31 Octobre

Jour précédent
© 2005 Jean-Michel Dossogne www.amdg.be
Retour page principale Sanctoral




31 octobre 2005

Bonsoir ami(e)s des saint(e)s, qu'ils soient Celtes ou non, d'ici ou d'ailleurs!

En Belgique, SAINT FEUILLEN DE FOSSES-LA-VILLE, depuis des siècles à l'honneur des Autels. Vies en fin de message.
Saint Feuillen est un des 2 saints patrons de la communauté paroissiale de l'Entre-Sambre-et-Meuse, de Foi et rites Orthodoxes (paruchia / metochion / podvorje, pas "paroisse" dans le sens moderne du terme).
C'est le pays qu'il a sanctifié de son sang, et où une telle paroisse de Foi et rite Orthodoxes existait déjà en son temps. Une difficile tentative de restauration de l'héritage spirituel de nos Pères et Mères de l'Eglise plantée ici par le Christ.


[ icône des 3 saints frères Irlandais, fondateurs à Fosse s-la-Ville :


Dans l'Eglise de Rome & ses dépendances non-canoniques : Vigile de la Toussaint - je vous souhaite une sainte préparation de la "fête des Ressuscités".
Originellement, l'Eglise apostolique dans notre pays fêtait aussi la Toussaint au 1er novembre. Donc nous aussi. Vivement la restauration de l'Eglise! Marana Tha, Seigneur Jésus!


Nous avons au calendrier byzantin (datation grégorienne), en plus d'une partie des saints ci-dessous :
Saint Jean Kochurov, premier martyr du Christ de la longue liste de victimes de la Révolution communiste;(Etc.)

Que Notre Seigneur Jésus-Christ, qui est béni dans Ses saintes et saints, par leurs prières, nous fasse miséricorde.

To: "[celt-saints]"<celt-saints@yahoogroups.com>
From: emrys@globe.net.nz>
Date sent: Thu Oct 30, 2003 1:02 am
Send reply to: celt-saints-owner@yahoogroups.com
Subject: [celt-saints] 31 October

Saints Celtes et anciens saints Anglais - 31 Octobre
(traduction personnelle http://www.amdg.be )

=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=
* Saint Erth de Cornouailles
* Saint Feuillen de Fosses-la-Ville
* Sainte Bega
=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=

Saint Erth de Cornouailles (de Slane)
(Erc, Ercus, Herygh, Urith)
-----------------------------------------------------
Mort vers 512; fêté en Irlande le 2 novembre. Saint Erth, frère de saint Uny et saint Ia (Yves) (3 février), était la seule personne qui rendit hommage à saint Patrick lors de la confrontation de ce dernier avec les druides sur la Colline de Slane. Patrick en fit plus tard un prêtre puis un évêque. Un distique attribué à saint Patrick rapporte ceci :
"L'évêque Erc,
Tout ce qu'il jugeait l'était avec justice :
Quiconque rend un juste jugement
Recevra la bénédiction de l'évêque Erc."
Erc aurait formé le jeune saint Brendan le Navigateur (16 mai) dans son église à Tralee. Saint Erth est aussi le fondateur de la célèbre école de Slane, où le roi Dagobert 2 recevra sa prime éducation.
Le martyrologe de Gorman, au 12ième siècle, l'appelle "Erc de Slane, évêque de Lilcach et de Ferta Fer Feic près de Sid Truim depuis l'Ouest.' Apparement, il fera la traversée d'Irlande jusqu'en Cornouailles, où une église et un village de saint Erth sont dédicacés sous son patronage (Bénédictins, Farmer, Montague).

Tropaire de saint Herygh ton 8
A près de 80 ans tu vins gratifier la terre des Cornouailles de ta présence divine, O père Herygh./
Alors prie Dieu pour nous,/
Afin que nous osions dévouer chaque année de nos vies à Son service,/
Qu'à la fin nous soyons trouvés dignes du Salut éternel.




Saint Feuillen de Fosses-la-Ville, abbé
(Foillan, Faillan)
-----------------------------------------------------
saint Feuillen de Fosses-la-Ville, Icône orthodoxe de style celtique, www.orthodoxes.net

Né en Irlande; mort en Belgique vers 655. Saint Fursey (16 janvier) avait 2 frères, saints Feuillen et Ultain (1er mai), qui partirent pour l'Angleterre avec lui vers 630. Là ils bâtirent le monastère de Burgh Castle en Suffolk près de Yarmouth, et devinrent des moines missionnaires parmi les Est-Angles.
Quand Fursey partit pour les Gaules, Feuillen lui succéda comme abbé, mais lorsque Penda le Mercien fit piller et détruire le monastère, Feuillen et Ultan suivirent leur frère et traversèrent la mer.
Ils furent acceuillis par le roi Clovis 2 de Neustrie. La sainte abbesse Ide de Nivelles (8 mai) donna à Feuillen des terres à Fosses-la-Ville, Belgique, où il fonda un monastère et entama les oeuvres missionnaires parmi les Brabançons du pays avoisinant, sur lesquels il fit grande et durable impression. Il garda de très étroits liens avec le monastère de sainte Gertrude à Nivelles, et ce fut l'occasion de sa fin anticipée : En revenant d'avoir célébré la Messe à Nivelles, il fut agressé par des bandits dans la forêt de Seneffe et assassiné avec 3 compagnons. Leurs corps ne furent retrouvés que 3 mois plus tard. Ultan succéda à Feuillen comme abbé de Fosses, et lui aussi fut vénéré comme saint.

En Septembre, tous les 7 ans à Fosses, il y a une procession spectaculaire, appellée "Marche de saint Feuillen", pour honorer le saint. Les reliques de saint Feuillen sont honorées par une garde montée officielle et on tire 7 salves de salut le long de la route de la procession (Attwater, Delaney, Encyclopaedia, Montague).
marche saint Feuillen 2005

Feuillen est dépeint en évêque avec 2 hommes en armes à ses pieds.
On le montre aussi parfois :
(1) refusant la coupe à la table de Pépin;
(2) portant des charbons ardents dans son vêtement pour l'encensoir;
(3) priant devant l'église pendant que la ville brûle;
(4) s'agenouillant, transpercé d'une lance;
(5) battu avec un baton; ou
(6) avec une épée et palme (Roeder).
Feuillen est le saint patron des nourrices d'enfants, des dentistes, des chirurgiens et des bandagistes (Roeder). Il est grandement vénéré tant en Irlande que dans le nord de la France (Montague).

Tropaire de saint Foillan ton 8
Des bandits païens t'offrirent la courone du martyre, O juste Feuillen,/
Car ta vie était un reproche pour les impies et les cruels./
Ayant oeuvré avec tes saints frères, nos pères Fursey et Ultan,/
En Est Anglie puis en Belgique,/
Prie Dieu pour nous, qui t'en supplions, afin que tant en paroles qu'en actes/
Nos vies puissent être des témoignages missionnaires, afin d'être trouvés dignes de Sa grande Miséricorde.



Sainte Bega, Anachorète à Saint-Bee's Head, Cumberland, Fondatrice d'un monastère près de Whitehaven, Vierge
(Bee, Begh, Begha, Begu)
-----------------------------------------------------
Principal jour de commémoration le 6 septembre
en anglais : http://groups.yahoo.com/group/celt-saints/message/1286
en français : http://www.amdg.be/sankt/sep06.html

Morte en Cumberland, en 681. Voici encore une sainte problématique, où les faits et la fiction se mèlent, et peut-être, l'histoire de plusieurs personnes du même nom. Une Bega est Irlandaise; l'autre Anglo-Saxone. Comme toujours, on constate que l'histoire a un fondement, mais il est impossible à déterminer à qui chaque élément de l'histoire se rapporte. C'est pourquoi je vous donne les éléments qu'offrent chaque source.
La vierge Irlandaise sainte Bega, princesse légendaire, s'enfuit le soir de son mariage avec le fils d'un roi de Norvège, portant un bracelet miraculeus présenté par un Ange comme gage de ses épousailles avec le Seigneur Jésus-Christ. Elle fut miraculeusement transportée par delà la mer d'Irlande jusqu'en Cumberland, Angleterre.
Elle y vécut en ermite un certain temps, mais sur conseil du roi saitn Oswald (9 août), elle reçut le voile de Saint Aidan de Lindisfarne (31 août). Par la suite elle fonda un couvent sur le promontoire de Saint Bee's Head (Copeland), en Cumberland,
qui fera florès 900 durant avec les dons des rois saint Oswald, saint Oswin (20 août), et d'autres. Comme abbesse, elle fut vénérée pour son aide en faveur des pauvres et des opprimés. L'abbaye perpétue toujours sa mémoire, comme le fait le nom d'un village d'Ecosse, Kilbees.

2 autres saintes homonymes sont mentionnées par les hagiographes en Yorkshire et une abbesse à Kilbees. Une moniale Anglo-Saxone appelée Heiu ou Bego, fit aussi profession auprès de saint Aidan. Selon saint Bède (25 mai), elle abdiqua son abbatiat de l'abbaye d'Hartlepool en faveur de la princesse royale sainte Hilda (17 novembre). Il rapporte aussi que pendant que Begu était novice maîtresse dans un autre couvent, elle eut la vision de sa bien-aimée Hilda, entourée d'une lumière céleste, montant aux Cieux pendant que les cloches appelaient les soeurs à la prière. La communauté fut aussitôt rassemblée dans la chapelle pour prier pour le repos de l'âme d'Hilda. Le lendemain matin, des messagers arrivèrent avec la nouvelle du décs de l'abbesse de Whitby.
Vers 1125, les moines de Whitby cherchaient des reliques pour remplacer celles d'Hilda, qui avaient été transférées à Glastonbury - ils avaient celles de saint Caedmon (11 février) mais peu étaient intéressés par lui.. Grâce à une révélation, on trouva un sarcophage à Harkness portant l'inscription "Hoc est sepulchrum Begu" et son contenu fut transféré à Whitby, où des miracles furent constatés.

L'origine du nom du village de Kilbees et de la pointe de terre sur la côte du Cumberland est une affaire incertaine. Il semble plus probable qu'ils ont reçu le nom d'après la Bega Irlandaise que d'après celui d'une des 2 moniales Northumbriennes du 7ième siècle, Begu et Heiu, mentionnée par Bdèe. Il y a une légende médiévale affirmant que les serments faits sur le bracelet de Bega étaient acceptés sans hésitation. (Attwater, Bénédictins, D'Arcy, Encyclopaedia, Farmer, Montague, Moran).


********************************************************
Par l'intercession de sainte Bee et de tous les Saints de Grande-Bretagne,
Christ notre Dieu, fais-nous Miséricorde et sauve nous!

********************************************************

Un livre en anglais à lire sur sainte Bee :
"CREDO" by Melvyn Bragg
2 lecteurs en disent ceci :
alan.davies@d... , 14 Août 1997. Un énorme livre, balayant une épopée historique, rédigé par un écrivain supérieurement érudit. Ce gros bouquin (780 pages reliées) parcourt l'Angleterre et l'Irlande des années 650 apJC. C'est un exposé fort érudit (Bragg est un diffuseur d'art très en vue en Grande-Bretagne), une fiction explorant sainte Bega et tout ce qu'il y a de traits de caractères réels, les mettant en parallèle avec la religion et la politique de l'époque (et les acteurs principaux du Synode de Whitby). Il est très agréable à lire, plein d'action, avec nombre de récits plausibles et d'observations historiques passionnantes. Comme il s'agit d'un gros livre, musclez d'abord vos avant-bras!
simonfunnell@b... de Londres, Angleterre, 11 juillet 1999. La vie en Grande-Bretagne au 7ième siècle est mise en question.. "Credo" par Melvyn Bragg est époustouflant. C'est si bien documenté et si bien écrit que les vies décrites restent dans votre tête longtemps après que vous ayez refermé le livre. C'est une bataille classique; entre les païens et les Chrétiens, et entre les Chrétiens Celtes et les Chrétiens romains, resituée dans cette époque violente et troublée de l'Histoire.
Ce livre a été réimprimé sous le titre "The Sword and The Miracle", mais est encore disponible sous "Credo."

Sources:
========
Attwater, D. (1983). The Penguin Dictionary of Saints, NY: Penguin Books.
Benedictine Monks of Saint Augustine Abbey, Ramsgate. (1947). The Book of Saints. NY: Macmillan.
Bentley, J. (1986). A Calendar of Saints: The Lives of the Principal Saints of the Christian Year, NY: Facts on File.
Delaney, J. J. (1983). Pocket Dictionary of Saints, NY: Doubleday Image.
Encyclopaedia of Catholic saints, October. (1966). Philadelphia: Chilton Books.
Roeder, H. (1956). Saints and Their Attributes, Chicago: Henry Regnery.
Montague, H. P. (1981). The Saints and Martyrs of Ireland. Guildford: Billing & Sons.
White, K. E. (1992). Guide to the Saints, NY: Ivy Books.



*******************************

Ajouts personnels :

SAINT FEUILLEN DE FOSSES-LA-VILLE
http://www.amdg.be/sankt/feuillen.html

Photos, Liturgie originelle, icône, reliques, cantiques, office, etc!

haute Croix Celtique en pierre, posée fin du 20ième s. par la paroisse romaine de Fosses

Saint Feuillen est aussi connu en Norvè!
http://www.katolsk.no/biografi/ffosses.htm



traductions personelles (c) : http://www.amdg.be ;


Du Synaxaire Copte Orthodoxe :
http://www.copticpope.org
http://www.copticcentre.com/synaxarium.pdf
http://www.mycopticchurch.com/saints/



1. Commémoration de la Theotokos (Mère de Dieu).
2. Commémoration de la Relocation du corps de Lazare.
3. Départ du saint prophète Joël.
4. Départ de saint Freig (Abba Tegi, Anba Roweiss).

1. En ce jour, nous célébrons la commémoration de Notre Dame, la Mère de la Lumière, la Vierge sainte marie. Salut à Toi, O Marie, la Mère de Dieu, le Verbe éternel, parce qu'à travers Toi vint le Salut pour l'humanité.
Que Son intercession soit avec nous. Amen.

4. En ce jour aussi de l'an 1405 apJC. (1121 des Martyrs) Saint Freig, aussi appelé Abba Roweiss, partit.
Ce saint était d'un village appelé Miniet-Yamin (à 130 km au nord du Caire). Son père s'appelait Isaac, et sa mère Sarah. Lorsqu'il naquit, ils l'appelèrent Freig. Il travailla à la ferme avec sonpère, et avait un petit chameau sur lequel il transportait du sel pour aller le vendre. Il appellait son chameau "Roweiss" (c'est-à-dire petite tête). Le chameau avait l'habitude de poser son museau contre sa joue, comme s'il l'embrassait. Par humilité, il s'appelait lui-même du nom de son chameau.
Les persécutions s'abattirent sur les Chrétiens, dès lors il vint au Caire, et n'ayant ni maison ni abri, il s'en alla de lieu en lieu. Il passait le plus clair de ses nuits en prière et supplications. Il ne possédait pas de manteau ni d'autres vêtements ni rien pour se couvrir la tête. Il était nu, ne portant qu'un pagne, et était donc aussi nu-tête. Il ressemblait aux ermites du désert; ses yeux étaient rouges de tant pleurer, et il ne coupait jamais ses cheveux. Il était un homme de peu de paroles - un jour, un mauvais homme l'insulta vertement mais lui n'ouvrit pas même la bouche. Saint Marc El-Antoni était présent à ce moment-là, et il chassa le mauvais homme.
Durant la dernière partie de sa vie, il disait sans arrêt : "O Vierge, emporte-moi, car ma charge est si lourde."
Il voulait parler du poids du péché du peuple qu'il portait, car souvent il leur faisait des reproches bien qu'ils ne l'écoutaient pas.
Il vécut aux temps du saint père le Pape Mattheos, 87ème Patriarch, et de Saint Marc El-Antoni, aux jours du sultan El-Zaher Barkuk. Il s'enferma dans une petite cellule là où se trouvait son disciple, Michel le Bâtisseur, à Meniet Syreg. Il y demeura 9 ans, jusqu'à son départ, le 21ème jour du mois de Babah de l'an 1121 des Martyrs. Il fut enterré dans l'église de la Vierge, à Deir El-Khandaq. Il accomplit nombre de miracles, guérissant les malades, prophétisant et en sauvant beaucoup de leurs problèmes.

Puisse son intercession être avec nous, et Gloire soit à Dieu à jamais. Amen!






Du site de l'Eglise Orthodoxe Serbe en Amérique du Nord
http://www.westsrbdio.org/prolog/prolog.htm

http://pomog.org/ochrid.html
( site de l'Eglise Russe Hors Frontières aux USA, calendrier julien )

3. Saint Martyr Nicolas de Chios.
Jeune dévot fort zèlé pour la Foi Chrétienne, Nicolas naquit au village de Karyes sur l'Ile de Chios. Il fut torturé et décapité par les Turcs en 1754, et rendit sa juste âme entre les mains de Dieu.

4. Saints Spiridon et Nicodème.
Moines et fabriquants des prosphores au monastère des Cavernes de Kiev. Spiridon était illettré, mais il connaissait le Psautier entier par coeur, et accomplit des miracles de son vivant. Il entra dans le repos en 1148.



Saint Nicolas Velimirovitch, évêque d'Ochrid, Serbie (+ 05 mars 1958), rescapé de Dachau puis des persécutions communistes, auteur de ce Sanctoral "Prologue d'Ochrid".



Du site de l'Eglise Orthodoxe Russe en Amérique du Nord
http://ocafs.oca.org/

Sainte Maura de Constantinople
Sainte Maura vécut en ascète à Constantinople, où elle fonda un monastère. Elle y mourrut au 5ème siècle.

100.000 Martyrs de Tbilisi, tués par les Mongols



Hiéromartyr Archiprêtre Jean Kochurov, sous le joug des Bolchéviques (+ 1917)
http://www.oca.org/pages/dwp/dwp.asp?dayid=1031
icône saint Jean Kochurov saint Tikhon cathédrale russe Chicago
icône de la cathédrale de la Sainte Trinité, Eglise Orthodoxe de Russie, Chicago, Illinois, USA.

Prêtre-martyr Jean Kochurov - Amérique du Nord, New York - Moscou, Russie - Finlande (+ 1917)

Tropaire de saint Jean Kochurov ton 1
Enflammé de l'amour de Dieu, tu donna ta vie en martyr pour le Christ et ton prochain,
pour cela tu reçu du Ciel la couronne de justice.
Hiéromartyr Jean, supplie le très Miséricordieux Seigneur
de préserver la Sainte Eglise en paix et de sauver nos âmes.


Kondak de saint Jean Kochurov ton 8
Avec zèle tu accomplis ton service pastoral,
amenant à Dieu ton âme en un sacrifice agréable, O père Jean.
Supplie le Christ Dieu d'accorder la paix au monde et la grande miséricorde à nos âmes.


saint Jean Kochurov


Vie de saint Jean Kochurov, Hiéromartyr, missionnaire en Amérique du Nord, premier martyr du Clergé durant la Révolution soviétique
saint Jean Kochurov

Le 31 octobre 1917, à Tsarskoye Selo, s'ouvrit dans l'histoire de l'Eglise de Russie un nouveau chapitre, plein de douleur terrestre et de joie céleste : la sainteté des Nouveaux Martyrs du 20ème siècle. L'ouverture de ce chapitre est reliée au nom du pasteur orthodoxe Russe  qui devint un des premiers à donner son âme pour son troupeau durant ce vingtième siècle rempli de combattants contre Dieu : l'archiprêtre Jean Kochurov.

Le père Jean Kochurov est né le 13 juillet 1871, dans le village de Bigildino-Surka, district de Danky, région de Ryazan, dans une pieuse famille avec beaucoup d'enfants. Ses parents étaient le prêtre Alexande Kochurov et son épouse Anna (Perehvalskaya). Le père Alexander Kochurov servit presque toute sa vie dans l'église de la Théophanie du village de Bigildino-Surka, diocèse de Ryazan, depuis son ordination le 2 mars 1857, combinant ses années de service dans la paroisse avec l'accomplissement de ses obligations comme enseignant du catéchisme à l'école publique de Bigildino. Son exemple s'imprimera dans la conscience de ses fils, et en particulier de Jean, de tous le plus sensible spirituellement parlant. Ils regardaient leur père comme une image lumineuse du prêtre de paroisse, empreimpt d'une profonde humilité et d'une haute inspiration (1).

L'éducation du p. Jean, basée sur les remarquables traditions de nombreuses générations de clergé et liée au vécu naturel de la piété Orthodoxe par le peuple, annonça qu'il allait prendre le chemin de la préparation pour le service pastoral. Les études du p. Jean, initiallement à l'Ecole Théologique de Danky, puis ensuite au Séminaire Théologique de Ryazan, ne furent pas seulement marquées par de remarquables succès dans la maîtrise de la théologie et des disciplines séculières, mais aussi par les remarquables exemples de piété ecclésiale dont il fit preuve, à une époque où la vie dans les écoles théologiques provinciales n'était pas toujours sans tâche côté morale..

Le futur père Jean obtint avec succès son diplome du Séminaire Théologique de Ryazan en 1891. Ayant présenté les examens d'entrée à l'Académie Théologique de Saint-Petersbourg, il devint étudiant d'une des meilleures écoles théologiques de Russie. (2)

Pendant que le p. Jean étudiait à l'Académie Théologique de Saint-Petersbourg, son penchant pour l'éducation théologique, comme préparation première pour un futur service comme prêtre de paroisse, devint évident. Déjà pendant ses jours comme étudiant, p. Jean combina la possibilité de son service en tant que prêtre de paroisse avec celui de l'activité missionnaire, en laquelle il voyait l'accomplissement de l'idéal du pasteur Orthodoxe. Après son diplôme de l'Académie Théologique de Saint-Petersbourg en 1895, le p. Jean fut envoyé dans le diocèse des Aléoutes et Alaska (3), en réponse à son aspiration de longue date pour le service missionnaire.

Peu après son mariage avec Alexandra Chernisheva, l'arrivée du p. Jean dans l'Amérique Protestante le mit au contact avec une vie si dissemblable sous bien des aspects à la vie à laquelle il était acoutumé dans la Russie Orthodoxe. Pour son premier séjour aux USA, le p. Jean arriva à New York, qui, avec sa vie mondaine, était si différente de la vie spirituelle dans les cités Russes. [ * ] Bien qu'il n'avait pas encore appris l'anglais, p. Jean, grâce au soutien fraternel de la communauté Orthodoxe [Russe], bien modeste à l'époque, s'efforça de s'adapter à la vie du pays, jusqu'alors inconnu de lui, sans problème psychologique particulier ou d'autres complications. Il est à remarquer que la vie d'eglise dans le diocèse d'Alaska et des Aléoutes était très différente de celle des autres diocèses en Russie, car elle était énorme en territoire mais très limitée quand au nombre de clerc. Une des spécificités était que les missions Russes Orthodoxes dans le nord de la Californie, les Iles Aléoutiennes et en Alaska avaient à cette époque déjà une centaine d'année d'existence, et la vie d'Eglise était conduite sur une fondation de nombreuses communautés paroissiales, qui possédaient des ressources financières significatives. Après plusieurs générations en Amérique, les paroisses s'étaient habitudées à la vie dans leur nouvelle patrie. La vie orthodoxe dans le restant du pays, cependant, n'en était qu'à ses balbutiements. Cela demandait un très important effort d'activité d'évangélisation de la part du clergé, afin de créer des paroisses Orthodoxes normales dans une population multinationale et multi-confessionnelle. C'est précisément vers cette partie du diocèse que le p. Jean fut destiné à être envoyé, lorsqu'il fut ordonné à la sainte prêtrise le 27 août 1895, par le très révérend Nicolas, évêque d'Alaska et des Aléoutes. (4)

Le début du service paroissial du p. Jean fut associé à l'ouverture d'une paroisse orthodoxe à Chicago en 1892, par l'évêque Nicolas. Nommé en 1895 par le Saint-Synode pour être le prêtre de paroisse de la cathédrale Saint-Vladimir à Chicago (5), le p. Jean fut mit en contact avec une vie paroissiale qui était radicalement différente de celle des paroisses orthodoxes en Russie, qui étaient organisées et ancrées dans une tradition vivante vieille de plusieurs siècles [*]

Se trouvant sur un ilôt isolé de vie Chrétienne orthodoxe, se trouvant à des centaines de kilomètres des autres paroisses orthodoxes éparpilées sur le territoire d'Amérique du Nord, l'église Saint-Vladimir à Chicago, et l'église des Trois Hiérarques dans la ville de Streator à laquelle elle était associée, cela requérait des travaux héroïques de la part du jeune père Jean afin que cela s'établisse de manière appropriée. Près de 3 ans après sa fondation, la paroisse n'avait pas encore réussi à atteindre le niveau d'une paroisse bien établie.

Entamant son travail à la paroisse de Chicago et de Streator, qui était plutôt petite et multinationale, le p. Jean nourrit de la Foi Orthodoxe ces peuples, qui représentaient plutôt la classe des immigrants pauvres. Il ne fut jamais à même d'être soutenu dans son travail par une communauté paroissiale conséquente, avec des ressources matérielles suffisantes à sa disposition.

Dans un article écrit en décembre 1898, le p. Jean donne la vivante description suivante de la communauté paroissiale de Chicago-Streator : La paroisse orthodoxe de l'église Saint-Vladimir à Chicago consiste en un petit nombre de gens originellement Russes, de Galice et des Slaves de Hongrie, des Arabes, des Bulgares et des Aravians. La majorité des paroissiens est formée d'ouvriers qui gagnent leur vie en travaillant près de là où ils vivent, dans la banlieue de la ville. Rattachée à cette paroisse de Chicago, l'église des Trois Hiérarques dans la ville de Streator. Cet endroit, avec la ville appelée Kengley, se trouve à 94 miles de Chicago, et elles sont renomées pour leurs mines de charbon. La paroisse orthodoxe y consiste en Slovaques qui travaillent là-bas et ont été reconvertis de l'Uniatisme (6).

Ces caractéristiques uniques de la communauté paroissiale de Chicago-Streator demandait au p. Jean une habile combinaison d'adresse pastorale et liturgique, ainsi que des talents missionnaires. Ces capacités lui permirent non seulement de stabiliser le nombre de fidèles dans sa paroisse, spirituellement et administrativement, mais aussi d'élargir son troupeau, continuellement, par le biais de conversions ou du retour à l'Orthodoxie de Chrétiens de diverses origines nationales vivant dans l'Illinois. Déjà durant les 3 premières années du service paroissial du p. Jean, 86 Uniates et 5 Catholiques-Romains furent adjoints à l'Eglise Orthodoxe (7), accroissant le nombre de paroissiens permanents dans sa paroisse jusque 215 à Chicago et 88 à Streator. Il y avait 2 écoles paroissiales rattachées à ces paroisses, avec plus de 20 élèves. Les cours consistaient en classes du samedi durant l'année scolaire, et en classes quotidiennes durant les vacances scolaires. (8)

Dans son travail, le p. Jean continua les meilleures traditions du diocèse Russe Orthodoxe d'Amérique du Nord. Il organisa à Chicago et à Streator, les Fraternités de Saint Nicolas et des Trois Hiérarques, qui établit comme but d'organiser un programme d'entraide sociale et matérielle mutuelle parmi les paroissiens de la paroisse de Chicago-Streator, en tant que membres de la Société d'Aide Mutuelle Orthodoxe. (9)

Les abondants travaux du père Jean pour bâtir une saine et florissante vie paroissiale dans les communautés qui lui étaient confiées ne l'empêcha pas de remplir les autres importantes responsabilités diocésaines qui lui étaient attribuées. C'est ainsi que le 1er avril 1897, le p. Jean fut nommé pour être un des membres du nouvellement créé Comité de Censure du Diocèse d'Alaska et des Aléoutes, pour réviser les textes en russe, ukrainien et anglais. (10). Le 22 mai 1899, le p. Jean fut nommé président du Comité de la Société d'Aide Mutuelle (11) par un décrêt de l'évêque Tikhon d'Alaska et des Aléoutes, qui venait d'arriver dans le diocèse.

Les différents travaux du p. Jean furent bientôt récompensés; juste après les 3 premières années de son service pastoral, il reçut la récompense de la distinction presbytérale (12) par le très révérend évêque Nicolas.

Un obstacle majeur au fonctionnement normal du cycle liturgique ecclésial dans la paroisse Chicago-Streator était l'état des bâtiments, qui étaient innapropriés pour ce but. L'église Saint-Vladimir à Chicago occupait une petite partie d'un immeuble loué, se trouvant dans la partie sud-ouest de la ville. Au rez-de-chaussée de la maison, un mur séparait l'église de la cuisine et de la pièce où un gardien logeait. Au premier étage, il y avait plusieurs petites pièces qui étaient occupées par le p. Jean avec sa famille, et par le Lecteur de la paroisse. L'église des Trois Hiérarques à Streator employait le vestibule (hall) de la section russe du Chicago World Exhibition [hall des expositions] (13), où avait eu lieu la Columbian Exposition en 1892.

La nomination de l'évêque Tikhon, futut patriarche de Moscou, au Diocèse d'Alaska et des Aléoutes le 30 novembre 1898, fut particulièrement importante dans la résolution des problèmes de la vie d'église dans les paroisses confiées au p. Jean.

Remplissant avec zèle ses obligations hiérarchiques, l'évêque Tikhon, dès ses premiers mois comme évêque diocésain, avait déjà trouvé moyen de visiter la plupart des paroisses orthodoxes éparpillées à travers le vaste territoire du Diocèse d'Alaska et des Aléoutes, dans un effort pour discerner les besoins les plus fondamentaux du clergé diocésain.

Arrivant à Chicago pour la première fois le 28 avril 1899, l'évêque Tikhon donna sa bénédiction archi-pastorale au p. Jean et à son troupeau. Le lendemain il avait déjà inspecté un terrain à bâtir proposé comme emplacement où la nouvelle église, si nécessaire à la paroisse à Chicago, pourrait être construite. Le 30 avril, l'évêque Tikhon visita l'église des Trois Hiérarques à Streator, et présida un Office de Vigile à l'église Saint-Vladimir à Chicago. Le lendemain, après avoir célébré la Divine Liturgie, il approuva le compte-rendu de la rencontre du comité pour la construction de la nouvelle église à Chicago, comité présidé par le p. Jean. (14)

Les ressources financières limitées de la paroisse de Chicago-Streator, où les gens administrés étaient principalement pauvres, ne permettaient pas au p. Jean d'entamer directement la construction. Et puisque 5 ans s'étaient écoulés depuis l'arrivée du p. Jean en Amérique du Nord, son grand désir de visiter sa chère Russie orthodoxe, au moins pour une courte période, le poussa à transmettre une requête à l'évêque Tikhon, lui demandant de pouvoir faire le voyage vers son pays natal.

Conscient des besoins de la paroisse qui lui était confiée, le p. Jean décida d'utiliser les vacances qui lui étaient accordées du 15 janvier au 15 mai 1900 pour aller collecter de l'argent en Russie, afin de permettre à la paroisse de Chicago de commencer la construction du nouveau batiment d'église, et du premier cimetière orthodoxe de la ville. (15) Ayant avec succès combiné son voyage en terre natale avec une importante levée de fonds pour la paroisse, le p. Jean entama la construction de l'église peu après son retour de voyage. L'évêque Tikhon arriva le 31 mars 1902, pour la cérémonie de pose des fondations. (16)

Avec une véritable inspiration pastorale, combinée avec un sobre pragmatisme, le p. Jean parvint à bâtir la nouvelle église, qui fut achevée en 1903. L'église avait coûté 50 mille dollars, une some très importante pour l'époque. (17)

La consécration du nouveau temple, qui fut dédicacé en l'honneur de la Sainte Trinité, fut accomplie par l'évêque Tikhon, et cela devint une véritable fête pour tout le Diocèse orthodoxe Russe en Amérique du Nord. Deux ans plus tard, en saluant le p. Jean à l'occasion de ses 10 premières années de service comme prêtre dans l'Eglsie, les plus hautes louanges allèrent à ses soins pastoraux délicats dans la construction de l'église de la Sainte Trinité, qui devait devenir une des plus remarquables églises Orthodoxes en Amérique. "L'année a été remplie avec les plus vivaces sentiments, parfois très pénibles, parfois bons. Une année d'incessantes tentatives pour lever des fonds en Russie, une année de nuits sans sommeil, de nerfs éprouvés, et d'innombrables malheurs; et voici le témoignage de votre soin : un temple construit à la main, à l'image d'un magnifique temple Russe orthodoxe, brille avec ses croix à Chicago, et la paix et l'amour non-faits de mains se répandent dans les coeurs de votre troupeau!" (18)

Pour ses travaux inspirés, le p. Jean se vit attribuer l'Ordre de Sainte-Anne (3ème classe) le 6 mai 1903, sur recommendation de l'évêque Tikhon.

Accomplissant avec zèle ses innombrables obligations en tant que prêtre de paroisse, il fut le seul prêtre du lieu durant les 9 premières années de son service aux paroisses de Chicago et Streator. En même temps, le p. Jean continait de participer activement à la résolution de divers problèmes de la vie du diocèse Nord-Américain. En février 1904, le p. Jean fut nommé comme président du Comité de Censure du Diocèse d'Alaska et des Aléoutes, dont il avait déjà été membre durant 7 ans. (20) En juin 1905, il fut un participant actif aux rencontre préparatoires du clergé diocésain, qui eut lieu à Old Forge (Pennsylvanie) sous la guidance de l'évêque Tikhon, où l'on discuta à propos de la préparation du premier Concile de l'histoire du Diocèse d'Amérique du Nord et des Alétoutiennes. Ce fut dans l'atmposphère solennelle des sessions de ce Concile, le 20 juillet 1905, que le p. Jean célébra sa première décade de service presbytéral. La date effective de l'anniversaire étant 27 août.

Dans l'église Saint-Michel, à Old Forge, devant un grand groupe de clergé diocésain présidé par le très révérend (à présent Saint) Raphaël, évêque de Brooklyn, le p. Jean se vit décoré d'une croix pectorale en or, et les discours offrirent une perspective et une description largement objective de toute la période du service pastoral du p. Jean en Amérique du Nord. "Directement après vos études au Séminaire, ayant quitté le pays natal, vous êtes venu dans ce pays étranger pour y déployer toute l'énergie de votre jeunesse, vous dévouant de toutes vos forces et inspiration pour la sainte tâche qui vous avait attiré à la vocation. Un lourd héritage vous attendait : l'église de Chicago était alors située dans un lieu ecclésial négligé, dans un bâtiment humide et à moitié en ruine. La paroisse, avec son attachement paroissial fort mal défini, était dispersée sur une énorme ville avec une population hétérodoxe littéralement déchirée par les bêtes sauvages. Toute cette force remplir l'âme d'un jeune travailleur avec beaucoup de confusion, mais vous avez courageusement accepté la tâche de choisir une précieuse étincelle hors de la pile de rebut, pour attiser le feu sacré dans un petit groupe de fidèles! Vous ne vous êtes pas soucié de vous-même : calamités, maladies, le piètre logis avec ses murs et planchers délabrés, les fissures partout laissant entrer les éléments extérieurs, avec des effets néfastes sur votre santé, et la santé de votre famille.. Vos bébés étaient malades, votre épouse n'était pas en bonne santé, et de pénibles attaques de rhumatisme semblaient vouloir ruiner votre confiance, épuiser votre énergie... Nous vous saluons, nous rappelant d'autres de vos grandes actions, nottament celle dont l'accomplissement vous est une tresse d'une couronne de laurier ne se fânant pas, en l'honneur de votre décade de service sacré : nous avons ici à l'esprit votre service sacrificiel en tant que président de notre bien-aimée Société d'Aide Mutuelle, et l'office de Censeur pour notre illuminatrice maison missionnaire de publication, et étendant nos efforts évangéliques, l'organisation des paroisses à Madison (Illinois) et Hartshorne (Oklahoma). Pour achever notre hommage, permettez-nous de mentionner une autre circonstance, qui magnifie la valeur de votre travail et la grandeur de ses résultats. L'éloignement de votre paroisse à Chicago vous a presque déchiré vos liens avec vos collègues en Amérique, vous privant durant ces années de voir vos confrères..  Vous étiez privé de ce qui, pour la majorité d'entre nous, est un des points d'intérêt du service missionnaire par lequel nous passons. Qu'il était poignant, et qu'il était important, ce degré d'isolation que vous aviez à vivre, et qui est manifesté par le fait que vous aviez à baptiser vos propres enfants, du fait de l'absence d'autres prêtres près de vous... Que cette sainte croix que nous vous présentons soit un signe de notre amour fraternel, et que l'image de la Crucifixion de notre Seigneur que l'on y voit vous permette d'accepter toutes les épreuves, les catastrophes et les souffrances qui sont souvent le lot de la vie du prêtre missionnaire, et qu'elle vous encourage à oeuvrer toujours plus pour la gloire de Celui Qui donne les Exploits, le Grand Berger, notre Seigneur Jésus-Christ." (21)

Moins d'un an après la célébration du 10ème anniversaire du service presbytéral du p. Jean, la haute autorité de l'Eglise lui accorda une des distinctions les plus honorables pour les prêtres, qui récompensait méritoirement ses véritables exploits dans le Diocèse d'Amérique du Nord et des Aléoutes. Par ordre du Saint-Synode, le p. Jean fut éleé à la dignité d'archiprêtre le 6 mai 1906.

Alors commença une nouvelle période pour le service du p. Jean. En tant qu'un des plus respectés archiprêtres du Diocèse, grâce à son exceptionnel travail pastoral dans sa paroisse et dans les activités administratives diocésaines, le p. Jean, à l'initiative de l'évêque Tikhon, qui le tenait en très haute estime, devint de plus en plus impliqué pour résoudre les plus pressants problèmes de l'administration diocésaine. En mai 1906, le p. Jean fut nommé Doyen de la région de New York des Etats de l'Est, (23), et en février 1907, il fut destiné à être un des plus énergiques participants au premier Concile orthodoxe à Mayfield, qui devait traiter de l'accroissement rapide des conversions dans le Diocèse d'Amérique du Nord et des Aléoutes de l'Eglise Russe Orthodoxe Grecque Catholique en Amérique, sur la base de laquelle l'Eglise Orthodoxe en Amérique sera par la suite fondée.

Durant la période  1903-1907, la paroisse Chicago-Streator, bâtie par ses labeurs, fut transformée en une des plus auto-suffisantes et florissantes paroisses diocésaines. Mais quand bien même les circonstances externes du service du p. Jean en Amérique du Nord aient pu paraître un succès, son plus profond désir à lui, et il y aspirait avec ferveur, c'était de rentrer dans sa chère Russie, qu'il n'avait vue que quelques mois depuis son départ pour l'Amérique. En plus de la nécessité de donner à ses 3 enfants les plus âgés une éducation de niveau du collège en Russie. Tout cela força le p. Jean à songer à la possibilité de continuer son service ministériel dans sa terre natale de Russie. Une circonstance très importante vint s'y rajouter, le poussant à introduire sa demande pour un transfer de retour vers la Russie : ce futrent les insistantes demadnes de son vieillissant et très malade beau-père, qui était prêtre dans le Diocèse de Saint-Petersbourg, et qui rêvait de remettre sa paroisse sous la houlette d'un si prêtre aussi méritant que le p. Jean s'était montré. En accord avec sa requête, le p. Jean reçut son congé du service du Diocèse d'Amérique du Nord et des Aléoutes le 20 mai 1907, suite à quoi il commença à se préparer à rentrer en Russie. La semaine avant leur départ, le p. Jean et sa famille eurent à supporter une terrible nouvelle de Russie : le bien-aimé parent d'Alexandra avait succombé avant qu'ils n'aient pu rentrer.

En juillet 1907, quittant la paroisse de Chicago-Streator qui était si chère à son coeur, et où il avait donné 12 ans de service missionnaire, le p. Jean partit pour le futur inconu qui l'attendait sur sa terre natale, où il allait passer le restant de son service presbytéral. (24)

Le retour du p. Jean en Russie durant l'été 1907 ne signifia pour lui pas seulement le début de son service au Diocèse de Saint-Petersbourg, qui lui était familier de par ses années d'étude, mais c'était un défit avec le besoin d'appliquer les qualités pastorales qu'il avait acquises auparavant en Amérique, dans le domaine de l'éducation théologique. Par ordre du Consistoire de l'Eglise de Saint-Petersbourg, en août 1907, le p. Jean fut nommé pour le clergé de la cathédrale de la Sainte Transfiguration à Neva, et commençant le 15 août 1907, il entama l'accomplissement de son devoir comme enseignant de la Loi au gymnase [collège] masculin et féminin à Narva. (25) Par ordre du chef du Département Régional de l'Education de Saint-Petersbourg, avec entrée en vigueur le 20 octobre 1907, le p. Jean fut confirmé dans son service au collègue masculin comme professeur de religion, enseignant la Loi de Dieu, et fut repris comme enseignant de la même branche au collège féminin à Narva, qui devint la sphère principale de son service d'Eglise pour les 9 années de sa vie suivantes. (26)

La vie habituelle dans la petite et provinciale Neva, où les habitants Russes orthodoxes formaient à peine la moitié de la population, rappelait au p. Jean, dans une certaine mesure, l'atmosphère qui lui était familière en Amérique, où il avait accomplit sont service pastoral dans un environnement empreimpts d'influences hétérodoxes. Cependant, les circonstances de son emploi comme professeur de religion dans 2 écoles secondaires où l'élément culturel ruse et l'ethos religieux orthodoxe dominaient indiscutablement, permit au p. Jean de sentir qu'il respirait une atmosphère de vie orthodoxe Russe lui remémorant son enfance.

Durant ces années, la charge d'enseignement du p. Jean consistait en 16 heures semaine dans le collège masculin, et 10 heures dans le collège féminin. Cela lui demandait un effort important, tenant compte que pour enseigner la religion dans les différentes classes, à cause de l'étendue du sujet, l'enseignant devait être familier avec les différents points théologiques de même que profanes. (27) Cependant, autant ses 12 années de travaux dans la paroisse de Chicago-Streator avait transformé le p. Jean d'un débutant sans expérience en un des pasteurs faisant le plus autorité de tout son Diocèse, ici ses 9 années comme professeur de religion - qui ne seront pas marquées par le moindre évènement particulier mais remplies de travail consciencieux pour communiquer l'illumination spirituelle - ce seront celles où le p. Jean deviendra un des plus appliqués et pratiques enseignants de l'Eglise, et prédicateur orthodoxe érudit. Après 5 ans de cours de religion dans les écoles de Neva, le p. Jean fut décoré de l'Ordre de Sainte-Anne (2ème classe) [28] le 6 mai 1912. Quatre ans plus tard, les résultats du p. Jean dans le domaine de l'éducation théologique seront reconnus par la récompense qu'il recevra, l'octroi de l'Ordre de Saint-Vladimir (4ème classe) qui, ajouté à ses nombreuses décorations d'Eglise et d'Etat, donneront à l'archiprêtre le droit d'être annobli. (29)

Les succès manifestes du p. Jean dans son activité comme enseignant durant toutes ses années furent augmentés de la joie qu'il put avoir par le fait que ses 4 fils aînés, pendant qu'ils étudiaient au collège Neva, eurent la possibilité de recevoir leur formation spirituelle sous son immédiate guidance. (30)

Cependant, à côté des indéniables avantages de cette nouvelle période de service pastoral pour le p. Jean, après son retour au pays natal après tant d'années d'absence, il existait encore une circonstance qui ne pouvait rien faire d'autre que de peiner le coeur d'un tel pasteur de paroisse comme le p. Jean le fut toute sa vie. N'étant attaché à la cathédrale de la Sainte Transfiguration qu'en théorie, et n'étant pas membre de son clergé principal, le p. Jean, du fait de l'étrangeté de cette situation, vu son accomplissement de ses charges comme professeur de religion au collège, fut privé non seulement de la chance de guider, mais même de seulement pleinement participer à la vie paroissaile de la cathédrale de la Sainte Transfiguration à Narva. Ce ne fut qu'en novembre 1916, par ordre du Consistoire de l'Eglise de Saint-Petersbourg, que le p. Jean fut nommé comme prêtre de paroisse pour la seconde position, vacante, à la cathédrale Sainte-Catherine à Tsarskoye Selo, (31), où son rêve de reprendre du service comme pasteur de paroisse sur sa terre natale fut accompli.

Tsarskoye Selo, qui était devenu la remarquable incarnation de toute une époque de l'histoire de la culture russe, combina rapidement en elle les qualités d'une tranquile ville de province avec celles de la resplendissante capitale de Saint-Petersbourg. La cathédrale Sainte-Catherine occupait une place spéciale dans la ville; de toutes les églises paroissiales qu'on y trouvait, qui étaient majoritairement des paroisses de la court impériale et des soldats, elle était la plus grande. En devenant membre du clergé de la cathédrale Sainte-Catherine, et eménageant là avec son épouse et leurs 5 enfants (leur fils aîné, Vladimir, faisait son service militaire), (32), le p. Jean reçut, enfin, sa chance tant attendue pour être pleinement immergé dans la vie d'un prêtre de paroisse d'une des plus importantes églises du diocèse de Saint-Petersbourg. Ayant été chaleureusement et respectueusement reçu par les fidèles à Sainte-Catherine, le p. Jean, pour ses premiers mois de services, s'y montra zèlé et inspiré, non seulement en célébrant le divin Office, mais aussi en tant que prédicateur éloquent et bien informé, qui rassemblera sous le toit de la cathédrale Sainte-Catherine les Chrétiens orthodoxes de tous les environs de la ville de Tsarskoye Selo. (33) Il sembalit qu'un début si rempli de succès dans son service paroissial à la cathédrale Sainte-Catherine allait ouvrir au p. Jean une nouvelle période dans son ministère pastoral. Pendant cette période, l'inspiration pastorale du p. Jean et son comportement sacrificiel, le caractérisant si bien dans son activité passée, pouvait être combiné avec la routine quotidienne des obligations extérieures de son service, et avec les relations spirituelles et les relations personnelles harmonieuses entre un pasteur diligent et son grand et pieux troupeau. Mais les cataclysmes de la Révolution de Février qui avait éclaté à Petrograd quelque 3 mois après la nomination du p. Jean commençèrent petit à petit à entraîner Tsarskoye Selon dans le dangereux tourbillon des évènements révolutionnaires.
Les mutineries de soldats avaient eu lieu au quartier général à Tsarskoye Selon déjà aux premiers jours de la Révolution, et l'emprisonnement de la famille impériale au palais Alexandrovsky pendant de longs mois avait attiré l'attention de représentants des plus extrémistes des éléments révolutionnaires. Ces cercles avaient poussé le pays sur le chemin de la guerre civile, et peut-être, d'une division politique interne complète, dont les débuts mèneront à la participation Russe au bain de sang de la Première Guerre mondiale. Ces développements changèrent progressivement l'atmosphère paisible de Tsarskoye Selo, détournant l'attention des habitants, jour après jour, de l'accomplissement consciencieux de leurs responsabilités Chrétiennes et citoyennes envers l'église et la patrie. Et durant tous ces mois troublés, le message inspiré du p. Jean continua à résonner de l'ambon de la cathédrale Sainte-Catherine, étant à lutter pour instiller les sentiments de réconciliation dans les âmes des Chrétiens orthodoxes de Tsarskoye Selon, les appelant à la perception spirituelle de leur propre vie intérieure, afin qu'ils puissent comprendre les changements contradictoires qui se mettaient en place en Russie.

Plusieurs jours durant après la prise de pouvoir d'octobre 1917 par les Bolsheviks à Petrograd, les secousses des terribles évènements ayant lieu dans la capitale furent ressenties à Tsarskoye Selo. Tentant de déloger hors de Tsarskoye Selo les troupes de Cosaques du général Paul Krasnov, qui étaient toujours fidèles au Gouvernement Provisoire, les troupes blindées de la Garde Rouge (soldats et marins soutenant la révolte Bolshevik) étaient en route depuis Petrograd.

Le matin du 30 octobre 1917, s'arrêtant dans la banlieue de Tsarskoye Selo, les forces Bolsheviks soumirent la ville au feu d'artillerie. Les habitants de Tsarskoye Selo, comme ceux de toute la Russie, ne se doutaient pas encore que le pays était en guerre civile. Le tumulte éclata, avec nombre de gens courant vers les églises orthodoxes, y compris Sainte-Catherine, dans l'espoir de trouver une sérénité priante dans les Offices, et d'entendre une exhortation pastorale depuis l'ambon au sujet des évènements ayant lieu. Tout le clergé de la cathédrale Sainte-Catherine répondit avec empressement aux supplications spirituelles des fidèles. Un Office spécial de prière, pour demander la fin de la guerre civile, fut célébré sous les arches de l'église, qui étaient encombrées par la foule. Par la suite, le doyen de la cathédrale, l'archiprêtre N. Smirnov, avec 2 autres prêtres, le p. Jean et le p. Etienne Fokko, décidèrent d'organiser une procession sacrée dans la ville, avec la lecture de ferventes prières pour la cession de cette guerre civile fratricide.

Plusieurs jours durant, le journal All-Russian Church Social Messenger présenta le témoignage du correspondant de presse d'un quotidien de Petrograd, décrivant ainsi les évènements qui avaient eu lieu : "La procession sacrée a dû être redirigée à cause d'un bombardement d'artillerie, et malgré toutes les prédictions, elle était relativement pleine de monde. Les lamentations et les cris des femmes et des enfants couvraient les paroles de la prière pour la paix. Deux prêtres firent des sermons durant la procession, appelant le peuple à garder son calme, vu les procès qui allaient avoir lieu. J'ai eu la chance de pouvoir clairement entendre que les sermons des 2 prêtres ne contenaient pas la moindre connotation politique."

"La sainte procession s'attarda. La lumière se changea en ténèbres. Les cierges s'allumèrent dans les mains des priants. Tout le monde chantait."

"Précisément à ce moment-là, les Cosaques se retiraient de la ville. Les prêtres étaient au courant. 'N'est-il pas temps d'arrêter les prières?'  'Nous mèneront nos devoirs à leur accomplissement', dirent-ils. 'Ceux qui nous ont quitté, et ceux qui arrivent sont nos frères! Quel mal pourraient-ils nous faire?'. (34)"

Voulant éviter que n'éclatent des combats dans les rues de Tsarskoye Selo, les chefs des Cosaques commencèrent à faire battre en retraite les troupes hors de la ville, au soir du 30 octobre, et au matin du 31, les forces Bolsheviks entraient dans Tsarskoye Selo, ne rencontrant aucune opposition. Un des témoins anonymes de la suite de ces tragiques évènements rédigea une lettre à l'éminent archiprêtre F. Ornatsky, de Saint-Petersbourg, qui était lui-même destiné à recevoir le martyr de la main des autorités athées. L'auteur raconta en des termes simples mais profond la destinée de porteur de la Passion qui échut au p. Jean. "Hier (31 octobre)", écrivait-il, "lorsque les Bolsheviks sont entrés dans Tsarskoye Selo avec la Garde Rouge, ils ont commencé à faire le tour des appartements des officiers de l'armée, opérant des arrestations. Le p. Jean (Alexandrovich Kochurov) fut emporté dans la banlieue de la ville, à la cathédrale Saint-Theodore, et là ils l'assassinèrent, parce que ceux qui avaient organisé la procession sacrée avaient prétendument prié pour la victoire des Cosaques, ce qui n'était sûrement pas vrai et n'aurait pas pu avoir été le cas. Les autres clercs furent relachés hier soir. Ainsi, un nouveau Martyr de la Foi en Christ est apparu. Le défunt, bien qu'il n'était pas à Tsarskoye Selo depuis longtemps, avait gagné l'estime et l'amour de tous, et nombre de gens venaient écouter ses prédications." (35)

Le journaliste de Petrograd mentionné plus tôt reconstitua une terrifiante image du martyre du père Jean et de ses conséquences, établissant ces détails : "Les prêtres furent capturés et envoyés au quartier général du Conseil des Députés des Travailleurs et Soldats, Un prêtre, le p. Jean Kochurov, tenta de protester et de clarifier la situation. Il fut frappé plusieurs fois au visage. Avec des cris de joie et des vociférations, la foule enragée l'entraîna à l'aérodrome de Tsarskoye Selo. Plusieurs fusils furent pointés sur le pasteur sans défense. Un coup claqua, puis un autre, après lequel le prêtre s'effondra sur le sol et le sang macula sa soutane. Il ne mourrut pas immédiatement.. Il fut traîné par ses cheveux, et quelqu'un suggéra 'Achevez-le comme un chien'. Le lendemain matin, le corps fut amené à l'ancien hopital du palais. Selon le journal 'Les Affaires du Peuple', le chef de la Duma d'Etat et un de ses membres virent le corps du prêtre, mais sa croix pectorale était déjà partie..." (36)

Ce dernier détail accompagnant le martyre du p. Jean, comme rapporté par le journaliste, prend une signification spirituelle particulière lorsqu'on le regarde à la lumière de quelques paroles prononcées par le p. Jean 12 ans avant sa mort, paroles qui se sont démontrées avoir été prophétiques. Au fin-fond de l'Amérique du Nord, lorsqu'il reçut sa croix pectorale en or à la cérémonie marquant le 10ème anniversaire de son service presbytéral, il avait dit en insistant : "J'embrassse cette sainte croix, un cadeau de votre amour fraternel à mon égard. Qu'elle soit mon soutien dans les temps de tribulation. Je ne ferai pas de commentaire pathétique disant que j'aurais l'intention de n'en jamais  être séparé même jusque dans ma tombe. Cela résonnerait bien, mais ce ne serait pas prudent. Cet objet n'a pas sa place dans une tombe. Qu'il demeure ici sur terre pour mes enfants et la postérité comme une sainte relique de famille, et comme preuve éclatante que la fraternité et l'amitié sont les choses les plus sacrées sur terre.." (37)

De cette manière, le p. Jean exprima sa gratitude envers ses collègues et son troupeau, ne suspectant pas que cette véritable prière à propos de la fraternité et de l'amitié allait descendre sur le peuple orthodoxe de Russie à une époque où l'amour et la clémence allaient être rares, dans une Russie aux longues souffrances, provoquant une haine sans pitié à son égard de la part des apostats, qui le privèrent de sa vie terrestre et lui arrachèrent sa croix pectorale de son torse, mais ne furent pas à même de lui arracher l'impérissable gloire du martyre orthodoxe.

Au début de novembre 1917, le pouvoir Bolshevik ne parvenait pas encore à un contrôle absolu même dans la périphérie de Petrograd, et la terreur répandue dans tout l'Etat n'était pas encore devenue une partie inévitable de la vie russe. Alors, avec la population de Tsarskoye Selo et Petrograd dans un état d'horreur et d'exaspération complètes, cette première vicieuse exécution d'un prêtre Russe orthodoxe inspira les organes du pouvoir précédent, qui n'était pas encore évincé par les Bolsheviks, de former une commission d'investigation, parmi laquelle siègeront 2 représentants du conseil de la ville de Petrograd. Elle fut bien vite abolie par les Bolsheviks, sans avoir réussi à identifier les meurtriers du p. Jean. (38)

Pour la vie de l'Eglise de Russie, cependant, ce premier martyr d'un pasteur Russe orthodoxe au 20ème siècle était lourde de sens.

Il en surgit une réponse spirituelle profonde dans le coeur de bien des laïcs, clercs et hiérarques de l'Eglise orthodoxe de Russie. L'Office des défunts et ses funérailes dans la crypte de la cathédrale Sainte-Catherine à Tsarskoye Selo (39) furent célébrés par le clergé local en état de choc, dans une atmosphère de grande consternation et d'anxiété. A l'époque, le très révérend Benjamin, métropolite de Petrograd, le futur saint Martyr, participait au Concile de toute l'Eglise de Russie qui avait lieu à Moscou. Quelques jours plus tard après les funérailles, le responsable du diocèse de Petrograd, avec la bénédiction du métropolite Benjamin, publia l'annonce suivante dans le journal "All-Russian Church-Social Herald" :

"Le mercredi 8 novembre, 9ème jour après la mort du père Jean Kochurov, qui fut assassiné le 31 octobre à Tsarskoye Selo, un Office hiérarchique de mémoire sera célébré à la cathédrale Notre Dame de Kazan à 15h00, à l'éternelle mémoire de l'archiprêtre Jean et de tous les Chrétiens orthodoxes qui ont périt durant la guerre civile. Les clercs de paroisses libres d'obligation de service sont invités à cet Office de Commémoraison. Les vêtements devront être blancs." (40)

"Peu après cet Office hiérarchique de Commémoraison célébré à la cathédrale Notre Dame de Kazan, le conseil diocésain de Petrograd publia une proclamation : "Au Clergé et aux Conseils Paroissiaux du Diocèse de Petrograd." Ce fut la première reconnaissance officielle du caractère de martyr de la mort du père Jean prononcée au nom de l'Eglise, mais aussi la première déclaration de l'Eglise pour spécifier les mesures concrètes d'assistance aux familles des clercs persécutés et assassinés par les théomachistes en Russie. Dans ce document, remarquable pour l'histoire de l'Eglise, exprimé avec éloquence et profonde humilité en anticipation des futures persécutions contre l'Eglise, tout empreimt d'une adéquate compassion pour la famille endeuillée du p. Jean, la direction du diocèse de Petrograd réagissait à la mort du premier saint martyr diocésain.

"Chers frères", ainsi commençait la déclaration du conseil diocésain de Petrograd. "Le 31 octobre de cette année, dans la ville de Tsarskoye Selo, un des bons pasteurs du diocèse de Petrograd a souffert le martyre, l'archiprêtre de la cathédrale locale, Jean Alexandrovich Kochurov. Sans la moindre responsabilité de sa part, ni justification, il fut enlevé dans son appartement, traîné vers les faubourgs, et là, dans un champ ouvert, fusillé par la foule possédée..."

"Ce fut avec des sentiments de grande affliction que le conseil diocésain de Petrograd apprit la nouvelle; la peine était considérablement augmentée en réalisant qu'avec la mort de l'archiprêtre, une famille nombreuse était laissée seule, consistant en 6 membres qui sont à présent sans nourriture, abri, ni moyens de subistance."

"Dieu est le Juge des fourbes bandits qui ont violemment mis un terme à une vie encore jeune. Même s'ils échappent impunis au tribunal des hommes, ils ne pourront jamais échapper au jugement de Dieu. Mais notre devoir n'est pas seulement de prier pour la paix de cette innocente âme souffrante, mais aussi avec tout notre amour sincère, de tenter d'apaiser la profonde et incurable blessure qui a été infligée dans les coeurs de tous dans cette pauvre famille endeuillée. Le diocèse et le clergé diocésain sont directement concernés par l'obligation d'aider la famille orpheline du pasteur martyrisé, de leur donner la possibilité de vivre dans le confort matériel, et de fournir aux enfants une éducation appropriée."

"Le conseil diocésain de l'Eglise, mûs par les plus doux sentiments, fait maintenant appel au clergé, aux conseils de paroisses, et à tous les fidèles Orthodoxes du diocèse de Petrograd, avec une ardente supplique, leur demandant avec la plus grande ardeur, pour l'amour du Christ, de tendre en avant une main fraternelle et secourable, et par quelque montant que vous puissiez offrir, de soutenir une pauvre famille laissée à la merci du destin. Grands sont les besoins, et il ne faut pas tarder!"

". . . Son martyre est pour chacun d'entre nous une terrible remise en mémoire, un sombre avertissement. Dès lors, nous devons être prêts à tout. Et pour éviter de telles situations de misère comme celle-ci, nous devons préparer, entre les temps d'épreuve, un fond d'assistance qui devra être utilisé en faveur du clergé sans défense, persécuté, et tourmenté, afin que ceux dans une telle situation, et dans des similaires, puissent recevoir l'aide matérielle de la part de leurs parents en esprit."

". . . Via les doyennes, des listes spéciales seront envoyés à chaque paroisse du diocèse, pour la collecte des dons, rassembler ceux qui sont volontaires, et par les fonds d'Eglise, aider la famille du défunt archiprêtre Jean Kochurov, et aussi pour l'établissement du fond spécial pour l'assistance du clergé dans des circonstances similaires."

"... Une immense tâche requiert des moyens appropriés. Le conseil diocèsain de l'Eglsie espère qu'avec l'aide de Dieu, de tels moyens seront trouvés. La modeste offrande du diocèse et du clergé, faite volontairement, et reposant sur la conscience Chrétienne de chaque personne, fournira l'opportunité de sècher les larmes des orphelins affligés, et un début à l'entreprise de bonne assistance fraternelle, pour laquelle notre clergé a un grand besoin en particulier maintenant..."  "Le tonnerre a résonné; maintenant il est temps de faire le Signe de Croix!" (41)

En une de ses visites régulières à son diocèse durant le Concile de toute l'Eglise de Russie à Moscou, le métropolite Benjamin célébra la Divine Liturgie le 26 novembre, pour la fête patronnale à la cathédrale Sainte-Catherine à Tsarskoye Selo. "La Liturgie se termina par une fervente exhortation du hiérarque, durant laquelle il fit appel au peuple pour l'unité, l'amour et la fraternité", écrivait un correspondant du journal "All Russian Church-Social Herald". "Le métropolite mentionna aussi le terrible évènement, l'assassinat du bien-aimé pasteur de l'église locale, le père Jean Kochurov. Il nota que bien que ceci était une très pénible occasion, cela avait aussi été cause de réconciliations, par la réalisation de l'exemple que le pasteur avait montré, en donnant sa vie par amour pour Dieu et son prochain, par son exemple de martyre."

Le message archipastoral fit grand effet sur tous, et des larmes furent vues sur nombre de visages. Après la Liturgie, la Litie pour les défunts fut célébrée sur la tombe du p. Jean, dans la crypte funéraire de la cathédrale. Après l'Office, le métropolite visita le rectorat, où il rencontra la famille du défunt. (42) Ainsi pour la seconde fois, et à présent par la bouche du hiérarque diocésain qui rappelait le clerc martyrisé de son diocèse, l'Eglise orthodoxe de Russie déclarait la mort du p. Jean comme un martyre.

Le Concile de toute l'Eglise de Russie était justement en cours à Moscou, et cette mort avait profondément touché les coeurs de tous les délégués, faisant jaillir de fortes lamentations. L'archiprêtre P. Mirtov fut désigné pour composer une proclamation exprimant le sentiment du Concile, donnant des informations sur la mort précoce du défunt père Jean Kochurov, tombé victime (de la violence) alors qu'il accomplissait avec zèle les obligations de son rang. (43)

Le très saint patriarche Tikhon était devenu très familier avec le p. Jean durant les nombreuses années qu'ils avaient travaillé ensemble dans le diocèse d'Amérique du Nord et des Aléoutes, et dès lors avait beaucoup de respect pour lui. Exprimant la juste conviction qui s'était formée au Concile, que l'Eglise orthodoxe de Russie avait reçu un nouveau saint martyr par la mort du père Jean, le patriarche envoya une lettre de compassion à Alexandra Kochurova, la veuve du défunt pasteur : "Avec grande affliction, le très saint Concile de l'Eglise Orthodoxe de Russie a reçu le rapport concernant le martyre du père Jean Alexandrovich Kochurov, qui est tombé victime (de la violence) pendant qu'il accomplissait avec zèle les obligations de son rang," écrivait le futur Confesseur, le très saint patriarche Tikhon. "Joignant nos prières à celles du saint Concile pour le repos de l'âme de l'archiprêtre Jean, assassiné,  nous partageons votre grande douleur, et nous le faisons avec un amour particulier, parce que nous connaissions bien le défunt archiprêtre, et avions toujours tenu en haute estime son activité pastorale forte et bien inspirée."

"Nous portons en notre coeur l'espoirt certain que le défunt pasteur, orné de la couronne du martyre, se tient à présent au Trône de Dieu, parmi les élus du vrai troupeau du Christ. Le saint Concile, avec la plus ardente compassion pour votre famille endeuillée, a décidé d'adresser une requête au Saint-Synode pour vous fournir une assistance appropriée."

"Puisse le Seigneur vous aider à supporter l'épreuve que la Providence de Dieu vous a envoyée, et vous préserer vous et vos enfants intacts au milieu des tourmentes et calamités de notre époque."

"Nous invoquons la bénédiction de Dieu sur vous et votre famille." - Patriarche Tikhon[44]

Exactement 5 mois après la mort du p. Jean, le 31 mars 1918, alors que le nombre de clercs assassinés connus du Saint Synode était déjà de 15, la première Liturgie de Commémoraison des Nouveaux Hiéromartyrs et Martyrs de l'histoire de l'Eglise orthodoxe de Russie au 20ème siècle fut célébrée dans l'église du Séminaire Théologique de Moscou, par le très saint patriarche Tikhon, 4 autres hiérarques, et 10 archimandrites et protopresbytres. Durant la Liturgie de Commémoraison et l'Office de Mémorial, lorsque la prière de supplication fut prononcée "Pour le repos des serviteurs de Dieu qui ont péri pour la Foi et l'Eglise Orthodoxe, après avoir mentionné le premier hiérarque assassiné, le métropolite Vladimir, le premier archiprêtre assassiné, le père Jean Kochurov, fut mentionné, lui qui par sa mort en Porteur-de-la-Passion, ouvrit la voie au service offert par les confesseurs, l'assemblée des Néo-Martyrs Russes du 20ème siècle. (5)
AMEN


Traduit du russe en anglais par Anatoly Antonov
Traduit en français par Jean-Michel Dossogne

Sources et Ecrits [1]The Central State Historical Archive of St. Petersburg (CSHA of S.-P.), F. 14 University of Petrograd, 3, f.31575, 1.8, 10. The personal folder of the student Dmitry Alexandrovich Kochurov. [2]CSHA of S.-P., F. 277, 1, f. 3220, par. 1,2,3,4,5,6,8. [3]CSHA of S.-P., F. 19, 113, f. 4167, par. 37. [4]American Orthodox Messenger (AOM), 1907, N14, p. 269. [5]CSHA of S.-P., F. 19, 113, f. 4167, par. 37. [6]AOM, 1898, N24, pp. 681-682. [7]AOM, 1896, N7, p. 117 [8]AOM, 1898, N24, p. 682. [9]Ibid. [10]AOM, 1897, N14, p. 290. [11]AOM, 1900, N10, p. 215. [12]AOM, 1896, N1, p. 14; CSHA of S.-P., F. 19, 113, f. 4167, par. 38-39. [13]AOM, 1898, N24, p. 682. [14]AOM, 1899, N11, pp. 305-306. [15]AOM, 1901, N1, pp. 26, 32. [16]AOM, 1902, N8, pp. 171-173. [17]A. Maltsev, The Russian Orthodox Churches and Institutions Abroad. St. Petersburg, 1906, p. 419 (in Russian) [18]AOM, 1905, N17, pp. 340-341. [19]CSHA of S.-P., F.19, 113, f.4167, par. 40. [20]AOM, 1904, N5, p. 81. [21]AOM, 1905, N17, pp. 340-342. [22]AOM, 1906, N10, p. 206. [23] AOM, 1906, N10, p.206. [24] AOM, 1907, N14, pp. 269-270. [25]CSHA of S.-P., F. 19, 113, f. 4167, par. 37. [26] Circular of the Department of Education of St. Petersburg, from 1907, p. 294. [27]CSHA of S.-P., F.139, 1, f. 11305, par. 28. [28]Tserkovniye Vedomosty, a newspaper, 1912, N18, p. 128. [29]Ibid, 1916, N18-19, p. 167. [30]CSHA of S.-P., F. 19, 113, f. 4333, par. 12. [31]Tsarskoselskoye Delo, 1916, 18 Nov. [32]CSHA of S.-P., F. 19, 113, f. 4366, 1.20. [33]Vserosiysky Tserkovno-Obschestvenniy Vestnik (VTOV), 1917, 5 Nov. [34]Ibid. [35]Ibid. [36]Ibid. [37] AOM, 1905, N17, pp. 340-342. [38]VTOV, 1917, 5 Nov. [39] VTOV, 1917, 1 Dec. [40] VTOV, 1917, 7 Nov. [41] Tserkovniye Vedomosty, 1917, N48-50, pp. 2-3. [42] VTOV, 1917, 1 Dec. [43] VTOV, 1917, 2 Nov. [44] VTOV, 1917, 15 Dec. [45] Pribavleniye k Tserkovnym Vedomostyam, 1918, N15-16, p. 519.

[*] note du traducteur vers le français : la vie spirituelle dans les villes de la Russie "Orthodoxe" n'était en tout pas ce qui semblait le plus évident à saint Séraphim de Sarov ou saint Jean de Cronstadt. Au contraire, sous des dehors de vie spirituelle se cachait une terrible absence de vie de Foi. La culture remplaçait la Foi. Des rites, des coutumes, oui, beaucoup, et si différents de tout ce qu'on pouvait trouver ailleurs. Mais pas de vie spirituelle réelle.
S'il en avait été autrement, jamais la Révolution Socialiste Bolshevik n'aurait eu lieu. Le Tribunal de l'Histoire est cruel face aux illusions et aux faux-semblants de nos belles histoires.. Et l'oubli actuel, flagrant, de cette expérience du passé ne met pas ce pays à l'abri d'y voir se répèter les mêmes évènements : la vie spirituelle réelle y est toujours aussi absente. Jean-Michel.





Textes à traduire plus tard :

Saints Spiridon et Nicodème, boulangers de Prosphores de la Laure des Cavernes de Kiev, proches cavernes (12e s.)

Apôtre Epimachus d'Alexandrie






[ et la grosse farce mythologique du jour, made in Byzance :
Saints Stachias, Amplias, Urban, Narcissos, Apellias et Aristobule des 70 Disciples (1er s.)
http://www.oca.org/pages/orth_chri/Feasts-and-Saints/October/Oct-31.html#stakhias
[ On mèle saint Aristobule, dont voici l'icône, avec le mythe Stakhis. Ce mythe ne vaut tripette. Tandis que les évangélisateurs dans le sud de la Grande-Bretagne, en nos terres Celtes, leur présence est archéologiquement attestée dès la plus haute antiquité. Ce qui a une toute autre valeur que des "vénérables traditions" inventées 6 ou 7 siècles plus tard... Je ne traduirai bien entendu pas cette mystification à but hautement politique. Voir la rubrique sur saint André sur cette page-ci : http://www.amdg.be/tu_es_petrus.html

Cliquez sur l'icône pour la voir en grand :

Saint Aristobule, Apôtre de la Celtie, prie Dieu pour eux et nous!
Kyrie eleison! JMD. ]




Dans le livre "Saintes et Saints de Belgique au 1er millénaire", nous trouvons à ce jour :
http://www.amdg.be/amdg12.html "sanctoral Belgique"
[je ne placerai ici des vies de saint(e)s tirées de ce livre que de manière exceptionnelle : il vaut l'achat!]








Dans le livre en néérlandais "Vergeten Helden", volume "october", nous trouvons à ce jour:
http://www.amdg.be/ed-pervijze.html




D'après le sanctoral des RP Bénédictins, éditions Letouzey & Ané 1936, on trouve entre autres :

SAINT FOILLAN, ABBÉ DE FOSSES (+ 655?)

http://www.amdg.be/sankt/feuillen.html

[ et pour terminer, la mythologie Grecque à nouveau élevée au rang d'hagiologie Chrétienne... Kyrie eleison! JMD ]

A Constantinople, saint Stachis, évêque, qui fut ordonné premier évêque de cette ville par le bienheureux André, apôtre (?).
Notre martyrologe écrit Stachis sans "y", à tort semble-t-il. Stachis (prononcez "kis") est un nom grec qui signifie "épi, fruit". Il est question d'un Stachys dans l'épître aux Romains (16, 9) "Saluez Urbain.., et mon bien cher Stachys". Cet Urbain a été nommé dans la notice précédente. De Stachys on ne sait rien que des racontars recueillis par les Grecs : saint André l'aurait établi premier évêque de Byzance; Stachys aurait fondé l'Eglise d'Argyropolis dans le voisinage. Ces contes ont été imaginés vers 800, croit-on, par des faussaires qui signaient Épiphane, Dorothée, Hippolyte. Leurs élucubrations ont passé dans la littérature sur les disciples des apôtres et ont alimenté les chronographes (Acta sanct., 31 octobre, t. 13, p. 687-698; Bibtioth. hag. gr., n. 150-153; Synax. Eccl. Const., col. 177; 180, 50; 785; Th. Schermann, Propheten und Apostellegenden, p. 185-187).

[ c'est non pas une légende, histoire qui aurait donc des fondements historiques, mais la pure mythologie, le gros mensonge, que se sont inventés les Grecs pour prétendre à une ancienne existence de leur capitale ecclésiastique 3 siècles avant qu'elle ne soit fondée par Constantin le Grand. N'oublions pas que sur ce mythe pur et dur, on continue de former les enfants de cette Eglise. Comme on fait de même pour Rome avec Pierre... Le mensonge est l'arme de satan : ils mentent, le résultat n'est pas de Dieu, c'est la haine, la division et même les guerres. Quand cessera-t'on enfin d'honorer comme "vénérables traditions" tout ce tas de répugnants mensonges?! Kyrie eleison. JMD ]
Voir : http://www.amdg.be/tu_es_petrus.html





Textes à corriger plus tard :



A Cologne, sainte Notburge, vierge (+ vers 715?).
Notburge (Noitburge) était nièce, dit-on, de la bienheureuse Plectrude, femme de Pépin d'Héristal. Elle serait entrée au monastère Sainte-Marie du Capitole, fondé à Cologne par sa tante. Nous avons une petite légende de Notburge, peut-être du xIiie siècle, où le Christ la fait mourir à la fleur de l'âge pour lui éviter un mariage quila désolait. Ses reliques allèrent aux chartreux de Beatenberg près de Coblence, vers la fin du Moyen Age. Une église Sainte-Noitburge est signalée à Cologne en 1188 et vers 1250 (Acta sanct., 31 octobre, t. XIII, p. 836-845; E. Forstemann, Altdeutsches .Namenbuch, t. i, 1900, col. 1165; Erhard Winheim, Sacrarium Agrippinie, Cologne, 1607, P. 19, 305 [et non 305 bis], 312, 319 [à la fin du vol., notre exemplaire porte 119 par erreur brachium B. Noithburgis in Carthusia, 31 Novemb.]; J. Molanus, Indiculus sanct. Belgii, Anvers, 1583, calendrier final, 31 octobre; Id., Natales sanct. Bel gii, Douai, 1616, foI. 235; Anal. bol., t. ~vi, 1938, p. 193, 199; P. Clemen-H. Rathgens, Die Kunstdenkmaler der Stadt Kiln, t. n, fasc. I, Dùsseldorf, 1911, p. 100-102, 222; Annalen des hist. Vereins fur den Niederrhein, t. LXXV, 1902, p. 53 sq.; Quellen zur Gesch. der Stadt Kôln, t. n, 1863,. p. 404; A.-M. Zimmermann, Kalend. bened., t. ~n, p. 238, 241; t. n, p. 557; E. de Moreau, Hist. de l'Église en Bel gique, t. i, 1945, table, p. 371, Plectrude; notices de deux autres saintes nommées Notburge, dans notre t. ix, p. 288-289).


SAINT QUENTIN, MARTYR (3ième SIÈCLE)
Quinctinus est un nom latin venu de Qui ntus ou Quinctius, "cinquième". Il désigne l'enfant né après Quartus, avant Sextus ou Sestius.
Avec saint Quentin, nous retrouvons le "cycle de Rictiovar", déjà rencontré dans ce volume aux 5 et 6 octobre, mais surtout au 18 et au 25, avec les martyrs de Trèves, puis Just et les savetiers immortels (mais fabuleux, hélas!) Crépin et Crépinien.
Rictiovar, persécuteur purement légendaire aux yeux de L. Duchesne et de H. Delehaye, pourrait avoir bel et bien existé selon C. Jullian. Ce serait un barbare, préfet militaire d'auxiliaires barbares, et spécialiste de la police des routes surtout entre Reims et Amiens, sous Maximien. La biographie peut suivre ses itinéraires de justicier sur nos grandes routes romaines. Quentin d'Amiens ou de Vermand trancherait sur son habituel gibier de martyrs ruraux, établis ou de passage auprès de mansiones campagnardes.
Malheureusement la "Vita" de Quentin est un document sur lequel on ne peut se fonder : Romain d'origine, il vient prêcher en Gaule avec saint Lucien de Beauvais. Lui se fixe à Amiens et c'est là que Rictiovar l'arrête.
Les manuscrits du martyrologe hiéronymien annoncent diversement notre saint : "A Augusta Veromandorum [Vermand, puis S.-Quentin], saint Quentin, martyr", ou : "Dans le territoire des Amiénois, saint Quentin, martyr". Saint Bède l'a mis dans son martyrologe, vers 735, et il est parvenu jusqu'à Baronius, transmis par les martyrologes "classiques". Saint Grégoire de Tours (In glor. mart., C. LXXII Ou LXXIII) nous dit que le corps de Quentin, noyé, fut retrouvé grâce à une pieuse aveugle. Dès qu'il fut tiré de l'eau, la femme recouvra la vue. C'était cinquante-cinq ans après le martyre. Saint ~1oi, évêque de Noyon, aurait retrouvé au VIle siècle les'reliques de saint Quentin - de même qu'il retrouva les reliques de plusieurs autres saints. Un recueil de miracles, jusqu'à 827, parle en appendice d'une translation de 835 en une église neuve que l'abbé Fulrad avait fait bâtir. Le 4 novembre 1950, Mayence a reçu avec solennité une relique de notre saint.
Le martyr du 111e siècle a donné son nom à la plus grosse ville du département de l'Aisne (50 000 hab. avant la guerre de 1939). Sa basilique est l'honneur de la cité, au sommet d'une colline de craie défendue par la Somme et par un ravin. Vers le milieu du yje siècle, l'évêque, qui avait d'abord résidé dans la capitale des Veromandui, transporta sa résidence à Noyon pour plus de sécurité. Étape sur la route des Flandres, la ville voyait affluer les pèlerins au tombeau du saint martyr, et les marchands qui fréquentaient les foires champenoises. Au xie siècle, la puissante cité reçut sa charte communale. Des métiers se fixèrent auprès de la route commerciale. Leur travail, hélas! se vit interrompu au xvie siècle par l'invasion espagnole, au xxe par l'invasion allemande poussant vers Paris.
Bibl. - Acta sanct., 31 octobre, t. x p. 725-820. - R. Bossuat, Manuel bibliogr. de la litt. franç. du Moyen Age, 1951, n. 3369-3370, 5808-5813. - Mon. Germ. hist., Poeto lat. medii ~evi, t. iv, fasc. s, p. 977-1003; textes déjà publiés dansAnal. boit., t. xx, 1901, p. 5-44, 158, ou plus précisément p. 13-29, 30-36, 37-44. - H. Delehaye, Comm. martyrol. hieron., p. 580. - C. Jullian, Notes gallo-romaines, c, Le cycle de Rictioear, dans Rep. des études anc., t. xxv, 1923, p. 367-378 (résumé dans Dict. d'archéoi. chrét. et de lit., t. xiv, col. 2419-2422, art. Rictiovarus(; Hist. de la Gaule, t. vu, 1926, p. 70-71. Notes sur le culte S. Quentin paraît dans des " litanies carolines " de Soissons, vers la fin du visse siècle; litanies à l'usage de Corbie, vers le début du "xe siècle; litanies dites de Charles le Chauve, à l'usage de S.-Denis, entre 842 et 869; litanies de Miinstereifel, au diocèse de Cologne, du xe siècle; de S.-Germain-des-Prés, vers 1050; litanies gantoises du psautier de Ste Wivine, entre 1100 et 1150. A Mayence, dès l'époque carolingienne, il y avait une église S.-Quentin. Des paroisses alsaciennes l'ont pour titulaire. Il aurait eu une relique à l'abbaye S.-Géry de Cambrai, si on lit Quintini au lieu de nuntii. H. Quentin, Les martyrol. hist. du Moyen Age, p. 89, 349, 464, 483. - V. Leroquais, Les sacramentaires et les missels mss t. iii, p. 404; Les bréyiaires mss t. y, p. 260.
Sur la crypte du saint, cf. G. Bapst, Le tombeau de S. Quentin, dans Rep. archéol., II1~ sér., t. xxv, 1889, p. 268-275; J. Hubert, L'art préroman, Paris, 1938, p. 23; A. Grabar, Martyrium, t. s, Paris, 1946, p. 485. - Atlas Vidal-Lablache, 1930, p. 18. - Vidal de la Blache-Gallois, Géogr. univ., t. vs-2, p. 465, par A. Demangeon. - Au musée de Cluny, à Paris, belle tapisserie (vers 1450( représentant un miracle de S. Quentin cf. Guide sommaire, 1949, p. 18. - Inyentaire des dessins et estampes relatifs au dép. de l'Aisne..., légués à la Bibi. nat. par M. Ed. Fleury, rédigé par M. H. Bouchot, 1887, p. 316.




D'après les Petits Bollandistes, 7ième édition, Bar-le-Duc 1876, entre autres :

p.56-57

Au diocèse de Verdun, saint Quentin, martyr, dont nous donnerons la vie au jour suivant. 303.



SAINTE NOITBURGE OU NORTBURGE, VIERGE À COLOGNE (8ième s.)
Cette vierge illustre était nièce (d'autres disent fille) de Pépin d'Herstal, tige de nos rois de la seconde dynastie, et de sainte Plectrude, qui l'éleva dans les plus purs sentiments de la vertu. Les soins que lui prodigua la pieuse princesse ne demeurèrent pas stériles : Notberge fit paraître, dès ses jeunes ans, tant d'innocence, de pureté de coeur, de détachement des vanités et des plaisirs mondains, d'amour pour Jésus-Christ et de dévotion pour Sa sainte Mère, qu'on put deviner la sainteté de sa vie future. Grande selon le monde, elle devint plus grande encore en roulant le monde aux pieds.
Lorsque sa tante chérie, le coeur brisé de la liaison adultérine de son mari avec la factieuse Alphaïde, adultère dont naîtra Chartes-Martel, se retira dans la ville de Cologne, elle la  suivit, et lui demeura unie, comme si elle eût été sa fille. Elle lui rendit tous les services d'une compagne fidèle, et lui prodigua toutes les consolations de la plus tendre des amies. Plectrude, dégoûtée du siècle, ayant fondé en couvent de filles nobles en cette ville, Notburge y entra, pleine de joie de se consacrer au Seigneur dans la vie monastique. Elle vécut dans ce monastère, comme une personne entièrement morte au monde, et ne respirant plus que pour le Ciel. L'oraison devint son occupation la plus douce; jamais elle ne perdait de vue la présence de Dieu; elle édifiait toutes ses compagnes par une ferveur merveilleuse et une exactitude parfaite à tous ses devoirs; elle menait une vie d'ascète digne des Mères du Désert d'Egypte.
Cependant ses cousins, Drogon et Grimoald, fils de Pépin, qu'elle intéressait beaucoup, essayèrent de l'arracher à ce saint monastère, avant qu'elle soit définitivement engagée. Ils formèrent le projet de la marier à un grand seigneur, afin de se créer par là une nouvelle alliance à même de servir leurs intérêts temporels et politiques. Les femmes de la noblesse, en ce temps-là, étaient rarement considérées Chrétiennement... Mais Dieu, qui veillait à la garde de la pieuse et noble vierge, exauça les voeux de son coeur. Elle échappa aux pressions de ses 2 parents du fait de la mort de chacun d'eux. Elle en fut vivement peinée, mais elle se réjouit fort de se voir délivrée de leurs instances, et de se trouver libre de se donner toute à Dieu.
La fidèle amante du Sauveur, se croyant dégagée à jamais de toute tentative du côté du monde, ce songea plus qu'à se livrer aux délices de l'amour divin; mais elle avait compté sur une paix qui ne lui était point réservée. D'autres parents poursuivirent le projet de ses cousins; se voyant pressée trop vivement, et ne sachant plus à qui s'adresser sur terre pour obtenir la liberté de disposer d'elle-même à son gré, elle s'adressa au Christ, dans l'ardeur de sa Foi, Le suppliant, avec beaucoup de larmes et de soupirs, de ne pas permettre qu'on puisse la Lui arracher, pour la livrer à un prince de ce monde. Elle lui demanda dès lors de lui reprendre plutôt la vie, en la retirant de ce misérable monde.
Notburge pria si fort que son Epoux céleste l'exauça. Peu de temps après elle tomba malade, et sa maladie n'eut point de guérison. Elle finit par rende à son Bien-Aimé une âme pure et sans tache, pour être couronnée dans Sa Gloire. Les Anges portèrent son âme au délicieux jardin de l'Epoux des vierges, et le Ciel permit que son corps devint un instrument de miracles : il fut une source de vie et de santé pour ceux qui en approchaient. Comme on portait ses restes inanimés à l'église de Saint-Pierre, il s'y rencontra le cadavre d'un homme qu'on allait confier à la terre; dès que ce corps eut approché de celui de Notburge, il fut rendu à la vie. Toute la ville de Cologne  fut édifiée de ce prodige. Il se fit tant d'autres miracles à son tombeau, que l'église où il se trouvait prit le nom de Sainte-Noitburge. Ses reliques se conservaient à la fin du 19ème siècle dans l'église de la Chartreuse de Cologne.
"Vie de sainte Noitburge", par m. le curé de Vitel.





Textes à corriger plus tard :





légende de SAINT QUENTIN DE ROME, APÔTRE D'AMIENS, MARTYR EN VERMANDOIS (+ 303)
p.58-70
p.699-701


SAINT WOLFGANG DE WELTEMBOURG, évêque de Regensburg (Ratisbone) (+ 994)
p.70-74




==================================================

que les saints Anges du Seigneur veillent sur vous!

jean-michel


Retour bibliothèque www.amdg.be