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17 octobre 2005

Bonsoir ami(e)s des saint(e)s, qu'ils soient Celtes ou non, d'ici ou d'ailleurs!

En Belgique, SAINTE , depuis des siècles à l'honneur des Autels. Vies en fin de message.


Nous avons au calendrier byzantin (datation grégorienne), en plus d'une partie des saints ci-dessous :
Saint Théodore Yaroslavich; saint Anoub; saint Pierre de Koriga;;(Etc.)

Que Notre Seigneur Jésus-Christ, qui est béni dans Ses saintes et saints, par leurs prières, nous fasse miséricorde.

To: "[celt-saints]"<celt-saints@yahoogroups.com>
From: emrys@globe.net.nz>
Date sent: Fri, 4 Jun 2004 14:12:30 +1200
Send reply to: celt-saints-owner@yahoogroups.com
Subject: [celt-saints] 5 June

Saints Celtes et anciens saints Anglais - 5 Juin
(traduction personnelle http://www.amdg.be )

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* Saint Tudno de Caernarvon
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Saint Tudno de Caernarvon
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6ième siècle. On ne sait plus grand chose concernant saint Tudno en dehors des traditions Galloises le concernant. Llandudno dans le Carnarvonshire fut nommée d'après lui (Bénédictins).

Plus d'informations par un membre de la liste, Noel, de Llandudno:

Mes salutations, Père Emrys, en cette fête de Saint Tudno, de Llandudno dans le nord du Pays de Galles. La paroisse de Llandudno est une île au sens ecclésiastique du terme. Ses 4 églises, l'ancienne Saint-Tudno dans un creux sur une pente nord du Grand Orme en face de la mer d'Irlande (2 miles de la ville moderne), et les églises en ville, Saint-George, Sainte Trinité et l'église de Notre-Sauveur, forment une enclave du Siège de Bangor. Llandudno est entourée côté terre par la paroisse Saint-Asaph de Llanrhos avec ses 4 églises (Saints Sennen et Hilaire, avec Saint Paul Craig y Don, Saint David à Penrhynside et Tous-les-Saints à Deganwy). La plus grande partie de la ville moderne fut autrefois un marécage sans routes et les évêques médiévaux de Bangor, avec leur palais au Grand Orme, devait faire leurs visites par bateau

Tudno serait un des 7 fils du roi Seithenyn, dont le royaume légendaire dans la Baie de Cardigan fut submergé par l'activité des marées. En réparation de la négligence de leur père - c'est ainsi qu'on comprenait les choses - chaque fils étudia au collège Saint-Dunawd à Bangor Iscoed. Plus tard, Tudno établit l'église à Cyngreawdr (le grand rocher - Great Orme). L'Ogof Llech fut sa cellule - c'est une petite caverne sur un promontoire, difficile d'accès, avec avec une source d'eau claire.
Son ancienne église a été profondément restaurée à de nombreuses reprises, au point qu'il ne subsiste plus rien de celle de Tudno de nos jours. L'église a néanmoins un emblème médiéval en bois gravé au dessus de la marche du choeur, représentant les 5 blessures du Christ - un tel emblème survivant dans le Pays de Galles est quasiment unique, le seul autre connu étant celui de la proche paroisse de Llanrhos. [From the Church Guide book by T.F. Wynne]


Sources:
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Ajouts personnels :


SAINT DOROTHÉE DE GAZA (+ 580)
Vu que la vie de ce géant de la "Foi orthodoxe dans l'Eglise catholique" est largement connue, je vais plutôt vous partager l'extrait de ses "Instructions spirituelles" que j'ai lues à la prière de ce soir (en 2004), en famille. Que par les prières de saint Dorothée de Gaza, son pays d'origine trouve grâce aux yeux de Dieu, qu'y brille à nouveau la flamme de l'Evangile, la seule et vraie Foi qui sauve, et qu'il nous bénisse. JMD
"INSTRUCTIONS, II, § 26-37
II. DE L'HUMILITÉ
26. " Avant tout, dit un vieillard, nous avons besoin de l'humilité, et devons être prêts à dire : Pardon pour toute parole que nous entendons, car c'est par l'humilité que sont anéantis tous les maléfices de notre ennemi et antagoniste. » Cherchons quel est le sens de cette parole du vieillard. Pourquoi dit-il : « Avant tout, nous avons besoin de l'humilité" , et non pas plutôt: "Avant tout, nous avons besoin de la tempérance" ? L'Apôtre dit en effet « Le lutteur se prive de tout » (1 Cor. 9, 25). Ou pourquoi le vieillard ne dit-il pas : "Avant tout, nous avons besoin de la crainte de Dieu", puisque l'Écriture affirme que « le commencement de la sagesse, c'est la crainte du Seigneur" (Ps. 110, 10) et qu' "on se détourne du mal par la crainte du Seigneur " (Prov. 15, 27)? Pourquoi pas non plus : "Avant tout, nous avons besoin de l'aumône, ou de la foi"? Il est écrit en effet : « Par les aumônes et la foi, les péchés sont purifiés » (Prov. 15, 27). L'Apôtre dit aussi que « sans la foi, il est impossible de plaire à Dieu » (Héb. 11, 6). Si donc « il est impossible de plaire sans la foi" , si "par les aumônes et la foi les péchés sont purifiés », si « par la crainte du Seigneur l'homme se détourne du mal", si « la crainte du Seigneur est le commencement de la sagesse" , si enfin "le lutteur se prive de tout », pourquoi le vieillard dit-il : « Avant tout, nous avons besoin de l'humilité" , en laissant de côté tout cela, qui est si nécessaire? C'est qu'il veut nous montrer que ni la crainte de Dieu elle-même, ni l'aumône, ni la foi, ni la tempérance, ni aucune autre vertu, ne peut exister sans l'humilité. Et c'est pour cette raison qu'il dit « Avant tout, nous avons besoin de l'humilité, et devons être prêts à dire Pardon! pour toute parole que nous entendons, car c'est par l'humilité que sont anéantis tous les maléfices de notre ennemi et antagoniste.
27. Vous voyez, frères, quelle est la puissance de l'humilité. Vous voyez combien il est efficace de dire « Pardon ! » Mais pourquoi le diable est-il appelé non seulement « ennemi », mais encore « antagoniste"? On l'appelle « ennemi » à cause de sa haine insidieuse pour l'homme et pour le bien; « antagoniste », parce qu'il s'efforce d'entraver toute bonne oeuvre. Quelqu'un veut-il prier? Il s'y oppose et y met obstacle par des mauvaises pensées, par la distraction obsédante, par l'acédie. Un autre veut-il faire l'aumône? Il l'arrête par l'avarice, par la ladrerie. Un autre veut-il veiller? Il l'empêche par la paresse, par la nonchalance. Bref, il s'oppose à tout ce que nous entreprenons de bon. C'est pourquoi on l'appelle non seulement « ennemi", mais aussi « antagoniste ». Donc « par l'humilité sont anéantis tous les maléfices de notre ennemi et antagoniste".
28. Car elle est vraiment grande, l'humilité. Tous les saints ont marché par cette voie de l'humilité et en ont abrégé le parcours par la peine, selon la parole : « Vois mon humilité et ma peine, et enlève tous mes péchés" (Ps. 24, 18). « Même seule, l'humilité peut, comme le disait l'abbé Jean, nous introduire, quoique plus lentement. » Humilions-nous donc un peu, nous aussi, et nous serons sauvés. Même si nous ne pouvons, faibles comme nous le sommes, accomplir de pénibles travaux, tâchons de nous humilier. Et j'ai confiance en la miséricorde de Dieu que le peu que nous aurons fait humblement nous vaudra d'être, nous aussi, parmi ces saints qui ont beaucoup peiné au service de Dieu. Oui, nous sommes faibles et incapables de nous livrer à ces labeurs, mais ne pouvons-nous pas nous humilier?
29. Bienheureux, frères, celui qui possède l'humilité! Grande est l'humilité, et il désignait fort bien celui qui possède une véritable humilité, ce saint qui disait « L'humilité ne s'irrite pas et n'irrite personne. » Ceci pourtant ne semble pas convenir, car l'humilité s'oppose à la seule vaine gloire, dont elle préserve l'homme. Or, on s'irrite à propos de richesses et à propos de nourritures. Comment peut-on dire alors que « l'humilité ne s'irrite pas et n'irrite personne »? C'est que l'humilité, nous l'avons dit, est grande. Elle est si puissante qu'elle attire la grâce de Dieu dans l'âme, et la grâce de Dieu une fois présente, protège l'âme contre ces deux graves passions. Qu'y a-t-il en effet de plus grave que de s'irriter et d'irriter le prochain? Évagre le disait: « Il ne convient absolument pas au moine de se mettre en colère. » Oui, vraiment, si celui qui s'irrite n'est pas aussitôt défendu par l'humilité, il glisse peu à peu dans un état démoniaque, troublant les autres et se troublant lui-même. Et c'est pour cette raison que le vieillard dit : « L'humilité ne s'irrite pas et n'irrite personne."

30. Mais que dis-je? Est-ce seulement de ces deux passions que l'humilité protège? C'est bien plutôt de toute passion, de toute tentation qu'elle protège l'âme. Quand saint Antoine eut contemplé toutes les embûches tendues par le diable, il demanda à Dieu en gémissant : "Qui les surmontera?" Que lui répondit Dieu? "L'humilité les surmontera." Et quelle autre parole admirable ajouta Dieu? "Et elles n'ont pas prise sur elle. » Voyez-vous, Révérends, la puissance, voyez-vous la grâce d'une vertu? En vérité, rien n'est plus puissant que l'humilité, rien ne l'emporte sur elle. Si quelque chose de fâcheux arrive à l'humble, aussitôt il s'en prend à lui-même, aussitôt il juge qu'il l'a mérité, il ne souffre pas d'en faire reproche à quelqu'un, ni d'en rejeter la faute sur un autre. Il supporte simplement, sans trouble, sans accablement, et en toute quiétude. C'est pourquoi "l'humilité ne s'irrite pas et n'irrite personne ». Aussi le saint a-t-il bien fait de dire "Avant tout, nous avons besoin de l'humilité."

31. Il y a 2 espèces d'humilité, comme il y a 2 espèces d'orgueil. La première espèce d'orgueil consiste à mépriser son frère, à ne faire aucun cas de lui, comme s'il n'était rien, et à se croire supérieur à lui. Si l'on ne fait pas preuve aussitôt d'une sérieuse vigilance, on en vient peu à peu à la seconde espèce qui consiste à s'élever contre Dieu même, et à attribuer ses bonnes oeuvres à soi et non à Dieu.
En vérité, mes frères, j'ai connu quelqu'un qui était tombé dans cet état pitoyable. Au début, quand un frère lui parlait, il le méprisait et disait: "Qu'est-ce que celui-là? Il n'y a au monde que Zosime et ses disciples." Puis ceux-là aussi, il se mit à les mépriser et à dire : « Il n'y a que Macaire », et peu après : "Qu'est-ce que Macaire? Il n'y a que Basile et Grégoire ! » Mais il les méprisa bientôt, eux aussi : « Qu'est-ce que Basile? Qu'est-ce que Grégoire, disait-il. Il n'y a que Pierre et Paul. » - « Certainement, frère, lui dis-je, tu mépriseras aussi Pierre et Paul." Et croyez-moi, peu de temps après, il se mit à dire:
"Qu'est-ce que Pierre et qu'est-ce que Paul? Il n'y a que la Sainte Trinité." Finalement, il s'éleva contre Dieu même, et ce fut sa ruine. C'est pourquoi, mes frères, nous devons lutter contre la première espèce d'orgueil, pour ne pas tomber peu à peu dans l'orgueil complet.

32. Il y a aussi un orgueil mondain et un orgueil monastique. L'orgueil mondain consiste à s'élever contre son frère parce qu'on est plus riche, plus beau, mieux vêtu ou plus noble que lui. Quand nous voyons que nous nous glorifions de ces choses, ou de ce que notre monastère est plus grand, plus riche ou plus nombreux, sachons que nous sommes encore dans l'orgueil mondain. Il en est de même quand on tire vanité de qualités naturelles : par exemple, on se glorifie d'avoir une belle voix et de bien psalmodier, ou d'être habile, de travailler et de servir correctement. Ces motifs sont plus élevés que les premiers, pourtant c'est encore de l'orgueil mondain. L'orgueil monastique consiste à se glorifier de ses veilles, de ses jeûnes, de sa piété, de ses observances, de son zèle, ou encore à s'humilier par gloriole. Tout cela est de l'orgueil monastique. Si nous devons nécessairement nous enorgueillir, il convient que notre orgueil porte du moins sur des choses monastiques et non sur des choses mondaines. Nous avons donc expliqué quelle est la première espèce d'orgueil et quelle est la seconde; nous avons défini également l'orgueil mondain et l'orgueil monastique. Montrons maintenant quelles sont les deux espèces d'humilité.
38. La première consiste à tenir son frère pour plus intelligent que soi et supérieur en tout; c'est en somme, comme le disait un saint, « se mettre au-dessous de tous ». La seconde espèce d'humilité, c'est d'attribuer à Dieu les bonnes oeuvres. Telle est la parfaite humilité des saints. Elle naît naturellement dans l'âme de la pratique des commandements. Voyez en effet les arbres abondamment chargés de fruits : ces fruits font plier et baisser les branches. Au contraire, la branche qui ne porte pas de fruit se dresse en l'air et pousse droite. Il y a même certains arbres dont les branches ne portent pas de fruit, tant qu'elles poussent droit vers le ciel. Mais si on y suspend une pierre pour les attirer en bas, alors elles produisent du fruit. Ainsi en est-il de l'âme : quand elle s'humilie, elle porte du fruit, et plus elle en produit, plus elle s'humilie. Car plus les saints approchent de Dieu, plus ils se voient pécheurs.

34. Je me souvicns que nous parlions un jour de l'humilité, et un notable de Gaza nous entendant dire que plus on approche de Dieu, plus on se voit pécheur, était dans l'étonnement : "Comment est-ce possible?" disait-il. Il ne comprenait pas et voulait avoir l'explication. - "Monsieur le notable, lui demandai-je, dites-moi, que pensez-vous être dans votre cité? - Un grand personnage, me répondit-il, le premier de la cité. - Si vous alliez à Césarée, pour qui vous tiendriez-vous là-bas? - Pour inférieur aux grands de cette ville. - Et si vous alliez à Antioche? - Je m'y considérerais comme un villageois. - Et à Constantinople auprès de l'Empereur? - Comme un miséreux. - Et voilà, lui dis-je. Tels sont les saints : plus ils approchent de Dieu, plus ils se voient pécheurs. Abraham, quand il vit le Seigneur, s'appela « terre et cendre » (Gen. 18, 27). Isaïe disait: « O misérable et impur que je suis » (Is. 6, 5). De même lorsque Daniel était dans la fosse aux lions et qu'Habacuc arriva avec le déjeuner, en lui disant: «Prends le déjeuner que Dieu t'envoie", que dit Daniel? « Le Seigneur s'est donc souvenu de moi! » (Dan. 14, 36-37). Voyez-vous quelle humilité possédait son coeur? Il était dans la fosse, au milieu des lions, ceux-ci ne lui faisaient aucun mal, et cela non seulement une première fois, mais une seconde (cf. Dan. 6 et 14) ; cependant, après tout cela, il s'étonnait et disait : « Le Seigneur s'est donc souvenu de moi! "
35. Voyez l'humilité des saints! voyez les dispositions de leur coeur! Même envoyés par Dieu au secours des hommes, ils refusaient par humilité et fuyaient l'honneur. Si l'on jette une loque malpropre sur un homme tout habillé de soie, il cherche à l'éviter pour ne pas salir son précieux vêtement. De même les saints, revêtus des vertus, fuient la gloire humaine de peur d'en être souillés. Au contraire, ceux qui désirent la gloire ressemblent à un homme nu qui ne cesse de chercher un lambeau d'étoffe ou n'importe quoi pour couvrir son indécence. Ainsi celui qui est dénué de vertus recherche la gloire des hommes.
Envoyés par Dieu au secours d'autrui, les saints refusaient donc par humilité. Moïse disait : « Je vous en supplie, prenez un autre qui soit capable; moi, je suis bègue, et ma langue est embarrassée. » (Ex. 4, 10). Et Jérémie : « Je suis trop jeune! » (Jér. 1, 6). Tous les saints en général, ont acquis cette humilité, nous l'avons dit, par la pratique des commandements. Comment elle est ou comment elle naît dans l'âme, nul ne peut l'exprimer par des mots à quiconque ne l'a pas apprise de l'expérience; personne ne saurait l'apprendre par de simples paroles.

36. Un jour, l'abbé Zosime parlait de l'humilité, et un sophiste qui se trouvait là, entendant ses propos, voulut en avoir le sens précis : « Dis-moi, lui demanda-t-il, comment peux-tu te croire pécheur? Ne sais-tu pas que tu es saint, que tu possèdes des vertus? Tu vois bien que tu pratiques les commandements! Comment, dans ces conditions, peux-tu croire que tu es un pécheur ? Le vieillard ne trouvait pas la réponse à lui donner, mais il lui dit : « Je ne sais pas comment te le dire, mais c'est ainsi ! » Le sophiste cependant le harcelait pour avoir l'explication. Mais le vieillard, ne trouvant toujours pas comment lui exposer la chose, se mit à dire avec sa sainte simplicité : « Ne me tourmente pas; je sais bien, moi, qu'il en est ainsi. »
Voyant que le vieillard ne savait que répondre, je lui dis : « N'est-ce pas comme la sophistique ou la médecine? Lorsqu'on apprend bien ces arts et qu'on les pratique, on acquiert peu à peu par cet exercice même, une sorte d' "habitus" de médecin ou de sophiste. Nul ne pourrait dire, ni ne saurait expliquer comment lui est venu cet `habitus'. Peu à peu, comme je l'ai dit, et inconsciemment l'âme l'a acquis par l'exercice de son art. On peut penser la même chose de l'humilité de la pratique des commandements naît une disposition d'humilité, qui ne peut être expliquée par des paroles." A ces mots, l'abbé Zosime fut rempli de joie et m'embrassa aussitôt en me disant : "Tu as trouvé l'explication. C'est bien comme tu le dis. » Quant
au sophiste, il fut satisfait et admit lui aussi le raisonnement.

37. En effet, certaines paroles des vieillards nous font bien entrevoir cette humilité, mais la disposition psychique elle-même, nul ne saurait dire ce qu'elle est. Lorsque l'abbé Agathon fut près de sa fin, les frères lui dirent : « Toi aussi, Père, tu as de la crainte? » Il répondit: « Sans doute, j'ai fait mon possible pour garder les commandements, mais je suis un homme; et comment pourrais-je savoir si mes oeuvres ont plu à Dieu? Car autre est le jugement de Dieu, autre celui des hommes". Voyez, ce vieillard nous a ouvert les yeux pour entrevoir l'humilité et nous a indiqué une voie pour l'atteindre. Mais comment elle est ou comment elle naît dans l'âme, je l'ai dit souvent, nul ne saurait le dire; et on ne peut non plus la saisir par un raisonnement, si l'âme par ses oeuvres n'a pas mérité de l'apprendre. Ce qui la procure, les Pères l'ont dit. Il est raconté on effet dans le Géronticon qu'un frère demanda à un vieillard : « Qu'est-ce que l'humilité?» Le vieillard répondit : « L'humilité est une oeuvre grande et divine. La voie de l'humilité, ce sont les labeurs corporels accomplis `avec science', c'est se tenir au-dessous de tous, et prier Dieu sans cesse. » Telle est la voie de l'humilité, mais l'humilité elle-même est divine et incompréhensible."
In : Saint Dorothée de Gaza, Oeuvres spirituelles, Sources Chrétiennes n°92 (ed. 1963), traduction Dom Regnault et de Préville (Solesmes), éditions du Cerf, Paris.



SAINT BONIFACE, ARCHEVÊQUE DE MAYENCE, APÔTRE DE LA GERMANIE ET MARTYR (680-734)
un pélerinage à saint Boniface 1999

un pélerinage à saint Boniface 2004



Iles Orkneys, croix de la paroisse Saint Boniface
(Orkney Museum)


Croix incisée, tracée au compas, de Saint Boniface, fin du 7ème ou début du 8ème siècle.
Intéressant de constater la présence de son culte dans des endroits aussi éloignés, et impossible à expliquer sans.. présence Chrétienne active.. Les "Papars", les moines Irlandais!
http://www.rcahms.gov.uk/papar/download.html


martyre de saint Boniface de Fulda, sacramentaire de Fulda, vers 975
Martyre de saint Boniface
miniature du "Fuldaer Sacramentarium", Udine, Italie, vers 975
source


saint Boniface de Fulda, pierre tombale sacerdotale du milieu du 9ème siècle
pierre tombale d'un prêtre, avec la plus ancienne représentation connue de Boniface. Seconde moitié du 9ème siècle. Se trouve au musée de "l'évêché" à Mainz
source




traductions personelles (c) : http://www.amdg.be ;


Du Synaxaire Copte Orthodoxe :
http://www.copticpope.org
http://www.copticcentre.com/synaxarium.pdf
http://www.mycopticchurch.com/saints/
28ème jour du mois bénit de Bashans 1721


Commémoration de la Translation du corps de saint Epiphane
En ce jour de l'an 403, le corps de saint Epiphane (biographie au 17 de Bashans) arriva à l'île de Chypre. Le bateau qui transportait arrivait à Chypre venant de Constantinople, le 28 de Bashans. Les prêtres et le peuple vinrent avec des croix, des évangéliaires, des cierges et de l'encens, et transportèrent son corps à l'église. Quand ils voulurent commencer à creuser sa tombe, 2 diacres ne le leur permirent pas. Ils avaient été excommuniés par le saint pour leur mauvaise réputation. Le corps demeura dans l'église 4 jours durant sans changement ni pourrissement. Son corps donnait l'impression qu'il dormait. Un saint diacre vint auprès du corps et dit : "Je connais ta relation avec Dieu, et que tu sais contenir ces opposants maléfiques." Il regarda alors une hache, et en frappa le sol. Les 2 diacres opposants s'effondrèrent aussitôt, et ils furent emmenés à leurs maisons, et mourrurent le 3ème jour.
Le corps du saint fut oint et enveloppé, ils l'ensevelirent dans un sarcophage de marbre dans son église. Nombre de miracles eurent lieu par son corps.



Puisse son intercession être avec nous, et Gloire soit à Dieu à jamais. Amen!






Du site de l'Eglise Orthodoxe Serbe en Amérique du Nord
http://www.westsrbdio.org/prolog/prolog.htm


3. SAINT ANOUB
Anoub fut un des grands moines Egyptiens. Il souffrit beaucoup pour la Vraie Foi. Peu avant sa mort, 3 ermites âgés vinrent le visiter, et lui, "qui savait discerner les pensées de l'homme", leur révèla tous les secrets de leurs coeurs. Anoub mourrut en paix dans la 2ème moitié du 5ème siècle.

4. SAINT IGOR
Igor était prince de Chernigov et Kiev. Persécuté par sa parenté, il se retira du monde et fut tonsuré moine. Les habitants de Kiev, mécontents de la dynastie Olgovitch, voulurent l'exterminer. Ils envahirent le monastère, capturèrent l'innocent et jeune Schemnik Igor, et le tuèrent. Suite à ce crime, nombre de malheurs s'abattirent sur les habitants de Kiev, et on vit régulièrement sur la tombe de ce saint moine des cierges s'allumer spontanément, et une colonne de feu fut aperçue au-dessus de l'église où il était enterré. Ceci eut lieu en 1147.

5. SAINT PIERRE DE KORISHE (Koriga, vers 1337-1351)
Pierre naquit dans le village de Korishe, près du monastère Saint-Marc près de Prizren. (D'après une autre tradition, il serait d'un village près de Pec). Jeune homme, il labourait avec un boeuf borgne. Pierre était exceptionnellement doux et de bon tempérament. Il se retira étant encore jeune pour mener une vie d'ascète, comme le fit sa soeur Hélène. Il se mortifia très strictement et constamment. Dans le difficile combat contre les tentations démoniaques, Pierre se prouva victorieux. Il fut l'enseignant de nombre de moines qui se rassemblèrent autour de lui. Fuyant la gloire des hommes, il se cacha un temps durant près de la Mer Noire, où plus tard, saint Joanicius de Devich mènera une vie d'ascète. Pierre mourrut fort âgé, dans sa caverne de Korishe. La nuit où il mourrut, on vit la lumière de nombre de cierges dans sa caverne, et un chant angélique se fit entendre. Ce saint vécut probablement au 13ème siècle. Le tsar Dusan bâtit une église au-dessus de ses reliques miraculeuses, église dépendant (métochie) du monastère d'Hilendar [monastère Serbe sur le Mont Athos]. A une époque plus récente, le reste des reliques de saint Pierre fut transféré secrètement sur la Mer Noire, où il repose à présent.


6. SAINT CONSTANTINE, METROPOLITE DE KIEV
Aux jours du bienheureux Prince Igor, alors qu'il règnait de grands litiges et beaucoup de confusion entre les princes Russes, il y avait aussi du désordre dans l'Eglise, et de fréquents changements de trône des hiérarques. Ainsi, après le décès du métropolite Michael de Kiev, le prince Izyaslav amena le célèbre et érudit moine Klim pour métropolite, sans solliciter la bénédiction du patriarche de Constantinople, contrairement à l'antique tradition locale. Alors le patriarche envoya le métropolite Constantine pour investiguer les faits. Constantine destitua Klim et bânit tous les clercs de l'Eglise qui l'avaient ordonné. A cause de cela, le peuple se divisa; certains tenaient pour Klim, et d'autres pour Constantine. Alors, d'après les voeux des princes Russes, le patriarche envoya un troisième, Théodore, et Klim et Constantine furent retirés. Lorsque Constantine mourrut en 1159, ils ouvrirent ses volontés, et dedans ils lurent qu'il demandait à ne pas être enterré, mais que son corps soit jetté dans un champs pour être dévoré par les chiens, parce qu'il se considérait comme responsable de la confusion dans l'Eglise. N'osant pas désobéir à son testament, mais cependant avec beaucoup d'horreur, les hommes emmenèrent le corps du métropolite et le jettèrent dans un champs où il demeura 3 jours durant. Le 3ème jour, il se fit un terrible tonnerre au-dessus de Kiev, avec des éclairs partout, la foudra frappa et la terre trembla. 8 hommes périrent de la foudre. 3 colonnes lumineuses apparurent par-dessus le corps sans vie de Constantine. Voyant cela, le prince de Kiev ordonna que le corps de Constantine soit rapporté et honorablement enterré dans l'église où se trouvait la tombe d'Igor. Immédiatement après cla, le calme se fit dans la nature. Ainsi, Dieu avait justifié Son humble serviteur.


REFLEXION - N'enfreignez jamais le jeûne du mercredi et du vendredi. Ce jeûne est recommandé par l'Eglise, et est bien expliqué. Si dans votre vie vous avez une fois enfreint ce jeûne, priez Dieu qu'Il vous pardonne et ne péchez plus. L'homme saint et pieux ne se considère pas comme dispensé de ce jeûne, pas même en voyage, encore moins en maladie. Saint Pacôme rencontra des hommes portant un corps, et il vit 2 Anges dans la procession funéraire. Il pria Dieu de lui révèler le mystère de la présenc de ces Anges aux funérailles de cet homme. Quel bien cet homme avait-il pu faire pour que les saints Anges de Dieu l'accompagnent en procession au tombeau? Par la Providence de Dieu, les 2 Anges approchèrent de Pacôme et, de cette manière, lui expliquèrent : "Un des Anges est l'Ange du mercredi et l'autre est l'Ange du vendredi. Voyant comment cet homme avait toujours, même jusqu'à sa mort, jeûné les mercredi et vendredi, dès lors nous lui rendons honneur en accompagnant son corps. Puisque jusqu'à sa mort il a respecté le jeûne, ainsi nous le glorifions."

CONTEMPLATION - Pour contempler la guérison miraculeuse du paralytique :
"Et voici qu'on lui apportait un paralytique étendu sur un lit. Jésus, voyant leur foi, dit au paralytique: "Aie confiance,
mon enfant, tes péchés sont remis." (Saint Mathieu 9,2) :
1. Comment le bon Seigneur restaura la santé du paralytique en lui disant : "Lèves-toi et marche!" (Saint Mathieu 9,6);
2. Comment l'Eglise amène mon âme paralysée devant le Seigneur, afin que le Seigneur puisse lui rendre la santé, mais seulement si je le désire.

HOMELIE - A propos de la justification du don de l'aumône.
"Ne refuse pas un bienfait à qui y a droit quand il est en ton pouvoir de le faire." (Proverbes 3,27).
Le Seigneur ne vous refuse pas ce dont vous avez besoin, de même vous ne devriez pas repousser l'homme que le Seigneur vous a envoyé afin de mettre votre coeur à l'épreuve. Si un mendiant vous temps la main, une fois dans votre vie, donner-lui et ne refusez pas. Souvenez-vous combien d'années il y a dans votre vie, et combien d'heures il y a dans un jour, et combien de minutes dans une heure, et chaque minute de toutes celles-là, des milliers par jours, vous tendez votre main vers le Seigneur, et le Seigneur donne et ne refuse pas. Souvenez-vous de la Miséricorde de Dieu, et votre manque de miséricorde vous brûlera comme un charbon ardent, et ne vous laissera plus en paix jusqu'à ce que vous vous soyez repentis et ayez adouci votre coeur.
Ne dites jamais : "Ces mendiants m'ennuient!." Il y a des milliards d'hommes qui vivent sur terre, et tous sont mendiants devant le Seigneur; les empereurs comme les laboureurs, les riches comme les serviteurs, tous sont mendiants devant le Seigneur, et le Seigneur ne dit jamais : "Ces mendiants M'ennuient!." O homme, rends grâce à Dieu que quelqu'un demande quelque chose de bon de ta part, que ce soit matériel, ou spirituel! Cela signifie que tu es un homme en qui Dieu a confiance : Dieu t'a confié quelques uns de Ses biens, car tous les biens appartiennent à Dieu. Montres-toi digne de cette confiance, montres-toi digne dans les moindres choses, afin que te soient confiées de plus grandes encore.
O Seigneur, le plus riche, adoucis nos coeurs et illumines notre compréhension, afin que nous soyons miséricordieux dans les biens que Toi, le Tout-Miséricordieux, nous a confiés.

A Toi soit la gloire et la reconnaissance, à jamais. Amen.


Saint Nicolas Velimirovitch, évêque d'Ochrid, Serbie (+ 05 mars 1958), rescapé de Dachau puis des persécutions communistes, auteur de ce Sanctoral "Prologue d'Ochrid".



Du site de l'Eglise Orthodoxe Russe en Amérique du Nord
http://ocafs.oca.org/

Repos de saint Théodore Yaroslavich, frère ainé de saint Alexandre Nevsky à Novgorod

Le saint Prince Théodore de Novgorod, frère aîné de Saint Alexandre Nevsky, naquit en 1218. Son service princier à son pays natal très jeune. En 1229, les deux frères furent laissés comme ses représentants à Novgorod par leur père Yaroslav Vsevolodovich. Mais moins d'un an plus tard, les jeunes princes eurent à quitter Novgorod. Le peuple fort turbulent de Novgorod, par son "veche" ("conseil de gouvernement"), avait décidé d'inviter un autre prince. Mais dès l'année suivante, en 1230, une famine et une épidémie frappèrent, et les Novogodoriens invitèrent à nouveau Yaroslav à les diriger. Le 30 décembre 1230, il s'installa pour la 4ième fois comme prince de Novgorod, mais il ne resta dans la ville que 2 semaines, pour y installer ses fils, puis partir pour Pereyaslavl-Zalessk. En 1232, âgé de 14 ans, le prince Théodore fut appelé à non seulement servir Dieu par la prière, mais aussi par l'épée. Il prit part à la campagne des troupes Russes contre les princes païens Mordovian.

En 1233, selon les souhaits de son père, il fut obligé de contracter mariage avec Théodoulia, la fille du saint prince Michel de Chernigov. Alors que les hôtes s'étaient déjà rassemblés pour la fête nuptiale, le futur marié mourrut soudainement. Après le décès inatendu de son fiancé, la princesse quitta le monde et fut tonsurée dans un des monastères de Suzdal, et devint célèbre par ses efforts monastiques sous le nom de sainte Euphrosyne de Suzdal (+ 25 septembre 1250).

Saint Théodore fut enterré au monastère Yuriev de Novgorod. En 1614, les Suédois, ayant pillé le monastère, profanèrent la
tombe du prince et le découvrirent entier et incorrompu. Ils outragèrent les saints reliques et finallement abandonnèrent le corps dans le jardin de l'église. Des années plus tard, le Métropolite Isidore de Novgorod transféra les reliques vers la cathédrale Sainte Sophie de Novgorod, les plaçant dans la chapelle du saint Prophète, Précurseur et Baptiste Jean. Elles y demeurèrent jusqu'en 1919, quand les Bolchéviques les enlevèrent.

L'office à saint Théodore fut compilé en 1787 par le Métropolite Gabriel de Petersbourg et Novgorod (+ 1801).

Invention des reliques des saints Vassian et Jonas de Pertominsk, monastère de Solovki (1599)
Ces 2 moines du monastère de la Transfiguration à Solovki étaient disciples de l'higoumène Philippe, qui devint par la suite métropolite de Moscou (+ 9 janvier 1570).
Les saints moines furent glorifiés par le Seigneur après leur mort (1561).
Les pècheurs et les marins vinrent prier dans la chapelle, érigée en 1599, sur l'emplacement de leur sépulture par l'Ancien Mamant, du monastère de la Trinité-Saint-Serge. Là, en 1623, le hiéromoine Jacques fonda un monastère, appelé Pertominsk.


Saints Martyrs Marcian, Nicander, Hyperechius, Apollonius, Leonidas, Arius, Gorgias, Pambo, et saintes martyres Selenia et Irene, en Egypte
Ces saints martyrs étaient natifs d'Egypte et souffrirent durant le règne de Maximien (305-311). Pour leur ferme confession de la Foi en Christ, ils furent soumis à de terribles traitements. Après avoir été jettés à moitié morts en prison, un Ange leur apparut et soigna leurs blessures. Les saints martyrs mourrurent en prison, de faim et de soif.


Saint Théodore le Thaumaturge, ermite sur le Jourdain (6ème s.)
Le moine Théodore le Thaumaturge vécut durant le 6ème siècle. Durant sa jeunesse, il quitta le monde, embrassa la vie monastique, et se retira dans le désert du Jourdain. Il reçut de Dieu le don d'accomplir des miracles. Ainsi, alors qu'il voyageait sur un navire vers Constantinople, saint Théodore supplia le Seigneur afin que l'eau tirée de la mer devienne douce, afin d'assouvir la soif de ses compagnons.
A ceux qui le remerciaient pour cela, le moine dit que Dieu avait accomplit un tel miracle par pitié pour leur intense soif, plutôt que pour ses vertus.

Icône "Igorevsk" de la Mère de Dieu (1147)

L'icône "Igor" de la Mère de Dieu - Le saint Porteur-de-la-Passion et Grand-Prince de Kiev Igor Ol'govich (+19 Septembre 1147), pria devant cette icône durant les derniers moments de sa vie. Elle se trouvait dans la chapelle de Saint Jean le Théologien, dans la cathédrale de la Dormition de la Laure des Cavernes de Kiev. Cette icône a une ancienne origine Grecque, et porte une inscription précisant qu'elle appartient à saint Igor.


Saint Martyr Marc de Smyrne (+1801)
Le Néomartyr Marc était natif de la ville de Smyrne. Il fut arrêté pour un crime (délit) près de Nea Ephesus (Asie Mineure), mais le juge lui proposa de lui épargner sa vie s'il devenait musulman. Il accepta, mais par la suite ressentit du remords pour son apostasie. Il confessa son péché à un prêtre, qui aida saint Marc et son épouse à s'échapper. Après avoir erré à travers nombre d'endroits, ils décidèrent de rentrer à Nea Ephesus. Saint Marc révèla à son père spirituel son désir pour le martyre, afin de pouvoir laver son reniement du Christ en répandant son sang pour Lui.
Le prêtre lui dit que les Turcs de cet endroit s'agitteraient et causeraient de grandes souffrances aux Chrétiens s'il allait les provoquer de la sorte. Dès lors, saint Marc partit pour Chios, où il confessa courageusement le Christ devant un juge Turc. Il fut torturé et décapité en 1801.





Textes à traduire plus tard :

Saint Anube le Confesseur et habitant du désert d'Egypte (4ème s.)

Saint Abba Dorothée, du monastère d'Abba Serid en Palestine (+ vers 620)

Saint Pierre de Korcha, Albanie (+ vers 1337-1351)

Hiéromartyr Dorothée, évêque de Tyre

Translation des reliques de saint George (Igor), tonsuré Gabriel, Grand Prince de Chernigov et Kiev (+ 1150)


Saint Constantine, métropolite de Kiev

Repos de saint Théodore Yaroslavich, frère ainé de saint Alexandre Nevsky à Novgorod






Dans le livre "Saintes et Saints de Belgique au 1er millénaire", nous trouvons à ce jour :
http://www.amdg.be/amdg12.html "sanctoral Belgique"
[je ne placerai ici des vies de saint(e)s tirées de ce livre que de manière exceptionnelle : il vaut l'achat!]








Dans le livre en néérlandais "Vergeten Helden", volume "juni", nous trouvons à ce jour:
http://www.amdg.be/ed-pervijze.html




D'après le sanctoral des RP Bénédictins, éditions Letouzey & Ané 1936, on trouve entre autres :


SAINT DOROTHÉE LE THÉBAIN, ANACHORÈTE (4ième SIÈCLE)
Saint Dorothée le Thébain naquit à Thèbes en Égypte; il abandonna sa ville natale pour s'enfermer dans un monastère où il fut initié aux pratiques ascétiques; il se retira ensuite, en 328, dans une caverne entre Alexandrie et Nitrie. Il ne mangeait chaque jour que six onces de pain avec une poignée de légumes et dormait sur le sol sans étendre les jambes; il passait la journée à ramasser des pierres pour construire les cellules des moines vivant dans le même désert, et la nuit à tresser des paniers ou des cordes. Comme on le suppliait de ménager son pauvre corps, il répondit : « Il voulait me détruire. Je suis résolu à le détruire. » Il menait la vie érémitique depuis 60 ans quand Pallade vint se mettre sous sa conduite; c'est ce dernier, dans son Histoire lausiaque, qui lui donne le titre de saint.
Dorothée mourut vers l'année 395.
Bibl. - Acta sanct., 5 juin, t. 1, p. 596. - C. Butier, Lausiac History of Palladius, t. 2, 1904.


SAINT GENÈS, CONFESSEUR (+ VERS 710)
Genès était comte d'Auvergne et était si aimé de ses administrés qu'ils voulurent le contraindre à succéder à l'évêque Garivald qui n'avait occupé le siège d'Auvergne que pendant 40 jours. Genès refusa en alléguant les canons conciliaires qui, à maintes reprises, avaient défendu de choisir des laïcs, et détourna l'attention sur l'abbé de Chantoin, Prix, qui fut élu.
Le nouveau prélat n'eut pas de meilleur ami que Genès qui employa son autorité et sa fortune à l'aider. C'est ainsi qu'ils fondèrent ensemble le monastère de Chamalières. Prix fut assassiné le 25 janvier 676, à Volvic. Genès l'invoqua alors
comme un saint et continua sa vie de prières et de bonnes oeuvres jusqu'à sa mort, qui survint en 710. Son corps repose à Combronde (Puy-de-Dôme).
Bibl. - Acta sanct., 5 juin, p. 505.

LE BIENHEUREUX SANCHE, MARTYR (+ 851)
Le bienheureux Sanche (en latin Sanctus) naquit en Gaule, probablement à Albi. Ayant été emmené captif en Espagne dans son enfance, il fut élevé à la cour du khalife de Cordoue, Abdérame II. Pendant une persécution, en 851, il subit le supplice du pal, le vendredi 5 juin, au Campo de la Verdad (champ de la Vérité). -
Bibl. - Acta sanct., 5 juin, t. 1, p. 506. - Enciclopedia universal ilustrada, t. 53 p. 1244.

LE BIENHEUREUX MEINWERK, ÉVÊQUE DE PADERBORN (+ 1036)
Meinwerk fut une des plus nobles figures du 11ième siècle, un prélat d'une haute valeur intellectuelle et morale.
Fils d'un comte saxon, il fut formé au sacerdoce à Halberstadt, puis à l'école épiscopale de Hildesheim où il devint l'ami du futur empereur Henri 2. Il obtint un canonicat à Halberstadt et le titre de chapelain de l'empereur Othon III, qui avait pour lui une grande estime. Avec Henri 2, il bénéficia encore mieux de la faveur impériale. Il fut sacré évêque de Paderborn le 13 mars 1009. Dès lors il fut le grand bienfaiteur de cette cité, si bien qu'on l'appela son deuxième fondateur. Il rebâtit la cathédrale, dévorée par le feu, éleva un palais épiscopal, fonda un monastère pour les moines de Cluny à Abdinghof. Il protégea sa cité de murs solides, restaura bien des monuments dans son diocèse. Il eut également le souci des constructions spirituelles : il rendit illustre son école épiscopale en y assemblant des maîtres habiles. La discipline y était sévère : défense aux élèves de parler sans témoin à qui que ce fût du dehors. Les parloirs des moniales cloîtrées ne sont pas plus austères!
L'empereur saint Henri appréciait la sagesse de ses conseils. Il le prenait volontiers pour compagnon de voyage. Meinwerk en profitait pour récolter de belles reliques des saints. Lorsqu'il accompagna l'impératrice sainte Cunégonde à Rome pour le couronnement de l'empereur Henri, il reçut du pape [de Rome] Benoît 8 plusieurs reliques insignes.
Au reste, Meinwerk recourait opportunément et importunément à ses illustres amis pour équilibrer son budget des oeuvres. Parfois le saint empereur rusait, pour esquiver l'excellent quémandeur. En 1024, l'évêque eut la douleur de présider les obsèques de ce vieil ami si précieux. Son successeur, Conrad 2, témoigna lui aussi au prélat une grande bienveillance.
En 1036, Meinwerk célébra la dédicace d'une église construite sur le modèle de celle du Saint-Sépulcre, pour honorer des
reliques apportées de Jérusalem. Et le grand bâtisseur fut enlevé pour devenir une pierre vivante de la Jérusalem du ciel.
Bibl. - Acta sanct., 5 juin, t. 1, p. 508-553. - F. Tenckhoff, Vita Meinwerci, Hannoverae, 1921. - Westfal. Lebensbilder, t. 1, 1930. - Westfal. Zeitschrift, t. 90, 1934.

SAINT DOROTHÉE LE JEUNE, ABBÉ (11ième SIÈCLE)
Saint Dorothée le Jeune vécut au commencement du 11ième siècle; son père, de famille noble, exerçait une magistrature; il passa sa jeunesse à Trébizonde, sur la mer Noire, où il était né. A 12 ans, ayant compris que ses parents cherchaient déjà à le marier et qu'il ne pourrait pas s'opposer à leur projet, il s'enfuit de la maison paternelle et se fit recevoir dans le monastère de la Nativité, à Amise, ville au bord de la mer, entre Trébizonde et Sinope; il y brilla par son intelligence et toutes les vertus. Ayant été ordonné prêtre, il ne manqua pas un seul jour de célébrer la messe, pendant laquelle une flamme surnaturelle apparaissait sur son visage. Une vision l'invita à fonder ou restaurer, sur une colline voisine, un monastère en l'honneur de la sainte Trinité. Il n'eut d'abord qu'un compagnon, donné par l'abbé, puis d'autres se joignirent à eux; il leur donna la règle de saint Arsène qu'il réforma; ils ne devaient s'occuper matériellement que de ce qui est absolument nécessaire pour maintenir la vie; il vécut là, à Chiliocome, sans jamais sortir, favorisé des grâces les plus hautes de la contemplation. Avant sa mort, qu'il avait prévue, il passa dans les cellules de tous les frères pour leur demander pardon. Il mourut paisiblement, entouré par les moines; il y avait soixante-deux ans qu'il avait reçu le sacerdoce.
Les grecs le fêtent au 5 janvier.
Bibl. - Acta Sanct. p.605-614


Textes à corriger plus tard :





D'après les Petits Bollandistes, 7ième édition, Bar-le-Duc 1876, entre autres :

p.463-465




SAINT BONIFACE, ARCHEVÊQUE DE MAYENCE, APÔTRE DE LA GERMANIE ET MARTYR (680-734)
(ajouter phrase de l'évêque Boniface de Mayence au Concile de Tibur en 895, qu'il tenait de son illustre prédécesseur & martyr : "Autrefois des prêtres d'or célébraient avec des calices de bois; maintenant des prêtres de bois ont des calices d'or")


Evêques de Rome : Agathon; Etienne 2 - Rois des Francs : Thierry 3; Pépin le Bref

Vae mihi si non evangelisavero.
Malheur à moi si je ne prêche pas l'Evangile.
1 Cor. 4,17

Saint Boniface, appelé d'abord Winfrid, naquit à Kirton, dans le Devonshire, de parents considérables, et qui eurent un grand soin de son éducation. Dès l'age de 5 ans, ayant vu dans la maison paternelle quelques moines qui faisaient des missions dans le pays, il demanda à les suivre dans leur monastère; toutefois, son père, prenant ses souhaits pour des fantaisies d'enfant, lui refusa absolument ce qu'il demandait. Mais il eut beau faire, l'aspiration à la vie monastique croissait dans le coeur de son fils, et, comme il s'y opposait, il tomba dangereusement malade; il y vit un signe de la volonté de Dieu, et permit à Winfrid de suivre sa vocation. Notre Saint passa 13 ans dans le monastère d'Adesean-Castre, aujourd'hui Exeter, qui était sous la conduite d'un saint abbé nommé Wolphard. Il passa ensuite dans l'abbaye de Nutcell, dont le vénérable Winbert était abbé; il n'y fit pas un moindre progrès dans les lettres humaines que dans la vertu.
Après avoir été écolier, il devint maître, et enseigna aux autres ce qu'il avait appris avec tant de soin. Beaucoup d'élèves, de couvents éloignés, accouraient à ses leçons. A l'age de 30 ans, il fut ordonné prêtre. Peu de temps après, le roi Ina et le clergé, réunis dans un synode, le chargèrent d'une ambassade auprès de Britkwald, archevêque de Cantorbéry, qui devait approuver les décisions de ce synode; il s'acquitta de cette négociation avec tant d'habilité et de prudence, qu'il jouit dès lors de la plus grande considération; on l'invitait à presque tous les synodes.

Mais Winfrid était destiné par la Providence à une plus grande mission.

La Grande-Bretagne travailla pendant un siècle à christianiser la Germanie : notre Saint devait achever cette sainte entreprise et organiser définitivement l'Eglise chez les peuples germaniques.
Il vint d'abord dans la Frise, et s'avança jusqu'à Utrecht, la capitale de ce pays; mais le roi Radbod, qui persécutait le Christianisme, rendit inutiles tous les efforts de l'Apôtre. Il fut obligé de revenir en Angleterre, où on le nomma abbé de son monastère.
Après un séjour de 2 ans (718), il résolut de recommencer son apostolat. Muni de lettres de recommandation de son évêque, le sage Daniel, de Winchester, il partit pour Rome, afin de recevoir l'appui du pape romain. Grégoire 2, après avoir éprouvé sa foi, sa vertu et la pureté de ses intentions, l'encouragea par de sages conseils et confirma sa mission, le 15 mai 719. Il lui donna aussi des saintes reliques et des lettres de recommandation pour les souverains christianisés qui se trouveraient sur sa route.

Comblé de faveurs et muni d'utiles recommendations, le Saint partit de Rome; et, après avoir visité en passant Luitprand, roi des Lombards, qui lui fit très-bon accueil, il entra en Germaine, et alla jusqu'en Thuringe, où il séjourna quelque temps, exhortant les princes et les notables de la province à embrasser la Foi de Jésus-Christ. Il y réforma aussi quelques prêtres qui s'étaient abandonnés à plusieurs déréglements. Mais ayant entendu dire que Radbod, roi des Frisons et ennemi juré de la Foi chrétienne, était mort, il monta sur un bateau pour passer en Frise; et, y étant arrivé, il travailla glorieusement à la conversion des infidèles. Il obéissait, en tous ses travaux, à saint Willibrod, archevêque d'Utrecht. Celui-ci voulait l'avoir pour coadjuteur et comme successeur mais le Saint refusa cette dignité, disant qu'il devait évangéliser les idolâtres de toute la Germanie. Après être resté 3 ans dans la Frise, il parcourut de nouveau la Thuringe et la Hesse, que les armes de Charles-Martel lui avaient ouvertes, en délivrant les 2 pays des Saxons. Il fonda le couvent de Hamelbourg, sur la Saale.
Ensuite, il envoya au pape Grégoire un de ses disciples et de ses associés, pour lui annoncer les progrès de l'Evangile, et pour lui demander conseil sur quelques difficultés touchant la discipline ecclésiastique, et sur la manière dont il se devait comporter avec les nouveaux convertis. Le Pape de Rome lui répondit article par article; mais voulant être plus amplement informé du succès de cette grande mission, il lui manda de le venir trouver à Rome. Winfrid s'y rendit aussitôt, et lui fit connaître de vive voix ce qu'il lui avait mandé dans ses lettres. Il lui donna aussi, par écrit, sa profession de Foi; après quoi Winfrid y fut consacré évêque régionnaire, le 30 novembre 723. De plus, il lui changea le nom de Winfrid, qu'il avait porté jusqu'alors, en celui de Boniface, et lui fit présent d'un livre contenant les règles et les institutions canoniques et des ordonnances, tirées des saints Conciles. Il lui mit encore entre les mains des lettres, non-seulement pour Charles-Martel, qui gouvernait alors le royaume des Francs, mais aussi pour les ecclésiastiques et les princes de Germanie; il exhortait les uns à le favoriser et à le secourir dans ses besoins, et les autres à la persévérance dans la Foi Chrétienne. Il y en avait aussi pour le peuple de Thuringe, où il l'instruisait de quelques points de la foi et lui recommandait de rendre toute sorte d'obéissance à Bouiface, son père évêque, et de le recevoir comme celui qui lui était envoyé, non pas pour profiter de ses biens temporels, mais pour gagner les âmes à Jésus-Christ. Il n'y eut pas même jusqu'aux Saxons nouvellement convertis que ce vigilant Pape n'honorât d'une lettre, pour les exhorter à demeurer constants dans la Foi qu'ils venaient d'embrasser.

Boniface étant muni de ces lettres et recommendations, s'en vint en Austrasie pour présenter les lettres du Pape à Charles-Martel, qui lui en donna en même temps d'autres de faveur et de protection pour les souverains de Germanie. Cependant, avec toutes ces puissantes recommandations, il ne manqua pas de difficultés dans l'exécution de ses desseins, particulièrement lorsqu'il prêcha aux Hessois et aux Goths qui étaient extrêmement attachés aux superstitions du paganisme : il osa entreprendre d'abattre le principal sanctuaire païen de la contrée : c'était le chêne de Thor ou du Tonnerre, arbre gigantesque, près du village de Geismar. Les idolâtres menaçaient Boniface de le massacrer; mais le chêne s'étant fendu en 4, et étant tombé au premier coup de cognée qu'il lui donna, ils en furent si épouvantés, que, plusieurs ouvrant les yeux à la lumière de l'Evangile, se convertirent à la Foi. A la suite de ce miracle, il fit bâtir, dans le même endroit, du bois même de cet arbre, une petite chapelle qu'il consacra en l'honneur du prince des Apôtres, et ce fut la première église de ces pays.
Saint Boniface, vivant ainsi parmi les païens et les infidèles, souffrait de grandes nécessités; mais Dieu suscita plusieurs bonnes personnes pour le secourir; de plus, ses amis et ses compatriotes en étant informés, firent leur possible pour l'assister : les uns lui envoyant des habits, d'autres des provisions pour sa nourriture, et d'autres des livres et des lettres pleines de consolation. Daniel, évêque de Winchester, dont nous avons déjà parlé, lui envoya une brève instruction pour convaincre les païens de leurs erreurs et de la vanité de leurs faux dieux. L'abbesse Eadburge, parente du roi de Kent, lui fit aussi présent de quelques livres sacrés pour l'instruction des peuples, particulièrement des Epitres de saint Pierre, écrites en lettres d'or, que le Saint lui avait demandées avec instance. Enfin, Dieu même pourvut à ses nécessités par des moyens extraordinaires. Un jour, qu'après avoir dédié une église à saint Michel, auprès du fleuve d'Oraha, et avoir été consolé par une vision de cet Archange, il n'avait rien pour son dîner, un grand oiseau, volant au-dessus de sa table, y laissa tomber un fort beau poisson; il en fit sa réfection, en remerciant la divine Bonté d'une faveur si miraculeuse. Comme il travaillait sans relâche à la vigne du Seigneur, les fruits de sa mission s'augmentèrent tellement de jour en jour, qu'il fut contraint de faire venir d'Angleterre plusieurs nouveaux ouvriers: il les nomma recteurs des églises qu'il avait fait bâtir.

On vit sortir aussi des couvents de la Grande-Bretagne un essaim de veuves et de vierges, mères, soeurs, parentes des missionnaires, jalouses de partager leurs vertus et leurs périls. Chunihild et Berathgit, sa fille, s'arrêtèrent en Thuringe. Chunidrat fut envoyée en Bavière; Thecla demeura à Kitzingen, sur le Mein. Lioba, "belle comme les Anges, ravissante dans ses discours, savante dans les Ecritures et les saints Canons", gouverna l'abbaye de Bischofsheim. Les farouches Germains, qui autrefois aimaient le sang et se mêlaient aux batailles, venaient maintenant s'agenouiller au pied de ces douces maîtresses. Le silence et l'humilité ont caché leurs travaux aux regards du monde; mais l'histoire marque leur place aux origines de la civilisation germanique : la providence a mis des femmes auprès de tous ces berceaux. (Ozanam, "Etudes germaniques")

Au bout de quelques années, l'Apôtre comptait 100.000 converties.
Tandis que saint Boniface était occupé en Germanie, non-seulement à prêcher aux infidèles, mais aussi à corriger les moeurs déréglées des néo-Chrétiens de Thuringe, qui, par la négligence des pasteurs, commençaient à chanceler en la Foi, Grégoire 2 passa de cette vie à une meilleure, et Grégoire 3 fut élu en sa place pour remplir le Siège de Rome. Notre Saint envoya à Rome des délégués pour rendre ses respects au nouveau Patriarche d'Occident; et il le consulta, par le même moyen, sur quelques doutes qui concernaient sa mission. Le Pontife romain lui fit une réponse très-favorable, et lui accorda même le Pallium pour marque de sa dignité archiépiscopale, et lui permettant ainsi de créer de nouveaux évêques, selon qu'il le jugerait plus nécessaire pour le progrès de la diffusion de la Foi.

L'an 738, il vint effectuer un 3ème pèlerinage aux tombeaux des saints Apôtres Pierre et Paul. Il en profita pour s'entretenir avec l'évêque de Rome sur plusieurs articles importants pour le Salut des âmes. Il reçut un très bon accueil, et pareil à celui que ses prédécesseurs avaient fait autrefois à saint Athanase, à saint Epiphane et à d'autres grands personnages qui avaient bien servi l'Eglise. A son départ, il lui donna plusieurs reliques qu'il lui avait demandées; il lui donna aussi Wilibaud, religieux Anglais du Mont-Cassin, pour l'aider dans ses fonctions apostoliques. Boniface se dirigea vers la ville de Pavie, tant pour visiter Luitprand, roi des Lombards, que pour y vénérer les saintes reliques de saint Augustin d'Hippone, apportées depuis quelques années de l'lle de Sardaigne, par les soins de ce prince.

Il passa ensuite en Bavière; après avoir délivré la province de plusieurs faux ministres, qui usurpaient l'office des prêtres, et de quelques autres qui se disaient évêques, il érigea 3 évêchés : celui de Salzbourg, celui de Freisingen et celui de Ratisbonne, ou aussi celui de Passau qui était déjà établi. Il en avertit le pontife Romain, qui approuva, avec ce bel éloge : qu'après Dieu, la conversion de 100.000 païens lui était due, à lui et à Charles-Martel, prince des Francs, qui l'avait beaucoup assisté dans cette entreprise.

L'an 742, il assembla, à la demande de Grégoire 3, le Concile de Germanie, dans lequel il fit faire plusieurs saints décrets pour l'heureux établissement de ces nouvelles églises. Il présida, en 744, le concile de Soissons, où l'on rétablit l'autorité des métropolitains, ébranlée en quelques endroits. Il présida encore d'autres conciles. Il était puissamment soutenu par Carloman et Pépin, qui avaient succédé à Charles-Martel leur père, en 741. Dans l'année 744, il posa les bases du couvent de Fulda, ce grand monastère qui fut pour la Germanie centrale ce que furent le Mont-Cassin pour l'Italie, Saint-Gall pour la Germanie méridionale, la nouvelle Corbie pour la Saxe et le nord de la Germanie.

Gewilied, évêque de Mayence, ayant été déposé, le pape de Rome Zacharie fit nommer Boniface archevêque de Mayence. Il devenait ainsi le métropolite, primat de toute la Germanie (747), et des certains diocèses se trouvant actuellement en France et Belgique. En cette qualité il sacra, à Soissons, en 752, roi des Francs, Pépin le Bref, tige de nos rois appelés Carlovingiens, à cause de Charlemagne, fils aîné de ce prince, comme la première s'appelait des Mérovingiens, à cause de Mérovée, fils de Pharamond.

Enfin, Dieu voulant récompenser les illustres travaux de Son serviteur par la couronne du martyre, lui donna l'inspiration de retourner en Frise, où le peuple, qu'il avait converti plusieurs années auparavant, s'était replongé dans l'idolâtrie. Il demanda conseil au pape de Rome, qui l'autorisa à quitter sa métropole pour reprendre la mission en Frise. Ensuite il écrivit à Fulrade, abbé de Saint-Denis, premier aumônier du roi, afin qu'il suppliât Pépin de l'assister de son autorité dans cette entreprise, et de secourir aussi ses disciples qui étaient dans la dernière indigence. Enfin, ayant ordonné en sa place un saint prêtre appelé Lulle, selon son pouvoir de métropolite, et l'ayant prié d'avoir soin, quand il aurait reçu les nouvelles de sa mort, de retirer son corps pour le faire inhumer, il partit de Mayence et s'embarqua sur le Rhin, avec Eoban, évêque, 3 diacres et 4 moines. Ils arrivèrent tous heureusement en Frise où ils baptisèrent en peu de jours plusieurs milliers de personnes.

Un jour, le 5 juin, le pavillon de l'archevêque avait été dressé près de Dockum, au bord de la Burda, qui sépare les Frisons orientaux et les occidentaux. L'autel était prêt et les vases sacrés disposés pour le saint Sacrifice, car une grande multitude était convoquée pour recevoir l'imposition des mains. Après le lever du soleil, une nuée de barbares, armés de lances et de boucliers, parut dans la plaine et vint fondre sur le camp. Les serviteurs coururent aux armes et se préparèrent à défendre militairement leurs maîtres. Mais l'homme de Dieu, au premier tumulte de l'attaque, sortit de sa tente entouré de ses clercs et portant les saintes reliques, qui ne le quittaient point : "Cessez ce combat, mes enfants!" s'écria-t-il; "souvenez-vous que l'Ecriture nous apprend à rendre le bien pour le mal. Car ce jour est celui que j'ai désiré longtemps, et l'heure de notre délivrance est venue. Soyez forts dans le Seigneur, espérez en lui, et il sauvera vos âmes." Puis, se retournant vers les prêtres, les diacres et les autres clercs, il leur dit ces paroles : "Frères, soyez fermes, et ne craignez point ceux qui ne peuvent rien sur l'âme; mais réjouissez-vous en Dieu, qui vous prépare une demeure dans la cité des Anges. Ne regrettez pas les vaines joies du monde, mais traversez courageusement ce court passage de la mort, qui sous mène à un royaume éternel." Aussitôt une bande furieuse de barbares les enveloppa, égorgea les serviteurs de Dieu, et se précipita dans les tentes, où, au lieu d'or et d'argent, ils ne trouvèrent que des reliques, des livres, et le vin réservé pour le saint Sacrifice. Irrités de la stérilité du pillage, ils s'enivrèrent, ils se querellèrent et se tuèrent entre eux. Les Chrétiens, se levant en armes de toutes parts, exterminèrent [!!] ce qui était resté de ces misérables.
Saint Boniface tenait en mourant le livre des Evangiles entre les mains : ces infidèles le percèrent d'un coup d'épée; mais ils n'en coupèrent pas une seule lettre : ce qui ne se put faire sans miracle.

Son corps fut d'abord porté à Maastricht, ensuite à Mayence, et, de là, il fut solennellement transféré au monastère de Fulda, comme il l'avait ordonné. Il a fait, depuis, beaucoup de miracles, que l'on peut voir dans ses actes. (l'église collégiale de Saint-Quentin, dans l'Aisne, possède une partie du crâne de saint Boniface. Nous avons fait des recherches pour savoir comment cette relique insigne était arrivée en la possession de cette église sans avoir pu y parvenir).

Nous ne voulons pas omettre ici un très-bel apophthegme qui est attribué à ce saint Apôtre et Martyr, au concile de Tivoli. Faisant allusion à la mauvaise vie de quelques prêtres de son temps, il disait: "Qu'autrefois les prêtres étaient d'or, et se servaient de calices de bois; mais qu'alors ils étaient de bois, et se servaient de calices d'or."

On peint saint Boniface tenant un livre qui est traversé par une épée. Comme cette épée n'endommagea pas le texte sacré, les tailleurs qui ont besoin d'avoir le coup de ciseaux sûr et adroit, ont choisi saint Boniface pour leur patron.

ÉCRITS DE SAINT BONIFACE.

Nous avons de saint Boniface : 1° des Lettres; 2° des Sermons; 3° une Grammaire latine; 4° un grand Poème. - On lui attribue aussi une Copie des Evangiles : Ce volume est écrit sur parchemin, in-12, en caractères courants de Saxe. Des lettres en or qui se trouvent sur la dernière page et qui sont d'une date plus récente, disent formellement que ce livre est de la main même de saint Boniface. Il est conservé dans la bibliothèque publique de Fulda.
Serrarius publia, en 1605, un recueil de lettres du saint Boniface; mais de 152 lettres que contient ce recueil, il n'y en a que 39 qui soient du Saint; les autres lui ont été adressées par des Papes de Rome et des évêques, des princes, etc. On voit par les épîtres de saint Boniface, qu'il ne se proposait en tout que la gloire de Dieu.
D. Martène et D. Durant ont publié un grand nombre de lettres du Saint qui sont fort curieuses, et qui n'avaient jamais été imprimées (Thesaur. anecdot., t. 9). Ils ont donné aussi (ibid.) 19 homélies du même auteur. Voici ce qui est dit dans la 4ème, de la nécessité de la confession : "Si nous cachons nos péchés, Dieu les découvrira publiquement malgré nous. Il vaut mieux les confesser à un homme, que de s'exposer à être couvert de confusion à la vue de tous les habitants du Ciel, de la terre et de l'enfer." On trouve, dans le "Spicilège" d'Achéry, tome 9, un recueil de canons que saint Bonifoce avait faits pour la conduite de son clergé. Il y a un sermon du même Saint sur la "renonciation qui se fait au Baptême", dans le "Thesaurus anecdotorum novissimus", que D. Bernard Pez publia à Augsbourg en 1729. (tome 3)

Le style de saint Boniface est clair, grave et simple; ses pensées sont justes et solides. On remarque dans tous ses écrits beaucoup d'onction et un esprit vraiment apostolique. Toutes ses lettres sont en latin, quoique, selon les plus habiles antiquaires, la langue anglo-saxonne fût si semblable à celle de la plupart des peuples de Germanie, que les missionnaires de ce pays n'avaient pas besoin d'interprètes pour se faire entendre.
Sa Vie a été écrite d'abord par saint Willibaud, un de ses disciples, et ensuite par Othon, prêtre de Mayence, à la prière des moines de Fulda. Le premier se trouve dans Baronius au tome 9 de ses "Annales", et tous les 2 sont chez le Chartreux Laurent Surius. On peut lire aussi : "Boniface, Apôtre des Allemands, sa vie, ses oeuvres", par J-Ch-A. Selters, prêtre romain de Goettingen, Mayence, 1845. - Cf. Ozanam, "Etudes germaniques".


SAINT ALLYRE, 4ième EVEQUE DE CLERMONT (+ 383)
Allyre ou Illide, né en Auvergne d'une famille noble, sous le règne de Constantin, fut élu évêque de Clermont par l'inspiration de Dieu et à la demande du clergé et du peuple de cette Eglise. Le renom de sa sainteté étant venu aux oreilles de Clément Maxime, qui régnait à Trèves, comme sa fille se trouvait tourmentée par un esprit impur, ce prince envoya des députés au saint évêque pour l'inviter le venir voir. Aliyre fut reçu à la cour avec une grande vénération, et, après une nuit passée en prières, il mit ses doigts dans la bouche de la jeune fille et chassa le démon.
L'empereur voulait payer ce service avec des monceaux d'or et d'argent; mais le saint évêque, refusant ces richesses, demanda seulement et obtint que la cité Arverne payât en or le tribut qu'elle payait en blé et en vin. Le saint pontife, qui était non moins chargé d'années que de vertus, termina sa carrière dans ce voyage; il alla jouir de la vue de Notre-Seigneur, environ l'an 385. Il fut rapporté dans sa ville et déposé dans l'église de Sainte-Marie.
Saint Grégoire de Tours rapporte plusieurs miracles qui s'opérèrent au tombeau de saint Allyre. "Dans le temps", dit-il, "que Gallus, d'heureuse mémoire, gouvernait l'Eglise, moi, Grégoire, qui trace ces lignes, étant encore jeune, je souffris d'une forte fièvre et d'un mal à l'aine jusqu'à ce que j'eus obtenu de ma mère que l'on me portit au tombeau de saint Alyre. J'y fus porté, et je recouvrai la santé." Un fil, qui avait servi le lier les reliques de saint Allyre ayant été dans le feu, fut retrouvé intact longtemps après. Un comte, qui était aveugle, recouvra la vue au même tombeau.
"Propres" de Saint-Flour et de Clermont.

SAINT PORCHAIRE, ABBE (fin du 4ième siècle)
Porchaire, abbé de la basilique de Saint-Hilaire de Poitiers, florissait vers le commencement du 6ème siècle. On ne connaît ni sa patrie, ni sa famille. Il se comporta très dignement dans cette charge et s'acquit une grande renommés de vertu et de sainteté. Saint Grégoire de Tours en est témoin, lorsqu'il raconte que, à l'occasion des troubles qui éclatèrent dans le monastère fondé à Poitiers par sainte Radegonde, Porchaire fut envoyé par l'évêque de Poitiers, Mérovée, auprès de Gondegesile, évêque de bordeaux, et des autres évêques de la province, avec la mission de les rendre plus indulgents pour les religieuses dispersées. Saint Porchaire accomplit heureusement cette mission.
Quand il fut avancé en âge, suivant l'exemple des saints de ce temps dont la vie doit nous inspirer, il abdiqua le gouvernement de son abbaye et se retira dans une chapelle dédiés à notre Sauveur, laquelle portait le non du Bois-du-Seigneur ou Bois-Sacré, parce qu'on y conservait un fragment de la Vraie Croix. Il passa là le reste de ses jours dans la méditation de la mort, dans la contemplation des choses célestes et dans tous les exercices de la vie cénobitique. Enfin, il sortit de ce monde au déclin du 6ème siècle et fut enseveli au même endroit. Mais, dans la suite, cette humble chapelle étant devenue trop étroite pour contenir la foule des pèlerins attirés par la fréquence et l'éclat des miracles que Dieu accomplissait par ses saintes reliques, le corps du Saint fut transféré dans une basilique qui a pris le nom de Saint-Porchaire, et qui est depuis une église paroissiale.
Lorsque, au milieu du 16ème siècle, les hordes protestantes qui dévastaient la France, se faisaient un sacrilège et douteux honneur de profaner les reliques de toutes les églises, le maire de Poitiers, Rogier de Migné, elles autres magistrats voulurent, par une juste prévision des violences que devait souffrir la malheureuse ville, soustraire aux fureurs de l'ennemi public le dépôt vénéré de l'illustre Eglise. lls firent entourer d'un mur le tombeau du Saint, en 1558, lequel demeura si bien caché, qu'on s'en souvenait à peine lorsqu'il fut découvert en 1676. Les plus considérables des précieux ossements furent placés, le 26 mai, par Gilbert de Clerambaud, évèque romain à Poitiers, dans une châsse dargent, et les moindres demeurèrent dans leur ancienne sépulture pour y satisfaire habituellement la dévotion des fidèles. Mais le malheur qu'on avait évité une fois ne put être conjuré en d'autres épreuves de l'Eglise. Les Révolutionnaires de 1792 arrivèrent. Disciples et imitateurs des Calvinistes par la cupidité impie qui s'attaquait aux dépouilles des autels; apostats d'un genre nouveau qui ne tremblaient pas de profaner, sous le voile d'une réforme mal inspirée, les objets sacrés à leurs respects de la veille, ils s'emparèrent de la chasse d'argent et jetèrent à qui voulut les ramasser les restes vénérables qu'elle contenait... Dans ce désordre sacrilège, une côte du Saint fut recueillie secrètement par des mains dignes de la toucher : elle fut confiée aux pieuses Filles de la Visitation, et celles-ci, fidèles gardiennes du trésor caché pendant les orages, s'en défirent en partie, après la retour du calme, en faveur de l'église paroissiale qui porte toujours le nom de Saint-Porchaire.
M. l'abbé Auber, "Vies des Saints de l'Eglise de Poitiers".







Textes à corriger plus tard :


SAINT EUTROPE II, EVEQUE D'ORANGE (1er siècle) (p.470-472)

LES SAINTS MARTYRS DE CAUNES ET NOTRE-DAME DU CROS (Commencement du 4ième siècle) (p.472-474)





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que les saints Anges du Seigneur veillent sur vous!

jean-michel


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