23 Février
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Bonsoir ami(e)s des saint(e)s, qu'ils soient Celtes ou non, d'ici ou d'ailleurs!
En Belgique, SAINT CELSE, 5ième épiscope de Trèves
(découverte des reliques), depuis des siècles
à l'honneur des Autels. Vies en fin de message.
Nous avons au calendrier byzantin (datation grégorienne), en
plus d'une partie des saints ci-dessous :
Saint Polycarpe de Smyrne;(Etc.)
Que Notre Seigneur Jésus-Christ, qui est béni dans Ses
saintes et saints, par leurs prières, nous fasse
miséricorde.
To: "[celt-saints]"<celt-saints@yahoogroups.com>
From: emrys@globe.net.nz>
Date sent: Tue, 22 Feb 2005 21:56:44 +1300
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Subject: [celt-saints] 23 February
Saints Celtes et anciens saints Anglais - 23 Février
(traduction personnelle http://www.amdg.be )
=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=
* Saint Boisil de Melrose
* Sainte Milburge de Wenlock
* Saint Jurmin
=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=
saint Boisil (Boswell) de Melrose, abbé.
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Mort en 664. Saint Boisil était le prieur de la
célèbre abbaye de Melrose (Mailross), situé sur
la rivière Tweed dans une grande forêt du
Northumberland, pendant que saint Eata en était l'abbé.
Tous 2 étaient des jeunes Anglais appelés au monachisme
par saint Aidan. Saint Bede rapporte que Boisil était un homme
aux vertus sublimes, habité d'un esprit prophétique. Sa
grande sainteté attira saint Cuthbert dans sa jeunesse à
Melrose plutôt qu'à Lindisfarne. C'était de
Boisil que Cuthbert a appris les Ecritures et les saintes vertus.
Saint Boisil avait toujours aux lèvres les saints
Noms de la sainte Trinité. Il répétait le Nom de
Jésus-Christ avec une profonde dévotion, et souvent
avec telle une abondance de larmes que les autres pleuraient avec
lui. Il disait fréquement avec une tendre affection, "Quel
bon Jésus que nous avons!" A la première vue de
saint Cuthbert, Boisil dit aux autres, "Contemplez un serviteur
de Dieu!"
Bede produit le témoignage de saint Cuthbert, qui
a déclaré que Boisil lui a prédit les choses
principales qui lui sont arrivées par la suite. Trois ans à
l'avance, il a prédit la grande peste de 664, et que lui-même
en mourrait, mais que l'abbé Eata survivrait.
En plus d'instruire continuellement ses frères
dans la Foi, Boisil faisait des excursions fréquentes dans les
villages pour prêcher aux pauvres, et ramener les âmes en
déroute sur les chemins de la Vérité et de la
Vie. Il était aussi connu pour son aide aux pauvres.
Et aussi, Boisil a dit Cuthbert, se relevant du fléau,
"Vous voyez, frère, que Dieu vous a délivré
de cette maladie, et plus jamais vous ne la subirez, ni ne mourrez
maintenant; mais ma mort approchant, n'ayez pas la négligence
de ne pas apprendre quelque chose de moi, tant que je suis là
pour vous enseigner, ce qui ne durera plus que 7 jours."
Cuthbert a alors demandé, "Et que puis-je lire de
meilleur pour moi en seulement 7 jours?" A quoi Boisil a
répondu, "L'Evangile de saint Jean, que nous pouvons dans
ce temps parcourir, et discuter à son sujet autant que
nécessaire."
Ayant accompli la lecture en 7 jours, l'homme de
Dieu, Boisil, devint malade et morrut dans la jubilation
extraordinaire de son âme, tout désireux d'être
avec le Christ.
Pendant sa vie il a instruit à maintes reprises
ses frères, "Qu'ils ne cessent jamais rendre grâce
à Dieu pour le cadeau de leur vocation religieuse; qu'ils se
préservent toujours de l'amour-propre et de tout attachement à
leur volonté propre et jugement privé, comme de leur
principal ennemi; qu'ils conversent assidûment avec Dieu par la
prière intérieure, et travaillent continuellement pour
atteindre à la plus grande perfection dans la pureté du
coeur, ceci étant la vraie et simple route pour la perfection
de la vertu chrétienne."
Bede rapporte que saint Boisil a continué après
sa mort à s'intéresser particulièrement à
obtenir la Miséricorde divine et la grâce divine pour
son pays et ses amis. Il est apparu 2 fois à un de ses
disciples, lui donnant mission d'assurer saint Egbert, qui avait été
freiné de prêcher l'Evangile en Allemagne, que Dieu lui
ordonnait de réparer les monastères de saint Columba
sur Iona et dans les Orkneys, et les instruire dans la bonne manière
de célébrer Pâques.
Les reliques de saint Boisil ont été
transférées à Durham, et déposées
près de celles de son disciple, saint Cuthbert, en 1030.
(Bénédictins, Delaney, Husenbeth).
saint Milburge de Wenlock, abbesse.
(Milburgh)
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Morte vers 700 ou 722; fête de la translation de ses reliques le
25 juin. Les ruines d'abbaye de Wenlock dans le Shropshire, datant du
11e siècle, nous rappelent sainte Milburge, dont le nom est
toujours connu dans ce secteur. Elle était d'une famille de
saints éminents et appartenait à la maison royale de
Mercie.
Comment souvent, une bonne mère est bénie dans ses
enfants! Sa maman Domneva (Domna Ebba ou Ermenburga; 19 novembre),
princesse de Kent, avait 3 filles: Milburge, Mildred (13 juillet), et
Mildgytha (cfr aujourd'hui), chacune d'elle ayant grandit en suivant le
modèle de Foi de sa mère, et chacune, après une
vie entièrement consacrée au Christ, ayant
été glorifiée comme sainte.
C'était l'époque où les filles des rois
étaient fières et désireuses de dédier leur
richesse et leurs talents dans la direction Chrétienne et
dépenser leur jeunesse et leur force au service de l'Eglise.
Elles ont fondé et dirigé de grandes abbayes,
enseigné les jeunes, soigné les malades, et
soulagé les pauvres.
Milburge, comme sa mère avant elle, a abandoné sa grande
propriété, abandonné le luxe et le confort de sa
maison, et a compté comme son plus haut privilège celui
de servir Dieu dans une vie Chrétienne consacrée.
Aidée par son père, Merewald, un chef Anglois, et son
oncle Wulfhere, le roi de Mercie, elle fondé le monastère
de Wenlock, qui a été placé sous la direction de
sainte Botulf d'Est-Anglie (17 juin). Sa première abbesse fut
Liobsynde, une religieuse Française de Chelles. Sa seconde fut
Milburge, consacrée abbesse par saint Théodore,
archevêque d'origine grecque (19 septembre). Ce n'était
pas un monastère ordinaire; tout y reflétait la
grâce et le parfum de son pur esprit. Les jardins étaient
pleins des fleurs de choix, les vergers portaient fruits les plus doux,
et on a trouvé dans ses murs, nous dit-on, la paix même du
Ciel.
Par sa bonté véritable, Milburge en a converti beaucoup
à la Foi Chrétienne, et ceci dans une époque
sombre et primitive, quand, hors des murs du monastère, la
campagne était sauvage et étrange, et pleine de dangers
inconnus. Un jour, par exemple, un de ses exemples de pitié,
elle fut terrifiée par un prince avoisinant qui, souhaitant
l'épouser, l'intercepta avec une bande de soldats, mais elle
s'échappa providentiellement. Dans son "vol" elle a franchi un
petit ruisseau a appelé le Corve, et lui, la poursuivant, quand
il l'eut atteint, constata que les eaux s'étaient
élevées et son projet contrecarré. L'endroit
où c'est arrivé est appelé encore aujourd'hui
Stoke saint Milburgh.
Elle aimait les fleurs, les oiseaux (sur lesquels elle avait un pouvoir
mystérieux), la vie de la campagne, et les campagnards,
s'asseoir et travailler dans le soleil, et s'occuper des herbes dans
son jardin, et visiter les villages des environ. Les gens venaient
à elle avec leurs ennuis et problèmes et suivaient ses
remèdes miraculeux. Milburge a été
vénérée pour son humilité, sa
sainteté, les miracles qu'elle a accomplis, et pour le don de
lévitation qu'elle avait.
Selon Boniface, la vision célèbre du Moine de Wenlock est
arrivée pendant que Milburge était abbesse. Goscelin a
conservé aussi son testament, qui est une longue liste,
apparemment authentique, de terres qui lui appartenaient à sa
mort.
Etant sur sur son lit de mort, elle dit à ses disciples, "j'ai
été votre mère. J'ai veillé sur vous comme
une mère, avec des soins pieux. Et dans la pitié, je vois
le destin de toute chair. Un plus haut appel m'invite." Un à un,
ils lui fait leurs adieu, donné les Sacrements, et après
sa mort enterré son corps près de l'autel de l'abbaye.
Son tombeau a longtemps été vénéré
mais son emplacement fut perdu lorsque les moines de Cluniac de
La-Charité-sur-Loire ont refondé Wenlock en 1079.
L'église avait un cercueil d'argent qui contenait ses reliques
et les documents décrivant le site de sa tombe, proche d'un
autel alors inconnu. Apparemment, l'église a été
détruite par les Danois.
Les moines ont creusé et trouvé une église vieille
et abandonnée. Ainsi, des siècles plus tard, 2
garçons qui jouaient parmi ses ruines sont tombés
à travers le trottoir sur l'autel cassé, à la
suite de quoi son tombeau a été redécouvert. A son
ouverture, il en sorti un parfum céleste, et le jardin perdu du
monastère sembla rempli à nouveau avec le parfum des
fleurs qu'elle avait plantées.
Parmi les miracles documentés, elle avait celui de guérir
la lèpre et les cécités, et, le vomissement d'un
ver qui avait causé une maladie stomacale. La reconnaissance
d'une personne si distinguée a assuré la renaissance du
culte de sainte Milburge. Goscelin a écrit sa "vita" à la
fin du 11e siècle. Sa fête était commune dans les
calendriers anglais du Bosworth Psalter (c. 1000) et au delà
(Attwater, Bénédictins, Delaney, Farmer, Gill, Husenbeth).
Dans l'art, sainte Milburge porte l'abbaye de Wenlock. Il peut y avoir
des oies près d'elle. Elle est vénérée
à Stoke. (Roeder).
saint Jurmin
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Septième siècle. Saint Jurmin était un prince
d'Est-Anglie -- fils ou neveu du Roi Anna. C'est plus probable qu'il
était un neveu parce que les historiens modernes doutent qu'Anna
ait eu le moindre fils.
Il a pu être le fils d' Athelhere, le frère et le
successeur de Anna. Ses reliques se trouvaient à Blythburgh dans
le Suffolk avant d'être enchâssées à
Bury-Saint-Edmunds en 1095. William de Malmesbury signale son tombeau
à Bury (avec celui de Botulf) mais on ne pourrait rien en
apprendre de plus que le fait qu'il était le frère de
saint Etheldreda. (Bénédictins, Farmer).
Sources:
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Attwater, D. (1983). The Penguin Dictionary of Saints, NY: Penguin Books.
Benedictine Monks of St. Augustine Abbey, Ramsgate. (1947). The Book of Saints. NY: Macmillan.
Farmer, D. H. (1997). The Oxford Dictionary of Saints. Oxford: Oxford University Press.
Gill, F. C. (1958). The Glorious Company: Lives of Great Christians for Daily Devotion, vol. I. London: Epworth Press.
Husenbeth, Rev. F. C., DD, VG (ed.). (1928). Butler's Lives of the Fathers, Martyrs, and Other Principal Saints. London: Virtue & Co.
Roeder, H. (1956). Saints and Their Attributes, Chicago: Henry Regnery.
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Ajouts personnels :
Sainte Milburge
Livre : The Bosworth psalter: an account of a manuscript formerly
belonging to O. Turville-Petre, of Bosworth Hall, now Addit. ms. 37517
at the British Museum (1908)
Ce Psautier est très important du fait de la
pureté de son texte rapportant les Psaumes dans la version
latine de saint Jérôme. Les divisions liturgiques
sont marquées par un large apparat visuel multi-colore.
Celui-ci, au début du Psaume 52, est une division que l'on
trouve dans les versions anglaises mais pas dans la plupart des
versions continentales. Il est décoré avec des
entrelacs et des têtes d'animaux.
saint Polycarpe, évêque de Smyrne et martyr, disciple de l'Apôtre Saint Jean
j'ai vu chez les Bénédictins qu'il avait aussi une fête au 26 janvier.
Vous trouverez l'épitre de saint Polycarpe aux Philippiens à cette adresse-ci,
dans la partie "Pères Apostoliques" :
http://bibliotheque.editionsducerf.fr/index.asp
et la lettre de son Martyre, tout en bas de cette page-ci
En 2004, dans l'Eglise du Vatican et dans certaines Eglises d'Orient,
c'était le saint et Grand Carême
de Pâques. La Liturgie est rythmée par le grand canon de
saint André de Crète - c'est d'ailleurs la même
chose dans la communauté catholique-romaine que fréquentaient parfois
mon épouse et 2 de nos enfants, les Béatitudes - et la
prière de saint Ephrem le Syrien remplace le "Roi
Céleste", le matin :
http://www.amdg.be/priere3.html
traductions personelles (c) : http://www.amdg.be ;
Du Synaxaire Copte Orthodoxe : 
http://www.copticpope.org
http://www.copticcentre.com/synaxarium.pdf
http://www.mycopticchurch.com/saints/

Puisse son intercession être avec nous, et Gloire soit à
Dieu à jamais. Amen!
Du site de l'Eglise Orthodoxe Serbe en Amérique du Nord
http://www.westsrbdio.org/prolog/prolog.htm

2. SAINT DAMIAN
Damian, moine du monastère d'Esphigmenou sur le Mont Athos, fut
contemporain et compagnon du grand Cosmas de Zographou. Il vécut
en ascète sur le Mont Samareia, entre Esphigmenou et Hilendar.
Il mourrut en paix en 1280. A sa mort, un arôme agréable
et doux s'exhala de son corps durant 40 jours.
RÉFLEXION - Saint Polycarpe écrivait ceci aux Philippiens
à propos du prêtre Valentin, qui était tombé
dans le péché d'avarice et cachait secrètement de
l'argent appartenant à l'église : "11, 1. J'ai
été bien peiné au sujet de Valentin, qui avait
été quelque temps presbytre chez vous, de voir qu'il
méconnaît à ce point la charge qui lui avait
été donnée. Je vous avertis donc de vous abstenir
de l'avarice et d'être chastes et vrais. Abstenez-vous de tout
mal. 2. Celui qui ne peut pas se diriger lui-même en ceci,
comment peut-il y exhorter les autres ? Si quelqu'un ne s'abstient pas
de l'avarice, il se laissera souiller par l'idolâtrie, et sera
compté parmi les païens qui "ignorent le jugement du
Seigneur" (Jr 5, 4), ou "ignorons-nous que les saints jugeront le
monde", comme l'enseigne Paul (1 Co 6, 2) ? 3. Pour moi, je n'ai rien
remarqué ou entendu dire de tel à votre sujet, vous chez
qui a travaillé le bienheureux Paul, vous qui êtes au
commencement de sa lettre. C'est de vous en effet qu'il "se glorifie
devant toutes les Églises" (2 Th 1, 4) qui, seules alors,
connaissaient Dieu, nous autres nous ne le connaissions pas encore. 4.
Ainsi donc, je suis bien peiné pour lui et pour son
épouse ; (2 Th 3, 15), mais rappelez-les comme des membres
souffrants et égarés, pour sauver votre corps tout
entier. Ce faisant, vous vous faites grandir vous-mêmes."
C'est ainsi que les saints traitent les pécheurs : avec
précaution et compassion; avec précaution pour
éviter à d'autres un pareil péché, et avec
compassion afin de corriger et sauver les pécheurs.
CONTEMPLATION - Contempler le Seigneur Jésus en conversation
avec la femme de Samarie
(Saint Jean, Chapitre 4):
1. Comment, au départ, l'esprit de la femme était
complètement étoufé par le sophisme charnel.
2. Comment le doux Seigneur, progressivement, guide son esprit vers un
raisonnement altier et spirituel.
3. Comment cette rencontre a culminé dans la conversion d'une
multitude au Christ
4. Comment les semences éparpillées du Seigneur, au
départ, semblent se désagréger dans l'esprit
physique, et comment par la suite elles ressuscitent, grandissent,
mûrissent, et produisent beaucoup de fruit spirituel.
HOMÉLIE - A propos des oeuvres du Christ
"Mais j'ai plus grand que le témoignage de Jean: les oeuvres que
le Père m'a donné à mener à bonne fin, ces
oeuvres mêmes que je fais me rendent témoignage que le
Père m'envoie." (Saint Jean 5,36).
Frères, quelles sont ces oeuvres du Christ? Ce sont les oeuvres
du Maître de Maison Qui est rentré de voyage et a
trouvé la maison pillée et bouleversée. Ce sont
les oeuvres du Médecin Qui est entré dans l'hopital le
plus contaminé et apporte des médicaments et commence
à guérir. Plus encore, ce sont les oeuvers du Roi Qui est
rentré dans Son pays et l'a trouvé divisé et
ruiné, et ses sujets déportés comme esclaves dans
un pays étranger. Ce sont les oeuvres du Frère
aîné qui a voyagé vers une terre lointaine pour
chercher ses plus jeunes frères qui, errant s'appauvrirent en
dillapidant et devinrent sauvages. Ce sont aussi les oeuvres du
Guérisseur, Berger, Héro et de Celui qui pourvoit. En
vérité, ce ne sont pas de petits travaux! Le commun des
hommes, même avec la plus grande connaissance de ce monde,
habileté et courage, ne parviendrait pas à accomplir tout
cela même en 3.000 ans, tout ce que Christ a accomplit en 3 ans.
Ni un seul homme, ni même tous les hommes de tous les temps, tous
ensemble, ne seraient à même d'accomplir toutes les
oeuvres du Christ en toute l'éternité.
Comment le Seigneur a-t'Il accomplit tant d'oeuvres? Il les a accomplis
à l'aide de 5 miracles principaux : Humilité, Paroles,
Acte, Sang et Résurrection.
Que témoignent les oeuvres du Christ? D'abord, les oeuvres
témoignent que ce n'est pas la terre qui L'a envoyé mais
le Ciel; deuxièmement, qu'un Ange ne L'a pas envoyé, mais
le Père Céleste Lui-même; troisièmement, que
puisque personne ne serait à même d'accomplir les oeuvres
qu'Il a accomplies, personne sauf Lui, Qui est aussi grand que Dieu,
Qui est aussi sage que Dieu, qui est aussi puissant que Dieu, qui est
aussi miséricordieux que Dieu, c'est parce qu'Il est
Lui-même égal à Dieu.
O combien toutes nos oeuvres sont insignifiantes comparées aux
oeuvres du Christ! Avec seulement une once de bonté, de
zèle, de dilligence, de véracité du Christ, nous
pouvons accomplir notre travail parfaitement. Accorde-nous cette
parcelle, O Seigneur Jésus, car nulle part sur terre nous ne la
trouverons, ni ne la méritons.
Saint Nicolas Velimirovitch, évêque d'Ochrid, Serbie (+
05 mars 1958), rescapé de Dachau puis des persécutions communistes, auteur de ce Sanctoral "Prologue d'Ochrid".
Du site de l'Eglise Orthodoxe Russe en Amérique du
Nord 
http://ocafs.oca.org/
Néo-Hiéromartyr Nicolas (Dmitrov) def Tver, Russie (1938)
http://oca.org/pages/dwp/dwp.asp?dayid=0223
![]()
protopresbytre de Ryazan (source : odox.net, calendrier 2003)
grande icône : http://saints.oca.org/IconDirectory/LG/february/0223nicholasdmitrov.jpg
Saint Moïse du Lac Blanc (15e s)
Saint Moïse du Lac Blanc était un ascète du
monastère de la Sainte Trinité sur le Lac Blanc, à
la fin du 15ième siècle, et au début du
16ième. L'Ustishekhansk Trinité dans lequel saint
Moïse pratiqua son ascèse, fut transféré par
lui à l'embouchure de la rivière Sheksna, dans les
environs du Lac Blanc, vers l'an 1480. Saint Moïse fut
distingé par le don de clairvoyance.
Sainte Gorgonia (+ 372)
Sainte Gorgonia, soeur de saint Grégoire de Nazianze (le
Théologien), se distingua par sa grande vertu,
piété, douceur, sagacité et son labeur. Sa maison
était le hâvre des pauvres. Mère de 5 enfants, elle
mourrut en 372 à l'âge de 39 ans. Ses dernières
paroles furent : "En paix je vais me coucher et dormir" (Psaume 4,8).
Textes à traduire plus tard :
Hiéromartyr Polycarpe évêque de Smyrne (167)
![]()
Tropaire de saint Polycarpe de Smyrne ton 4
By sharing in the ways of the Apostles,
you became a successor to their throne.
Through the practice of virtue, you found the way to divine
contemplation, O inspired one of God;
by teaching the word of truth without error, you defended the Faith,
even to the shedding of your blood.
Hieromartyr Polycarp, entreat Christ God to save our souls.
Kondakion de saint Polycarpe de Smyrne ton 1
Through virtues, you offered spiritual fruit to the Lord,
therefore, you were glorified as a worthy hierarch, wise Polycarp.
Today, we who have been enlightened by your words
extol in song your praise-worthy memory,
there-by giving glory to the Lord.
Saint Polycarpe de Briansk (+1620 ou 1621)
Saints Jean, Antiochos, Antoninos, Moïse, Zebinos, Polychronios,
un autre Moïse, et Damien, ascètes du Désert de
Syrie (5ième s.)
Dans le livre "Saintes et Saints de Belgique au 1er millénaire", nous trouvons à ce jour :
http://www.amdg.be/amdg12.html "sanctoral Belgique"
[je ne placerai ici des vies de saint(e)s tirées de ce livre que de manière exceptionnelle : il vaut l'achat!]
Dans le livre en néérlandais "Vergeten Helden", volume
"februari", nous trouvons à ce jour:
http://www.amdg.be/ed-pervijze.html
D'après le sanctoral des RP Bénédictins, éditions Letouzey & Ané 1936, on trouve entre autres :
A Trèves, saint Celse, évêque et confesseur
(2ième siècle)
Celse, mentionné au 4 janvier et au 23 février, aurait
été le cinquième évêque de
Trèves et serait mort vers 150. Vers 978, sous
l'évêque Egbert, on trouva au monastère de
Saint-Euchaire le corps d'un confesseur du nom de Celse; c'était
le 23 février; le récit de « l'invention » (=
découverte) des saintes reliques est repris dans les
martyrologes.
Voir aussi L. Duchesne, Fastes épiscopaux de l'Ancienne Gaule,
tome 3, p.32.
SAINT POLYCARPE - ÉVÊQUE DE SMYRNE ET MARTYR (+ VERS 156)
Polycarpe (dont le nom grec signifie "fruit
abondant") est regardé par toute l'Église
comme ayant appartenu au groupe des "Pères apostoliques".
Il fut un disciple immédiat des Apôtres, naquit au temps
de Vespasien, vers l'an 70, fut converti à la religion
chrétienne dès son enfance, sous le règne de
Titus. Attaché à l'Église de Smyrne,
il fut un disciple de l'Apôtre saint Jean. Son biographe,
Pionius, l'a dit originaire des contrées du Levant, puis
amené jeune encore à Smyrne par des marchands qui le
vendirent à une femme noble, nommée Callisto. Cette
généreuse chrétienne l'éleva dans
la crainte du Seigneur, lui confia le soin de sa maison. Héritier
des biens de Callisto, Polycarpe n'en aurait usé que
pour se perfectionner dans la connaissance des Écritures,
s'avancer dans la pratique de la piété, et aurait
reçu le diaconat des mains de l'évêque de
Smyrne, Bucolus, qui l'attacha à son Eglise. Cependant,
des autorités, comme celle de saint Irénée (Adv.
haereses, 1.5.33), nous apprennent que Polycarpe avec Papias suivit
les leçons de Jean, l'Apôtre bien-aimé de
Jésus.
Au prêtre Florin qui était tombé
dans l'erreur de Valentin, Irénée écrivait
(Eusèbe, Hist. eccl., 1.5.20, P. G., t. 20, col. 483) "Lorsque
j'étais encore enfant, je vous ai vu en compagnie
de Polycarpe, heureux au palais et soucieux de partager ses idées.
Je me rappelle fort distinctement les événements de
cette époque, car les souvenirs d'enfance sont plus
vivaces que ceux d'un âge avancé. Je pourrais
marquer distinctement la place où le très saint homme
Polycarpe discourait, étant assis; je pourrais dépeindre
son attitude, la forme de ses traits, rappeler les enseignements
qu'il donnait au peuple, exposer les entretiens qu'il
nous disait avoir avec saint Jean et les autres disciples qui avaient
vu le Seigneur; je pourrais vous dire enfin comment il répétait
leurs paroles et celles qu'ils avaient recueillies de la
bouche même de Jésus. J'en prends Dieu à
témoin, si ce saint et apostolique vieillard entendait ce que
nous entendons maintenant, il se boucherait les oreilles et
répéterait cette parole qui lui était familière
"O Dieu bon! pour quels temps m'avez-vous conservé
jusqu'à ce jour!" et il quitterait sans retard le
lieu où il aurait entendu de pareils propos. "
Ce fut par les apôtres eux-mêmes que
Polycarpe fut établi évêque de Smyrne; des
auteurs ont même pensé que l'Apôtre saint
Jean eut, en son disciple, plus d'égard au mérite
qu'à l'âge, et le sacra avant son exil dans
l'île de Pathmos. A Polycarpe, dans ce cas,
s'appliqueraient les éloges de l'Apocalypse (II,
8-10) au sujet de l'ange de l'Eglise de Smyrne, le seul
de tous déclaré irrépréhensible.
L'épiscopat de Polycarpe fut assez tranquille sous le
règne de Trajan, alors que la persécution agitait
l'Église dans les autres provinces de l'empire.
Ignace d'Antioche, l'ami de Polycarpe, fut condamné
à mort en Syrie et, de là, envoyé à Rome
pour être livré aux bêtes de l'amphithéâtre.
Il passa par Slnyrne, heureux de voir Polycarpe et de l'embrasser
avant de mourir. Arrivé à Troade, il lui adressa une
lettre pour le remercier de son hospitalité; il se félicitait
d'avoir pu l'entretenir et lui donnait de sages conseils
pour le gouvernement de son Eglise; il lui demandait de
communiquer en son nom avec les Églises de l'Asie
Mineure, notamment avec son Église d'Antioche.
Sur la demande des fidèles de Philippes,
Polycarpe leur écrivit pour les féliciter d'avoir
reçu Ignace et ses compagnons de captivité; il leur
exposait dans le détail les devoirs attachés aux
différents états, leur donnait des instructions sur la
réalité de l'Incarnation et de la mort du Fils de
Dieu; il les félicitait d'avoir l'intelligence des
saintes Écritures et les exhortait à prier pour tous
les saints. Il ajoutait en terminant : "Quant aux lettres
d'Ignace que j'ai pu me procurer, je vous les envoie
toutes, elles vous seront d'un grand profit, respirant la foi,
la patience, l'édification". L'évêque
de Smyrne alla à Rome et y séjourna, mais il est
difficile de dire à quelle époque; il devait entretenir
le pape de divers sujets, défense des vérités de
la foi, union et paix des fidèles, observances de discipline.
L'accord n'existait pas entre Rome et les Églises
d'Asie pour la célébration de la Pâque.
Anicet et Polycarpe estimèrent que le plus sage, sur ce
dernier point, était de laisser jusqu'à nouvel
ordre l'Orient et l'Occident suivre leur coutume
respective. Le séjour de Polycarpe à Rome fut encore
utile à beaucoup de personnes qui s'étaient
laissé infecter du venin de l'hérésie;
l'évêque rendit un public témoignage à
la vérité orthodoxe, fit rentrer dans le sein de
l'Église des âmes séduites par les erreurs
de Valentin et de Marcion.
Rencontrant un jour ce dernier dans les rues de Rome,
Marcion lui avait dit: "Ne me reconnaissez-vous pas?"
"Oui", répondit Polycarpe, "je
vous reconnais pour le fils aîné de Satan."
Simple parole qui marque l'inviolable attachement
de l'évêque aux enseignements de la foi.
Rentré dans son Eglise de Smyrne, Polycarpe n'y
jouit pas longtemps du calme et de la tranquillité. Alors
s'éleva une grande persécution contre les
chrétiens. L'Eglise de Smyrne, dans sa lettre à
l'Eglise de Philadelphie et à toutes les Églises
catholiques, a raconté en quelles circonstances Polycarpe et
ses compagnons endurèrent le martyre :
" Frères, nous vous envoyons une révélation
de la mort de quelques martyrs, et particulièrement de la mort
du bienheureux Polycarpe, qui, par son sang a mis fin à la
persécution. Tout ce qui s'est passé en cette
rencontre est arrivé pour vérifier ce que le Seigneur a
prédit dans son Évangile, où il nous montre la
voie que nous devons suivre. Il a voulu être livré
lui-même et être attaché à la croix comme
notre libérateur. Il veut que nous soyons ses imitateurs; armé
le premier d'une vertu céleste, il s'est assujetti
à la volonté des impies; comme un bon maître, il
se fait le modèle de ses serviteurs pour n'être pas à
charge à ceux qu'il instruit. Il a souffert tout d'abord
ce qu'il ordonne aux autres de souffrir: il nous apprend à
tous à mourir utilement pour notre propre salut et celui de
nos frères. »
" Nous nous sentons saisis de crainte au moment où
nous nous préparons à vous raconter les combats des
généreux athlètes et à vous décrire
les glorieux trophées de leur amour pour Dieu et de leur
invincible patience. Ils ont vu sans pâlir couler leur propre
sang; le peuple, ému d'un si horrible spectacle, n'a
pu retenir ses larmes. Dieu, du haut du ciel, jetait des regards de
complaisance sur ces illustres combattants; leur âme était
attaquée de tous côtés; il l'a soutenue par
sa force toute divine et l'a rendue victorieuse de la douleur
malgré la faiblesse de leur corps. Même il les excitait
de la voix; de là vinrent le mépris pour leurs juges,
le sage et judicieux discernement qui leur fit préférer
la vérité au mensonge, le ciel à la terre,
l'éternité au temps. Une heure de souffrance leur
a acquis des joies sans fin.
" La fermeté du martyr Germanicus a rassuré
les esprits que les artifices du démon commençaient à
ébranler. Quand ce confesseur eut été exposé
aux bêtes, le proconsul, touché d'un sentiment
d'humanité, l'exhorta à prendre pitié
de lui-même, à conserver du moins ses jours. Regardant
ce proconsul avec mépris, Germanicus lui dit : " J'aime
mieux perdre mille fois la vie que de la recevoir de toi à un
tel prix. " Et, s'avançant hardiment au-devant du
lion, il chercha la mort dans les griffes et les dents meurtrières
de cet animal. Le peuple fut frappé de dépit plutôt
que de stupeur, car on entendit mille voix confuses s'écrier
" Mort aux athées! Qu'on amène Polycarpe!"
"Sur ces entrefaites, un chrétien de
Phrygie, nommé Quintus, récemment arrivé à
Smyrne, se présenta au proconsul; mais la faiblesse trahit sa
volonté. A peine eut-il aperçu les bêtes qu'il
pâlit de frayeur, recula et demanda qu'on lui laissât
la vie. Il était venu pour abattre les idoles et il prêta
la main pour les soutenir, car le proconsul obtint de lui sans peine
un sacrifice aux faux dieux. Tant il est vrai qu'il faut éviter
toute présomption téméraire, réserver ses
louanges pour ceux-là seuls qui se défient d'eux-mêmes,
ne sortent de leur retraite que par l'ordre de Dieu. Le sage
Polycarpe, pour avoir tenu la conduite humble et prudente que
recommande l'Évangile, assura son propre triomphe.
Apprenant qu'on le cherchait, il se déroba à la
poursuite de ses ennemis; par la tranquillité de son âme,
il montrait qu'il ne fuyait pas la mort sous l'influence
d'une crainte lâche, mais qu'il en reculait le
moment en vertu d'une humble défiance de soi-même.
Les fidèles qui lui donnaient asile le conjuraient de mettre
sa vie en sûreté sans perdre un seul instant; quant à
lui, il marchait lentement, s'arrêtait volontiers là
où il passait, ne semblait s'éloigner qu'à
regret du lieu où l'on avait résolu sa mort.
Soudain, il s'arrêta et revint dans une métairie
peu distante de Smyrne; il fit halte, adressa à Dieu de
ferventes prières en vue du combat qu'il allait bientôt
soutenir pour sa gloire. Trois jours avant son supplice, il eut un
songe dans lequel le chevet de son lit lui parut tout en feu. A son
réveil, il dit à ceux qui l'entouraient : "Dans
trois jours, je serai brûlé vif! "
"On le fit alors changer de retraite, mais à
peine arrivé à celle qu'on lui avait choisie, il
y rencontra les émissaires du proconsul. Ceux-ci avaient eu
bien de la peine à le découvrir, mais, s'étant
emparés de deux jeunes enfants, ils avaient fouetté
cruellement l'un d'eux et lui avaient arraché le
secret de la retraite de Polycarpe. L'intendant de la police,
Hérode, en fut aussitôt informé et, dans son
impatience, il envoya aussitôt une escouade d'archers et
de gens à cheval à la suite de l'enfant, qui les
conduisit à la métairie. Polycarpe, caché dans
un grenier, préféra se livrer lui-même. Il se
présenta devant les archers surpris de trouver en ce vieillard
une vivacité extraordinaire; il leur fit servir à
manger, leur demanda quelques heures de répit pour vaquer à
la prière et enfin se remit entre leurs mains. L'escorte
qui l'emmenait rencontra aux portes de la ville un char sur
lequel étaient montés Hector et son père
Nicétas. Hector décida Polycarpe à prendre place
à ses côtés sur le char, espérant gagner
par des promesses ce vieillard qui paraissait à l'épreuve
des outrages et des mauvais traitements : " Quel mal", lui
répétait- il, "trouvez-vous à donner à
César le nom de Seigneur puis à sacrifier pour sauver
votre vie? " Fatigué de tant d'importunités,
Polvcarpe finit par rompre le silence et dit avec force : " Non,
non, je ne suis pas décidé à faire ce que vous
me conseillez, rien ne sera capable de me faire changer de
résolution." Irrités à ces mots, ces hommes
jetèrent le masque, précipitèrent le saint
évêque hors du char avec une telle violence qu'il
fut blessé à la jambe dans la chute. Polycarpe,
cependant, put se relever, continuer la route à pied et même
se présenter allégrement dans l'amphithéâtre.
Quand il y entra, il entendit une voix qui lui disait "
Polycarpe, sois ferme! " Seuls les chrétiens de l'arène
entendirent cette voix.
Amené directement en face du tribunal du
proconsul, Polycarpe s'entendit exhorter à avoir
égard à son grand âge.
« Épargne ta vieillesse", disait le
magistrat, "rends hommage au génie de César, dis
avec nous : Plus d'athées! " Expression que le juge
appliquait aux chrétiens. Polycarpe promena un instant ses
regards sur la multitude des païens qui garnissaient les bancs
de l'amphithéâtre et dit d'un air consterné,
en lui appliquant l'expression : " Oui, certes, plus
d'athées!" -" Poursuis", lui dit le
proconsul, "jure par le génie de César, et
blasphème le Christ." --
"Il a 86 ans que je le sers",
répliqua Polvcarpe, "et il ne m'a jamais fait aucun
mal; comment pourrais-je blasphémer mon Sauveur et mon roi?
Que si vous voulez que je jure par le génie de César,
comme vous l'appelez, voici ma confession sincère: Je
suis chrétien; si vous voulez apprendre de moi la doctrine du
Christ, accordez-moi un jour d'audience pour m'entendre."
-- "Donne satisfaction au peuple, " dit le proconsul. A
quoi Polycarpe répondit : "Je vous ai adressé la
parole parce qu'on nous a appris la déférence aux
princes tant que la religion n'a pas à en souffrir;
quant au peuple, ce n'est pas un tribunal compétent
devant lequel j'aie à me justifier. » De fait, la
fureur d'un tel auditoire le mettait bien dans l'incapacité
d'écouter.
Mais le proconsul prit alors un air sévère
"Quoi!" dit-il, "j'ai à ma disposition
les bêtes sauvages! " --
"Faites-les sortir", reprit l'évêque,
"qu'elles viennent assouvir leur rage. Je suis absolumient
résolu à ne pas changer de bien en mal. Ce qu'il
faut faire, c'est de passer du mal au bien!"
"Mais si tu méprises les morsures des
bêtes", ajouta le proconsul, "je te ferai consumer
par le feu!"
Polycarpe dit alors : "Le feu dont tu menaces est
un feu qui ne brûle qu'un moment; au bout d'un
instant, son ardeur s'amortit; ce que vous semblez ignorer,
c'est qu'il est un feu d'éternel punissement dont
la flamme ne s'éteindra jamais, pour le châtiment
des impies! " Au moment où Polycarpe prononçait
ces dernières paroles, son visage parut resplendir au milieu
d'une lumière céleste. Le proconsul lui-même
en fut frappé d'admiration; il fit crier trois fois par
un héraut : "Polycarpe s'est déclaré
chrétien!"
A ces mots, toute la multitude des païens et des
juifs poussa un grand cri pour réclamer la mort de Polycarpe :
" C'est le grand docteur de l'Asie, le père
des chrétiens, le destructeur de nos dieux; il apprend au
peuple à ne pas sacrifier!" On fit appel à
Philippe l'Asiarque; on voulut l'obliger à lâcher
un des lions contre Polycarpe. Il s'en défendit en
disant que cela n'était pas en son pouvoir, que l'heure
des spectacles était passée. Tous furent d'accord
qu'il fallait brûler vif le saint vieillard; ils ne
songeaient pas qu'ils réalisaient la prédiction
de Polycarpe; lui-même interrompit sa prière pour le
faire remarquer aux chrétiens de son entourage.
Cependant, le peuple courait aux bains publics,
enfonçait les boutiques, enlevait tout ce qui pouvait servir à
construire un bûcher; les juifs, selon leur coutume, se
signalèrent en cette occasion. Le bûcher préparé,
on y mit le feu. Polycarpe ôta lui-même sa ceinture et sa
première robe, se baissa pour se déchausser, ce qu'il
n'était pas accoutumé de faire, car d'ordinaire
les fidèles lui rendaient ce service pour pouvoir baiser ses
pieds. Comme on se disposait à l'attacher au bûcher
avec des chaînes de fer, il s'y opposa : "Laissez-moi
comme je suis, dit-il alors; celui qui m'a donné la
volonté de souffrir pour lui m'en donnera la force; il
adoucira la violence du feu et me fera la grâce d'en
pouvoir supporter l'ardeur." Alors, on se contenta de lui
lier les mains derrière le dos avec des cordes; il monta ainsi
sur le bûcher comme sur l'autel de son sacrifice. Élevant
ensuite les yeux au ciel, il prononça cette prière : "
Dieu des anges, Dieu des archanges qui avez détruit le péché
et détruirez un jour la mort, monarque souverain du ciel et de
la terre, protecteur des justes et de tous ceux qui marchent en votre
présence, je vous bénis, moi, le moindre de vos
serviteurs, et je vous rends grâces de ce que vous m'avez
jugé digne de souffrir, de recevoir de votre main la couronne
du martyre, de pouvoir approcher mes lèvres du calice de la
passion; je vous rends grâces de tous ces bienfaits, par
Jésus-Christ dans l'unité du Saint-Esprit. Voilà
Seigneur, mon sacrifice presque achevé; avant que le jour
finisse, je verrai l'accomplissement de vos promesses. Soyez
donc à jamais béni, Seigneur; que votre nom adorable
soit glorifié dans tous les siècles, par Jésus-Christ,
pontife éternel et tout-puissant, et que tout honneur vous
soit rendu avec lui et le Saint-Esprit dans les siècles des
siècles! Ainsi soit-il."
Après la prière, la flamme sortant de tous
côtés du bûcher à gros tourbillons s'éleva
dans les airs. Dieu, pour honorer son serviteur devant les hommes,
opéra un nouveau prodige; tous ceux que sa providence a
choisis pour en être les témoins le répandront
partout comme un monument éclatant de sa puissance et de
la gloire de son fidèle ministre. Les tourbillons de flammes
se courbèrent en l'air, s'étendant à
droite et à gauche, et représentèrent une voile
de navire enflée par le vent. Cette voûte de feu,
suspendue en l'air, couvrit le corps du saint martyr, sans que
la moindre étincelle osât pour ainsi dire en approcher
ni toucher ses vêtements. Le corps avait la couleur d'un
pain nouvellement cuit, ou d'un mélange d'or et
d'argent en fusion; l'éclat réjouissait la
vue. On respirait comme un agréable mélange d'encens,
de myrrhe et de parfums précieux qui dissipait la mauvaise
senteur du feu. Cette merveille a étonné les ennemis de
notre religion; ils ont été convaincus par leurs
propres yeux que le corps d'un chrétien était
devenu respectable au plus furieux des éléments. Un de
ceux qui entretenaient le bûcher reçut l'ordre
de s'en approcher et de reconnaître de plus près
la vérité du prodige; on lui dit ensuite d'aller
enfoncer son poignard dans le corps du martyr. Il le fit, et à
l'heure même le sang sortit en grande abondance et
éteignit le feu; en même temps, on vit une colombe
sortir du milieu de ces flots pour prendre son essor vers le ciel.
Tout le peuple fut alors dans l'étonnement et reconnut
la différence entre la mort des chrétiens et celle des
autres hommes; plusieurs furent contraints d'admettre la
grandeur de notre religion, sans avoir la force de l'embrasser.
Ainsi Polycarpe, évêque et docteur de la sainte Eglise
de Smyrne, consomma son sacrifice; ce qui lui avait été
révélé à ce sujet se réalisa
pleinement.
Le démon, cet ennemi irréconciliable des
justes, reconnut lui-même que cette vie illustrée par
tant de vertus avait été couronnée par une mort
pleine de merveilles. Mais il suggéra à ses suppôts
l'idée de soustraire aux chrétiens le corps du
saint martyr. Déjà plusieurs avaient tenté de
recueillir ses cendres quand, à son instigation, les juifs
poussèrent Nicétas, père d'Hérode,
à aller trouver le proconsul pour lui dire: "Refusez les
cendres de Polycarpe aux chrétiens, car ceux-ci vont leur
rendre les honneurs dus à la divinité. Comme si les
chrétiens pouvaient ne plus reconnaître Jésus
pour Seigneur et Maître, après ce qu'il a souffert
pour eux, et comme s'il leur était permis d'offrir
à un autre qu'à lui leurs prières et leurs
voeux!" Le centurion envoyé par le proconsul pour
apaiser le différend entre les juifs et nous, touchant le
corps du martyr, brûla ces saintes dépouilles.
Cependant, nous en avons recueilli quelques ossements; nous les
conservons comme l'or et les pierres précieuses. Notre
Êglise se réunit pour célébrer avec une
sainte allégresse le jour de cette heureuse naissance, le
Seigneur nous ayant fait connaître sa volonté sur ce
point. Voilà ce qui s'est passé à Smyrne
au sujet du bienheureux Polycarpe. Il a souffert le martyre avec
douze autres chrétiens de Philadelphie; mais sa mémoire
est l'objet de plus de vénération que celle des
autres martyrs, toute l'Asie le nomme toujours le Maître.
Vous nous avez demandé plus d'une fois le récit
détaillé des événemnents nous vous
envoyons cette relation par notre frère Marcien. Quand vous
aurez lu la lettre, faites-en part aux autres Églises, pour
que le Seigneur soit béni en tous lieux du choix que sa grâce
fait des élus. Il est puissant pour nous sauver nous-mêmes
par Jésus-Christ, notre Seigneur et Sauveur; à lui et à
Jésus-Christ gloire, honneur, puissance, majesté dans
les siècles des siècles! Ainsi soit-il. Évariste
qui a écrit cela vous salue et toute sa famille avec lui. "
Polycarpe a souffert le martyre le 7 des calendes de
mars (22 février), le jour du grand samedi, à la
huitième heure. Il fut arrêté par Hérode
l'Êrénarque, Philippe de Tralles étant
pontife, et Statius Quadratus proconsul. On s'est beaucoup
occupé en ces derniers temps de l'année; quelques
dissidents optent pour l'année 166, mais le plus grand
nombre tient pour février 155 (ou 156). Une autre difficulté
se présente ici, qui tient à la chronologie des évêques
de Rome, en raison de l'avènement du pape Anicet en 155.
Il faudrait mettre en 154 ou mieux en 155 la visite de Polycarpe au
pape Anicet. Les fidèles de Smyrne ont apporté un soin
jaloux à établir un anniversaire pour célébrer
la mémoire de Polycarpe. L'histoire ne parle
d'aucune translation des reliques en dehors de Smyrne; on
prétend qu'il y en eut pourtant soit à Rhodes et
à Malte, soit à Rome et enfin à Paris. Les Grecs
ont placé la fête du saint martyr au 12 mars, puis au 23
février. Les Latins ont bien, dans quelques exemplaires du
martyrologe hiéronymien, un saint Polycarpe au 23 février;
mais, depuis longtemps, la fête est au 26 janvier. C'est
la date où l'inscrit le martyrologe de Florus. A cause
de saint Irénée, évêque de Lyon, qui reçut
une copie de la lettre de l'Eglise de Smyrne, on peut faire
remonter le culte de saint Polvcarpe jusqu'à l'époque
de saint Irénée à Lyon. Mais pourquoi cet ajouté
de Florus au 26 janvier "reliquim ejus Lugduni in crypta
habentur"?
Bibl. - Le récit du martyre de Polycarpe se
présente à nous sous la forme d'une lettre de
l'Eglice de Smyrne à l'Eglise de Philadelphie;
l'auteur semble avoir été un certain
Marcianus, le scribe qui la transcrivit s'appelait Evariste.
Cette lettre nous est parvenue par deux voies différentes,
indépendantes l'une de l'autre, savoir, Eusèbe,
qui l'avait insérée dans une collection
aujourd'hui perdue et, plus tard, dans Hist. eccl., 1. 4, c.
15, où il n'en cite textuellement qu'une partie et
se contente de résumer le reste.
2° Vers la fin du ive siècle, un auteur,
d'ailleurs inconnu, qui se donne à lui-même le nom
de Pionius (distinct du martyr nommé au 1er février) et
qui composa une "Vie de Polycarpe", éditée
pour la première fois par L. Duchesne, Vite S. Polycarpi
Smyrnaeorum episcopi, Paris, 1881 (d'après un manuscrit
grec du 11ième siècle, Bibl. nat., ms. gr. 1152). Ce
faux Pionius inséra dans son oeuvre la lettre des Smyrniotes
et y ajouta même un appendice; la Vie est légendaire
et sans valeur; la lettre, confrontée avec Hist. eccl.
d'Eusèbe, concorde sauf quelques points.
Quant au texte, on le trouve dans Usher, Ignatii
Antiocheni et Polycarpi, Smyrnensis martyrie, Londini, 1647. -
Th. Ruinart (latin), Acta martyrum sincera, Paris, 1689, p. 28. - F.
Funck, Opera Patrum apostolicorum, 2 vol., Tubingu, 1901. - Th.
Zahn, Patrum apostolicorum opera, Lipide, 1876. - J.-B. Lightfoot,
The apostolic fathers, 2 vol., London, 1883. - Sur les publications
Muller-Baden, etc., voir Anal, boll., t. 30, 1911, p. 354. - H.
Delehaye, Les passions des martyrs et les genres littéraires,
Bruxelles, 1921, p. 11-59, etc. - Sur la date du martyre, dom J.
Chapman. dans Revue bénédictine, t. 19, p. 145.
Waddington. mémoires... Académie des inscriptions et
belles-lettres, t. 26, 1867, p. 222.
(note perso : je me permet de rappeler, tout de même,
que quand nos frères Bénédictins utilisent
ci-dessus le terme "pape" au sujet de saint Anicet, c'est
plus qu'un anachronisme, c'est une incohérence historique
totale. Ca leur arrive rarement, mais ici c'est le cas.
Il suffit de (re)lire :
1. Eusèbe et son "Histoire
Ecclésiastique", où il précise "le
presbytre" en parlant tant de saint Anicet que de Victor; ce
dernier qui sera plus tard confronté à cette différence
de dates lui aussi. Mais qui se verra envoyer sur les roses par saint
Polycrate d'Ephèse, parce qu'il aura voulu prétendre
imposer quelque chose au nom d'un prétendu pouvoir romain
totalement inexistant à l'époque, et son opposant lui
rappelant que lui, Polycrate, c'est sur un siège fondé
par un Apôtre qu'il était installé, ce que Victor
ne pouvait pas oser affirmer.. On avait donc des "presbytres",
pas encore d'évêque, une continuité du système
hiérarchique synagogal, et une théologie idem.
Comparons aussi la différence de sainteté
entre Anicet et Polycarpe d'une part, et le résultat pacifique
de "concorde dans la différence"; et la méthode
"Victor" d'autre part, et le résultat de discorde
provoqué par une première grave tentative
"d'uniformisation dans le non-respect d'autrui"... saint
Polycarpe, prie Dieu pour nos responsables d'Eglise... passons..
2. (re)lisons aussi les "Constitutions
Apostoliques" de saint Hypolite de Rome, un demi-siècle
plus tard dans la même Eglise, pour voir qu'il n'y est pas
encore question de "pape", même si il est clair
qu'une évolution ecclésiologique a eu lieu depuis peu,
puisque là on parle enfin d'évêque
De toute manière, le système
hiérarchique avec des métropolites ne se dévéloppera
pas avant la paix constantinienne, les Conciles d'où qu'ils
soient le montrent de manière indubitable. Donc ce terme
"pape", comme aussi le terme "patriarche" qu'on
lit chez certains auteurs grecs pour parler de chez eux avant une
certaine date, c'est une erreur historique, et vu les implications
ecclésiologiques, ce n'est pas innocent. Hélas. Kyrie
eleison.
Voir aussi http://www.amdg.be/tu_es_petrus.html
JMD)
Textes à corriger plus tard :
D'après les Petits Bollandistes, 7ième édition, Bar-le-Duc 1876, entre autres :
A Sirmich, le bienheureux Serenus, solitaire et martyr, qui,
s'étant avoué chrétien, fut arrêté
par l'ordre de l'empereur Maximien et eut la tête tranchée.
+ 307. - Au même lieu, la naissance au Ciel de 72 martyrs, qui
consommèrent leur triomphe en la susdite ville, et conquirent
ainsi les royaumes imortels. - A Astorga, sainte Marthe, vierge
et martyre, qui fut mise à mort sous l'empereur Dèce
et le proconsule Paterne. + 252. - A Constantinople, saint Lazare,
moine, qui, pour avoir peint de saintes images, fut tourmenté
par de cruels supplices, d'après le commandement de Théophile,
empereur iconoclaste, et eut la main brûlée d'un fer
chaud; mais, guéri par la vertu de Dieu, il peignit de nouveau
les images effacées par ce prince impie, et enfin il reposa en
paix. Vers 860. - Ce même jour, sainte Livrade ou Libérate,
honorée comme vierge et martyre en l'église bâtie
sous son nom par Charlemagne, en Agenois; autour de cette église
s'est formée la ville du même nom. - Saint Vétérin,
disciple de saint Martin et missionaire, confesseur, patron de
Gennes sur la Loire, en Anjou, dont les reliques, portées à
Tournus, furent dans la suite transférées à
Corbigny, en Nivernais, puis détruites par les huguenots en
1563. - A Faremoutier, en Brie, sainte Artongathe, vierge.
Elle était fille du pieux roi de Kent Erconbert et de sainte
Serburge. Quand elle mourut, les anges vinrent chercher son âme
en chantant des hymnes. 7ième siècle. - Saint
Méraut, abbé, dont le corps est à Saint-Georges
de Vendôme, et un ossement au Val-de-Grâce, à
Paris. 9ième siècle. - A
Trèves, la mémoire de saint Celse, évêque
et confesseur, dont le corps fut trouvé par saint Egbert,
un de ses successeurs, en 978, et transféré, avec
beaucoup d'honneur en l'église de Saint-Euchaire, où il
a brillé par beaucoup de miracles. - A Mayence, saint
Willigis, archévêque de cette ville. 1011. - En
Palestine, saint Dosithée, religieux du monastère de
Saint-Séridon, au territoire de Gaza, et disciple de saint
Dorothée. Il poussa l'obéissance à un degré
fort rare. Vers 530."
[ note: saint
Dosithée se fête encore une fois le 29 février dans l'ancien calendrier romain,
et le 13 août dans le nouveau calendrier byzantin. ]
SAINT WILLIGISE, EVEQUE DE MAYENCE (+ 1011)
Saint Willigise naquit à Stromingen de
Schonenbourg, village de Saxe. Pendant que sa mère le portait
dans son sein, il lui apparut sous la figure d'un soleil qui
éclairait la terre. Ce signe annonçait quelles seraient
un jour sa doctrine et sa vertu. En effet, devenu archi-chapelain
d'Othon II, puis archévêque de Mayence, il fut la
lumière de l'empire et de l'Eglise. Il fut le précepteur
d'Othon III, gouverna l'Etat pendant la minorité de ce prince,
et fut appelé par les peuples "Père de l'Empereur
et de l'Empire". Othon III n'ayant pas d'enfant, le saint
archévêque lui conseilla, pour éviter les
discordes intestines, de remettre l'élection de son successeur
à certains princes de la Germanie, en admettant aussi le
suffrage du pontife romain Grégoire V. Le règne de
saint Henri II fut le fruit de ce sage conseil. Willigise s'appliqua
avec un égal soin à donner des prélats capables
aux églises d'Allemagne : celle de Worms lui dut Burchard, son
disciple; celle d'Illdesheim, Gothard; celle de Prague, Adelbert. Il
avait bâti l'église métropolitaine de Mayence,
qui fut brûlée le jour même de la consécration;
il se remit à l'oeuvre pour la relever, mais, prévenu
de sa mort, il laissa ce soin à son successeur, saint Bardon.
Il bâtit encore à Mayence l'église de
Saint-Etienne, premier martyr. Il agrandit à ses frias le
monastère de Saint-Victor. Il mourut dans un âge avancé,
l'an 1011, et fut enseveli à Saint-Etienne.
Outre qu'elle l'a adopté pour un de ses patrons,
la ville de Mayence a conservé la "roue de Saint
Willigise" dans ses armoiries, pour rappeler que l'évêque
était fils d'un charron. Par une conséquence toute
naturelle, les charrons d'Outre-Rhin l'ont choisi pour le protecteur
spécial de leur profession. Les artistes qui ont représenté
ce saint évêque lui ont aussi mis une église sur
la main, par allusion à la cathédrale de Mayence, qu'il
recommença 2 fois.
L'église de Saint-Etienne, où il fut
enseveli, conserve encore aujourd'hui une de ses chasubles.
Propre de Mayence.
(note jmd : désolé pour les fautes, le
texte est quasiment illisible dans les Petits Bollandistes - raison
de plus pour tenter de n'en point perdre la mémoire!)
SAINT LAZARRE, MOINE ET PEINTRE ICONOGRAPHE.
860 - évêque de Rome : Nicolas 1er - Empereur d'Orient : Michel 3.
Lazare quitta de bonne heure le Caucase, où il
était né, pour embraser la vie contemplative dans un
monastère de Constantinople. Durant les heures qu'il ne
consacrait point à la dévotion, il apprit la peinture,
étude dont on s'occupait généralement dans
les couvents, depuis que les Icconoclastes avaient déclaré
la guerre aux images. L'empereur Théophile, grand fauteur de
ces hérétiques (829), déclara particulièrement
la guerre à tous les peintres chrétiens, qu'il
résolut de faire mourir, s'ils ne crachaient pas
eux-mêmes sur les saintes images et ne les foulaient aux pieds.
Notre Saint, qui excellait en l'art de peindre, était
donc l'un de ceux qui furent arrètés pour ce sujet. Dès
que l'empereur l'eut vu, iI s'efforça de le
gagner par de belles parole, afin qu'il se rangea de son parti; mais,
voyant qu'il perdait son temps et sa peine, il eut recours à
ses violences ordinaires, et fit tourmenter ce religieux avec tant de
cruauté, que, ne le croyant plus en état de pouvoir
vivre, il le fit jeter dans un cloaque. Mais, peu de temps après,
le confesseur de Jésus-Christ, ayant recouvré quelque
peu de force et de santé, recommença à
travailler à ses ouvrages ordinaires et à peindre des
Images; Théophile lui fit appliquer des lames de fer ardentes
sur les paumes des mains, ce qui lui consuma toute la chair et le fit
tomber demi-mort.
Alors, la Divine Providence, qui voulait réserver
ce bon peintre pour servir encore son Eglise, permit que Théophile,
gagné par les prières de sa femme, l'impératrice
Théodore, et de ses favoris, fit sortir notre Saint de prison.
Etant délivré de la sorte, il se tint quelque temps
caché à Constantinople, dans une église de saint
Jean-Baptiste, que l'on appelait "la Terrible"; là,
ce pieux peintre, quoiqu'estropié des mains, ne laissa pas de
faire une Image du saint précurseur; elle a duré
longtemps, et Dieu s'en est servi pour faire beaucoup de
miracles.
Quelques années après, cet empereur mourut
misérablement de la dysenterie à la suite d'une
bataille perdue contre les Sarrasins (842); et Michel III son fils,
lui succéda à l'empire. Ce prince, ayant rétabli,
par le soin de sa mère, le culte des saintes images, le
religieux Lazare se remit plus que jamais à travailler à
de beaux ouvrages, parmi lesquels on remarque une excellente image de
Notre-Seigneur Jésus-Christ, qu'il posa sur une colonne
d'airain. Supplié par la sainte Impératrice
Théodore de pardonner à son défunt mari et de
prier Dieu pour son âme, pour qu'il lui fit miséricorde,
il lui répondit qu'il n'était plus temps de
fléchir la justice de Dieu.
Néanmoins plusieurs auteurs
rapportent que cette pieuse princesse sollicita instamment le
patriarche Méthodius et les autres évèques
assemblés pour célébrer l'anniversaire d'une
fète appelée "Orthodoxie", de prier Dieu pour
l'empereur son mari, et que les prélats le firent avec
une telle ferveur, qu'ils obtinrent de la miséricorde
divine la rémission de tous ses crimes. On peut voir là-dessus
Bollandus en la "vie de sainte Théodore", au 11 de
ce mois.
Michel, persuadé du mérite de notre Saint,
l'an troisième de son empire, l'honora d'une
célèbre ambassade d'obédience vers le pape
Benoit III, nouvellement élu, et le chargea de lui
présenter de sa part un livre des Evangiles, couvert d'or
massif et enrichi de pierres précieuses; un calice de
semblable matière et plusieurs autres ornements d'église
en étoffes fort rares: ce qui montre combien Dieu sait honorer
ses serviteurs, et quelle récompense il donne, mème
dans ce monde, à ceux qui ont enduré quelque peine pour
sa gloire et pour la justice.
On ne sait rien des autres actions de saint Lazare,
sinon qu'il passa le reste de sa vie dans un grand repos. Les
Grecs, dans leur Ménologe, disent qu'il mourut en
chemin, dans un second voyage qu'il fit à Rome. On n'en
peut déterminer l'année : Il est probable que ce
fut vers l'an 880. Il est parlé, dans le Ménologe,
au 17 octobre, d'une translation des reliques d'un saint
Lazare, de la ville de Chietti à Constantinople, sous
rempereur Léon VI. Il y en a qui croient que ce sont les
reliques de saint Lazare, frère de sainte Madeleine, et non
pas celles de notre Saint.
Ce martyr du culte des Images a été
représenté:
1° en train de peindre dans une chapelle;
2° dans sa prison, venant de peindre Notre-Dame: le
bourreau lui brûle la main droite avec un fer rougi au feu. Un
soldat le tient par l'épaule ; mais on voit bien au
calme du Saint que cette précaution est inutile. Il est,
avec saint Luc et sainte Catherine de Bologne, un des patrons des
peintres.
Le martyrologe romain parle avec honneur de saint
Lazare, le 23 février, comme aussi Zonare et Cédrène;
et le cardinal Baronius en ses "Remarques", et aux
quatorzième et quinzième tomes de ses "Annales"
(éditions de Bar-le-Duc)

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LE MARTYRE DE POLYCARPE : LETTRE DE L'ÉGLISE DE SMYRNE
L'Église de Dieu qui séjourne à Smyrne à
l'Église te Dieu qui séjourne à Philomelium et
à toutes les communautés de la sainte Eglise catholique
qui séjournent en tout lieu : que la miséricorde, la paix
et l'amour de Dieu le Père et de notre Seigneur
Jésus-Christ vous soient données en plénitude (cf.
Jude 2).
1, 1. Nous vous écrivons, frères, au sujet des martyrs et
du bienheureux Polycarpe, qui, par son martyre, a pour ainsi dire mis
le sceau à la persécution en la faisant cesser. Presque
tous les événements antérieurs sont arrivés
pour que le Seigneur nous montre encore une fois un martyre conforme
à l'Évangile. 2. Comme le Seigneur, en effet, Polycarpe a
attendu d'être livré, pour que nous aussi nous soyons ses
imitateurs, sans regarder seulement à notre
intérêt, mais aussi à celui du prochain (cf. Ph 2,
4). Car c'est le fait d'une charité vraie et solide que de ne
pas chercher seulement à se sauver soi-même, mais aussi
à sauver tous les frères.
2, 1. Bienheureux donc et généreux tous ces martyres qui
sont arrivés selon la volonté te Dieu. Car il nous faut
être assez pieux pour attribuer à Dieu la puissance sur
toutes choses. 2. Qui n'admirerait la générosité
te ces héros, leur patience, leur amour pour le Maître ?
Déchirés par les fouets, au point qu'on pouvait voir la
constitution de leur chair jusqu'aux veines et aux artères
intérieures, ils demeuraient fermes si bien que les spectateurs
eux-mêmes en gémissaient de compassion. Ils en vinrent
à un tel degré de courage que pas un d'entre eux ne dit
un mot ni ne poussa un soupir. Ils nous montrèrent à tous
que dans leurs tortures les généreux martyrs du Christ
n'étaient plus dans leur corps, ou plutôt que le Seigneur
était là qui s'entretenait avec eux. 3. Attentif à
la grâce du Christ, ils méprisaient les tortures de ce
monde, et en une heure ils achetaient la vie éternelle. Le feu
même des bourreaux inhumains était froid pour eux, car ils
avaient devant les yeux la pensée d'échapper au feu
éternel qui ne s'éteint pas, et des yeux te leur coeur
ils regardaient les biens réservés à la patience,
biens que l'oreille n'a pas entendus, que l'oeil n'a pas vus, auxquels
le coeur de l'homme n'a pas songé (1 Co 2, 9 ; cf. Is 64, 3),
mais que le Seigneur leur a montrés, à eux qui
n'étaient plus des hommes, mais déjà des anges. 4.
De même ceux qui avaient été condamnés aux
bêtes enduraient te terribles supplices ; on les étendit
sur des coquillages piquants, et on leur fit subir toutes sortes de
tourments variés pour les amener à renier, si possible,
par ce supplice prolongé.
3, 1. Le diable machinait contre eux toutes sortes de supplices, mais
grâce à Dieu, il ne put l'emporter contre aucun d'entre
eux. Le généreux Germanicus fortifiait leur
timidité par sa constance ; il fut admirable dans la lutte
contre les bêtes ; le proconsul voulait le fléchir et lui
disait d'avoir pitié de sa jeunesse ; mais il attira sur lui la
bête en lui faisant violence, voulant être plus vite
délivré de cette vie injuste et inique. 2. Alors toute la
foule, étonnée devant le courage de la sainte et pieuse
race des chrétiens, s'écria : " A bas les athées ;
faites venir Polycarpe. "
4. Mais l'un d'entre eux, nommé Quintus, un Phrygien
récemment arrivé de Phrygie, fut pris de peur à la
vue des bêtes. C'est lui qui avait entraîné quelques
frères à se présenter spontanément avec lui
devant le juge. Le proconsul, par ses prières instantes,
réussit à le persuader de jurer et de sacrifier. C'est
pourquoi, frères, nous ne louons pas ceux qui se
présentent d'eux-mêmes, puisque ce n'est pas
l'enseignement de l'Évangile.
5, 1. Quant à l'admirable Polycarpe, tout d'abord il ne se
troubla pas à ces nouvelles, mais il voulait rester en ville ;
mais la plupart cherchaient à le persuader de s'éloigner
secrètement. Il se retira donc dans une petite
propriété située non loin de la ville, avec un
petit nombre < de compagnons> ; nuit et jour il ne faisait que
prier pour tous les hommes et pour les Églises du monte entier,
comme c'était son habitude. 2. Et étant en prière,
il eut une vision, trois jours avant d'être arrêté :
il vit son oreiller entièrement brûlé par le feu ;
et se tournant vers ses compagnons il leur dit : " Je dois être
brûlé vif. "
6, 1. Comme on continuait à le chercher, il passa dans une autre
propriété, et aussitôt arrivèrent ceux qui
le cherchaient. Ne le trouvant pas, ils arrêtèrent deux
petits esclaves, et l'un d'eux, mis à la torture, avoua. 2. Il
lui était donc impossible d'échapper, puisque ceux qui le
livraient étaient dans sa maison ; et l'irénarque, qui
avait reçu le même nom qu'Hérode, était
pressé de le conduire au stade ; ainsi lui, il accomplirait sa
destinée, en entrant en communion avec le Christ, tandis que
ceux qui l'avaient livré recevraient le châtiment de Judas
lui-même.
7, 1. Prenant avec eux l'esclave,--c'était un vendredi vers
l'heure tu souper--, les policiers et les cavaliers, armés comme
à l'ordinaire, partirent comme pour courir " après un
bandit " (cf. Mt 26, 55). Et tard, dans la soirée, survenant
tous ensemble, ils le trouvèrent couché dans une petite
chambre à l'étage supérieur. Il pouvait encore
s'en aller dans une autre propriété, mais il ne le voulut
pas et dit : " Que la volonté de Dieu soit faite. " 2. Apprenant
donc que les agents étaient là, il descendit et causa
avec eux ; ils s'étonnaient de son âge et de son calme, et
de toute la peine qu'on prenait pour arrêter un homme aussi
âgé. Aussitôt, à l'heure qu'il était,
il leur fit servir à manger et à boire autant qu'ils
voulaient ; il leur demanda < seulement > de lui donner une heure
pour prier à son gré. 3. Ils le lui accordèrent,
et debout, il se mit à prier, rempli de la grâce de Dieu
au point que deux heures durant il ne put s'arrêter de parler, et
que ceux qui l'entendaient en étaient étonnés et
que beaucoup se repentirent d'être venus arrêter un si
saint vieillard.
8, 1. Quant enfin, il cessa sa prière, dans laquelle il avait
rappelé tous ceux qu'il avait jamais rencontrés, petits
et grands, illustres ou obscurs, et toute l'Église catholique
répandue par toute la terre, l'heure étant venue de
partir, on le fit monter sur un âne, et on l'emmena vers la ville
; c'était jour de grand sabbat. 2. L'irénarque
Hérode et son père Nicétès vinrent
au-devant de lui, et le firent monter dans leur voiture ; assis
à côté de lui, ils essayaient de le persuader en
disant : " Quel mal y a-t-il à dire : César est Seigneur,
à sacrifier, et tout le reste, pour sauver sa vie ? " Lui,
d'abord, ne répondit pas, et, comme ils insistaient, il dit : "
Je ne ferai pas ce que vous me conseillez. " 3. Alors, ne
réussissant pas à le persuader, ils lui dirent toutes
sortes d'injures, et il le firent descendre de la voiture si
précipitamment qu'il se déchira le devant de la jambe.
Sans se retourner, et comme si rien ne lui était arrivé,
il marchait allègrement ; il allait vers le stade, et il y avait
un tel tumulte dans le stade que personne ne pouvait s'y faire entendre.
9, 1. Quand Polycarpe entra dans le stade, une voix du ciel se fit
entendre : " Courage, Polycarpe, et sois un homme. " Personne ne vit
celui qui parlait, mais la voix, ceux des nôtres qui
étaient là l'entendirent.
Enfin, on le fit entrer, et le tumulte fut grand quant le public apprit
que Polycarpe était arrêté. 2. Le proconsul se le
fit amener et lui demanda si c'était lui Polycarpe. Il
répondit que oui, et le proconsul cherchait à le faire
renier en lui disant : " Respecte ton grand âge " et tout le
reste qu'on a coutume de dire en pareil cas ; " Jure par la fortune de
César, change d'avis, dis : A bas les athées. " Mais
Polycarpe regarda d'un oeil sévère toute cette foule de
païens impies dans le stade, et fit un geste de la main contre
elle, puis soupirant et levant les yeux, il dit : " A bas les
athées. " 3. Le proconsul insistait et disait : " Jure, et je te
laisse aller, maudis le Christ " ; Polycarpe répondit : " Il y a
quatre-vingt six ans que je le sers, et il ne m'a fait aucun mal ;
comment pourrais-je blasphémer mon roi qui m'a sauvé ? "
10, 1. Et comme il insistait encore et disait : " Jure par la fortune
de César ", Polycarpe répondit : " Si tu t'imagines que
je vais jurer par la fortune de César, comme tu dis, et si tu
fais semblant de ne pas savoir qui je suis, écoute <je te le
dis> franchement : Je suis chrétien. Et si tu veux apprendre
de moi la doctrine du christianismel8, donne-moi un jour, et
écoute-moi. " 2. Le proconsul répondit : " Persuade cela
au peuple. " Polycarpe reprit : " Avec toi, je veux bien discuter ;
nous avons appris en effet à donner aux autorités et aux
puissances établies par Dieu le respect convenable, si cela ne
nous fait pas tort. Mais ceux-là, je ne les estime pas si dignes
que je me défende devant eux. "
11, 1. Le proconsul dit : " J'ai des bêtes, et je te livrerai
à elles si tu ne changes pas d'avis. " Il dit : " Appelle-les,
il est impossible pour nous de changer d'avis pour passer du mieux au
pire, mais il est bon de changer pour passer du mal à la
justice. " 2. Le proconsul lui répondit : Je te ferai
brûler par le feu puisque tu méprises les bêtes, si
tu ne changes pas d'avis. " Polycarpe lui dit : " Tu me menaces d'un
feu qui brûle un moment et peu de temps après
s'éteint ; car tu ignores le feu du jugement à venir et
du supplice éternel réservé aux impies. Mais
pourquoi tarder ? Va, fais ce que tu veux. "
12, 1. Voilà ce qu'il disait et beaucoup d'autres choses encore
; il était tout plein de force et de joie et son visage se
remplissait de grâce. Non seulement il n'avait pas
été abattu ni troublé par tout ce qu'on lui
disait, mais c'était au contraire le proconsul qui était
stupéfait ; il envoya son héraut au milieu du stade
proclamer trois fois : " Polycarpe s'est déclaré
chrétien. " 2. A ces paroles du héraut, toute la foule
des païens et des Juifs, établis à Smyrne, avec un
déchaînement de colère, se mit à pousser de
grands cris : " Voilà le docteur de l'Asie, le père des
chrétiens, le destructeur de nos dieux ; c'est lui qui enseigne
tant de gens à ne pas sacrifier et à ne pas adorer. " En
disant cela, ils poussaient des cris et demandaient à l'asiarque
Philippe de lâcher un lion sur Polycarpe. Celui-ci
répondit qu'il n'en avait pas le droit, puisque les combats de
bêtes étaient terminés. 3. Alors il leur vint
à l'esprit de crier tous ensemble : " Que Polycarpe soit
brûlé vif ! " Il fallait que s'accomplît la vision
qui lui avait été montrée : pendant sa
prière, voyant son oreiller en feu, il avait dit d'un ton
prophétique aux fidèles qui étaient avec lui : "
Je dois être brûlé vif " (V, 2).
13, 1. Alors les choses allèrent très vite, en moins de
temps qu'il n'en fallait pour les dire : sur-le-champ la foule alla
ramasser dans les ateliers et dans les bains du bois et des
fagots,--les Juifs surtout y mettaient de l'ardeur, selon leur
habitude. 2. Quand le bûcher fut prêt, il déposa
lui-même tous ses vêtements et détacha sa ceinture,
puis il voulut se déchausser lui-même : il ne le faisait
pas auparavant, parce que toujours les fidèles s'empressaient
à qui le premier toucherait son corps : même avant son
martyre, il était toujours entouré de respect à
cause de la sainteté de sa vie. 3. Aussitôt donc, on
plaça autour de lui les matériaux préparés
pour le bûcher ; comme on allait l'y clouer, il dit : "
Laissez-moi ainsi : celui qui me donne la force de supporter le feu, me
donnera aussi, même sans la protection de vos clous, de rester
immobile sur le bûcher. "
14, 1. On ne le cloua donc pas, mais on l'attacha. Les mains
derrière le dos et attaché, il paraissait comme un
bélier de choix pris d'un grand troupeau pour le sacrifice, un
holocauste agréable préparé pour Dieu.
Levant les yeux au ciel, il dit : " Seigneur, Dieu tout-puissant,
Père de ton enfant bien-aimé, Jésus-Christ, par
qui nous avons reçu la connaissance de ton nom, Dieu des anges,
des puissances, de toute la création, et de toute la race des
justes qui vivent en ta présence, 2. je te bénis pour
m'avoir jugé digne de ce jour et de cette heure, de prendre part
au nombre de tes martyrs, au calice de ton Christ, pour la
résurrection de la vie éternelle de l'âme et du
corps, dans l'incorruptibilité de l'Esprit-Saint. Avec eux,
puissé-je être admis aujourd'hui en ta présence
comme un sacrifice gras et agréable, comme tu l'avais
préparé et manifesté d'avance, comme tu l'as
réalisé, Dieu sans mensonge et véritable. 3. Et
c'est pourquoi pour toutes choses je te loue, je te bénis, je te
glorifie, par le grand prêtre éternel et céleste
Jésus-Christ, ton enfant bien-aimé, par qui soit la
gloire à toi avec lui et l'Esprit-Saint maintenant et dans les
siècles à venir.
15, 1. Quand il eut fait monter cet Amen et achevé sa
prière, les hommes du feu allumèrent le feu. Une grande
flamme brilla, et nous vîmes une merveille, nous à qui il
fut donné de le voir, et qui avions été
gardés pour annoncer aux autres ces événements. 2.
Le feu présenta la forme d'une voûte, comme la voile d'un
vaisseau gonflée par le vent, qui entourait comme d'un rempart
le corps du martyr ; il était au milieu, non comme une chair qui
brûle, mais comme un pain qui cuit, ou comme de l'or ou de
l'argent brillant dans la fournaise. Et nous sentions un parfum pareil
à une bouffée d'encens ou à quelque autre
précieux aromate.
16, 1. A la fin, voyant que le feu ne pouvait consumer son corps, les
impies ordonnèrent au confector d'aller le percer de son
poignard. Quand il le fit, jaillit une quantité de sang qui
éteignit le feu, et toute la foule s'étonna de voir une
telle différence entre les incroyants et les élus. 2.
Parmi ceux-ci fut l'admirable martyr de Polycarpe qui fut, en nos
jours, un maître apostolique et prophétique,
l'évêque de l'Église catholique de Smyrne ; toute
parole qui est sortie de sa bouche s'est accomplie ou s'accomplira.
17, 1. Mais l'envieux, le jaloux, le mauvais, l'adversaire de la race
des justes, voyant la grandeur de son témoignage et sa vie
irréprochable dès le début, le voyant
couronné de la couronne d'immortalité, et emportant une
récompense incontestée, essaya de nous empêcher
d'enlever son corps, bien que beaucoup d'entre nous voulussent le faire
pour posséder sa sainte chair. 2. Il suggéra donc
à Nicétès, le père d'Hérode, le
frère d'Akè, d'aller trouver le magistrat pour qu'il ne
nous livre pas le corps : " Pour qu'ils n'aillent pas, dit-il,
abandonner le crucifié et se mettre à rendre un culte
à celui-ci. " Il disait cela à la suggestion insistante
des Juifs, qui nous avaient surveillés quand nous voulions
retirer le corps du feu. Ils ignoraient que nous ne pourrons jamais ni
abandonner le Christ qui a souffert pour le salut de tous ceux qui sont
sauvés dans le monde, lui l'innocent pour les
pécheurs,--ni rendre un culte à un autre. 3. Car lui,
nous l'adorons, parce qu'il est le fils de Dieu; quant aux martyrs,
nous les aimons comme disciples et imitateurs du Seigneur, et c'est
juste, à cause de leur dévotion incomparable envers leur
roi et maître ; puissions-nous, nous aussi, être leurs
compagnons et leurs condisciples.
18, 1. Le centurion, voyant la querelle suscitée par les Juifs,
exposa le corps au milieu et le fit brûler comme c'était
l'usage. 2. Ainsi, nous pûmes plus tard recueillir ses ossements
plus précieux que des pierres de grand prix et plus
précieux que l'or, pour les déposer en un lieu
convenable. 3. C'est là, autant que possible que le Seigneur
nous donnera de nous réunir dans l'allégresse et la joie,
pour célébrer l'anniversaire de son martyre, de sa
naissance, en mémoire de ceux qui ont combattu avant nous, et
pour exercer et préparer ceux qui doivent combattre à
l'avenir.
19 1. Telle fut l'histoire du bienheureux Polycarpe, qui fut, avec les
frères de Philadelphie, le douzième à souffrir le
martyre à Smyrne ; mais de lui seul on garde le souvenir plus
que des autres, au point que partout les païens eux-mêmes
parlent de lui. Il fut non seulement un docteur célèbre,
mais aussi un martyr éminent, dont tous désirent imiter
le martyre conforme à l'Évangile du Christ. 2. Par sa
patience, il a triomphé du magistrat inique, et ainsi il a
remporté la couronne de l'immortalité ; avec les
Apôtres et tous les justes, dans l'allégresse, il glorifie
Dieu, le Père tout-puissant, et bénit notre Seigneur
Jésus-Christ, le sauveur de nos âmes et le pilote de nos
corps, le berger de l'Église universelle par toute la terre.
20 1. Vous aviez désiré être informés avec
plus de détail sur ces événements ; pour
l'instant, nous vous en avons donné un récit sommaire par
notre frère Marcion. Quand vous aurez pris connaissance de cette
lettre, transmettez-la aux frères qui sont plus loin pour qu'eux
aussi glorifient le Seigneur qui fait son choix parmi ses serviteurs.
2. A celui qui, par sa grâce et par son don, peut nous introduire
tous dans son royaume éternel par son fils unique
Jésus-Christ, à lui la gloire, l'honneur, la puissance,
la grandeur dans les siècles (cf. 1 Tm 6, 16 ; 1 P. 4, 11 ; Jude
25 ; Ap 1,16; 5,13 ; etc.).
Saluez tous les saints (cf. Rm 16, 15; Hé 13, 24; etc.)
Ceux qui sont avec nous vous saluent, et aussi Erariste qui a écrit cette lettre, avec toute sa famille.
21. Le bienheureux Polycarpe a rendu témoignage au début
du mois de Xanthique, le deuxième jour, le septième jour
avant les calendes de mars, un jour de grand sabbat, à la
huitième heure. Il avait été arrêté
par Hérode, sous le pontificat de Philippe de Tralles, et le
proconsulat de Statius Quadratus, mais sous le règne
éternel de notre Seigneur Jésus-Christ ; à lui
soit la gloire, l'honneur, la grandeur, le trône éternel
de génération en génération. Amen.
Appendice.
22, 1. Nous vous souhaitons bonne santé, frères, marchez
selon l'Évangile, dans la parole de Jésus-Christ ; avec
lui, gloire à Dieu le Père et au Saint-Esprit, pour le
salut des saints élus. C'est ainsi que témoigna le
bienheureux Polycarpe ; puissions-nous marcher sur ses traces, et
être trouvés avec lui dans le royaume de Dieu.
2. Gaïus a transcrit cette lettre sur le manuscrit
d'Irénée, disciple de Polycarpe ; Gaïus a
vécu avec Irénée. Et moi, Socrate, je l'ai
copiée d'après la copie de Gaïus. La grâce
soit avec tous.
3. Et moi, à mon tour, Pionius, je l'ai copiée sur
l'exemplaire ci-dessus ; je l'ai recherché, après que le
bienheureux Polycarpe me l'eût montré dans une
révélation, comme je le raconterai par la suite. J'ai
rassemblé les fragments presque détruits par le temps ;
que le Seigneur Jésus-Christ me rassemble aussi avec ses
élus dans le royaume du ciel ; à lui la gloire avec le
Père et le Saint-Esprit dans les siècles des
siècles. Amen.
Appendice du manuscrit de Moscou.
1. Gaïus a copié ceci dans les écrits
d'Irénée ; il avait vécu avec
Irénée, qui fut disciple de saint Polycarpe.
2. Cet Irénée, qui était à Rome à
l'époque du martyre de l'évêque Polycarpe,
instruisit beaucoup de personnes. On a de lui beaucoup d'écrits
très beaux et très orthodoxes ; il y fait mention de
Polycarpe, disant qu'il avait été son disciple ; il
réfuta vigoureusement toutes les hérésies et nous
transmet la règle ecclésiastique et catholique, telle
qu'il l'avait reçue du saint.
3. Il dit aussi ceci : Marcion, d'où viennent ceux qu'on appelle
les marcionites, ayant un jour rencontré saint Polycarpe, lui
dit : " Reconnais-nous, Polycarpe. " Mais lui dit à Marcion : "
Je reconnais, je reconnais le premier-né de Satan. "
4. On lit aussi ceci dans les écrits d'Irénée : Au
jour et à l'heure où Polycarpe souffrit le martyre
à Smyrne, Irénée se trouvant à Rome
entendit une voix pareille à une trompette qui disait :
Polycarpe a été martyrisé.
5. Comme on l'a dit, c'est donc dans les écrits
d'Irénée que Gaïus a copié ceci, et Isocrate
à Corinthe l'a transcrit sur la copie de Gaïus. Et moi,
Pionius, à mon tour je l'ai copié sur l'exemplaire
d'Isocrate, que j'avais recherché d'après une
révélation de saint Polycarpe. J'en ai rassemblé
les fragments presque détruits par le temps. Que le Seigneur
Jésus-Christ me rassemble aussi avec ses élus dans la
gloire du ciel ; à lui la gloire avec le Père et le
Saint-Esprit dans les siècles des siècles.
Amen.
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Textes à corriger plus tard :
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que les saints Anges du Seigneur veillent sur vous!
jean-michel