6 juin

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6 juin 2005

Bonsoir ami(e)s des saint(e)s, qu'ils soient Celtes ou non, d'ici ou d'ailleurs!

En Belgique, saint Gudwal, évêque Breton honoré à Gand (Bollandistes, ed. 1695, p.728-748), depuis des siècles à l'honneur des Autels. Vies en fin de message.



Nous avons au calendrier byzantin (datation grégorienne), en plus d'une partie des saints ci-dessous :
Saint Bessarion d'Egypte (5s); saint Paissios d'Uglich (+ 1504);(Etc.)

Que Notre Seigneur Jésus-Christ, qui est béni dans Ses saintes et saints, par leurs prières, nous fasse miséricorde.

To: "[celt-saints]"<celt-saints@yahoogroups.com>
From: emrys@globe.net.nz>
Date sent: Mon, 6 Jun 2005 14:34:23 +1200
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Subject: [celt-saints] 6 June

Saints Celtes et anciens saints Anglais - 6 Juin
(traduction personnelle http://www.amdg.be )

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* Saint Jarlath de Tuam
* Saint Gudwal de Cornouailles
* Sainte Cocca, Vierge de Kilcock
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Saint Jarlath de Tuam, évêque
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Patron de l'archidiocèse de Tuam, né dans le Connaught vers 445; mort le 26 décembre vers 540 (certains disent 11 février). Jarlath est considéré comme le fondateur et le principal patron de l'archidiocèse de Tuam dans le Galway, Irlande. Il appartenait au Clan des Conmaicne, probablement le plus important et le plus puissant clan du Galway à cette époque.

Ayant étudié sous saint Benen (Benignus), il fonda un monastère à Cluian Fois (Cloonfush), juste à la sortie de Tuam, et dirigea ce monastère en tant qu'abbé-évêque. Le monastère attira vite des érudits de toutes les parties de l'Irlande. Le renom de Cluian Fois est suffisament attesté par 2 de ses élèves, saint Brendan d'Ardfert et Saint Colman de Cloyne.

Mais, aussi grand fut-il comme enseignant, par humilité, il partit cependant se soumettre à l'instruction de saint Enda sur Arran, vers 495. Il retourna à Tuam durant la seconde décénie du 6ème siècle.

Saint Jarlath fait partie du 2ème ordre des saints Irlandais, et de ce fait, il doit avoir vécut jusqu'en 540. Le "Felire" d'Aengus nous rapporte qu'il était remarqué pour son jeûne, ses veilles et son ascèse. Il s'agenouillait 300 fois par nuit et autant par jour pour prier, et reçut aussi le don de prophétie.

Sa Fête est au 6 juin, date de la translation de ses reliques dans l'église spéciallement bâtie en son honneur, contre la cathédrale de Tuam. Ses reliques sont enchâssées dans un coffret en argent, ce qui fait que l'église, bâtie au 13ème siècle, a été appelée Teampul na scrín, c'est-à-dire l'église du cercueil.

Une autre Vie..

Saint Jarlath, évêque de Tuam (+ vers 550)

L'archidiocèse de Tuam dans le Galway vénère saint Jarlath comme son principal patron et le fondateur de cet antique siège épiscopal. Ce saint ne doit pas être confondu avec un plus ancien homonème, un des disciples de saint Patrick, qui devint évêque d'Armagh, et dont la fête est au 11 février. Saint Jarlath de Tuam appartient à la seconde classe des saints Irlandais, c-à-d ceux dont les activités appartiennent plutôt au 6ème qu'au 5ème siècle. Il n'existe plus aucun "Acte" au sens traditionel pour reconstituer la vie du saint : on ne sait que s'en faire une vague idée en extraiant des données de gloses tardives - via des allusions qui sont souvent dispersées et pas souvent concordantes. Son père aurait appartenu à la noble famille Conmaicne, qui dominait un grand district dans le Galway, et sa mère, appelée Mongfinn, ou Dame à la Belle Chevelure, était la fille de Cirdubhan des Cenneans. Sa date de naissance est inconnue.

Durant son jeune âge, il fut envoyé pour être formé par un saint homme, qui l'aurait ordonné, et son cousin Caillin avec, ou peut-être les aurait présentés pour ordination. Saint Benignus est indiqué par certains auteurs comme ayant été ce maître, mais Benignus mourrut vers 469, alors que Jarlath devait difficilement avoir atteint l'âge de la prêtrise. Il semble probable que ces auteurs confondent avec l'autre Jarlath, qui succéda à saint Benignus sur le siège d'Armagh. Comme prêtre, saint Jarlath est supposé être retourné dans son district natal, où il fonda un monastère à  Cluain Fois - le pré du repos - à une courte distance de l'actuelle ville de Tuam. Il dirigea sa communauté en tant qu'abbé-évêque, honnoré par tous pour sa piété et son érudition. En relation avec le monastère, il ouvrit une école qui atteignit une grande renomée Parmi ses élèves, on trouva saint Brendan de Clonfert et saint Colman fils de Lenine, le "barde royal du Munster", qui vint étudier à Cluain Fois après qu'il ait été amené par saint Brendan et saint Ita à renoncer à sa carrière mondaine.

Saint Jarlath serait mort au milieu du 6ème siècle. Sa Fête est commémorée dans toute l'Irlande.

 Toute son histoire est fort incertaine, bien que Colgan, "Acta Sanctorum Hiberniae, vol. 1, pp. 307-308, affirme avoir quelque récit de ce saint. On trouve des références sur lui dans Healy, Ireland's Ancient Schools and Scholars; J. Ryan, Irish Monasticism; et O'Hanlon, LIS. Voir aussi "Acta Sanctorum, Novembre, vol. 4, pp. 147-186.

Tiré de "Butler's Lives of the Saints," Complete Edition, Edited, Revised, and Supplemented by Herbert J. Thurston, S.J. and Donald Attwater, Christian Classics, a division of Thomas More Publications, Allen, Texas

Images de l'église Saint-Jarleth à Tuam
http://art.okstate.edu/vrl/ireland/st%20jarlathdig.htm


Saint Gudwal, Abbé et évêque en Cornouailles, près de Penzance
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Saint Gudwall, Gunwall, ou Gunvell, naquit au Pays de Galles vers l'an 500. Entiièrement dévoué à la religion, il rassembla 88 moines sur une petite île appelée Plecit, n'étant pas plus qu'un rocher entouré d'eau. Pour quelque raison cependant, il abandonna sa fondation et traversa la mer jusqu'en Cornouailles; de là il partit pour le Devonshire, où il s'en alla mener la vie sainte, parfaite et utile d'anachorète solitaire; le temps passsant, cependant, il repartit à nouveau, fit voile vers la Bretagne, où il succéda à saint Malo comme évêque de ce siège, bien qu'on dit qu'il aurait demeuré solitaire dans une cellule, et serait mort à un âge fort avancé. Ses reliques ont été largement partagées, et divers endroits de France ont porté son nom.

Saint Gudwal est connu pour avoir été une éminente figure de l'Eglise Bretonne durant le 6ème sièicle, dès lors ses reliques furent éloignées durant la période de l'activité des Vikings. Elle furent transférées avec une grande cérémonie en 959, jusqu'à l'abbaye du Mont Blandinenberg, à Gent (Gand, B), où l'on célèbre dès lors sa fête du 6 juin.


Sainte Cocca, Vierge de Kilcock, Irlande
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Sources:
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Ajouts personnels :


Une série de pages d'images d'Irlande, vieilles églises, ruines, etc, très belle
http://art.okstate.edu/vrl/ireland/Irelandimagebase.htm




Souvenir :
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Le dimanche 6 juin 2004, dans le calendrier Byzantin ("grégorien", donc pas ancien calendrier, qui est celui de la paroisse russe que je fréquente) c'est la Toussaint. Ca a du sens, de fêter celles et ceux qui sont déjà partis au Ciel une semaine après la Pentecôte, et c'est, esthétiquement et psychologiquement parlant, plus agréable d'aller sur une tombe quand le ciel est au beau fixe.
En Occident (dans les Eglises qu'on a fait dépendre en tout de Rome), on fête la Sainte Trinité. Là aussi, ça a du sens, après la Pentecôte, ce rappel que l'Esprit-Saint n'est pas un "sous-fifre" du Christ qui le serait du Père (ce que le "filioque" amène immanquablement comme conclusion, les Jehovah et consorts en étant la résultante de cette hérésie, passons). Mais d'où vient donc que l'Occident fête cela? Un pape Romain aurait-il..? non! Un bon Belge! Grand évêque et grand liturge!

Saint Etienne, né vers 850, évêque de Liège à partir de 901, mort le 16 mai 920.
C'est non seulement lui qui institua la fête dogmatique de la Sainte Trinité en Occident, au dimanche après la Pentecôte. Fête qui de l'alors énorme diocèse de Liège, s'étendra petit à petit à l'Eglise de Rome et aux autres Eglises occidentales. Mais de plus, c'est lui qui composera l'Office en cet honneur. Comme il composera aussi celui de saint Lambert, le grand évêque martyr.
Cfr : "L'école musicale liégeoise au 10ième siècle : Etienne de Liège", par Antoine Auda, Académie Royale de Belgique, classe des Beaux-Arts, collection "mémoires" n°1294, Bruxelles, éd. Lambertin, 1923.

A l'occasion de cette fête, il y a dans la ville de Walcourt (B, province de Namur) une immense procession, rassemblant chaque année près de 20.000 personnes, dont une partie au moins vient par pur intérêt spirituel. On y reconstitue le "miracle du Jardinet", où une antique statue de Notre-Dame (années 900, en bois, romane) échappa aux flammes ravageant la basilique Saint-Materne. A l'occasion, je retaperai le récit, et surtout, les conclusions archéologiques l'entérinant, au contraire des "scholars" des 19 et 20ième siècle ayant remis les faits en question "parce qu'on n'avait pas de document écrit de l'époque des faits".  Participant à cette fête avec ma famille, je n'aurai pas l'occasion de m'occuper des vies de saint(e)s de ce dimanche, du moins pas à heure et à temps puisque ça dure de 9 heures du matin jusque fin d'après-midi. Notez que je me garderais bien de tirer la moindre conclusion "ecclésiologique" de ce miracle : il s'en passe même, et de tout à fait authentiques, chez nos frères de la "Réforme" protestante. Si le Seigneur devait attendre qu'on soit tous dogmatiquement parfaits avant de donner quoique ce soit, c'est pas demain la veille que qui que ce soit recevrait quoi que ce soit.
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traductions personelles (c) : http://www.amdg.be ;


Du Synaxaire Copte Orthodoxe :
http://www.copticpope.org
http://www.copticcentre.com/synaxarium.pdf
http://www.mycopticchurch.com/saints/
29ème jour du mois bénit de Bashans 1721


1. Martyre des 7 saints Ascètes sur la montagne Tounar.
2. Martyre des Saints Abba Hour et sa mère Theodora.




Puissent leurs intercessions être avec nous, et Gloire soit à Dieu à jamais. Amen!






Du site de l'Eglise Orthodoxe Serbe en Amérique du Nord
http://www.westsrbdio.org/prolog/prolog.htm


1. Saint Bessarion d'Egypte (+ 466)
Bessarion naquit et fut élevé en Egypte. Il se dédia à la vie spirituelle dès son jeune âge, et ne "tâcha pas son vêtement spirituel qu'il avait revêtu au baptême." Il visita saint Gérasime sur le Jourdain, et apprit de saint Isidore de Péluse. Il soumit son corps par un jeûne extrème et des veilles, mais il cacha sa vie d'ascèse le plus longtemps possible à la connaissance des hommes. Une fois, il se tint 40 jours en prière, sans manger ni boire. Il ne portait qu'un seul vêtement, été comme hiver. Il poussédait le grand don des miracles. Il n'eut pas de demeure fixe, mais vécut dans les montagnes et forêts jusqu'à un vieil âge. Il guérit les malades et accompli nombre d'autres miracles pour le bénéfice du peuple et pour la gloire de Dieu. Il mourrut en paix en 466.
(Le Prologue Grec en fait mémoire au 20 février.)



Saint Nicolas Velimirovitch, évêque d'Ochrid, Serbie (+ 05 mars 1958), rescapé de Dachau puis des persécutions communistes, auteur de ce Sanctoral "Prologue d'Ochrid".



Du site de l'Eglise Orthodoxe Russe en Amérique du Nord
http://ocafs.oca.org/


Saint Paisios abbé d'Uglich (+ 6 juin 1504)

Saint Paisius fut higoumène du monastère de la Protection, près d'Uglich. Il naquit dans le district de Tver, près de la ville de Kashin, et était le neveu de saint Macarius de Kalyazin (17 Mars).
A la mort de ses parents, alors qu'il n'était encore qu'un enfant de 11 ans, saint Païssios partit pour le monastère de son oncle, où il reçut l'habit monastique. Sous la guidance de son oncle, saint Paisius mena une vie monastique d'obéissance, de jeûne et de prière, et il s'occupa de la copie de livres salutaires pour l'âme.
"Homme d'un esprit merveilleux, renommé enseignant de sainteté et incroyable thaumaturge, il fonda en 1464 le monastère cénobitique de la Protection, à 3 vesdres d'Uglich, en réponse aux souhaits du prince André, et fut choisit higoumène." Saint Paisius fut aussi "le fondateur et l'organisateur du monastère Nikolsky Grekhozaruchnya, en 1489."
Menant son combat au monastère de la Protection, saint Paisius vécut fort vieux et mourrut le 6 juin 1504. Ses reliques, glorifiées par des miracles, reposent dans la crypte du monastère de la Protection.


Saint Jonah, évêque de Perm
Saint Jonah, évêque du grand Perm, succéda à l'évêque saint Pitirim (19 août), qui avait été assassiné par les Vogulani en 1455. En 1462, saint Jonah convertit les habitants du grand Perm au Christ. Il voyagea à travers son diocèse fort étendu, pour y répandre et consolider la Foi Chrétienne. Le saint reposa le 6 juin 1470, et fut enterré à Ust-Vym dans la cathédrale de l'Annonciation.


Icône de la Mère de Dieu de Pimen

L'Icône Pimen de la Mère de Dieu fut amenée à Moscou de Constantinople en 1381, par le métropolite Pimen. Nombre de miracles eurent lieu devant cette icône, d'où s'écoula une huile (myrrhe) odoriférante.
L'Icône Pimen était conservée à l'autel de la cathédrale de la Dormition du Kremlin.




Textes à traduire plus tard :


Saint Jonah, Abbot of Klimetsk (+ 1534)




Dans le livre "Saintes et Saints de Belgique au 1er millénaire", nous trouvons à ce jour :
http://www.amdg.be/amdg12.html "sanctoral Belgique"
[je ne placerai ici des vies de saint(e)s tirées de ce livre que de manière exceptionnelle : il vaut l'achat!]








Dans le livre en néérlandais "Vergeten Helden", volume "juni", nous trouvons à ce jour:
http://www.amdg.be/ed-pervijze.html




D'après le sanctoral des RP Bénédictins, éditions Letouzey & Ané 1936, on trouve entre autres :




Textes à corriger plus tard :


SAINT PHILIPPE L'ÉVANGÉLISTE, DIACRE (NOUVEAU TESTAMENT)
Saint Philippe l'Évangéliste était l'un des sept premiers diacres. Il entre en scène dans les Actes, vi, 5 : parmi les sept diacres ou servants chargés par les apôtres de s'occuper des veuves hellénistes, il vient après Étienne. Au ch. 21, 8, saint Luc le distingue de l'apôtre Philippe par le titre d'évangéliste.
II annonça l'Évangile aux Samaritains et baptisa le premier Gentil.
La persécution qui suivit le martyre d'Étienne le força à quitter Jérusalem (c. 7, 1). Il alla à Samarie. Sa prédication, appuyée de miracles, causa mainte conversion. Pàrmi ses baptisés, il y eut Simon le Magicien. Pierre et Jean confirmèrent les nouveaux fidèles. Simon offrit à saint Pierre de lui acheter le pouvoir de conférer l'Esprit-Saint (8, 18-24) : c'est le péché de simonie, trafic des choses sacrées.
Un ange commanda alors à notre diacre de se diriger vers la Judée méridionale, par la route Jérusalem-Gaza. Là, il rencontra un haut personnage, l'eunuque de Candace, reine d'Éthiopie. L'Africain, assis dans son char, lisait le c. LIII du prophète Isaïe et s'apitoyait sur les versets douloureux : e Gomine une brebis, il a été mené à la tuerie, et comme un agneau muet devant celui qui le tond, ainsi il n'ouvre pas la bouche... Sa génération, qui la racontera? Car sa vie a été retranchée de la terre. e Et l'eunuque, réfléchissant sur ce beau texte obscur où il y avait comme une harmonie secrète avec son destin personnel, se demandait : e De qui le prophète dit-il cela? de lui-même ou de quelque autre? e Il interrogea Philippe qui s'était approché. Le diacre monta auprès de lui, lui expliqua le sens messianique des paroles d'Isaïe, et lui annonça la e bonne nouvelle de Jésus e. On arrivait à une fontaine. L'Éthiopien dit : "Voici de l'eau; qu'est-ce qui empêche que je sois baptisé? e Et Philippe le baptisa. C'était le premier de la Gentilité.
L'Esprit du Seigneur enleva Philippe (Actes, 8, 39), et il prêcha l'Évangile à Azot, dans les ville philistines et sur toute la route jusqu'à Césarée, où habitait peut-être sa famille.
Des années après, saint Paul passant à Césarée demeura quelques jours chez notre Philippe (21, 8). Paul devait sympathiser avec celui qui avait baptisé le premier Gentil. Philippe avait 4 filles non mariées qui prophétisaient. Sans doute ces vierges servaient-elles à leur père pour catéchiser les néophytes. Un ménologe grec les appelle Herinione, Charitine, Iraïs et Eutychiane. Selon des traditions fort anciennes, leur père mourut évêque de Tralles, en Lydie (Asic Mineure). D'après des martyrologes plus récents, il serait mort à Césarée. Au temps de saint Jérôme, on montrait encore, dans cette ville, sa maison avec l'appartement de ses quatre filles. Les grecs fêtent saint Philippe au 11 octobre. Les latins, après Adon et Usuard, le 6 juin.
Bibl. - Acta sanct., juin, t. 1, 1695, p. 618-620. - Eusèbe, Hist. ccci., II, s; III, XXXI et XXXIII. - S. Jérôme, Epist., cviii, 8, dans P. L., t. xxii, col. 882-883. - Dict. de la Bible, t. y, 1912, coI. 270-272, art. Philippe, par F. Vigouroux. - Les Actes des Apôtres, par E. Jacquier, Paris, 1926 (cou. Études bibliques); par A. Boudou, Paris, 1933 (cou. Verbum salutis).
- La Palestine. Guide historique et pratique, par des professeurs de N.-D. de France, 4e éd., Paris, 1922, p. 329, sur la fontaine dite de saint Philippe. - Tillemont, Mém pour hist. ecci., t. n, Paris, 1701, p. 65-69 (notamment p. 51 Les gnostiques attribuaient un évangile à Philippe).
- Anal. boll., t. LII, 1934, p. 83. - Au 4 et au 6 juin, le martyrologe hiéronymien a un Philippe (d'Héraclée?), martyr à Noviodunum de Mésie:
cf. Bréviaire syriaque, 4 juin. Adon en a fait notre diacre.


SAINT CÉRASE ou CÉRAT, ÉVÊQUE ET CONFESSEUR (5ième SIÈCLE)
Saint Cérase (en latin Ceratius) naquit chez les Burgondes d'un père illustre; il semble peu vraisemblable, comme certains l'ont prétendu, qu'il ait été instruit par saint Ambroise. Devenu évêque de Grenoble, il assista aux conciles d'Orange et de Vaison, en 441 et 442, écrivit en 450 au pape saint Léon, et est mentionné dans la lettre synodale adressée à ce même pape, en 451, par Eusèbe de Milan.
Pendant une persécution arienne, il fut, dit-on, chassé de son siège et vint se réfugier en Gascogne. C'est ce qui a fait croire qu'il avait été évêque d'Eauze (Gers) et même qu'il avait fondé cette Église. Il fut en effet honoré dans l'abbaye Sainte-Marie de Simorre, près de Lombez, où l'on gardait son corps, mais il n'y était pas considéré comme un évêque local.
Si, comme l'indiquait l'ancien martyrologe de Grenoble, il est mort dans cette ville, ce furent ses reliques que l'on emporta, pendant une persécution, jusqu'en Aquitaine. Quoi qu'il en soit, saint Cérase est indiqué à la date du 24 avriI dans le nouveau propre d'Auch. Le martyrologe hiéronymien donne sa fête au 6 juin, et c'est à cette même date qu'il est inscrit au nouveau propre de Grenoble.
Bibl. - Acta sanct., 6 juin, t. 1, p. 708-710. - Duchesne, Fastes épisc., t.1, 1894, p. 226; t. 2, p. 92 sq. - Hist. litt. de la France, t. 15, p. 624.


SAINT EUSTORGE 2, ÉVÊQUE DE MILAN (+ 518)
Peut-être né en Grèce, Eustorge vint à Rome sous le pontificat de Gélase 1er. Vers 512, il succéda à Laurent sur le siège épiscopal de Milan et se fit remarquer par sa piété, sa justice et ses vertus pastorales. Ce fut lui qui instruisit, baptisa et reçut au diaconat Florian qui devait, dit-on, devenir plus tard évêque de l'Église d'Espagne et est appelé saint Laurien par les Espagnols et les Français. Car il aurait été martyrisé par les ariens près de Bourges, et on aurait porté son chef à Séville.
Saint Eustorge avait fait aménager un baptistère remarquable et fut en relations épistolaires avec le roi Théodoric qui le protégea, lui et les biens que l'Église de Milan possédait en Sicile. Il mourut le 6 juin 518 et fut enseveli e à Saint-Ypolite s, selon d'autres dans la chapelle Saint-Xiste près de Saint-Laurent, ou dans cette basilique même; il s'agit peut-être de la chapelle Saint-Hippolyte qui existe encore dans l'église SaintLaurerit, la plus ancienne de Milan.
Un calendrier milanais du xie siècle mentionne saint Eustorge.
d'Italia, p. 926. - Savio, Gli antichi pescopi d'Itaha : La Lombardia, 1913.
- Sa Vie n'a pas été écrite; mais il est mentionné par saint Ennodius et saint Avit de Vienne parmi les contemporains.

SAINT GUDWAL ou GURVAL CONFESSEUR (VIe SIÈCLE)
Les vénérables Acta sanctorum des doctes bollandistes offrent au 6 juin (éd. 1695, p. 727) un saint Gurval, évêque d'Aleth en Armorique, et un saint Gudwal, évêque breton, honoré à Gand en Flandre (p. 728-748). La recherche a progressé depuis, et il semble bien qu'il faut voir sous ces deux noms le même personnage, qui fut un des pionniers de l'évangélisation dans la péninsule armoricaine.
Était-il né en Graride-Bretagne? Ce n'est pas sûr. Il fonda le monastère de Plécit, près de Locoal-Mendon, au bord du bras de mer que forme la rivière d'Étel (Morbihan), à l'est de Lorient. 11 essaima dans les environs à Brech, Pluvigner, Camors, Baud, il y a des sanctuaires dédiés à saint Gurval (Goal). A Giier (à l'est de Ploèrmel), une procession annuelle honore le patron du lieu, saint Gurval; la chapelle SaintEtienne, un des plus anciens monuments religieux du Morbihan, pourrait être l'ermitage de Gurval.
Notre saint serait mort dans un de ses monastères, situé dans un bois. Le corps fut transféré à Locoal. Par crainte des Normands, on le porta au XC siècle en Picardie, puis à Gand, dans l'abbaye Saint-Pierre-Saint-Paul. Une Vie du saint y fut compilée par un moine, bien plus tard. Gudwal ne fut pas évêque de Saint-Malo, s'il fut évêque, ce qui est possible. Il est probable que son culte aura rayonné de Guer vers le Nord-Est, au Moyen Age, lorsque cette paroisse dépendait de Saint-Malo.
Le nom de notre saint figure dans les anciennes litanies armoricaines. Il y a en Cornouaille, près du cap Land's End, une localité nommée Gulval, avec une église Saint-Gulval.

Bibi. - H. Thurston, dans Lices of the Saints, juin, p. 82-83. - Saint Gudwai (Gureai ou Goal), éeêque et contesseur, Saint-Brieuc, 1934 (extr. des Mémoires de j'Assoc. bretonne). - F. Duine, Mémento des sources hagiogr. de i'hist. de Bretagne, Rennes, 1918, p. 147.



D'après les Petits Bollandistes, 7ième édition, Bar-le-Duc 1876, entre autres :

p.476-477

SAINT GURVAL, SECOND EVEQUE D'ALETH (+ 640)
Saint Gurval était de la Grande-Bretagne. A peine sorti de l'enfance, il s'adonna à l'étude, et apprit avec les lettres les règles de la vie ecclésiastique. Son ardeur pour l'ascèse le porta dès sa jeunesse à dompter son corps par les jeûnes et les veilles; il s'appliquait à l'oraison, et faisait de grandes aumônes. Sa coutume était de rassembler tous les jours les jeunes clercs de son âge, et de leur adresser des exhortations, qui firent naître à beaucoup d'entre eux le désir d'une vie plus parfaite. Non content de porter les autres à la pratique de la vertu, il voulut confirmer ses discours par ses actions, et faire Jésus-Christ son héritier. Il employa donc tous ses biens, qui étaient considérables, à la construction d'un monastère. Quand cet ouvrage fut achevé, il embrassa la profession monastique, sous la conduite du fameux Brendan, maître de plusieurs saints, et devint ensuite abbé du monastère dont il était le fondateur.
Saint Malo, retiré en Saintonge, touché de compassion pour son peuple, et pensant à se donner un successeur, avertit les frères qu'aussitôt qu'il serait mort, ils eussent soin de faire venir saint Gurval, aussi distingué par ses miracles qu'estimable par ses vertus, pour lui donner le gouvernement de l'Eglise d'Aleth. Gurval avait connu par révélation qu'il serait élevé à la dignité d'évêque de cette ville. Après la mort de saint Malo, ses disciples se rendirent dans la Grande-Bretagne, et prièrent Gurval de vouloir bien être leur évêque. Le vénérable abbé, vaincu par leurs instances, passa la mer avec eux, fut sacré évêque d'Aleth, du consentement des évêques voisins et du métropolitain, et gouverna cette Eglise pendant un an et quelques mois, ou environ 2 ans. Quoiqu'il n'ait pas été longtemps évêque d'Àleth, il ne laissa pas d'opérer beaucoup de bien dans son diocèse par l'application qu'il mit à connaître son troupeau et à pourvoir à tous ses besoins. Sa sainteté le faisait admirer de tout le monde; et tant qu'il demeura dans son siège, il fut la consolation de son peuple, qui aurait bien souhaité l'avoir toujours pour évêque.
Le saint prélat ne crut pas devoir répondre à des voeux si légitimes, et, après ce temps que nous avons indiqué, il fit mettre en sa place son archidiacre Coalfinit. Afin de pouvoir s'occuper de Dieu seul avec plus de liberté et se préparer à la mort, il se retira dans un monastère de son diocèse, qui était à Guer (*), où il fut suivi de plusieurs prêtres, qui abandonnèrent volontiers tous leurs biens pour l'amour de Dieu. Gurval, importuné du concours des peuples qu'attirait à Guer la réputation de sa sainteté, prit 12 de ces prêtres, et, se dérobant à la connaissance de ses diocésains, se retira dans une grotte, où il finit sa vie et reposa en paix, comblé de jours.
Lobineau, "Saints de Bretagne" - Tiré de l' "Ancien Bréviaire de Saint-Malo", dans lequel on trouve 3 leçons, qui contiennent un abrégé de sa Vie. Ces leçons ont été reproduites par le "Propre" de la même Eglise en 1768, et par les Bollandistes. On trouve dans l' "Histoire manuscrite des évêques de Saint-Malo", par le p. Le Large, un article sur saint Gurval.

(*) Le nom de ce lieu était primitivement Ar-Guern, mot breton qui signifie l'Aunaie. On s'est depuis accoutumé à dire Guer (Morbihan).


SAINT CLAUDE, ARCHEVEQUE DE BESANCON ET PATRON DU DIOCESE DE SAINT-CLAUDE (607-699)
p.480-485
Evêques de Rome : Boniface 3; saint Serge 1er. - Rois des Francs: Clotaire 2; Childebert 3.

On croit généralement que Claude naquit dans le châtteau de Bracon, près de Salins, d'une illustre famille romaine. Son père était patrice du Scoding ou maire du palais, c'est-à-dire gouverneur de la contrée. Quand il eut 7 ans, on lui donna d'excellents précepteurs pour lui apprendre les lettres humaines et le former aux exercices de la piété; ses progrès furent rapides, car il avait un esprit vif, un jugement solide et une docilité extrême. Il lisait avec beaucoup d'assiduité les livres de l'Ancien et du Nouveau Testament, les histoires des Martyrs, la vie des saints confesseurs, et les sermons ou homélies des docteurs de l'Eglise, qui étaient alors bien plus répandus qu'aujourd'hui parmi les fidèles. Cela ne l'empècbait pas de s'adonner aux oeuvres de piété : il allait tous les jours à l'église; il passsait les fêtes et les dimanches presque tout entiers à l'église, où il assistait dévotement aux saints Mystères et à toutes les heures canoniales, et entendait le sermon avec une attention et une avidité merveilleuses. Il fuyait les sociétés et les lieux qui offraient du danger pour sa vertu; tout son plaisir était de fréquenter les personnes de piété qui, par leur discours saints et édifiants, pouvaient donner une nourriture solide à son âme. Il n'avait, avec les femmes, que des rapports de nécessité ou de convenance. Il était modeste dans son maintien, circonspect dans ses paroles.
Sa démarche grave, ses moeurs pures, le faisaient respecter et aimer de tout le monde.

Gollut dit que saint Claude porta les armes jusqu'à 20 ans. A cet âge (627), il entra dans la milice sainte : il embrassa l'état ecclésiastique et demanda à être reçu au chapitre de l'église cathédrale de Besançon, qui vivait dans la plus grande régularité, suivant les institutions et les exemples de l'archevêque saint Donat. Ce saint évêque admit avec empressement notre Saint parmi ses chanoines. Claude fut leur modèle. Il étudia avec tant d'assiduité les saintes Ecritures, qu'aidé de la grâce divine, il devint très savant. On le chargea d'enseigner la science sacrée aux jeunes clercs, fonction dont il s'acquitta avec un brillant succès.
Pendant qu'il enrichissait son esprit de tant de lumières, il ôtait à son corps tout ce qui pouvait le porter au péché. Il avait les sens si bien réglés, que rien n'y entrait qui pût altérer son âme, et lui donner des pensées et des affections déshonnêtes. Il jeûnait tous les jours, excepté les fêtes et les dimanches: et ce jeûne était si rigoureux, qu'il ne mangeait que le soir. Ses veilles étaient fréquentes, et souvent il passait les nuits sans dormir. Il n'y avait rien d'éclatant dans ses habits; sa retenue, son austérité, étaient celles d'un moine accompli.

Ne trouvant pas néanmoins ce genre de vie assez austère, il sortit du chapitre de Besançon après 12 ans, et se retira dans le monastère de Condat (639), alors appelé Saint-Oyand. Il y fut, dit son historien, outre sa piété et son assiduité à la prière, sobre dans ses repas, ne se nourrissant que de racines; il ne se reposait que sur un dur grabat; la pâleur de son visage et la maigreur de son corps lui servaient d'ornement. A l'âge de 37 ans (644), il lui fallut, malgré sa résistance, accepter la charge d'abbé, devenue vacante par la mort d'Injuriose. Sous son gouvernement, il y eut, dans ce monastère, beaucoup de Saints, dont on vénéra plus tard le nom et les reliques. Il obtint, en 650, du roi Clovis 2, la restitution des biens enlevés à son Ordre avec de nouvelles libéralités; il embellit, orna les églises, répara, augmenta les bâtiments, introduisit ou du moins fit observer la Règle de Saint-Benoît. On possédait encore, au 12ème siècle, un recueil de sermons, dans lesquels le pieux abbé avait laissé à ses enfants sa doctrine et son esprit.

Après la mort de saint Gervais, archevêque de Besançon (685), le clergé et le peuple furent longtemps divisés sur le choix d'un successeur; enfin, pendant qu'ils priaient Dieu de mettre un terme à leurs contestations, une voix du Ciel se fit entendre et leur ordonna de choisir Claude pour évêque. On obéit avec joie à cette élection divine. Une députation alla l'annoncer à Claude, qui se trouvait alors à Salins, dans sa famille. Consterné à cette nouvelle, il refusa d'abord ce lourd fardeau de l'épiscopat; mais la crainte d'aller contre la volonté de Dieu si clairement manifestée, l'obligea de l'accepter. Tout le pays de Salins ainsi que les parents de Claude, virent avec joie élever si haut un Saint qui faisait déjà leur gloire. Conduit à Besançon, il y fut reçu et sacré avec les démonstrations de la plus vive allégresse. Il ne faut pas s'étonner qu'il ait averti de son élection le pape Jean 5, car, bien que les Pontifes de Rome n'intervinssent pas alors directement dans l'élection de chaque évêque, les liens les plus intimes unissaient l'Eglise de Besançon au Siège Romain.

Dans cette dignité, Claude s'acquitta parfaitement de tous les devoirs d'un pasteur. Bien loin de diminuer ses austérités et son assiduité à la prière, il les augmenta de plus en plus. Il ne manquait jamais d'assister aux divins Offices avec ses chanoines. Il entendait avec patience et douceur les causes ecclésiastiques et les terminait toujours si justement, que personne n'en pouvait être mécontent. Ses occupations ne l'empêchaient pas de prêcher son clergé et son peuple, parce qu'ayant l'esprit plein des vérités divines, il ne lui était pas difficile de le répandre sur ses auditeurs. Ses sermons avaient même tant de force, qu'ils arrachaient le vice du coeur des plus endurcis, qu'ils y imprimaient l'amour de la vertu et qu'ils firent un grand changement dans les moeurs de ses diocésains. Dans la visite de sa province, il exerçait en même temps les oeuvres de charité corporelle et spirituelle, visitant les malades, assistant libéralement les pauvres et travaillant infatigablement à la conversion des pécheurs et à la réformation des désordres qu'il trouvait dans ses paroisses.

Ce saint évêque avait conservé le titre et les fonctions d'abbé de Saint-Oyand et gouvernait son monastère avec la même sollicitude qu'auparavant. C'était même là que tendaient ses plus tendres affections. Il s'y retira après 7 ans d'épiscopat (693), âgé d'environ 86 ans. Il demeura encore à la tête de son abbaye pendant plusieurs années. Tous les historiens de la Franche-Comté s'accordent à dire qu'il parvint à une extrême vieillesse. Sa vie sainte fut couronnée par une mort aussi douce que glorieuse devant Dieu. Quelques jours avant son décès, il fut atteint d'une légère indisposition. Le 3ème jour de sa maladie, il rassembla tous ses moines et leur parla d'une manière admirable de l'amour de Dieu, du mépris des choses terrestres et de la résignation avec laquelle il devait supporter son départ de ce monde. Voyant couler leurs larmes, il leur donna à tous le baiser de paix et les fit sortir de sa cellule, puis il passa toute la nuit en prières. Lorsque le jour fut venu, il se fit conduire à l'église, où il reçut pieusement les Sacrements. Son humilité lui faisait craindre même ces honneurs que l'amitié rend à la dépouille des morts. Quand il fut rentré dans sa cellule, il ordonna à ses disciples de l'inhumer sans pompe et sans éclat, et le 5ème jour de sa maladie, à 15 heures, tandis qu'il était appuyé sur le siège où il avait coutume de lire et de prier, il leva les mains et les yeux vers le ciel, et s'endormit doucement dans le Seigneur. C'était le 6 juin 699 et la 4ème année du règne de Childebert 3. Saint Claude avait alors 93 ans. On embauma son corps, dit un de ses biographes, en l'enveloppant de parfums précieux, et il fut déposé dans l'église de Saint-Oyand. Les Egyptiens ôtaient les entrailles des morts pour les embaumer, de manière à les rendre incorruptibles pour des siècles. Il n'en fut point ainsi de saint Claude; car il ne paraissait aucune incision sur son corps, comme on l'a vérifié plusieurs fois. C'est ce qui rendait plus admirable le miracle de son incorruption pendant tant de siècles. Si donc on employa quelques aromates pour sa sépulture, ce fut seulement à l'extérieur, comme on l'avait fait autrefois pour le corps sacré de Jésus-Christ, en signe d'affection et de piété . (cf. Bollandistes, Illustrationes Claudianae, 6 juin)

Rappelons que les attributs les plus communs de saint Claude dans l'art populaire sont un enfant assis à ses pieds et le sifflet. L'enfant, parce qu'il était très secourable aux noyés, et que des enfants ont surtout été sauvés par son intermédiaire; - le sifflet, parce qu'il est le patron des ébénistes et bimbelotiers du Jura, dont l'art est né à l'ombre de son sanctuaire.

CULTE ET RELIQUES DE SAINT CLAUDE.

L'humble voeu que saint Claude avait formé à sa dernière heure s'était accompli. On l'avait inhumé dans un sépulcre modeste, et pendant longtemps son tombeau délaissé fut presque sans gloire aux yeux des hommes. C'est au 12ème siècle seulement que Dieu manifesta à  son Eglise la glorification de saint Claude. Jusque là on ne lui avait rendu qu'un culte ordinaire, et les plus anciens Bréviaires manuscrits ne font de lui qu'une simple commémoraison. La confiance des fidèles envers notre Saint se manifesta surtout lorsqu'on découvrit que son corps était resté intact, sans corruption depuis sa mort. De nombreux pèlerins accoururent dès lors à son tombeau, pour vénérer ses reliques sacrées et obtenir les grâces que Dieu Se plait à nous communiquer par l'intermédiaire des Saints, en glorifiant leurs vertus. La ville de Saint-Claude prit dès lors des accroissements rapides.
Ce grand serviteur de Dieu a manifesté pendant plusieurs siècles une telle puissance, qu'on l'a surnommé le faiseur de miracles. Le corps du saint évêque avait été exposé jusque-là à la vénération des fidèles dans une châsse sans décoration. Mais en 1249, lorsqes les pèlerinages commencèrent à devenir plus fréquents, Humbert de Buenc, abbé de Saint-Oyand, voulut que les 2 Saints, dont le monastère portait les noms glorieux, fussent honnorés d'une manière digne. Il fit donc faire 2 châsses d'argent d'un riche travail, qui furent placées derrière le maître-autel de l'église. Celle qui était du côté de l'épitre renfermait le corps de saint Oyand, et les reliques de saint Claude étaient déposées dans la châsse qui se trouvait du côté de l'évangile. Cette châsse étaint de chêne, ornée de pierres précieuses et couverte de tous côtés de lames d'argent avec divers ornements. Le monastère portail déjà dès ce temps les noms de Saint-Oyend et Saint-Claude. Mais ce dernier finit par être, dans la suite, le seul en usage pour désigner la ville et le monastère où Dieu manifestait, par des miracles étonnants, la gloire de Son serviteur.
La gloire de l'abbaye augmentait avec celle de son saint protecteur. Les plus illustres familles tenaient à honneur d'y envoyer leurs fils, et, dans un acte de 1271, les religieux sont désignés sous le nom de "noble chapitre". Une église en l'honneur de saint Claude avait été bâtie dans l'enceinte même du monastère, dans le lieu qui porte aujourd'hui le nom de place Louis 11. Son nom avait été donné, comme un présage de bénédiction, à un pont bâti sur la Bienne par la Congrégation des maçons, appelés les "Frères pontifes". Cette congrégation se forma en 1177 à BOnpas, sur la Durance, près d'Avigon, et l'on prétend que le village d'Avignon-sur-Saint-Claude doit son origine à une colonie de ces frères maçons, venus du Jura pour y construire 2 ponts sur la Bienne.
SAINT CLAUDE! était le cri de guerre des habitants de ces montagnes lorsqu'ils s'élançaient contre l'ennemi. Les captifs l'invoquaient dans leur prison et obtenaient miraculeusement leur liberté. Les naufragés se recommandaient à lui au milieu de la tempête, et Dieu récompensait leur confiance en les arrachant à la fureur des flots. En 1754, on conservait encore, dans l'église de Saint-Claude, les chaînes de fer que des Chrétiens, captifs chez les infidèles, y avaient placées, après avoir été délivrés par la protection du Saint.
Sur la fin du 14ème siècle, les religieux de Saint-Claude jetèrent, dans l'enceinte du cloitre, les fondements de la cathédrale actuelle de Saint-Pierre. Elle fut bâtie sur l'emplacement de la plus ancienne église de l'abbaye, qui était dédiée aux Saints apôtres Pierre, Paul et André, pour qui les premiers fondateurs de Cpndat avaient une vénération particulière. Dans la suite, les moines chantaient l'Office de nuit dans l'église de Saint-Pierre, et l'Office du jour dans l'église de Saint-Claude, qui servait de paroisse à la ville. Ils semblaient en quelque sorte partager le culte qu'ils avaient pour ces 2 Saints, en partageant leur Office.
Aux hommages que l'Eglise rendait à saint Claude, une partie de cette même Eglise, dans le peuple, mêlait quelquefois des idées superstitieuses. A cette époque, on croyait généralement aux sorciers, et les montagnes du Jura passaient pour en être infestées. Quand un malade s'imaginait qu'on avait jeté sur lui quelque maléfice, il venait implorer saint Claude pour être délivré. Quelque opinion qu'on se forme sur l'existence et le pouvoir des sorciers, ces prières que le peuple adressait au saint thaumaturge, attestent au moins la grande confiance qu'on avait en sa puissante protection.

Le pèlerinage de Saint-Claude devint un des plus célèbres de l'Europe occidentale; on s'y rendit des provinces les plus éloignées; de là des fètes, des confréries et autres institutions; il serait trop long de les énumérer, ainsi que les miracles opérés par son intercession et les personnages illustres qui vinrent l'honnorer.
Dès la fin du 15ème siècle, la fête de saint Claude se célébrait avec une grande magnificence.
Cette fête donnait lieu à une foire où se rendaient en foule les populations voisines. Déjà on y faisait ce commerce d'objets de dévotion, statuettes, crucifix, médailles, chapelets, etc., qui a contribué à développer dans ces montagnes l'art de la sculpture, si heureusement cultivé à Saint-Claude. Le buis croît en abondance dans les environs de cette ville, et les habitants ont cherché dans l'industrie les ressources que le sol leur refusait. La sculpture en nourrissait ainsi un grand nombre, qui vendaient aux pèlerins de petits ouvrages de piété. Elle en a élevé d'autres à la réputation d'artistes distingués, et c'est à Saint-Claude que se sont formés ces Rosset qui pétrissaient l'ivoire, et dont les chefs-d'oeuvre sont si recherchés. On voit que la piété est utile à tout. Elle attirait auprès de la châsse du Saint les populations, qui venaient y chercher des consolations spirituelles, et elle fournissait aux habitants de ces montagnes peu fertiles l'occasion d'exercer cette industrie charmante qui soumet la racine du buis, avec toutes ses images capricieuses, à des formes si variées, et qui est encore aujourd'hui la principale richesse du pays.

Ce n'était pas seulement une province, un royaume qui manifestait sa dévotion envers saint Claude; mais on se rendait de tous les points de l'Europe à ce pèlerinage fameux. La foi des peuples en avait fait un des plus célèbres sanctuaires de France, et ces pieuses manifestations prenaient quelquefois le caractère d'institutions publiques. Des paroisses, des villes, des provinces entières envoyaient presque chaque année des députations à Saint-Claude. Une des plus remarquable était le pèlerinage des Picards. Nous ignorons à quelle époque il a commencé; mais il se fit pendant longtemps d'une manière asses régulière. "Nous savons", dit un de ces historiens, "que le jour où la pieuse députation de Picardie passait à Moirans, l'une des stations de son itinéraire, tous les bourgeois de cette ville devaient l'accueillir avec honneur et la festoyer d'une manière empressée et cordiale. Moirans était, il est vrai, la première et la seule halte à faire dans la terre monastique de Saint-Claude, avant d'atteindre la sainte destination; et le révérendissime abbé, qui était seigneur de Moirans, avait peut-être fait un devoir à ses sujets d'ofrir l'hospitalité à des éirangers qui lui apportaient de notables offrandes de la part de quelque ville de la Picardie, pour l'acquit d'un voeu solennel envers "monsieur saint Claude, ami de Dieu". Il est bon de rappeler que les troupes de Picards faisaient partie de l'armée de Louis 11, au comté de Bourgogne, et qu'elles avaient pu composer la garde du roi de France, vainqueur du pays, lorsqu'il exécuta l'un ou l'autre de ses pèlerinages à la châsse de notre Saint" (1) Quand les Picards retournaient dans leur pays, ils étaient reçus en triomphe par leurs compatriotes, qui les attendaient à la frontière, et à qui ils distribuaient des objets bénits, rapportés de leur lointain pèlerinage.

(restent 2 pages à corriger et retranscrire)


SAINT CLAUDE DE BESANÇON (+ 699) sur un autre site :
http://orthodoxie.club.fr/ecrits/vies/moines/textes/claude.htm
http://monastere-orthodoxe.chez.tiscali.fr/sts/stsjuin/juin06.html
Voir aussi l'Office à tous les saints Orthodoxes de France (1er millénaire) :
http://www.orthodoxengland.btinternet.co.uk/servasfr.htm


Textes à corriger plus tard :


SAINT PHILIPPE, DIACRE, ET SES 4 FILLES (+ 58) (p.478-480)

SAINT AGOBARD, ARCHEVEQUE DE LYON, CONFESSEUR (+ 840) (p.486-495)




Post-Schisme :
SAINT NORBERT, ARCHEVEQUE DE MAGDEBOURG, FONDATEUR DE L'ORDRE DES PREMONTRES (1080-1134)
(p.495-510)




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que les saints Anges du Seigneur veillent sur vous!

jean-michel


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