Enseignement de l'Eglise Catholique-Romaine sur l'éducation affective, la vie

difficile et rêvée des couples, la sexualité et l'amour.

Réflexion basée sur les Saintes Ecritures, les documents du Magistère catholique-romain, les données scientifiques concrètes concernant la nature humaine et sa psychologie. Fidélité conjugale, cohabitation et relations avant mariage, divorces, concubinage ou mariage ou mariage chrétien, fiançailles, chasteté, plaisir, homosexualité & parenté, bonheur, fertilité & régulation des naissances, tous les points sensibles possibles sont abordés à la lumière de l'Evangile. Ecole de la Foi, diocèse catholique-romain de Namur-Luxembourg, septembre-octobre 2001.




Préambule


Nous allons voir la 1° étape de l’amour : comment fonctionnons-nous, chacun, par rapport à cette question ? L’amour est une expérience universelle, que l’on retrouve sur tous les continents, dans toutes les cultures et toutes les religions. L’homme est fait pour aimer. Comment ? C’est ce que nous allons voir ici.


INTRODUCTION


Pour commencer, nous allons d’abord nous poser une question : si nous regardons au fond de nous, que désirons-nous ?

En fait, nous désirons tous être heureux. Nous cherchons le bonheur. Et on sent aussi que ce bonheur est lié à l’amour. Et oui, notre grande préoccupation, consciente ou inconsciente, est d’être aimé et d’aimer. Nous rêvons tous plus ou moins de vivre en harmonie avec ceux qui nous entourent, que ce soit au travers de relations d’amitié ou d’amour.

Ce besoin d’aimer et d’être aimé est inscrit très profondément dans tout homme, toute femme et est réellement synonyme de bonheur.


Pourtant, on remarque autour de nous et même en nous, que ce n’est pas si simple d’aimer : que de drames personnels ou de société, qui viennent de différents manques d’amour.

On voit vite que l’amour " réussi " n’est pas évident, inné et que nous devons tous apprendre à aimer vraiment.

Mais comment faire, concrètement ?

Et puis, peut-on aimer les autres sans s’aimer d’abord soi-même ? (Il est écrit dans la Bible : " Tu aimeras ton prochain comme toi-même…)


Nous allons essayer d’y réfléchir ensemble.

Nous ne sommes pas ici pour juger ou condamner. Nous allons parler de comportements qui conduisent au bonheur, et de comportements qui mènent à la souffrance. Sans juger : faisons un parallèle avec la drogue : je peux dire, sans être intolérant ou moralisateur, que la drogue est un mal objectif, car elle détruit l’homme (ceux qui n’en sont pas convaincus n’ont qu’à regarder quelqu’un qui vient de se " piquer ", ils verront vite que ce quelqu’un est dans un état catastrophique !). En condamnant la drogue, je refuse, en même temps, de condamner la personne qui se drogue : qui sait quel chemin de difficultés, de souffrance, de solitude… l’a conduit à se droguer ? Refusant de la juger, je peux même l’aimer, la respecter, et m’efforcer d’être une personne sur qui elle pourra prendre appui si elle le souhaite.


Donc, on peut, sans être intolérant, condamner des comportements, en refusant de condamner les personnes qui adoptent ce comportement. C’est ce que fait le Christ, d’ailleurs : il condamne le péché avec force, tout en étant tout accueil et amour pour le pécheur.

Donc, nous allons maintenant réfléchir ensemble au bonheur du couple sans jugement des personnes.



Avant d’essayer de comprendre comment être heureux en couple, il est important de comprendre comment on " fonctionne " soi-même. C’est ce qu’on va essayer de faire maintenant, à l’aide d’un schéma appelé " zones de l’être ".


LES ZONES DE L'ETRE


L'être humain est un être complexe, constamment en relation avec autrui. Personne, ici, ne vit sur une île déserte, loin de tout contact humain !

Le schéma suivant, les "zones de l'être" va nous permettre de mieux comprendre les différentes composantes qui entrent en action dans toute relation.

La capacité relationnelle des individus évolue avec le temps pour arriver, à l'âge adulte, à des relations libres et responsables.


Dessiner maintenant le schéma des zones de l’être, zone par zone, en l’expliquant au fur et à mesure.


Le tout jeune bébé communique principalement par son corps et son affectivité: le corps manifeste par des cris sa faim, sa peur, son inconfort...; par le sourire, sa joie ou sa satisfaction. Son affectivité se développe: au début, il aime sa mère peut-être parce qu'elle satisfait ses besoins matériels, mais on sait maintenant que, dès la vie intra-utérine se développe tout un échange affectif. L'enfant aime sa mère, simplement parce que c'est elle.


En grandissant, l'enfant développe progressivement sa raison (qui lui permet de comprendre, réfléchir, connaître, évaluer...) et sa spiritualité: tout le monde, même le non croyant, a une zone spirituelle : c’est là que se trouve entre autre l’échelle de valeurs qui évalue les comportements, qui dit : " ceci est bien, ceci est mal ". Et aussi une soif de Dieu (même si elle n’est pas reconnue consciemment comme telle.)


Toutes ces zones communiquent entre elles et s'enrichissent mutuellement, même si elles se contredisent souvent. Pour bien le comprendre, on va prendre un petit exemple :


Un enfant se promène dans la rue et rencontre un monsieur qu'il ne connaît pas qui lui présente des bonbons. Son corps va dire "chic! accepte!". Mais son intelligence va dire: "Non, ma Maman m'a toujours dit de ne pas accepter les cadeaux des inconnus."

Il va donc devoir choisir entre ce que lui dit son "corps" et ce que lui dit "sa raison".


Il y a donc conflit intérieur, et pour résoudre ce conflit, il va devoir exercer sa liberté : il va devoir décider de ce qu’il va faire : s’il est esclave de sa gourmandise, il va peut-être accepter les bonbons, mais ce ne sera pas un acte libre : il l’aura fait, simplement parce qu’il n’était pas capable de ne pas le faire ! C’est un peu la même chose pour l’alcoolique : il se croit libre de boire (en effet, dans notre pays, l’alcool est en vente libre et rien n’interdit de se saouler) mais en fait, il est esclave de son besoin de boire. C’est souvent un esclavage du corps, qui a besoin d’alcool, et de l’affectivité : souvent, on commence à boire à la suite d’un problème d’ordre affectif.


Ce n’est pas forcément facile de mettre toutes nos zones en accord, ou de refuser la dictature de l’une ou l’autre : c’est un long apprentissage. Donc, 1° chose importante à comprendre, c’est que, si je me sens mal dans ma peau, ce n’est pas forcément parce que j’ai un problème psychologique et que je dois donc courir chez un psychologue pour me faire soigner. Peut-être que, simplement, ça tiraille entre les zones !


Réalité biologique


La puberté


A la base du cerveau se trouve une toute petite boule, de la taille d’un petit pois, l’hypophyse. C’est l’ordinateur central de notre corps, qui coordonne tout le système hormonal. A un moment donné, cette hypophyse envoie un signal au corps : " il est temps de passer à l’âge adulte ". Tout un système hormonal se déclenche, qui a pour finalité de transformer le corps de l’enfant en en un corps adulte capable de procréer et d’assurer la survie de l’espèce.


Les hormones imprègnent tout le corps et influencent donc aussi le psychisme.


Effets



Adolescent


C’est particulièrement vrai chez les adolescents : dès que la puberté est terminée, le corps est adulte, avec ses pulsions, ses envies, ses instincts.

- Mais la zone affective, elle, n’est pas au même stade : le jeune est à l’époque où il se " sépare " de ses parents, où il apprend à vivre seul, même si, dans la réalité, il a encore besoin, même s’il ne le reconnaît pas ouvertement, de la chaleur du nid !

- Sa raison, elle aussi, est en pleine maturation : il réfléchit de plus en plus par lui-même, ne fonctionnant plus uniquement sur ce qu’il avait appris des adultes. Il se fait sa propre opinion, sa propre réflexion. Mais il n’a pas encore tout compris ni appris ! La preuve, c’est qu’il est encore à l’école pour compléter sa formation.

- La zone spirituelle, elle-aussi, est en pleine effervescence : le jeune prend de la distance par rapport aux valeurs qu’il a reçues de ses parents : il va accepter ou refuser ce qu’il a appris, pour se créer sa propre échelle de valeur, et, s’il a été éduqué dans la pratique d’une religion, il va choisir de rester croyant ou non. Il va devoir faire une rencontre personnelle avec le Seigneur.


Donc, c’est très important de se rendre compte que le conflit intérieur est quelque chose de normal, même si ce n’est pas toujours très agréable ou facile à vivre !


L'adulte devrait normalement être capable d'avoir des relations interpersonnelles libres, c'est à dire qu'il décidera, en fonction des informations données par son corps, son coeur, son intelligence et sa spiritualité, de la conduite à tenir, sans être esclave de l’une ou l’autre zone.



Ce schéma marche aussi pour expliquer notre façon de vivre nos relations amoureuses :


Quand on tombe amoureux n'entrent en jeu que le corps et/ou l'affectivité.

Ex: imaginons que je sois encore un jeune adolescent. Ce matin, pour aller aux cours, j'ai croisé dans le bus une fille superbe. Flash ! Je suis amoureux. En discutant avec elle, je me rends compte qu'en plus d'être vachement jolie, elle est drôlement sympa. Reflash, affectif cette-fois. Je suis donc amoureux, sans l'avoir forcément cherché ou prémédité.

Dans cet exemple-ci, il s’agit d’un coup de foudre, mais on peut tomber amoureux lentement : une amitié peut se transformer tout à coup ou pas à pas, en attirance amoureuse. Toutes les histoires d’amour sont uniques et ont développement tout à fait particulier !


Donc, être amoureux, c'est une émotion, une attirance que je subis. Certains tombent amoureux très souvent, d'autres très rarement. Tout est question de tempérament... Et ça peut aussi arriver aux gens mariés !


Aimer, c'est la même chose, mais l'intelligence et la spiritualité ont leur mot à dire: elles peuvent freiner ou accélérer une relation.

Ex: je reprends l’exemple précédent : en discutant avec la fille, je me rends compte qu’elle est mariée. Manque de chance pour moi ! Je n’ai pas forcément fait exprès de tomber amoureux d’elle mais maintenant, ma raison va crier "casse-cou" et ma spiritualité va m'interroger sur le sens de cette relation éventuelle: puis-je construire mon couple en détruisant une famille déjà constituée ?

Aimer, c'est donc accepter une passion amoureuse, en la soumettant à la raison et à son idéal. Je ne subis plus mes sentiments, car je décide de leur évolution, sans en être esclave, et après avoir interrogé toutes les zones de ma personnalité. De façon libre et responsable.


Oui, mais alors, la passion ?

Pourquoi dit-on que l'amour rend sourd et aveugle ?

La vraie passion, celle qui effectivement fait que l'amoureux ne voit plus et n'entend plus rien en dehors de son amoureux, c'est quand la force des sentiments nous fait décoller de la réalité. (cf. schéma : on " gonfle " la zone affective et physique jusqu’à avoir une forme de montgolfière, et on dessine deux petits pieds en dessous des zones de l’être, en montrant que ces pieds décollent du sol.) L'imagination, le rêve (éveillé) prennent le pouvoir qui fait qu'à un moment, l'amoureux fou "décolle". N'ayant plus les pieds sur terre, sa raison, sa spiritualité peuvent hurler, il n'entendra rien. Les parents peuvent tout essayer pour faire entendre raison à leur enfant, rien n'y fera, il "plane".


Le remède ? Attendre que la "bulle de l'imagination" se dégonfle et que l'amoureux atterrisse. Ca fait parfois très mal...

Ou bien intervenir avant "l'envol", en crevant la "bulle". L'outil, c'est la raison, qui doit donner son avis avant que les zones affectives ou physiques ne soient tellement bouleversées par l’expérience amoureuse qu’il en devient impossible de leur résister. Mais ça ne marche que si c'est l'amoureux lui-même qui réfléchit !

Bref, le meilleur moyen d'éviter une fuite hors du réel, c'est encore la prévention: apprendre à repérer nos mouvements du corps et du coeur, en s'obligeant à ne pas s'embarquer dans le rêve éveillé quand on sait que l'histoire d'amour n'a aucune chance de réussir.

Evidemment, la passion n'est pas interdite dans un couple fait pour durer, au contraire...


La liberté


Voilà. Ce schéma permet donc de comprendre la complexité de nos réactions et surtout de mieux comprendre ce qu'est la liberté:

Trop souvent, on croit qu'être libre, c'est faire ce qu'on veut, comme on veut, quand on veut. Sans se rendre compte qu'au nom de la liberté, on est parfois esclave: comme on l’a dit tout à l’heure, l'alcoolique se croit libre de boire comme il veut, alors qu'il est esclave de sa passion pour l'alcool. Il n'est pas capable de choisir de ne pas boire.


La liberté, c'est donc être capable de faire des choix, pour s'accomplir, se réaliser. Est libre celui qui n'est pas prisonnier de ses passions, de ses émotions, de ses peurs, des circonstances, ... Est libre celui qui choisit l'orientation qu'il veut donner à sa vie, en veillant à ce que toutes les composantes de son être s'épanouissent. En amour, est-on plus libre maintenant que tout est permis ? Le Don Juan qui collectionne les conquêtes n'est-il pas prisonnier des ses désirs, sans être capable de construire une histoire d'amour solide ? N'est-il pas esclave de ses passions, comme certains de nos ancêtres ont pu être prisonniers d'une morale qui rejetait le corps ?

Etre libre, c'est donc faire des choix qui respectent toute les zones de l'être.


C'est aussi un moyen d'exercer ses responsabilités: si on a retenu une option de vie entre une ou plusieurs possibles, ne doit-on pas rendre des compte à sa conscience et à ceux dont la vie est influencée par ce choix ? La liberté de chacun est donc limitée par celle d'autrui car toute liberté se situe dans un tissu de relations avec d'autres personnes qu'on ne peut négliger. Il ne faut donc pas confondre la liberté potentielle ( qui est ce que j'ai la possibilité de faire) et la liberté éthique (qui est ce que je suis capable de faire, sans nuire aux autres.)


Quand on ne veut pas ou qu'on est incapable de se priver de toutes les possibilités qu'offre l'existence, on décide, alors, au nom de la liberté, de rompre les liens que l'on a tissés autour de soi ; on décide de se défaire de ses engagements.

Dans cette perspective, l'autre disparaît.


La différence entre les femmes et les hommes


Le schéma des zones de l’être vaut pour les femmes et les hommes, même s’il y a des différences importantes dans la manière de fonctionner de ces zones.

Pour aimer, il faut se savoir, se connaître, se comprendre différents


L’homme et la femme sont DIFFERENTS


Ca paraît élémentaire, évident. Et bien non, ce n’est plus évident pour tout le monde. Nous vivons dans une société " unisexe " où, au nom de l’égalité, on tente de gommer la différence sexuelle. Or reconnaître la différence ne veut pas dire que l’on nie l’égalité de dignité ! !

Cette négation ou non connaissance de la différence est source de bien des difficultés dans les couples.


Nous portons tous en nous des modèles de femmes ou d’hommes, plus ou moins consciemment, et ceci en fonction – de notre tempérament

- de notre histoire personnelle

- de nos rencontres…


ex : fille dans famille où les hommes sont médecins de père en fils. Hyperorganisés.

Sera désorientée par l’artiste au tempérament bohème : ne correspond pas à l’idée qu’elle se fait des hommes.

Garçon dont la mère est très " femme d’intérieur ". S’attendra à ce que toutes les femmes adorent cuisiner et lui mitonner des bons petits plats…


Nous sommes invités à ne pas faire de ces " modèles " des absolus, afin de pouvoir découvrir l’autre tel qu’il est vraiment et pas tel que je m’imagine qu’il est.


A partir des zones de l’être, nous pouvons tâcher de reconnaître des différences objectives et à peu près constantes.



CORPS

- Pas seulement différents au niveau des organes génitaux mais par tout leur corps.

- Chaque cellule est # : chromosomes X et Y

- Cette différence physique va colorer tout le comportement, la façon d’être, l’activité de l’homme ou de la femme.

L’AFFECTIVITE


C’est le lieu de nos émotions, des sentiments, des désirs, de la psychologie.

Autrefois, ces # étaient affirmées fortement, le plus souvent en faveur des hommes d’ailleurs.

Aujourd’hui, on a plutôt tendance à les nier.

Il faut faire la part des choses entre les clichés stéréotypés véhiculés par certains milieux ou certaines cultures et les réalités objectives.


- sexualité :

l’homme : - organes sexuels de l’homme sont externes et destinés à donner la vie hors de lui, parfois même sans le savoir. ( ! !)

=} tendance à considérer la sexualité comme un à-côté de sa vie ;

la femme : - organes sexuels de la femme dans l’intime de son corps, destinés à porter, longtemps (9 mois, c’est long…) la vie.

=} plus consciente de la " gravité " de la sexualité, de ses conséquences.

=} plus grand besoin d’être protégée, pour pouvoir elle-même protéger la vie en elle.


- Cette différence physique a des répercussions sur le psychisme :

Femmes Hommes


Recherche plutôt :

La tendresse (zone affective) attrait physique (zone physique)


1° malentendu : habillement filles : en s’habillant " sexy ", la fille cherche à attirer la garçon pour obtenir son amour, dans le sens de la tendresse. Mais bien souvent, elle ne fait que " l’exciter " physiquement, et va émoustiller sa zone du corps bien plus que sa zone affective.

! Pour les filles : Etre vigilante sur ce plan ! Pas besoin de s’habiller en bonne sœur mais faire attention à ne pas stimuler l’appétit sexuel des garçons, qu’après, elles se plaindront de ne pouvoir contrôler !


2° malentendu : la gentillesse des garçons est facilement interprétée par les filles comme une preuve d’amour.

! Pour les garçons, faites attention à ne pas jouer avec le cœur des filles !


3° ‘’ : la fille a une imagination plus développée : elle a tendance à interpréter les événements dans le sens de ce qui l’arrange : si un garçon vient s’asseoir à côté d’elle, elle se dira peut-être : s’il vient à côté de moi, c’est donc que, peut-être, il m’aime un peu. Alors qu’en réalité, le gars s’est peut-être assis là parce que c’était la seule chaise libre !

! Les filles doivent être vigilantes quant à leurs rêves…


sécurité conquête

1° filles plus possessives 2° garçons plus instables


constance multiplicité des conquêtes (perpétuation

de l’espèce)

1° filles plus " cocooning " 2° garçons plus " agités ".


Importance de la parole importance de l’action

l’homme croit qu’il dit du moment qu’il fait ; la femme ne "  voit " que ce qu’elle entend.

Il faut donc qu’ils apprennent à comprendre le mode de communication de

l’autre.

Ex : un garçon fait 50 km sous la pluie pour apporter un bouquet de fleurs à son amoureuse : pour lui, c’est une preuve éclatante de son amour. Mais la fille va se dire : zut, il ne m’a pas dit qu’il m’aimait… peut-être ne m’aime-t-il plus ?


è importance pour les garçons de DIRE ;

è importance pour les filles de VOIR, de percevoir l’amour dans les gestes posés.


Donc,

C’est important de connaître ces différences pour – les comprendre

- les apprivoiser (en tenir compte)

Ces différences ne signifient pas que les hommes et les femmes soient inégaux : ce n’est pas une question de supériorité ou d’infériorité.

Si donc je m’attache à vous rappeler ces différences, c’est parce que leur méconnaissance est l’occasion de multiples heurts et malentendus.



RAISON


Ce siècle nous a montré que les femmes étaient aussi intelligentes que les hommes : toutes les études leur sont désormais accessibles.

Il y a pourtant un fait de société qui doit nous poser question : pourquoi les postes à responsabilités sont-ils encore souvent occupés par des hommes ? Divers gouvernements tentent d’établir des quotas. La raison de cette différence dans les carrières ne vient-elle pas du fait que beaucoup de femmes ne veulent pas s’engager dans une carrière professionnelle lourde pour garder une plus grande disponibilité pour leurs enfants ? La campagne du Ministère pour l’égalité des chances, qui vise à promouvoir le temps plein plutôt que le temps partiel tient-elle réellement compte du désir des femmes de s’occuper de leurs enfants ?

Cette espèce d’acharnement à vouloir faire de la femme une travailleuse comme un homme ne vient-il pas de cette négation de la différence, négation propre à notre siècle ? La femme ne peut-elle être " reconnue " que par le travail " salarié " ?

Encore une fois, ce n’est pas une question d’intelligence mais de caractéristiques de personnalités.


SPIRITUALITE


Les femmes étant plus " intérieures " ont, en général, plus de facilités pour prier.

ex : village : femmes à l’église, hommes au café.

! imagination des femmes

! activisme des hommes

=} s’entraider.


La spiritualité n’est pas le seul lieu de la prière : la prière va " éclairer " toutes les zones de l’être.

Quand on est croyant, on n’a pas une zone spirituelle " hypertrophiée ", visible par tous les gens autour de nous. Souvent, d’ailleurs, on a un peu peur de se convertir vraiment et de se donner entièrement à Dieu : on craint de devenir complètement illuminé, et sujet de moquerie de la part de nos proches. Se convertir, c’est laisser le Seigneur toucher toutes les zones de notre être, et aussi contempler le Christ dans son humanité.



JESUS


Jésus, est vrai Dieu mais aussi vrai Homme. Puisque vrai homme, il a aussi des " zones de l’être ". Par la prière, on pourra se rapprocher de Lui pour tacher de comprendre comment Il " fonctionnait " et ensuite nous efforcer de le suivre.


Corps


- Jésus a éprouvé faim, fatigue…(il dort dans la barque lors de la tempête ; il se soucie de la faim de la foule…)



Dans un passage où il parle à ses disciples du mariage, il évoque la continence volontaire (Matt, 19, 1-12)

" Il y a des eunuques qui sont nés ainsi, il y en a qui le sont devenus par l’action des hommes, et il y a des eunuques qui se sont eux-mêmes rendus tels à cause du Royaume des Cieux. Qui peut comprendre, qu’il comprenne ! "

Le Christ nous dit explicitement qu’on peut choisir le célibat pour le Royaume des Cieux, c’est d’ailleurs dans ces phrases-là que s’enracine le choix du célibat de nos frères et sœurs consacrés. Mais le Christ sait que c’est difficile à comprendre. Sa dernière phrase montre bien qu’il sait qu’il ne sera sans doute pas compris par tout le monde.

Ce n’est pas un discours qui nie ou diminue la sexualité, on le voit bien dans les premiers versets du chapitre. Simplement, le Christ nous montre qu’il y a un sens à y mettre.


L’affectivité


Le Seigneur avait des amis avec qui il passait du temps. C’est d’ailleurs un reproche fréquent des pharisiens ;


Il avait des sentiments :


Donc, quand on éprouve des sentiments dont on ne sait pas trop quoi faire, on peut toujours se tourner vers Jésus et se dire : " comment aurais-tu fait, à ma place ? " Et chercher, dans l’évangile, ce que Jésus dit à ce propos…


La raison


On voit que Jésus est un homme intelligent, qui a un discours cohérent, adapté aux circonstances et à son auditoire. Il connaît l’Ecriture et s’appuie dessus. Il nous apprend à avoir l’intelligence de notre Foi.


La spiritualité


Jésus priait souvent, et longtemps, parfois une nuit entière.


Pour nous aussi, chercher Dieu, ça ne veut pas dire prier toute la journée. Nous avons notre devoir d’état qui nous oblige à travailler ou à nous occuper des affaires temporelles. Si notre temps de prière quotidienne est indispensable pour se rapprocher de Dieu, c’est important de comprendre qu’être chrétien, c’est en tout se mettre sous le regard de Dieu.


Merci Seigneur pour la beauté de ta création, pour ce bon vin, pour cette soirée entre amis…

Ou : Pourquoi Père, m’abandonnes-tu dans cette situation de souffrance ? Et en même temps, penser à Jésus qui dit ces mêmes paroles sur la Croix. Demander alors la Foi qui nous permet de croire à la résurrection, qui nous permet de voir au-delà et plus loin que la souffrance qui nous écrase maintenant.

Ou, devant une personne à qui on ne sait pas trop que dire : Seigneur, que veux-tu que je fasse pour elle ? Montre-moi comment l’aimer, maintenant. Donne-moi le courage de poser l’acte de charité dont elle a besoin maintenant et que je n’ai pas envie de donner.



Donc, la spiritualité n’est pas " à part " de notre vie humaine, concrète. Elle est en plein dedans, elle l’éclaire. On peut faire appel au Seigneur tout le temps et en toutes circonstances. Notre relation à Dieu est unique et marquée par tout ce que nous sommes puisque nous sommes chacun, unique.

Mais soyons attentifs à ne pas tout " spiritualiser " : si je veux me marier, il ne faut pas se dire : Dieu va me trouver le bon conjoint : non : c’est ma recherche, ma réflexion, ma liberté, ma décision qui sont en jeu. Dieu peut m’éclairer mais pas faire le boulot à ma place !


Pour conclure,

Pour être bien dans sa peau, n’est-ce pas capital de s’accepter " sexué ", càd avec des caractéristiques propres ? N’est-il pas capital pour la femme d’être heureuse d’être femme ? Pour l’homme d’être un homme ?

La société n’a-t-elle pas tout à gagner d’être composée d’hommes vraiment hommes et de femmes vraiment femmes ? En quoi cela serait-il gênant ? Car être vraiment homme ou vraiment femme, ça ne veut pas dire " s’enfermer " dans des rôles préétablis. C’est faire ce pour quoi on est fait, en tenant compte de ce que nous sommes réellement, en tenant compte de toutes les zones de notre être, sans être esclave de l’une ou l’autre. Et quand c’est trop difficile, appuyons nous sur le Christ qui peut nous éclairer sur les causes de nos difficultés, qui peut nous libérer de toutes ces attaches qui nous empêchent d’être vraiment libres pour aimer.


Peut-être pouvons-nous nous poser chacun une question : " Seigneur, montre-moi quelle zone m’empêche de me rapprocher de Toi. Qu’as-tu à me dire ? Comment aurais-tu fait, à ma place ? "




Nous allons parler maintenant de la 2° approche de l’amour (la première étape que nous avons vue hier nous permettant de comprendre notre fonctionnement interne): l’amour " humanisé ", l’amour qui mûrit au contact d’une culture ou d’une civilisation. Nous allons nous attacher aux couples de la culture occidentale, où il est clair, pour beaucoup encore, que l’amour qui dure rend heureux. Le modèle social du monde occidental est le couple monogame et fidèle. C’est un héritage chrétien, et , en même temps que la société se déchristianise, nous sommes en train de perdre le sens du couple. Même si la fidélité et la durée ne sont plus présentées comme des idéaux aujourd’hui, même si elles sont de moins en moins vécues, elles restent encore profondément souhaitées. Tous, quelle que soit notre parcours amoureux, nous aspirons à être aimé de façon unique et inconditionnelle, pour toujours. Nous allons voir ce qui permet aux personnes de vivre un tel amour.

En oubliant pas les célibataires, qui souvent souffrent d’un état qu’ils n’ont pas choisi. Ceux qui vivent un " vrai " célibat ne sont souvent pas compris par le monde actuel, qui encourage les relations amoureuses de passage sensées combler la solitude ;

Et ceux qui vivent en couple, sans pour autant se marier, souffrent souvent aussi, parce que cet état ne correspond pas à leur souhait profond d’être aimé de façon inconditionnelle et définitive.


Avant de commencer, nous allons méditer le texte du jeune homme riche (Mtt, 19, 16-30 ou Marc, 10,17-31). C’est un texte à garder à l’esprit : nous sommes occupés à réfléchir sur l’amour, et le grand risque, dans une réflexion comme celle-ci, c’est d’en rester à l’aspect humain.


La réflexion que nous faisons est nécessaire : nous rencontrons beaucoup de jeunes qui, en plus d’un accompagnement spirituel, demandent un accompagnement humain. Mais le risque, c’est d’adhérer à une morale, à une loi, en oubliant que la Foi chrétienne, ce n’est pas l’adhésion à des valeurs, mais une rencontre avec le Christ.


Le jeune homme riche cite tous les commandements, on voit qu’il connaît bien la loi, la morale. Mais il a oublié le 1° : " Tu aimeras le Seigneur ton Dieu. " C’est ça que le Christ lui dit.

" Il le fixa et il l’aima. " Le Christ l’aime, il ne critique pas cette adhésion à des valeurs, mais il lui demande d’aller plus loin.

Donc, cet enseignement peut vous éclairer à un niveau humain, mais il ne doit pas occulter l’essentiel de notre recherche: approfondir notre relation à Dieu, pour qu’il puisse venir nous éclairer dans notre vie affective.

Ex : Martine G, père part à 15 ans, révolte, saute sur tous les hommes, malheureuse, embarquée aux JMJ, entend le topo (intéressant mais pas pour elle !!) se convertit, et comprend enfin !

=> Nécessité de la conversion.




ETRE HEUREUX EN COUPLE


Nous allons tenter de découvrir quelles sont les caractéristiques que l'on retrouve chez les couples heureux ! Quels sont les ingrédients qui permettent de réussir son couple ?

Je le rappelle, ceci sans jugement de ceux qui souffrent ou vivent un échec : nous ne connaissons pas leur vie, nous ne savons pas ce qui a pu se passer pour qu’ils en arrivent là. Donc, analysons les faits, ne jugeons pas les personnes. Nous en profiterons aussi pour nous poser en même temps la question de la cohabitation : est-ce équivalent de se marier ou de vivre en cohabitation ?



Pourquoi est-il nécessaire de se poser la question de la cohabitation ?

Pourquoi ne pas simplement accepter cette évolution des mœurs, apparemment irréversible et de plus en plus généralisée ?(Vous savez que certains courants pastoraux souhaitent la bénédiction des cohabitants, en attendant le mariage.)


Parce que :


On constate, dans les faits et dans les chiffres statistiques que la cohabitation fragilise le couple.

Pourquoi ? C’est ce que nous allons tenter d’expliquer ici.


(en italique et en retrait, les arguments qui montrent pourquoi ces caractéristiques risquent de manquer dans la cohabitation.


La majorité des couples heureux ont compris, consciemment ou non, la :


1. Différence entre aimer et être amoureux.


comme nous l'avons expliqué avec les zones de l'être. Ils ne se sont pas mis en couple sur un coup de tête, ou prisonnier d’une passion dévorante : ils ont compris que l’amour était plus qu’une attirance, même réciproque et même très intense. Ils ont fait fonctionner toutes les zones de leur être avant de s’engager dans la relation.

On constate chez beaucoup de cohabitants, que leur couple n’a pas vraiment été construit suite à une décision réfléchie mais plutôt suite à une succession d’événements qui ont conduit à se retrouver finalement sous le même toit : on tombe amoureux, on sort ensemble, et assez rapidement, s’installent les relations sexuelles, puisque c’est la norme à l’heure actuelle. On passe une nuit ensemble, puis l’un amène dans le logement de l’autre sa brosse à dent, des vêtements de rechange… pour finalement s’installer définitivement. Le couple est alors reconnu comme tel. Malheureusement, dans 9 cas sur 10, ils se disent un jour: " en fait, on s’est trompé, il vaut mieux se séparer. "


Ils ont aussi compris que la réalité du couple ne correspondait pas toujours aux rêves de leur adolescence.

Il est nécessaire d’éliminer un certain nombre d’idées fausses que nous pouvons avoir sur qui est l’autre et ce qu’est l’amour.


On s’aperçoit très vite, en vivant en couple, que l’autre ne correspond pas exactement à ce que l’on pensait de lui. Dès l’adolescence, on se fait une idée de ce que sera le mari ou la femme idéale… On a beau savoir, intellectuellement, que celui qu’on épouse ne va pas correspondre à 100 % à ce rêve, ces illusions issues de nos rêves vont parfois nous compliquer la vie.


Une variante de cette manière de concevoir l’amour est de vouloir me fondre dans l’autre, de fondre nos personnalités respectives dans le couple. L’amour devient " le grand tout ", l’union parfaite et totale. Avec une telle attente, on va tomber de haut ! Vous connaissez peut-être cette histoire où un homme très amoureux dit à sa femme. " Ah ! Comme c’est merveilleux ! Nous nous aimons tellement que nous ne formons plus qu’un… " Et la femme répond : " Oui, mais lequel ? "


Dans cet exemple, on voit qu’il y a une dimension réductrice de l’autre : je ne le considère pas pour lui-même mais davantage comme quelqu’un qui est à ma disposition, au service de mes rêves. Je ne vois pas ou difficilement en lui quelqu’un à découvrir, à recevoir pour ce qu’il est réellement, avec sa vie et ses aspirations propres. Personne n’est à l’abri d’une telle déviation : cela vient de notre égoïsme inné (reconnaissons-le !) qui nous pousse à tout ramener à nous-même. Pas de panique, nous sommes tous faits de la même pâte, et nous avons donc tous à progresser sur ce point… Ca va nous aider d’en être conscient : prévenus, nous arrivons beaucoup plus facilement à repérer ce qui nous bloque, ce qui coince. Et progressivement, nous parviendrons à nous débarrasser de toutes ces idées fausses qui encombrent notre couple.


La majorité des couples heureux ont trouvé un :

2. Equilibre entre leur projet commun et leurs projets personnels.


Les couples heureux parviennent à trouver l’équilibre entre leur projet commun et le projet personnel de chacun.


Le projet commun, c’est " l’orientation générale " que les conjoints donnent à leur vie de couple, c’est l’histoire qu’ils ont envie de vivre ensemble. Ce projet les unit, les motive, les enthousiasme, leur rappelle tous les espoirs nés de leur rencontre. Certains couples actuels ne sont-ils pas un simple assemblage de deux individus, unis par le seul désir ? Ils vivent côte à côte deux vies bien distinctes, avec quelques points de rencontre qui permettent de ne pas se sentir tout à fait seul. Leur couple s’inscrit dans le présent, le futur n’est pas envisagé puisqu’on ne sait pas encore si on aura tous les deux envie de la même chose…


Le projet commun inscrit les amoureux dans la durée : à deux, ils vont écrire une histoire formidable, chacun se sentant responsable de la bonne marche du couple.

Bien entendu, il n’est pas nécessaire de tout prévoir : la vie est suffisamment riche en imprévus et rebondissements pour mettre à mal les meilleurs projets…

Par exemple : nous souhaitons fonder une famille nombreuse et puis le 1° enfant a du mal à venir… Ou, au contraire, nous souhaitons avoir 2 enfants, puis un 3° s’annonce par accident, et en plus, ce sont des jumeaux !

Ou, nous rêvons d’habiter à la campagne mais les aléas du travail de l’un exige de venir habiter en ville…


Et puis, l’amour laisse toujours la place à la fantaisie, à la spontanéité, à la folie, à l’aventure, à l’imprévu.

Mais que de drames évités si les amoureux prenaient le temps de vérifier que leurs " grandes options " soient compatibles… Que leurs projets soient conciliables… Que leur projet commun de couple respecte les aspirations profondes de chacun…

Quel est le projet du Seigneur pour notre couple ?



Le projet personnel.


S’il est important d’avoir un projet commun pour orienter sa vie amoureuse, il est indispensable que chacun ait d’abord un projet personnel : que vais-je faire de ma vie ? Quelles sont mes aspirations profondes, quelle est ma vocation ? Qu’est-ce qui est prioritaire pour moi ?

Comment bâtir à deux quand on n’a pas encore de " plan " pour sa propre vie ?


Dans un couple harmonieux, chacun reste lui-même tout en choisissant d’inscrire son destin dans une histoire commune.

Les cohabitations démarrent de plus en plus tôt, souvent chez des jeunes encore aux études. Ils vivent une vraie, grande passion, et s’installent ensemble. Puis arrive la fin des études, la recherche d’un boulot, la prise de décision concernant la vie professionnelle et le choix de fonder une famille. C’est souvent durant ces mois-là que les couples de cohabitants craquent : l’un veut se spécialiser à l’étranger, l’autre ne veut pas quitter un boulot qu’il a eu tant de mal à trouver ; l’un veut se marier, l’autre non ; l’un veut des enfants tout se suite, l’autre pas avant d’avoir bien installé sa carrière, etc…Bref, ils se retrouvent confrontés à des divergences d’opinion sur des questions qu’ils n’avaient jamais pensé à se poser du temps de leur grande passion, ce n’était pas le moment, ils étaient bien trop jeunes et ne pensaient pas à si long terme !



Le respect du projet personnel de l’autre


Dans notre société hyper-individualiste, n’est-ce pas là une source de grande difficulté ? Beaucoup de nos contemporains disent aimer leur conjoint tant que ça leur " rapporte " quelque chose. Mais si l’autre devient source de conflit ou de difficultés, ils se posent sérieusement la question de la continuité du couple.



ex : - l’homme peut rêver d’avoir une femme au foyer, bonne cuisinière et maternante et se rendre compte que sa femme " réelle " a plutôt envie de faire carrière à l’extérieur ! Ou l’inverse : il peut rêver d’avoir une épouse très professionnelle et qui ramène de l’argent dans le ménage et à la naissance des enfants, prendre conscience que celle-ci veut se consacrer à leur éducation quitte à voir le niveau de vie familial s'abaisser…

- La femme a peut-être un modèle d’homme fort, solide, sans problème, sur qui elle peut toujours s’appuyer. Et sera peut-être déconcertée de constater qu’il a, lui aussi, besoin d’être soutenu, encouragé, réconforté.




ex : je souffre d’un problème de non-reconnaissance sociale et je vais épouser quelqu’un qui est promis à une carrière brillante. J’attends de lui qu’il réalise ce que je n’ai pu moi-même accomplir.


En conclusion, les couples cherchent à construire une histoire en respectant la vocation propre de chaque conjoint.


3. L'engagement


L'amour a besoin de la force de l'engagement, qui est volonté explicite et formelle de passer au-dessus des obstacles que tout couple rencontre tôt ou tard sur son parcours.


Associer "aimer" et "volonté d'aimer". Deux notions apparemment contradictoires: que reste-t-il de l'amour quand il est le fruit d'une volonté, sous-entendu contraignante ?

En réalité, la volonté d'aimer n'est pas une contrainte mais un moteur puissant qui pousse chaque conjoint à dépasser ses propres limites, à dépasser les limites de l'autre, pour retrouver ce que chacun a de meilleur et le faire fructifier.


L'engagement ne garantit pas le succès de la relation. Mais il y contribue fortement: il est garant de la constance, de la stabilité, du désir de réussir, nécessaires pour évoluer vers plus de maturité, vers un plus grand amour.

Trop de sécurité étouffe, mais trop d'insécurité inhibe. L'engagement permet aux couples de résoudre leurs difficultés en ayant la satisfaction de savoir que l'affrontement et les conflits ne remettent pas en cause leur projet initial ni leur amour. Cet engagement va déterminer, souvent, la qualité de la relation: si celle-ci se vit dans la réserve quant à l'avenir, dans l'incertitude quant à la solidité des sentiments, elle sera totalement différente de la relation où l'enthousiasme est tellement grand que l'engagement ne fait plus (trop) peur... Oui, souvent l'engagement fait peur: on est responsable de celui envers qui on s'est engagé. Terrible défi !


Dans notre société, l'engagement = mariage: - la cohabitation fragilise les couples;

Evidemment, il y a des gens qui s’engagent réellement sans se marier, comme il y a des gens qui se marient sans s’engager (si on se marie pour faire plaisir à Papa et Maman, sans l’avoir vraiment décidé soi-même, ou pour le décorum…) Mais les statistiques sont là, très claires : les cohabitations sont bien plus fragiles, c’est donc que l’engagement des cohabitants est moins solide !

Pour comprendre cela, prenons un exemple : si vous voulez trouver du boulot, vous avez intérêt à faire des études. Sans diplôme, c’est difficile. Mais vous connaissez sans doute tous des gens qui sont devenus patron sans avoir étudié. Mais ce sont des exceptions : on peut dire que, statistiquement, on a plus de chance d’avoir un job si on a un diplôme, on a plus de chance d’être au chômage si on n’a pas terminé ses études. Même s’il y a des exceptions à cela. C’est la même chose pour le couple : on a plus de chance de réussir en se mariant, on a plus de chance (ou de risque !) de rupture si on cohabite. Même s’il y a des exceptions à cette règle. Et nous voulons tous être l’exception qui nous arrange. Mais la vie n’est pas si simple…


4. La communication


Pour s'aimer, il est nécessaire de... communiquer.

La communication est essentielle, la parole indispensable.

Le dialogue permet de se réajuster en permanence, de faire le point chaque fois que le besoin s'en fait sentir. Il désamorce les conflits, permet d'éviter qu'un malaise ne progresse lentement mais sûrement vers une crise sérieuse. Le dialogue permet de soigner une blessure avant que celle-ci ne dégénère en abcès, il lève les doutes, répond aux questions et hésitations qui se poseront un jour ou l'autre.


La mésentente, ou le passage de l'amour au désamour suit un peu le même processus que le cancer: au début, on ne remarque rien, on ne sent rien. Puis, petit à petit, une gêne légère, un trouble... qui, lentement, mais sûrement, s'aggrave, si on ne fait rien. Si on dépiste la maladie tôt, le pronostic est bon: le traitement n'est pas trop lourd et la guérison presque toujours au rendez-vous. Si on attend, le traitement sera plus difficile à mettre au point, plus pénible, et parfois, malheureusement, inefficace. En amour, c'est la même chose. Dès que l'on sent que quelque chose ne va pas, il faut intervenir... par la parole. Parole qui permet de repérer les problèmes, de les cerner, de les dédramatiser; parole qui soulage et guérit, même si elle peut faire terriblement mal au moment même. Plus on attend, plus ce sera difficile. Si on attend trop, ce sera inutile et parfois même destructeur: on se dit des choses blessantes, trop difficiles à oublier ou à pardonner. Parlons, parlons, pour ne pas être atteints par le cancer du désamour.


Donc, le dialogue est indispensable, mais tellement difficile. C’est là la difficulté essentielle de tant de couples qui souffrent…


Il y a deux formes de communication : - la communication verbale ;

- la communication physique


La communication verbale


Nous l’avons vu avec les zones de l’être, il y a des différences entre les hommes et les femmes.



- L’homme croit qu’il dit du moment qu’il fait, la femme ne comprend que ce qu’elle entend.

- Regardons aussi les enfants, et surtout leurs disputes : les filles vont crier, s’envoyer leurs 4 vérités à la figure… : ça va faire beaucoup de bruit; les garçons, eux, auront plus tendance à utiliser le langage " musclé " : ils parlent avec des coups ! Ca va faire quelques bosses. Il n’y a pas de raison que ça change fondamentalement à l’âge adulte, sauf que l’éducation est passée par là et qu’elle a dû –normalement- apprendre à canaliser les excès ! Les femmes auront tendance à " s’étaler " longuement sur leurs griefs, l’homme prendra plutôt la fuite en claquant les portes…


La communication est aussi un apprentissage, qui commence dès le début de la vie, où on apprend à " décoder " l’attitude de l’autre. Quand on ne prend pas le temps de bien communiquer, on risque d’être confronté à nombre d’incompréhensions !


- entre ce que je ressens : de la colère contre mon mari qui n’est pas encore rentré à 21h ;

- ce que je voudrais lui dire : il devrait au moins me prévenir quand il ne peut pas

rentrer ;

- ce que je lui dis effectivement : T’as vu l’heure qu’il est !

- ce qu’il entend : des grognements ;

- ce qu’il comprend : encore des reproches ;

- et ce qu’il me répond : de toute façon, tu ne veux jamais comprendre… ;

il y a de nombreux décalages qui perturbent la relation.

! ! En reparler " à froid ". Vider " son sac " pour ne pas le transporter comme un fardeau le reste de la vie commune.

Donc, la communication est vraiment un point où les couples qui s’aiment sont vigilants.



Nous n’avons pas toujours une manière objective d’écouter les autres. Nous avons des " filtres ", ou mécanismes d’interprétation qui déforment la réalité, sans qu’on s’en rende compte. (Ceux qui ont déjà écouté Madame Inversen, psychiatre, connaissent bien cette réalité)

Ex : prenons un exemple : je suis à l’hôtel. Le robinet coule (action A). J’entend ce robinet (perception A, correcte par rapport à l’action A). Cela provoque une réaction A, qui est d’aller fermer le robinet.


Je suis chez moi. Le robinet coule (A). Mais je perçois : ça y est : mon mari n’a pas encore fermé le robinet convenablement, alors que je lu ai déjà dit 100 fois de le faire, ou de le réparer, donc, c’est bien la preuve qu’il ne m’aime pas, que je ne suis qu’un meuble dans cette maison, etc, etc… La perception est B, càd qu’elle ne correspond pas à l’action A : j’y ai ajouté toute une série de considérations que j’ai dans mon filtre, filtre qui se remplit au fur et à mesure de notre histoire commune. Cette perception B va entraîner, non pas une réaction A mais une réaction B, conforme à ce que j’ai perçu. Et quand mon mari va rentrer, je vais l’enguirlander comme du poisson pourri, et lui va se dire : " ma femme est folle, elle fait un drame pour un bête robinet qui coule. "


Le pire, c’est que les 2 croient qu’ils ont raison : le mari se dit que c’est dingue de réagir aussi fort pour une aussi petite chose, et l’épouse, pas consciente du mécanisme du filtre, trouve que sa réaction est tout à fait juste par rapport à ce qu’elle a perçu de la situation.


Ex : filtre de couleur devant appareil de photo : si le mur que je photographie est bleu, mais que j’ai, sans le savoir, un filtre jaune devant l’objectif de mon appareil, j’aurai une photo qui va montrer un mur vert. Si quelqu’un me dit : " le mur est bleu ", je lui répondrai, de toute bonne foi : " mais non, il est vert, d’ailleurs regarde la photo. " Donc, dans le mécanisme du filtre, il n’est pas question d’honnêteté ou de sincérité. C’est uniquement un mécanisme de fonctionnement qui perturbe notre manière d’appréhender la réalité et qui provoque des incompréhensions dans le couple ou nos autres relations.


Donc,

- soyons conscients que nous avons tous des FILTRES, et qu’ils sont d’autant plus épais qu’ils s’exercent vis à vis de personnes proches ;

- L’indice qui nous montre qu’on a fait fonctionné un filtre, c’est quand on dit : " toujours " ou " jamais " : " Tu es TOUJOURS en retard " ou " Tu ne fais JAMAIS attention à ce que je te demande.


Si on est sûr de son engagement inconditionnel, on peut aller au fond des problèmes.

=> ce problème de communication est une des causes de fragilité des cohabitations.

Cette incertitude pèse très lourdement chez les couples de cohabitants : trop souvent, ils n’osent pas aborder les problèmes les plus graves, par peur de se perdre. Et tout à coup, ils se retrouvent devant une montagne de non-dits, impossible à gérer. C’est une des causes fréquentes de ruptures. Et s’ils se marient, ils arrivent au mariage avec un bagage de problèmes non résolus que le mariage ne va pas solutionner automatiquement ! C’est une des raisons des divorces plus fréquents dans les mariages qui suivent la cohabitation.


La communication physique : la sexualité


La sexualité est importante pour le couple. Mais donnons-lui sa juste place ! Dans le schéma des zones de l’être, on voit que le corps occupe ¼ des zones : c’est beaucoup, mais ce n’est pas tout ! Or, à l’heure actuelle, ne croit-on pas que la réussite ou l’échec d’un couple dépend essentiellement de sa vie sexuelle ?


Les différences hommes-femmes se retrouvent aussi dans la sexualité.


Il y a les différences – physiologiques :

- psychologiques ;



L’ épanouissement sexuel est inné chez l’homme.

Il est le résultat d’un apprentissage chez la femme. (comme tout apprentissage, ça prend un peu de temps : pour apprendre à marcher, il faut quelques mois ; pour apprendre à parler, il faut quelques années. Et bien, pour le plaisir sexuel de la femme, il faut un temps d’apprentissage qui peut prendre de quelques jours à quelques années, sans que cela ne soit pathologique.) Cet apprentissage se fera d’autant plus vite que la femme est en confiance et qu’elle communique verbalement avec son conjoint sur cette question.



La femme, donc, a ce désir de stabilité en elle et il est rare qu’elle soit satisfaite d’une relation si elle ne vit pas, en même temps, cette sécurité. Et même si elle peut ressentir un certain plaisir physique, elle n’en sera pas forcément heureuse.


Toutes ces différences, normales, sont pourtant peu connues. Beaucoup de jeunes s’engagent dans la vie à deux sans le savoir. Et quand ils vivent une difficulté dans leur sexualité, ils ne savent pas que c’est normal, qu’il y a un temps d’adaptation pour tous les couples. Et par peur de faire voler leur couple en éclat (puisqu’ils sont persuadés que, sans entente physique, il n’y a pas d’amour solide possible) ils n’osent pas parler de ce problème, surtout la femme qui croit que c’est elle qui a un problème !


- C’est la tête qui donne le sens : un même geste, suivant qu’il est librement posé ou

imposé, sera ressenti de façon tout à fait différente et même opposée ! Donc, l’épanouissement sexuel du couple dépend bien plus du contexte dans lequel il se vit que de prouesses techniques.


Pourquoi l’église demande qu’il n’y ait pas de relations sexuelles en dehors du mariage ?


- Pas par peur de la sexualité.

- Pour que le couple puisse profiter pleinement des fiançailles comme dernier temps de discernement avant l’engagement, définitif et irréversible.

Les conjoints n’ont pas intérêt à se tromper. => pour faire une réflexion la plus lucide possible, nécessité de ne pas avoir de relations sexuelles parce que, si on en a :

- soit ça se passe très bien et c’est tellement formidable qu’on se dit que l’autre est certainement " le bon " conjoint. Le plaisir ressenti et l’euphorie qui en découle empêche la réflexion plus en profondeur ;

- soit ce n’est pas si formidable qu’on espérait (ce qui n’est pas anormal, puisque l’épanouissement sexuel est progressif chez la femme) et s’installe alors le doute : est-ce vraiment lui ou elle qui me convient ?


En plus, les relations sexuelles créent des liens très forts. Si un des fiancés veut rompre, ce sera d’autant plus difficile.

Si un enfant s’annonce " par accident ", il n’y a plus vraiment de choix possible…


Donc, des fiançailles " chastes " ne sont pas réservées aux personnes ringardes, pudibondes ou mal à l’aise avec la sexualité. Elles sont le résultat d’un choix qui permet de vérifier qu’on ne se trompe pas de conjoint. (Même si c’est vrai qu’il y a toujours une part de risque, et que, même si on a très bien réfléchi avant de se marier, il y a toujours une part de mystère et d’inconnu chez l’autre qui nous échappe et qui peut provoquer de réelles difficultés.)

Profitons de ce temps – qui finalement n’est pas très long, en regard d’une vie – pour vraiment bien réfléchir, le plus lucidement possible, sur l’engagement que l’on va prendre…


5. La fidélité


Les jeunes demandent souvent: "la fidélité est-elle nécessaire ? Est-elle possible ?"

Dans tous les sondages, on retrouve l'idée que la fidélité aide le couple à être heureux.

Elle est nécessaire à l'épanouissement des conjoints car elle affirme à chacun qu'il est unique, irremplaçable. Elle donne l'assurance d'être important pour au moins une personne dans l'immensité de la foule humaine.



La fidélité est-elle encore possible à l’heure actuelle ?

OUI ! ! Mais elle sera facilitée par :


6. Le pardon


Nos différences sont parfois difficiles à gérer, à accepter, et souvent, nous nous blessons. L’amour passe donc par le chemin de l’acceptation de l’autre tel qu’il est et aussi par un chemin de réconciliation, de pardon. Ce chemin est indispensable pour nous faire quitter notre amertume, nos rancœurs, notre agressivité.


Le pardon est donc vraiment un point essentiel de la vie. Le Seigneur lui-même nous recommande de nous réconcilier avec les autres avant de nous avancer vers Lui :

" Si tu as quelque chose contre ton frère, laisse-là ton offrande et va te réconcilier avec lui. Après, tu reviendras vers moi. "

Combien de personnes ne sont-elles pas torturées par un pardon qu’elles ne parviennent pas à donner ? Aimer n’est déjà pas facile. Pardonner l’est encore moins puisque le pardon est la perfection de l’amour : grâce à lui, l’amour se fait espérance : il est encore possible de bâtir quelque chose ensemble : l’avenir reste ouvert.


Pourquoi se pardonner ? On va vous raconter une petite histoire pour mieux comprendre :

Un homme partit un jour se promener en montagne, muni de son sac à dos. Il profitait du spectacle merveilleux de la nature et était absolument heureux. A un moment, il trébuche sur une pierre. Il se penche, ramasse la pierre et la met dans son sac. Un peu plus loin, une nouvelle pierre barre le chemin, il la prend et la met dans son sac. Et ainsi, plusieurs fois de suite. Au bout d’un certain temps, son sac devient trop lourd, il est épuisé, et au lieu de continuer à se réjouir du spectacle de la montagne, finit par la maudire.


Il en est ainsi pour nous dans nos relations avec les autres : nous sommes en marche et il arrive que nous trébuchions : nos différences, nos limites, font que nous ne nous comprenons pas toujours et même que nous nous fassions mal. C’est inévitable, et pas trop grave à condition de retirer l’obstacle et surtout de le jeter au loin, plutôt que de l’emmener avec nous pour continuer la route. Si, lorsqu’une dispute se déclare ou qu’un conflit éclate, nous continuons à y penser constamment et à le ruminer, notre cœur va se charger de plus en plus, il va s’encombrer de plus en plus d’impressions négatives et finalement, cette image de l’autre va prendre toute la place et nous aurons l’impression de ne plus l’aimer.


C’est pour cela que le pardon est tellement important : lorsque vous dites à l’autre: " je te demande pardon " et que vous entendez cette réponse : " je te pardonne ", la " pression " intérieure diminue sérieusement ! Evidemment, le pardon ne nie pas le problème, il n’est pas non plus oubli du mal qui a été fait. Il n’est donc pas un sentiment (je pardonnerais alors dès que j’ai oublié ou que je n’ai plus de rancune) mais une décision. Décision d’arrêter les hostilités, volonté de poursuivre le chemin ensemble, en faisant ce qui est en mon pouvoir pour que notre relation reste ou redevienne positive. Si, sans doute difficilement, douloureusement même parfois, je prends la décision de pardonner, peu à peu, les sentiments suivront…


Voici encore une autre image pour mieux comprendre : quand on a une blessure physique, le corps se met à réparer la plaie. Au début, c’est une cicatrice qui chatouille et obsède : on a envie de gratter sans arrêt (c’est d’ailleurs ce que font les enfants !) Et puis le temps passe. La croûte ne chatouille plus et finit par tomber. Un jour, elle ne sera plus qu’une cicatrice, plus ou moins grande, plus ou moins visible, plus ou moins sensible. Mais elle ne nous embêtera plus. L’important, dans le processus de guérison, c’est donc de décider d’arrêter de gratter sa croûte. C’est la même chose pour les blessures " morales " : au début, on les rumine sans cesse. Si on décide de changer d’attitude et de rentrer dans une démarche de pardon, on permet au processus de guérison de s’enclencher. Cela prendra du temps, mais on arrivera finalement, à une plaie guérie, saine, une cicatrice dont on parlera peut-être avec humour : le temps a fait son œuvre parce qu’on le lui a permis.


C’est vrai que la première fois, ce n’est pas facile : on a l’impression qu’on va perdre la face, qu’on va être diminué ou ridicule. Et puis, on se dit : ce n’est pas uniquement ma faute. Il ou elle n’a qu’à faire le premier pas. Ou bien : ce que j’ai fait est impardonnable. Il ou elle ne voudra jamais de mon pardon, ça ne vaut même pas la peine d’essayer. Ou bien encore : ça ne vaut pas la peine de demander pardon, de toute façon je retombe toujours dans les mêmes travers. etc… Bref, on a toujours une bonne excuse pour ne pas faire le pas.

Ce qui va nous aider, ce n’est pas de savoir qui a vraiment tort ou raison, c’est notre désir de retrouver l’unité. Ce désir va se réaliser par notre prise de décision (et oui, encore !). Je décide de faire un pas, même s’il m’en coûte, pour rétablir ce qui est cassé entre nous. Le plus facile, c’est de commencer dans un cas où on est vraiment en tort.


Les fruits du pardon.

- Le pardon amène donc réellement une libération, il reconstruit notre relation. Ne croyons pas que nous allons perdre la face, perdre notre prestige ou notre autorité si nous demandons pardon.


Quand ça paraît impossible

Il se peut que l’autre nous ait blessé tellement profondément qu’on se dise que le pardon est impossible. Nous sentons que, malgré toute notre bonne volonté, nous n’avons pas la force de faire ce pas. N’oublions pas que Dieu est là, qu’Il peut nous aider dans ce chemin. Par la prière, nous pouvons puiser en Lui la force que nous ne trouvons pas en nous-mêmes. Et laissons le temps au temps : n’hésitons pas à faire des petites démarches successives qui permettent un rapprochement.


Le sacrement de réconciliation

est vraiment une aide inestimable pour chacun d’entre nous. Dieu nous révèle son amour et sa Miséricorde. Comme le Père attend le fils prodigue, Il nous attend…Il nous fortifie et nous aide. Ce qui nous est demandé, c’est d’avoir l’humilité d’aller dire à un prêtre ce que nous avons fait. Le pardon ne dépend pas de la qualité du prêtre. Il est vraiment grâce donnée au travers du sacrement.

Nous ne devons pas attendre d’avoir fait de " gros péchés " pour aller nous confesser ! Ce sacrement va nous aider pour les petites choses de tous les jours, pas très graves en soi peut-être, mais qui empoisonnent parfois notre vie de couple et de famille. C’est important donc d’aller se confesser régulièrement pour éviter que les blessures, bénignes au départ, ne s’aggravent.

Et si nous pensons : " Oui, mais je raconte toujours la même chose ", ce n’est pas grave : Dieu nous a demandé de pardonner jusqu’à 77 fois 7 fois. Donc, ça ne l’agite pas tellement qu’on recommence tout le temps. L’important, c’est la sincérité de notre démarche et le désir que nous avons de nous améliorer, avec son aide.


7. La confiance


La confiance est presque la raison d'être de tout ce qui précède.

N'est-ce pas folie de tenter l'aventure de l'amour alors qu'il restera toujours une part de mystère et d'imprévu dans la personnalité de son conjoint ?

N'est-ce pas folie d'investir dans la durée quand nul ne peut prévoir ce que réserve l'avenir?

Folie, oui. Mais ici intervient la confiance: les relations humaines ne sont pas seulement affaire de connaissance ou de raison, mais aussi acte de foi.

Sans la foi en l'autre, on n'ose pas s'engager, parler en vérité, se donner.


Si la confiance permet tous les paris les plus fous, son absence paralyse. On rencontre de plus en plus de jeunes et moins jeunes, définitivement marqués par un échec amoureux. Ils n'osent plus "y croire", et décident de ne pas s'investir dans une histoire d'amour. Ils préfèrent multiplier les conquêtes, délibérément sans lendemain. Ca fait moins mal, quand ça finit... Mais ça ne rend pas forcément heureux non plus...

La confiance, ingrédient essentiel de l'amour et tellement fragile... (cf topo suivant : quand on multiplie les expériences…)

Voilà quelques ingrédients que l'on retrouve, dans des proportions variées, chez tous les couples stables et heureux. Ingrédients qui prouvent que l'amour n'est pas qu'une affaire de sentiments...

Finalement, tout ceci n’est jamais acquis une fois pour toutes, nous sommes tous en chemin pour construire un couple toujours plus selon le cœur de Dieu. Et ceux qui ne sont pas en couple sont appelés à vivre toutes leurs relations dans un esprit de don et de respect.

Nous verrons dans un prochain enseignement la spécificité du couple chrétien.

N’oublions pas non plus que notre 1° mission, c’est d’annoncer l’Amour du Christ, et ue seul cet amour peut permettre aux gens de changer de vie.

Ex : Catherine F., maman célibataire, famille athée depuis des générations, conversion brutale dans un lieu marial où elle vient par hasard, suivie par des prêtres qui enracinent d’abord sa Foi toute neuve, pour enfin lui montrer les erreurs de son comportement (amants, …) Avant d’être une morale, la Foi est une histoire d’amour avec le Père, et sans cet amour, on n’a pas la force de changer ses " mauvaises " habitudes…



Topo 3 : pourquoi un sacrement de mariage ?


Nous avons vu, jusqu’à présent, quelques caractéristiques humaines du couple. Et par la bonne compréhension de ces données humaines, on peut vraiment améliorer la qualité de notre couple. C’est vrai pour tous, croyants ou non.

Puisque nous sommes ici, c’est donc que nous croyons que le Seigneur a quelque chose à nous dire, en plus de ces données humaines.

Qu’est-ce qui fait la spécificité du couple chrétien ?

Pourquoi l’Eglise nous propose-t-elle un sacrement de mariage ?

C’est ce que nous allons tâcher de voir maintenant.


I. Le couple chrétien croit qu’il est appelé à aimer d’un amour semblable à l’amour du Christ.



Cette parabole nous éclaire, parce qu’on voit bien que l’observance de la loi, une vie moralement correcte ne suffit pas à rendre heureux.

Jésus n’est pas contre cette droiture morale, d’ailleurs, la première chose qu’il dit, pour répondre à la question du jeune homme riche, c’est l’énoncé les commandements, en particulier ceux qui appartiennent à la deuxième table des commandements et explicitent les formes de l’amour du prochain. Mais le jeune homme n’est pas convaincu : il a fait sans doute ce qu’il devait faire, mais cette bonne conscience, pourrait-on dire, ne suffit pas à taire son inquiétude : " que me manque-t-il encore ? " Il ne sait pas que cette nostalgie qu’il éprouve est celle de ce besoin de communion plus profonde, plus large que la seule communion humaine. Il ne sait pas qu’il lui manque cet amour du Christ lui-même, amour qui rejaillira dans tous les aspects de sa vie.

" Alors, Jésus fixa son regard sur lui, et l’aima ". Le Christ l’aime, nous aime, malgré notre difficulté à le suivre.


Toute la réflexion mystique (par mystique, on entend ce relève du mystère de Dieu) sur l’amour conjugal nous invite à rentrer plus profondément dans le mystère de l’amour de Jésus pour nous. L’évangile de St Jean nous rapporte cette parole de Jésus : " Je vous donne un commandement nouveau : que vous vous aimiez les uns les autres " (Jn, 13,34) mais il précise : " Comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres. " (Jn, 15,12) " Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. " (Jn, 15,13)

C’est là que ça se corse pour nous : on se rend tout de suite compte qu’on n’est pas capable, par nos seules forces, d’aimer comme le Christ.


II. On prend conscience qu’on n’est pas capable d’aimer d’un tel amour


On voudrait tous être de supers conjoints, des parents parfaits, des travailleurs performants, des gens formidables. Et puis, on se rend compte que, malgré notre bonne volonté, on n’est pas toujours aussi formidable que ça.

Notre Foi tente d’expliquer cela par le péché originel. Pour comprendre le pourquoi du sacrement du mariage, il est nécessaire de reprendre toute la réflexion depuis le début de l’histoire de l’homme.


A. ) La création :


On va commencer par le commencement, c’est à dire la Création.

Les relations sexuelles qui en découlent sont une dimension nécessaire et bonne pour notre amour. Si nous avons été créés sexués, ce n’est pas par hasard. Dans la Genèse, il est écrit :


" Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu Il les créa. Homme et femme Il les créa. " Gen, 1, 27 " Dieu vit tout ce qu’Il avait fait : cela était très bon " Gen, 1, 31


Un peu plus loin encore : " C’est pourquoi l’homme quitte son père et sa mère, et s’attache à sa femme, et ils deviennent une seule chair. Or tous deux étaient nus, l’homme et sa femme, et ils n’avaient pas honte l’un devant l’autre. " Gen, 2,24-25 

On voit qu’avant le péché originel, il est prévu que l’homme et la femme vivent ensemble et qu’ils n’ont pas peur l’un de l’autre. Dieu a donc créé la différence, la sexualité et Il la bénit.


- On voit aussi dans la Genèse que ni l’homme, ni la femme n’assistent à la création de l’autre. D’abord l’homme est tout seul et puis Dieu " fit tomber sur lui un profond sommeil " (Gn, 2, 21) pendant lequel Il crée la femme. Par là, Dieu nous montre que chacun d’entre nous restera toujours un mystère pour l’autre.


- La sexualité va donc nous permettre d’entrer en communion avec l’autre même si nous ne percevrons jamais tout à fait son mystère. C’est aussi un moyen de communication privilégié puisqu’il est réservé exclusivement au couple : tous les autres moyens de communication, nous les expérimentons aussi avec d’autres. Tandis que la sexualité ne se vit qu’à deux et c’est donc à deux que nous allons grandir dans cet échange.


Dieu nous aime tels que nous sommes et ce qui caractérise l’homme et la femme, ce qui fait qu’on a une profonde dignité, c’est qu’on a été créés libres, avec une capacité à décider et à choisir...


Si Dieu a voulu cette différence sexuelle, ça veut dire que c’est une bénédiction, et que donc, pour nous, d’être homme et d’être femme, c’est aussi une bénédiction. Nous vous proposons donc d’écouter tout ce que nous allons dire à la lumière de cela : " je suis homme, je suis femme ", Dieu l’a voulu ainsi et je Lui rends grâce. C’est important qu’on se dise que cela a été voulu par Dieu. Que Dieu nous veut tellement différents. Il ne s’est pas trompé.


Donc, ceci posé, qu’est ce que la sexualité ? Dans la vision de l’Eglise, la sexualité atteint la totalité de la personne, le corps est sexué mais l’affectivité aussi, ça veut dire qu’il y a une affectivité féminine, une affectivité masculine. Il y a une sexualité masculine et une sexualité féminine, une spiritualité masculine et une spiritualité féminine. Même chose pour l’intelligence. Une des raisons pour lesquelles ce sujet de la sexualité est si sensible, c’est qu’il atteint la totalité de notre personne. Cela a des répercussions dans toute notre personne. Lorsqu’on a une discussion intellectuelle, que l’on discute avec un homme ou une femme, cette discussion concerne surtout notre intelligence. Mais quand on parle de la sexualité, il y a l’ensemble de notre personne qui est mise en cause et cela a des répercussions très importantes dans tout notre être.


La sexualité, c’est aussi un mouvement, c’est une énergie qui jaillit de l’homme vers la femme et de la femme vers l’homme. Et cette énergie qui jaillit du plus profond de nous parcourt toutes les dimensions de la personne. Cette énergie parfois nous fait peur, parce qu’elle peut être très puissante et envahissante, pourtant elle est bonne, et elle est voulue par Dieu.

Elle s’exprime par exemple par le cri d’Adam quand il découvre Eve :

Alors celui-ci s’écria : pour le coup c’est l’os de mes os, la chair de ma chair.” (Gen 2 v. 23).

On voit bien que ce cri est un cri d’amour. C’est la première chose que dit l’homme, c’est la première parole qui est retranscrite. A chaque fois on dit “Dieu dit” mais là, la première parole qu’Adam prononce, c’est en regardant Eve. Ce cri manifeste aussi son attirance pour la femme. Adam comprend qu’il est fait pour aimer. La finalité de la sexualité, c’est d’abord l’amour.


B. Le péché originel


Quand on continue la lecture de la Genèse, on voit que Adam et Eve vivent heureux au paradis. Et puis , il y a un " couac ". C’est l’ histoire du serpent qui propose à Eve de manger le fruit défendu. Eve et Adam se laissent tenter, mangent le fruit, et c’est la catastrophe. (Genèse, 3, 1-20)


Que pouvons-nous comprendre par ce récit :


Puis, ils sont trompés par la Malin (concrétisé ici par le serpent) et veulent être l’égal de Dieu et se passer de Lui. Ils lui désobéissent, estimant qu’ils n’ont pas à respecter ses recommandations. Et c’est là que commencent les problèmes : ce péché introduit une rupture radicale qui va se situer à 4 niveaux :

" Ils entendirent le pas de Dieu qui se promenait dans le jardin à la brise du jour, et l’homme et la femme se cachèrent devant Dieu parmi les arbres du jardin. Dieu appela l’homme : " Où es-tu ? " " J’ai entendu ton pas dans le jardin, répondit l’homme, j’ai eu peur parce que je suis nu et je me suis caché. " (Gen, 3, 8-10) Le texte ne donne pas l’intonation de la voix de Dieu : on pense facilement qu’il était en colère et qu’il prononce son " où es-tu " d’une voix forte. Mais c’est peut-être la voix douce d’un père, triste de voir que son enfant s’est fait du mal… Dès le début, on voit qu’on interprète les questions de Dieu comme des reproches. On ne voit plus en lui la miséricorde.


" Alors leurs yeux à tous deux s’ouvrirent et ils connurent qu’ils étaient nus. Ils cousirent des feuilles de figuier et se firent des pagnes. " (Gen, 3, 7)

Cette difficulté de s’accepter tel qu’on est se retrouve dans toutes les zones de notre être.

Ils ne comprennent plus leur fonctionnement interne et donc vont se tromper. Ils ont une fausse idée de leur vocation humaine et du sens de leur vie.


Adam accuse Eve, Eve accuse le serpent.(Gen, 3, 11-13)

L’unité originelle s’est transformée en division, perturbant à jamais la relation de l’homme et de la femme qui, de don merveilleux et gratuit de Dieu, allait devenir l’objet de luttes incessantes. Les voilà marqués par la culpabilité, la méfiance, la domination, la rivalité, la convoitise, l’égoïsme. L’harmonie n’est plus acquise.

(cf, Gen, 3, 14-24)

L’homme est chassé du paradis et va vivre dans un monde hostile, où il devra peiner pour vivre.


Ne cherchons pas à situer ce récit dans un temps historique, mais voyons ce qu’il nous enseigne :


Cette histoire, que l’on appelle " le péché originel " n’est plus très à la mode. On a tendance à en rire, et pourtant elle vaut aussi pour nous : elle est très actuelle ! Elle nous montre que l’homme en général, et moi, en particulier, nous nous détournons de Dieu et décidons de faire notre vie, tout seul, en nous prenant comme unique référence du Bien et du Mal. C’est particulièrement vrai aujourd’hui où on n’arrête pas d’entendre " A chacun sa vérité ", comme si la vérité dépendait de l’idée que je m’en fait.


Comme nous sommes incapables de tout comprendre et de tout connaître, notre vision du monde et de la vie est forcément incomplète et fausse parfois. Mais l’orgueil nous pousse à croire que nous connaissons tout et que donc, nous pouvons nous passer de Dieu pour vivre notre vie.

Dans ses catéchèses du mercredi, consacrées à l’amour humain dans le plan divin, Jean-Paul II éprouve le besoin d’élaborer une anthropologie adéquate : Celle-ci " cherche à comprendre et à interpréter l’homme en ce qui est essentiellement humain " pour éviter des erreurs de comportements qui proviennent d’une fausse vision de l’homme. Le Pape reconnaît qu’on peut trouver dans certaines mentalités, assez répandues parmi les chrétiens, des manières de penser et d’évaluer les choses qui comportent un mépris, ou du moins, une reconnaissance insuffisante de la dignité personnelle du corps. De quoi s’agit-il ?

Sans entrer dans les détails, une première erreur est la réduction de la sexualité à une fonction biologique, qui ne se justifie qu’en vue de la reproduction. A cela s’ajoute la méfiance du plaisir sexuel, due à l’influence de certains courants de rigorisme ascétique. C’est ainsi que St Augustin finit par " n’excuser " l’acte sexuel que lorsqu’il est accompli comme un devoir en vue de la procréation. La sexualité est accueillie en termes utilitaires.

Avec St Thomas, on arrive à une revalorisation du plaisir puisqu’il fait partie de la nature, et que, par conséquent, il est bon. Mais il reste tout de même une certaine suspicion relative à la dimension émotive et passionnelle de la sexualité.

Le Pape Jean-Paul II, qui appelle le corps " sacrement de la personne " càd manifestation visible d’une réalité invisible, indique des pistes pour renouveler la manière de comprendre et de présenter la morale sexuelle. En parlant de la " théologie du corps ", il a voulu montrer comment la lumière de la Révélation éclaire l’expérience humaine du corps dans sa réalité la plus profonde. Donc, la Foi n’est pas étrangère à l’expérience du corps, elle est au contraire la lumière qui permet d’en saisir la signification ultime.


JP II nous montre que le corps n’est pas un simple matériau manipulable arbitrairement, mais il est toujours le lieu où se manifeste la signification de l’accueil et de la reconnaissance. Par le langage des émotions et de l’affectivité, le corps exprime des significations que la conscience est appelée à reconnaître et à vivre à un niveau réellement personnel. Le Christ nous invite à vivre toutes ces dimensions avec un amour semblable au sien. A la vision matérialiste de la sexualité, qui ne voit que les pulsions, les instincts, et le désir brut devant être assouvi sous peine de frustration, la foi propose l’expérience d’une plus grande plénitude d’humanité et de sens, en inscrivant ces données dans le cadre d’une relation de don des personnes.

Le catéchisme de l’EC dit la même chose : " La sexualité, en laquelle s’exprime l’appartenance de l’homme au monde des vivants, devient personnelle et vraiment humaine lorsqu’elle est intégrée dans la relation de personne à personne. " (2337)


Notre difficulté à comprendre notre vocation et le refus plus ou moins conscient de Dieu dans notre vie va nous poser des problèmes:

Dans la pratique, on s’aperçoit que, même si nous sommes de bonne volonté, ce n’est pas toujours simple, comme on l’a dit plus haut. La réalité ne correspond pas toujours à notre idéal, et nous pouvons être déçus de nous-mêmes, de notre vie en général, de notre couple.


Ceci n’est pas de la théorie, mais la réalité de ce que nous vivons, tous, sans exception, à des degrés divers, dans notre vie de tous les jours.

Sans cette certitude de l’aide de Dieu, nous serions découragé : la prédication du Christ est des plus exigeantes : elle appelle à la fidélité absolue, à la pureté, non seulement dans les actions mais jusque dans les intentions les plus profondes du cœur, à la pureté du regard. Mais cet appel n’est pas fait pour condamner l’homme pécheur, ou le décourager face à un idéal inaccessible aux seules forces humaines. Au contraire, son but est de l’appeler à la grandeur de sa vocation et de lui offrir, au moyen de la grâce, la possibilité de se mettre en chemin.

L’homme, pour grandir, doit d’abord avoir le courage et l’humilité de se reconnaître imparfait, non pas pour être découragé, écrasé, mais au contraire libéré : en effet, la Bonne Nouvelle, c’est que Dieu ne cesse jamais de nous aimer et qu’Il n’arrête pas de nous proposer son aide pour vivre dans l’amour.

Et nous voilà presque au sacrement ! Dieu vient à notre aide, aux travers des sacrements. Comment vient-il ?


C. La Rédemption


Le but, aujourd’hui, n’est pas de faire un exposé théologique sur la Rédemption. Ce qu’il faut savoir, c’est que Jésus, Fils de Dieu, est venu prendre notre condition d’homme pour nous sauver. " Je suis le chemin, la vérité, la vie. " Nous avons accueilli ce salut, personnellement, au baptême qui fait de nous un homme nouveau, réconcilié avec le Père.


Comment comprendre cela ?

ex. du buisson. Depuis la chute, on peut imaginer que nous sommes entrés dans un monde séparé de Dieu, un monde où l’on est confronté à la souffrance et au mal. C’est un peu comme si nous étions dans un immense buisson très piquant, où nous nous blessons. Dieu nous appelle, mais nous ne l’entendons pas, nous ne le voyons pas. Alors, Dieu, triste de nous voir nous débattre et nous perdre, décide de venir nous rejoindre : il nous envoie son fils, Jésus, qui traverse l’épaisseur du buisson pour nous rejoindre là où nous sommes. Mais ce passage dans les épines le blesse à mort. Mais en même temps, le passage vers l’au-delà que, jusqu’à présent, nous ne voyions pas, est fait : il y a un chemin à prendre, pour retrouver la voix du Père : c’est le chemin tracé par Jésus, car il nous dit : " Je suis le chemin, la Vérité, la Vie. "

C’est librement que Jésus a accepté de nous rejoindre, au prix de sa vie, pour faire la volonté de son Père qui voulait nous libérer du mal. On voit donc que c’est par pur amour qu’il nous a rejoint, et que c’est ce chemin d’amour qu’il nous est proposé d’emprunter.


Chaque jour, Dieu nous invite à grandir dans cette vie nouvelle, tels que nous sommes, où nous en sommes. Nous avons parfois peur qu’Il nous juge ou nous condamne : parfois, une mauvaise relation avec notre propre père nous empêche de croire à l’amour de Dieu. Et bien, Dieu nous donne sa Miséricorde, son pardon, il n’est pas venu pour nous écraser de sa grandeur, mais nous relever et nous faire avancer. Il nous donne son amour, mais ne nous force pas…


Nous avons donc, chaque jour, à décider de nous tourner vers Lui, pour qu’Il nous aide à vivre d’une façon nouvelle : dans l’amour. C’est d’ailleurs ça, le but de la prière : être en relation avec ce Dieu d’amour, et se laisser transformer par lui, pour notre plus grand bonheur.


C’est ce que nous essayons de faire, ici : mettre en pratique la théorie de l’amour. Apprendre à aimer à travers de toutes petites choses : ce ne sont pas les grandes phrases qui vont faire vivre notre couple, mais les petits gestes concrets d’amour, que nous poserons dans le quotidien.


D. Le sacrement du mariage

Pourquoi un sacrement ?

Quand on a compris que, par nos propres forces, c’était difficile d’aimer notre conjoint dans tout ce qu’il est vraiment, et qu’on réalise cet amour de Dieu qui vient nous sauver, on comprend aussi que Dieu peut nous aider par des signes concrets.

Un sacrement est un don de Dieu pour nous aider à vivre ce que nous sommes appelés à vivre, mais qui n’est pas toujours à notre portée. Le sacrement, et les gestes qui l’accompagnent, sont donc un signe visible d’une réalité invisible.


Nous avons vu que le couple est une réalité naturelle, qui s’est humanisée et civilisée au fil du temps. Le mariage n’est pas une invention de l’église, mais une réalité que l’on retrouve partout, dans l’espace et dans le temps, même si les rites qui l’entourent ou les modalités culturelles sont différents. Au plus profond de nous-mêmes, nous savons que nous cherchons à faire " alliance ", de façon définitive. Dire que le mariage est d’abord une réalité humaine, ce n’est en rien lui enlever sa dimension mystique (par mystique, on entend ce qui relève du mystère de Dieu) ou spirituelle. C’est reconnaître que l’action de Dieu est incarnée et pas perdue dans les nuages.

Pour comprendre cela, on peut prendre l’image d’un souffleur de verre : le mariage naturel, c’est la pâte de verre ; Dieu, c’est le souffleur, qui insuffle son Esprit ; Si la pâte se laisse travailler par ce souffle, il y aura un très beau résultat, où les deux composantes étaient nécessaires.


Le mariage chrétien va donc proposer aux conjoints un subtil équilibre entre l’humain et le divin :

La réalité humaine nous propose



Cette union vise :

On voit déjà que, même sans signification religieuse, le mariage, au départ, est compris comme un engagement, et pas comme une formalité temporaire. Notre société, marquée par les divorces et les formes alternatives des couples, a peut-être oublié que le mariage civil représente bien plus qu’un contrat révocable.


Néanmoins, on peut constater une différence de fond entre le mariage civil et le mariage religieux :

Cette notion de DON est essentielle dans notre Foi.

Le don n’est pas un prêt. Il est total, sans réserve, définitif. Il est inscrit dans la durée. Il demande la fidélité.


Le mariage a deux finalités :


Le mariage est aussi à la base d’une cellule de la société , cellule unique, appelée à une action et un rayonnement uniques dans le monde. Avez-vous déjà remarqué que certaines familles attirent, presque comme des aimants, tous ceux qui souffrent, qui sont seuls ou ont besoin de réconfort ? L’amour est appelé à rayonner.



La réalité mystique du mariage se greffe sur cette réalité humaine :

Le sacrement est :


Ex : nous avons rencontré un couple où lui venait d’un milieu assez violent, et à chaque dispute, il s’emportait. Ca lui était même arrivé de lever la main contre son épouse. Il en était très affecté, mais complètement incapable de se contrôler. Après une thérapie de couple, ça n’allait pas mieux. Ils ont alors rencontré quelqu’un qui leur a suggéré de faire une retraite, où ils ont découvert qu’ils pouvaient s’appuyer sur la grâce de leur sacrement de mariage. Et depuis lors, ce mari prie tous les jours pour demander la force de se maîtriser. Le Seigneur a véritablement guéri tout ce qui avait été cassé par la violence et reconstruit petit à petit l’amour de ce couple. Sans cette prière quotidienne, le couple se serait sans doute séparé.


Mais attention. Le sacrement n’est pas un rite magique qui solutionnerait automatiquement tous les problèmes… Nous avons à collaborer, en ouvrant notre cœur à la grâce, en acceptant de nous rapprocher de Dieu par la prière et les sacrements, en acceptant que notre évolution vers un amour plus grand se fasse dans le temps.



On peut comparer le mariage à la création d’un jardin. Le sacrement, c’est un peu comme un puits, planté dans votre jardin. Il est là, rempli d’eau, et n’attend qu’une chose : que nous venions y puiser l’eau qui nous permettra d’entretenir nos plates-bandes . Si nous n’y venons pas, les fleurs risquent de se dessécher. Si nous attendons que notre jardin soit complètement sec pour nous rappeler l’existence du puits, ça prendra sans doute un peu de temps pour arriver à revivifier nos plates-bandes, à redonner vie à nos parterres, pourtant si beaux au début de notre histoire d’amour. Si nous n’y venons jamais, peut-être le jardin sera-t-il brûlé par le soleil, les épreuves, et finalement condamné à disparaître ; mais si nous venons y puiser tous les jours, alors le jardin pourra rester magnifique, malgré quelques temps de gelée ou de soleil trop violent. Mais il persistera, et s’améliorera, au fil du temps et de nos efforts.


Il nous fait participer à ce mystère.

Jésus, au moment de sa mort, donne sa vie. Le sacrement donne au couple de vivre comme le Christ, et par le sacrement, les époux représentent réellement ce mystère d’amour du Christ pour l’Eglise, avec ses 3 aspects :

Ex : nous connaissons un couple où le mari était gravement alcoolique. Sa femme ne le savait pas quand elle s’est mariée. Pendant des années, elle a prié pour la guérison de son mari, et a demandé à Dieu la force de tenir le coup. Cet homme, profondément blessé par la vie, s’est reconstruit petit à petit, au travers de ce regard d’espérance de sa femme, sans pour autant parvenir à se libérer tout à fait de l’alcool. Elle dit : " je n’ai pas été exaucée comme je le pensais, il n’est pas encore sorti de l’alcool, mais le miracle, c’est que notre couple tienne et que nos enfants " poussent " bien malgré tout. Le Seigneur donne les forces qu’on n’a pas en soi. "



Nous verrons ce point plus en détail la prochaine fois, mais voilà déjà une piste de réflexion :

Les pharisiens interrogent Jésus sur ce point, en citant la Loi de Moïse qui permet la répudiation dans certains cas.

Dans Deutéronome, 24, 1 : " Soit un homme qui a pris une femme et consommé son mariage ; mais cette femme n’a pas trouvé grâce à ses yeux, et il a découvert une tare à lui imputer ; il a donc rédigé pour elle un acte de répudiation et le lui a remis, puis l’a renvoyée de chez lui. "

Et Jésus, pour répondre, se réfère à deux reprises à l’origine. L’indissolubilité de l’union entre l’homme et la femme trouve ainsi son fondement dans l’intention originelle du Créateur. Il faut remarquer que l’exercice de la sexualité propre au mariage est aussi, dans les paroles de Jésus, relié au commencement : " N’avez-vous pas lu que le Créateur, dès l’origine, les fit hommes et femmes et qu’il a dit : " ainsi donc, l’homme quittera son père et sa mère pour s’attacher à sa femme, et les deux ne feront qu’une seule chair. " ? Et bien, ce que Dieu a uni, l’homme ne doit pas le séparer. " (Mt, 19,4-6 ou Mc, 10, 4-9)


Dans le commentaire de ce texte, JPII compare les questions posées par les pharisiens avec celles que nos contemporains se posent aujourd’hui. Ces questions, sans doute, recevraient les mêmes réponses de Jésus qui renverrait une nouvelle fois à l’origine.


E. La Miséricorde

Peut-être qu’après tout ce qu’on a raconté, vous vous dites : j’ai fait des erreurs, je me suis trompé ;

Peut-être vous sentez-vous coupable de quelque chose.

Mais le Seigneur, en plus de son amour, nous donne son pardon qui nous relève et nous retrace une nouvelle voie.

Si nous sommes confrontés à une grosse culpabilité, qui nous travaille et nous enlève la paix intérieure, nous pouvons méditer l’exemple de Pierre et de Judas :


Dans l’Evangile, ces deux hommes trahissent Jésus : Judas, qui le vend pour quelques pièces d’argent, et Pierre, qui après avoir juré haut et fort qu’il serait fidèle au Christ jusqu’à la mort, le reniera trois fois, le soir de son arrestation. Les deux hommes, à un moment donné, prennent conscience de ce qu’ils ont fait :


Dans Matthieu, 27, 3-5, on dit que Judas fut pris de remords. Mais il n’a pas cru au pardon du Seigneur, il n’a pas cru que le Seigneur pouvait lui rendre la vie après ce qu’il avait fait. Il est désespéré et va se pendre.


Dans Luc, 22, 54-62, Pierre, après avoir renié Jésus par 3 fois, croise son regard : " Au même instant, comme il parlait encore, un coq chanta, et le Seigneur, se retournant, fixa son regard sur Pierre. Pierre alors se souvint de la parole du Seigneur qui lui avait dit : " Avant que le coq chante aujourd’hui, tu m’auras renié trois fois. " Et sortant dehors, il pleura amèrement ".

Pierre aussi a des remords. Mais ces remords ne l’ont pas conduit au désespoir, comme Judas. Il a croisé le regard de Jésus, et on peut se dire qu’il y a vu l’amour et le pardon. Il a compris, à cet instant, que tout ce que Jésus avait dit était vrai, non seulement la prophétie du reniement, mais tout le reste aussi, sur l’amour qui donne vie. Il a sans doute compris, à cet instant, que le salut venait de Dieu seul, et que l’amour de Dieu était plus fort que la trahison.

Et dès lors, il a pu, de nouveau, marcher à la suite du Seigneur et porter du fruit…


Le sacrement de réconciliation est inséparable des autres sacrements. Mais ce sacrement est peut fréquenté, parce qu’on en a sans doute oublié la signification.

Peut-être serait-il bon de se poser ces questions :

Est-ce que je crois que Jésus peut me pardonner tous mes égarements ?

Est-ce que j’ai encore un regard d’espérance, sur ma vie personnelle, sur ma vie de couple, sur mon conjoint ?

Est-ce que je crois que l’amour et le pardon de Dieu redonnent vie ?

Est-ce que je crois que le Seigneur s’intéresse vraiment à mon couple, non pas pour nous juger mais pour nous aider à grandir dans l’amour ?



Quelques points particuliers



Nous avons vu que la Foi chrétienne peut vraiment nous aider à vivre un amour toujours plus vrai, même si nous savons que c’est un chemin qui n’est jamais terminé.

Nous savons que le Christ est l’exemple même de l’amour parfait, et que nous pouvons toujours lui demander sa force quand il nous devient trop difficile d’aimer de façon inconditionnelle.


Si beaucoup de nos contemporains catholiques sont d’accord d’essayer de suivre le Christ, certains parmi eux se sentent mal à l’aise dans l’église catholique, car ils ont l’impression qu’elle est en retard sur son temps.

Dans les discussions, on entend souvent la même chose :


On ne voit plus que les interdits. Mais avons-nous pris le temps de voir ce qu’il y avait derrière ces interdits ? C’est ce que nous allons faire maintenant.


Avant de commencer, nous allons repenser aussi à la miséricorde et à l’histoire de Judas et de Pierre : au fond, la vraie question, ce n’est pas : quelle est la gravité de ce que j’ai fait, mais plutôt : est-ce que je crois que l’amour du Christ peut me relever de tout, ou est-ce que je suis désespéré comme Judas, au risque d’en mourir ?

Gardons à l’esprit, tout au long de cet exposé, cette Foi en la miséricorde…



1.1. Le papillonnage amoureux


Nous avons vu, dans le 2° enseignement, pourquoi il était préférable de ne pas avoir de relations sexuelles pendant les fiançailles : celles-ci sont un dernier temps de discernement.

Mais que dire aux jeunes qui ne sont pas en âge de s’engager, et qui pourtant sont amoureux ? N’est-il pas souhaitable qu’ils vivent librement leur sexualité, ce qui leur donnera de l’expérience pour choisir, en temps voulu, le bon conjoint ?


L’église recommande l’abstinence pour des raisons humaines, d’abord.


Imaginons une petite histoire un peu caricaturale mais pas trop éloignée de ce que vous voyez autour de vous ou que vous avez vous-mêmes vécue…


Jules et Julie sont très amoureux. Ils décident de sortir ensemble. Tout va bien.


Julie Jules


Après quelques mois, tout va toujours bien, même s'il y a, de temps à autres, quelques tensions. Et puis un jour, Julie se dit qu’elle s’est trompée, elle quitte Jules. Personne n'y trouve rien à redire: de toutes façons, ils n'étaient pas engagés, cela semble très bien ainsi: s'ils avaient été mariés, leur couple se serait soldé par un divorce, n'est-ce pas ?


Julie Jules

(culpabilité) (souffrance)

(doute)


Oui, mais voilà. Jules, même s'il est soulagé de voir que cette relation prend fin (en fait, il n'était pas si heureux que ça avec Julie) Jules donc, souffre: son ego, son image de marque en prend un coup: ce n'est jamais drôle de se "faire plaquer";


Julie, elle, se culpabilise: elle lui avait dit qu'elle l'aimait, et maintenant elle le largue. N'est-elle pas une belle s… ? En plus, elle doute d'elle-même et de sa capacité d'aimer: elle était sincère quand elle disait aimer Jules, et maintenant, elle ne l'aime plus. Pourquoi ? Est-ce elle qui ne sait pas aimer ?

Comme ces sentiments (souffrance, doute, culpabilité...) sont très désagréables, on a tendance à les refouler. Ils ne seront donc pas ressentis consciemment. Ce n'est pas pour ça qu'ils n'existent pas.


Au bout d’un certain temps, Julie tombe amoureuse d’Arthur. Tout va très bien… Le couple est heureux.

Arrive alors Ernest, un collègue de travail de Julie. Julie s’entend très bien avec lui, mais il n’y a que de l’amitié entre eux, vraiment. Mais Arthur le regarde d'un oeil soupçonneux:


Puisque Julie a quitté Jules, qu’est-ce qui dit que Julie ne va pas le quitter lui, d’autant plus qu’elle a l’air de s’entendre si bien avec Ernest… La jalousie fait son entrée… Julie non plus n'aime pas trop quand Arthur s'approche de jolies femmes: elle sait par expérience que quand il veut quelque chose, il l'obtient...

S'installe donc un climat de jalousie, poison des couples.


Julie Arthur


Jalousie


Les jolies femmes Ernest


Jules (le 1° amoureux de Julie), de son côté, se méfie: il a déjà été plaqué une fois, ça lui a fait mal, on ne l'y reprendra plus. Il va donc s'installer dans des relations de plus en plus superficielles ou de plus en plus agressives (l'agressivité est souvent l'expression d'une souffrance intérieure profonde...)


Jules Les filles

méfiance

agressivité

jalousie

Les hommes



Et voilà. Quand Jules et Julie se sont mis ensemble, conscients qu'ils n'avaient pas décidé de leur avenir, ils se sentaient formidablement libres: libres de vivre leur amour, libres de sortir du couple si celui-ci venait à être moins passionnant. Ils ne savaient pas qu'ils risquaient de se blesser profondément et blesser surtout leur CAPITAL-CONFIANCE, indispensable pour fonder un couple stable et durable: On ne s'engage pas si on n'a pas confiance en l'autre. Mais comment faire confiance quand on a été déçu plusieurs fois ?



Notre constat vous paraît-il trop pessimiste ? Pourquoi, alors, entend-on dire par beaucoup de jeunes femmes: "Tous les hommes sont des salauds" ou "Ils ne pensent qu'à vous avoir dans leur lit pour vous laisser tomber par la suite..."

Pourquoi entend-on dire beaucoup de jeunes hommes: "Les femmes sont toutes les mêmes: faux-jetons, vamps, ...et autres qualificatifs peu élégants..."


Pourquoi tant d'agressivité dans notre société ? Pourquoi tant de dépressions, pourquoi tant de célibataires définitifs ? Suivant une enquête de l'UCL, le célibat définitif non choisi est en augmentation constante... Certains sont célibataires parce qu’ils n’ont pas trouvé l’âme sœur. Leur souffrance est d’autant plus aiguë que la société ne reconnaît pas leur célibat comme une souffrance éventuelle mais plutôt comme une nouvelle liberté. Mais on rencontre de plus en plus de célibataires qui ont vécu en couple, sans oser l’engagement. Après parfois plusieurs épisodes de cohabitation, les femmes surtout risquent de se retrouver définitivement seules, à partir de 40 ans. Les hommes, eux, peuvent toujours se marier et procréer à un âge avancé, et sont moins menacés par la solitude. Les naissances hors mariage se multiplient et les familles monoparentales deviennent un réel problème de société...

Alors, tout va donc pour le mieux depuis que la sexualité est libérée ?


Peut-être est-il temps de prendre conscience que la sexualité touche toute la personne et la marque en profondeur.

Peut-être est-il temps de reconnaître que l'échec amoureux n'est pas anodin: à force de trouver normal que les jeunes multiplient les aventures, on ne les avertit plus des conséquences de tels comportements. Et quand vient l'échec, ils ne savent pas forcément le gérer, l'analyser, pour en sortir grandi.


Dans ce constat pessimiste, il y a tout de même un chemin d’espérance :

Parce que, et c'est important de le dire, l'échec n'est pas toujours négatif, à partir du moment où on parvient à l'analyser et en tirer des leçons.


Maturité



Echec



Superficialité, Agressivité, Solitude, Désespoir, Perte de confiance


L’échec nous tire vers le bas si on ne comprend pas ce qui c’est passé ; on aura tendance à accuser les autres ou la société, et on refera toujours les mêmes erreurs.

Mais il peut nous aider à grandir si on parvient à analyser ce qui s’est passé, lucidement, si on accepte de reconnaître la part de notre responsabilité (mais c’est ce qu’il y a de plus difficile : on le voit bien depuis Adam et Eve : Adam accuse Eve, Eve accuse le serpent… " c’est pas moi, c’est lui ou elle… "). Si on analyse ce qui s’est passé, on ne recommencera pas deux fois la même erreur.


Comment les jeunes pourraient-ils réfléchir sur leur comportement amoureux si le seul discours qu'ils entendent est celui de la contraception et du préservatif ? Comme si les seuls risques de la sexualité étaient l'enfant et le SIDA (c'est terrible, d'ailleurs, de se rendre compte que, dans la tête de beaucoup, l'enfant est un mal à éviter au même titre que les M.S.T (maladies sexuellement transmissibles)).

L’Eglise, par son discours, nous invite à réfléchir sur les conséquences à court et à long terme de nos comportements. Donnons à nos jeunes des éléments de réflexion qui leur permettent de diriger leur vie affective de façon vraiment responsable. Que ce ne soit pas la peur (de l'enfant ou du SIDA) qui motive leurs choix mais la découverte de la beauté de l'amour synonyme de respect. Voyons, derrière l’interdit, l’immense champ d’amour vrai que l’Eglise tente de protéger.



Le temps des fiançailles est un peu particulier, puisqu’il y a projet d’engagement définitif. On ne peut donc pas parler de RS qui ne concernent pas toute la personne.


Même s’il y a projet de mariage, l’Eglise recommande de ne pas avoir de RS pendant ce temps pour plusieurs raisons :




Pour comprendre ce temps, nous pouvons méditer l’évangile de Luc, 6, 47-48 : bâtir sur le roc.

Ce thème évangélique de la construction d’une maison rejoint tout à fait la préoccupation (ou ce qui devrait être la préoccupation) des fiancés : " creuser " la relation pour voir si l’on peut poser des fondations solides. Ce n’est plus un temps de défrichage ou de déblaiement du terrain. C’est le temps d’un travail en profondeur qui pose les bases des fondation d’une construction faite pour durer.


Pour que le couple puisse profiter pleinement des fiançailles comme dernier temps de discernement avant l’engagement, définitif et irréversible.

=> pour faire une réflexion la plus lucide possible, nécessité de ne pas avoir de relations sexuelles parce que, si on en a :


- soit ça se passe très bien et c’est tellement formidable qu’on se dit que l’autre est certainement " le bon " conjoint. Le plaisir ressenti et l’euphorie qui en découle empêche la réflexion plus en profondeur ;

- soit ce n’est pas si formidable qu’on espérait (ce qui n’est pas anormal, puisque l’épanouissement sexuel est progressif chez la femme) et s’installe alors le doute : est-ce vraiment lui ou elle qui me convient ? Avoir des RS pour vérifier qu’on s’entend bien physiquement n’apporte pas de plus au couple, vu ce qui précède : les RS évoluent avec le couple, et le début n’est pas obligatoirement aussi super que ce qu’on espérait.


En plus, les relations sexuelles créent des liens très forts. Si un des fiancés veut rompre, ce sera d’autant plus difficile.

Si un enfant s’annonce, on perd sa liberté de choix de façon plus radicale encore.


Donc, la continence pendant cette période a un sens puisqu’elle permet de rester libre. Il est important de redécouvrir que les fiançailles peuvent être rompues, et même si c’est parfois au pris d’une grande souffrance, cette éventualité permet un engagement réellement libre.


La difficulté, c’est que l’amour est impatient. Il est important que les fiancés comprennent que l’impatience est ce qui nuit le plus à l’amour, car elle empêche de s’enraciner réellement : à la première bourrasque, l’amour est arraché. Que de jeunes couples qui se quittent après seulement quelques mois de vie commune, qu’ils soient mariés ou non.


D’abord, se poser une question : pourquoi ne pourraient-ils pas se marier en étant encore étudiants, s’ils sont sûrs de leur choix ? Si non, pourquoi accepte-t-on plus facilement leur cohabitation ? N’est-ce pas, qu’indirectement, on doute de leur capacité de s’engager réellement ?


Il y a aussi la question financière. Mais quelle différence y a-t-il, pour des parents, entre financer un couple cohabitant et un couple marié ?

S’ils sont réellement trop jeunes pour se marier, pourquoi seraient-ils alors assez vieux pour vivre ensemble ? N’est-ce pas de nouveau qu’on accepte plus facilement une séparation de cohabitants. Mais on l’a vu, une séparation de cohabitants est aussi douloureuse qu’un divorce, et fragilise les couples à venir…


Jules et Julie s’aiment d’amour tendre…Ils s’aiment même tellement qu’ils décident de se marier… En attendant le jour J, ils vivent ensemble. Ils sont adultes, majeurs et vaccinés, indépendants financièrement. Qui donc peut s’opposer à ce choix, et surtout pourquoi ? On suppose, étant donné qu’ils sont intelligents et bien élevés, qu’ils ont suffisamment réfléchi avant de faire ce pas ! Alors, où est le problème ? D’ailleurs, y en a-t-il un ? (Peut-être que quelques vieilles pimbêches vont grincer des dents, mais qu’importe…)


Quelque temps plus tard, leur cousin Alexandre tombe amoureux et se fiance avec Alexandra. En attendant la mariage, pourquoi ne pas faire comme Jules et Julie, ils ont l’air si heureux ! Les voilà qui s’installent à deux… Le mariage approche, et Alexandre a des doutes de plus en plus sérieux quant au choix de sa future épouse. Ne se serait-il pas trompé ? Mais il ne peut plus faire marche arrière car il était clair, pour tous les deux, que la cohabitation signifiait que leur engagement était définitif. Il avait oublié (l’a-t-il jamais su, d’ailleurs ?) que les fiançailles sont " le dernier temps de discernement " avant l’engagement le plus risqué que l’humain soit capable de prendre : s’engager à vivre tout le reste de sa vie ( !!) avec la même personne, fonder une famille et conduire des enfants à l’âge adulte, dans les conditions optimales pour leur épanouissement… Les fiançailles, temps difficile mais crucial où l’on peut encore –normalement- faire marche arrière… Mais plus on a été " loin " dans la relation, plus les liens sont douloureux à rompre, le cas échéant. Honnête homme, Alexandre décide de se marier tout de même, ne pouvant rejeter celle qui a cru à sa parole " privée ". Mais le jour J, son cœur est lourd… même si personne ne le remarque.


Quelques mois plus tard, leur cousin Antoine tombe amoureux d’Antoinette. Pourquoi se marier, au fond ? On voit bien que pour Jules et Julie, Alexandre et Alexandra, le mariage n’était qu’une formalité dans leur parcours de couple. Il n’a rien changé fondamentalement à leur vie. Alors, pourquoi se compliquer la vie par des démarches inutiles et coûteuses ? Exit le mariage.


Le temps passe (et oui, l’histoire s’étale sur plusieurs années, mais pour évaluer les fruits d’un comportement, il faut un peu de recul !)

Alexandre se sépare de son épouse. Coup de tonnerre dans le ciel bleu. Qui aurait cru ? (Mais qui savait ses réticences le jour de son mariage ?) Se faisant, il ne fait que confirmer les statistiques qui montrent que ceux qui cohabitent avant de se marier divorcent 2 fois plus que ceux qui n’ont pas cohabité…

Antoine et Antoinette se séparent aussi, confirmant eux-aussi les chiffres : 9 couples de cohabitants sur 10 ne passent pas la barrière des 10 ans de vie commune. Ils ne savaient pas que, pour durer, l’amour a besoin de la force de l’engagement, explicitement exprimé dans le mariage. Ce mariage, justement " utile " pour aider le couple à passer les caps difficiles. Mariage qui montrent que les conjoints sont conscients de leurs limites et de leurs faiblesses… et reconnaissent que la construction d’une vie de couple épanouie est un défi. Comme le montagnard s’appuie sur sa détermination à vaincre le sommet quand la montée devient trop dure et que l’envie de redescendre le tenaille…les gens mariés s’appuient sur leur mariage quand l’envie d’aller voir ailleurs les secouent parfois durement !

Revenons à Antoine et Antoinette ; l’entourage se dit : " ouf… ils n’étaient pas mariés ! " Mais la souffrance de la séparation est-elle moins grande, surtout pour le plus amoureux des deux ? En plus, le temps a passé… Antoinette a pris quelques rides, et son " temps de fécondité " a diminué… Trouvera-t-elle encore un mari, au milieu de toutes ces petites " jeunesses " bien plus " appétissantes " ? Et quand elle l’aura trouvé, pourra-t-elle encore avoir des enfants ? (Le célibat définitif – et non choisi - des femmes est en augmentation alarmante ces dernières années ; la " stérilité " pour cause de 1° " essai de maternité " trop tardif aussi…)


Devant un tel désastre, la " petite cousine " a beaucoup réfléchi : c’est clair, il ne faut pas se marier, ça apporte beaucoup trop d’ennuis. Alors, elle vit ses amours au jour le jour, se croyant réellement " libre " : " Je reste avec toi tant que tu me plais, on se sépare relax quand on ne s’aime plus… "

Mais elle a oublié une chose, cette chère " petite " L’humain recherche la stabilité, surtout quand le désir d’enfant se fait plus pressant. Mais comment trouver un mari quand on ne croit pas au mariage ? Et la voilà qui a un bébé, hors mariage…

Malheureusement, les cohabitations avec enfants ne sont pas plus solides que celles sans enfant. Tout au plus tiennent-elles un peu plus longtemps… La " petite " cousine quittera sans doute le père de ses enfants. Malheureuse d’être parent seule, elle se retrouvera un compagnon pour quelques mois ou même quelques années… mais a toutes les chances de terminer sa vie dans la solitude.


Quand Jules et Julie se sont " mis ensemble ", ils se sont dit : " notre amour ne regarde que nous, notre vie privée ne regarde personne. " Et les adultes ont acquiescé : puisqu’ils étaient fiancés…


Beaucoup de membres de notre société hyper-individualiste ne sont même plus conscients de leur responsabilité sociale. Chacun vit sa vie, comme il l’entend, sans se rendre compte que ses choix influencent forcément ceux qui en dépendent, mais aussi ceux qui le voient vivre.



Le plaisir sexuel


C’est important de savoir que, contrairement à ce qu’on pense généralement, ni la Révélation, ni l’Eglise, ni la tradition chrétienne ne portent sur la sexualité le soupçon qui en ferait une chose mauvaise. Des courants de pensée, à l’intérieur du christianisme – tel le jansénisme – ont, il est vrai, véhiculé des idées fausses qui se sont installées dans les mentalités et y ont parfois fait des ravages. Toute une génération de chrétiens a été fortement influencée par ce courant janséniste, courant dur qui condamnait effectivement la plaisir sexuel. Mais ce courant, qui touchait principalement les classes intellectuelles, ne représentait pas toute l’Eglise, même si celle-ci, dans nos pays, en a été fort influencée.


Depuis lors, il y a eu le concile Vatican II, qui a remis pas mal de pendules à l’heure, même si on ne s’en rend pas forcément compte. C’est important, quand on pense aux messages de l’Eglise, de réfléchir à partir de textes actuels, et de ne pas revenir constamment avec de vieux discours du début du siècle !

Ex : un de nos amis, qui suit un cours de licence en psychologie familiale et sexuelle nous racontait qu’un de ses professeurs avait critiqué l’Eglise de façon très virulente en citant des textes d’un prêtre anonyme, du début du siècle. Cet ami avait été trouver le prof en lui recommandant de lire les textes actuels, qui pourraient donner aux élèves une vision plus juste de la pensée catholique. Et bien, ce prof ne les connaissait pas, persuadé que l’Eglise avait toujours et pour toujours condamné la sexualité. Comme quoi, les préjugés sont parfois tenaces !


Il faut donc redire clairement que la sexualité est bonne et ôter de notre esprit cette idée que la Foi et la sexualité ne font pas bon ménage.

Donc, aujourd’hui, en l’an 2001, l’Eglise reconnaît le plaisir sexuel comme une dimension essentielle du couple et ne le condamne absolument pas.


La chasteté


L’Eglise, en 2001, parle de chasteté. Pourquoi ?

C’est un mot qui " sonne " rétro, vieillot. Ca ne paraît vraiment pas très moderne et même, pour certains, carrément ennuyeux : " que va-t-on encore nous dire à propos de NOTRE sexualité ? ? " ou " L’Eglise n’a pas à se mêler de ce qui se passe dans notre chambre. "


En plus, on confond parfois chasteté et continence sexuelle. Si donc on n’a pas trop de peine à imaginer la chasteté pour les célibataires, on se demande ce que ça vient faire chez les gens mariés ! ! Effectivement, la chasteté et la continence concernent la sexualité, mais différemment : la continence désigne une pratique, la chasteté une spiritualité :

la continence consiste à ne pas avoir de pratique sexuelle, tandis que la chasteté n’exclut pas la pratique sexuelle mais la guide pour la vivre de façon droite et juste. Plus qu’une loi rigoriste et implacable, la chasteté est avant tout une façon de vivre, de concevoir nos relations à l’autre et aux autres, une invitation à redécouvrir le sens profond d’une sexualité d’abord ordonnée au don de soi. C’est une attitude du cœur, une façon d’être juste par rapport à soi-même et aux autres .


Donc, rassurez-vous. La chasteté, ce n’est pas bien compliqué : ça veut dire : vivre sa sexualité selon le plan d’amour de Dieu. Et Dieu aime la sexualité puisque c’est son œuvre : quand Il fit l’homme et la femme, Il vit que cela était bon.


Dans notre combat pour garder un cœur pur, nous avons des armes. En voici 3.


1. La connaissance lucide de soi.


Il est nécessaire que nous portions un regard vrai sur nous-mêmes, de nous connaître en vérité. Il y a comme un état des lieux à faire, pour découvrir avec lucidité nos désirs, nos attirances, nos pulsions, nos points faibles et nos points forts, nos tentations, nos peurs, nos blessures. N’oublions pas que beaucoup de choses n’ont pas de valeur morale en soi : nos pulsions physiques, nos élans affectifs etc… Par contre, nous sommes responsables de ce que nous en faisons ! Si nous nous laissons diriger par nos pulsions sexuelles, par ex, cela peut nous dérégler et nous amener à pécher.


Ex : si un homme a des difficultés à résister aux avances des jeunes et jolies femmes, il doit, dans un premier temps, le reconnaître, et puis décider de ne pas se mettre en situation périlleuse (comme éviter d’inviter une jeune collègue à boire un verre au coin du feu dans une maison isolée au bout du monde)


Ce " tour du propriétaire ", on peut le faire seul ou se faire aider. Cela nous conduit à l’acceptation de nous-mêmes dans l’humilité. Nous allons nous accepter et nous aimer tels que nous sommes en nous rappelant que dans notre cœur, comme dans le cœur de chaque homme, Dieu a mis un appel à la sainteté. Et donc, cet inventaire ne doit pas nous décourager, nous humilier ou nous dégoûter, mais va être le point de départ d’un chemin de conversion.


2. La garde du cœur


C’est une attitude intérieure de vigilance qui va nous permettre de garder notre cœur dans un état de pureté. Elle va s’exercer aussi bien à l’égard de nos pensées, de nos regards que de nos actes.

Ce sont des actes libres et simples, que nous allons poser délibérément et qui vont construire notre chasteté.


Ex : Si, dans une librairie, nous sommes troublés par les revues du rayon porno, et bien, détournons les yeux, évitons de les regarder et surtout de les acheter !

- si nous sommes troublés par la compagnie d’un ami, et tentés par l’infidélité, et bien, évitons de l’inviter à souper tous les 15 jours ;

- Quand nous partons à l’étranger en voyage d’affaires, évitons d’accompagner les collègues qui vont passer la soirée dans des bars " louches ".


Vous savez, le meilleur moyen de résister à la tentation, c’est de la fuir avant qu’elle ne se présente.(C’est Ste Thérèse qui le dit, donc …)


En même temps, restons relax : la vigilance ne veut pas dire la peur. Nous vivons dans un monde qui n’est absolument pas chaste. Puisque nous sommes plongés dedans, reconnaissons simplement nos points faibles pour ne pas nous donner des occasions de chute inutilement. Pas besoin, pour ça, de se promener avec des lunettes noires en ville…


Soyons conscients aussi que nous sommes gardiens de la chasteté des uns et des autres.

De toute façon, on sent très vite quand la sonnette d’alarme commence à sonner dans notre tête… C’est à ce moment-là qu’il faut réagir. Pas après, quand il sera peut-être trop tard.

Et gardons à l’esprit que cette garde du cœur n’est pas une contrainte mais un appel à un plus grand amour, un amour plus pur, un plus grand don de soi.


3. La prière, l’adoration et la réconciliation


Peut-être que vous vous dites qu’il y a beaucoup de travail en perspective…

Pas de panique ! Dans la barque où vous ramez, peut-être péniblement, il y a le Seigneur, qui vous propose un moteur très efficace pour avancer plus vite et plus facilement.


Ce moteur, c’est la prière. C’est elle qui va purifier notre cœur ;

C’est dans la prière que nous demandons et recevons de l’aide ;

C’est là que nous faisons l’expérience de la grâce ; rien de tel pour se débarrasser d’une tentation, d’une image ;

C’est dans la prière que le Seigneur va nous montrer " où ça coince ". Et on sait, par expérience, que le Seigneur montre toujours les choses avec douceur et délicatesse, quand Il sait que nous sommes prêts à l’entendre…

La pureté ne relève pas que de nos propres forces, elle demande notre liberté certes, mais elle a besoin de la grâce.


La réconciliation

Vous le savez, dans le sacrement de réconciliation, le Seigneur nous guérit, nous pardonne nos péchés, même ceux contre la chasteté. Parfois, on peut avoir peur d’en parler à un prêtre : que va-t-il en penser ? Mais franchement, les péchés de la chair sont-ils donc tellement plus graves que les autres ?

Je me souviens d’un prêtre qui participait à une retraite pour adolescents et qui leur disait : quand un jeune vient pour se confesser de s’être masturbé, il est rouge comme une tomate, il bredouille, tourne 7 fois sa langue dans sa bouche avant d’oser dire, très faiblement, ce qu’il a fait. Il donne l’impression d’avoir peur de recevoir le fouet. Par contre, s’il se confesse d’avoir menti, par exemple, il le dit d’un air très décontracté, comme si c’était presque normal ! Pourquoi donc pense-t-on que les péchés liés au sexe sont plus graves que les autres ?

Et curieusement, après avoir dit cela les jeunes voulaient tous aller se confesser chez lui !


Si cette peur du prêtre nous empêche d’aller jusqu’au bout de notre confession, n’hésitons pas à aller en voir un autre, éventuellement un qui ne nous connaît pas du tout. Mais ne restons pas avec ces difficultés sans en parler. Et puis, ayons la Foi : le Seigneur nous donne des prêtres selon son cœur, qui vont nous aider et pas nous juger !


La chasteté va se vivre, quel que soit notre état de vie, chacun suivant notre vocation propre.


Pour le couple, ce sera être à l’écoute de son conjoint, de ses enfants, dans ce qu’ils sont, physiquement, spirituellement, intellectuellement, spirituellement.


Pour les époux, il y a une spécificité qui est l’union charnelle. St Paul est clair , la chasteté ne veut pas dire continence pour le couple : " La femme ne dispose pas de son corps, mais le mari. Pareillement, le mari ne dispose pas de son corps, mais la femme. Ne vous refusez pas l’un à l’autre, si ce n’est de commun accord, pour un temps, afin de vaquer à la prière. " (1Cor 7,45)


Les époux sont donc appelés à se donner totalement et pour toujours. La chasteté implique la fidélité.

Ils sont invités à passer du " j’ai droit " (j’ai le droit de faire l’amour avec mon épouse) au " je me donne " , je t’accueille, je te reçois. L’amour est un échange de deux dons. Je me donne et je reçois.


En cas de difficultés, on ne les résoudra pas en se plongeant dans des livres " spécialisés ", mais plutôt par un dialogue dans la vérité et l’ouverture du cœur. Parler ensemble, essayer de dire ce qui va, ce qui ne va pas ; prier et demander au Seigneur son aide pour les dialogues difficiles ;

Si certains ont l’impression d’être dans une impasse, ils peuvent se faire aider par des personnes compétentes et chrétiennes. Ce n’est pas une démarche facile, mais ça peut aider, ça déblaie le terrain.


C’est important de ne pas se décourager quand ça va de travers, sinon on stresse, on sait de moins en moins comment s’en sortir. Il faut plutôt repartir au point de départ : reprendre le chemin de la tendresse, de la délicatesse, du partage, de l’attention à l’autre. Ce chemin conduit naturellement et paisiblement à la communion des cœurs. Alors, seulement, la voie est ouverte à la communion des corps.


Pour les célibataires, consacrés ou non :

Les célibataires sont appelés à se donner totalement à Dieu et aux autres. Le consacré fait le sacrifice de se génitalité pour se consacrer au royaume de Dieu, comme Jésus l’a fait. Il ne renonce pas à sa sexualité, il reste pleinement homme ou femme. Sa continence lui permet l’intégralité du don de lui-même au Christ et aux autres. Le célibataire non consacré fait lui aussi le sacrifice de sa génitalité. Il le fait dans l’instant présent. Il peut avoir choisi le célibat définitif, mais c’est plus souvent un temps d’attente, (du mariage ou de la consécration). Cette continence se fait par respect de lui-même et de celui qu’il sera peut-être appelé à aimer un jour.

Il est néanmoins appelé à aimer, maintenant, pleinement. Même si ce n’est pas par l’exercice des relations sexuelles.


Les veufs et les divorcés sont contraints à une continence qu’ils n’ont ni choisie, ni voulue.

Les veufs peuvent se remarier, ce n’est pas un signe d’infidélité au premier conjoint.

Le Seigneur demande le respect des liens du mariage aux divorcés, en attendant l’heure où ils seront de nouveau réunis, ou en s’adaptant à leur nouvel état de vie. C’est parfois héroïque d’autant plus que le monde ne comprend pas et même se moque de cette fidélité. Seul le Seigneur peut les aider à vivre cette situation dans la sérénité. Et nous, les frères et sœurs de personnes seules, nous pouvons les aider par notre amour et notre compréhension.

Ceci nous permet de passer au 3° point :



Il s’agit ici d’un sujet extrêmement délicat, et souvent douloureux : nous connaissons tous des personnes droites, honnêtes, qui ont vécu un échec de couple et qui aimeraient recommencer une nouvelle histoire d’amour. Le refus de l’Eglise paraît inhumain et même contraire au bon sens. Alors, pourquoi persiste-t-elle dans cette voie ?



Dans Matthieu, 19,1-9 comme dans Marc, 10, 1-12 ou Luc, 16, 18, le Christ lui-même parle de l’indissolubilité du mariage.

Ces 3 textes disent la même chose, et celui de Matthieu, au verset 9, rajoute un petit bout de phrase : " quiconque répudie sa femme - pas pour prostitution – et en épouse une autre, commet un adultère. " Etant donné la forme absolument parallèle des 3 textes, il est peu vraisemblable que Marc et Luc et supprimé cette clause restrictive. Il est plus probable qu’un des rédacteurs de l’Evangile de Matthieu l’ait ajoutée pour répondre à une certaine problématique rabbinique. Le terme utilisé " prostitution ", utilisé ici semble vouloir indiquer l’union rendue incestueuse par un degré de parenté interdit selon la loi. De telles unions, contractées légalement chez les païens ont dû faire difficulté quand les gens se convertissaient, dans les milieux judéo-chrétiens légalistes comme celui de Matthieu. D’où la consigne de rompre de telles unions irrégulières, considérées comme de faux mariages.


Donc, l’indissolubilité n’est donc pas une invention de l’Eglise.

L’Eglise, en suivant le Christ, peut paraître dure, et c’est vrai que ce message est dur, terriblement dur, parfois.


Mais il convient de resituer ce message à l’intérieur du discours évangélique complet, qui est un vrai parcours du combattant, si l’on compte sur ses propres forces : Jamais personne, autant que Jésus, n’aura tant exigé du cœur humain : " Vous donc, vous serez parfaits, comme votre Père céleste est parfait. " (Mt, 5, 48) A-t-on idée de demander une chose pareille ? Si au moins Jésus avait dit : " vous serez parfaits autant que votre nature humaine vous le permet. "


Non. En plus, il persiste dans cette ligne : " Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés. " (Jn, 15,12). Le langage de Jésus sur une nouvelle union est si exigeant que même ses disciples se disent : " Si telle est la situation de l’homme par rapport à sa femme, il n’y a pas intérêt à se marier ! " (Mt, 19,10)


Ailleurs, dans Mc, 10,26-27, à propos d’une autre exigence du Christ par rapport aux richesses : " Les disciples restèrent interdits à l’excès et se disaient les uns aux autres : Et qui peut être sauvé ? Fixant leur regard sur eux, Jésus dit : " pour les hommes, c’est impossible, mais non pour Dieu : car tout est possible pour Dieu. "

Donc, on voit que c’est tout le discours de Jésus qui, en fait, nous dépasse.

Donc, l’Eglise n’a rien inventé…


Si le Christ est exigeant, il est aussi témoin permanent de la Miséricorde. Il connaît nos limites ! Il sait qu’on ne peut pas y arriver. Et il n’arrête pas, tout au long de l’Evangile, de dire et redire son pardon.

Un magnifique exemple est celui de la femme adultère (Jean, 8,2-11) :  Jésus dit : " Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, désormais, ne pêche plus. "


Jésus parvient à mettre dans une même phrase l’amour qui relève " je ne te condamne pas " et l’invitation à l’exigence de l’amour " va, et ne pêche plus ". Tous les discours du Christ contiennent cette tension : montrer l’amour infini de Dieu, et inviter l’homme à se convertir. Jamais le Christ ne laisse l’homme s’enfoncer dans la mauvaise direction. Il l’invite toujours à changer de vie, mais dans l’amour et par amour.

Cet appel du Seigneur à la fidélité peut paraître utopique, mais si on réfléchit bien, tout, dans l’Evangile, est utopique : donner sa vie par amour, subir l’injustice plutôt que de la commettre, ne jamais mentir, partager ses biens avec les pauvres…



2. L’Eglise s’efforce de mettre au point une pastorale qui respecte et la Miséricorde, et l’exigence évangélique.


Le psaume 84 nous éclaire : (Ps 85 (84), 9-14) Il nous dit que là où sont amour et vérité, règnent la justice et la paix. L’amour sans vérité n’aide pas à grandir, la vérité sans amour écrase. Mais l’équilibre entre les deux permet à la justice et à la paix de germer.

Nous sommes tous, constamment, soumis à cette tension entre les deux exigences, ne fut-ce que dans l’éducation de nos enfants : nous avons à les aimer, mais aussi à les guider. L’un ne va pas sans l’autre. Et c’est parfois si difficile de trouver le juste ton.


Ex : un ami prêtre nous disait ceci : " le péché, quel qu’il soit, c’est comme une tache sur un fruit. Soit tu ne vois que cette tache, et tu jettes le fruit, soit tu décides de voir ce qui est bon, et c’est ce qui est bon que tu utilises. Et bien, avec les hommes, Dieu a ce regard qui voit le bon. La tache, il ne la regarde pas. Il ne la nie pas, mais il ne s’attarde pas dessus. " Toute sa pastorale se base sur la parabole des talents : inviter chacun à faire fructifier ce qu’il y a de bon en nous. (Mt, 25, 14-30)


Ces dernières années, l’Eglise s’est efforcée de mettre en place une pastorale des couples qui allie ce regard positif, sans nier l’exigence évangélique. Les personnes divorcées remariées sont invitées à prendre place dans l’Eglise pour y faire fructifier leurs talents, même si ils restent invités à se convertir sur ce point là de leur vie. Mais nous sommes tous invités à nous convertir dans un domaine ou dans un autre.


3. Nous sommes invités à nous appuyer sur les témoignages de ceux qui s’efforcent de vivre l’exigence évangélique.


De nombreux chrétiens divorcés ont choisi de rester fidèle à leur conjoint. Cela ne se fait pas sans larme et sans souffrance. Mais ils peuvent témoigner de ce que cette fidélité leur a apporté : une paix profonde. Ce qui est frappant, c’est qu’ils ne jugent pas ou ne condamnent pas ceux qui ont choisi de se remarier : ils savent trop bien qu’ils auraient pu ou pourraient encore faire le même choix. Ils s’appuient dans l’instant présent sur cette parole du Christ : " Venez à moi, vous tous qui ployez sous le fardeau, et moi, je vous soulagerai. Chargez-vous de mon joug et mettez-vous à mon école, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez soulagement pour vos âmes. Oui, mon joug est aisé, et mon fardeau léger. " (Mt, 12, 28-30)


Si certains d’entre vous sont blessés par ce qu’ils ressentent comme un jugement ou une condamnation, nous les invitons à reméditer l’histoire de Pierre et de Judas, dont nous vous avons parlé la fois passée : suite à cet échec de ma vie de couple, suis-je prêt à croire que le Seigneur m’aime encore, même si je suis pour le moment incapable de comprendre une telle exigence, même si je suis révolté, même si je suis profondément sincère en voulant aimer une nouvelle fois ? Suis-je prêt à me laisser questionner par la parole du Christ ?

Suis-je prêt à croire que les autres chrétiens souffrent de me voir souffrir ?


Pour en savoir plus, je vous conseille de lire le livre de Mgr Léonard : " L’Eglise vous aime ; un chemin d’espérance pour les séparés, divorcés, remariés ", éd. De l’Emmanuel.


4° point : la régulation des naissances.



Dans la Genèse, Dieu dit à l’homme : " soyez féconds, multipliez-vous " (Gen, 1,28)

Mais il n’est écrit nulle part qu’il faille avoir un enfant tous les 9 mois !

Chaque couple est invité à accueillir le nombre d’enfants qui lui convient, de façon responsable. En même temps, on ne choisit pas toujours exactement le nombre : on peut en vouloir beaucoup, et le bébé prévu se fait attendre ou même n’arrive jamais. On peut en vouloir encore 1 et puis on attend des jumeaux, etc… Ou bien une " petite surprise " s’annonce, alors que l’on se croyait à l’abri grâce à une contraception efficace. Or, savez-vous que aucune méthode contraceptive n’est sûre à 100 % ? (Pilule : efficacité théorique proche de 100%, mais en pratique, taux de réussite beaucoup moins élevé – 96 à 98 % ; stérilet : taux de réussite : 98 % = 2 femmes /100 enceintes/an, 20/100 en 10 ans !! En plus, mode d’action mal défini.) Depuis l’essor de la pilule, on a parfois tendance à croire que l’enfant peut être programmé pile comme on veut. Mais ce n’est pas toujours le cas ! Sommes-nous encore capables d’accepter l’imprévu ?



Méthode naturelle ne veut pas dire : laisser faire la nature et avoir des enfants à chaque rapport sexuel. Ca veut dire : respecter la nature-même de l’homme et de la femme : si l’homme est capable de procréer tout le temps, la femme vit une alternance de temps fertiles et de temps infertiles. Ce cycle n’est pas une erreur de la nature qu’il faudrait corriger absolument.


Il n’y a pas si longtemps que l’on comprend le mécanisme de la reproduction humaine. Maîtriser sa fertilité de façon naturelle, c’est décider, quand ce n’est pas le moment d’avoir un enfant, de s’abstenir de relations sexuelles les jours où la femme est en période féconde (+/- 8 jours / cycle).

Les premières méthodes naturelles étaient très peu fiables (Ogino-Knauss), mais sont actuellement totalement dépassées. Aujourd’hui, de nombreuses études menées de façon scientifique ont permis de déterminer avec précision des " indices de fécondité " AVANT et APRES l’ovulation, indices facilement repérables chez beaucoup de femmes et qui leur permettent de savoir, de façon très précise, quand elles sont fertiles et quand elles ne le sont pas. Si, théoriquement, ces méthodes " d’auto-observation " sont aussi fiables que la pilule contraceptive, en pratique, leur efficacité dépend du sérieux avec lequel le couple les applique.

Volontairement, nous ne les détaillerons pas car leur apprentissage doit se faire avec des " formateurs " spécialisés, qui veilleront à ce que la méthode soit BIEN comprise. Trop d’échecs sont encore dus à une connaissance approximative du cycle.


Même si elles peuvent paraître contraignantes, ces méthodes offrent de nombreux avantages :

- une totale innocuité ;


De nombreux couples peuvent témoigner que ces méthodes naturelles sont une réelle source d’épanouissement.

Si le couple ne souhaite pas avoir d’enfant, il s’abstient de relations sexuelles pendant la période féconde du cycle de la femme. Beaucoup de femmes nous ont témoigné que cette abstinence, même si elle est contraignante, leur avait permis de redécouvrir les gestes gratuits de tendresse, les gestes où l’homme n’est pas demandeur de " quelque chose en plus ". Ces temps permettent aussi de restimuler le désir de l’autre, qui sinon s’émousse parfois par l’habitude.

D’autre part, de nombreux couples aussi, désireux de vivre ces méthodes n’y arrivent pas : stress lié à la peur d’une grossesse, absences répétées d’un des conjoints (pour le boulot, par ex) qui fait que ces méthodes en deviennent ingérables, démotivation d’un des deux membres du couple, …

Ceux qui sont intéressés par ces méthodes peuvent en parler avec des formateurs dont nous pouvons vous communiquer les adresses.


L’’Eglise rappelle que : "  la contraception est intrinsèquement mauvaise. " (cf. catéchisme n° 2370)

Est-on dès lors mauvais chrétien si on utilise la pilule ? Réfléchissons un peu ensemble.


- Est-ce vraiment nécessaire de focaliser toute son attention sur cette question-là de notre vie ? On a parfois l’impression, en écoutant certaines conversations, qu’un bon chrétien se définit par sa méthode de régulation des naissances. Mais notre chemin de conversion est valable pour tous les aspects de notre vie, et pas rien que pour la sexualité ! Nous n’arrivons pas à utiliser les méthodes naturelles ? Demandons au Seigneur de nous éclairer sur ce point, gardons le cœur ouvert sur cette question, renseignons-nous, et en attendant d’y arriver, progressons dans un autre domaine ! N’oublions pas que l’exigence première du Christ est l’amour, et que nous pouvons très bien être en règle avec la loi sans aimer (comme le pharisien). Donc, la vrai question ne serait-elle pas de se dire : " suis-je prêt à évoluer, à garder mon cœur ouvert pour avancer vers un amour toujours plus grand et respectueux de mon conjoint ?


- Ceux qui ont choisi la stérilisation d’un des conjoints peuvent se dire : de toute façon, nous ne pouvons plus revenir en arrière, donc nous sommes définitivement dans l’erreur. Peut-être peuvent-ils méditer (de nouveau !) l’exemple de Pierre et de Judas : ce qui est fait est fait. Mais la Miséricorde de Dieu n’est-elle pas plus grande que toutes mes erreurs ? le Seigneur serai-il prêt à tout me pardonner, sauf cette erreur-là ?


- Intrinsèquement mauvais ne veut pas forcément dire extrêmement grave. Si je gifle la personne ici, devant moi, je pose un acte intrinsèquement mauvais : c’est de la violence gratuite. Mais est-ce extrêmement grave ?


Donc, sur toutes ces questions liées à la régulation des naissances, c’est important d’accepter, comme pour le reste, la vérité proclamée par l’Eglise, aussi exigeante que tout le message du Christ, et la miséricorde qui reconnaît nos limites et ouvre un chemin où nous avançons tous, à notre rythme.

Au fond, l’important n’est pas d’être en règle avec la loi, mais c’est de rester ouvert sur cette question : comment aimer toujours mieux mon conjoint, en respectant toutes les réalités de sa personne ?


5° point : l’homosexualité


PARTIE BREVE



Il y a trois types d’homosexualité : - celle de l’adolescent, transitoire si elle n’est pas

" mise en pratique " ;

- l’homosexualité " choisie ", par ceux qui veulent

tout essayer et tout expérimenter ;

- l’homosexualité profonde, innée ou acquise dans

l’enfance.

On ne connaît pas avec certitude les causes d’homosexualité.

- Il semblerait que certains " naissent comme ça ", et sont, depuis toujours, attirés par les personnes du même sexe.

- Beaucoup de spécialistes admettent l’idée qu’elle a souvent des causes d’origine psychologique (traumatismes liés à la petite enfance):

Père trop absent (on recherche dans l’autre le père manquant) ; Mère trop possessive, image de la femme gravement déformée… ; violence masculine subie dans l’enfance ;

L’homosexualité est donc une souffrance et non un état librement choisi et épanouissant.

- l’homosexualité acquise : à l’adolescence, il se peut que le jeune se sente attirés par ceux de son sexe :il s’agit d’une phase du développement psycho-affectif normal, appelée " homosexualité latente " Tous passent par cette étape, de façon plus ou moins sensible selon des critères d’environnement parfois très complexes (absence de modèle parental, absence du père, surprotection maternelle, peur des autres, peur de l’autre sexe…). S’il expérimente les relations homosexuelles à cet âge, il risque de le devenir réellement, car il se " construit psychologiquement " à partir de ces expériences.

Parfois aussi, la déception des relations hétérosexuelles ou l’absence de partenaire du sexe opposé (prisons) conduisent les jeunes à avoir des relations " homo " et progressivement, à s’installer dans la bi-sexualité.



1° L’homosexualité ne peut être prônée comme " un choix " parmi d’autres…

- Inadéquation des organes ;

- Impossibilité de descendance ;

- Difficulté de fonder un couple stable parce que les sujets sont souvent porteurs de blessures psychologiques profondes ;

- Rarement épanouissante, puisque blessée ;


2° Les homosexuels ne doivent pas être jugés ni condamnés :

- Même si on rejette l’homosexualité (acte) il est important d’accueillir la personne, enfant de Dieu comme nous tous. Regard d’amour ET de vérité ;

- Reconnaître que souvent les homosexuels ne sont pas responsables de leurs tendances (troubles d’enfance, mauvaise éducation, société sans repères…)

- Savoir qu’il existe des thérapies qui peuvent aider ces personnes.



3° Repenser les relations interpersonnelles

- L’homme est fait pour aimer la " différence " :

* Evite la " fusion " ;

* Evite le repli sur soi ou sur ce que l’on connaît ;

* La différence permet des relations humaines plus variées et plus riches,

* Permet la descendance, la créativité.


4° Aimer la différence n’est pas si facile…

- On tend à chercher la sécurité dans l’identique (groupes de filles ou de garçons à l’adolescence)

- La tendance à l’unisexe tend à gommer ces différences, en apparence seulement ! D’où l’importance d’une croissance affective complète vers la maturité et l’acceptation de l’autre.

- Cette difficulté d’accepter la différence se retrouve dans tous les domaines de la vie (sociale, politique, culturelle…) Une personne " ouverte " est une personne qui parvient à être elle-même dans des milieux différents du sien. L’hétérosexualité est une preuve de cette maturité.


En conclusion :

On peut rejeter l’homosexualité (acte) et être tout accueil et respect pour l’homosexuel(le) (personne)

Le chrétien aime les autres quelques soient leurs difficultés. Ce qui ne le dispense pas de vivre dans la vérité. La vérité sans amour écrase, l’amour sans vérité n’aide pas à grandir, seuls l’amour et la vérité, ensemble, permettent à l’homme de grandir…

L’homosexuel est appelé à ne pas avoir de relations sexuelles, de la même façon que l’hétérosexuel est aussi appelé à ne pas avoir de relations sexuelles en dehors du mariage. C’est, dans les deux cas, un combat de maîtrise de soi, combat au service d’un amour plus vrai.


PARTIE LONGUE


Ici aussi, il s’agit d’un point extrêmement douloureux : parce que l’acte homosexuel n’est pas admis par l’église, la personne homosexuelle se sent rejetée. Refaisons donc bien la différence entre réfléchir à la valeur d’un acte, sans pour autant juger la personne qui pose cet acte (parallèle avec la drogue) Cette distinction, indispensable, n’est pas facile à admettre par beaucoup.

Rappelons aussi que l’acte hétérosexuel, posé en dehors du don total des époux n’est pas plus admis par l’église. C’est important de comprendre que l’Eglise n’est pas plus sévère avec l’homosexualité que l’hétérosexualité !


Il convient aussi de distinguer l’homosexualité " vraie ", càd la tendance permanente et involontaire à vouloir des échanges amoureux avec des personnes du même sexe, et l’homosexualité " choisie ", càd le choix d’avoir des relations homosexuelles sans que ce soit une attirance involontaire. Cette homosexualité est souvent le fait de personnes qui se disent bisexuelles, ayant des relations aussi bien avec des hommes qu’avec des femmes.


5.1. Au niveau biologique


L’homosexualité n’est pas prévue par la nature, les organes sexuels n’étant pas prévus pour l’acte homosexuel. En plus, la procréation est impossible.


5.2. Au niveau humain


On ne connaît pas vraiment la cause de l’homosexualité : divers courants psychologiques s’opposent sur cette question : les uns disent que l’homosexualité est " innée ", d’origine génétique, mais on a rien trouvé qui puissent confirmer cette hypothèse. D’autres, la majorité, semble-t-il, pensent qu’elle est acquise, qu’elle est le résultat d’une pathologie du développement de la personnalité/

Si l’homosexualité est acquise, comment cela se fait-il ?

Il semblerait que ce soit dû, soit à des problèmes liés à la toute petite enfance, soit à une difficulté dans la maturation affective, soit à des habitudes prises à l’adolescence.


Les problèmes de la petite enfance.


Mère trop possessive, qui fait que le garçon a peur de la femme ;

Expériences sexuelles précoces décevantes. L’acte sexuel féminin paraît plus doux et moins traumatisant.


Les problèmes de maturation affective.


Depuis l’enfance, l’homme et la femme ont un long cheminement affectif à parcourir, pour parvenir à des relations vraiment adultes, libres et responsables.

Il y a 12 étapes à passer pour arriver à l’amour hétérosexuel :

1° étape : la fusion (amour du bébé pour sa maman). On garde toute sa vie cette nostalgie de l’amour-fusion, où l’autre comble tous nos besoins.


2° étape : la séparation : on " coupe le cordon ". Si cette étape se passe mal, on peut en garder des séquelles : impression d’être mal-aimé, …


3° étape : vers 3 à 5 ans, survient un nouveau progrès pour l’enfant : il découvre la différence des sexes. Il sait maintenant qu’il est garçon ou fille. C’est l’époque du fameux complexe d’Œdipe, où l’enfant est attiré par le parent de l’autre sexe. Déjà à ce stade, l’enfant prend la direction du " différent ", de l’hétérosexualité. Une difficulté grave à ce stade pourrait expliquer certaines homosexualités.


4° étape : les camarades. L’enfant découvre des affections hors de sa famille. Les copains de classe, les profs, etc…


5° étape : l’imaginaire : Vers 12-14 ans, l’enfant commence à être attiré par le sexe opposé. Mais comme l’approche du différent fait naître une certaine crainte, l’enfant se contentera de rêver de lui !


6° étape : Le narcissisme. Pour aller vers l’autre, il faut d’abord être sûr de soi. L’enfant va devant sa glace pour s’assurer qu’il est vraiment attirant. C’est la période où le jeune se préoccupe beaucoup de lui-même.

Un arrêt à ce stade peut provoquer une " homosexualité narcissique " : le sujet est intéressé par sa propre image, et donc ce qui lui ressemble, plutôt que par la différence.


7° étape : le copain, l’ami. On a besoin de voir autre chose que soi-même. Mais comme l’autre sexe fait encore un peu peur, on se tourne plus facilement vers quelqu’un du même sexe. Certains, qui auraient depuis l’enfance une structure homosexuelle profonde, peuvent voir cette amitié tourner en homosexualité.

Mais c’est vrai aussi qu’à ce stade, même sans être homosexuel, le jeune peut avoir un peu de mal à se situer dans cette amitié. Il peut craindre d’être homosexuel, parce que cette amitié lui plaît et le rassure. Le drame, c’est que, dans cette société où l’on a banalisé la sexualité et où certains manuels recommandent aux jeunes d’essayer les 2 types de relations pour se situer, certains passent à l’acte, et deviennent réellement homosexuels, non pas parce q’ils l’étaient, mais parce que ces expériences les construisent et les font devenir tels.

Cette étape est donc essentielle, normalement ça se passe bien, mais peut être influencé par le contexte ambiant.


8° étape : les amitiés nombreuses : L’amitié est un excellent apprentissage de l’amour, où on expérimente toutes les valeurs liées à l’amour : respect, fidélité, engagement, dialogue en vérité…


9° étape : l’autre sexe est décidément bien attirant. Le garçon est attiré par toutes les filles, les filles par tous les garçons.


10° étape : L’attirance se précise : celui-ci est mon genre, celui-là pas. Le jeune mûrit et se rend compte que toutes les personnes de l’autre sexe ne se valent pas.


11° étape : le 1° amour. C’est la 1° attirance très forte pour quelqu’un de précis. Le risque, c’est que le jeune risque d’être attiré par quelqu’un qui lui ressemble : ça fait moins peur. Et puis, c’est que ce 1° flash a lieu quand on est jeune, quand on ne connaît pas encore bien ni soi-même, ni le monde ! S’engager à ce moment est dangereux, car on risque plus tard de se dire : c’était trop tôt, j’étais trop jeune !


12° étape : l’amour durable : l’autre est reconnu et aimé pour lui-même, avec ses différences.

A ce moment commence alors une autre évolution de l’amour : passer à l’amour de l’autre pour soi, à l’amour de l’autre pour lui.


Par ce bref rappel, on se rend compte que la maturation affective est longue, et que beaucoup de difficultés à l’âge adulte peuvent s’expliquer en partie par des problèmes dans l’enfance. Mais en même temps, ces étapes ne sont pas les seules responsables de nos choix : le but ici n’est pas de déresponsabiliser les jeunes, en leur faisant croire que tout ce qu’ils vivent est conditionné définitivement par leur enfance. Mais la connaissance de ces éléments nous permet de mieux accompagner une personne en souffrance affective, pur voir comment guérir ce qui a été blessé.

La Foi nous rappelle que, par grâce, le Seigneur peut guérir ce qui a été blessé. Mais les jeunes le savent-ils ?


La mentalité ambiante


On l’a vue, notre société est très permissive, car elle confond le refus de l’homosexualité avec le rejet de la personne homosexuelle. L’homosexualité tend même à être présentée comme un modèle sexuel alternatif.

Il est important de ne pas promouvoir l’homosexualité, car ce mode de vie est, dans la majorité des cas, une souffrance terrible pour les personnes qui le vivent. Pas parce qu’ils se sentent rejetés. Mais parce que c’est souvent le résultat d’une blessure.

Ex : un garçon homosexuel rencontré. Voudrait fonder une famille et avoir des enfants. Il rencontre une jeune fille avec qui il veut fonder une famille. Mais pendant ce temps des fiançailles, il ne peut résister à la tentation de retourner dans des bars homosexuels et d’y avoir des RS. La jeune fille, mise au courant, s’en va.

Je demande au garçon : " Pourquoi vas-tu dans ce bar ? " " Parce que je ne peux pas m’en empêcher. " Je demande : " Tu ne peux pas obliger tes pieds à ne pas marcher jusque là ? " " Non, c’est plus fort que moi. " Toute la discussion a été très calme, et puis, tout à coup, 2 grosses larmes. Cet homme est écrasé. Qu’il soit accepté ou non ne change rien à son calvaire : son homosexualité est un esclavage, un calvaire, qui l’empêche de fonder un foyer, ce qu’il souhaite profondément.


Or, des fonds publics sont actuellement débloqués pour " dédramatiser " l’homosexualité chez les jeunes. Est-ce vraiment ça qu’ils attendent ?


Et l’Eglise ?


La Congrégation pour la Doctrine de la Foi a publié un document le 1° octobre 1986, à propos de la pastorale des personnes homosexuelles.

L’église distingue les tendances homosexuelles de la pratique homosexuelle.


L’enseignement de l’église s’appuie sur les Ecritures et sur la Tradition. Le point 6 du document reprend les principaux textes de l’Ancien et Nouveau Testament qui traitent de l’homosexualité :

Selon Gen 1 et 3, Dieu crée l’homme à son image et à sa ressemblance : homme et femme il le créa, mais péché a obscurci cette vérité ;

Gn 19,1-11 (l’histoire de Sodome, où les hommes de la ville veulent abuser des deux hommes hébergés par Lot) ; Deutéronome (23, 18-19), les prescriptions du Lévitique.

St Paul reprend la doctrine de l’Ancien Testament (1 Co, 6, 9). Ds Rm 1, 18-32, il se fonde encore sur les traditions morales de ses prédécesseurs, mais en se replaçant dans le contexte nouveau de la confrontation du christianisme et de la société païenne de son temps. Il prend le comportement homosexuel comme exemple de la cécité dans laquelle est tombée l’humanité.


St Paul rappelle aussi dans sa lettre à Timothée (1 Tm 1, 1-17) que la Loi est donnée aux hommes pour leur ouvrir un chemin vers Dieu. Dans un même mouvement, l’apôtre dénonce le péché et annonce la miséricorde. Il rappelle que lui-même a été sauvé par grâce.


Il y a aussi des développements théologiques plus poussés sur cette question, mais ce n’est pas le lieu d’en parler ici. Ce qu’il faut comprendre, c’est que l’Eglise cherche à vivre le Ps 84 : " Là où sont Amour et Vérité, Justice et Paix se rencontrent. " Dire la vérité sur les actes, dans l’amour des pécheurs que nous sommes tous, voilà la difficulté !


Conclusion


Nous voudrions terminer la réflexion de ce cycle par ces questions :

Est-ce l’adhésion à des valeurs, à une morale ?

Est-ce de vivre en conformité avec la loi de l’Evangile ou de l’Eglise ?

Que se passe-t-il, alors, si nous n’y arrivons pas ?



Les commandements = poteau " sens interdit ". Ne pas aller par là, derrière cette limite-là, il y a un précipice, vous allez vous faire du tort, à vous-mêmes ou bien aux autre. Ca n’amène pas le bonheur. (On y va tout de même, persuadé de savoir mieux que Dieu… et on voit le résultat !)

Mais ce n’est pas parce qu’on a respecté cet interdit, qu’on a tout compris et gagné. Cette idée là, c’est la vision des pharisiens : si j’ai une vie en règle avec la loi, alors je suis OK. Mais ce qu’on oublie, c’est que si le panneau interdit veut empêcher qu’on aille dans la mauvaise direction, il n’empêche pas qu’on aille dans la direction opposée, où s’ouvre tout l’immense champs de l’amour. Et c’est là que le Seigneur nous attend.


Dessin : # sens interdit => => => aimer toujours plus.


Etre chrétien, n’est-ce pas d’abord une rencontre personnelle de chacun de nous avec le Christ, vivant et ressuscité ? N’est-ce pas essentiellement accepter de se laisser guider, par Lui, dans la confiance, pour que notre vie, progressivement, se conforme à la vérité de l’amour ?

Certes, il était nécessaire de réfléchir ensemble à ce que veut dire aimer, aujourd’hui : trop de jeunes se perdent dans des voies sans issues pour ne pas proposer un " code de conduite " qui mène au bonheur. Mais l’essentiel est ailleurs : notre première mission de chrétien, c’est d’annoncer à tous que, quel que soit notre état de vie, quel que soit notre façon de vivre notre sexualité, quels que soient nos égarements, dans ce domaine de la vie, comme dans les autres, le Seigneur peut nous rejoindre, peut nous regarder avec un amour qui pardonne tout, et qui dit : " Viens, suis-moi, car je t’aime, tel que tu es. Tu n’as pas besoin d’être parfait pour être mon disciple. Ecoute-moi simplement, et moi, je transformerai ton cœur, progressivement, paisiblement, pour qu’enfin, tu parviennes à aimer d’un amour vrai. Par tes propres forces, tu n’y arriveras pas. Laisse-toi simplement guider par moi. "

N’est-ce pas de la certitude de cet amour-là que l’humanité a le plus besoin ?



Bibliographie :

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