31 mars

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06 décembre 2005

Bonsoir ami(e)s des saint(e)s, qu'ils soient Celtes ou non, d'ici ou d'ailleurs! 

En Belgique, SAINTE , depuis des siècles à l'honneur des Autels. Vies en fin de message.

Nous avons au calendrier byzantin (datation grégorienne), en plus d'une partie des saints ci-dessous :
saint Innocent de Moscou et Kolomensk, Egal aux Apôtres et Illuminateur de l'Amérique du Nord (1879);(Etc.)

Que Notre Seigneur Jésus-Christ, qui est béni dans Ses saintes et saints, par leurs prières, nous fasse miséricorde.

To: "[celt-saints]"<celt-saints@yahoogroups.com>
From: emrys@globe.net.nz>
Date sent: Wed, 30 Mar 2005 16:55:40 +1200
Send reply to: celt-saints-owner@yahoogroups.com
Subject: [celt-saints] March 31

Saints Celtes et anciens saints Anglais - 31 Mars
(traduction personnelle http://www.amdg.be )

=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=
* Saint Aldhelm de Malmesbury (Sherborne), évêque.
(Adhelm, Aldelmus)
=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=

Aujourd'hui c'est la Fête de la Translation de ses saintes reliques. Fête principale le 25 mai.

Né dans le Wessex, Angleterre, vers 640; mort à Doulting dans le Somerset, le 25 mai 709.

Il y a une courte mention dans Bede, qui était son contemporain, mais la plupart de nos connaissances concernant Aldhelm vient de la Vie écrite par le moine William de Malmesbury. Il naquit environ en 639 quand Cynegils, le premier roi chrétien, gouvernait les Saxons de l'Ouest, et Birinus, qui avait amené la Foi dans le Wessex, était évêque de Dorchester. A l'âge de 15 ans, il fût envoyé au monastère à Malmesbury pour étudier sous la direction d'un moine Irlandais nommé Maedulph (Maeldubh). Bien qu'il avait été seulement fondé depuis 20 ans, il avait déjà acquis une réputation pour l'enseignement et sa vaste bibliothèque.

Aldhelm prononça ses voeux monastiques en 661, et 10 ans plus tard il partit à Cantorbéry, dont l'école, dirigée par deux grands lettrés, l'abbé Hadrian et l'archévêque Théodore, attirait des étudiants de chaque partie d'Angleterre. Il passa 2 années à Cantorbéry et aurait bien aimé y revenir pour une autre visite, mais la maladie l'en empêcha, et en 675, il fût élu abbé de Malmesbury, à la mort de Maedulph. Aldhelm avait alors 35 ans et restera abbé jusqu' à sa mort en 709.

L'église de Maedulph avait une structure en bois, et Aldhelm la remplaça par une grande église en pierre, célébrant son achèvement et la dédicaçant aux Saints Pierre et Paul par un poème de 21 vers. Il était un poète très talentueux, et le Livre du Roi Alfred rapporte l'histoire de comment, quand la congrégation était peu nombreuse à Malmesbury, Aldhelm sortit et se tint sur le pont, divertissant les gens comme un ménestrel, les encourageant à venir à l'église pour louer Dieu.

En plus du monastère à Malmesbury, Aldhelm établit 2 autres maisons religieuses, Saint Laurent à Bradford sur Avon et Saint Jean-Baptiste à Frome; de nos jours on trouve encore les traces de ces 2 fondations en ces endroits. On pense qu'il a aussi construit l'antique église de Saint-Martin à Wareham, pendant qu'il attendait de traverser vers le Continent pour un pélerinage à Rome, et il y a une petite chapelle qui lui est dédiée sur le promontoire qui porte son nom à l'ouest de Swanage. Sa visite à Rome fût un grand succès, et il revint avec une charte du Pape romain pour ses 2 monastères à Malmesbury et Frome, les exemptant de la juridiction épiscopale. Ina de Wessex et Ethelred de Mercie signèrent ce document, garantissant la paix à ses fondations.

C'est surtout comme un lettré qu'Aldhelm est le mieux connu, et parmi les écrits qui lui ont survécu, il y a son "traité sur le nombre 7", qu'il envoya à son ami et collègue étudiant Aldfrid, roi de Northumbrie, un livre de 100 devinettes, et un traité de poésie métrique. Et son célèbre traité "De la Louange de la Virginité", adressé à Hildilida et ses religieuses à Barking, parmi lesquelles se trouvait Cuthburge, la femme d'Aldfrid, qui devait devenir la première abbesse de Wimborne.

Quand Hedda, l'évêque des Saxons de l'Ouest, mourrut en 705, le diocèse fût divisé, avec Daniel ayant son siège à Winchester, et Saint Aldhelm devenant l'évêque d'un nouveau diocèse avec Sherborne comme sa ville-Cathédrale. Ce nouveau diocèse a incorporé les comtés de Dorset, Somerset et la partie de Devon, attenant à la Cornouailles, avec laquelle Aldhelm avait déjà eu contact quand il écrivit une lettre au roi Geraint, exhortant l'église Britannique à être conforme aux usages romains.

Saint Aldhelm resta seulement 4 ans évêque, pendant lesquelles il fit constuire une cathédrale à Sherborne et continua à administrer ses communautés monastiques. Il mourrut à l'âge de 70 ans dans l'église de Doulting, et son ami Egwin, évêque de Worcester, eut une vision du temps de sa mort et vînt en hâte pour l'enterrer. La procession funèbre de Doulting à Malmesbury fût marquée par des croix de pierre chaque 7 miles, qu'on appela par la suite "bornes d'évêque", et qui existaient encore quand William écrivit la chronique. Son tombeau devint un lieu de pélerinage, et en 955 son corps a été transféré dans un magnifique reliquaire donné par Ethelwulf, le père d'Alfred le Grand. Athelstan, petit-fils d'Alfred, y est enterré aux côtés de son saint préféré, qu'il pria avant la bataille de Brunanburh (Platts, Gallyon, Bowen).

Chronique des rois d'Angleterre
par William de Malmesbury
http://www.littlebohemia.org/malmesbury.html
[note jmd : ce site n'existe plus, voir ci-après pour une autre page, et les fichiers en archive]


Sources:
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Bowen, Paul. When We Were One: A Yearbook of the Saints of the British Isles Complied from Ancient  calendars.
Gallyon, Margaret. The Early Church in Wessex and Mercia (Terence Dalton Ltd, 1980)
Platts, Charles. Pioneers of Our Faith (Methuen & Co. Ltd, 1910)

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Ajouts personnels :

Chronique des rois d'Angleterre, par William de Malmesbury, page complète :
http://www.fordham.edu/halsall/source/malmsbury-chronicle1.html

La page de référence du site concernant le "saint celte du 31/3" était : http://littlebohemia.org/history.html
Ce site était dédié à tout ce qui touche aux légendes de la "geste arthurienne", l'intérêt pour le chrétien étant dans la citation de nombre de saint(e)s dans ces textes, et leur place dans l'Histoire.

Et elle contenait (je traduis la page, les commentaires ne sont pas de moi, et j'aime le grand saint Gildas!) :
De Excidio Brittaniae et Conquestu www.littlebohemia.org/history/excidio.html
(traduction anglaise complète des Livres I & II) par Gildas, un extraordinaire moine Gallois du 6ième siècle, bien que peu lettré.; Un court passage chez Gildas contient la première mention d'un évènement qui sera associé par la suite à un personnage appelé Arthur, la bataille de Badon Hill.

Historia Brittonum www.littlebohemia.org/history/nennius.html
(traduction anglaise complète) par Nennius, un autre extraordinaire moine Gallois, du 8ième siècle, encore moins lettré. La compilation très partielle de l'Histoire Anglaise par Nennius est la première à mentionner le nom d'Arthur, "l'incarnant" un peu dans l'Histoire.

Annales Cambriae www.littlebohemia.org/history/annales.html
(traduction anglaise complète) Aussi connues comme "Annales du Pays de Galles", la plus ancienne version existante de cette chronologie (447-954 ap JC) se rattache au célèbre manuscrit Harleian de l'Historia Brittonum.

La chronique des Anglo-Saxons www.littlebohemia.org/history/chronicle.html
(traduction anglaise partielle: années 1 à 650 après Jésus-Christ) Cet extrait est, façon de parler, une vue rétrospective des évènements situés avant, pendant, et après l'époque d'Arthur. Cette Chronique des Anglo-Saxons a été composée pour la première fois à la fin du 9ième siècle. Arthur n'y est pas nommé.

Chronique des rois d'Angleterre www.littlebohemia.org/history/malmesbury.html
(traduction anglaise partielle des Livres I & III) par William de Malmesbury, un historien de la fin du 12ième siècle. Le texte ici comprend son histoire des années 447 à 670 ap JC. (incluant une intéressante description des pyramides de Glastonbury), dans laquelle un "guerrier Arthur" est mentionné, et aussi un extrait du Livre III sur le sépulcre d'Arthur.

Geoffrey de Monmouth www.littlebohemia.org/history/geoffrey.html
Un des "historiens" les plus créatifs dont notre planète ait été gratifiés. C'est lui qui a compilé et écrit le romantique "cycle Arthurien", à partir duquel tout ce qui concerne ce dernier devient sans valeur pour les historiens.

Arthur historique www.littlebohemia.org/history/arthur.html
Un résumé des anciennes sources des savants d'antan (12ième siècle et avant) sur la question de l'identité d'Arthur et de son existence.

Si les fichiers vous intéressent, je les ai récupérés ce matin. Mais en anglais. N'ayant pas trouvé de traduction française de ces textes sur internet, et comme ils m'intéressent aussi, je m'y attelerai... une autre fois.





traductions personelles (c) : http://www.amdg.be ;

Repos de Saint Innocent d'Alaska, Egal aux Apôtres et Illuminateur de l'Amérique du Nord (1879).
Méditation par le protopresbytre Alexandre Schmemann :
Apostolat & Amérique



SAINT IPATIOS, ÉVÊQUE DE GANGRA ET MARTYR (+ 326)
http://www.stlukeorthodox.com/html/saints/march/31st.cfm
Le hiéromartyr Ipatios, était évêque de la ville de Gangra en Paphlagonie (Asie Mineure). En 325, il participa au Premier Concile Oecuménique à Nicée, dans lequel l'hérésie d'Arius fut frappée d'anathème.
Lorsque saint Ipatios rentra en 326 de Constantinople à Gangra, des disciples des schismatiques Novatus et Felicissimus lui tendirent une embuscade dans un lieu isolé. Les hérétiques le percèrent avec épées et flèches, et le jetèrent du haut d'un escarpement dans un marais. Comme le premier martyr le diacre Etienne, saint Ipatios pria pour ses meurtriers. Une certaine Arienne frappa le saint à la tête avec une pierre, et il mourut. Ses meurtriers cachèrent son corps dans une caverne, où un Chrétien qui y entreposait de la paille retrouva son corps. Reconnaissant le corps de l'évêque, il alla vite en rendre compte en ville, et les habitants de Gangra vinrent pieusement enterrer la dépouille de leur bien-aimé archi-pasteur.
Après sa mort, les reliques de saint Ipatios devinrent célèbres par d'innombrables miracles, en particulier chassant les démons et guérissant les malades.
Depuis les temps anciens, le hiéromartyr Ipatios a été particulièrement vénéré dans en terre de Russie. C'est ainsi qu'en 1330, on construisit à Kostroma le monastère Ipatiev, à l'endroit d'une apparition de la Mère de Dieu avec le Christ-Enfant pré-Eternel et de plusieurs saints - l'Apôtre Philippe et le hiéromartyr Ipatios, évêque de Gangra. Ce monastère occupa par la suite une place importante dans la vie spirituelle et sociale de la nation, en particulier durant les années de l'Epoque des Troubles. D'antiques copies de la Vie du hiéromartyr Ipatios furent largement répandues dans la littérature Russe, et une d'entre elles entra dans la compilation du Chet'i Minei (Menées des Lectures) du métropolite Macaire (1542-1564). Dans cette Vie, on trouvait le récit d'une apparition du Sauveur à saint Ipatios, la veille de la mort du martyr. La vénération du saint consiste en prières, paroles de louanges et enseignements donnés le jour de sa commémoraison. La pieuse vénération de saint Ipatios s'exprime aussi à travers les oeuvres liturgiques d'auteurs Russes. Au 19ème siècle, on composa un nouvel Office au hiéromartyr Ipatios, différent des Offices composés par le moine Joseph le Studite tels qu'on les trouve dans les Menées de Mars.
saint Hypatius (Ipate), évêque de Gangra et martyr (+ 326)
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Saint Ipate de Gangra, entouré de scènes 16ème s. :
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détail - Sermon de Saint Ipate aux prêtres :
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détail - Des guerriers viennent chercher saint Ipate :
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détail - Entretien de saint Ipate avec le gouverneur :
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détail - Saint Ipate baptise le gouverneur :
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détail - Resurrection de la femme du gouverneur :
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détail - Saint Ipate dans le four :
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détail - Saint Ipate terrasse avec une croix un dragon qui avait surgi de la mer :
saint Ipate terrasse un dragon avec une croix
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détail - Saint Ipate périt brulé dans un boeuf en airain :
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détail - Saint Ipate est trainé par un cheval :
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détail - Le Diable apparaît à saint Ipate :
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détail - On Verse de l'étain en fusion dans la gorge de saint Ipate retenu par une pierre :
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détail - Le Christ apparaît à saint Ipate dans sa geôle :
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détail - Saint Ipate est cuit dans un chaudron après avoir été démembré :
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détail - On coupe à saint Ipate bras et jambes :
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détail - Entretien de saint Ipate avec le gouverneur :
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détail - Saint Ipate est jeté dans un trou et enseveli de pierres :
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Du Synaxaire Copte Orthodoxe :
http://www.copticpope.org
http://www.copticcentre.com/synaxarium.pdf
http://www.mycopticchurch.com/saints/
Tobi 23, 1721 AM



Puisse son intercession être avec nous, et Gloire soit à Dieu à jamais. Amen!






Du site de l'Eglise Orthodoxe Serbe en Amérique du Nord
http://www.westsrbdio.org/prolog/prolog.htm


1. HIÉROMARTYR HYPATIUS, ÉVÊQUE DE GANGRA (+ 326)

Hypatius naquit en Cilicie et était évêque de Gangra. Il fut présent au Premier Concile Oecuménique (Nicée 325), et renommé de par sa vie sainte et pieuse, et ses miracles. L'empereur Constantius ordonna qu'un portrait d'Hypatius soit réalisé du vivant du saint. L'empereur conserva ce portrait dans son palais comme défense contre les puissances adverses. A son retour de Constantinople, Hypatius fut attaqué dans un étroit défilé par des hérétiques Novatiens, et jetté avec d'autres au sol dans la boue. Aussitôt une femme de ce groupe le frappa à la tête avec une pierre et le saint mourrut. La femme devint aussitôt folle, reprit sa pierre et se frappa elle-même. Lorsqu'ils l'amenèrent au tombeau de saint Hypatius, il intercéda pour elle auprès de Dieu. Elle fut guérie par l'âme pleine de compassion d'Hypatius, et vécut le restant de ses jours dans la pénitence et la prière. Saint Hypatius mourrut et prit son habitation dans le Royaume éternel du Christ Dieu en 326.

3. HIÉROMARTYR AUDAS, ÉVÊQUE DE SUSE (+ 418)
Audas était évêque de la ville de Suse. Il fut décapité pour le Christ en 418, en Perse, par l'empereur Yesdegird. Son diacre, saint Benjamin, fut relaché par les bourreaux avec interdiction de recommencer à prêcher l'Evangile. Au début, il accepta, mais Benjamin ne peut pas supporter cela en son coeur, et il continua à prêcher la vérité du Christ parmi le peuple. Pour cela, Benjamin fut capturé et tué 3 ans après saint Audas, en 421.

4. SAINT APOLLONIUS
Apollonius fut un célèbre ascète Egyptien. Il renonça au monde dans sa quinzième année et se retira dans une montagne où il vécut 40 ans durant se nourrissant de végétation. Après cela, il fonda un monastère dans lequel 500 moines vécurent. Il mourrut en paix en 395.

HYMNE DE LOUANGE - LA VÉRITÉ
Connaissez la vérité, les Commandements du Seigneur,
Celui qui connaît la vérité, ne se laisse pas réduire en esclavage.
Au fidèle, la vérité donne la liberté,
Et par la vérité, le fidèle règne sur le monde.
Le mensonge et l'enchaînement sont comme une source et une rivière,
Le mensonge, à jamais dans les chaînes, retient le menteur.
Le mensonge est la ténèbre de minuit qui égare
Et par ce chemin incontrôlable, il guide l'homme dans les abysses.
Le mensonge enchaîne à la peur, peur de tous,
Des hommes, et du monde, et des démons.
La vérité est la lumière qui disperse les ténèbres 
Et accorde la liberté à l'esclave découragé,
Liberté face aux hommes, liberté face au monde,
Liberté face à la peur et aux démons maudits.
Celui qui reconnaît la vérité, c'est la liberté qu'il reçoit,
Avec la liberté, même l'autorité sur tous les adversaires.
La vérité prépare le berceau pour la liberté,
Car sans vérité, il n'y a pas de vraie liberté
.

RÉFLEXION - Saint Jean Climaque dit : "Celui qui en son coeur est fier de ses larmes et condamne secrètement ceux qui ne pleurent pas est comme cet homme qui demande au roi une arme contre ses ennemis et puis se suicide avec elle" (échelle 7). Si votre coeur est adouci, que ce soit par la repentance devant Dieu ou par la connaissance de l'inépuisable amour de Dieu envers vous, ne devenez pas fiers face à ceux dont les coeurs sont encore endurcis et insensibles. Souvenez-vous tout ce temps où vous avez eu un coeur dur et insensible. Il y avait 7 frères souffrants qui étaient dans un hopital. Un d'eux fut guérit et se leva. Il se dépêcha de servir ses autres frères avec un amour fraternel, se souciant pour qu'ils puissent guérir eux aussi. Soyez vous aussi comme ce frère. Considérez tous les hommes comme vos frères, des frères malades. Si vous sentez que Dieu vous a donné la guérison avant eux, sachez qu'elle vous a été donnée par miséricorde, afin que vous, en bonne santé, puissiez servir les autres qui sont malades. De quoi alors serions-nous fiers? Comme si la bonne santé viendrait de nous et non pas de Dieu? Comme si un trou plein de boue pouvait se nettoyer lui-même, et non pas l'être par une source plus profonde et propre.

HOMÉLIE - A propos de la joie après la tristesse.
"Vous aussi, maintenant vous voilà tristes; mais je vous verrai de nouveau et votre coeur sera dans la joie," (Saint Jean 16,22).
Le père monte sur le gibet, et ses fils crient après lui. Au lieu que ce soient ses fils qui le réconfortent, c'est lui qui les réconforte. C'est pareille chose qui s'est produite avec le Seigneur et Ses disciples. Avançant vers Sa pénible mort, le Seigneur était bien plus attristé par les griefs de Ses disciples que par ce qu'Il avait à endurer. Il les caresse alors de consolation et les encourage avec la prophétie de la proche retrouvaille : "Mais Je vous verrai de nouveau." C'est une prophétie à propos de la résurrection. Nombre de fois, le Seigneur a prophétisé à propos de Sa mort, mais lorsqu'Il prophétisait à propos de Sa mort, Il prophétisait aussi à propos de Sa résurrection. Il n'y a rien d'imprévu qui ne Lui soit arrivé. Il n'a pas prophétisé à propos de Lui-même uniquement, mais aussi à leur propos (les disciples). Ils seront dans une grande peine comme la femme quand elle donne naissance endure la souffrance. Mais de même que la femme oublie sa douleur et se réjouit lorsqu'elle donne naissance "car un enfant est né au monde" (Saint Jean 16,22), ainsi en sera-t'il avec eux. Dans leur conscience, le Christ Seigneur n'était pas encore complètement sous la forme du Dieu-Homme. Tant qu'ils ne L'avaient connu que comme un homme souffrant et mortel, ils ne Le connaissaient que partiellement; jusqu'alors, la douleur de la naisasnce persiste en leurs âmes. Mais lorsqu'ils Le revirent, ressuscité et vivant, miraculeusement et tout-puissant, Seigneur sur toutes choses aux cieux et sur terre, la douleur et la tristesse ont cessé et la joie apparut dans leurs coeurs. Car le Christ avait été complètement formé dans leurs consciences comme le Dieu-Homme, et alors ils Le connurent dans Sa plénitude et Sa totalité. Ce n'est qu'à ce moment-là qu'Il aura été totalement né pour eux.
Ainsi en est-il avec nous, frères, tant que nous ne Le connaissons que de Sa naissance jusqu'à Sa mort sur le Golgotha, nous ne connaissons le Seigneur Jésus que partiellement. Nous ne Le connaîtrons complètement que lorsque nous Le reconnaitrons comme Le Ressuscité, le Victorieux sur la mort.
O Seigneur le Tout-Victorieux, aie pitié de nous, et par Ta résurrection, fais-nous nous réjouir comme Tu as réconforté et rendu Tes disciples joyeux.
A Toi soit la gloire et la louange à jamais. Amen.

Saint Nicolas Velimirovitch, évêque d'Ochrid, Serbie (+ 05 mars 1958), rescapé de Dachau puis des persécutions communistes, auteur de ce Sanctoral "Prologue d'Ochrid".



Du site de l'Eglise Orthodoxe Russe en Amérique du Nord
http://ocafs.oca.org/


Saint Innocent d'Alaska, Egal aux Apôtres et Illuminateur de l'Amérique du Nord (1879).

grande icône avec scènes de sa vie :

Saint Innocent (Veniaminov), Métropolite de Moscou et de Kolomensk (26 août 1797 - 31 mars 1879), a été glorifié et canonisé par l'Eglise Orthodoxe russe le 6 octobre 1977. Né dans le village d'Anginsk dans le diocèse d'Irkutsk. Apôtre d'Amérique et de la Sibérie, il annonça la Bonne Nouvelle "même aux confins de la terre" : dans les îles Aléoutiennes (à partir de 1823), dans les 6 dialectes des tribus locales sur l'île de Sitka (à partir de 1834), parmi les Kolosh (Tlingit); dans les établissements les plus éloignés du vaste diocèse de Kamchatka (à partir de 1853); parmi les Koryak, Chukchei, Tungus dans la région de Yakutsk (à partir de 1853) et en Amérique du nord (en 1857); dans la région du fleuve Amur et celle d'Usuriisk (à partir de 1860).
Ayant passé une grande partie de sa vie en voyage, saint Innocent traduisit en langue Aléoutienne un Catéchisme et l'Evangile, et en 1833, il écrivit dans cette langue une des plus belles oeuvres de l'activité missionnaire Orthodoxe -- "Directive sur la manière d'atteindre le Royaume des Cieux". En 1859, les Yakuts entendirent pour la première fois parler du Verbe de Dieu, et la Divine Liturgie dans leur langue maternelle. Deux fois (1860 et 1861) Saint Innocent rencontra l'Apôtre du Japon -- Saint Nicolas (3 février), partageant avec lui son expérience spirituelle.
Remarquable prédicateur, Saint Innocent disait: "Exactement cela, celui qui abonde de Foi et d'amour, saura s'exprimer avec sagesse, et aucun coeur ne pourra lui résister."
Ayant commencé son travail apostolique comme prêtre de paroisse, saint Innocent termina son apostolat à Moscou, à la cathédrale des Premiers-Hiérarques (5 janvier 1868 - 31 mars 1879). Dévoué à la Volonté de Dieu durant toute sa vie, il laissa derrière lui un témoignage de Foi à ses successeurs, écrits des mots du prophète : "Quand le Seigneur dirige les pas de l'homme, ils sont fermes et ils Lui plaisent" (Ps 36:23).
La mémoire de saint Innocent est célébrée 2 fois pendant l'année: 6 octobre et 31 Mars.
Sur Saint Innocent: voir le Journal du Patriarchat de Moscou, 1949:7, p. 36-44; 1955:1; 1975:3, p. 58-65; 1977:12, p. 3, 58-65; 1979:3,4,5,6.


[ page complète avec Tropaires, etc :
http://www.pagesorthodoxes.net/saints-d'amerique/sam-innocent.htm

pages sur les saints Orthodoxes d'Amérique du Nord :
http://www.pagesorthodoxes.net/saints-d'amerique/sam-introduction.htm ]



Repos de saint Jonas, métropolite de Moscou (+ 1461)

Saint Jonas, métropolite de Moscou et Thaumaturge de Toute la Russie, naquit dans la ville de Galich, dans une pieuse famille Chrétienne. Le père du futur saint s'appelait Théodore. Le jeune homme reçut la tonsure monastique dans un des monastères de Galich alors qu'il n'avait que 12 ans. De là, il partit pour le monastère Simonov de Moscou, où il accomplit diverses tâches durant nombre d'années.
Un jour, saint Photius, métropolite de Moscou (27 mai et 2 juillet), visita le monastère Simonov. Après le Moleben [office d'intercession et d'action de grâce], il bénit l'archimandrite et les frères, et aussi souhaitât bénir les moines qui étaient dans les divers services du monastère.
Lorsqu'il parvint à la boulangerie, il vit saint Jonas dormant, épuisé de son travail. Les doigts du saint étaient dans la position de bénédiction appropriée. Saint Photius ne dit rien qui put le réveiller. Il bénit le moine endormit et prédisit à ceux présents que ce moine serait un grand hiérarque de l'Église Russe, et qu'il guiderait nombre de gens sur le chemin du Salut.
La prédiction de saint Photius s'accomplit. Nombre d'années plus tard, saint Jonas fut fait évêque de Ryazan et Murom.
Saint Photius mourrut en 1431. Cinq ans après sa mort, saint Jonas fut choisit comme métropolite de toute la Russie, pour sa vie vertueuse et sainte. Le métropolite nouvellement élu fit le voyage de Constantinople afin d'être confirmé comme métropolite par le patriarche Joseph 2 (1416-1439). Peu avant cela, l'abominable Isidore, un Bulgare, avait déjà été établit comme métropolite. Ayant effectué un bref séjour à Kiev et Moscou, Isidore vint au Concile de Florence (1438) , où il embrassa le catholicisme-romain.
Un Concile des hiérarques Russes et du clergé déposa le métropolite Isidore, et il fut forcé de fuir en secret vers Rome, où il mourrut en 1462. Saint Jonas fut unanimement choisit comme métropolite de toute la Russie. Il fut consacré par les hiérarques Russes à Moscou, avec la bénédiction du patriarche Grégoire 3 de Constantinople (1445-1450). C'était la première fois que les évêques Russes consacraient leur propre métropolite. Saint Jonas devint métropolite le 15 décembre 1448.  C'est avec un zèle archipastoral qu'il guida son troupeau vers la vertu et la piété, répandant la Foi Orthodoxe par la parole et les actes. Malgré sa haute position, il continua ses luttes monastiques comme auparavant. En 1451, les Tatars firent une progression innattendue vers Moscou; ils brûlèrent la région avoisinante et préparèrent un assaut sur la ville. Le métropolite Jonas mena une procession le long des murs de la ville, suppliant Dieu dans les larmes, afin qu'Il sauve la ville et le peuple. Voyant que le moine Antoine du monastère Chudov était mourrant, lui qui était connu pour sa vie vertueuse, saint Jonas dit : "Mon fils et mon frère Antoine! Prie le Dieu Miséricordieux et la Toute-Pure Mère de Dieu pour la délivrance de la ville et de tous les Chrétiens Orthodoxes."
L'humble Antoine répondit, "Grand hiérarque! Nous rendons grâce à Dieu et à Sa Toute-Pure Mère. Elle a entendu votre prière et a prié Son Fils. La ville et tous les Chrétiens Orthodoxes seront sauvés par vos prières. L'ennemi s'enfuira bientôt. Le Seigneur a obtenu que moi seul soit tué par l'ennemi." A peine avait-il dit cela, qu'une flèche ennemi frappait l'Ancien.
La prédiction de l'Ancien Antoine se réalisa le 2 juillet, lors d'une Fête de la Mère de Dieu. La confusion éclata parmi les Tatars, et ils s'enfuirent dans la peur et la terreur. Dans sa cour, saint Jonas bâtit une église en l'honneur de la Mère de Dieu, pour commémorer la délivrance de Moscou de ses ennemis.
Saint Jonas se reposa en 1461, et des guérisons miraculeuses commencèrent à avoir lieu sur sa tombe.
En 1472, les reliques incorrompues du métropolite Jonas furent découvertes et placées dans la cathédrale de la Dormition du Kremlin (on célèbre la translation des saintes reliques le 27 mai). Un Concile de l'Église Russe en 1547 établit la commémoration de saint Jonas, métropolite de Moscou. En 1596, le patriarche Job rajouta saint Jonas à la Synaxe des hiérarques de Moscou (5 octobre).



Saint Hypatius le Guérisseur des Cavernes de Kiev
Saint Hypatius atteignit la glorie par son sévère jeûne et ses veilles pleines de prière. La nuit il se tenait en prière, dormait fort peu, et ne mangeait que du pain avec de l'eau.
Saint Hypatius se dévoua entièrement au service des malades, et reçut de Dieu le don de guérison. Les malades atteints de divers maux se pressaient souvent auprès de lui pour son intercession priante.
La mémoire de saint Hypatius est aussi célébrée le 28 août, lors de la Synaxe des Saints des Lointaines Cavernes.



Textes à traduire plus tard :

Apparition de l'Icône Iveron de la Mère de Dieu

The Iveron Icon of the Mother of God (which is preserved on Mt. Athos) was kept in the home of a certain pious widow, who lived near Nicea. During the time of the emperor Theophilus, the Iconoclasts came to the house of this Christian, and one of the soldiers struck the image of the Mother of God with a spear. Blood flowed from the place where it was struck.
The widow, fearing its destruction, promised the imperial soldiers money and implored them not to touch the icon until morning. When the soldiers departed, the woman and her son (later an Athonite monk), sent the holy icon away upon the sea to preserve it. The icon, standing upright upon the water, floated to Athos.
For several days, the Athonite monks had seen a fiery pillar on the sea rising up to the heavens. They came down to the shore and found the holy image, standing upon the waters. After a Molieben of thanksgiving, a pious monk of the Iveron monastery, St. Gabriel (July 12), had a dream in which the Mother of God appeared to him and gave him instructions. So he walked across the water, and taking up the holy icon, he placed it in the church.
On the following day, however, the icon was found not within the church, but on the gates of the monastery. This was repeated several times, until the Most Holy Theotokos revealed to St. Gabriel Her will, saying that She did not want the icon to be guarded by the monks, but rather She intended to be their Protectress. After this, the icon was installed on the monastery gates. Therefore this icon came to be called "Portaitissa" or "Gate-Keeper" (October 13). This comes from the Akathist "Rejoice, O Blessed Gate-Keeper who opens the gates of Paradise to the righteous."
There is a tradition that the Mother of God promised St. Gabriel that the grace and mercy of Her Son toward the monks would continue as long as the Icon remained at the monastery. It is also believed that the disappearance of the Iveron Icon from Mt. Athos would be a sign of the end of the world.
The Iveron Icon is also commemorated on February 12, October 13 (Its arrival in Moscow in 1648), and Bright Tuesday (Commemorating the appearance of the Icon in a pillar of fire at Mt. Athos and its recovery by St. Gabriel).


SAINT IPATE (HYPATIUS, HIPATIOS), ÉVÊQUE DE GANGRA ET MARTYR (+ 326)
icône saint Ipate de Gangra, évêque et martyr (+ 326)
http://ocafs.oca.org/FeastSaintsViewer.asp?FSID=100956
Hieromartyr Hypatius, Bishop of Gangra, was bishop of the city of Gangra in Paphlagonia (Asia Minor). In the year 325 he participated in the First Ecumenical Council at Nicea, at which the heresy of Arius was anathematized.
When St. Hypatius was returning in 326 from Constantinople to Gangra, followers of the schismatics Novatus and Felicissimus fell upon him in a desolate place. The heretics ran him through with swords and spears, and threw him into a swamp. Like the Protomartyr Stephen, St. Hypatius prayed for his murderers.
An Arian woman struck the saint on the head with a stone, killing him. The murderers hid his body in a cave, where a Christian who kept straw there found his body. Recognizing the bishop's body, he hastened to the city to report this, and the inhabitants of Gangra piously buried their beloved archpastor.
After his death, the relics of St. Hypatius were famous for numerous miracles, particularly for casting out demons and for healing the sick.
From of old the hieromartyr Hypatius was particularly venerated in the Russian land. Thus in the year 1330 the Ipatiev monastery was built at Kostroma, on the place where the Mother of God appeared with the Pre-eternal Christ Child, the Apostle Philip, and the hieromartyr Hypatius, Bishop of Gangra. This monastery later occupied a significant place in the spiritual and social life of the nation, particularly during the Time of Troubles.
The ancient copies of the Life of the hieromartyr Hypatius were widely distributed in Russian literature, and one of these was incorporated into THE READING MENAION of Metropolitan Macarius (1542-1564). In this Life there is an account of the appearance of the Savior to St. Hypatius on the eve of the martyr's death.
The entry for the saint's Feast consists of his Life, some prayers, and words of praise and instruction. The pious veneration of St. Hypatius was also expressed in Russian liturgical compositions. During the nineteenth century a new service was written for the hieromartyr Hypatius, distinct from the services written by St. Joseph the Studite, contained in the March MENAION.



Dans le livre "Saintes et Saints de Belgique au 1er millénaire", nous trouvons à ce jour :
http://www.amdg.be/amdg12.html "sanctoral Belgique"
[je ne placerai ici des vies de saint(e)s tirées de ce livre que de manière exceptionnelle : il vaut l'achat!]








Dans le livre en néérlandais "Vergeten Helden", volume "maart", nous trouvons à ce jour:
http://www.amdg.be/ed-pervijze.html




D'après le sanctoral des RP Bénédictins, éditions Letouzey & Ané 1936, on trouve entre autres :

A Milan, saint Mauricile, évêque (+ vers 662).
L'un des 3 évêques que Ripamontius, dans son Histoire de l'Église de Milan, assigne à Jean le Bon (10 janvier). On ne possède aucun détail sur sa vie. Un calendrier de Milan le nomme au 31 mars, comme un prélat remarquable par sa sainteté. Son corps reposait dans l'église de Sainte-Satire (Acta sanct., 31 mars).



SAINT ACACE, ÉVÊQUE D'ANTIOCHE DE PISIDIE (VERS 250)
On ne saurait raconter les actions glorieuses des serviteurs de Dieu, sans remercier en même temps Celui qui soutient le patient dans ses tourments et couronne le vainqueur dans la gloire.
Marcien, personnage consulaire, ennemi de la Foi chrétienne, avait reçu de l'empereur Dèce le titre de préfet avec la mission spéciale de rechercher les Chrétiens. Arrivé dans la région d'Antioche, il se fit aussitôt présenter l'évêque Acace, considéré comme le bouclier de la contrée et voulut instruire lui-même sa cause. D'où le dialogue suivant
Marc. - Ayant le bonheur de vivre sous la loi romaine, tu dois aimer nos princes.
Ac. - De tous les sujets de l'empire, il n'en est pas qui aiment l'empereur autant que les Chrétiens. Nous prions tous les jours pour lui, nous lui souhaitons une longue vie, un esprit de justice dans son gouvernement, un règne paisible; nous prions pour le salut de ses soldats, la conservation de son empire.
Marc. - Ce sont toutes pratiques louables, mais pour que l'empereur en apprécie toute la sincérité, viens avec moi lui offrir un sacrifice.
Ac. - Je t'ai déjà dit que je prie le vrai Dieu pour le salut du prince. Quant à lui offrir un sacrifice, c'est un hommage qu'il n'a pas le droit d'exiger et que nous ne pouvons lui rendre.
Marc. - Quel est donc le Dieu auquel tu offres tes prières pour que je l'honore aussi?
Ac. - Je souhaite de tout coeur que tu connaisses mon Dieu, ce qui te sera fort avantageux.
Marc. - Dis-moi son nom.
Ac. - C'est le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob.
Marc. - Sont-ce là des noms de dieux?
Ac. - Non pas, mais ce sont les hommes à qui le vrai Dieu a parlé lui est le seul Dieu qu'il faut adorer, craindre et aimer.
Marc. - Et quel est donc ce Dieu?
Ac. - Son nom est Adonaï, le Très-Haut qui est assis sur les Chérubins et les Séraphins.
Marc. - Et qui est un Séraphin?
Ac. - C'est un Esprit, ministre du Très-Haut, l'un des principaux personnages de la céleste cour.
Marc. - Quelles chimères sont-ce là? Laisse-donc de côté ces fantômes d'êtres invisibles, et adore plutôt des dieux que tu peux voir.
Ac. - Mais alors dis-moi, quels sont ces dieux auxquels tu veux que je sacrifie.
Marc. - C'est Apollon, le sauveur des humains, celui qui nous préserve de la famine et de la peste, qui éclaire, protège et gouverne le monde.
Ac. - Veux-tu dire ce misérable qui n'a pu conserver sa propre vie, qui, dans son amour aveugle pour une jeune femme (Daphné), courut à sa poursuite ne sachant pas s'il posséderait jamais l'objet de ses désirs? Il est manifeste qu'il ne pouvait pénétrer l'avenir, étant aveugle sur son propre sort. Il n'était pas un dieu, celui qui a pu être trompé par une enfant. D'ailleurs je sais que ce ne furent pas là ses seuls chagrins possédé d'une vile passion pour le jeune Hyacinthe, il fut à la fois assez ignorant et assez infortuné pour tuer d'un coup de disque celui qu'il aimait éperdument. C'est encore ce même dieu qui a servi avec Neptune, s'est loué à un roi et a bâti comme maçon les murs d'une cité. Voudrais-tu bien m'obliger à sacrifier à une pareille divinité? ou encore à un Esculape, frappé de la foudre par Jupiter, ou à une Vénus à la vie infâme, ou à d'autres monstres pareils? Non, non, quand ma vie même en dépendrait, je ne saurais adorer ceux que j'aurais honte d'imiter, ceux que je méprise et exècre. Mais vous-mêmes adorez dans vos dieux ce que vous punissez dans les hommes.
Marc. - Allons! c'est l'habitude chez les Chrétiens de dire du mal de nos dieux. Maintenant, je t'ordonne de venir avec moi à un repas en l'honneur de Jupiter et de Junon, de reconnaître et de rendre aux immortels l'honneur qui leur est dû.
Ac. - Comment veux-tu que j'offre un sacrifice à un homme dont on sait que le tombeau est en Crête? Est-il donc ressuscité des morts?
Marc. - Eh bien! sacrifie ou meurs.
Ac. - Tu ressembles aux brigands dalmates quand ils ont arrêté un voyageur dans un chemin étroit, ils ne lui laissent d'autre choix que de livrer la bourse ou la vie. Pour ma part, je te déclare que je ne crains rien de tout ce que tu peux me faire. Les lois punissent les adultères, les voleurs et les meurtriers. Si j'étais coupable de quelqu'un de ces crimes, je serais le premier à me condamner. Mais si tout mon crime est d'adorer le vrai Dieu et si c'est pour cela que l'on me met à mort, ce n'est plus de la loi, c'est une injustice.
Marc. - Je n'ai pas ordre de te juger, mais j'ai à te conseiller d'obéir. Si tu refuses, je sais comment te forcer à la soumission.
Ac. - Et moi aussi j'ai une loi à laquelle je dois obéir : elle me défend de renier mon Dieu. Tu sers un homme fragile et charnel que la mort atteindra bientôt et que tu sais devoir être la pâture des vers; combien plus dois-je obéir à Dieu dont la puissance est éternelle et qui a dit lui-même : "Celui qui m'aura renié devant les hommes, je le renierai devant mon Père céleste quand je viendrai dans ma gloire et ma puissance juger les vivants et les morts".
Marc. - Tes aveux viennent de m'apprendre ce que je désirais savoir depuis longtemps : ainsi donc, dis-tu, Dieu a un Fils.
Ac. - Sans doute, je le crois.
Marc. - Quel est ce Fils de Dieu?
Ac. - Le Verbe de grâce et de Vérité.
Marc. - Est-ce là son nom?
Ac. - Tu ne m'as pas demandé son nom, mais quel il est.
Marc. - Eh bien! dis-moi son nom.
Ac. - Il se nomme Jésus-Christ.
Marc. - De quelle femme Dieu a-t-il eu ce Fils?
Ac. - Dieu n'a pas engendré son Fils à la manière des hommes. Quand il a créé le premier homme, il n'a pas eu besoin de s'assujettir aux lois d'une génération grossière; il forma avec un peu de boue les membres de son corps et après l'avoir achevé, il lui donna l'âme et la vie. De même et à plus forte raison faut-il croire que le Fils de Dieu, le Verbe de vérité procède du coeur de Dieu. Aussi est-il écrit au psaume 44 "Mon coeur a produit le Verbe qui est la bonté".
Marc. - Dieu est donc corporel.
Ac. - Dieu seul se connaît lui-même. Quant à nous, nous ne pouvons le décrire : il nous est invisible dans l'état présent où nous sommes, mais nous avons une connaissance suffisante de ses perfections pour l'adorer.
Marc. - Si Dieu n'a pas de corps, comment peut-il avoir un esprit et un coeur?
Ac. - La Sagesse ne dépend pas d'un corps organisé et n'a avec lui aucune connexion nécessaire. Quel rapport y a-t-il entre le corps et l'intelligence?
Marc. - Mais vois les cataphryges ou les montanistes : leur religion est ancienne; cependant ils l'ont abandonnée pour la nôtre. Fais comme eux.
Ac. - Je n'ai pas à faire leur volonté, mais celle de Dieu. Qu'ils m'écoutent quand je leur enseigne la justice, mais qu'ils me méprisent si je leur enseigne le mal.
Marc. - Donne-moi tous les noms des Chrétiens.
Ac. - Leurs noms sont écrits au Ciel, dans le Livre de Vie.
Marc. - Où sont les magiciens, tes compagnons, qui t'aident à répandre tes erreurs?
Il voulait probablement par là désigner les prêtres.
Ac.- Personne au monde n'abhorre la magie autant que les Chrétiens.
Marc. - Vous êtes des magiciens puisque vous avez introduit une nouvelle religion.
Ac. - Nous détruisons ces dieux créés par vous et dont vous avez peur. Mais le Dieu que nous craignons n'est pas notre oeuvre. Il est notre Créateur. Il nous a aimés comme un Père, et comme un bon Maître il nous a arrachés à la mort.
Marc. - Donne-moi les noms que je te demande si tu veux échapper à la torture.
Ac. - Je suis devant ton tribunal; est-ce mon nom que tu demandes? Tu n'es pas encore satisfait, tu veux encore savoir le nom des autres ministres. Espères-tu en gagner quelques-uns, alors que je suffis seul à te confondre? Cependant si tu veux savoir nos noms, le mien est Acace, et l'on m'appelle encore Agathange, mes 2 compagnons sont Pison, évêque des Troyens, puis un prêtre nommé Ménandre. Fais maintenant ce que tu voudras.
Marc. - Tu resteras en prison jusqu'à ce que l'empereur ait été informé de ce qui s'est passé entre nous. Sa volonté décidera de ton sort.
L'empereur lut en effet toute la relation du procès : il récompensa Marcien en le créant gouverneur de Pamphylie; mais il admira le ton loyal et visiblement sincère avec lequel Acace s'était exprimé. Il ordonna de le remettre en liberté et le laissa professer sa religion. Cette glorieuse confession est datée du 29 mars et eut lieu sous Dèce en 250 ou 251.
On ignore combien de temps Acace survécut à cette glorieuse confession : il y a lieu de croire que sa mort ne fut point violente et qu'elle n'arriva pas 2 jours après l'interrogatoire. Les Grecs, les coptes d'Égypte, les orientaux de Syrie ont choisi le 31 mars pour célébrer sa fête. Les Latins n'ont pas inséré son nom au martyrologe romain; cependant d'autres martyrologes ont un Acace le 29 et le 31 mars. Dom Ruinart a supposé qu'il était évêque d'Antioche de Pisidie.
Bibl. - Ce procès d'Acace est un des épisodes les plus curieux de la persécution de Dèce la pièce qui le rapporte, évidemment traduite du grec, offre des garanties d'authenticité; on regrette l'absence d'indications précises sur le lieu de la scène, la qualité du magistrat. - Voir Acta sanctorum, 31 mars. - Ruinart, Acta martyrum sincera, p. 138. - O. von Gebhardt, Acta martyrum selecta, p. 115. - Tillemont, Mémoires pour servir à l'hist. ecclés., t. 2, p. 357.


SAINT BENJAMIN, DIACRE ET MARTYR (+ VERS 422)
Vers l'an 420, la persécution contre les Chrétiens s'était rallumée en Perse. Elle dura environ 3 ans. C'est durant ce laps de temps que souffrit Benjamin, diacre fort zélé, qu'Isdeberge avait fait arrêter dès le début de la persécution. Il était demeuré 2 ans en prison quand l'attention se porta sur lui, au moment où l'on négociait la paix. L'ambassadeur romain demanda qu'il fût mis en liberté. Isdeberge répondit qu'il le ferait volontiers si Benjamin promettait de n'instruire aucun mage dans la foi chrétienne. Quand on vint exposer cette condition au généreux diacre, il répondit : "Je ne puis fermer aux hommes les sources de la grâce de mon Dieu. Tant que ce sera en mon pouvoir, j'éclairerai ceux qui sont aveugles en leur montrant la lumière de la vérité; m'en abstenir serait encourir les châtiments réservés à ceux qui cachent le talent de leur maître". Déjà cependant le roi, cédant aux instances des envoyés de Théodose, avait fait mettre Benjamin en liberté. Celui-ci était à peine sorti qu'il s'était mis à instruire et baptiser les adorateurs du feu. Le roi informé vit là un manque de parole, fit arrêter de nouveau Benjamin, lui commanda de renier sa foi, d'adorer le soleil et le feu. Mais Benjamin répondit : "Qu'ils disparaissent de la terre tous ces dieux qui n'ont créé ni les cieux ni la terre. Je ne reconnais point pour dieux des éléments périssables, je ne sacrifierai ni à la cendre ni au feu. Faites de moi ce qu'il vous plaira et agissez sans retard".
Le roi impie ordonna de lui enfoncer 20 pointes de roseaux sous les ongles des pieds et des mains; le sang coulait de ces plaies comme d'autant de ruisseaux. Il ordonna ensuite aux bourreaux de prendre un roseau aigu beaucoup plus long et de l'enfoncer à maintes reprises à la jointure des jambes de la victime. Benjamin cependant ne paraissait aucunement ému de ces atroces tortures : il louait et remerciait Dieu pendant son supplice. A un moment donné, il demanda aux bourreaux de suspendre leur cruelle besogne, mais ce fut pour adresser au Seigneur une longue prière et demander de boire jusqu'au fond ce calice de son Salut. Le roi lui fit dire encore une fois qu'il aurait la vie sauve s'il consentait à adorer le soleil et le feu. Benjamin demeura ferme dans son refus et, pour en finir, le roi ordonna de lui enfoncer dans les entrailles une broche hérissée de pointes. Le soldat du Christ rendit son âme à Dieu dans les tourments de ce dernier supplice.
Les Grecs et les Latins font mémoire de ce saint martyr le 31 mars et c'est la date où son nom est inscrit au martyrologe romain. Quelques martyrologes cependant le nomment au 4 avril.
Bibl. - Jusqu'à ces derniers temps on a donné le récit de la passion de Benjamin d'après Théodoret, Histoire ecclésiastique, L. 5, c. 39. - Ainsi a fait Tillemont, Mémoires pour servir à l'hist. ecclés., t. 12, p. 361. - Cependant P. Peeters, "Une passion arménienne" , dans Anal, boll., t. 28, 1909, p. 399, voyant en Théodoret des informations inconsistantes, a cherché une autre source et s'est demandé s'il n'y aurait pas une passion syriaque.- Cf. J. Chabot, Chronique de Michel le Syrien.


SAINT RÉNOVÂT - ÉVÊQUE ET CONFESSEUR (+ VERS 633)
Au commencement du 7ième siècle, un Goth de grande famille se présenta au monastère de Cauliaria, en Lusitanie. Il avait été arien, mais éclairé d'en haut, il était rentré dans le sein de l'Eglise catholique et avait pris le nom de Rénovat (latin, Renovatus, c'est-à-dire régénéré). Sa foi solide et ses grandes vertus le firent bientôt choisir comme abbé. Il constata que le relâchement s'était introduit parmi ses religieux et voulut y porter remède. L'un de ces religieux était un sujet de scandale par sa gourmandise et son ivrognerie; les monitions sévères, et même la correction des verges ne réussirent pas à le détourner de ce vice dégradant. L'abbé fit agir les enfants de l'école un jour que ce religieux était en état d'ivresse, les enfants se mirent à lui parler du jugement de Dieu, de la proximité de la mort, du compte terrible qu'il devrait rendre à Dieu de tous ses excès. La leçon produisit son effet honteux et confus, le pauvre moine fit une fervente prière, et à partir de ce moment changea totalement de conduite.
Lorsqu' Innocent, évêque de Mérida, vint à mourir, Rénovat fut appelé à lui succéder; il gouverna de diocèse pendant plus de 22 ans et mourut le 31 mars, vers 633. Son corps fut enterré près de l'autel de Sainte-Eulalie de Mérida; des miracles illustrèrent son tombeau. L'Espagne le vénère comme un saint.
Bibl. - L'éloge de Rénovat composé par Paul, diacre de Mérida, son contemporain, est dans Acta sanctorum, 31 mars, et P. L., t. 80, col. 115. - Voir aussi J. Manette, Histoire eccl. des saints de l'Espagne, l. 5, c. 72.



Post-Schisme romain :
Au diocèse d'Arras, le bienheureux GUY DE VICOGNE, confesseur (+ 1147).
Guy (latin "Vido") originaire de la Bretagne-Armorique, entra chez les prémontrés, se mit sous la direction de saint Norbert qui le fit ordonner prêtre. Il fonda au diocèse d'Arras l'abbaye de Vicogne qu'il gouverna pendant 20 ans. Il mourut le 31 mars 1147, et les prémontrés l'honorent comme bienheureux (Acta sanct., 31 mars. - Lobineau, Saints de Bretagne, t. 2, p. 368).


Textes à corriger plus tard :





D'après les Petits Bollandistes, 7ième édition, Bar-le-Duc 1876, entre autres :


SAINT GUI, ABBE DE POMPOSE (+ 1046)
(lat. : Guido, Vido; germ. : Wit ou Witen)
Evêque de Rome : Grégoire 6. - Empereur d'Occident : Henri 3. - Roi de France : Henri 1er.

Saint Gui naquit près de Ravenne, en Italie, au village de Casemar. Son père, appelé Albert, et sa mère, nommée Marie ou Marotie, étaient des personnes d'honnête famille et d'une insigne piété; il reçut d'eux une parfaite éducation et de fortes inclinations pour le bien: et l'on vit en lui, dès sa jeunesse, avec l'amour de l'étude et des belles-lettres, la retenue et la maturité d'un homme fait. Il avait cependant un défaut : il aimait à être vêtu aussi splendidement que pas un autre de sa condition, quoiqu'il ne le fit que pour plaire à ses parents. Mais Dieu, qui en voulait faire un homme selon son coeur, le prévint d'un mouvement de sa grâce si fort et si efficace, qu'il conçut tout d'un coup un mépris extrême de cette vanité, et qu'il se détermina à changer l'éclat de ses habits mondains pour un froc qui le rendit méprisable devant le monde.
Il se rendit donc à Ravenne la nuit même qu'on célébrait la fête du très-illustre martyr saint Apollinaire, patron de la ville; il se dépouilla de ses habits précieux, les donna aux pauvres et se revêtit à leur place d'un habit vil et décbiré. En cet état, il s'en alla à Rome, à l'insu de ses parents, pour y visiter les tombeaux des saints Apôtres, et y demeura quelque temps; il y reçut même la tonsure cléricale, et, comme le désir de la perfection embrasait son coeur de plus en plus, il prit la résolution de passer en Palestine pour y visiter les saints Lieux et ne plus revenir en son pays.
Mais pendant qu'il pensait au moyen de faire ce voyage, Dieu lui inspira de retourner à Ravenne et de se mettre sous la discipline d'un saint ermite, nommé Martin, qui vivait en solitude dans une petite île de la rivière du Pô. Il le vint donc trouver, et, ayant pris l'habit religieux, il vécut 3 ans sous sa conduite avec beaucoup d'obéissance et de docilité. Au bout de 3 ans, Martin, qui venait de recevoir le soin de l'abbaye de Pompose, et qui la gouvernait par un saint religieux nommé Guillaume, lequel faisait pour lui l'office d'abbé, y fit entrer son disciple Gui, afin qu'il pût apprendre, en cette grande compagnie, les exercices de la vie monastique. Ce fut là qu'il fit paraître avec éclat les vertus éminentes que le secret d'un ermitage avait cachées jusqu'alors. De sorte que, après avoir passé par toutes les cbarges du monastère et s'en être acquitté à l'entière satisfaction de tous les moines, après avoir aussi gouverné saintement le couvent de Saint Sévère, à Ravenne, dont Martin, son maître, lui donna la direction, l'abbé Guillaume s'étant démis de son office pour embrasser la vie solitaire, et Jean l'Ange, qu'il avait laissé pour successeur étant décédé, Gui fut unanimement élu abbé de Pompose.
Sa réputation fut tout d'un coup si grande, que plusieurs se vinrent ranger sous sa conduite; entre autres Albert, son père, et Gérard, son frère. Obligé de bâtir un nouveau monastère, il préserva de la mort, par ses prières, quelques ouvriers qui devaient être accablés sous des ruines. Un jour que les ouvriers se plaignaient bautement qu'on les laissait manquer de vivres, il sortit pour en aller chercher à Ravenne; son voyage ne fut pas long ; il rencontra aussitôt 2 bateaux chargés de blé et de vin que la divine Providence lui envoyait dans son besoin. Il fit aussi qu'un vase plein de vin qui tomba de dessus un mur ne fut point brisé, ni le vin répandu. Plusieurs autres fois, des vases de terre et de verre, tombant des mains de ses disciples, ne se cassèrent point; l'eau dont il s'était lavé les mains guérissait les fièvres et d'autres maladies; c'était une chose assez ordinaire que l'eau qu'on lui servait à table se changeât en vin: ce que de grands prélats ont même éprouvé avec admiration.
Sa vie, durant tout le temps de son ministère, fut plutôt angélique qu'humaine : il se démit de tout le soin temporel et le confia à divers abbés qu'il fit successivement ses vicaires; pour lui, il ne vaquait qu'au spirituel; pour être plus capable d'élever des âmes à Dieu, il avait toujours son esprit et son coeur dans le Ciel. Il se retirait ordinairement dans une solitude, à une lieue du monastère, où son abstinence était si grande et son oraison si continuelle, qu'il semblait ne plus vivre que de jeûne et de prière. Il traitait son corps avec tant de sévérité, principalement en Carême, que son historien ne fait point difficulté de dire que les tyrans et les bourreaux auraient eu de la peine à le traiter avec plus de rigueur. Cependant, il avait une douceur extrême et une charité vraiment paternelle pour ses religieux; et eux, de leur côté, l'aimaient fort tendrement.
Un d'eux, Martin, étant mort à 3 ou 4 lieues du monastère, l'on y apporta sou corps pour l'enterrer: mais après que la Messe et les autres prières pour les morts furent achevées, comme on était près de le mettre en terre, il commença à donner des signes de vie et appela à haute voix son saint Abbé. Le Saint lui demanda d'où il venait, ce qu'il avait vu et ce qui lui avait rendu la vie. Il répondit "qu'il avait vu un lieu de tourments horribles, où étaient plusieurs de ses parents et de ses connaissances; comme il les considérait avec horreur, saint Michel lui avait apparu, et, après lui avoir fait goûter d'un miel d'une douceur extraordinaire, il lui avait commandé de revenir pour 3 jours en son corps". En effet, ce bon religieux vécut encore 3 jours, ayant toujours le goût de ce miel dans la bouche, et, au bout de ce temps, ayant reçu la bénédiotion de son Abbé, il expira fort saintement.
Un autre, nommé Barthode, tomba malade à la mort. Dans son agonie, il fut si horriblement tenté par les démons, que, dans les peines où il était, il semblait donner des marques de désespoir. La communauté en fut tout épouvantée : mais le saint Supérieur fit tant par ses prières, que le calme et la sérénité succédèrent à ce grand combat. Ses confrères lui demandèrent ce qui lui avait causé des frayeurs et des agitations si terribles; il leur dit : "J'ai vu les malins esprits en des formes épouvantables, et extrêmement acharnés contre moi, quoiqu'ils n'eussent à me reprocher qu'un seul péché, que j'ai commis il y a longtemps, et dont je n'avais plus de mémoire : c'était d'avoir appris dans le monde une espèce de magie, que je n'ai pas néanmoins exercée. Mais par la grâce de Notre-Seigneur Jésus-Christ et par les prières de notre saint Abbé et les vôtres, ils se sont retirés avec honte, et m'ont laissé en repos". Il reçut ensuite l'absolution de cette offense, et rendit son âme en grande paix.
Ce bienheureux Abbé, du consentement de son Chapitre, avait ordonné qu'on ne mangerait point de poisson le mercredi ni le vendredi. En son absence, le prieur on fit donner: mais en même temps, un troupeau de l'abbaye se dispersa tellement dans la forêt, qu'il fut impossible de le réunir, et il ne revint qu'après que le Saint, ayant été informé de cette transgression, l'eût punie par une sévère pénitence.
Mais, quoique sa sainteté fut si admirable, il ne laissa pas d'être exposé à la persécution. Héribert, archevêque de Ravenne, conçut tant de haine contre lui, qu'il résolut de le perdre et de mener même des soldats dans son monastère pour le piller et le détruire. Saint Gui ne voulut point s'opposer à cette tyrannie par d'autres armes que par les armes spirituelles de l'oraison et de la pénitence: il ordonna donc à ses moines de jeûner pendant 3 jours au pain d'orge et à l'eau pure, et durant ce même temps, de ne manger qu'à terre, de porter toujours le cilice et de prendre souvent très-rudement la discipline; lui-même leur servait d'exemple, et cette austérité fut si puissante, qu'elle désarma ce prélat, tout violent et tout furieux qu'il était. Il vint au monastère, accompagné de gens d'armes; Gui, à la tête de ses moines, alla au-devant de lui, le reçut avec une gravité et une modestie angéliques, le conduisit à l'église, selon la coutume, avec beaucoup de solennité, et le Saint-Esprit toucha si fort Héribert, que, fondant en larmes et demandant pardon de ce mauvais dessein, il jura au Saint et à toute sa communauté une amitié et une protection perpétuelles.
Enfin, ce grand homme ayant été mandé par l'empereur Henri 3, qui voulait se servir de son conseil en des affaires très-importantes, se rendit à Parme, où, 3 jours après, n'ayant eu qu'une maladie fort courte, il rendit son esprit à Dieu, l'an 1046 et le huitième de son gouvernement. Comme les moines reportaient son corps en leur abbaye, les Parmesans ayant reconnu, par la guérison qu'il fit d'un aveugle, et par leurs cloches qui sonnèrent sans nul ministère des hommes, la grandeur du trésor qu'ils enlevaient, ils le saisirent et s'en rendirent les maitres. Mais l'empereur de Germanie, Henri 3, survenant là-dessus, le fit porter d'abord à Vérone, où il fut mis dans l'église de Saint-Zénon et y fit beaucoup de guérisons miraculeuses. L'année d'après, il le fit transporter à Spire, en Allemagne, en l'église de Saint-Jean-l'Evangéliste, laquelle, depuis ce temps-là, a pris aussi-le titre de Saint-Gui ou Saint- Witen; on y célèbre cette translation le 4 mai. Pour le jour où nous sommes, c'est celui de son décès.
Il ne faut pas omettre que notre Saint avait une liaison particulière d'amitié avec le bienheureux Pierre Damien, et qu'il le retint 2 ans entiers à Pompose pour enseigner à ses moines l'Ecriture Sainte. C'est le bienheureux Pierre Damien qui nous apprend que le religieux abbé de Pompose fut mis au nombre des Saints, comme saint Romuald, peu de temps après sa mort.
Le convoi de bateaux qui abordent près de son monastère au moment où les vivres allaient manquer aux ouvriers occupés à construire son abbaye, est l'attribut iconographique de saint Gui de Pompose. - Il est un des patrons de Spire.
Les continuateurs de Bollandus nous ont donné 2 vies de saint Gui de Pompose : elles nous ont toutes 2 servi à composer celle-ci. -- Cfr Propre de Mayence, à ce jour.


Post-Schisme romain :
Le Vénérable Guigues, prieur de la Grande-Chartreuse (1134)
Guigues avait reçu le jour dans un village du diocèse de Valence, nommé Saint-Romain-du-Château. Son père, qui en était seigneur, occupait un rang distingué dans la noblesse du pays; il le fit élever avec beaucoup de soin et le destina de bonne heure aux dignités ecclésiastiques : un avenir brillant s'ouvrait devant le jeune homme. Mais Guiges avait autant de vertus que de talents. Il renonàa aux honneurs et entra dans l'Ordre de Saint-Bruon. Guigues n'avait que 26 ans, lorsque les suffrages de ses frères lui confièrent le gouvernement de la Grande-Chartreuse. Sa renommée de sainteté lui attira des disciples si nombreux que l'étroite enceinte du monastère ne put les recevoir tous. C'est alors qu'on vit s'établir les Chartreuses de Portes, dans le diocèse de Belley; d'Escouges ou de Hivesli, en Dauphiné; de Durbon, dans le diocèse de Gap; de Silve-Bénite, dans le diocèse de Vienne; de Majoreve, dans le diocèse de Lyon; de Mont-Dieu, dans celui de Reims, etc.
La conduite de ces diverses fondations ne l'empêcha pas de veiller aux intérêts spitituels et temporels de la Grande-Chartreuse. Saint Bruno n'avait donné sa règle que verbalement; Guigues prit soin de la régider en forme de statuts. Il fit aussi reconstruire les bâtiments claustraux qui avaient été presque entièrement engloutis par une avalanche.
Le monastère, qui était au lieu où est maintenant la chapelle de la Vierge, fut réédifié par les soins du zélé prieur, sur l'emplacement qu'il occupe encore aujourd'hui.
Guiges s'attira non seulement l'admiration de ses nombreux religieux, mais encore celle de tous les saints personnages de son siècle.
Saint Bernard, entre autres, professait pour lui une grande vénération. Pierre le Vénérable, abbé de Cluny, partageait les sentiments de saint Bernard pour leur commun ami. Mais personne ne fut aussi étroitement lié avec lui que saint Hugues, évêque de Grenoble.
Guigues écrivit l'histoire de l'évêque par ordre du pape romain Innocent II. On a aussi de lui des méditations très-estimées. Enfin, après une vie pleine de mérites et de bonnes oeuvres, ce bienheureux Prieur mourut à l'âge de 50 ans.
Hagiographie de Valence.

[Concernant ce saint du "désert de la Chartreuse", j'ai ici le receuil "Méditations" de Guigues 1er, en Sources Chrétiennes n°308, il y a 5 pages sur sa vie. Je n'ai pas le temps ce soir de les placer en ligne, mais un de ces jours, ça le sera. C'est triste de voir une Eglise dont un des grands saints, saint Bernard en l'occurence, vénérait déjà de son vivant le saint chartreux, et cette Eglise, elle, a carrément abandonné un tel héritage.. quelle tristesse! Et d'autres Eglises refusent sous prétexte que ça ne viendrait pas de chez elles, aveugles au point de ne pas savoir discerner Dieu dans Ses oeuvres. Incapables de faire la distinction entre ce qui est Bon, Beau, Vrai, de Dieu, parce qu'inspiré par Son Très Saint-Esprit (qui souffle où Il veut!), et ce qui est trop humain et rejetable, elles méprisent en vérité des pans entiers de l'Oeuvre de Dieu. Quelle folie! Dieu merci, comme dit saint Alexandre Men, prophète et martyr moscovite moderne, "le christianisme n'en est qu'à ses débuts!
Kyrie eleison! JMD
]


L'Histoire de La Grande Chartreuse en BD



Textes à corriger plus tard :


SAINT AMOS, PROPHETE (785 avJC)
p.102


Post-Schisme Romain :
SAINT NICOLAS DE FLUE (p.82-102)



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que les saints Anges du Seigneur veillent sur vous!

jean-michel


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