23 Février

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21 février 2006

Bonsoir ami(e)s des saint(e)s, qu'ils soient Celtes ou non, d'ici ou d'ailleurs!

En Belgique, SAINT CELSE, 5ième épiscope de Trèves (découverte des reliques), depuis des siècles à l'honneur des Autels. Vies en fin de message.

Nous avons au calendrier byzantin (datation grégorienne), en plus d'une partie des saints ci-dessous :
Saint Polycarpe de Smyrne;(Etc.)

Que Notre Seigneur Jésus-Christ, qui est béni dans Ses saintes et saints, par leurs prières, nous fasse miséricorde.

To: "[celt-saints]"<celt-saints@yahoogroups.com>
From: emrys@globe.net.nz>
Date sent: Tue, 22 Feb 2005 21:56:44 +1300
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Subject: [celt-saints] 23 February

Saints Celtes et anciens saints Anglais - 23 Février
(traduction personnelle http://www.amdg.be )

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* Saint Boisil de Melrose
* Sainte Milburge de Wenlock
* Saint Jurmin
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saint Boisil (Boswell) de Melrose, abbé.
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Mort en 664. Saint Boisil était le prieur de la célèbre abbaye de Melrose (Mailross), situé sur la rivière Tweed dans une grande forêt du Northumberland, pendant que saint Eata en était l'abbé. Tous 2 étaient des jeunes Anglais appelés au monachisme par saint Aidan. Saint Bede rapporte que Boisil était un homme aux vertus sublimes, habité d'un esprit prophétique. Sa grande sainteté attira saint Cuthbert dans sa jeunesse à Melrose plutôt qu'à Lindisfarne. C'était de Boisil que Cuthbert a appris les Ecritures et les saintes vertus.
Saint Boisil avait toujours aux lèvres les saints Noms de la sainte Trinité. Il répétait le Nom de Jésus-Christ avec une profonde dévotion, et souvent avec telle une abondance de larmes que les autres pleuraient avec lui. Il disait fréquement avec une tendre affection, "Quel bon Jésus que nous avons!" A la première vue de saint Cuthbert, Boisil dit aux autres, "Contemplez un serviteur de Dieu!"
Bede produit le témoignage de saint Cuthbert, qui a déclaré que Boisil lui a prédit les choses principales qui lui sont arrivées par la suite. Trois ans à l'avance, il a prédit la grande peste de 664, et que lui-même en mourrait, mais que l'abbé Eata survivrait.
En plus d'instruire continuellement ses frères dans la Foi, Boisil faisait des excursions fréquentes dans les villages pour prêcher aux pauvres, et ramener les âmes en déroute sur les chemins de la Vérité et de la Vie. Il était aussi connu pour son aide aux pauvres.
Et aussi, Boisil a dit Cuthbert, se relevant du fléau, "Vous voyez, frère, que Dieu vous a délivré de cette maladie, et plus jamais vous ne la subirez, ni ne mourrez maintenant; mais ma mort approchant, n'ayez pas la négligence de ne pas apprendre quelque chose de moi, tant que je suis là pour vous enseigner, ce qui ne durera plus que 7 jours." Cuthbert a alors demandé, "Et que puis-je lire de meilleur pour moi en seulement 7 jours?" A quoi Boisil a répondu, "L'Evangile de saint Jean, que nous pouvons dans ce temps parcourir, et discuter à son sujet autant que nécessaire."
Ayant accompli la lecture en 7 jours, l'homme de Dieu, Boisil, devint malade et morrut dans la jubilation extraordinaire de son âme, tout désireux d'être avec le Christ.
Pendant sa vie il a instruit à maintes reprises ses frères, "Qu'ils ne cessent jamais rendre grâce à Dieu pour le cadeau de leur vocation religieuse; qu'ils se préservent toujours de l'amour-propre et de tout attachement à leur volonté propre et jugement privé, comme de leur principal ennemi; qu'ils conversent assidûment avec Dieu par la prière intérieure, et travaillent continuellement pour atteindre à la plus grande perfection dans la pureté du coeur, ceci étant la vraie et simple route pour la perfection de la vertu chrétienne."
Bede rapporte que saint Boisil a continué après sa mort à s'intéresser particulièrement à obtenir la Miséricorde divine et la grâce divine pour son pays et ses amis. Il est apparu 2 fois à un de ses disciples, lui donnant mission d'assurer saint Egbert, qui avait été freiné de prêcher l'Evangile en Allemagne, que Dieu lui ordonnait de réparer les monastères de saint Columba sur Iona et dans les Orkneys, et les instruire dans la bonne manière de célébrer Pâques.
Les reliques de saint Boisil ont été transférées à Durham, et déposées près de celles de son disciple, saint Cuthbert, en 1030. (Bénédictins, Delaney, Husenbeth).

saint Milburge de Wenlock, abbesse.
(Milburgh)
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Morte vers 700 ou 722; fête de la translation de ses reliques le 25 juin. Les ruines d'abbaye de Wenlock dans le Shropshire, datant du 11e siècle, nous rappelent sainte Milburge, dont le nom est toujours connu dans ce secteur. Elle était d'une famille de saints éminents et appartenait à la maison royale de Mercie.
Comment souvent, une bonne mère est bénie dans ses enfants! Sa maman Domneva (Domna Ebba ou Ermenburga; 19 novembre), princesse de Kent, avait 3 filles: Milburge, Mildred (13 juillet), et Mildgytha (cfr aujourd'hui), chacune d'elle ayant grandit en suivant le modèle de Foi de sa mère, et chacune, après une vie entièrement consacrée au Christ, ayant été glorifiée comme sainte.
C'était l'époque où les filles des rois étaient fières et désireuses de dédier leur richesse et leurs talents dans la direction Chrétienne et dépenser leur jeunesse et leur force au service de l'Eglise. Elles ont fondé et dirigé de grandes abbayes, enseigné les jeunes, soigné les malades, et soulagé les pauvres.
Milburge, comme sa mère avant elle, a abandoné sa grande propriété, abandonné le luxe et le confort de sa maison, et a compté comme son plus haut privilège celui de servir Dieu dans une vie Chrétienne consacrée. Aidée par son père, Merewald, un chef Anglois, et son oncle Wulfhere, le roi de Mercie, elle fondé le monastère de Wenlock, qui a été placé sous la direction de sainte Botulf d'Est-Anglie (17 juin). Sa première abbesse fut Liobsynde, une religieuse Française de Chelles. Sa seconde fut Milburge, consacrée abbesse par saint Théodore, archevêque d'origine grecque (19 septembre). Ce n'était pas un monastère ordinaire; tout y reflétait la grâce et le parfum de son pur esprit. Les jardins étaient pleins des fleurs de choix, les vergers portaient fruits les plus doux, et on a trouvé dans ses murs, nous dit-on, la paix même du Ciel.
Par sa bonté véritable, Milburge en a converti beaucoup à la Foi Chrétienne, et ceci dans une époque sombre et primitive, quand, hors des murs du monastère, la campagne était sauvage et étrange, et pleine de dangers inconnus. Un jour, par exemple, un de ses exemples de pitié, elle fut terrifiée par un prince avoisinant qui, souhaitant l'épouser, l'intercepta avec une bande de soldats, mais elle s'échappa providentiellement. Dans son "vol" elle a franchi un petit ruisseau a appelé le Corve, et lui, la poursuivant, quand il l'eut atteint, constata que les eaux s'étaient élevées et son projet contrecarré. L'endroit où c'est arrivé est appelé encore aujourd'hui Stoke saint Milburgh.
Elle aimait les fleurs, les oiseaux (sur lesquels elle avait un pouvoir mystérieux), la vie de la campagne, et les campagnards, s'asseoir et travailler dans le soleil, et s'occuper des herbes dans son jardin, et visiter les villages des environ. Les gens venaient à elle avec leurs ennuis et problèmes et suivaient ses remèdes miraculeux. Milburge a été vénérée pour son humilité, sa sainteté, les miracles qu'elle a accomplis, et pour le don de lévitation qu'elle avait.
Selon Boniface, la vision célèbre du Moine de Wenlock est arrivée pendant que Milburge était abbesse. Goscelin a conservé aussi son testament, qui est une longue liste, apparemment authentique, de terres qui lui appartenaient à sa mort.
Etant sur sur son lit de mort, elle dit à ses disciples, "j'ai été votre mère. J'ai veillé sur vous comme une mère, avec des soins pieux. Et dans la pitié, je vois le destin de toute chair. Un plus haut appel m'invite." Un à un, ils lui fait leurs adieu, donné les Sacrements, et après sa mort enterré son corps près de l'autel de l'abbaye.
Son tombeau a longtemps été vénéré mais son emplacement fut perdu lorsque les moines de Cluniac de La-Charité-sur-Loire ont refondé Wenlock en 1079. L'église avait un cercueil d'argent qui contenait ses reliques et les documents décrivant le site de sa tombe, proche d'un autel alors inconnu. Apparemment, l'église a été détruite par les Danois.
Les moines ont creusé et trouvé une église vieille et abandonnée. Ainsi, des siècles plus tard, 2 garçons qui jouaient parmi ses ruines sont tombés à travers le trottoir sur l'autel cassé, à la suite de quoi son tombeau a été redécouvert. A son ouverture, il en sorti un parfum céleste, et le jardin perdu du monastère sembla rempli à nouveau avec le parfum des fleurs qu'elle avait plantées.
Parmi les miracles documentés, elle avait celui de guérir la lèpre et les cécités, et, le vomissement d'un ver qui avait causé une maladie stomacale. La reconnaissance d'une personne si distinguée a assuré la renaissance du culte de sainte Milburge. Goscelin a écrit sa "vita" à la fin du 11e siècle. Sa fête était commune dans les calendriers anglais du Bosworth Psalter (c. 1000) et au delà (Attwater, Bénédictins, Delaney, Farmer, Gill, Husenbeth).
Dans l'art, sainte Milburge porte l'abbaye de Wenlock. Il peut y avoir des oies près d'elle. Elle est vénérée à Stoke. (Roeder).


saint Jurmin
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Septième siècle. Saint Jurmin était un prince d'Est-Anglie -- fils ou neveu du Roi Anna. C'est plus probable qu'il était un neveu parce que les historiens modernes doutent qu'Anna ait eu le moindre fils.
Il a pu être le fils d' Athelhere, le frère et le successeur de Anna. Ses reliques se trouvaient à Blythburgh dans le Suffolk avant d'être enchâssées à Bury-Saint-Edmunds en 1095. William de Malmesbury signale son tombeau à Bury (avec celui de Botulf) mais on ne pourrait rien en apprendre de plus que le fait qu'il était le frère de saint Etheldreda. (Bénédictins, Farmer).


Sources:
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Attwater, D. (1983). The Penguin Dictionary of Saints, NY: Penguin Books.
Benedictine Monks of St. Augustine Abbey, Ramsgate. (1947). The Book of Saints. NY: Macmillan.
Farmer, D. H. (1997). The Oxford Dictionary of Saints. Oxford: Oxford University Press.
Gill, F. C. (1958). The Glorious Company: Lives of Great Christians for Daily Devotion, vol. I. London: Epworth Press.
Husenbeth, Rev. F. C., DD, VG (ed.). (1928). Butler's Lives of the Fathers, Martyrs, and Other Principal Saints. London: Virtue & Co.
Roeder, H. (1956). Saints and Their Attributes, Chicago: Henry Regnery.
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Ajouts personnels :


Sainte Milburge
Livre : The Bosworth psalter: an account of a manuscript formerly belonging to O. Turville-Petre, of Bosworth Hall, now Addit. ms. 37517 at the British Museum (1908)

http://www.archive.org/details/bosworthsalter00gasquoft


Ce Psautier est très important du fait de la pureté de son texte rapportant les Psaumes dans la version latine de saint Jérôme. Les divisions liturgiques sont marquées par un large apparat visuel multi-colore. Celui-ci, au début du Psaume 52, est une division que l'on trouve dans les versions anglaises mais pas dans la plupart des versions continentales. Il est décoré avec des entrelacs et des têtes d'animaux.




saint Polycarpe, évêque de Smyrne et martyr, disciple de l'Apôtre Saint Jean
j'ai vu chez les Bénédictins qu'il avait aussi une fête au 26 janvier.
Vous trouverez l'épitre de saint Polycarpe aux Philippiens à cette adresse-ci, dans la partie "Pères Apostoliques" : http://bibliotheque.editionsducerf.fr/index.asp
et la lettre de son Martyre, tout en bas de cette page-ci

En 2004, dans l'Eglise du Vatican et dans certaines Eglises d'Orient, c'était le saint et Grand Carême de Pâques. La Liturgie est rythmée par le grand canon de saint André de Crète - c'est d'ailleurs la même chose dans la communauté catholique-romaine que fréquentaient parfois mon épouse et 2 de nos enfants, les Béatitudes - et la prière de saint Ephrem le Syrien remplace le "Roi Céleste", le matin : http://www.amdg.be/priere3.html





traductions personelles (c) : http://www.amdg.be ;


Du Synaxaire Copte Orthodoxe :
http://www.copticpope.org
http://www.copticcentre.com/synaxarium.pdf
http://www.mycopticchurch.com/saints/





Puisse son intercession être avec nous, et Gloire soit à Dieu à jamais. Amen!






Du site de l'Eglise Orthodoxe Serbe en Amérique du Nord
http://www.westsrbdio.org/prolog/prolog.htm


2. SAINT DAMIAN
Damian, moine du monastère d'Esphigmenou sur le Mont Athos, fut contemporain et compagnon du grand Cosmas de Zographou. Il vécut en ascète sur le Mont Samareia, entre Esphigmenou et Hilendar. Il mourrut en paix en 1280. A sa mort, un arôme agréable et doux s'exhala de son corps durant 40 jours.


RÉFLEXION - Saint Polycarpe écrivait ceci aux Philippiens à propos du prêtre Valentin, qui était tombé dans le péché d'avarice et cachait secrètement de l'argent appartenant à l'église : "11, 1. J'ai été bien peiné au sujet de Valentin, qui avait été quelque temps presbytre chez vous, de voir qu'il méconnaît à ce point la charge qui lui avait été donnée. Je vous avertis donc de vous abstenir de l'avarice et d'être chastes et vrais. Abstenez-vous de tout mal. 2. Celui qui ne peut pas se diriger lui-même en ceci, comment peut-il y exhorter les autres ? Si quelqu'un ne s'abstient pas de l'avarice, il se laissera souiller par l'idolâtrie, et sera compté parmi les païens qui "ignorent le jugement du Seigneur" (Jr 5, 4), ou "ignorons-nous que les saints jugeront le monde", comme l'enseigne Paul (1 Co 6, 2) ? 3. Pour moi, je n'ai rien remarqué ou entendu dire de tel à votre sujet, vous chez qui a travaillé le bienheureux Paul, vous qui êtes au commencement de sa lettre. C'est de vous en effet qu'il "se glorifie devant toutes les Églises" (2 Th 1, 4) qui, seules alors, connaissaient Dieu, nous autres nous ne le connaissions pas encore. 4. Ainsi donc, je suis bien peiné pour lui et pour son épouse ; (2 Th 3, 15), mais rappelez-les comme des membres souffrants et égarés, pour sauver votre corps tout entier. Ce faisant, vous vous faites grandir vous-mêmes."
C'est ainsi que les saints traitent les pécheurs : avec précaution et compassion; avec précaution pour éviter à d'autres un pareil péché, et avec compassion afin de corriger et sauver les pécheurs.

CONTEMPLATION - Contempler le Seigneur Jésus en conversation avec la femme de Samarie
(Saint Jean, Chapitre 4):
1. Comment, au départ, l'esprit de la femme était complètement étoufé par le sophisme charnel.
2. Comment le doux Seigneur, progressivement, guide son esprit vers un raisonnement altier et spirituel.
3. Comment cette rencontre a culminé dans la conversion d'une multitude au Christ
4. Comment les semences éparpillées du Seigneur, au départ, semblent se désagréger dans l'esprit physique, et comment par la suite elles ressuscitent, grandissent, mûrissent, et produisent beaucoup de fruit spirituel.

HOMÉLIE - A propos des oeuvres du Christ
"Mais j'ai plus grand que le témoignage de Jean: les oeuvres que le Père m'a donné à mener à bonne fin, ces oeuvres mêmes que je fais me rendent témoignage que le Père m'envoie." (Saint Jean 5,36).
Frères, quelles sont ces oeuvres du Christ? Ce sont les oeuvres du Maître de Maison Qui est rentré de voyage et a trouvé la maison pillée et bouleversée. Ce sont les oeuvres du Médecin Qui est entré dans l'hopital le plus contaminé et apporte des médicaments et commence à guérir. Plus encore, ce sont les oeuvers du Roi Qui est rentré dans Son pays et l'a trouvé divisé et ruiné, et ses sujets déportés comme esclaves dans un pays étranger. Ce sont les oeuvres du Frère aîné qui a voyagé vers une terre lointaine pour chercher ses plus jeunes frères qui, errant s'appauvrirent en dillapidant et devinrent sauvages. Ce sont aussi les oeuvres du Guérisseur, Berger, Héro et de Celui qui pourvoit. En vérité, ce ne sont pas de petits travaux! Le commun des hommes, même avec la plus grande connaissance de ce monde, habileté et courage, ne parviendrait pas à accomplir tout cela même en 3.000 ans, tout ce que Christ a accomplit en 3 ans. Ni un seul homme, ni même tous les hommes de tous les temps, tous ensemble, ne seraient à même d'accomplir toutes les oeuvres du Christ en toute l'éternité.
Comment le Seigneur a-t'Il accomplit tant d'oeuvres? Il les a accomplis à l'aide de 5 miracles principaux : Humilité, Paroles, Acte, Sang et Résurrection.
Que témoignent les oeuvres du Christ? D'abord, les oeuvres témoignent que ce n'est pas la terre qui L'a envoyé mais le Ciel; deuxièmement, qu'un Ange ne L'a pas envoyé, mais le Père Céleste Lui-même; troisièmement, que puisque personne ne serait à même d'accomplir les oeuvres qu'Il a accomplies, personne sauf Lui, Qui est aussi grand que Dieu, Qui est aussi sage que Dieu, qui est aussi puissant que Dieu, qui est aussi miséricordieux que Dieu, c'est parce qu'Il est Lui-même égal à Dieu.
O combien toutes nos oeuvres sont insignifiantes comparées aux oeuvres du Christ! Avec seulement une once de bonté, de zèle, de dilligence, de véracité du Christ, nous pouvons accomplir notre travail parfaitement. Accorde-nous cette parcelle, O Seigneur Jésus, car nulle part sur terre nous ne la trouverons, ni ne la méritons.

Saint Nicolas Velimirovitch, évêque d'Ochrid, Serbie (+ 05 mars 1958), rescapé de Dachau puis des persécutions communistes, auteur de ce Sanctoral "Prologue d'Ochrid".



Du site de l'Eglise Orthodoxe Russe en Amérique du Nord
http://ocafs.oca.org/

Néo-Hiéromartyr Nicolas (Dmitrov) def Tver, Russie (1938)
http://oca.org/pages/dwp/dwp.asp?dayid=0223

protopresbytre de Ryazan (source : odox.net, calendrier 2003)
grande icône : http://saints.oca.org/IconDirectory/LG/february/0223nicholasdmitrov.jpg

Saint Moïse du Lac Blanc (15e s)
Saint Moïse du Lac Blanc était un ascète du monastère de la Sainte Trinité sur le Lac Blanc, à la fin du 15ième siècle, et au début du 16ième. L'Ustishekhansk Trinité dans lequel saint Moïse pratiqua son ascèse, fut transféré par lui à l'embouchure de la rivière Sheksna, dans les environs du Lac Blanc, vers l'an 1480. Saint Moïse fut distingé par le don de clairvoyance.


Sainte Gorgonia (+ 372)
Sainte Gorgonia, soeur de saint Grégoire de Nazianze (le Théologien), se distingua par sa grande vertu, piété, douceur, sagacité et son labeur. Sa maison était le hâvre des pauvres. Mère de 5 enfants, elle mourrut en 372 à l'âge de 39 ans. Ses dernières paroles furent : "En paix je vais me coucher et dormir" (Psaume 4,8).




Textes à traduire plus tard :

Hiéromartyr Polycarpe évêque de Smyrne (167)


Tropaire de saint Polycarpe de Smyrne ton 4
By sharing in the ways of the Apostles,
you became a successor to their throne.
Through the practice of virtue, you found the way to divine contemplation, O inspired one of God;
by teaching the word of truth without error, you defended the Faith, even to the shedding of your blood.
Hieromartyr Polycarp, entreat Christ God to save our souls.

Kondakion de saint Polycarpe de Smyrne ton 1
Through virtues, you offered spiritual fruit to the Lord,
therefore, you were glorified as a worthy hierarch, wise Polycarp.
Today, we who have been enlightened by your words
extol in song your praise-worthy memory,
there-by giving glory to the Lord.



Saint Polycarpe de Briansk (+1620 ou 1621)

Saints Jean, Antiochos, Antoninos, Moïse, Zebinos, Polychronios, un autre Moïse, et Damien, ascètes du Désert de Syrie (5ième s.)




Dans le livre "Saintes et Saints de Belgique au 1er millénaire", nous trouvons à ce jour :
http://www.amdg.be/amdg12.html "sanctoral Belgique"
[je ne placerai ici des vies de saint(e)s tirées de ce livre que de manière exceptionnelle : il vaut l'achat!]








Dans le livre en néérlandais "Vergeten Helden", volume "februari", nous trouvons à ce jour:
http://www.amdg.be/ed-pervijze.html




D'après le sanctoral des RP Bénédictins, éditions Letouzey & Ané 1936, on trouve entre autres :

A Trèves, saint Celse, évêque et confesseur (2ième siècle)
Celse, mentionné au 4 janvier et au 23 février, aurait été le cinquième évêque de Trèves et serait mort vers 150. Vers 978, sous l'évêque Egbert, on trouva au monastère de Saint-Euchaire le corps d'un confesseur du nom de Celse; c'était le 23 février; le récit de « l'invention » (= découverte) des saintes reliques est repris dans les martyrologes.
Voir aussi L. Duchesne, Fastes épiscopaux de l'Ancienne Gaule, tome 3, p.32.



SAINT POLYCARPE - ÉVÊQUE DE SMYRNE ET MARTYR (+ VERS 156)
Polycarpe (dont le nom grec signifie "fruit abondant") est regardé par toute l'Église comme ayant appartenu au groupe des "Pères apostoliques". Il fut un disciple immédiat des Apôtres, naquit au temps de Vespasien, vers l'an 70, fut converti à la religion chrétienne dès son enfance, sous le règne de Titus. Attaché à l'Église de Smyrne, il fut un disciple de l'Apôtre saint Jean. Son biographe, Pionius, l'a dit originaire des contrées du Levant, puis amené jeune encore à Smyrne par des marchands qui le vendirent à une femme noble, nommée Callisto. Cette généreuse chrétienne l'éleva dans la crainte du Seigneur, lui confia le soin de sa maison. Héritier des biens de Callisto, Polycarpe n'en aurait usé que pour se perfectionner dans la connaissance des Écritures, s'avancer dans la pratique de la piété, et aurait reçu le diaconat des mains de l'évêque de Smyrne, Bucolus, qui l'attacha à son Eglise. Cependant, des autorités, comme celle de saint Irénée (Adv. haereses, 1.5.33), nous apprennent que Polycarpe avec Papias suivit les leçons de Jean, l'Apôtre bien-aimé de Jésus.
Au prêtre Florin qui était tombé dans l'erreur de Valentin, Irénée écrivait (Eusèbe, Hist. eccl., 1.5.20, P. G., t. 20, col. 483) "Lorsque j'étais encore enfant, je vous ai vu en compagnie de Polycarpe, heureux au palais et soucieux de partager ses idées. Je me rappelle fort distinctement les événements de cette époque, car les souvenirs d'enfance sont plus vivaces que ceux d'un âge avancé. Je pourrais marquer distinctement la place où le très saint homme Polycarpe discourait, étant assis; je pourrais dépeindre son attitude, la forme de ses traits, rappeler les enseignements qu'il donnait au peuple, exposer les entretiens qu'il nous disait avoir avec saint Jean et les autres disciples qui avaient vu le Seigneur; je pourrais vous dire enfin comment il répétait leurs paroles et celles qu'ils avaient recueillies de la bouche même de Jésus. J'en prends Dieu à témoin, si ce saint et apostolique vieillard entendait ce que nous entendons maintenant, il se boucherait les oreilles et répéterait cette parole qui lui était familière "O Dieu bon! pour quels temps m'avez-vous conservé jusqu'à ce jour!" et il quitterait sans retard le lieu où il aurait entendu de pareils propos. "
Ce fut par les apôtres eux-mêmes que Polycarpe fut établi évêque de Smyrne; des auteurs ont même pensé que l'Apôtre saint Jean eut, en son disciple, plus d'égard au mérite qu'à l'âge, et le sacra avant son exil dans l'île de Pathmos. A Polycarpe, dans ce cas, s'appliqueraient les éloges de l'Apocalypse (II, 8-10) au sujet de l'ange de l'Eglise de Smyrne, le seul de tous déclaré irrépréhensible. L'épiscopat de Polycarpe fut assez tranquille sous le règne de Trajan, alors que la persécution agitait l'Église dans les autres provinces de l'empire. Ignace d'Antioche, l'ami de Polycarpe, fut condamné à mort en Syrie et, de là, envoyé à Rome pour être livré aux bêtes de l'amphithéâtre. Il passa par Slnyrne, heureux de voir Polycarpe et de l'embrasser avant de mourir. Arrivé à Troade, il lui adressa une lettre pour le remercier de son hospitalité; il se félicitait d'avoir pu l'entretenir et lui donnait de sages conseils pour le gouvernement de son Eglise; il lui demandait de communiquer en son nom avec les Églises de l'Asie Mineure, notamment avec son Église d'Antioche.
Sur la demande des fidèles de Philippes, Polycarpe leur écrivit pour les féliciter d'avoir reçu Ignace et ses compagnons de captivité; il leur exposait dans le détail les devoirs attachés aux différents états, leur donnait des instructions sur la réalité de l'Incarnation et de la mort du Fils de Dieu; il les félicitait d'avoir l'intelligence des saintes Écritures et les exhortait à prier pour tous les saints. Il ajoutait en terminant : "Quant aux lettres d'Ignace que j'ai pu me procurer, je vous les envoie toutes, elles vous seront d'un grand profit, respirant la foi, la patience, l'édification". L'évêque de Smyrne alla à Rome et y séjourna, mais il est difficile de dire à quelle époque; il devait entretenir le pape de divers sujets, défense des vérités de la foi, union et paix des fidèles, observances de discipline. L'accord n'existait pas entre Rome et les Églises d'Asie pour la célébration de la Pâque. Anicet et Polycarpe estimèrent que le plus sage, sur ce dernier point, était de laisser jusqu'à nouvel ordre l'Orient et l'Occident suivre leur coutume respective. Le séjour de Polycarpe à Rome fut encore utile à beaucoup de personnes qui s'étaient laissé infecter du venin de l'hérésie; l'évêque rendit un public témoignage à la vérité orthodoxe, fit rentrer dans le sein de l'Église des âmes séduites par les erreurs de Valentin et de Marcion.
Rencontrant un jour ce dernier dans les rues de Rome, Marcion lui avait dit: "Ne me reconnaissez-vous pas?"
"Oui", répondit Polycarpe, "je vous reconnais pour le fils aîné de Satan."
Simple parole qui marque l'inviolable attachement de l'évêque aux enseignements de la foi.
Rentré dans son Eglise de Smyrne, Polycarpe n'y jouit pas longtemps du calme et de la tranquillité. Alors s'éleva une grande persécution contre les chrétiens. L'Eglise de Smyrne, dans sa lettre à l'Eglise de Philadelphie et à toutes les Églises catholiques, a raconté en quelles circonstances Polycarpe et ses compagnons endurèrent le martyre :
" Frères, nous vous envoyons une révélation de la mort de quelques martyrs, et particulièrement de la mort du bienheureux Polycarpe, qui, par son sang a mis fin à la persécution. Tout ce qui s'est passé en cette rencontre est arrivé pour vérifier ce que le Seigneur a prédit dans son Évangile, où il nous montre la voie que nous devons suivre. Il a voulu être livré lui-même et être attaché à la croix comme notre libérateur. Il veut que nous soyons ses imitateurs; armé le premier d'une vertu céleste, il s'est assujetti à la volonté des impies; comme un bon maître, il se fait le modèle de ses serviteurs pour n'être pas à charge à ceux qu'il instruit. Il a souffert tout d'abord ce qu'il ordonne aux autres de souffrir: il nous apprend à tous à mourir utilement pour notre propre salut et celui de nos frères. »
" Nous nous sentons saisis de crainte au moment où nous nous préparons à vous raconter les combats des généreux athlètes et à vous décrire les glorieux trophées de leur amour pour Dieu et de leur invincible patience. Ils ont vu sans pâlir couler leur propre sang; le peuple, ému d'un si horrible spectacle, n'a pu retenir ses larmes. Dieu, du haut du ciel, jetait des regards de complaisance sur ces illustres combattants; leur âme était attaquée de tous côtés; il l'a soutenue par sa force toute divine et l'a rendue victorieuse de la douleur malgré la faiblesse de leur corps. Même il les excitait de la voix; de là vinrent le mépris pour leurs juges, le sage et judicieux discernement qui leur fit préférer la vérité au mensonge, le ciel à la terre, l'éternité au temps. Une heure de souffrance leur a acquis des joies sans fin.
" La fermeté du martyr Germanicus a rassuré les esprits que les artifices du démon commençaient à ébranler. Quand ce confesseur eut été exposé aux bêtes, le proconsul, touché d'un sentiment d'humanité, l'exhorta à prendre pitié de lui-même, à conserver du moins ses jours. Regardant ce proconsul avec mépris, Germanicus lui dit : " J'aime mieux perdre mille fois la vie que de la recevoir de toi à un tel prix. " Et, s'avançant hardiment au-devant du lion, il chercha la mort dans les griffes et les dents meurtrières de cet animal. Le peuple fut frappé de dépit plutôt que de stupeur, car on entendit mille voix confuses s'écrier " Mort aux athées! Qu'on amène Polycarpe!"
"Sur ces entrefaites, un chrétien de Phrygie, nommé Quintus, récemment arrivé à Smyrne, se présenta au proconsul; mais la faiblesse trahit sa volonté. A peine eut-il aperçu les bêtes qu'il pâlit de frayeur, recula et demanda qu'on lui laissât la vie. Il était venu pour abattre les idoles et il prêta la main pour les soutenir, car le proconsul obtint de lui sans peine un sacrifice aux faux dieux. Tant il est vrai qu'il faut éviter toute présomption téméraire, réserver ses louanges pour ceux-là seuls qui se défient d'eux-mêmes, ne sortent de leur retraite que par l'ordre de Dieu. Le sage Polycarpe, pour avoir tenu la conduite humble et prudente que recommande l'Évangile, assura son propre triomphe. Apprenant qu'on le cherchait, il se déroba à la poursuite de ses ennemis; par la tranquillité de son âme, il montrait qu'il ne fuyait pas la mort sous l'influence d'une crainte lâche, mais qu'il en reculait le moment en vertu d'une humble défiance de soi-même. Les fidèles qui lui donnaient asile le conjuraient de mettre sa vie en sûreté sans perdre un seul instant; quant à lui, il marchait lentement, s'arrêtait volontiers là où il passait, ne semblait s'éloigner qu'à regret du lieu où l'on avait résolu sa mort. Soudain, il s'arrêta et revint dans une métairie peu distante de Smyrne; il fit halte, adressa à Dieu de ferventes prières en vue du combat qu'il allait bientôt soutenir pour sa gloire. Trois jours avant son supplice, il eut un songe dans lequel le chevet de son lit lui parut tout en feu. A son réveil, il dit à ceux qui l'entouraient : "Dans trois jours, je serai brûlé vif! "
"On le fit alors changer de retraite, mais à peine arrivé à celle qu'on lui avait choisie, il y rencontra les émissaires du proconsul. Ceux-ci avaient eu bien de la peine à le découvrir, mais, s'étant emparés de deux jeunes enfants, ils avaient fouetté cruellement l'un d'eux et lui avaient arraché le secret de la retraite de Polycarpe. L'intendant de la police, Hérode, en fut aussitôt informé et, dans son impatience, il envoya aussitôt une escouade d'archers et de gens à cheval à la suite de l'enfant, qui les conduisit à la métairie. Polycarpe, caché dans un grenier, préféra se livrer lui-même. Il se présenta devant les archers surpris de trouver en ce vieillard une vivacité extraordinaire; il leur fit servir à manger, leur demanda quelques heures de répit pour vaquer à la prière et enfin se remit entre leurs mains. L'escorte qui l'emmenait rencontra aux portes de la ville un char sur lequel étaient montés Hector et son père Nicétas. Hector décida Polycarpe à prendre place à ses côtés sur le char, espérant gagner par des promesses ce vieillard qui paraissait à l'épreuve des outrages et des mauvais traitements : " Quel mal", lui répétait- il, "trouvez-vous à donner à César le nom de Seigneur puis à sacrifier pour sauver votre vie? " Fatigué de tant d'importunités, Polvcarpe finit par rompre le silence et dit avec force : " Non, non, je ne suis pas décidé à faire ce que vous me conseillez, rien ne sera capable de me faire changer de résolution." Irrités à ces mots, ces hommes jetèrent le masque, précipitèrent le saint évêque hors du char avec une telle violence qu'il fut blessé à la jambe dans la chute. Polycarpe, cependant, put se relever, continuer la route à pied et même se présenter allégrement dans l'amphithéâtre. Quand il y entra, il entendit une voix qui lui disait " Polycarpe, sois ferme! " Seuls les chrétiens de l'arène entendirent cette voix.
Amené directement en face du tribunal du proconsul, Polycarpe s'entendit exhorter à avoir égard à son grand âge.
« Épargne ta vieillesse", disait le magistrat, "rends hommage au génie de César, dis avec nous : Plus d'athées! " Expression que le juge appliquait aux chrétiens. Polycarpe promena un instant ses regards sur la multitude des païens qui garnissaient les bancs de l'amphithéâtre et dit d'un air consterné, en lui appliquant l'expression : " Oui, certes, plus d'athées!" -" Poursuis", lui dit le proconsul, "jure par le génie de César, et blasphème le Christ." --
"Il a 86 ans que je le sers", répliqua Polvcarpe, "et il ne m'a jamais fait aucun mal; comment pourrais-je blasphémer mon Sauveur et mon roi? Que si vous voulez que je jure par le génie de César, comme vous l'appelez, voici ma confession sincère: Je suis chrétien; si vous voulez apprendre de moi la doctrine du Christ, accordez-moi un jour d'audience pour m'entendre." -- "Donne satisfaction au peuple, " dit le proconsul. A quoi Polycarpe répondit : "Je vous ai adressé la parole parce qu'on nous a appris la déférence aux princes tant que la religion n'a pas à en souffrir; quant au peuple, ce n'est pas un tribunal compétent devant lequel j'aie à me justifier. » De fait, la fureur d'un tel auditoire le mettait bien dans l'incapacité d'écouter.
Mais le proconsul prit alors un air sévère "Quoi!" dit-il, "j'ai à ma disposition les bêtes sauvages! " --
"Faites-les sortir", reprit l'évêque, "qu'elles viennent assouvir leur rage. Je suis absolumient résolu à ne pas changer de bien en mal. Ce qu'il faut faire, c'est de passer du mal au bien!"
"Mais si tu méprises les morsures des bêtes", ajouta le proconsul, "je te ferai consumer par le feu!"
Polycarpe dit alors : "Le feu dont tu menaces est un feu qui ne brûle qu'un moment; au bout d'un instant, son ardeur s'amortit; ce que vous semblez ignorer, c'est qu'il est un feu d'éternel punissement dont la flamme ne s'éteindra jamais, pour le châtiment des impies! " Au moment où Polycarpe prononçait ces dernières paroles, son visage parut resplendir au milieu d'une lumière céleste. Le proconsul lui-même en fut frappé d'admiration; il fit crier trois fois par un héraut : "Polycarpe s'est déclaré chrétien!"
A ces mots, toute la multitude des païens et des juifs poussa un grand cri pour réclamer la mort de Polycarpe : " C'est le grand docteur de l'Asie, le père des chrétiens, le destructeur de nos dieux; il apprend au peuple à ne pas sacrifier!" On fit appel à Philippe l'Asiarque; on voulut l'obliger à lâcher un des lions contre Polycarpe. Il s'en défendit en disant que cela n'était pas en son pouvoir, que l'heure des spectacles était passée. Tous furent d'accord qu'il fallait brûler vif le saint vieillard; ils ne songeaient pas qu'ils réalisaient la prédiction de Polycarpe; lui-même interrompit sa prière pour le faire remarquer aux chrétiens de son entourage.
Cependant, le peuple courait aux bains publics, enfonçait les boutiques, enlevait tout ce qui pouvait servir à construire un bûcher; les juifs, selon leur coutume, se signalèrent en cette occasion. Le bûcher préparé, on y mit le feu. Polycarpe ôta lui-même sa ceinture et sa première robe, se baissa pour se déchausser, ce qu'il n'était pas accoutumé de faire, car d'ordinaire les fidèles lui rendaient ce service pour pouvoir baiser ses pieds. Comme on se disposait à l'attacher au bûcher avec des chaînes de fer, il s'y opposa : "Laissez-moi comme je suis, dit-il alors; celui qui m'a donné la volonté de souffrir pour lui m'en donnera la force; il adoucira la violence du feu et me fera la grâce d'en pouvoir supporter l'ardeur." Alors, on se contenta de lui lier les mains derrière le dos avec des cordes; il monta ainsi sur le bûcher comme sur l'autel de son sacrifice. Élevant ensuite les yeux au ciel, il prononça cette prière : " Dieu des anges, Dieu des archanges qui avez détruit le péché et détruirez un jour la mort, monarque souverain du ciel et de la terre, protecteur des justes et de tous ceux qui marchent en votre présence, je vous bénis, moi, le moindre de vos serviteurs, et je vous rends grâces de ce que vous m'avez jugé digne de souffrir, de recevoir de votre main la couronne du martyre, de pouvoir approcher mes lèvres du calice de la passion; je vous rends grâces de tous ces bienfaits, par Jésus-Christ dans l'unité du Saint-Esprit. Voilà Seigneur, mon sacrifice presque achevé; avant que le jour finisse, je verrai l'accomplissement de vos promesses. Soyez donc à jamais béni, Seigneur; que votre nom adorable soit glorifié dans tous les siècles, par Jésus-Christ, pontife éternel et tout-puissant, et que tout honneur vous soit rendu avec lui et le Saint-Esprit dans les siècles des siècles! Ainsi soit-il."
Après la prière, la flamme sortant de tous côtés du bûcher à gros tourbillons s'éleva dans les airs. Dieu, pour honorer son serviteur devant les hommes, opéra un nouveau prodige; tous ceux que sa providence a choisis pour en être les témoins le répandront partout comme un monument éclatant de sa puissance et de la gloire de son fidèle ministre. Les tourbillons de flammes se courbèrent en l'air, s'étendant à droite et à gauche, et représentèrent une voile de navire enflée par le vent. Cette voûte de feu, suspendue en l'air, couvrit le corps du saint martyr, sans que la moindre étincelle osât pour ainsi dire en approcher ni toucher ses vêtements. Le corps avait la couleur d'un pain nouvellement cuit, ou d'un mélange d'or et d'argent en fusion; l'éclat réjouissait la vue. On respirait comme un agréable mélange d'encens, de myrrhe et de parfums précieux qui dissipait la mauvaise senteur du feu. Cette merveille a étonné les ennemis de notre religion; ils ont été convaincus par leurs propres yeux que le corps d'un chrétien était devenu respectable au plus furieux des éléments. Un de ceux qui entretenaient le bûcher reçut l'ordre de s'en approcher et de reconnaître de plus près la vérité du prodige; on lui dit ensuite d'aller enfoncer son poignard dans le corps du martyr. Il le fit, et à l'heure même le sang sortit en grande abondance et éteignit le feu; en même temps, on vit une colombe sortir du milieu de ces flots pour prendre son essor vers le ciel. Tout le peuple fut alors dans l'étonnement et reconnut la différence entre la mort des chrétiens et celle des autres hommes; plusieurs furent contraints d'admettre la grandeur de notre religion, sans avoir la force de l'embrasser. Ainsi Polycarpe, évêque et docteur de la sainte Eglise de Smyrne, consomma son sacrifice; ce qui lui avait été révélé à ce sujet se réalisa pleinement.
Le démon, cet ennemi irréconciliable des justes, reconnut lui-même que cette vie illustrée par tant de vertus avait été couronnée par une mort pleine de merveilles. Mais il suggéra à ses suppôts l'idée de soustraire aux chrétiens le corps du saint martyr. Déjà plusieurs avaient tenté de recueillir ses cendres quand, à son instigation, les juifs poussèrent Nicétas, père d'Hérode, à aller trouver le proconsul pour lui dire: "Refusez les cendres de Polycarpe aux chrétiens, car ceux-ci vont leur rendre les honneurs dus à la divinité. Comme si les chrétiens pouvaient ne plus reconnaître Jésus pour Seigneur et Maître, après ce qu'il a souffert pour eux, et comme s'il leur était permis d'offrir à un autre qu'à lui leurs prières et leurs voeux!" Le centurion envoyé par le proconsul pour apaiser le différend entre les juifs et nous, touchant le corps du martyr, brûla ces saintes dépouilles. Cependant, nous en avons recueilli quelques ossements; nous les conservons comme l'or et les pierres précieuses. Notre Êglise se réunit pour célébrer avec une sainte allégresse le jour de cette heureuse naissance, le Seigneur nous ayant fait connaître sa volonté sur ce point. Voilà ce qui s'est passé à Smyrne au sujet du bienheureux Polycarpe. Il a souffert le martyre avec douze autres chrétiens de Philadelphie; mais sa mémoire est l'objet de plus de vénération que celle des autres martyrs, toute l'Asie le nomme toujours le Maître. Vous nous avez demandé plus d'une fois le récit détaillé des événemnents nous vous envoyons cette relation par notre frère Marcien. Quand vous aurez lu la lettre, faites-en part aux autres Églises, pour que le Seigneur soit béni en tous lieux du choix que sa grâce fait des élus. Il est puissant pour nous sauver nous-mêmes par Jésus-Christ, notre Seigneur et Sauveur; à lui et à Jésus-Christ gloire, honneur, puissance, majesté dans les siècles des siècles! Ainsi soit-il. Évariste qui a écrit cela vous salue et toute sa famille avec lui. "
Polycarpe a souffert le martyre le 7 des calendes de mars (22 février), le jour du grand samedi, à la huitième heure. Il fut arrêté par Hérode l'Êrénarque, Philippe de Tralles étant pontife, et Statius Quadratus proconsul. On s'est beaucoup occupé en ces derniers temps de l'année; quelques dissidents optent pour l'année 166, mais le plus grand nombre tient pour février 155 (ou 156). Une autre difficulté se présente ici, qui tient à la chronologie des évêques de Rome, en raison de l'avènement du pape Anicet en 155. Il faudrait mettre en 154 ou mieux en 155 la visite de Polycarpe au pape Anicet. Les fidèles de Smyrne ont apporté un soin jaloux à établir un anniversaire pour célébrer la mémoire de Polycarpe. L'histoire ne parle d'aucune translation des reliques en dehors de Smyrne; on prétend qu'il y en eut pourtant soit à Rhodes et à Malte, soit à Rome et enfin à Paris. Les Grecs ont placé la fête du saint martyr au 12 mars, puis au 23 février. Les Latins ont bien, dans quelques exemplaires du martyrologe hiéronymien, un saint Polycarpe au 23 février; mais, depuis longtemps, la fête est au 26 janvier. C'est la date où l'inscrit le martyrologe de Florus. A cause de saint Irénée, évêque de Lyon, qui reçut une copie de la lettre de l'Eglise de Smyrne, on peut faire remonter le culte de saint Polvcarpe jusqu'à l'époque de saint Irénée à Lyon. Mais pourquoi cet ajouté de Florus au 26 janvier "reliquim ejus Lugduni in crypta habentur"?
Bibl. - Le récit du martyre de Polycarpe se présente à nous sous la forme d'une lettre de l'Eglice de Smyrne à l'Eglise de Philadelphie; l'auteur semble avoir été un certain Marcianus, le scribe qui la transcrivit s'appelait Evariste. Cette lettre nous est parvenue par deux voies différentes, indépendantes l'une de l'autre, savoir, Eusèbe, qui l'avait insérée dans une collection aujourd'hui perdue et, plus tard, dans Hist. eccl., 1. 4, c. 15, où il n'en cite textuellement qu'une partie et se contente de résumer le reste.

2° Vers la fin du ive siècle, un auteur, d'ailleurs inconnu, qui se donne à lui-même le nom de Pionius (distinct du martyr nommé au 1er février) et qui composa une "Vie de Polycarpe", éditée pour la première fois par L. Duchesne, Vite S. Polycarpi Smyrnaeorum episcopi, Paris, 1881 (d'après un manuscrit grec du 11ième siècle, Bibl. nat., ms. gr. 1152). Ce faux Pionius inséra dans son oeuvre la lettre des Smyrniotes et y ajouta même un appendice; la Vie est légendaire et sans valeur; la lettre, confrontée avec Hist. eccl. d'Eusèbe, concorde sauf quelques points.
Quant au texte, on le trouve dans Usher, Ignatii Antiocheni et Polycarpi, Smyrnensis martyrie, Londini, 1647. - Th. Ruinart (latin), Acta martyrum sincera, Paris, 1689, p. 28. - F. Funck, Opera Patrum apostolicorum, 2 vol., Tubingu, 1901. - Th. Zahn, Patrum apostolicorum opera, Lipide, 1876. - J.-B. Lightfoot, The apostolic fathers, 2 vol., London, 1883. - Sur les publications Muller-Baden, etc., voir Anal, boll., t. 30, 1911, p. 354. - H. Delehaye, Les passions des martyrs et les genres littéraires, Bruxelles, 1921, p. 11-59, etc. - Sur la date du martyre, dom J. Chapman. dans Revue bénédictine, t. 19, p. 145. Waddington. mémoires... Académie des inscriptions et belles-lettres, t. 26, 1867, p. 222.

(note perso : je me permet de rappeler, tout de même, que quand nos frères Bénédictins utilisent ci-dessus le terme "pape" au sujet de saint Anicet, c'est plus qu'un anachronisme, c'est une incohérence historique totale. Ca leur arrive rarement, mais ici c'est le cas.
Il suffit de (re)lire :

1. Eusèbe et son "Histoire Ecclésiastique", où il précise "le presbytre" en parlant tant de saint Anicet que de Victor; ce dernier qui sera plus tard confronté à cette différence de dates lui aussi. Mais qui se verra envoyer sur les roses par saint Polycrate d'Ephèse, parce qu'il aura voulu prétendre imposer quelque chose au nom d'un prétendu pouvoir romain totalement inexistant à l'époque, et son opposant lui rappelant que lui, Polycrate, c'est sur un siège fondé par un Apôtre qu'il était installé, ce que Victor ne pouvait pas oser affirmer.. On avait donc des "presbytres", pas encore d'évêque, une continuité du système hiérarchique synagogal, et une théologie idem.
Comparons aussi la différence de sainteté entre Anicet et Polycarpe d'une part, et le résultat pacifique de "concorde dans la différence"; et la méthode "Victor" d'autre part, et le résultat de discorde provoqué par une première grave tentative "d'uniformisation dans le non-respect d'autrui"... saint Polycarpe, prie Dieu pour nos responsables d'Eglise... passons..
2. (re)lisons aussi les "Constitutions Apostoliques" de saint Hypolite de Rome, un demi-siècle plus tard dans la même Eglise, pour voir qu'il n'y est pas encore question de "pape", même si il est clair qu'une évolution ecclésiologique a eu lieu depuis peu, puisque là on parle enfin d'évêque
De toute manière, le système hiérarchique avec des métropolites ne se dévéloppera pas avant la paix constantinienne, les Conciles d'où qu'ils soient le montrent de manière indubitable. Donc ce terme "pape", comme aussi le terme "patriarche" qu'on lit chez certains auteurs grecs pour parler de chez eux avant une certaine date, c'est une erreur historique, et vu les implications ecclésiologiques, ce n'est pas innocent. Hélas. Kyrie eleison.
Voir aussi http://www.amdg.be/tu_es_petrus.html
JMD
)


Textes à corriger plus tard :





D'après les Petits Bollandistes, 7ième édition, Bar-le-Duc 1876, entre autres :


A Sirmich, le bienheureux Serenus, solitaire et martyr, qui, s'étant avoué chrétien, fut arrêté par l'ordre de l'empereur Maximien et eut la tête tranchée. + 307. - Au même lieu, la naissance au Ciel de 72 martyrs, qui consommèrent leur triomphe en la susdite ville, et conquirent ainsi les royaumes imortels. - A Astorga, sainte Marthe, vierge et martyre, qui fut mise à mort sous l'empereur Dèce et le proconsule Paterne. + 252. - A Constantinople, saint Lazare, moine, qui, pour avoir peint de saintes images, fut tourmenté par de cruels supplices, d'après le commandement de Théophile, empereur iconoclaste, et eut la main brûlée d'un fer chaud; mais, guéri par la vertu de Dieu, il peignit de nouveau les images effacées par ce prince impie, et enfin il reposa en paix. Vers 860. - Ce même jour, sainte Livrade ou Libérate, honorée comme vierge et martyre en l'église bâtie sous son nom par Charlemagne, en Agenois; autour de cette église s'est formée la ville du même nom. - Saint Vétérin, disciple de saint Martin et missionaire, confesseur, patron de Gennes sur la Loire, en Anjou, dont les reliques, portées à Tournus, furent dans la suite transférées à Corbigny, en Nivernais, puis détruites par les huguenots en 1563. - A Faremoutier, en Brie, sainte Artongathe, vierge. Elle était fille du pieux roi de Kent Erconbert et de sainte Serburge. Quand elle mourut, les anges vinrent chercher son âme en chantant des hymnes. 7ième siècle. - Saint Méraut, abbé, dont le corps est à Saint-Georges de Vendôme, et un ossement au Val-de-Grâce, à Paris. 9ième siècle. - A Trèves, la mémoire de saint Celse, évêque et confesseur, dont le corps fut trouvé par saint Egbert, un de ses successeurs, en 978, et transféré, avec beaucoup d'honneur en l'église de Saint-Euchaire, où il a brillé par beaucoup de miracles. - A Mayence, saint Willigis, archévêque de cette ville. 1011. - En Palestine, saint Dosithée, religieux du monastère de Saint-Séridon, au territoire de Gaza, et disciple de saint Dorothée. Il poussa l'obéissance à un degré fort rare. Vers 530."

[ note: saint Dosithée se fête encore une fois le 29 février dans l'ancien calendrier romain, et le 13 août dans le nouveau calendrier byzantin. ]



SAINT WILLIGISE, EVEQUE DE MAYENCE (+ 1011)
Saint Willigise naquit à Stromingen de Schonenbourg, village de Saxe. Pendant que sa mère le portait dans son sein, il lui apparut sous la figure d'un soleil qui éclairait la terre. Ce signe annonçait quelles seraient un jour sa doctrine et sa vertu. En effet, devenu archi-chapelain d'Othon II, puis archévêque de Mayence, il fut la lumière de l'empire et de l'Eglise. Il fut le précepteur d'Othon III, gouverna l'Etat pendant la minorité de ce prince, et fut appelé par les peuples "Père de l'Empereur et de l'Empire". Othon III n'ayant pas d'enfant, le saint archévêque lui conseilla, pour éviter les discordes intestines, de remettre l'élection de son successeur à certains princes de la Germanie, en admettant aussi le suffrage du pontife romain Grégoire V. Le règne de saint Henri II fut le fruit de ce sage conseil. Willigise s'appliqua avec un égal soin à donner des prélats capables aux églises d'Allemagne : celle de Worms lui dut Burchard, son disciple; celle d'Illdesheim, Gothard; celle de Prague, Adelbert. Il avait bâti l'église métropolitaine de Mayence, qui fut brûlée le jour même de la consécration; il se remit à l'oeuvre pour la relever, mais, prévenu de sa mort, il laissa ce soin à son successeur, saint Bardon. Il bâtit encore à Mayence l'église de Saint-Etienne, premier martyr. Il agrandit à ses frias le monastère de Saint-Victor. Il mourut dans un âge avancé, l'an 1011, et fut enseveli à Saint-Etienne.
Outre qu'elle l'a adopté pour un de ses patrons, la ville de Mayence a conservé la "roue de Saint Willigise" dans ses armoiries, pour rappeler que l'évêque était fils d'un charron. Par une conséquence toute naturelle, les charrons d'Outre-Rhin l'ont choisi pour le protecteur spécial de leur profession. Les artistes qui ont représenté ce saint évêque lui ont aussi mis une église sur la main, par allusion à la cathédrale de Mayence, qu'il recommença 2 fois.
L'église de Saint-Etienne, où il fut enseveli, conserve encore aujourd'hui une de ses chasubles.
Propre de Mayence.
(note jmd : désolé pour les fautes, le texte est quasiment illisible dans les Petits Bollandistes - raison de plus pour tenter de n'en point perdre la mémoire!)

SAINT LAZARRE, MOINE ET PEINTRE ICONOGRAPHE.
860 - évêque de Rome : Nicolas 1er - Empereur d'Orient : Michel 3.
Lazare quitta de bonne heure le Caucase, où il était né, pour embraser la vie contemplative dans un monastère de Constantinople. Durant les heures qu'il ne consacrait point à la dévotion, il apprit la peinture, étude dont on s'occupait généralement dans les couvents, depuis que les Icconoclastes avaient déclaré la guerre aux images. L'empereur Théophile, grand fauteur de ces hérétiques (829), déclara particulièrement la guerre à tous les peintres chrétiens, qu'il résolut de faire mourir, s'ils ne crachaient pas eux-mêmes sur les saintes images et ne les foulaient aux pieds. Notre Saint, qui excellait en l'art de peindre, était donc l'un de ceux qui furent arrètés pour ce sujet. Dès que l'empereur l'eut vu, iI s'efforça de le gagner par de belles parole, afin qu'il se rangea de son parti; mais, voyant qu'il perdait son temps et sa peine, il eut recours à ses violences ordinaires, et fit tourmenter ce religieux avec tant de cruauté, que, ne le croyant plus en état de pouvoir vivre, il le fit jeter dans un cloaque. Mais, peu de temps après, le confesseur de Jésus-Christ, ayant recouvré quelque peu de force et de santé, recommença à travailler à ses ouvrages ordinaires et à peindre des Images; Théophile lui fit appliquer des lames de fer ardentes sur les paumes des mains, ce qui lui consuma toute la chair et le fit tomber demi-mort.
Alors, la Divine Providence, qui voulait réserver ce bon peintre pour servir encore son Eglise, permit que Théophile, gagné par les prières de sa femme, l'impératrice Théodore, et de ses favoris, fit sortir notre Saint de prison. Etant délivré de la sorte, il se tint quelque temps caché à Constantinople, dans une église de saint Jean-Baptiste, que l'on appelait "la Terrible"; là, ce pieux peintre, quoiqu'estropié des mains, ne laissa pas de faire une Image du saint précurseur; elle a duré longtemps, et Dieu s'en est servi pour faire beaucoup de miracles.
Quelques années après, cet empereur mourut misérablement de la dysenterie à la suite d'une bataille perdue contre les Sarrasins (842); et Michel III son fils, lui succéda à l'empire. Ce prince, ayant rétabli, par le soin de sa mère, le culte des saintes images, le religieux Lazare se remit plus que jamais à travailler à de beaux ouvrages, parmi lesquels on remarque une excellente image de Notre-Seigneur Jésus-Christ, qu'il posa sur une colonne d'airain. Supplié par la sainte Impératrice Théodore de pardonner à son défunt mari et de prier Dieu pour son âme, pour qu'il lui fit miséricorde, il lui répondit qu'il n'était plus temps de fléchir la justice de Dieu.
Néanmoins plusieurs auteurs rapportent que cette pieuse princesse sollicita instamment le patriarche Méthodius et les autres évèques assemblés pour célébrer l'anniversaire d'une fète appelée "Orthodoxie", de prier Dieu pour l'empereur son mari, et que les prélats le firent avec une telle ferveur, qu'ils obtinrent de la miséricorde divine la rémission de tous ses crimes. On peut voir là-dessus Bollandus en la "vie de sainte Théodore", au 11 de ce mois.
Michel, persuadé du mérite de notre Saint, l'an troisième de son empire, l'honora d'une célèbre ambassade d'obédience vers le pape Benoit III, nouvellement élu, et le chargea de lui présenter de sa part un livre des Evangiles, couvert d'or massif et enrichi de pierres précieuses; un calice de semblable matière et plusieurs autres ornements d'église en étoffes fort rares: ce qui montre combien Dieu sait honorer ses serviteurs, et quelle récompense il donne, mème dans ce monde, à ceux qui ont enduré quelque peine pour sa gloire et pour la justice.
On ne sait rien des autres actions de saint Lazare, sinon qu'il passa le reste de sa vie dans un grand repos. Les Grecs, dans leur Ménologe, disent qu'il mourut en chemin, dans un second voyage qu'il fit à Rome. On n'en peut déterminer l'année : Il est probable que ce fut vers l'an 880. Il est parlé, dans le Ménologe, au 17 octobre, d'une translation des reliques d'un saint Lazare, de la ville de Chietti à Constantinople, sous rempereur Léon VI. Il y en a qui croient que ce sont les reliques de saint Lazare, frère de sainte Madeleine, et non pas celles de notre Saint.
Ce martyr du culte des Images a été représenté:
1° en train de peindre dans une chapelle;
2° dans sa prison, venant de peindre Notre-Dame: le bourreau lui brûle la main droite avec un fer rougi au feu. Un soldat le tient par l'épaule ; mais on voit bien au calme du Saint que cette précaution est inutile. Il est, avec saint Luc et sainte Catherine de Bologne, un des patrons des peintres.
Le martyrologe romain parle avec honneur de saint Lazare, le 23 février, comme aussi Zonare et Cédrène; et le cardinal Baronius en ses "Remarques", et aux quatorzième et quinzième tomes de ses "Annales" (éditions de Bar-le-Duc)


(icône que l'on peut commander au prieuré "Bethanie" de Gorze
)






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LE MARTYRE DE POLYCARPE : LETTRE DE L'ÉGLISE DE SMYRNE

L'Église de Dieu qui séjourne à Smyrne à l'Église te Dieu qui séjourne à Philomelium et à toutes les communautés de la sainte Eglise catholique qui séjournent en tout lieu : que la miséricorde, la paix et l'amour de Dieu le Père et de notre Seigneur Jésus-Christ vous soient données en plénitude (cf. Jude 2).

1, 1. Nous vous écrivons, frères, au sujet des martyrs et du bienheureux Polycarpe, qui, par son martyre, a pour ainsi dire mis le sceau à la persécution en la faisant cesser. Presque tous les événements antérieurs sont arrivés pour que le Seigneur nous montre encore une fois un martyre conforme à l'Évangile. 2. Comme le Seigneur, en effet, Polycarpe a attendu d'être livré, pour que nous aussi nous soyons ses imitateurs, sans regarder seulement à notre intérêt, mais aussi à celui du prochain (cf. Ph 2, 4). Car c'est le fait d'une charité vraie et solide que de ne pas chercher seulement à se sauver soi-même, mais aussi à sauver tous les frères.

2, 1. Bienheureux donc et généreux tous ces martyres qui sont arrivés selon la volonté te Dieu. Car il nous faut être assez pieux pour attribuer à Dieu la puissance sur toutes choses. 2. Qui n'admirerait la générosité te ces héros, leur patience, leur amour pour le Maître ? Déchirés par les fouets, au point qu'on pouvait voir la constitution de leur chair jusqu'aux veines et aux artères intérieures, ils demeuraient fermes si bien que les spectateurs eux-mêmes en gémissaient de compassion. Ils en vinrent à un tel degré de courage que pas un d'entre eux ne dit un mot ni ne poussa un soupir. Ils nous montrèrent à tous que dans leurs tortures les généreux martyrs du Christ n'étaient plus dans leur corps, ou plutôt que le Seigneur était là qui s'entretenait avec eux. 3. Attentif à la grâce du Christ, ils méprisaient les tortures de ce monde, et en une heure ils achetaient la vie éternelle. Le feu même des bourreaux inhumains était froid pour eux, car ils avaient devant les yeux la pensée d'échapper au feu éternel qui ne s'éteint pas, et des yeux te leur coeur ils regardaient les biens réservés à la patience, biens que l'oreille n'a pas entendus, que l'oeil n'a pas vus, auxquels le coeur de l'homme n'a pas songé (1 Co 2, 9 ; cf. Is 64, 3), mais que le Seigneur leur a montrés, à eux qui n'étaient plus des hommes, mais déjà des anges. 4. De même ceux qui avaient été condamnés aux bêtes enduraient te terribles supplices ; on les étendit sur des coquillages piquants, et on leur fit subir toutes sortes de tourments variés pour les amener à renier, si possible, par ce supplice prolongé.

3, 1. Le diable machinait contre eux toutes sortes de supplices, mais grâce à Dieu, il ne put l'emporter contre aucun d'entre eux. Le généreux Germanicus fortifiait leur timidité par sa constance ; il fut admirable dans la lutte contre les bêtes ; le proconsul voulait le fléchir et lui disait d'avoir pitié de sa jeunesse ; mais il attira sur lui la bête en lui faisant violence, voulant être plus vite délivré de cette vie injuste et inique. 2. Alors toute la foule, étonnée devant le courage de la sainte et pieuse race des chrétiens, s'écria : " A bas les athées ; faites venir Polycarpe. "

4. Mais l'un d'entre eux, nommé Quintus, un Phrygien récemment arrivé de Phrygie, fut pris de peur à la vue des bêtes. C'est lui qui avait entraîné quelques frères à se présenter spontanément avec lui devant le juge. Le proconsul, par ses prières instantes, réussit à le persuader de jurer et de sacrifier. C'est pourquoi, frères, nous ne louons pas ceux qui se présentent d'eux-mêmes, puisque ce n'est pas l'enseignement de l'Évangile.

5, 1. Quant à l'admirable Polycarpe, tout d'abord il ne se troubla pas à ces nouvelles, mais il voulait rester en ville ; mais la plupart cherchaient à le persuader de s'éloigner secrètement. Il se retira donc dans une petite propriété située non loin de la ville, avec un petit nombre < de compagnons> ; nuit et jour il ne faisait que prier pour tous les hommes et pour les Églises du monte entier, comme c'était son habitude. 2. Et étant en prière, il eut une vision, trois jours avant d'être arrêté : il vit son oreiller entièrement brûlé par le feu ; et se tournant vers ses compagnons il leur dit : " Je dois être brûlé vif. "

6, 1. Comme on continuait à le chercher, il passa dans une autre propriété, et aussitôt arrivèrent ceux qui le cherchaient. Ne le trouvant pas, ils arrêtèrent deux petits esclaves, et l'un d'eux, mis à la torture, avoua. 2. Il lui était donc impossible d'échapper, puisque ceux qui le livraient étaient dans sa maison ; et l'irénarque, qui avait reçu le même nom qu'Hérode, était pressé de le conduire au stade ; ainsi lui, il accomplirait sa destinée, en entrant en communion avec le Christ, tandis que ceux qui l'avaient livré recevraient le châtiment de Judas lui-même.

7, 1. Prenant avec eux l'esclave,--c'était un vendredi vers l'heure tu souper--, les policiers et les cavaliers, armés comme à l'ordinaire, partirent comme pour courir " après un bandit " (cf. Mt 26, 55). Et tard, dans la soirée, survenant tous ensemble, ils le trouvèrent couché dans une petite chambre à l'étage supérieur. Il pouvait encore s'en aller dans une autre propriété, mais il ne le voulut pas et dit : " Que la volonté de Dieu soit faite. " 2. Apprenant donc que les agents étaient là, il descendit et causa avec eux ; ils s'étonnaient de son âge et de son calme, et de toute la peine qu'on prenait pour arrêter un homme aussi âgé. Aussitôt, à l'heure qu'il était, il leur fit servir à manger et à boire autant qu'ils voulaient ; il leur demanda < seulement > de lui donner une heure pour prier à son gré. 3. Ils le lui accordèrent, et debout, il se mit à prier, rempli de la grâce de Dieu au point que deux heures durant il ne put s'arrêter de parler, et que ceux qui l'entendaient en étaient étonnés et que beaucoup se repentirent d'être venus arrêter un si saint vieillard.

8, 1. Quant enfin, il cessa sa prière, dans laquelle il avait rappelé tous ceux qu'il avait jamais rencontrés, petits et grands, illustres ou obscurs, et toute l'Église catholique répandue par toute la terre, l'heure étant venue de partir, on le fit monter sur un âne, et on l'emmena vers la ville ; c'était jour de grand sabbat. 2. L'irénarque Hérode et son père Nicétès vinrent au-devant de lui, et le firent monter dans leur voiture ; assis à côté de lui, ils essayaient de le persuader en disant : " Quel mal y a-t-il à dire : César est Seigneur, à sacrifier, et tout le reste, pour sauver sa vie ? " Lui, d'abord, ne répondit pas, et, comme ils insistaient, il dit : " Je ne ferai pas ce que vous me conseillez. " 3. Alors, ne réussissant pas à le persuader, ils lui dirent toutes sortes d'injures, et il le firent descendre de la voiture si précipitamment qu'il se déchira le devant de la jambe. Sans se retourner, et comme si rien ne lui était arrivé, il marchait allègrement ; il allait vers le stade, et il y avait un tel tumulte dans le stade que personne ne pouvait s'y faire entendre.

9, 1. Quand Polycarpe entra dans le stade, une voix du ciel se fit entendre : " Courage, Polycarpe, et sois un homme. " Personne ne vit celui qui parlait, mais la voix, ceux des nôtres qui étaient là l'entendirent.
Enfin, on le fit entrer, et le tumulte fut grand quant le public apprit que Polycarpe était arrêté. 2. Le proconsul se le fit amener et lui demanda si c'était lui Polycarpe. Il répondit que oui, et le proconsul cherchait à le faire renier en lui disant : " Respecte ton grand âge " et tout le reste qu'on a coutume de dire en pareil cas ; " Jure par la fortune de César, change d'avis, dis : A bas les athées. " Mais Polycarpe regarda d'un oeil sévère toute cette foule de païens impies dans le stade, et fit un geste de la main contre elle, puis soupirant et levant les yeux, il dit : " A bas les athées. " 3. Le proconsul insistait et disait : " Jure, et je te laisse aller, maudis le Christ " ; Polycarpe répondit : " Il y a quatre-vingt six ans que je le sers, et il ne m'a fait aucun mal ; comment pourrais-je blasphémer mon roi qui m'a sauvé ? "
10, 1. Et comme il insistait encore et disait : " Jure par la fortune de César ", Polycarpe répondit : " Si tu t'imagines que je vais jurer par la fortune de César, comme tu dis, et si tu fais semblant de ne pas savoir qui je suis, écoute <je te le dis> franchement : Je suis chrétien. Et si tu veux apprendre de moi la doctrine du christianismel8, donne-moi un jour, et écoute-moi. " 2. Le proconsul répondit : " Persuade cela au peuple. " Polycarpe reprit : " Avec toi, je veux bien discuter ; nous avons appris en effet à donner aux autorités et aux puissances établies par Dieu le respect convenable, si cela ne nous fait pas tort. Mais ceux-là, je ne les estime pas si dignes que je me défende devant eux. "

11, 1. Le proconsul dit : " J'ai des bêtes, et je te livrerai à elles si tu ne changes pas d'avis. " Il dit : " Appelle-les, il est impossible pour nous de changer d'avis pour passer du mieux au pire, mais il est bon de changer pour passer du mal à la justice. " 2. Le proconsul lui répondit : Je te ferai brûler par le feu puisque tu méprises les bêtes, si tu ne changes pas d'avis. " Polycarpe lui dit : " Tu me menaces d'un feu qui brûle un moment et peu de temps après s'éteint ; car tu ignores le feu du jugement à venir et du supplice éternel réservé aux impies. Mais pourquoi tarder ? Va, fais ce que tu veux. "

12, 1. Voilà ce qu'il disait et beaucoup d'autres choses encore ; il était tout plein de force et de joie et son visage se remplissait de grâce. Non seulement il n'avait pas été abattu ni troublé par tout ce qu'on lui disait, mais c'était au contraire le proconsul qui était stupéfait ; il envoya son héraut au milieu du stade proclamer trois fois : " Polycarpe s'est déclaré chrétien. " 2. A ces paroles du héraut, toute la foule des païens et des Juifs, établis à Smyrne, avec un déchaînement de colère, se mit à pousser de grands cris : " Voilà le docteur de l'Asie, le père des chrétiens, le destructeur de nos dieux ; c'est lui qui enseigne tant de gens à ne pas sacrifier et à ne pas adorer. " En disant cela, ils poussaient des cris et demandaient à l'asiarque Philippe de lâcher un lion sur Polycarpe. Celui-ci répondit qu'il n'en avait pas le droit, puisque les combats de bêtes étaient terminés. 3. Alors il leur vint à l'esprit de crier tous ensemble : " Que Polycarpe soit brûlé vif ! " Il fallait que s'accomplît la vision qui lui avait été montrée : pendant sa prière, voyant son oreiller en feu, il avait dit d'un ton prophétique aux fidèles qui étaient avec lui : " Je dois être brûlé vif " (V, 2).

13, 1. Alors les choses allèrent très vite, en moins de temps qu'il n'en fallait pour les dire : sur-le-champ la foule alla ramasser dans les ateliers et dans les bains du bois et des fagots,--les Juifs surtout y mettaient de l'ardeur, selon leur habitude. 2. Quand le bûcher fut prêt, il déposa lui-même tous ses vêtements et détacha sa ceinture, puis il voulut se déchausser lui-même : il ne le faisait pas auparavant, parce que toujours les fidèles s'empressaient à qui le premier toucherait son corps : même avant son martyre, il était toujours entouré de respect à cause de la sainteté de sa vie. 3. Aussitôt donc, on plaça autour de lui les matériaux préparés pour le bûcher ; comme on allait l'y clouer, il dit : " Laissez-moi ainsi : celui qui me donne la force de supporter le feu, me donnera aussi, même sans la protection de vos clous, de rester immobile sur le bûcher. "

14, 1. On ne le cloua donc pas, mais on l'attacha. Les mains derrière le dos et attaché, il paraissait comme un bélier de choix pris d'un grand troupeau pour le sacrifice, un holocauste agréable préparé pour Dieu.
Levant les yeux au ciel, il dit : " Seigneur, Dieu tout-puissant, Père de ton enfant bien-aimé, Jésus-Christ, par qui nous avons reçu la connaissance de ton nom, Dieu des anges, des puissances, de toute la création, et de toute la race des justes qui vivent en ta présence, 2. je te bénis pour m'avoir jugé digne de ce jour et de cette heure, de prendre part au nombre de tes martyrs, au calice de ton Christ, pour la résurrection de la vie éternelle de l'âme et du corps, dans l'incorruptibilité de l'Esprit-Saint. Avec eux, puissé-je être admis aujourd'hui en ta présence comme un sacrifice gras et agréable, comme tu l'avais préparé et manifesté d'avance, comme tu l'as réalisé, Dieu sans mensonge et véritable. 3. Et c'est pourquoi pour toutes choses je te loue, je te bénis, je te glorifie, par le grand prêtre éternel et céleste Jésus-Christ, ton enfant bien-aimé, par qui soit la gloire à toi avec lui et l'Esprit-Saint maintenant et dans les siècles à venir.

15, 1. Quand il eut fait monter cet Amen et achevé sa prière, les hommes du feu allumèrent le feu. Une grande flamme brilla, et nous vîmes une merveille, nous à qui il fut donné de le voir, et qui avions été gardés pour annoncer aux autres ces événements. 2. Le feu présenta la forme d'une voûte, comme la voile d'un vaisseau gonflée par le vent, qui entourait comme d'un rempart le corps du martyr ; il était au milieu, non comme une chair qui brûle, mais comme un pain qui cuit, ou comme de l'or ou de l'argent brillant dans la fournaise. Et nous sentions un parfum pareil à une bouffée d'encens ou à quelque autre précieux aromate.

16, 1. A la fin, voyant que le feu ne pouvait consumer son corps, les impies ordonnèrent au confector d'aller le percer de son poignard. Quand il le fit, jaillit une quantité de sang qui éteignit le feu, et toute la foule s'étonna de voir une telle différence entre les incroyants et les élus. 2. Parmi ceux-ci fut l'admirable martyr de Polycarpe qui fut, en nos jours, un maître apostolique et prophétique, l'évêque de l'Église catholique de Smyrne ; toute parole qui est sortie de sa bouche s'est accomplie ou s'accomplira.

17, 1. Mais l'envieux, le jaloux, le mauvais, l'adversaire de la race des justes, voyant la grandeur de son témoignage et sa vie irréprochable dès le début, le voyant couronné de la couronne d'immortalité, et emportant une récompense incontestée, essaya de nous empêcher d'enlever son corps, bien que beaucoup d'entre nous voulussent le faire pour posséder sa sainte chair. 2. Il suggéra donc à Nicétès, le père d'Hérode, le frère d'Akè, d'aller trouver le magistrat pour qu'il ne nous livre pas le corps : " Pour qu'ils n'aillent pas, dit-il, abandonner le crucifié et se mettre à rendre un culte à celui-ci. " Il disait cela à la suggestion insistante des Juifs, qui nous avaient surveillés quand nous voulions retirer le corps du feu. Ils ignoraient que nous ne pourrons jamais ni abandonner le Christ qui a souffert pour le salut de tous ceux qui sont sauvés dans le monde, lui l'innocent pour les pécheurs,--ni rendre un culte à un autre. 3. Car lui, nous l'adorons, parce qu'il est le fils de Dieu; quant aux martyrs, nous les aimons comme disciples et imitateurs du Seigneur, et c'est juste, à cause de leur dévotion incomparable envers leur roi et maître ; puissions-nous, nous aussi, être leurs compagnons et leurs condisciples.

18, 1. Le centurion, voyant la querelle suscitée par les Juifs, exposa le corps au milieu et le fit brûler comme c'était l'usage. 2. Ainsi, nous pûmes plus tard recueillir ses ossements plus précieux que des pierres de grand prix et plus précieux que l'or, pour les déposer en un lieu convenable. 3. C'est là, autant que possible que le Seigneur nous donnera de nous réunir dans l'allégresse et la joie, pour célébrer l'anniversaire de son martyre, de sa naissance, en mémoire de ceux qui ont combattu avant nous, et pour exercer et préparer ceux qui doivent combattre à l'avenir.

19 1. Telle fut l'histoire du bienheureux Polycarpe, qui fut, avec les frères de Philadelphie, le douzième à souffrir le martyre à Smyrne ; mais de lui seul on garde le souvenir plus que des autres, au point que partout les païens eux-mêmes parlent de lui. Il fut non seulement un docteur célèbre, mais aussi un martyr éminent, dont tous désirent imiter le martyre conforme à l'Évangile du Christ. 2. Par sa patience, il a triomphé du magistrat inique, et ainsi il a remporté la couronne de l'immortalité ; avec les Apôtres et tous les justes, dans l'allégresse, il glorifie Dieu, le Père tout-puissant, et bénit notre Seigneur Jésus-Christ, le sauveur de nos âmes et le pilote de nos corps, le berger de l'Église universelle par toute la terre.

20 1. Vous aviez désiré être informés avec plus de détail sur ces événements ; pour l'instant, nous vous en avons donné un récit sommaire par notre frère Marcion. Quand vous aurez pris connaissance de cette lettre, transmettez-la aux frères qui sont plus loin pour qu'eux aussi glorifient le Seigneur qui fait son choix parmi ses serviteurs. 2. A celui qui, par sa grâce et par son don, peut nous introduire tous dans son royaume éternel par son fils unique Jésus-Christ, à lui la gloire, l'honneur, la puissance, la grandeur dans les siècles (cf. 1 Tm 6, 16 ; 1 P. 4, 11 ; Jude 25 ; Ap 1,16; 5,13 ; etc.).
Saluez tous les saints (cf. Rm 16, 15; Hé 13, 24; etc.)
Ceux qui sont avec nous vous saluent, et aussi Erariste qui a écrit cette lettre, avec toute sa famille.

21. Le bienheureux Polycarpe a rendu témoignage au début du mois de Xanthique, le deuxième jour, le septième jour avant les calendes de mars, un jour de grand sabbat, à la huitième heure. Il avait été arrêté par Hérode, sous le pontificat de Philippe de Tralles, et le proconsulat de Statius Quadratus, mais sous le règne éternel de notre Seigneur Jésus-Christ ; à lui soit la gloire, l'honneur, la grandeur, le trône éternel de génération en génération. Amen.

Appendice.
22, 1. Nous vous souhaitons bonne santé, frères, marchez selon l'Évangile, dans la parole de Jésus-Christ ; avec lui, gloire à Dieu le Père et au Saint-Esprit, pour le salut des saints élus. C'est ainsi que témoigna le bienheureux Polycarpe ; puissions-nous marcher sur ses traces, et être trouvés avec lui dans le royaume de Dieu.
2. Gaïus a transcrit cette lettre sur le manuscrit d'Irénée, disciple de Polycarpe ; Gaïus a vécu avec Irénée. Et moi, Socrate, je l'ai copiée d'après la copie de Gaïus. La grâce soit avec tous.
3. Et moi, à mon tour, Pionius, je l'ai copiée sur l'exemplaire ci-dessus ; je l'ai recherché, après que le bienheureux Polycarpe me l'eût montré dans une révélation, comme je le raconterai par la suite. J'ai rassemblé les fragments presque détruits par le temps ; que le Seigneur Jésus-Christ me rassemble aussi avec ses élus dans le royaume du ciel ; à lui la gloire avec le Père et le Saint-Esprit dans les siècles des siècles. Amen.

Appendice du manuscrit de Moscou.
1. Gaïus a copié ceci dans les écrits d'Irénée ; il avait vécu avec Irénée, qui fut disciple de saint Polycarpe.
2. Cet Irénée, qui était à Rome à l'époque du martyre de l'évêque Polycarpe, instruisit beaucoup de personnes. On a de lui beaucoup d'écrits très beaux et très orthodoxes ; il y fait mention de Polycarpe, disant qu'il avait été son disciple ; il réfuta vigoureusement toutes les hérésies et nous transmet la règle ecclésiastique et catholique, telle qu'il l'avait reçue du saint.
3. Il dit aussi ceci : Marcion, d'où viennent ceux qu'on appelle les marcionites, ayant un jour rencontré saint Polycarpe, lui dit : " Reconnais-nous, Polycarpe. " Mais lui dit à Marcion : " Je reconnais, je reconnais le premier-né de Satan. "
4. On lit aussi ceci dans les écrits d'Irénée : Au jour et à l'heure où Polycarpe souffrit le martyre à Smyrne, Irénée se trouvant à Rome entendit une voix pareille à une trompette qui disait : Polycarpe a été martyrisé.
5. Comme on l'a dit, c'est donc dans les écrits d'Irénée que Gaïus a copié ceci, et Isocrate à Corinthe l'a transcrit sur la copie de Gaïus. Et moi, Pionius, à mon tour je l'ai copié sur l'exemplaire d'Isocrate, que j'avais recherché d'après une révélation de saint Polycarpe. J'en ai rassemblé les fragments presque détruits par le temps. Que le Seigneur Jésus-Christ me rassemble aussi avec ses élus dans la gloire du ciel ; à lui la gloire avec le Père et le Saint-Esprit dans les siècles des siècles.
Amen.
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Textes à corriger plus tard :






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que les saints Anges du Seigneur veillent sur vous!

jean-michel


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