31 Octobre
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Bonsoir ami(e)s des saint(e)s, qu'ils soient Celtes ou non, d'ici ou d'ailleurs!
En Belgique, SAINT FEUILLEN DE FOSSES-LA-VILLE, depuis des siècles
à l'honneur des Autels. Vies en fin de message.
Saint Feuillen est un des 2 saints patrons de la communauté paroissiale de l'Entre-Sambre-et-Meuse,
de Foi et rites Orthodoxes (paruchia / metochion / podvorje, pas "paroisse" dans le sens moderne du terme).
C'est le pays qu'il a sanctifié de son sang, et où une telle paroisse
de Foi et rite Orthodoxes existait déjà en son temps. Une difficile tentative
de restauration de l'héritage spirituel de nos Pères et Mères de l'Eglise plantée
ici par le Christ.

Dans l'Eglise de Rome & ses dépendances non-canoniques :
Vigile de la Toussaint - je vous souhaite une sainte préparation
de la "fête des Ressuscités".
Originellement, l'Eglise apostolique dans notre pays fêtait aussi
la Toussaint au 1er novembre. Donc nous aussi. Vivement la restauration de l'Eglise!
Marana Tha, Seigneur Jésus!
Nous avons au calendrier byzantin (datation grégorienne), en
plus d'une partie des saints ci-dessous :
Saint Jean Kochurov, premier martyr du Christ de la longue liste de victimes de la Révolution communiste;(Etc.)
Que Notre Seigneur Jésus-Christ, qui est béni dans Ses
saintes et saints, par leurs prières, nous fasse
miséricorde.
To: "[celt-saints]"<celt-saints@yahoogroups.com>
From: emrys@globe.net.nz>
Date sent: Thu Oct 30, 2003 1:02 am
Send reply to: celt-saints-owner@yahoogroups.com
Subject: [celt-saints] 31 October
Saints Celtes et anciens saints Anglais - 31 Octobre
(traduction personnelle http://www.amdg.be )
=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=
* Saint Erth de Cornouailles
* Saint Feuillen de Fosses-la-Ville
* Sainte Bega
=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=
Saint Erth de Cornouailles (de Slane)
(Erc, Ercus, Herygh, Urith)
-----------------------------------------------------
Mort vers 512; fêté en Irlande le 2 novembre. Saint Erth,
frère de saint Uny et saint Ia (Yves) (3 février),
était la seule personne qui rendit hommage à saint
Patrick lors de la confrontation de ce dernier avec les druides sur la
Colline de Slane. Patrick en fit plus tard un prêtre puis un
évêque. Un distique attribué à saint Patrick
rapporte ceci :
"L'évêque Erc,
Tout ce qu'il jugeait l'était avec justice :
Quiconque rend un juste jugement
Recevra la bénédiction de l'évêque Erc."
Erc aurait formé le jeune saint Brendan le Navigateur (16 mai)
dans son église à Tralee. Saint Erth est aussi le
fondateur de la célèbre école de Slane, où
le roi Dagobert 2 recevra sa prime éducation.
Le martyrologe de Gorman, au 12ième siècle, l'appelle
"Erc de Slane, évêque de Lilcach et de Ferta Fer Feic
près de Sid Truim depuis l'Ouest.' Apparement, il fera la
traversée d'Irlande jusqu'en Cornouailles, où une
église et un village de saint Erth sont dédicacés
sous son patronage (Bénédictins, Farmer, Montague).
Tropaire de saint Herygh ton 8
A près de 80 ans tu vins gratifier la terre des Cornouailles de ta présence divine, O père Herygh./
Alors prie Dieu pour nous,/
Afin que nous osions dévouer chaque année de nos vies à Son service,/
Qu'à la fin nous soyons trouvés dignes du Salut éternel.
Saint Feuillen de Fosses-la-Ville, abbé
(Foillan, Faillan)
-----------------------------------------------------
Né en Irlande; mort en Belgique vers 655. Saint Fursey (16
janvier) avait 2 frères, saints Feuillen et Ultain (1er mai),
qui partirent pour l'Angleterre avec lui vers 630. Là ils
bâtirent le monastère de Burgh Castle en Suffolk
près de Yarmouth, et devinrent des moines missionnaires parmi
les Est-Angles.
Quand Fursey partit pour les Gaules, Feuillen lui succéda comme
abbé, mais lorsque Penda le Mercien fit piller et
détruire le monastère, Feuillen et Ultan suivirent leur
frère et traversèrent la mer.
Ils furent acceuillis par le roi Clovis 2 de Neustrie. La sainte
abbesse Ide de Nivelles (8 mai) donna à Feuillen des terres
à Fosses-la-Ville, Belgique, où il fonda un
monastère et entama les oeuvres missionnaires parmi les
Brabançons du pays avoisinant, sur lesquels il fit grande et
durable impression. Il garda de très étroits liens avec
le monastère de sainte Gertrude à Nivelles, et ce fut
l'occasion de sa fin anticipée : En revenant d'avoir
célébré la Messe à Nivelles, il fut
agressé par des bandits dans la forêt de Seneffe et
assassiné avec 3 compagnons. Leurs corps ne furent
retrouvés que 3 mois plus tard. Ultan succéda à
Feuillen comme abbé de Fosses, et lui aussi fut
vénéré comme saint.
En Septembre, tous les 7 ans à Fosses, il y a une procession
spectaculaire, appellée "Marche de saint Feuillen", pour honorer le
saint. Les reliques de saint Feuillen sont honorées par une
garde montée officielle et on tire 7 salves de salut le long de
la route de la procession (Attwater, Delaney, Encyclopaedia, Montague).
Feuillen est dépeint en évêque avec 2 hommes en armes à ses pieds.
On le montre aussi parfois :
(1) refusant la coupe à la table de Pépin;
(2) portant des charbons ardents dans son vêtement pour l'encensoir;
(3) priant devant l'église pendant que la ville brûle;
(4) s'agenouillant, transpercé d'une lance;
(5) battu avec un baton; ou
(6) avec une épée et palme (Roeder).
Feuillen est le saint patron des nourrices d'enfants, des dentistes,
des chirurgiens et des bandagistes (Roeder). Il est grandement
vénéré tant en Irlande que dans le nord de la
France (Montague).
Tropaire de saint Foillan ton 8
Des bandits païens t'offrirent la courone du martyre, O juste Feuillen,/
Car ta vie était un reproche pour les impies et les cruels./
Ayant oeuvré avec tes saints frères, nos pères Fursey et Ultan,/
En Est Anglie puis en Belgique,/
Prie Dieu pour nous, qui t'en supplions, afin que tant en paroles qu'en actes/
Nos vies puissent être des témoignages missionnaires, afin
d'être trouvés dignes de Sa grande Miséricorde.
Sainte Bega, Anachorète à Saint-Bee's Head, Cumberland,
Fondatrice d'un monastère près de Whitehaven, Vierge
(Bee, Begh, Begha, Begu)
-----------------------------------------------------
Principal jour de commémoration le 6 septembre
en anglais : http://groups.yahoo.com/group/celt-saints/message/1286
en français : http://www.amdg.be/sankt/sep06.html
Morte en Cumberland, en 681. Voici encore une sainte
problématique, où les faits et la fiction se
mèlent, et peut-être, l'histoire de plusieurs personnes du
même nom. Une Bega est Irlandaise; l'autre Anglo-Saxone. Comme
toujours, on constate que l'histoire a un fondement, mais il est
impossible à déterminer à qui chaque
élément de l'histoire se rapporte. C'est pourquoi je vous
donne les éléments qu'offrent chaque source.
La vierge Irlandaise sainte Bega, princesse légendaire, s'enfuit
le soir de son mariage avec le fils d'un roi de Norvège, portant
un bracelet miraculeus présenté par un Ange comme gage de
ses épousailles avec le Seigneur Jésus-Christ. Elle fut
miraculeusement transportée par delà la mer d'Irlande
jusqu'en Cumberland, Angleterre.
Elle y vécut en ermite un certain temps, mais sur conseil du roi
saitn Oswald (9 août), elle reçut le voile de Saint Aidan
de Lindisfarne (31 août). Par la suite elle fonda un couvent sur
le promontoire de Saint Bee's Head (Copeland), en Cumberland,
qui fera florès 900 durant avec les dons des rois saint Oswald,
saint Oswin (20 août), et d'autres. Comme abbesse, elle fut
vénérée pour son aide en faveur des pauvres et des
opprimés. L'abbaye perpétue toujours sa mémoire,
comme le fait le nom d'un village d'Ecosse, Kilbees.
2 autres saintes homonymes sont mentionnées par les hagiographes
en Yorkshire et une abbesse à Kilbees. Une moniale Anglo-Saxone
appelée Heiu ou Bego, fit aussi profession auprès de
saint Aidan. Selon saint Bède (25 mai), elle abdiqua son
abbatiat de l'abbaye d'Hartlepool en faveur de la princesse royale
sainte Hilda (17 novembre). Il rapporte aussi que pendant que Begu
était novice maîtresse dans un autre couvent, elle eut la
vision de sa bien-aimée Hilda, entourée d'une
lumière céleste, montant aux Cieux pendant que les
cloches appelaient les soeurs à la prière. La
communauté fut aussitôt rassemblée dans la chapelle
pour prier pour le repos de l'âme d'Hilda. Le lendemain matin,
des messagers arrivèrent avec la nouvelle du décs de
l'abbesse de Whitby.
Vers 1125, les moines de Whitby cherchaient des reliques pour remplacer
celles d'Hilda, qui avaient été transférées
à Glastonbury - ils avaient celles de saint Caedmon (11
février) mais peu étaient intéressés par
lui.. Grâce à une révélation, on
trouva un sarcophage à Harkness portant l'inscription "Hoc est
sepulchrum Begu" et son contenu fut transféré à
Whitby, où des miracles furent constatés.
L'origine du nom du village de Kilbees et de la pointe de terre sur la
côte du Cumberland est une affaire incertaine. Il semble plus
probable qu'ils ont reçu le nom d'après la Bega
Irlandaise que d'après celui d'une des 2 moniales
Northumbriennes du 7ième siècle, Begu et Heiu,
mentionnée par Bdèe. Il y a une légende
médiévale affirmant que les serments faits sur le
bracelet de Bega étaient acceptés sans
hésitation. (Attwater, Bénédictins, D'Arcy,
Encyclopaedia, Farmer, Montague, Moran).
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Par l'intercession de sainte Bee et de tous les Saints de Grande-Bretagne,
Christ notre Dieu, fais-nous Miséricorde et sauve nous!
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Un livre en anglais à lire sur sainte Bee :
"CREDO" by Melvyn Bragg
2 lecteurs en disent ceci :
alan.davies@d... , 14 Août 1997. Un énorme livre, balayant
une épopée historique, rédigé par un
écrivain supérieurement érudit. Ce gros bouquin
(780 pages reliées) parcourt l'Angleterre et l'Irlande des
années 650 apJC. C'est un exposé fort érudit
(Bragg est un diffuseur d'art très en vue en Grande-Bretagne),
une fiction explorant sainte Bega et tout ce qu'il y a de traits de
caractères réels, les mettant en parallèle avec la
religion et la politique de l'époque (et les acteurs principaux
du Synode de Whitby). Il est très agréable à lire,
plein d'action, avec nombre de récits plausibles et
d'observations historiques passionnantes. Comme il s'agit d'un gros
livre, musclez d'abord vos avant-bras!
simonfunnell@b... de Londres, Angleterre, 11 juillet 1999. La vie en
Grande-Bretagne au 7ième siècle est mise en question..
"Credo" par Melvyn Bragg est époustouflant. C'est si bien
documenté et si bien écrit que les vies décrites
restent dans votre tête longtemps après que vous ayez
refermé le livre. C'est une bataille classique; entre les
païens et les Chrétiens, et entre les Chrétiens
Celtes et les Chrétiens romains, resituée dans cette
époque violente et troublée de l'Histoire.
Ce livre a été réimprimé sous le titre "The
Sword and The Miracle", mais est encore disponible sous "Credo."
Sources:
========
Attwater, D. (1983). The Penguin Dictionary of Saints, NY: Penguin Books.
Benedictine Monks of Saint Augustine Abbey, Ramsgate. (1947). The Book of Saints. NY: Macmillan.
Bentley, J. (1986). A Calendar of Saints: The Lives of the Principal Saints of the Christian Year, NY: Facts on File.
Delaney, J. J. (1983). Pocket Dictionary of Saints, NY: Doubleday Image.
Encyclopaedia of Catholic saints, October. (1966). Philadelphia: Chilton Books.
Roeder, H. (1956). Saints and Their Attributes, Chicago: Henry Regnery.
Montague, H. P. (1981). The Saints and Martyrs of Ireland. Guildford: Billing & Sons.
White, K. E. (1992). Guide to the Saints, NY: Ivy Books.
*******************************
Ajouts personnels :
SAINT FEUILLEN DE FOSSES-LA-VILLE
http://www.amdg.be/sankt/feuillen.html
Photos, Liturgie originelle, icône, reliques, cantiques, office, etc!

haute Croix Celtique en pierre, posée fin du 20ième s. par la paroisse romaine de Fosses
Saint Feuillen est aussi connu en Norvè!
http://www.katolsk.no/biografi/ffosses.htm
traductions personelles (c) : http://www.amdg.be ;
Du Synaxaire Copte Orthodoxe : 
http://www.copticpope.org
http://www.copticcentre.com/synaxarium.pdf
http://www.mycopticchurch.com/saints/

1. Commémoration de la Theotokos (Mère de Dieu).
2. Commémoration de la Relocation du corps de Lazare.
3. Départ du saint prophète Joël.
4. Départ de saint Freig (Abba Tegi, Anba Roweiss).
1. En ce jour, nous célébrons la commémoration de
Notre Dame, la Mère de la Lumière, la Vierge sainte
marie. Salut à Toi, O Marie, la Mère de Dieu, le Verbe
éternel, parce qu'à travers Toi vint le Salut pour
l'humanité.
Que Son intercession soit avec nous. Amen.
4. En ce jour aussi de l'an 1405 apJC. (1121 des Martyrs) Saint Freig,
aussi appelé Abba Roweiss, partit.
Ce saint était d'un village appelé Miniet-Yamin (à
130 km au nord du Caire). Son père s'appelait Isaac, et sa
mère Sarah. Lorsqu'il naquit, ils l'appelèrent Freig. Il
travailla à la ferme avec sonpère, et avait un petit
chameau sur lequel il transportait du sel pour aller le vendre. Il
appellait son chameau "Roweiss" (c'est-à-dire petite
tête). Le chameau avait l'habitude de poser son museau contre sa
joue, comme s'il l'embrassait. Par humilité, il s'appelait
lui-même du nom de son chameau.
Les persécutions s'abattirent sur les Chrétiens,
dès lors il vint au Caire, et n'ayant ni maison ni abri, il s'en
alla de lieu en lieu. Il passait le plus clair de ses nuits en
prière et supplications. Il ne possédait pas de manteau
ni d'autres vêtements ni rien pour se couvrir la tête. Il
était nu, ne portant qu'un pagne, et était donc aussi
nu-tête. Il ressemblait aux ermites du désert; ses yeux
étaient rouges de tant pleurer, et il ne coupait jamais ses
cheveux. Il était un homme de peu de paroles - un jour, un
mauvais homme l'insulta vertement mais lui n'ouvrit pas même la
bouche. Saint Marc El-Antoni était présent à ce
moment-là, et il chassa le mauvais homme.
Durant la dernière partie de sa vie, il disait sans arrêt
: "O Vierge, emporte-moi, car ma charge est si lourde."
Il voulait parler du poids du péché du peuple qu'il
portait, car souvent il leur faisait des reproches bien qu'ils ne
l'écoutaient pas.
Il vécut aux temps du saint père le Pape Mattheos,
87ème Patriarch, et de Saint Marc El-Antoni, aux jours du sultan
El-Zaher Barkuk. Il s'enferma dans une petite cellule là
où se trouvait son disciple, Michel le Bâtisseur, à
Meniet Syreg. Il y demeura 9 ans, jusqu'à son départ, le
21ème jour du mois de Babah de l'an 1121 des Martyrs. Il fut
enterré dans l'église de la Vierge, à Deir
El-Khandaq. Il accomplit nombre de miracles, guérissant les
malades, prophétisant et en sauvant beaucoup de leurs
problèmes.
Puisse son intercession être avec nous, et Gloire soit à
Dieu à jamais. Amen!
Du site de l'Eglise Orthodoxe Serbe en Amérique du Nord
http://www.westsrbdio.org/prolog/prolog.htm

http://pomog.org/ochrid.html
( site de l'Eglise Russe Hors Frontières aux USA, calendrier julien )
3. Saint Martyr Nicolas de Chios.
Jeune dévot fort zèlé pour la Foi
Chrétienne, Nicolas naquit au village de Karyes sur l'Ile de
Chios. Il fut torturé et décapité par les Turcs en
1754, et rendit sa juste âme entre les mains de Dieu.
4. Saints Spiridon et Nicodème.
Moines et fabriquants des prosphores au monastère des Cavernes
de Kiev. Spiridon était illettré, mais il connaissait le
Psautier entier par coeur, et accomplit des miracles de son vivant. Il
entra dans le repos en 1148.
Saint Nicolas Velimirovitch, évêque d'Ochrid, Serbie (+
05 mars 1958), rescapé de Dachau puis des persécutions communistes, auteur de ce Sanctoral "Prologue d'Ochrid".
Du site de l'Eglise Orthodoxe Russe en Amérique du
Nord 
http://ocafs.oca.org/
Sainte Maura de Constantinople
Sainte Maura vécut en ascète à Constantinople,
où elle fonda un monastère. Elle y mourrut au 5ème
siècle.
100.000 Martyrs de Tbilisi, tués par les Mongols
Hiéromartyr Archiprêtre Jean Kochurov, sous le joug des Bolchéviques (+ 1917)
http://www.oca.org/pages/dwp/dwp.asp?dayid=1031

icône de la cathédrale de la Sainte Trinité, Eglise
Orthodoxe de Russie, Chicago, Illinois, USA.
Prêtre-martyr Jean Kochurov - Amérique du Nord, New York -
Moscou, Russie - Finlande (+ 1917)
Tropaire de saint Jean Kochurov ton 1
Enflammé de l'amour de Dieu, tu donna ta vie en martyr pour le
Christ et ton prochain,
pour cela tu reçu du Ciel la couronne de justice.
Hiéromartyr Jean, supplie le très Miséricordieux
Seigneur
de préserver la Sainte Eglise en paix et de sauver nos
âmes.
Kondak de saint Jean Kochurov ton 8
Avec zèle tu accomplis ton service pastoral,
amenant à Dieu ton âme en un sacrifice agréable, O
père Jean.
Supplie le Christ Dieu d'accorder la paix au monde et la grande
miséricorde à nos âmes.
![]()
Vie de saint Jean Kochurov, Hiéromartyr, missionnaire en
Amérique du Nord, premier martyr du Clergé durant la
Révolution soviétique
Le 31 octobre 1917, à Tsarskoye Selo, s'ouvrit dans l'histoire
de l'Eglise de Russie un nouveau chapitre, plein de douleur terrestre
et de joie céleste : la sainteté des Nouveaux Martyrs du
20ème siècle. L'ouverture de ce chapitre est
reliée au nom du pasteur orthodoxe Russe qui devint un des
premiers à donner son âme pour son troupeau durant ce
vingtième siècle rempli de combattants contre Dieu :
l'archiprêtre Jean Kochurov.
Le père Jean Kochurov est né le 13 juillet 1871, dans le
village de Bigildino-Surka, district de Danky, région de Ryazan,
dans une pieuse famille avec beaucoup d'enfants. Ses parents
étaient le prêtre Alexande Kochurov et son épouse
Anna (Perehvalskaya). Le père Alexander Kochurov servit presque
toute sa vie dans l'église de la Théophanie du village de
Bigildino-Surka, diocèse de Ryazan, depuis son ordination le 2
mars 1857, combinant ses années de service dans la paroisse avec
l'accomplissement de ses obligations comme enseignant du
catéchisme à l'école publique de Bigildino. Son
exemple s'imprimera dans la conscience de ses fils, et en particulier
de Jean, de tous le plus sensible spirituellement parlant. Ils
regardaient leur père comme une image lumineuse du prêtre
de paroisse, empreimpt d'une profonde humilité et d'une haute
inspiration (1).
L'éducation du p. Jean, basée sur les remarquables
traditions de nombreuses générations de clergé et
liée au vécu naturel de la piété Orthodoxe
par le peuple, annonça qu'il allait prendre le chemin de la
préparation pour le service pastoral. Les études du p.
Jean, initiallement à l'Ecole Théologique de Danky, puis
ensuite au Séminaire Théologique de Ryazan, ne furent pas
seulement marquées par de remarquables succès dans la
maîtrise de la théologie et des disciplines
séculières, mais aussi par les remarquables exemples de
piété ecclésiale dont il fit preuve, à une
époque où la vie dans les écoles
théologiques provinciales n'était pas toujours sans
tâche côté morale..
Le futur père Jean obtint avec succès son diplome du
Séminaire Théologique de Ryazan en 1891. Ayant
présenté les examens d'entrée à
l'Académie Théologique de Saint-Petersbourg, il devint
étudiant d'une des meilleures écoles théologiques
de Russie. (2)
Pendant que le p. Jean étudiait à l'Académie
Théologique de Saint-Petersbourg, son penchant pour
l'éducation théologique, comme préparation
première pour un futur service comme prêtre de paroisse,
devint évident. Déjà pendant ses jours comme
étudiant, p. Jean combina la possibilité de son service
en tant que prêtre de paroisse avec celui de l'activité
missionnaire, en laquelle il voyait l'accomplissement de l'idéal
du pasteur Orthodoxe. Après son diplôme de
l'Académie Théologique de Saint-Petersbourg en 1895, le
p. Jean fut envoyé dans le diocèse des Aléoutes et
Alaska (3), en réponse à son aspiration de longue date
pour le service missionnaire.
Peu après son mariage avec Alexandra Chernisheva,
l'arrivée du p. Jean dans l'Amérique Protestante le mit
au contact avec une vie si dissemblable sous bien des aspects à
la vie à laquelle il était acoutumé dans la Russie
Orthodoxe. Pour son premier séjour aux USA, le p. Jean arriva
à New York, qui, avec sa vie mondaine, était si
différente de la vie spirituelle dans les cités Russes. [
* ] Bien qu'il n'avait pas encore appris l'anglais, p. Jean,
grâce au soutien fraternel de la communauté Orthodoxe
[Russe], bien modeste à l'époque, s'efforça de
s'adapter à la vie du pays, jusqu'alors inconnu de lui, sans
problème psychologique particulier ou d'autres complications. Il
est à remarquer que la vie d'eglise dans le diocèse
d'Alaska et des Aléoutes était très
différente de celle des autres diocèses en Russie, car
elle était énorme en territoire mais très
limitée quand au nombre de clerc. Une des
spécificités était que les missions Russes
Orthodoxes dans le nord de la Californie, les Iles Aléoutiennes
et en Alaska avaient à cette époque déjà
une centaine d'année d'existence, et la vie d'Eglise
était conduite sur une fondation de nombreuses
communautés paroissiales, qui possédaient des ressources
financières significatives. Après plusieurs
générations en Amérique, les paroisses
s'étaient habitudées à la vie dans leur nouvelle
patrie. La vie orthodoxe dans le restant du pays, cependant, n'en
était qu'à ses balbutiements. Cela demandait un
très important effort d'activité
d'évangélisation de la part du clergé, afin de
créer des paroisses Orthodoxes normales dans une population
multinationale et multi-confessionnelle. C'est
précisément vers cette partie du diocèse que le p.
Jean fut destiné à être envoyé, lorsqu'il
fut ordonné à la sainte prêtrise le 27 août
1895, par le très révérend Nicolas,
évêque d'Alaska et des Aléoutes. (4)
Le début du service paroissial du p. Jean fut associé
à l'ouverture d'une paroisse orthodoxe à Chicago en 1892,
par l'évêque Nicolas. Nommé en 1895 par le
Saint-Synode pour être le prêtre de paroisse de la
cathédrale Saint-Vladimir à Chicago (5), le p. Jean fut
mit en contact avec une vie paroissiale qui était radicalement
différente de celle des paroisses orthodoxes en Russie, qui
étaient organisées et ancrées dans une tradition
vivante vieille de plusieurs siècles [*]
Se trouvant sur un ilôt isolé de vie Chrétienne
orthodoxe, se trouvant à des centaines de kilomètres des
autres paroisses orthodoxes éparpilées sur le territoire
d'Amérique du Nord, l'église Saint-Vladimir à
Chicago, et l'église des Trois Hiérarques dans la ville
de Streator à laquelle elle était associée, cela
requérait des travaux héroïques de la part du jeune
père Jean afin que cela s'établisse de manière
appropriée. Près de 3 ans après sa fondation, la
paroisse n'avait pas encore réussi à atteindre le niveau
d'une paroisse bien établie.
Entamant son travail à la paroisse de Chicago et de Streator,
qui était plutôt petite et multinationale, le p. Jean
nourrit de la Foi Orthodoxe ces peuples, qui représentaient
plutôt la classe des immigrants pauvres. Il ne fut jamais
à même d'être soutenu dans son travail par une
communauté paroissiale conséquente, avec des ressources
matérielles suffisantes à sa disposition.
Dans un article écrit en décembre 1898, le p. Jean donne
la vivante description suivante de la communauté paroissiale de
Chicago-Streator : La paroisse orthodoxe de l'église
Saint-Vladimir à Chicago consiste en un petit nombre de gens
originellement Russes, de Galice et des Slaves de Hongrie, des Arabes,
des Bulgares et des Aravians. La majorité des paroissiens est
formée d'ouvriers qui gagnent leur vie en travaillant
près de là où ils vivent, dans la banlieue de la
ville. Rattachée à cette paroisse de Chicago,
l'église des Trois Hiérarques dans la ville de Streator.
Cet endroit, avec la ville appelée Kengley, se trouve à
94 miles de Chicago, et elles sont renomées pour leurs mines de
charbon. La paroisse orthodoxe y consiste en Slovaques qui travaillent
là-bas et ont été reconvertis de l'Uniatisme (6).
Ces caractéristiques uniques de la communauté paroissiale
de Chicago-Streator demandait au p. Jean une habile combinaison
d'adresse pastorale et liturgique, ainsi que des talents missionnaires.
Ces capacités lui permirent non seulement de stabiliser le
nombre de fidèles dans sa paroisse, spirituellement et
administrativement, mais aussi d'élargir son troupeau,
continuellement, par le biais de conversions ou du retour à
l'Orthodoxie de Chrétiens de diverses origines nationales vivant
dans l'Illinois. Déjà durant les 3 premières
années du service paroissial du p. Jean, 86 Uniates et 5
Catholiques-Romains furent adjoints à l'Eglise Orthodoxe (7),
accroissant le nombre de paroissiens permanents dans sa paroisse jusque
215 à Chicago et 88 à Streator. Il y avait 2
écoles paroissiales rattachées à ces paroisses,
avec plus de 20 élèves. Les cours consistaient en classes
du samedi durant l'année scolaire, et en classes quotidiennes
durant les vacances scolaires. (8)
Dans son travail, le p. Jean continua les meilleures traditions du
diocèse Russe Orthodoxe d'Amérique du Nord. Il organisa
à Chicago et à Streator, les Fraternités de Saint
Nicolas et des Trois Hiérarques, qui établit comme but
d'organiser un programme d'entraide sociale et matérielle
mutuelle parmi les paroissiens de la paroisse de Chicago-Streator, en
tant que membres de la Société d'Aide Mutuelle Orthodoxe.
(9)
Les abondants travaux du père Jean pour bâtir une saine et
florissante vie paroissiale dans les communautés qui lui
étaient confiées ne l'empêcha pas de remplir les
autres importantes responsabilités diocésaines qui lui
étaient attribuées. C'est ainsi que le 1er avril 1897, le
p. Jean fut nommé pour être un des membres du nouvellement
créé Comité de Censure du Diocèse d'Alaska
et des Aléoutes, pour réviser les textes en russe,
ukrainien et anglais. (10). Le 22 mai 1899, le p. Jean fut nommé
président du Comité de la Société d'Aide
Mutuelle (11) par un décrêt de l'évêque
Tikhon d'Alaska et des Aléoutes, qui venait d'arriver dans le
diocèse.
Les différents travaux du p. Jean furent bientôt
récompensés; juste après les 3 premières
années de son service pastoral, il reçut la
récompense de la distinction presbytérale (12) par le
très révérend évêque Nicolas.
Un obstacle majeur au fonctionnement normal du cycle liturgique
ecclésial dans la paroisse Chicago-Streator était
l'état des bâtiments, qui étaient
innapropriés pour ce but. L'église Saint-Vladimir
à Chicago occupait une petite partie d'un immeuble loué,
se trouvant dans la partie sud-ouest de la ville. Au
rez-de-chaussée de la maison, un mur séparait
l'église de la cuisine et de la pièce où un
gardien logeait. Au premier étage, il y avait plusieurs petites
pièces qui étaient occupées par le p. Jean avec sa
famille, et par le Lecteur de la paroisse. L'église des Trois
Hiérarques à Streator employait le vestibule (hall) de la
section russe du Chicago World Exhibition [hall des expositions] (13),
où avait eu lieu la Columbian Exposition en 1892.
La nomination de l'évêque Tikhon, futut patriarche de
Moscou, au Diocèse d'Alaska et des Aléoutes le 30
novembre 1898, fut particulièrement importante dans la
résolution des problèmes de la vie d'église dans
les paroisses confiées au p. Jean.
Remplissant avec zèle ses obligations hiérarchiques,
l'évêque Tikhon, dès ses premiers mois comme
évêque diocésain, avait déjà
trouvé moyen de visiter la plupart des paroisses orthodoxes
éparpillées à travers le vaste territoire du
Diocèse d'Alaska et des Aléoutes, dans un effort pour
discerner les besoins les plus fondamentaux du clergé
diocésain.
Arrivant à Chicago pour la première fois le 28 avril
1899, l'évêque Tikhon donna sa bénédiction
archi-pastorale au p. Jean et à son troupeau. Le lendemain il
avait déjà inspecté un terrain à
bâtir proposé comme emplacement où la nouvelle
église, si nécessaire à la paroisse à
Chicago, pourrait être construite. Le 30 avril,
l'évêque Tikhon visita l'église des Trois
Hiérarques à Streator, et présida un Office de
Vigile à l'église Saint-Vladimir à Chicago. Le
lendemain, après avoir célébré la Divine
Liturgie, il approuva le compte-rendu de la rencontre du comité
pour la construction de la nouvelle église à Chicago,
comité présidé par le p. Jean. (14)
Les ressources financières limitées de la paroisse de
Chicago-Streator, où les gens administrés étaient
principalement pauvres, ne permettaient pas au p. Jean d'entamer
directement la construction. Et puisque 5 ans s'étaient
écoulés depuis l'arrivée du p. Jean en
Amérique du Nord, son grand désir de visiter sa
chère Russie orthodoxe, au moins pour une courte période,
le poussa à transmettre une requête à
l'évêque Tikhon, lui demandant de pouvoir faire le voyage
vers son pays natal.
Conscient des besoins de la paroisse qui lui était
confiée, le p. Jean décida d'utiliser les vacances qui
lui étaient accordées du 15 janvier au 15 mai 1900 pour
aller collecter de l'argent en Russie, afin de permettre à la
paroisse de Chicago de commencer la construction du nouveau batiment
d'église, et du premier cimetière orthodoxe de la ville.
(15) Ayant avec succès combiné son voyage en terre natale
avec une importante levée de fonds pour la paroisse, le p. Jean
entama la construction de l'église peu après son retour
de voyage. L'évêque Tikhon arriva le 31 mars 1902, pour la
cérémonie de pose des fondations. (16)
Avec une véritable inspiration pastorale, combinée avec
un sobre pragmatisme, le p. Jean parvint à bâtir la
nouvelle église, qui fut achevée en 1903. L'église
avait coûté 50 mille dollars, une some très
importante pour l'époque. (17)
La consécration du nouveau temple, qui fut
dédicacé en l'honneur de la Sainte Trinité, fut
accomplie par l'évêque Tikhon, et cela devint une
véritable fête pour tout le Diocèse orthodoxe Russe
en Amérique du Nord. Deux ans plus tard, en saluant le p. Jean
à l'occasion de ses 10 premières années de service
comme prêtre dans l'Eglsie, les plus hautes louanges
allèrent à ses soins pastoraux délicats dans la
construction de l'église de la Sainte Trinité, qui devait
devenir une des plus remarquables églises Orthodoxes en
Amérique. "L'année a été remplie avec les
plus vivaces sentiments, parfois très pénibles, parfois
bons. Une année d'incessantes tentatives pour lever des fonds en
Russie, une année de nuits sans sommeil, de nerfs
éprouvés, et d'innombrables malheurs; et voici le
témoignage de votre soin : un temple construit à la main,
à l'image d'un magnifique temple Russe orthodoxe, brille avec
ses croix à Chicago, et la paix et l'amour non-faits de mains se
répandent dans les coeurs de votre troupeau!" (18)
Pour ses travaux inspirés, le p. Jean se vit attribuer l'Ordre
de Sainte-Anne (3ème classe) le 6 mai 1903, sur recommendation
de l'évêque Tikhon.
Accomplissant avec zèle ses innombrables obligations en tant que
prêtre de paroisse, il fut le seul prêtre du lieu durant
les 9 premières années de son service aux paroisses de
Chicago et Streator. En même temps, le p. Jean continait de
participer activement à la résolution de divers
problèmes de la vie du diocèse Nord-Américain. En
février 1904, le p. Jean fut nommé comme président
du Comité de Censure du Diocèse d'Alaska et des
Aléoutes, dont il avait déjà été
membre durant 7 ans. (20) En juin 1905, il fut un participant actif aux
rencontre préparatoires du clergé diocésain, qui
eut lieu à Old Forge (Pennsylvanie) sous la guidance de
l'évêque Tikhon, où l'on discuta à propos de
la préparation du premier Concile de l'histoire du
Diocèse d'Amérique du Nord et des Alétoutiennes.
Ce fut dans l'atmposphère solennelle des sessions de ce Concile,
le 20 juillet 1905, que le p. Jean célébra sa
première décade de service presbytéral. La date
effective de l'anniversaire étant 27 août.
Dans l'église Saint-Michel, à Old Forge, devant un grand
groupe de clergé diocésain présidé par le
très révérend (à présent Saint)
Raphaël, évêque de Brooklyn, le p. Jean se vit
décoré d'une croix pectorale en or, et les discours
offrirent une perspective et une description largement objective de
toute la période du service pastoral du p. Jean en
Amérique du Nord. "Directement après vos études au
Séminaire, ayant quitté le pays natal, vous êtes
venu dans ce pays étranger pour y déployer toute
l'énergie de votre jeunesse, vous dévouant de toutes vos
forces et inspiration pour la sainte tâche qui vous avait
attiré à la vocation. Un lourd héritage vous
attendait : l'église de Chicago était alors située
dans un lieu ecclésial négligé, dans un
bâtiment humide et à moitié en ruine. La paroisse,
avec son attachement paroissial fort mal défini, était
dispersée sur une énorme ville avec une population
hétérodoxe littéralement déchirée
par les bêtes sauvages. Toute cette force remplir l'âme
d'un jeune travailleur avec beaucoup de confusion, mais vous avez
courageusement accepté la tâche de choisir une
précieuse étincelle hors de la pile de rebut, pour
attiser le feu sacré dans un petit groupe de fidèles!
Vous ne vous êtes pas soucié de vous-même :
calamités, maladies, le piètre logis avec ses murs et
planchers délabrés, les fissures partout laissant entrer
les éléments extérieurs, avec des effets
néfastes sur votre santé, et la santé de votre
famille.. Vos bébés étaient malades, votre
épouse n'était pas en bonne santé, et de
pénibles attaques de rhumatisme semblaient vouloir ruiner votre
confiance, épuiser votre énergie... Nous vous saluons,
nous rappelant d'autres de vos grandes actions, nottament celle dont
l'accomplissement vous est une tresse d'une couronne de laurier ne se
fânant pas, en l'honneur de votre décade de service
sacré : nous avons ici à l'esprit votre service
sacrificiel en tant que président de notre bien-aimée
Société d'Aide Mutuelle, et l'office de Censeur pour
notre illuminatrice maison missionnaire de publication, et
étendant nos efforts évangéliques, l'organisation
des paroisses à Madison (Illinois) et Hartshorne (Oklahoma).
Pour achever notre hommage, permettez-nous de mentionner une autre
circonstance, qui magnifie la valeur de votre travail et la grandeur de
ses résultats. L'éloignement de votre paroisse à
Chicago vous a presque déchiré vos liens avec vos
collègues en Amérique, vous privant durant ces
années de voir vos confrères.. Vous étiez
privé de ce qui, pour la majorité d'entre nous, est un
des points d'intérêt du service missionnaire par lequel
nous passons. Qu'il était poignant, et qu'il était
important, ce degré d'isolation que vous aviez à vivre,
et qui est manifesté par le fait que vous aviez à
baptiser vos propres enfants, du fait de l'absence d'autres
prêtres près de vous... Que cette sainte croix que nous
vous présentons soit un signe de notre amour fraternel, et que
l'image de la Crucifixion de notre Seigneur que l'on y voit vous
permette d'accepter toutes les épreuves, les catastrophes et les
souffrances qui sont souvent le lot de la vie du prêtre
missionnaire, et qu'elle vous encourage à oeuvrer toujours plus
pour la gloire de Celui Qui donne les Exploits, le Grand Berger, notre
Seigneur Jésus-Christ." (21)
Moins d'un an après la célébration du 10ème
anniversaire du service presbytéral du p. Jean, la haute
autorité de l'Eglise lui accorda une des distinctions les plus
honorables pour les prêtres, qui récompensait
méritoirement ses véritables exploits dans le
Diocèse d'Amérique du Nord et des Aléoutes. Par
ordre du Saint-Synode, le p. Jean fut éleé à la
dignité d'archiprêtre le 6 mai 1906.
Alors commença une nouvelle période pour le service du p.
Jean. En tant qu'un des plus respectés archiprêtres du
Diocèse, grâce à son exceptionnel travail pastoral
dans sa paroisse et dans les activités administratives
diocésaines, le p. Jean, à l'initiative de
l'évêque Tikhon, qui le tenait en très haute
estime, devint de plus en plus impliqué pour résoudre les
plus pressants problèmes de l'administration diocésaine.
En mai 1906, le p. Jean fut nommé Doyen de la région de
New York des Etats de l'Est, (23), et en février 1907, il fut
destiné à être un des plus énergiques
participants au premier Concile orthodoxe à Mayfield, qui devait
traiter de l'accroissement rapide des conversions dans le
Diocèse d'Amérique du Nord et des Aléoutes de
l'Eglise Russe Orthodoxe Grecque Catholique en Amérique, sur la
base de laquelle l'Eglise Orthodoxe en Amérique sera par la
suite fondée.
Durant la période 1903-1907, la paroisse Chicago-Streator,
bâtie par ses labeurs, fut transformée en une des plus
auto-suffisantes et florissantes paroisses diocésaines. Mais
quand bien même les circonstances externes du service du p. Jean
en Amérique du Nord aient pu paraître un succès,
son plus profond désir à lui, et il y aspirait avec
ferveur, c'était de rentrer dans sa chère Russie, qu'il
n'avait vue que quelques mois depuis son départ pour
l'Amérique. En plus de la nécessité de donner
à ses 3 enfants les plus âgés une éducation
de niveau du collège en Russie. Tout cela força le p.
Jean à songer à la possibilité de continuer son
service ministériel dans sa terre natale de Russie. Une
circonstance très importante vint s'y rajouter, le poussant
à introduire sa demande pour un transfer de retour vers la
Russie : ce futrent les insistantes demadnes de son vieillissant et
très malade beau-père, qui était prêtre dans
le Diocèse de Saint-Petersbourg, et qui rêvait de remettre
sa paroisse sous la houlette d'un si prêtre aussi méritant
que le p. Jean s'était montré. En accord avec sa
requête, le p. Jean reçut son congé du service du
Diocèse d'Amérique du Nord et des Aléoutes le 20
mai 1907, suite à quoi il commença à se
préparer à rentrer en Russie. La semaine avant leur
départ, le p. Jean et sa famille eurent à supporter une
terrible nouvelle de Russie : le bien-aimé parent d'Alexandra
avait succombé avant qu'ils n'aient pu rentrer.
En juillet 1907, quittant la paroisse de Chicago-Streator qui
était si chère à son coeur, et où il avait
donné 12 ans de service missionnaire, le p. Jean partit pour le
futur inconu qui l'attendait sur sa terre natale, où il allait
passer le restant de son service presbytéral. (24)
Le retour du p. Jean en Russie durant l'été 1907 ne
signifia pour lui pas seulement le début de son service au
Diocèse de Saint-Petersbourg, qui lui était familier de
par ses années d'étude, mais c'était un
défit avec le besoin d'appliquer les qualités pastorales
qu'il avait acquises auparavant en Amérique, dans le domaine de
l'éducation théologique. Par ordre du Consistoire de
l'Eglise de Saint-Petersbourg, en août 1907, le p. Jean fut
nommé pour le clergé de la cathédrale de la Sainte
Transfiguration à Neva, et commençant le 15 août
1907, il entama l'accomplissement de son devoir comme enseignant de la
Loi au gymnase [collège] masculin et féminin à
Narva. (25) Par ordre du chef du Département Régional de
l'Education de Saint-Petersbourg, avec entrée en vigueur le 20
octobre 1907, le p. Jean fut confirmé dans son service au
collègue masculin comme professeur de religion, enseignant la
Loi de Dieu, et fut repris comme enseignant de la même branche au
collège féminin à Narva, qui devint la
sphère principale de son service d'Eglise pour les 9
années de sa vie suivantes. (26)
La vie habituelle dans la petite et provinciale Neva, où les
habitants Russes orthodoxes formaient à peine la moitié
de la population, rappelait au p. Jean, dans une certaine mesure,
l'atmosphère qui lui était familière en
Amérique, où il avait accomplit sont service pastoral
dans un environnement empreimpts d'influences
hétérodoxes. Cependant, les circonstances de son emploi
comme professeur de religion dans 2 écoles secondaires où
l'élément culturel ruse et l'ethos religieux orthodoxe
dominaient indiscutablement, permit au p. Jean de sentir qu'il
respirait une atmosphère de vie orthodoxe Russe lui
remémorant son enfance.
Durant ces années, la charge d'enseignement du p. Jean
consistait en 16 heures semaine dans le collège masculin, et 10
heures dans le collège féminin. Cela lui demandait un
effort important, tenant compte que pour enseigner la religion dans les
différentes classes, à cause de l'étendue du
sujet, l'enseignant devait être familier avec les
différents points théologiques de même que
profanes. (27) Cependant, autant ses 12 années de travaux dans
la paroisse de Chicago-Streator avait transformé le p. Jean d'un
débutant sans expérience en un des pasteurs faisant le
plus autorité de tout son Diocèse, ici ses 9
années comme professeur de religion - qui ne seront pas
marquées par le moindre évènement particulier mais
remplies de travail consciencieux pour communiquer l'illumination
spirituelle - ce seront celles où le p. Jean deviendra un des
plus appliqués et pratiques enseignants de l'Eglise, et
prédicateur orthodoxe érudit. Après 5 ans de cours
de religion dans les écoles de Neva, le p. Jean fut
décoré de l'Ordre de Sainte-Anne (2ème classe)
[28] le 6 mai 1912. Quatre ans plus tard, les résultats du p.
Jean dans le domaine de l'éducation théologique seront
reconnus par la récompense qu'il recevra, l'octroi de l'Ordre de
Saint-Vladimir (4ème classe) qui, ajouté à ses
nombreuses décorations d'Eglise et d'Etat, donneront à
l'archiprêtre le droit d'être annobli. (29)
Les succès manifestes du p. Jean dans son activité comme
enseignant durant toutes ses années furent augmentés de
la joie qu'il put avoir par le fait que ses 4 fils aînés,
pendant qu'ils étudiaient au collège Neva, eurent la
possibilité de recevoir leur formation spirituelle sous son
immédiate guidance. (30)
Cependant, à côté des indéniables avantages
de cette nouvelle période de service pastoral pour le p. Jean,
après son retour au pays natal après tant d'années
d'absence, il existait encore une circonstance qui ne pouvait rien
faire d'autre que de peiner le coeur d'un tel pasteur de paroisse comme
le p. Jean le fut toute sa vie. N'étant attaché à
la cathédrale de la Sainte Transfiguration qu'en théorie,
et n'étant pas membre de son clergé principal, le p.
Jean, du fait de l'étrangeté de cette situation, vu son
accomplissement de ses charges comme professeur de religion au
collège, fut privé non seulement de la chance de guider,
mais même de seulement pleinement participer à la vie
paroissaile de la cathédrale de la Sainte Transfiguration
à Narva. Ce ne fut qu'en novembre 1916, par ordre du Consistoire
de l'Eglise de Saint-Petersbourg, que le p. Jean fut nommé comme
prêtre de paroisse pour la seconde position, vacante, à la
cathédrale Sainte-Catherine à Tsarskoye Selo, (31),
où son rêve de reprendre du service comme pasteur de
paroisse sur sa terre natale fut accompli.
Tsarskoye Selo, qui était devenu la remarquable incarnation de
toute une époque de l'histoire de la culture russe, combina
rapidement en elle les qualités d'une tranquile ville de
province avec celles de la resplendissante capitale de
Saint-Petersbourg. La cathédrale Sainte-Catherine occupait une
place spéciale dans la ville; de toutes les églises
paroissiales qu'on y trouvait, qui étaient majoritairement des
paroisses de la court impériale et des soldats, elle
était la plus grande. En devenant membre du clergé de la
cathédrale Sainte-Catherine, et eménageant là avec
son épouse et leurs 5 enfants (leur fils aîné,
Vladimir, faisait son service militaire), (32), le p. Jean
reçut, enfin, sa chance tant attendue pour être pleinement
immergé dans la vie d'un prêtre de paroisse d'une des plus
importantes églises du diocèse de Saint-Petersbourg.
Ayant été chaleureusement et respectueusement reçu
par les fidèles à Sainte-Catherine, le p. Jean, pour ses
premiers mois de services, s'y montra zèlé et
inspiré, non seulement en célébrant le divin
Office, mais aussi en tant que prédicateur éloquent et
bien informé, qui rassemblera sous le toit de la
cathédrale Sainte-Catherine les Chrétiens orthodoxes de
tous les environs de la ville de Tsarskoye Selo. (33) Il sembalit qu'un
début si rempli de succès dans son service paroissial
à la cathédrale Sainte-Catherine allait ouvrir au p. Jean
une nouvelle période dans son ministère pastoral. Pendant
cette période, l'inspiration pastorale du p. Jean et son
comportement sacrificiel, le caractérisant si bien dans son
activité passée, pouvait être combiné avec
la routine quotidienne des obligations extérieures de son
service, et avec les relations spirituelles et les relations
personnelles harmonieuses entre un pasteur diligent et son grand et
pieux troupeau. Mais les cataclysmes de la Révolution de
Février qui avait éclaté à Petrograd
quelque 3 mois après la nomination du p. Jean
commençèrent petit à petit à
entraîner Tsarskoye Selon dans le dangereux tourbillon des
évènements révolutionnaires.
Les mutineries de soldats avaient eu lieu au quartier
général à Tsarskoye Selon déjà aux
premiers jours de la Révolution, et l'emprisonnement de la
famille impériale au palais Alexandrovsky pendant de longs mois
avait attiré l'attention de représentants des plus
extrémistes des éléments révolutionnaires.
Ces cercles avaient poussé le pays sur le chemin de la guerre
civile, et peut-être, d'une division politique interne
complète, dont les débuts mèneront à la
participation Russe au bain de sang de la Première Guerre
mondiale. Ces développements changèrent progressivement
l'atmosphère paisible de Tsarskoye Selo, détournant
l'attention des habitants, jour après jour, de l'accomplissement
consciencieux de leurs responsabilités Chrétiennes et
citoyennes envers l'église et la patrie. Et durant tous ces mois
troublés, le message inspiré du p. Jean continua à
résonner de l'ambon de la cathédrale Sainte-Catherine,
étant à lutter pour instiller les sentiments de
réconciliation dans les âmes des Chrétiens
orthodoxes de Tsarskoye Selon, les appelant à la perception
spirituelle de leur propre vie intérieure, afin qu'ils puissent
comprendre les changements contradictoires qui se mettaient en place en
Russie.
Plusieurs jours durant après la prise de pouvoir d'octobre 1917
par les Bolsheviks à Petrograd, les secousses des terribles
évènements ayant lieu dans la capitale furent ressenties
à Tsarskoye Selo. Tentant de déloger hors de Tsarskoye
Selo les troupes de Cosaques du général Paul Krasnov, qui
étaient toujours fidèles au Gouvernement Provisoire, les
troupes blindées de la Garde Rouge (soldats et marins soutenant
la révolte Bolshevik) étaient en route depuis Petrograd.
Le matin du 30 octobre 1917, s'arrêtant dans la banlieue de
Tsarskoye Selo, les forces Bolsheviks soumirent la ville au feu
d'artillerie. Les habitants de Tsarskoye Selo, comme ceux de toute la
Russie, ne se doutaient pas encore que le pays était en guerre
civile. Le tumulte éclata, avec nombre de gens courant vers les
églises orthodoxes, y compris Sainte-Catherine, dans l'espoir de
trouver une sérénité priante dans les Offices, et
d'entendre une exhortation pastorale depuis l'ambon au sujet des
évènements ayant lieu. Tout le clergé de la
cathédrale Sainte-Catherine répondit avec empressement
aux supplications spirituelles des fidèles. Un Office
spécial de prière, pour demander la fin de la guerre
civile, fut célébré sous les arches de
l'église, qui étaient encombrées par la foule. Par
la suite, le doyen de la cathédrale, l'archiprêtre N.
Smirnov, avec 2 autres prêtres, le p. Jean et le p. Etienne
Fokko, décidèrent d'organiser une procession
sacrée dans la ville, avec la lecture de ferventes
prières pour la cession de cette guerre civile fratricide.
Plusieurs jours durant, le journal All-Russian Church Social Messenger
présenta le témoignage du correspondant de presse d'un
quotidien de Petrograd, décrivant ainsi les
évènements qui avaient eu lieu : "La procession
sacrée a dû être redirigée à cause
d'un bombardement d'artillerie, et malgré toutes les
prédictions, elle était relativement pleine de monde. Les
lamentations et les cris des femmes et des enfants couvraient les
paroles de la prière pour la paix. Deux prêtres firent des
sermons durant la procession, appelant le peuple à garder son
calme, vu les procès qui allaient avoir lieu. J'ai eu la chance
de pouvoir clairement entendre que les sermons des 2 prêtres ne
contenaient pas la moindre connotation politique."
"La sainte procession s'attarda. La lumière se changea en
ténèbres. Les cierges s'allumèrent dans les mains
des priants. Tout le monde chantait."
"Précisément à ce moment-là, les Cosaques
se retiraient de la ville. Les prêtres étaient au courant.
'N'est-il pas temps d'arrêter les prières?' 'Nous
mèneront nos devoirs à leur accomplissement', dirent-ils.
'Ceux qui nous ont quitté, et ceux qui arrivent sont nos
frères! Quel mal pourraient-ils nous faire?'. (34)"
Voulant éviter que n'éclatent des combats dans les rues
de Tsarskoye Selo, les chefs des Cosaques commencèrent à
faire battre en retraite les troupes hors de la ville, au soir du 30
octobre, et au matin du 31, les forces Bolsheviks entraient dans
Tsarskoye Selo, ne rencontrant aucune opposition. Un des témoins
anonymes de la suite de ces tragiques évènements
rédigea une lettre à l'éminent archiprêtre
F. Ornatsky, de Saint-Petersbourg, qui était lui-même
destiné à recevoir le martyr de la main des
autorités athées. L'auteur raconta en des termes simples
mais profond la destinée de porteur de la Passion qui
échut au p. Jean. "Hier (31 octobre)", écrivait-il,
"lorsque les Bolsheviks sont entrés dans Tsarskoye Selo avec la
Garde Rouge, ils ont commencé à faire le tour des
appartements des officiers de l'armée, opérant des
arrestations. Le p. Jean (Alexandrovich Kochurov) fut emporté
dans la banlieue de la ville, à la cathédrale
Saint-Theodore, et là ils l'assassinèrent, parce que ceux
qui avaient organisé la procession sacrée avaient
prétendument prié pour la victoire des Cosaques, ce qui
n'était sûrement pas vrai et n'aurait pas pu avoir
été le cas. Les autres clercs furent relachés hier
soir. Ainsi, un nouveau Martyr de la Foi en Christ est apparu. Le
défunt, bien qu'il n'était pas à Tsarskoye Selo
depuis longtemps, avait gagné l'estime et l'amour de tous, et
nombre de gens venaient écouter ses prédications." (35)
Le journaliste de Petrograd mentionné plus tôt reconstitua
une terrifiante image du martyre du père Jean et de ses
conséquences, établissant ces détails : "Les
prêtres furent capturés et envoyés au quartier
général du Conseil des Députés des
Travailleurs et Soldats, Un prêtre, le p. Jean Kochurov, tenta de
protester et de clarifier la situation. Il fut frappé plusieurs
fois au visage. Avec des cris de joie et des vociférations, la
foule enragée l'entraîna à l'aérodrome de
Tsarskoye Selo. Plusieurs fusils furent pointés sur le pasteur
sans défense. Un coup claqua, puis un autre, après lequel
le prêtre s'effondra sur le sol et le sang macula sa soutane. Il
ne mourrut pas immédiatement.. Il fut traîné par
ses cheveux, et quelqu'un suggéra 'Achevez-le comme un chien'.
Le lendemain matin, le corps fut amené à l'ancien hopital
du palais. Selon le journal 'Les Affaires du Peuple', le chef de la
Duma d'Etat et un de ses membres virent le corps du prêtre, mais
sa croix pectorale était déjà partie..." (36)
Ce dernier détail accompagnant le martyre du p. Jean, comme
rapporté par le journaliste, prend une signification spirituelle
particulière lorsqu'on le regarde à la lumière de
quelques paroles prononcées par le p. Jean 12 ans avant sa mort,
paroles qui se sont démontrées avoir été
prophétiques. Au fin-fond de l'Amérique du Nord,
lorsqu'il reçut sa croix pectorale en or à la
cérémonie marquant le 10ème anniversaire de son
service presbytéral, il avait dit en insistant : "J'embrassse
cette sainte croix, un cadeau de votre amour fraternel à mon
égard. Qu'elle soit mon soutien dans les temps de tribulation.
Je ne ferai pas de commentaire pathétique disant que j'aurais
l'intention de n'en jamais être séparé
même jusque dans ma tombe. Cela résonnerait bien, mais ce
ne serait pas prudent. Cet objet n'a pas sa place dans une tombe. Qu'il
demeure ici sur terre pour mes enfants et la postérité
comme une sainte relique de famille, et comme preuve éclatante
que la fraternité et l'amitié sont les choses les plus
sacrées sur terre.." (37)
De cette manière, le p. Jean exprima sa gratitude envers ses
collègues et son troupeau, ne suspectant pas que cette
véritable prière à propos de la fraternité
et de l'amitié allait descendre sur le peuple orthodoxe de
Russie à une époque où l'amour et la
clémence allaient être rares, dans une Russie aux longues
souffrances, provoquant une haine sans pitié à son
égard de la part des apostats, qui le privèrent de sa vie
terrestre et lui arrachèrent sa croix pectorale de son torse,
mais ne furent pas à même de lui arracher
l'impérissable gloire du martyre orthodoxe.
Au début de novembre 1917, le pouvoir Bolshevik ne parvenait pas
encore à un contrôle absolu même dans la
périphérie de Petrograd, et la terreur répandue
dans tout l'Etat n'était pas encore devenue une partie
inévitable de la vie russe. Alors, avec la population de
Tsarskoye Selo et Petrograd dans un état d'horreur et
d'exaspération complètes, cette première vicieuse
exécution d'un prêtre Russe orthodoxe inspira les organes
du pouvoir précédent, qui n'était pas encore
évincé par les Bolsheviks, de former une commission
d'investigation, parmi laquelle siègeront 2 représentants
du conseil de la ville de Petrograd. Elle fut bien vite abolie par les
Bolsheviks, sans avoir réussi à identifier les meurtriers
du p. Jean. (38)
Pour la vie de l'Eglise de Russie, cependant, ce premier martyr d'un
pasteur Russe orthodoxe au 20ème siècle était
lourde de sens.
Il en surgit une réponse spirituelle profonde dans le coeur de
bien des laïcs, clercs et hiérarques de l'Eglise orthodoxe
de Russie. L'Office des défunts et ses funérailes dans la
crypte de la cathédrale Sainte-Catherine à Tsarskoye Selo
(39) furent célébrés par le clergé local en
état de choc, dans une atmosphère de grande consternation
et d'anxiété. A l'époque, le très
révérend Benjamin, métropolite de Petrograd, le
futur saint Martyr, participait au Concile de toute l'Eglise de Russie
qui avait lieu à Moscou. Quelques jours plus tard après
les funérailles, le responsable du diocèse de Petrograd,
avec la bénédiction du métropolite Benjamin,
publia l'annonce suivante dans le journal "All-Russian Church-Social
Herald" :
"Le mercredi 8 novembre, 9ème jour après la mort du
père Jean Kochurov, qui fut assassiné le 31 octobre
à Tsarskoye Selo, un Office hiérarchique de
mémoire sera célébré à la
cathédrale Notre Dame de Kazan à 15h00, à
l'éternelle mémoire de l'archiprêtre Jean et de
tous les Chrétiens orthodoxes qui ont périt durant la
guerre civile. Les clercs de paroisses libres d'obligation de service
sont invités à cet Office de Commémoraison. Les
vêtements devront être blancs." (40)
"Peu après cet Office hiérarchique de
Commémoraison célébré à la
cathédrale Notre Dame de Kazan, le conseil diocésain de
Petrograd publia une proclamation : "Au Clergé et aux Conseils
Paroissiaux du Diocèse de Petrograd." Ce fut la première
reconnaissance officielle du caractère de martyr de la mort du
père Jean prononcée au nom de l'Eglise, mais aussi la
première déclaration de l'Eglise pour spécifier
les mesures concrètes d'assistance aux familles des clercs
persécutés et assassinés par les
théomachistes en Russie. Dans ce document, remarquable pour
l'histoire de l'Eglise, exprimé avec éloquence et
profonde humilité en anticipation des futures
persécutions contre l'Eglise, tout empreimt d'une
adéquate compassion pour la famille endeuillée du p.
Jean, la direction du diocèse de Petrograd réagissait
à la mort du premier saint martyr diocésain.
"Chers frères", ainsi commençait la déclaration du
conseil diocésain de Petrograd. "Le 31 octobre de cette
année, dans la ville de Tsarskoye Selo, un des bons pasteurs du
diocèse de Petrograd a souffert le martyre, l'archiprêtre
de la cathédrale locale, Jean Alexandrovich Kochurov. Sans la
moindre responsabilité de sa part, ni justification, il fut
enlevé dans son appartement, traîné vers les
faubourgs, et là, dans un champ ouvert, fusillé par la
foule possédée..."
"Ce fut avec des sentiments de grande affliction que le conseil
diocésain de Petrograd apprit la nouvelle; la peine était
considérablement augmentée en réalisant qu'avec la
mort de l'archiprêtre, une famille nombreuse était
laissée seule, consistant en 6 membres qui sont à
présent sans nourriture, abri, ni moyens de subistance."
"Dieu est le Juge des fourbes bandits qui ont violemment mis un terme
à une vie encore jeune. Même s'ils échappent
impunis au tribunal des hommes, ils ne pourront jamais échapper
au jugement de Dieu. Mais notre devoir n'est pas seulement de prier
pour la paix de cette innocente âme souffrante, mais aussi avec
tout notre amour sincère, de tenter d'apaiser la profonde et
incurable blessure qui a été infligée dans les
coeurs de tous dans cette pauvre famille endeuillée. Le
diocèse et le clergé diocésain sont directement
concernés par l'obligation d'aider la famille orpheline du
pasteur martyrisé, de leur donner la possibilité de vivre
dans le confort matériel, et de fournir aux enfants une
éducation appropriée."
"Le conseil diocésain de l'Eglise, mûs par les plus doux
sentiments, fait maintenant appel au clergé, aux conseils de
paroisses, et à tous les fidèles Orthodoxes du
diocèse de Petrograd, avec une ardente supplique, leur demandant
avec la plus grande ardeur, pour l'amour du Christ, de tendre en avant
une main fraternelle et secourable, et par quelque montant que vous
puissiez offrir, de soutenir une pauvre famille laissée à
la merci du destin. Grands sont les besoins, et il ne faut pas tarder!"
". . . Son martyre est pour chacun d'entre nous une terrible remise en
mémoire, un sombre avertissement. Dès lors, nous devons
être prêts à tout. Et pour éviter de telles
situations de misère comme celle-ci, nous devons
préparer, entre les temps d'épreuve, un fond d'assistance
qui devra être utilisé en faveur du clergé sans
défense, persécuté, et tourmenté, afin que
ceux dans une telle situation, et dans des similaires, puissent
recevoir l'aide matérielle de la part de leurs parents en
esprit."
". . . Via les doyennes, des listes spéciales seront
envoyés à chaque paroisse du diocèse, pour la
collecte des dons, rassembler ceux qui sont volontaires, et par les
fonds d'Eglise, aider la famille du défunt archiprêtre
Jean Kochurov, et aussi pour l'établissement du fond
spécial pour l'assistance du clergé dans des
circonstances similaires."
"... Une immense tâche requiert des moyens appropriés. Le
conseil diocèsain de l'Eglsie espère qu'avec l'aide de
Dieu, de tels moyens seront trouvés. La modeste offrande du
diocèse et du clergé, faite volontairement, et reposant
sur la conscience Chrétienne de chaque personne, fournira
l'opportunité de sècher les larmes des orphelins
affligés, et un début à l'entreprise de bonne
assistance fraternelle, pour laquelle notre clergé a un grand
besoin en particulier maintenant..." "Le tonnerre a
résonné; maintenant il est temps de faire le Signe de
Croix!" (41)
En une de ses visites régulières à son
diocèse durant le Concile de toute l'Eglise de Russie à
Moscou, le métropolite Benjamin célébra la Divine
Liturgie le 26 novembre, pour la fête patronnale à la
cathédrale Sainte-Catherine à Tsarskoye Selo. "La
Liturgie se termina par une fervente exhortation du hiérarque,
durant laquelle il fit appel au peuple pour l'unité, l'amour et
la fraternité", écrivait un correspondant du journal "All
Russian Church-Social Herald". "Le métropolite mentionna aussi
le terrible évènement, l'assassinat du bien-aimé
pasteur de l'église locale, le père Jean Kochurov. Il
nota que bien que ceci était une très pénible
occasion, cela avait aussi été cause de
réconciliations, par la réalisation de l'exemple que le
pasteur avait montré, en donnant sa vie par amour pour Dieu et
son prochain, par son exemple de martyre."
Le message archipastoral fit grand effet sur tous, et des larmes furent
vues sur nombre de visages. Après la Liturgie, la Litie pour les
défunts fut célébrée sur la tombe du p.
Jean, dans la crypte funéraire de la cathédrale.
Après l'Office, le métropolite visita le rectorat,
où il rencontra la famille du défunt. (42) Ainsi pour la
seconde fois, et à présent par la bouche du
hiérarque diocésain qui rappelait le clerc
martyrisé de son diocèse, l'Eglise orthodoxe de Russie
déclarait la mort du p. Jean comme un martyre.
Le Concile de toute l'Eglise de Russie était justement en cours
à Moscou, et cette mort avait profondément touché
les coeurs de tous les délégués, faisant jaillir
de fortes lamentations. L'archiprêtre P. Mirtov fut
désigné pour composer une proclamation exprimant le
sentiment du Concile, donnant des informations sur la mort
précoce du défunt père Jean Kochurov, tombé
victime (de la violence) alors qu'il accomplissait avec zèle les
obligations de son rang. (43)
Le très saint patriarche Tikhon était devenu très
familier avec le p. Jean durant les nombreuses années qu'ils
avaient travaillé ensemble dans le diocèse
d'Amérique du Nord et des Aléoutes, et dès lors
avait beaucoup de respect pour lui. Exprimant la juste conviction qui
s'était formée au Concile, que l'Eglise orthodoxe de
Russie avait reçu un nouveau saint martyr par la mort du
père Jean, le patriarche envoya une lettre de compassion
à Alexandra Kochurova, la veuve du défunt pasteur : "Avec
grande affliction, le très saint Concile de l'Eglise Orthodoxe
de Russie a reçu le rapport concernant le martyre du père
Jean Alexandrovich Kochurov, qui est tombé victime (de la
violence) pendant qu'il accomplissait avec zèle les obligations
de son rang," écrivait le futur Confesseur, le très saint
patriarche Tikhon. "Joignant nos prières à celles du
saint Concile pour le repos de l'âme de l'archiprêtre Jean,
assassiné, nous partageons votre grande douleur, et nous
le faisons avec un amour particulier, parce que nous connaissions bien
le défunt archiprêtre, et avions toujours tenu en haute
estime son activité pastorale forte et bien inspirée."
"Nous portons en notre coeur l'espoirt certain que le défunt
pasteur, orné de la couronne du martyre, se tient à
présent au Trône de Dieu, parmi les élus du vrai
troupeau du Christ. Le saint Concile, avec la plus ardente compassion
pour votre famille endeuillée, a décidé d'adresser
une requête au Saint-Synode pour vous fournir une assistance
appropriée."
"Puisse le Seigneur vous aider à supporter l'épreuve que
la Providence de Dieu vous a envoyée, et vous préserer
vous et vos enfants intacts au milieu des tourmentes et
calamités de notre époque."
"Nous invoquons la bénédiction de Dieu sur vous et votre
famille." - Patriarche Tikhon[44]
Exactement 5 mois après la mort du p. Jean, le 31 mars 1918,
alors que le nombre de clercs assassinés connus du Saint Synode
était déjà de 15, la première Liturgie de
Commémoraison des Nouveaux Hiéromartyrs et Martyrs de
l'histoire de l'Eglise orthodoxe de Russie au 20ème
siècle fut célébrée dans l'église du
Séminaire Théologique de Moscou, par le très saint
patriarche Tikhon, 4 autres hiérarques, et 10 archimandrites et
protopresbytres. Durant la Liturgie de Commémoraison et l'Office
de Mémorial, lorsque la prière de supplication fut
prononcée "Pour le repos des serviteurs de Dieu qui ont
péri pour la Foi et l'Eglise Orthodoxe, après avoir
mentionné le premier hiérarque assassiné, le
métropolite Vladimir, le premier archiprêtre
assassiné, le père Jean Kochurov, fut mentionné,
lui qui par sa mort en Porteur-de-la-Passion, ouvrit la voie au service
offert par les confesseurs, l'assemblée des Néo-Martyrs
Russes du 20ème siècle. (5)
AMEN
Traduit du russe en anglais par Anatoly Antonov
Traduit en français par Jean-Michel Dossogne
Sources et Ecrits [1]The Central State Historical Archive of St.
Petersburg (CSHA of S.-P.), F. 14 University of Petrograd, 3, f.31575,
1.8, 10. The personal folder of the student Dmitry Alexandrovich
Kochurov. [2]CSHA of S.-P., F. 277, 1, f. 3220, par. 1,2,3,4,5,6,8.
[3]CSHA of S.-P., F. 19, 113, f. 4167, par. 37. [4]American Orthodox
Messenger (AOM), 1907, N14, p. 269. [5]CSHA of S.-P., F. 19, 113, f.
4167, par. 37. [6]AOM, 1898, N24, pp. 681-682. [7]AOM, 1896, N7, p. 117
[8]AOM, 1898, N24, p. 682. [9]Ibid. [10]AOM, 1897, N14, p. 290.
[11]AOM, 1900, N10, p. 215. [12]AOM, 1896, N1, p. 14; CSHA of S.-P., F.
19, 113, f. 4167, par. 38-39. [13]AOM, 1898, N24, p. 682. [14]AOM,
1899, N11, pp. 305-306. [15]AOM, 1901, N1, pp. 26, 32. [16]AOM, 1902,
N8, pp. 171-173. [17]A. Maltsev, The Russian Orthodox Churches and
Institutions Abroad. St. Petersburg, 1906, p. 419 (in Russian) [18]AOM,
1905, N17, pp. 340-341. [19]CSHA of S.-P., F.19, 113, f.4167, par. 40.
[20]AOM, 1904, N5, p. 81. [21]AOM, 1905, N17, pp. 340-342. [22]AOM,
1906, N10, p. 206. [23] AOM, 1906, N10, p.206. [24] AOM, 1907, N14, pp.
269-270. [25]CSHA of S.-P., F. 19, 113, f. 4167, par. 37. [26] Circular
of the Department of Education of St. Petersburg, from 1907, p. 294.
[27]CSHA of S.-P., F.139, 1, f. 11305, par. 28. [28]Tserkovniye
Vedomosty, a newspaper, 1912, N18, p. 128. [29]Ibid, 1916, N18-19, p.
167. [30]CSHA of S.-P., F. 19, 113, f. 4333, par. 12.
[31]Tsarskoselskoye Delo, 1916, 18 Nov. [32]CSHA of S.-P., F. 19, 113,
f. 4366, 1.20. [33]Vserosiysky Tserkovno-Obschestvenniy Vestnik (VTOV),
1917, 5 Nov. [34]Ibid. [35]Ibid. [36]Ibid. [37] AOM, 1905, N17, pp.
340-342. [38]VTOV, 1917, 5 Nov. [39] VTOV, 1917, 1 Dec. [40] VTOV,
1917, 7 Nov. [41] Tserkovniye Vedomosty, 1917, N48-50, pp. 2-3. [42]
VTOV, 1917, 1 Dec. [43] VTOV, 1917, 2 Nov. [44] VTOV, 1917, 15 Dec.
[45] Pribavleniye k Tserkovnym Vedomostyam, 1918, N15-16, p. 519.
[*] note du traducteur vers le français : la vie spirituelle
dans les villes de la Russie "Orthodoxe"
n'était en tout pas ce qui semblait le plus évident
à saint Séraphim de Sarov ou saint Jean de Cronstadt. Au
contraire, sous des dehors de vie spirituelle se cachait une terrible
absence de vie de Foi. La culture remplaçait la Foi. Des rites,
des coutumes, oui, beaucoup, et si différents de tout ce qu'on
pouvait trouver ailleurs. Mais pas de vie spirituelle réelle.
S'il en avait été autrement, jamais la Révolution
Socialiste Bolshevik n'aurait eu lieu. Le Tribunal de l'Histoire est
cruel face aux illusions et aux faux-semblants de nos belles
histoires.. Et l'oubli actuel, flagrant, de cette expérience du
passé ne met pas ce pays à l'abri d'y voir se
répèter les mêmes évènements : la vie
spirituelle réelle y est toujours aussi absente. Jean-Michel.
Textes à traduire plus tard :
Saints Spiridon et Nicodème, boulangers de Prosphores de la
Laure des Cavernes de Kiev, proches cavernes (12e s.)
Apôtre Epimachus d'Alexandrie
[ et la grosse farce mythologique du jour, made in Byzance :
Saints Stachias, Amplias, Urban, Narcissos, Apellias et Aristobule des
70 Disciples (1er s.)
http://www.oca.org/pages/orth_chri/Feasts-and-Saints/October/Oct-31.html#stakhias
[ On mèle saint Aristobule, dont voici l'icône, avec le
mythe Stakhis. Ce mythe ne vaut tripette. Tandis que les
évangélisateurs dans le sud de la Grande-Bretagne, en nos
terres Celtes, leur présence est archéologiquement
attestée dès la plus haute antiquité. Ce qui a une
toute autre valeur que des "vénérables traditions"
inventées 6 ou 7 siècles plus tard... Je ne traduirai
bien entendu pas cette mystification à but hautement politique.
Voir la rubrique sur saint André sur cette page-ci : http://www.amdg.be/tu_es_petrus.html
Saint Aristobule, Apôtre de la Celtie, prie Dieu pour eux et nous!
Kyrie eleison! JMD. ]
Dans le livre "Saintes et Saints de Belgique au 1er millénaire", nous trouvons à ce jour :
http://www.amdg.be/amdg12.html "sanctoral Belgique"
[je ne placerai ici des vies de saint(e)s tirées de ce livre que de manière exceptionnelle : il vaut l'achat!]
Dans le livre en néérlandais "Vergeten Helden", volume
"october", nous trouvons à ce jour:
http://www.amdg.be/ed-pervijze.html
D'après le sanctoral des RP Bénédictins, éditions Letouzey & Ané 1936, on trouve entre autres :
SAINT FOILLAN, ABBÉ DE FOSSES (+ 655?)
http://www.amdg.be/sankt/feuillen.html
[ et pour terminer, la mythologie Grecque à nouveau
élevée au rang d'hagiologie Chrétienne... Kyrie
eleison! JMD ]
A Constantinople, saint Stachis, évêque, qui fut
ordonné premier évêque de cette ville par le
bienheureux André, apôtre (?).
Notre martyrologe écrit Stachis sans "y", à tort semble-t-il. Stachis
(prononcez "kis") est un nom grec qui signifie "épi, fruit". Il est
question d'un Stachys dans l'épître aux Romains (16, 9) "Saluez
Urbain.., et mon bien cher Stachys". Cet Urbain a été nommé dans la
notice précédente. De Stachys on ne sait rien que des racontars
recueillis par les Grecs : saint André l'aurait établi premier évêque
de Byzance; Stachys aurait fondé l'Eglise d'Argyropolis dans le
voisinage. Ces contes ont été imaginés vers 800, croit-on, par des
faussaires qui signaient Épiphane, Dorothée, Hippolyte. Leurs
élucubrations ont passé dans la littérature sur les disciples des
apôtres et ont alimenté les chronographes (Acta sanct., 31 octobre, t.
13, p. 687-698; Bibtioth. hag. gr., n. 150-153; Synax. Eccl. Const.,
col. 177; 180, 50; 785; Th. Schermann, Propheten und Apostellegenden,
p. 185-187).
[ c'est non pas une légende, histoire qui aurait donc des fondements
historiques, mais la pure mythologie, le gros mensonge, que se sont
inventés les Grecs pour prétendre à une ancienne existence de leur
capitale ecclésiastique 3 siècles avant qu'elle ne soit fondée par
Constantin le Grand. N'oublions pas que sur ce mythe pur et dur, on
continue de former les enfants de cette Eglise. Comme on fait de même
pour Rome avec Pierre... Le mensonge est l'arme de satan : ils mentent,
le résultat n'est pas de Dieu, c'est la haine, la division et même les
guerres. Quand cessera-t'on enfin d'honorer comme "vénérables
traditions" tout ce tas de répugnants mensonges?! Kyrie eleison. JMD ]
Voir : http://www.amdg.be/tu_es_petrus.html
Textes à corriger plus tard :
A Cologne, sainte Notburge, vierge (+ vers 715?).
Notburge (Noitburge) était nièce, dit-on, de la
bienheureuse Plectrude, femme de Pépin d'Héristal. Elle
serait entrée au monastère Sainte-Marie du Capitole,
fondé à Cologne par sa tante. Nous avons une petite
légende de Notburge, peut-être du xIiie siècle,
où le Christ la fait mourir à la fleur de l'âge
pour lui éviter un mariage quila désolait. Ses reliques
allèrent aux chartreux de Beatenberg près de Coblence,
vers la fin du Moyen Age. Une église Sainte-Noitburge est
signalée à Cologne en 1188 et vers 1250 (Acta sanct., 31
octobre, t. XIII, p. 836-845; E. Forstemann, Altdeutsches
.Namenbuch, t. i, 1900, col. 1165; Erhard Winheim, Sacrarium
Agrippinie, Cologne, 1607, P. 19, 305 [et non 305 bis], 312, 319
[à la fin du vol., notre exemplaire porte 119 par erreur
brachium B. Noithburgis in Carthusia, 31 Novemb.]; J. Molanus,
Indiculus sanct. Belgii, Anvers, 1583, calendrier final, 31 octobre;
Id., Natales sanct. Bel gii, Douai, 1616, foI. 235; Anal. bol., t. ~vi,
1938, p. 193, 199; P. Clemen-H. Rathgens, Die Kunstdenkmaler der Stadt
Kiln, t. n, fasc. I, Dùsseldorf, 1911, p. 100-102, 222; Annalen
des hist. Vereins fur den Niederrhein, t. LXXV, 1902, p. 53 sq.;
Quellen zur Gesch. der Stadt Kôln, t. n, 1863,. p. 404; A.-M.
Zimmermann, Kalend. bened., t. ~n, p. 238, 241; t. n, p. 557; E. de
Moreau, Hist. de l'Église en Bel gique, t. i, 1945, table, p.
371, Plectrude; notices de deux autres saintes nommées Notburge,
dans notre t. ix, p. 288-289).
SAINT QUENTIN, MARTYR (3ième SIÈCLE)
Quinctinus est un nom latin venu de Qui ntus ou Quinctius,
"cinquième". Il désigne l'enfant né après
Quartus, avant Sextus ou Sestius.
Avec saint Quentin, nous retrouvons le "cycle de Rictiovar",
déjà rencontré dans ce volume aux 5 et 6 octobre,
mais surtout au 18 et au 25, avec les martyrs de Trèves, puis
Just et les savetiers immortels (mais fabuleux, hélas!)
Crépin et Crépinien.
Rictiovar, persécuteur purement légendaire aux yeux de L.
Duchesne et de H. Delehaye, pourrait avoir bel et bien existé
selon C. Jullian. Ce serait un barbare, préfet militaire
d'auxiliaires barbares, et spécialiste de la police des
routes surtout entre Reims et Amiens, sous Maximien. La biographie peut
suivre ses itinéraires de justicier sur nos grandes routes
romaines. Quentin d'Amiens ou de Vermand trancherait sur son habituel
gibier de martyrs ruraux, établis ou de passage auprès de
mansiones campagnardes.
Malheureusement la "Vita" de Quentin est un document sur lequel on ne
peut se fonder : Romain d'origine, il vient prêcher en Gaule avec
saint Lucien de Beauvais. Lui se fixe à Amiens et c'est
là que Rictiovar l'arrête.
Les manuscrits du martyrologe hiéronymien annoncent diversement
notre saint : "A Augusta Veromandorum [Vermand, puis S.-Quentin],
saint Quentin, martyr", ou : "Dans le territoire des Amiénois,
saint Quentin, martyr". Saint Bède l'a mis dans son
martyrologe, vers 735, et il est parvenu jusqu'à Baronius,
transmis par les martyrologes "classiques". Saint Grégoire de
Tours (In glor. mart., C. LXXII Ou LXXIII) nous dit que le corps de
Quentin, noyé, fut retrouvé grâce à une
pieuse aveugle. Dès qu'il fut tiré de l'eau, la femme
recouvra la vue. C'était cinquante-cinq ans après le
martyre. Saint ~1oi, évêque de Noyon, aurait
retrouvé au VIle siècle les'reliques de saint Quentin -
de même qu'il retrouva les reliques de plusieurs autres saints.
Un recueil de miracles, jusqu'à 827, parle en appendice
d'une translation de 835 en une église neuve que l'abbé
Fulrad avait fait bâtir. Le 4 novembre 1950, Mayence a
reçu avec solennité une relique de notre saint.
Le martyr du 111e siècle a donné son nom à la plus
grosse ville du département de l'Aisne (50 000 hab. avant la
guerre de 1939). Sa basilique est l'honneur de la cité, au
sommet d'une colline de craie défendue par la Somme et par un
ravin. Vers le milieu du yje siècle, l'évêque, qui
avait d'abord résidé dans la capitale des Veromandui,
transporta sa résidence à Noyon pour plus de
sécurité. Étape sur la route des Flandres, la
ville voyait affluer les pèlerins au tombeau du saint martyr, et
les marchands qui fréquentaient les foires champenoises. Au xie
siècle, la puissante cité reçut sa charte
communale. Des métiers se fixèrent auprès de la
route commerciale. Leur travail, hélas! se vit interrompu au
xvie siècle par l'invasion espagnole, au xxe par l'invasion
allemande poussant vers Paris.
Bibl. - Acta sanct., 31 octobre, t. x p. 725-820.
- R. Bossuat, Manuel bibliogr. de la litt. franç. du Moyen Age,
1951, n. 3369-3370, 5808-5813. - Mon. Germ. hist., Poeto lat. medii
~evi, t. iv, fasc. s, p. 977-1003; textes
déjà publiés dansAnal. boit., t. xx, 1901, p.
5-44, 158, ou plus précisément p. 13-29, 30-36,
37-44. - H. Delehaye, Comm. martyrol. hieron., p. 580. - C. Jullian,
Notes gallo-romaines, c, Le cycle de Rictioear, dans Rep. des
études anc., t. xxv, 1923, p. 367-378 (résumé dans
Dict. d'archéoi. chrét. et de lit., t. xiv, col.
2419-2422, art. Rictiovarus(; Hist. de la Gaule, t. vu, 1926, p. 70-71.
Notes sur le culte S. Quentin paraît dans des " litanies
carolines " de Soissons, vers la fin du visse siècle;
litanies à l'usage de Corbie, vers le début du "xe
siècle; litanies dites de Charles le Chauve, à l'usage de
S.-Denis, entre 842 et 869; litanies de Miinstereifel, au
diocèse de Cologne, du xe siècle; de
S.-Germain-des-Prés, vers 1050; litanies gantoises du
psautier de Ste Wivine, entre 1100 et 1150. A Mayence, dès
l'époque carolingienne, il y avait une église S.-Quentin.
Des paroisses alsaciennes l'ont pour titulaire. Il aurait eu une
relique à l'abbaye S.-Géry de Cambrai, si on lit Quintini
au lieu de nuntii. H. Quentin, Les martyrol. hist. du Moyen Age, p. 89,
349, 464, 483. - V. Leroquais, Les sacramentaires et les missels
mss t. iii, p. 404; Les bréyiaires mss t. y, p. 260.
Sur la crypte du saint, cf. G. Bapst, Le tombeau de S. Quentin, dans
Rep. archéol., II1~ sér., t. xxv, 1889, p. 268-275; J.
Hubert, L'art préroman, Paris, 1938, p. 23; A. Grabar,
Martyrium, t. s, Paris, 1946, p. 485. - Atlas Vidal-Lablache, 1930, p.
18. - Vidal de la Blache-Gallois, Géogr. univ., t. vs-2, p. 465,
par A. Demangeon. - Au musée de Cluny, à Paris, belle
tapisserie (vers 1450( représentant un miracle de S. Quentin cf.
Guide sommaire, 1949, p. 18. - Inyentaire des dessins et estampes
relatifs au dép. de l'Aisne..., légués à la
Bibi. nat. par M. Ed. Fleury, rédigé par M. H.
Bouchot, 1887, p. 316.
D'après les Petits Bollandistes, 7ième édition, Bar-le-Duc 1876, entre autres :
p.56-57
Au diocèse de Verdun, saint Quentin, martyr, dont nous donnerons la vie au jour suivant. 303.
SAINTE NOITBURGE OU NORTBURGE, VIERGE À COLOGNE (8ième s.)
Cette vierge illustre était nièce (d'autres disent fille)
de Pépin d'Herstal, tige de nos rois de la seconde dynastie, et
de sainte Plectrude, qui l'éleva dans les plus purs sentiments
de la vertu. Les soins que lui prodigua la pieuse princesse ne
demeurèrent pas stériles : Notberge fit paraître,
dès ses jeunes ans, tant d'innocence, de pureté de coeur,
de détachement des vanités et des plaisirs mondains,
d'amour pour Jésus-Christ et de dévotion pour Sa sainte
Mère, qu'on put deviner la sainteté de sa vie future.
Grande selon le monde, elle devint plus grande encore en roulant le
monde aux pieds.
Lorsque sa tante chérie, le coeur brisé de la liaison
adultérine de son mari avec la factieuse Alphaïde,
adultère dont naîtra Chartes-Martel, se retira dans la
ville de Cologne, elle la suivit, et lui demeura unie, comme si
elle eût été sa fille. Elle lui rendit tous les
services d'une compagne fidèle, et lui prodigua toutes les
consolations de la plus tendre des amies. Plectrude,
dégoûtée du siècle, ayant fondé en
couvent de filles nobles en cette ville, Notburge y entra, pleine de
joie de se consacrer au Seigneur dans la vie monastique. Elle
vécut dans ce monastère, comme une personne
entièrement morte au monde, et ne respirant plus que pour le
Ciel. L'oraison devint son occupation la plus douce; jamais elle ne
perdait de vue la présence de Dieu; elle édifiait toutes
ses compagnes par une ferveur merveilleuse et une exactitude parfaite
à tous ses devoirs; elle menait une vie d'ascète digne
des Mères du Désert d'Egypte.
Cependant ses cousins, Drogon et Grimoald, fils de Pépin,
qu'elle intéressait beaucoup, essayèrent de l'arracher
à ce saint monastère, avant qu'elle soit
définitivement engagée. Ils formèrent le projet de
la marier à un grand seigneur, afin de se créer par
là une nouvelle alliance à même de servir leurs
intérêts temporels et politiques. Les femmes de la
noblesse, en ce temps-là, étaient rarement
considérées Chrétiennement... Mais Dieu, qui
veillait à la garde de la pieuse et noble vierge, exauça
les voeux de son coeur. Elle échappa aux pressions de ses 2
parents du fait de la mort de chacun d'eux. Elle en fut vivement
peinée, mais elle se réjouit fort de se voir
délivrée de leurs instances, et de se trouver libre de se
donner toute à Dieu.
La fidèle amante du Sauveur, se croyant dégagée
à jamais de toute tentative du côté du monde, ce
songea plus qu'à se livrer aux délices de l'amour divin;
mais elle avait compté sur une paix qui ne lui était
point réservée. D'autres parents poursuivirent le projet
de ses cousins; se voyant pressée trop vivement, et ne sachant
plus à qui s'adresser sur terre pour obtenir la liberté
de disposer d'elle-même à son gré, elle s'adressa
au Christ, dans l'ardeur de sa Foi, Le suppliant, avec beaucoup de
larmes et de soupirs, de ne pas permettre qu'on puisse la Lui arracher,
pour la livrer à un prince de ce monde. Elle lui demanda
dès lors de lui reprendre plutôt la vie, en la retirant de
ce misérable monde.
Notburge pria si fort que son Epoux céleste l'exauça. Peu
de temps après elle tomba malade, et sa maladie n'eut point de
guérison. Elle finit par rende à son Bien-Aimé une
âme pure et sans tache, pour être couronnée dans Sa
Gloire. Les Anges portèrent son âme au délicieux
jardin de l'Epoux des vierges, et le Ciel permit que son corps devint
un instrument de miracles : il fut une source de vie et de santé
pour ceux qui en approchaient. Comme on portait ses restes
inanimés à l'église de Saint-Pierre, il s'y
rencontra le cadavre d'un homme qu'on allait confier à la terre;
dès que ce corps eut approché de celui de Notburge, il
fut rendu à la vie. Toute la ville de Cologne fut
édifiée de ce prodige. Il se fit tant d'autres miracles
à son tombeau, que l'église où il se trouvait prit
le nom de Sainte-Noitburge. Ses reliques se conservaient à la
fin du 19ème siècle dans l'église de la Chartreuse
de Cologne.
"Vie de sainte Noitburge", par m. le curé de Vitel.
Textes à corriger plus tard :
légende de SAINT QUENTIN DE ROME, APÔTRE D'AMIENS, MARTYR EN VERMANDOIS (+ 303)
p.58-70
p.699-701
SAINT WOLFGANG DE WELTEMBOURG, évêque de Regensburg (Ratisbone) (+ 994)
p.70-74
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que les saints Anges du Seigneur veillent sur vous!
jean-michel