pensées, de nos regards que de nos actes.
Ce sont des actes libres et simples, que nous allons poser délibérément et qui vont construire notre chasteté.
Ex : Si, dans une librairie, nous sommes troublés par les revues du rayon porno, et bien, détournons les yeux, évitons de les regarder et surtout de les acheter !
- si nous sommes troublés par la compagnie dun ami, et tentés par linfidélité, et bien, évitons de linviter à souper tous les 15 jours ;
- Quand nous partons à létranger en voyage daffaires, évitons daccompagner les collègues qui vont passer la soirée dans des bars " louches ".
Vous savez, le meilleur moyen de résister à la tentation, cest de la fuir avant quelle ne se présente.(Cest Ste Thérèse qui le dit, donc )
En même temps, restons relax : la vigilance ne veut pas dire la peur. Nous vivons dans un monde qui nest absolument pas chaste. Puisque nous sommes plongés dedans, reconnaissons simplement nos points faibles pour ne pas nous donner des occasions de chute inutilement. Pas besoin, pour ça, de se promener avec des lunettes noires en ville
Soyons conscients aussi que nous sommes gardiens de la chasteté des uns et des autres.
De toute façon, on sent très vite quand la sonnette dalarme commence à sonner dans notre tête Cest à ce moment-là quil faut réagir. Pas après, quand il sera peut-être trop tard.
Et gardons à lesprit que cette garde du cur nest pas une contrainte mais un appel à un plus grand amour, un amour plus pur, un plus grand don de soi.
3. La prière, ladoration et la réconciliation
Peut-être que vous vous dites quil y a beaucoup de travail en perspective
Pas de panique ! Dans la barque où vous ramez, peut-être péniblement, il y a le Seigneur, qui vous propose un moteur très efficace pour avancer plus vite et plus facilement.
Ce moteur, cest la prière. Cest elle qui va purifier notre cur ;
Cest dans la prière que nous demandons et recevons de laide ;
Cest là que nous faisons lexpérience de la grâce ; rien de tel pour se débarrasser dune tentation, dune image ;
Cest dans la prière que le Seigneur va nous montrer " où ça coince ". Et on sait, par expérience, que le Seigneur montre toujours les choses avec douceur et délicatesse, quand Il sait que nous sommes prêts à lentendre
La pureté ne relève pas que de nos propres forces, elle demande notre liberté certes, mais elle a besoin de la grâce.
La réconciliation
Vous le savez, dans le sacrement de réconciliation, le Seigneur nous guérit, nous pardonne nos péchés, même ceux contre la chasteté. Parfois, on peut avoir peur den parler à un prêtre : que va-t-il en penser ? Mais franchement, les péchés de la chair sont-ils donc tellement plus graves que les autres ?
Je me souviens dun prêtre qui participait à une retraite pour adolescents et qui leur disait : quand un jeune vient pour se confesser de sêtre masturbé, il est rouge comme une tomate, il bredouille, tourne 7 fois sa langue dans sa bouche avant doser dire, très faiblement, ce quil a fait. Il donne limpression davoir peur de recevoir le fouet. Par contre, sil se confesse davoir menti, par exemple, il le dit dun air très décontracté, comme si cétait presque normal ! Pourquoi donc pense-t-on que les péchés liés au sexe sont plus graves que les autres ?
Et curieusement, après avoir dit cela les jeunes voulaient tous aller se confesser chez lui !
Si cette peur du prêtre nous empêche daller jusquau bout de notre confession, nhésitons pas à aller en voir un autre, éventuellement un qui ne nous connaît pas du tout. Mais ne restons pas avec ces difficultés sans en parler. Et puis, ayons la Foi : le Seigneur nous donne des prêtres selon son cur, qui vont nous aider et pas nous juger !
La chasteté va se vivre, quel que soit notre état de vie, chacun suivant notre vocation propre.
Pour le couple, ce sera être à lécoute de son conjoint, de ses enfants, dans ce quils sont, physiquement, spirituellement, intellectuellement, spirituellement.
Pour les époux, il y a une spécificité qui est lunion charnelle. St Paul est clair , la chasteté ne veut pas dire continence pour le couple : " La femme ne dispose pas de son corps, mais le mari. Pareillement, le mari ne dispose pas de son corps, mais la femme. Ne vous refusez pas lun à lautre, si ce nest de commun accord, pour un temps, afin de vaquer à la prière. " (1Cor 7,45)
Les époux sont donc appelés à se donner totalement et pour toujours. La chasteté implique la fidélité.
Ils sont invités à passer du " jai droit " (jai le droit de faire lamour avec mon épouse) au " je me donne " , je taccueille, je te reçois. Lamour est un échange de deux dons. Je me donne et je reçois.
En cas de difficultés, on ne les résoudra pas en se plongeant dans des livres " spécialisés ", mais plutôt par un dialogue dans la vérité et louverture du cur. Parler ensemble, essayer de dire ce qui va, ce qui ne va pas ; prier et demander au Seigneur son aide pour les dialogues difficiles ;
Si certains ont limpression dêtre dans une impasse, ils peuvent se faire aider par des personnes compétentes et chrétiennes. Ce nest pas une démarche facile, mais ça peut aider, ça déblaie le terrain.
Cest important de ne pas se décourager quand ça va de travers, sinon on stresse, on sait de moins en moins comment sen sortir. Il faut plutôt repartir au point de départ : reprendre le chemin de la tendresse, de la délicatesse, du partage, de lattention à lautre. Ce chemin conduit naturellement et paisiblement à la communion des curs. Alors, seulement, la voie est ouverte à la communion des corps.
Pour les célibataires, consacrés ou non :
Les célibataires sont appelés à se donner totalement à Dieu et aux autres. Le consacré fait le sacrifice de se génitalité pour se consacrer au royaume de Dieu, comme Jésus la fait. Il ne renonce pas à sa sexualité, il reste pleinement homme ou femme. Sa continence lui permet lintégralité du don de lui-même au Christ et aux autres. Le célibataire non consacré fait lui aussi le sacrifice de sa génitalité. Il le fait dans linstant présent. Il peut avoir choisi le célibat définitif, mais cest plus souvent un temps dattente, (du mariage ou de la consécration). Cette continence se fait par respect de lui-même et de celui quil sera peut-être appelé à aimer un jour.
Il est néanmoins appelé à aimer, maintenant, pleinement. Même si ce nest pas par lexercice des relations sexuelles.
Les veufs et les divorcés sont contraints à une continence quils nont ni choisie, ni voulue.
Les veufs peuvent se remarier, ce nest pas un signe dinfidélité au premier conjoint.
Le Seigneur demande le respect des liens du mariage aux divorcés, en attendant lheure où ils seront de nouveau réunis, ou en sadaptant à leur nouvel état de vie. Cest parfois héroïque dautant plus que le monde ne comprend pas et même se moque de cette fidélité. Seul le Seigneur peut les aider à vivre cette situation dans la sérénité. Et nous, les frères et surs de personnes seules, nous pouvons les aider par notre amour et notre compréhension.
Ceci nous permet de passer au 3° point :
Pourquoi lEglise ne permet pas le remariage des personnes divorcées ?
Il sagit ici dun sujet extrêmement délicat, et souvent douloureux : nous connaissons tous des personnes droites, honnêtes, qui ont vécu un échec de couple et qui aimeraient recommencer une nouvelle histoire damour. Le refus de lEglise paraît inhumain et même contraire au bon sens. Alors, pourquoi persiste-t-elle dans cette voie ?
Dabord, lEglise se base sur la parole de Jésus lui-même :
Dans Matthieu, 19,1-9 comme dans Marc, 10, 1-12 ou Luc, 16, 18, le Christ lui-même parle de lindissolubilité du mariage.
Ces 3 textes disent la même chose, et celui de Matthieu, au verset 9, rajoute un petit bout de phrase : " quiconque répudie sa femme - pas pour prostitution et en épouse une autre, commet un adultère. " Etant donné la forme absolument parallèle des 3 textes, il est peu vraisemblable que Marc et Luc et supprimé cette clause restrictive. Il est plus probable quun des rédacteurs de lEvangile de Matthieu lait ajoutée pour répondre à une certaine problématique rabbinique. Le terme utilisé " prostitution ", utilisé ici semble vouloir indiquer lunion rendue incestueuse par un degré de parenté interdit selon la loi. De telles unions, contractées légalement chez les païens ont dû faire difficulté quand les gens se convertissaient, dans les milieux judéo-chrétiens légalistes comme celui de Matthieu. Doù la consigne de rompre de telles unions irrégulières, considérées comme de faux mariages.
Donc, lindissolubilité nest donc pas une invention de lEglise.
LEglise, en suivant le Christ, peut paraître dure, et cest vrai que ce message est dur, terriblement dur, parfois.
Mais il convient de resituer ce message à lintérieur du discours évangélique complet, qui est un vrai parcours du combattant, si lon compte sur ses propres forces : Jamais personne, autant que Jésus, naura tant exigé du cur humain : " Vous donc, vous serez parfaits, comme votre Père céleste est parfait. " (Mt, 5, 48) A-t-on idée de demander une chose pareille ? Si au moins Jésus avait dit : " vous serez parfaits autant que votre nature humaine vous le permet. "
Non. En plus, il persiste dans cette ligne : " Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés. " (Jn, 15,12). Le langage de Jésus sur une nouvelle union est si exigeant que même ses disciples se disent : " Si telle est la situation de lhomme par rapport à sa femme, il ny a pas intérêt à se marier ! " (Mt, 19,10)
Ailleurs, dans Mc, 10,26-27, à propos dune autre exigence du Christ par rapport aux richesses : " Les disciples restèrent interdits à lexcès et se disaient les uns aux autres : Et qui peut être sauvé ? Fixant leur regard sur eux, Jésus dit : " pour les hommes, cest impossible, mais non pour Dieu : car tout est possible pour Dieu. "
Donc, on voit que cest tout le discours de Jésus qui, en fait, nous dépasse.
Donc, lEglise na rien inventé
Si le Christ est exigeant, il est aussi témoin permanent de la Miséricorde. Il connaît nos limites ! Il sait quon ne peut pas y arriver. Et il narrête pas, tout au long de lEvangile, de dire et redire son pardon.
Un magnifique exemple est celui de la femme adultère (Jean, 8,2-11) : Jésus dit : " Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, désormais, ne pêche plus. "
Jésus parvient à mettre dans une même phrase lamour qui relève " je ne te condamne pas " et linvitation à lexigence de lamour " va, et ne pêche plus ". Tous les discours du Christ contiennent cette tension : montrer lamour infini de Dieu, et inviter lhomme à se convertir. Jamais le Christ ne laisse lhomme senfoncer dans la mauvaise direction. Il linvite toujours à changer de vie, mais dans lamour et par amour.
Cet appel du Seigneur à la fidélité peut paraître utopique, mais si on réfléchit bien, tout, dans lEvangile, est utopique : donner sa vie par amour, subir linjustice plutôt que de la commettre, ne jamais mentir, partager ses biens avec les pauvres
2. LEglise sefforce de mettre au point une pastorale qui respecte et la Miséricorde, et lexigence évangélique.
Le psaume 84 nous éclaire : (Ps 85 (84), 9-14) Il nous dit que là où sont amour et vérité, règnent la justice et la paix. Lamour sans vérité naide pas à grandir, la vérité sans amour écrase. Mais léquilibre entre les deux permet à la justice et à la paix de germer.
Nous sommes tous, constamment, soumis à cette tension entre les deux exigences, ne fut-ce que dans léducation de nos enfants : nous avons à les aimer, mais aussi à les guider. Lun ne va pas sans lautre. Et cest parfois si difficile de trouver le juste ton.
Ex : un ami prêtre nous disait ceci : " le péché, quel quil soit, cest comme une tache sur un fruit. Soit tu ne vois que cette tache, et tu jettes le fruit, soit tu décides de voir ce qui est bon, et cest ce qui est bon que tu utilises. Et bien, avec les hommes, Dieu a ce regard qui voit le bon. La tache, il ne la regarde pas. Il ne la nie pas, mais il ne sattarde pas dessus. " Toute sa pastorale se base sur la parabole des talents : inviter chacun à faire fructifier ce quil y a de bon en nous. (Mt, 25, 14-30)
Ces dernières années, lEglise sest efforcée de mettre en place une pastorale des couples qui allie ce regard positif, sans nier lexigence évangélique. Les personnes divorcées remariées sont invitées à prendre place dans lEglise pour y faire fructifier leurs talents, même si ils restent invités à se convertir sur ce point là de leur vie. Mais nous sommes tous invités à nous convertir dans un domaine ou dans un autre.
3. Nous sommes invités à nous appuyer sur les témoignages de ceux qui sefforcent de vivre lexigence évangélique.
De nombreux chrétiens divorcés ont choisi de rester fidèle à leur conjoint. Cela ne se fait pas sans larme et sans souffrance. Mais ils peuvent témoigner de ce que cette fidélité leur a apporté : une paix profonde. Ce qui est frappant, cest quils ne jugent pas ou ne condamnent pas ceux qui ont choisi de se remarier : ils savent trop bien quils auraient pu ou pourraient encore faire le même choix. Ils sappuient dans linstant présent sur cette parole du Christ : " Venez à moi, vous tous qui ployez sous le fardeau, et moi, je vous soulagerai. Chargez-vous de mon joug et mettez-vous à mon école, car je suis doux et humble de cur, et vous trouverez soulagement pour vos âmes. Oui, mon joug est aisé, et mon fardeau léger. " (Mt, 12, 28-30)
Si certains dentre vous sont blessés par ce quils ressentent comme un jugement ou une condamnation, nous les invitons à reméditer lhistoire de Pierre et de Judas, dont nous vous avons parlé la fois passée : suite à cet échec de ma vie de couple, suis-je prêt à croire que le Seigneur maime encore, même si je suis pour le moment incapable de comprendre une telle exigence, même si je suis révolté, même si je suis profondément sincère en voulant aimer une nouvelle fois ? Suis-je prêt à me laisser questionner par la parole du Christ ?
Suis-je prêt à croire que les autres chrétiens souffrent de me voir souffrir ?
Pour en savoir plus, je vous conseille de lire le livre de Mgr Léonard : " LEglise vous aime ; un chemin despérance pour les séparés, divorcés, remariés ", éd. De lEmmanuel.
4° point : la régulation des naissances.
Laccueil des enfants est une des finalité du mariage chrétien. (Lautre étant lépanouissement des époux.)
Dans la Genèse, Dieu dit à lhomme : " soyez féconds, multipliez-vous " (Gen, 1,28)
Mais il nest écrit nulle part quil faille avoir un enfant tous les 9 mois !
Chaque couple est invité à accueillir le nombre denfants qui lui convient, de façon responsable. En même temps, on ne choisit pas toujours exactement le nombre : on peut en vouloir beaucoup, et le bébé prévu se fait attendre ou même narrive jamais. On peut en vouloir encore 1 et puis on attend des jumeaux, etc Ou bien une " petite surprise " sannonce, alors que lon se croyait à labri grâce à une contraception efficace. Or, savez-vous que aucune méthode contraceptive nest sûre à 100 % ? (Pilule : efficacité théorique proche de 100%, mais en pratique, taux de réussite beaucoup moins élevé 96 à 98 % ; stérilet : taux de réussite : 98 % = 2 femmes /100 enceintes/an, 20/100 en 10 ans !! En plus, mode daction mal défini.) Depuis lessor de la pilule, on a parfois tendance à croire que lenfant peut être programmé pile comme on veut. Mais ce nest pas toujours le cas ! Sommes-nous encore capables daccepter limprévu ?
Si lEglise admet complètement cette nécessité de planifier les naissances, elle nous propose de la faire au moyen des méthodes naturelles de régulation des naissances.
Méthode naturelle ne veut pas dire : laisser faire la nature et avoir des enfants à chaque rapport sexuel. Ca veut dire : respecter la nature-même de lhomme et de la femme : si lhomme est capable de procréer tout le temps, la femme vit une alternance de temps fertiles et de temps infertiles. Ce cycle nest pas une erreur de la nature quil faudrait corriger absolument.
Il ny a pas si longtemps que lon comprend le mécanisme de la reproduction humaine. Maîtriser sa fertilité de façon naturelle, cest décider, quand ce nest pas le moment davoir un enfant, de sabstenir de relations sexuelles les jours où la femme est en période féconde (+/- 8 jours / cycle).
Les premières méthodes naturelles étaient très peu fiables (Ogino-Knauss), mais sont actuellement totalement dépassées. Aujourdhui, de nombreuses études menées de façon scientifique ont permis de déterminer avec précision des " indices de fécondité " AVANT et APRES lovulation, indices facilement repérables chez beaucoup de femmes et qui leur permettent de savoir, de façon très précise, quand elles sont fertiles et quand elles ne le sont pas. Si, théoriquement, ces méthodes " dauto-observation " sont aussi fiables que la pilule contraceptive, en pratique, leur efficacité dépend du sérieux avec lequel le couple les applique.
Volontairement, nous ne les détaillerons pas car leur apprentissage doit se faire avec des " formateurs " spécialisés, qui veilleront à ce que la méthode soit BIEN comprise. Trop déchecs sont encore dus à une connaissance approximative du cycle.
Même si elles peuvent paraître contraignantes, ces méthodes offrent de nombreux avantages :
- une totale innocuité ;
une totale réversibilité ;
une grande facilité dutilisation (sauf les 1° mois " dapprentissage ", après larrêt de la pilule, après un accouchement ou en période de pré-ménopause : dans ces moments-là, les indices de fécondité ne sont pas toujours très clairs et le couple doit redoubler de vigilance et parfois de patience.) ;
elle favorise le dialogue du couple sur tout ce qui concerne la sexualité, le désir, et responsabilise les DEUX conjoints : en effet, la planification familiale nest plus uniquement laffaire de la femme.
La femme se sent aimée pour elle-même et pas seulement pour le plaisir physique quelle procure.
De nombreux couples peuvent témoigner que ces méthodes naturelles sont une réelle source dépanouissement.
Si le couple ne souhaite pas avoir denfant, il sabstient de relations sexuelles pendant la période féconde du cycle de la femme. Beaucoup de femmes nous ont témoigné que cette abstinence, même si elle est contraignante, leur avait permis de redécouvrir les gestes gratuits de tendresse, les gestes où lhomme nest pas demandeur de " quelque chose en plus ". Ces temps permettent aussi de restimuler le désir de lautre, qui sinon sémousse parfois par lhabitude.
Dautre part, de nombreux couples aussi, désireux de vivre ces méthodes ny arrivent pas : stress lié à la peur dune grossesse, absences répétées dun des conjoints (pour le boulot, par ex) qui fait que ces méthodes en deviennent ingérables, démotivation dun des deux membres du couple,
Ceux qui sont intéressés par ces méthodes peuvent en parler avec des formateurs dont nous pouvons vous communiquer les adresses.
LEglise rappelle que : " la contraception est intrinsèquement mauvaise. " (cf. catéchisme n° 2370)
Est-on dès lors mauvais chrétien si on utilise la pilule ? Réfléchissons un peu ensemble.
- Est-ce vraiment nécessaire de focaliser toute son attention sur cette question-là de notre vie ? On a parfois limpression, en écoutant certaines conversations, quun bon chrétien se définit par sa méthode de régulation des naissances. Mais notre chemin de conversion est valable pour tous les aspects de notre vie, et pas rien que pour la sexualité ! Nous narrivons pas à utiliser les méthodes naturelles ? Demandons au Seigneur de nous éclairer sur ce point, gardons le cur ouvert sur cette question, renseignons-nous, et en attendant dy arriver, progressons dans un autre domaine ! Noublions pas que lexigence première du Christ est lamour, et que nous pouvons très bien être en règle avec la loi sans aimer (comme le pharisien). Donc, la vrai question ne serait-elle pas de se dire : " suis-je prêt à évoluer, à garder mon cur ouvert pour avancer vers un amour toujours plus grand et respectueux de mon conjoint ?
- Ceux qui ont choisi la stérilisation dun des conjoints peuvent se dire : de toute façon, nous ne pouvons plus revenir en arrière, donc nous sommes définitivement dans lerreur. Peut-être peuvent-ils méditer (de nouveau !) lexemple de Pierre et de Judas : ce qui est fait est fait. Mais la Miséricorde de Dieu nest-elle pas plus grande que toutes mes erreurs ? le Seigneur serai-il prêt à tout me pardonner, sauf cette erreur-là ?
- Intrinsèquement mauvais ne veut pas forcément dire extrêmement grave. Si je gifle la personne ici, devant moi, je pose un acte intrinsèquement mauvais : cest de la violence gratuite. Mais est-ce extrêmement grave ?
Donc, sur toutes ces questions liées à la régulation des naissances, cest important daccepter, comme pour le reste, la vérité proclamée par lEglise, aussi exigeante que tout le message du Christ, et la miséricorde qui reconnaît nos limites et ouvre un chemin où nous avançons tous, à notre rythme.
Au fond, limportant nest pas dêtre en règle avec la loi, mais cest de rester ouvert sur cette question : comment aimer toujours mieux mon conjoint, en respectant toutes les réalités de sa personne ?
5° point : lhomosexualité
PARTIE BREVE
Référence dans le Catéchisme de lEglise Catholique : § 2357-2358-2359
Définition : " Tendance permanente et involontaire à avoir des échanges amoureux avec des personnes du même sexe. "
Il y a trois types dhomosexualité : - celle de ladolescent, transitoire si elle nest pas
" mise en pratique " ;
- lhomosexualité " choisie ", par ceux qui veulent
tout essayer et tout expérimenter ;
- lhomosexualité profonde, innée ou acquise dans
lenfance.
Les causes de lhomosexualité :
On ne connaît pas avec certitude les causes dhomosexualité.
- Il semblerait que certains " naissent comme ça ", et sont, depuis toujours, attirés par les personnes du même sexe.
- Beaucoup de spécialistes admettent lidée quelle a souvent des causes dorigine psychologique (traumatismes liés à la petite enfance):
Père trop absent (on recherche dans lautre le père manquant) ; Mère trop possessive, image de la femme gravement déformée ; violence masculine subie dans lenfance ;
Lhomosexualité est donc une souffrance et non un état librement choisi et épanouissant.
- lhomosexualité acquise : à ladolescence, il se peut que le jeune se sente attirés par ceux de son sexe :il sagit dune phase du développement psycho-affectif normal, appelée " homosexualité latente " Tous passent par cette étape, de façon plus ou moins sensible selon des critères denvironnement parfois très complexes (absence de modèle parental, absence du père, surprotection maternelle, peur des autres, peur de lautre sexe ). Sil expérimente les relations homosexuelles à cet âge, il risque de le devenir réellement, car il se " construit psychologiquement " à partir de ces expériences.
Parfois aussi, la déception des relations hétérosexuelles ou labsence de partenaire du sexe opposé (prisons) conduisent les jeunes à avoir des relations " homo " et progressivement, à sinstaller dans la bi-sexualité.
Discernement
1° Lhomosexualité ne peut être prônée comme " un choix " parmi dautres
- Inadéquation des organes ;
- Impossibilité de descendance ;
- Difficulté de fonder un couple stable parce que les sujets sont souvent porteurs de blessures psychologiques profondes ;
- Rarement épanouissante, puisque blessée ;
2° Les homosexuels ne doivent pas être jugés ni condamnés :
- Même si on rejette lhomosexualité (acte) il est important daccueillir la personne, enfant de Dieu comme nous tous. Regard damour ET de vérité ;
- Reconnaître que souvent les homosexuels ne sont pas responsables de leurs tendances (troubles denfance, mauvaise éducation, société sans repères )
- Savoir quil existe des thérapies qui peuvent aider ces personnes.
3° Repenser les relations interpersonnelles
- Lhomme est fait pour aimer la " différence " :
* Evite la " fusion " ;
* Evite le repli sur soi ou sur ce que lon connaît ;
* La différence permet des relations humaines plus variées et plus riches,
* Permet la descendance, la créativité.
4° Aimer la différence nest pas si facile
- On tend à chercher la sécurité dans lidentique (groupes de filles ou de garçons à ladolescence)
- La tendance à lunisexe tend à gommer ces différences, en apparence seulement ! Doù limportance dune croissance affective complète vers la maturité et lacceptation de lautre.
- Cette difficulté daccepter la différence se retrouve dans tous les domaines de la vie (sociale, politique, culturelle ) Une personne " ouverte " est une personne qui parvient à être elle-même dans des milieux différents du sien. Lhétérosexualité est une preuve de cette maturité.
En conclusion :
On peut rejeter lhomosexualité (acte) et être tout accueil et respect pour lhomosexuel(le) (personne)
Le chrétien aime les autres quelques soient leurs difficultés. Ce qui ne le dispense pas de vivre dans la vérité. La vérité sans amour écrase, lamour sans vérité naide pas à grandir, seuls lamour et la vérité, ensemble, permettent à lhomme de grandir
Lhomosexuel est appelé à ne pas avoir de relations sexuelles, de la même façon que lhétérosexuel est aussi appelé à ne pas avoir de relations sexuelles en dehors du mariage. Cest, dans les deux cas, un combat de maîtrise de soi, combat au service dun amour plus vrai.
PARTIE LONGUE
Ici aussi, il sagit dun point extrêmement douloureux : parce que lacte homosexuel nest pas admis par léglise, la personne homosexuelle se sent rejetée. Refaisons donc bien la différence entre réfléchir à la valeur dun acte, sans pour autant juger la personne qui pose cet acte (parallèle avec la drogue) Cette distinction, indispensable, nest pas facile à admettre par beaucoup.
Rappelons aussi que lacte hétérosexuel, posé en dehors du don total des époux nest pas plus admis par léglise. Cest important de comprendre que lEglise nest pas plus sévère avec lhomosexualité que lhétérosexualité !
Il convient aussi de distinguer lhomosexualité " vraie ", càd la tendance permanente et involontaire à vouloir des échanges amoureux avec des personnes du même sexe, et lhomosexualité " choisie ", càd le choix davoir des relations homosexuelles sans que ce soit une attirance involontaire. Cette homosexualité est souvent le fait de personnes qui se disent bisexuelles, ayant des relations aussi bien avec des hommes quavec des femmes.
5.1. Au niveau biologique
Lhomosexualité nest pas prévue par la nature, les organes sexuels nétant pas prévus pour lacte homosexuel. En plus, la procréation est impossible.
5.2. Au niveau humain
On ne connaît pas vraiment la cause de lhomosexualité : divers courants psychologiques sopposent sur cette question : les uns disent que lhomosexualité est " innée ", dorigine génétique, mais on a rien trouvé qui puissent confirmer cette hypothèse. Dautres, la majorité, semble-t-il, pensent quelle est acquise, quelle est le résultat dune pathologie du développement de la personnalité/
Si lhomosexualité est acquise, comment cela se fait-il ?
Il semblerait que ce soit dû, soit à des problèmes liés à la toute petite enfance, soit à une difficulté dans la maturation affective, soit à des habitudes prises à ladolescence.
Les problèmes de la petite enfance.
Chez le garçon : absence (physique, psychologique, sociale) du père ; non reconnaissance par le père, ce qui fait que lenfant, puis ladulte, cherche le père ;
Mère trop possessive, qui fait que le garçon a peur de la femme ;
Chez la fille : violence, sexuelle ou non, de la part dun homme. La fille a peur de lhomme.
Expériences sexuelles précoces décevantes. Lacte sexuel féminin paraît plus doux et moins traumatisant.
Les problèmes de maturation affective.
Depuis lenfance, lhomme et la femme ont un long cheminement affectif à parcourir, pour parvenir à des relations vraiment adultes, libres et responsables.
Il y a 12 étapes à passer pour arriver à lamour hétérosexuel :
1° étape : la fusion (amour du bébé pour sa maman). On garde toute sa vie cette nostalgie de lamour-fusion, où lautre comble tous nos besoins.
2° étape : la séparation : on " coupe le cordon ". Si cette étape se passe mal, on peut en garder des séquelles : impression dêtre mal-aimé,
3° étape : vers 3 à 5 ans, survient un nouveau progrès pour lenfant : il découvre la différence des sexes. Il sait maintenant quil est garçon ou fille. Cest lépoque du fameux complexe ddipe, où lenfant est attiré par le parent de lautre sexe. Déjà à ce stade, lenfant prend la direction du " différent ", de lhétérosexualité. Une difficulté grave à ce stade pourrait expliquer certaines homosexualités.
4° étape : les camarades. Lenfant découvre des affections hors de sa famille. Les copains de classe, les profs, etc
5° étape : limaginaire : Vers 12-14 ans, lenfant commence à être attiré par le sexe opposé. Mais comme lapproche du différent fait naître une certaine crainte, lenfant se contentera de rêver de lui !
6° étape : Le narcissisme. Pour aller vers lautre, il faut dabord être sûr de soi. Lenfant va devant sa glace pour sassurer quil est vraiment attirant. Cest la période où le jeune se préoccupe beaucoup de lui-même.
Un arrêt à ce stade peut provoquer une " homosexualité narcissique " : le sujet est intéressé par sa propre image, et donc ce qui lui ressemble, plutôt que par la différence.
7° étape : le copain, lami. On a besoin de voir autre chose que soi-même. Mais comme lautre sexe fait encore un peu peur, on se tourne plus facilement vers quelquun du même sexe. Certains, qui auraient depuis lenfance une structure homosexuelle profonde, peuvent voir cette amitié tourner en homosexualité.
Mais cest vrai aussi quà ce stade, même sans être homosexuel, le jeune peut avoir un peu de mal à se situer dans cette amitié. Il peut craindre dêtre homosexuel, parce que cette amitié lui plaît et le rassure. Le drame, cest que, dans cette société où lon a banalisé la sexualité et où certains manuels recommandent aux jeunes dessayer les 2 types de relations pour se situer, certains passent à lacte, et deviennent réellement homosexuels, non pas parce qils létaient, mais parce que ces expériences les construisent et les font devenir tels.
Cette étape est donc essentielle, normalement ça se passe bien, mais peut être influencé par le contexte ambiant.
8° étape : les amitiés nombreuses : Lamitié est un excellent apprentissage de lamour, où on expérimente toutes les valeurs liées à lamour : respect, fidélité, engagement, dialogue en vérité
9° étape : lautre sexe est décidément bien attirant. Le garçon est attiré par toutes les filles, les filles par tous les garçons.
10° étape : Lattirance se précise : celui-ci est mon genre, celui-là pas. Le jeune mûrit et se rend compte que toutes les personnes de lautre sexe ne se valent pas.
11° étape : le 1° amour. Cest la 1° attirance très forte pour quelquun de précis. Le risque, cest que le jeune risque dêtre attiré par quelquun qui lui ressemble : ça fait moins peur. Et puis, cest que ce 1° flash a lieu quand on est jeune, quand on ne connaît pas encore bien ni soi-même, ni le monde ! Sengager à ce moment est dangereux, car on risque plus tard de se dire : cétait trop tôt, jétais trop jeune !
12° étape : lamour durable : lautre est reconnu et aimé pour lui-même, avec ses différences.
A ce moment commence alors une autre évolution de lamour : passer à lamour de lautre pour soi, à lamour de lautre pour lui.
Par ce bref rappel, on se rend compte que la maturation affective est longue, et que beaucoup de difficultés à lâge adulte peuvent sexpliquer en partie par des problèmes dans lenfance. Mais en même temps, ces étapes ne sont pas les seules responsables de nos choix : le but ici nest pas de déresponsabiliser les jeunes, en leur faisant croire que tout ce quils vivent est conditionné définitivement par leur enfance. Mais la connaissance de ces éléments nous permet de mieux accompagner une personne en souffrance affective, pur voir comment guérir ce qui a été blessé.
La Foi nous rappelle que, par grâce, le Seigneur peut guérir ce qui a été blessé. Mais les jeunes le savent-ils ?
On la vue, notre société est très permissive, car elle confond le refus de lhomosexualité avec le rejet de la personne homosexuelle. Lhomosexualité tend même à être présentée comme un modèle sexuel alternatif.
Il est important de ne pas promouvoir lhomosexualité, car ce mode de vie est, dans la majorité des cas, une souffrance terrible pour les personnes qui le vivent. Pas parce quils se sentent rejetés. Mais parce que cest souvent le résultat dune blessure.
Ex : un garçon homosexuel rencontré. Voudrait fonder une famille et avoir des enfants. Il rencontre une jeune fille avec qui il veut fonder une famille. Mais pendant ce temps des fiançailles, il ne peut résister à la tentation de retourner dans des bars homosexuels et dy avoir des RS. La jeune fille, mise au courant, sen va.
Je demande au garçon : " Pourquoi vas-tu dans ce bar ? " " Parce que je ne peux pas men empêcher. " Je demande : " Tu ne peux pas obliger tes pieds à ne pas marcher jusque là ? " " Non, cest plus fort que moi. " Toute la discussion a été très calme, et puis, tout à coup, 2 grosses larmes. Cet homme est écrasé. Quil soit accepté ou non ne change rien à son calvaire : son homosexualité est un esclavage, un calvaire, qui lempêche de fonder un foyer, ce quil souhaite profondément.
Or, des fonds publics sont actuellement débloqués pour " dédramatiser " lhomosexualité chez les jeunes. Est-ce vraiment ça quils attendent ?
La Congrégation pour la Doctrine de la Foi a publié un document le 1° octobre 1986, à propos de la pastorale des personnes homosexuelles.
Léglise distingue les tendances homosexuelles de la pratique homosexuelle.
Lenseignement de léglise sappuie sur les Ecritures et sur la Tradition. Le point 6 du document reprend les principaux textes de lAncien et Nouveau Testament qui traitent de lhomosexualité :
Selon Gen 1 et 3, Dieu crée lhomme à son image et à sa ressemblance : homme et femme il le créa, mais péché a obscurci cette vérité ;
Gn 19,1-11 (lhistoire de Sodome, où les hommes de la ville veulent abuser des deux hommes hébergés par Lot) ; Deutéronome (23, 18-19), les prescriptions du Lévitique.
St Paul reprend la doctrine de lAncien Testament (1 Co, 6, 9). Ds Rm 1, 18-32, il se fonde encore sur les traditions morales de ses prédécesseurs, mais en se replaçant dans le contexte nouveau de la confrontation du christianisme et de la société païenne de son temps. Il prend le comportement homosexuel comme exemple de la cécité dans laquelle est tombée lhumanité.
St Paul rappelle aussi dans sa lettre à Timothée (1 Tm 1, 1-17) que la Loi est donnée aux hommes pour leur ouvrir un chemin vers Dieu. Dans un même mouvement, lapôtre dénonce le péché et annonce la miséricorde. Il rappelle que lui-même a été sauvé par grâce.
Il y a aussi des développements théologiques plus poussés sur cette question, mais ce nest pas le lieu den parler ici. Ce quil faut comprendre, cest que lEglise cherche à vivre le Ps 84 : " Là où sont Amour et Vérité, Justice et Paix se rencontrent. " Dire la vérité sur les actes, dans lamour des pécheurs que nous sommes tous, voilà la difficulté !
Nous voudrions terminer la réflexion de ce cycle par ces questions :
Quest-ce qui, finalement, fait de nous un chrétien, un disciple du Christ ?
Est-ce ladhésion à des valeurs, à une morale ?
Est-ce de vivre en conformité avec la loi de lEvangile ou de lEglise ?
Que se passe-t-il, alors, si nous ny arrivons pas ?
Quel est notre rapport à la Loi ? Nen a-ton pas fait un but, alors quelle nest quun moyen qui nous est donné pour nous rapprocher du Seigneur.
Les commandements = poteau " sens interdit ". Ne pas aller par là, derrière cette limite-là, il y a un précipice, vous allez vous faire du tort, à vous-mêmes ou bien aux autre. Ca namène pas le bonheur. (On y va tout de même, persuadé de savoir mieux que Dieu et on voit le résultat !)
Mais ce nest pas parce quon a respecté cet interdit, quon a tout compris et gagné. Cette idée là, cest la vision des pharisiens : si jai une vie en règle avec la loi, alors je suis OK. Mais ce quon oublie, cest que si le panneau interdit veut empêcher quon aille dans la mauvaise direction, il nempêche pas quon aille dans la direction opposée, où souvre tout limmense champs de lamour. Et cest là que le Seigneur nous attend.
Dessin : # sens interdit => => => aimer toujours plus.
Etre chrétien, nest-ce pas dabord une rencontre personnelle de chacun de nous avec le Christ, vivant et ressuscité ? Nest-ce pas essentiellement accepter de se laisser guider, par Lui, dans la confiance, pour que notre vie, progressivement, se conforme à la vérité de lamour ?
Certes, il était nécessaire de réfléchir ensemble à ce que veut dire aimer, aujourdhui : trop de jeunes se perdent dans des voies sans issues pour ne pas proposer un " code de conduite " qui mène au bonheur. Mais lessentiel est ailleurs : notre première mission de chrétien, cest dannoncer à tous que, quel que soit notre état de vie, quel que soit notre façon de vivre notre sexualité, quels que soient nos égarements, dans ce domaine de la vie, comme dans les autres, le Seigneur peut nous rejoindre, peut nous regarder avec un amour qui pardonne tout, et qui dit : " Viens, suis-moi, car je taime, tel que tu es. Tu nas pas besoin dêtre parfait pour être mon disciple. Ecoute-moi simplement, et moi, je transformerai ton cur, progressivement, paisiblement, pour quenfin, tu parviennes à aimer dun amour vrai. Par tes propres forces, tu ny arriveras pas. Laisse-toi simplement guider par moi. "
Nest-ce pas de la certitude de cet amour-là que lhumanité a le plus besoin ?
Bibliographie :
Amour conjugal et vocation à la sainteté, Jean Lafitte et Livio Melina, ed. Emmanuel. 2001
Syllabus du Père Chapelle, s.j. Sexualité et chasteté, IET
Découvrons lamour, Père Denis Sonet, éd. Droguet et Ardant. 1990
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