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La Confession de Saint Pádraig (Patrick)
LIBRI EPISTOLARVM SANCTI PATRICII EPISCOPI
Et alors "le Seigneur ouvrit l'intelligence de mon
coeur incrédule 1 s, pour que je me souvienne, fût-ce
tard, de mes péchés, que "je me convertisse 2 de tout mon
coeur au Seigneur mon Dieu ", qui "a considéré ma
bassesse ", a pris pitié de ma jeunesse et de mon ignorance, m'a
gardé avant que je le connaisse et avant que je sois
sensé et sache faire la distinction entre le bien et le mal, m'a
fortifié et m'a consolé comme un père console son
fils. Translated
from the Latin by Ludwig Bieler Page
originale : http://www.nireland.com/orthodox/confess.htm site
internet disparu, fichier récupéré sur :
http://web.archive.org/ traduction
ce 17 mars 2005 par JM Dossogne, © www.amdg.be
LIBER PRIMVS : CONFESSIO
LIVRE DES ÉPÎTRES DE SAINT PATRICK ÉVÊQUE
LIVRE I - CONFESSION
en latin : http://www.ucc.ie/celt/published/L201060/index.html
en anglais : http://www.ccel.org/ccel/patrick/confession.htm
ou ici : http://www.nireland.com/orthodox/confess.htm
http://www.irishchristian.com/stpatrick/confessio1.html
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Moi, Patrick, un pécheur, le plus inculte et le dernier de tous
les fidèles, profondément méprisable pour un grand
nombre, ai eu pour père Calpornius, un diacre, fils de Potitus,
un prêtre, qui demeurait au village de Bannavem Taburniae ; il
avait, dans les environs, un domaine à la campagne, où je
fus fait prisonnier.
J'avais alors environ 16 ans. J'ignorais le vrai Dieu et je fus
emmené en captivité en Irlande avec tant de milliers de
gens. Nous l'avions bien mérité, car "nous nous
étions détournés de Dieu, nous n'avions pas
observé ses commandements" et nous avions manqué
d'obéissance envers nos prêtres qui nous exhortaient pour
notre salut et le Seigneur "a fait passer sur nous la violence de sa
colère et nous a dispersés parmi de nombreuses
nations", "jusqu'à l'extrémité" même
"de la terre ", là où maintenant le peu que je suis
demeure parmi des étrangers.
Aussi ne puis-je taire - "et en effet, cela ne
convient pas" - ces grands bienfaits et la grâce si grande que le
Seigneur a daigné m'accorder "dans la terre de ma
captivité"; car ce que nous pouvons rendre à Dieu, c'est,
après avoir été corrigés et avoir reconnu
Dieu, de "magnifier et de louer ses oeuvres admirables en
présence de toute nation se trouvant quelque part sous le ciel.
Car il n'y a pas d'autre Dieu, il n'y eut jamais auparavant, il n'y
aura pas dans la suite des temps que Dieu, le Père
inengendré, sans commencement, de Qui procède tout
commencement et Qui maintient toutes choses, le Seigneur de l'univers,
comme nous le disons; et Son Fils Jésus-Christ qui, nous
l'attestons, est toujours demeuré avec le Père,
engendré spirituellement d'une manière ineffable avant le
commencement du monde, auprès du Père, antérieur
à tout commencement, et par Lui ont été
créées les choses visibles et les invisibles ; Il s'est
fait homme; après avoir vaincu la mort, il a été
admis au Ciel par le Père; "et Il [le Père] lui a
donné une puissance absolue sur tout être qui qui soit
[qui est nommable] au Ciel, sur terre et aux enfers; et toute langue
doit lui rendre ce témoignage que Jésus-Christ est
Seigneur et Dieu , en Qui que nous croyons et Lui dont nous
espérons le retour prochain, Lui "le Juge des vivants et des
morts", qui rendra à chacun selon ses oeuvres et Qui a
répandu abondamment sur nous son Esprit-Saint, don et gage
d'immortalité, Qui fait de ceux qui croient et obéissent
des "fils de Dieu" et des "cohéritiers du Christ", et Lui nous
Le confessions et adorons, Dieu Un dans la Trinité du Saint Nom.
Car il a dit lui-même par l'intermédiaire du
prophète : "Invoque-moi au jour de ta détresse, je
te libérerai et tu me glorifieras". Et il dit aussi : "Il
est bon de révéler et de confesser les oeuvres de Dieu."
Bien que je sois imparfait en beaucoup de choses, je souhaite
néanmoins à mes frères et à ma
parenté de savoir qui je suis, afin qu'ils puissent comprendre
le désir de mon âme [coeur].
Je n'ignore pas "le témoignage de mon Seigneur, qui
déclare dans le Psaume : "Tu perdras ceux qui profèrent
le mensonge". Il dit aussi "La bouche qui ment tue l'âme."
Et le même Seigneur dit dans l'Evangile
"De toute parole vaine qu'ils auront proférée, les
hommes rendront compte au Jour du Jugement."
C'est pourquoi j'aurais dû redouter vivement, "avec crainte et
tremblement", la sentence de ce jour où nul ne pourra ni
échapper ni se cacher, mais où tous, sans exception,
"nous aurons à rendre des comptes devant le tribunal du Seigneur
Christ" et même pour les moindres de nos péchés.
C'est pourquoi, je songeais à écrire, mais j'ai
hésité jusqu'à
présent, car je craignais de "devenir la proie de la langue" des
hommes, parce que je ne me suis pas instruit comme les autres, qui se
sont pénétrés parfaitement de droit et de
l'Ecriture Sainte, l'un et
l'autre pareillement, et qui, depuis leur enfance, n'ont jamais
changé
de langage, mais l'ont, au contraire, toujours perfectionné. En
effet,
dans notre cas, ce que je disais a dû être traduits dans
une langue
étrangère : aussi est-il aisé de reconnaître
aux accents de ma manière
d'écrire comment j'ai peu été formé et
instruit dans le langage; car,
dit l'Ecriture en effet, "Le sage se reconnaîtra à sa
langue, ainsi que
son intelligence, sa science et son enseignement de la
vérité.
Mais à quoi bon une excuse, même si elle est
véridique, surtout si j'ai la présomption de rechercher
maintenant dans ma vieillesse ce que je ne me suis pas acquis dans ma
jeunesse? Ce sont mes péchés qui m'ont
empêché de consolider ce qu'auparavant j'avais lu
superficiellement. Mais qui me croit, même si je
répète ce que j'ai déjà dit auparavant?
Adolescent ou plutôt jeune garçon encore imberbe, je fus
fait prisonnier, avant de savoir ce que je devais rechercher ou
éviter. C'est pourquoi je rougis aujourd'hui et j'ai grand-peur
de dévoiler mon incapacité, car je ne suis pas capable
d'exprimer avec concision devant des hommes instruits ce que mon
esprit et mon intelligence sont impatients de dire et ce que me fait
voir le sentiment de mon coeur.
Mais, si j'avais reçu les mêmes dons que les autres,
je ne tairais certes pas mes actions de grâces et, si par hasard
je semble arrogant à certains en me mettant en avant avec mon
ignorance et ma langue traînante, il est pourtant aussi
écrit : "Les langues balbutiantes apprendront vite à dire
la paix."
Nous avons d'autant plus à le rechercher que nous sommes, est-il
dit, "une lettre du Christ destinée à porter le Salut
jusqu'à l'extrémité de la terre " et, si cette
lettre n'est pas éloquente, du moins ... est-elle "écrite
dans vos coeurs non avec de l'encre mais avec l'Esprit du Dieu vivant!
" L'Esprit atteste, d'autre part, que "même la vie des rustres a
été créée par le Très-Haut."
C'est pourquoi, moi qui étais d'abord un rustre exilé
et sans instruction, moi qui ne sais pas prévoir l'avenir, je
sais cependant une chose avec certitude, c'est qu'avant d'être
humilié j'étais comme une pierre gisant dans une boue
profonde; mais Il est venu, "Celui qui est puissant", et dans Sa
Miséricorde Il m'a pris, Il m'a hissé vraiment bien haut
et m'a placé au sommet du mur. Et c'est pourquoi je devrais
élever la voix très fort, afin de rendre aussi quelque
chose au Seigneur pour Ses bienfaits ici-bas et dans
l'éternité, bienfaits si grands que l'esprit des hommes
est incapable de les évaluer.
Soyez donc dans l'admiration, "grands et petits qui craignez Dieu
", et vous, hommes de lettres, écoutez donc et fouillez
attentivement. Qui m'a suscité, moi l'insensé, du milieu
de ceux qui passent pour sages, docteurs de la loi, puissants en
paroles et en toutes choses? et qui m'a plus que d'autres
inspiré, moi, le rebut de ce monde, pour que, dans la crainte et
le respect et sans être sujet de plainte, si j'en suis capable
(pourvu que je le sois!), je serve fidèlement le peuple vers
lequel l'amour du Christ m'a porté et à qui Il m'a
ensuite donné, pour que, si j'en suis digne, je le serve toute
ma vie humblement et sincèrement.
Dès lors à la lumière de notre Foi en la
Trinité, je dois faire ce choix et, sans appréhender le
danger, de proclamer le don de Dieu et sa "consolation
éternelle", de répandre sans crainte mais avec confiance
le Nom de Dieu en tout lieu, afin que, même après ma mort,
je laisse un héritage à mes frères et à mes
fils, à ces milliers d'hommes que j'ai baptisés dans le
Seigneur!
Et je n'étais ni digne ni tel qu'il l'aurait fallu pour que
le Seigneur fasse ce don à Son serviteur et qu'après tant
d'épreuves et tant de peines, après la captivité
et après de nombreuses années, Il m'accorde une si grande
grâce au milieu de ce peuple, une chose que jadis, dans ma
jeunesse, je n'avas jamais espérée ni même
imaginée.
Mais, lorsque je fus arrivé en Irlande - je faisais
paître le bétail chaque jour et je priais souvent dans la
journée -, l'amour de Dieu et sa crainte m'envahirent de plus en
plus, ma Foi grandit. Mon esprit se laissa conduire, de sorte que je
faisais environ 100 prières en un seul jour et à peu
près autant de nuit, aussi bien quand je demeurais dans les
forêts que sur la montagne, que je me levais avant le jour pour
prier, dans la neige, gel et pluie, que je ne ressentais aucun mal et
qu'il n'y avait aucune paresse en moi - comme je le vois maintenant,
car alors l'esprit était en moi plein d'ardeur.
Et là j'entendis une nuit, dans mon sommeil, une voix qui me
disait : "Tu as bien fait de jeûner, tu vas bientôt
retourner dans ta patrie". Et peu de temps après, je
perçus de nouveau une parole qui me disait : "Vois, ton bateau
est prêt". Et ce n'était pas dans le voisinage mais
à une distance de 300 km, je n'y avais jamais été
et je n'y connaissais absolument personne; peu après, je me
déterminai à fuir, je quittai l'homme auprès
duquel j'étais resté 6 ans. J'avançai par la force
de Dieu, qui dirigeait ma route vers le bien, et je n'eus rien à
craindre jusqu'au moment où je parvins à ce bateau.
Le jour même où j'y parvins, le bateau fut mis
à l'eau et je leur parlai afin de payer pour pouvoir voyager
avec eux; le capitaine en fut fâché et me répondit
vivement et avec indignation : "C'est en vain que tu vas demander
à venir avec nous". Entendant cela, je m'éloignai d'eux
afin de regagner une petite cabane où je demeurais. Chemin
faisant, je me mis à prier et, avant d'avoir terminé ma
prière, j'entendis l'un d'eux qui criait d'une voix forte
derrière moi : "Viens vite, nous t'accueillons de confiance; lie
amitié avec nous de la manière que tu voudras". Ce
jour-là je refusai de leur baiser la poitrine, par crainte de
Dieu mais surtout espérant qu'ils m'accorderaient de venir avec
eux en prêtant serment par Jésus-Christ, car
c'étaient des païens. Et grâce à cela, j'eus
gain de cause auprès d'eux et nous levâmes aussitôt
l'ancre.
Ayant touché terre au bout de 3 jours, nous marchâmes
ensuite pendant 28 jours à travers une contrée
déserte. Et la nourriture vint à leur manquer et "la faim
s'appesantit sur eux" ; un jour, le capitaine se mit à me dire :
"Hé bien, Chrétien, tu dis que ton Dieu est grand et
tout-puissant; pourquoi donc ne pries-tu pas pour nous? car nous sommes
en danger de mourir de faim; en effet, il y a peu de chances que nous
revoyions jamais un être humain". Alors, moi je leur
répondis avec assurance : "Convertissez-vous en
vérité et de tout votre coeur au Seigneur mon Dieu - car
rien ne lui est impossible - pour qu'il vous envoie aujourd'hui de la
nourriture sur votre route jusqu'à ce que vous soyez
rassasiés, car il en a partout en abondance". Et c'est ce qui
arriva avec l'aide de Dieu voici qu'un troupeau de porcs apparut sur le
chemin devant nos yeux; ils en tuèrent beaucoup et
restèrent 2 jours en ce lieu à se restaurer et à
se refaire grâce à la viande des porcs; et leurs chiens
reçurent grande quantité, car un grand nombre d'entre eux
étaient, en effet, tombés en défaillance et
avaient été "abandonnés à demi morts" au
bord du chemin; ils rendirent ensuite hautement grâces à
Dieu et je fus honoré à leurs yeux; à partir de ce
moment-là ils eurent de la nourriture en abondance; ils
trouvèrent même du miel sauvage et "m'en offrirent" ; mais
l'un d'eux dit "On l'offre en sacrifice". Dieu soit loué, je
n'en avais pas du tout goûté.
La même nuit, au cours de mon sommeil, Satan m'assailla
violement, dont je me souviendrai "tant que je vivrai dans ce corps".
Il tomba sur moi comme un énorme rocher et tous mes membres
étaient réduits à l'impuissance. Mais d'où
vint à l'esprit de l'ignorant que j'étais l'idée
d'invoquer Élie? Je vis à ce moment-là le soleil
se lever dans le ciel et, tandis que j'appelais de toutes mes forces
"Elie, Elie", voici que l'éclat de ce soleil tomba sur moi et
aussitôt me libéra de toute misère. Et je crois que
j'ai été secouru par le Christ, mon Seigneur, et que
c'est son Esprit qui criait alors pour moi et j'espère qu'il en
sera de même au jour de mon angoisse, comme il est dit dans
l'Evangile "En ce jour-là, le Seigneur l'atteste, ce n'est pas
vous qui parlez, mais l'Esprit de votre Père qui parle en vous."
Et de nouveau, bien des années plus tard, je fus
emmené en captivité pour la seconde fois. La
première nuit, je demeurai donc avec eux, j'entendis une voix
divine qui me disait : "Tu resteras 2 mois avec eux". Ce qui arriva la
soixantième nuit, le Seigneur me délivra de leurs mains.
De plus, au cours de notre chemin, Dieu nous fournit chaque jour
nourriture, feu et temps sec, jusqu'au dixième jour, où
nous rencontrâmes des hommes. Comme je l'ai dit plus haut, nous
avions marché 28 jours à travers le désert, et la
nuit où nous rencontrâmes des hommes, nous n'avions plus
rien comme nourriture.
Après quelques années, j'étais de nouveau en
(Grande-)Bretagne [Brittanis] dans ma parenté; ils
m'accueillirent comme un fils et me conjurèrent de ne pas les
quitter pour aller ailleurs, désormais du moins, après
tant d'épreuves que j'avais endurées. Et c'est là
que "je vis, dans une vision nocturne", un homme du nom de Victorinus,
qui paraissait venir d'Irlande avec d'innombrables lettres. Il m'en
donna une et je lus le début de cette lettre où il
était écrit "La Voixl des Irlandais"; et, tandis que je
lisais le début de la lettre, je croyais entendre au même
instant l'appel de ceux qui demeuraient à côté de
la forêt de Voelute, qui est près de la mer Occidentale,
et voici ce qu'ils criaient "comme d'une seule bouche : "Saint
garçon, nous te prions de revenir marcher parmi nous". Et je fus
profondément ému dans mon coeur et ne pus continuer ma
lecture, et c'est ainsi que je m'éveillai. Dieu soit
loué, car au bout de nombreuses années le Seigneur
exauça leur cri.
Et, une autre nuit - "si ce fut en moi ou en dehors de moi,
je ne sais, Dieu le sait" -, des paroles furent dites avec beaucoup
d'éloquence, paroles que j'entendis mais ne pus comprendre, si
ce n'est à la fin du discours, où il fut dit "Celui qui a
donné Sa vie pour toi, c'est Lui Qui parle en toi"; et ainsi je
m'éveillai plein de joie.
Et, une autre fois, je Le vis Qui priait en moi; j'étais
comme à l'intérieur de mon corps et je L'entendis
au-dessus de moi, c'est-à-dire au-dessus de l'homme
intérieur, et là Il priait à haute voix avec
gémissements. Et pendant ce temps, j'étais dans la
stupeur et l'étonnement et me demandais quel était celui
qui priait en moi. Mais à la fin de la prière Il
déclara qu'Il était l'Esprit; ainsi je m'éveillai
et je me souvins des paroles de l'Apôtre : "Pareillement l'Esprit
vient au secours de notre faiblesse; car nous ne savons que demander
pour prier comme il faut; mais l'Esprit lui-même intercède
pour nous en des gémissements ineffables, ce qui ne peut
s'exprimer à l'aide de mots"; et encore "Le Seigneur, notre
défenseur, demande à notre place."
Et je fus mis à l'épreuve par quelques-uns de mes
aîinés, qui vinrent rappeler le souvenir de mes
péchés, à l'encontre d'un épiscopat que
j'exerçais avec peine, en ce jour-là, "je fus violemment
ébranlé et près de tomber" ici-bas et pour
l'éternité; mais le Seigneur épargna gracieusement
celui qui s'était fait étranger et voyageur pour Son Nom,
Il me secourut puissamment en cette épreuve. Vraiment, elle
n'était pas moindre la honte et le blâme tombé sur
moi! Je prie Dieu "de ne pas leur imputer cela comme un
péché".
Ils trouvèrent contre moi un prétexte" vieux de 30
ans, une confession que j'avais faite avant d'être diacre.
L'âme abattue par l'angoisse, j'avais confié à un
ami intime une action accomplie lorsque j'étais enfant,
accomplie un seul jour, et même une seule heure, parce que je
n'étais pas encore fort. Je ne sais pas, Dieu le sait -,
si j'avais alors 15 ans, je n'avais pas Foi au Dieu vivant, je n'y
avais pas cru depuis mon enfance - mais je vivais dans la mort et
l'incrédulité jusqu'à ce que je fusse
sévèrement châtié et "véritablement
humilié, par la faim et la nudité", et cela chaque jour.
D'autre part, je n'avais pas gagné l'Irlande de mon plein
gré avant le moment où je tombai presque mort; ce fut
cependant plutôt pour mon bien, car le Seigneur me corrigea par
là et me rendit capable d'être aujourd'hui ce dont
j'étais jadis très éloigné, capable d'avoir
le souci du Salut d'autrui et d'oeuvrer pour lui, tandis qu'alors je ne
me souciais même pas à moi-même.
Donc, le jour même où je fus rejeté par les
hommes que j'ai évoqués et mentionnés plus haut,
je vis la nuit suivante "une vision nocturne". Un texte
déshonorant était placé en face de mon visage et
j'entendis alors une voix divine qui me disait : "Pour notre malheur,
nous avons vu le visage de Deisignatus" (dévoilant donc son
nom). Elle ne dit pas "Pour ton malheur, tu as vu", mais "Pour notre
malheur, nous avons vu", comme s'Il S'était uni à moi,
ainsi qu'Il le dit : "Si quelqu'un te touche, c'est comme s'il touchait
à la prunelle de mon oeil".
C'est pourquoi je rends grâces à Celui Qui m'a
fortifié en toutes choses, car Il n'a contrecarré ni le
départ que j'avais décidé, ni l'oeuvre que j'avais
apprise du Christ mon Seigneur; mais, à partir de ce
moment-là, "je sentis" davantage "en moi une force importante"
et ma Foi fut éprouvée devant Dieu et devant les hommes.
C'est pourquoi, je le dis hardiment, ma conscience ne me reproche
rien ni pour maintenant ni pour l'avenir : Dieu m'est témoin que
je n'ai pas menti dans les paroles que je vous ai rapportées.
Mais je suis d'autant plus en peine pour mon ami intime de ce que
nous ayons eu à entendre ce qu'il a dit. Lui, à qui
j'avais même confié mon âme! Et, avant cette
occasion où je dû me défendre, j'avais
été informé par quelques frères - je
n'étais pas présent, car je n'étais pas en
(Grande-) Bretagne et ce n'est pas moi qui l'ai proposé - qu'en
mon absence il plaiderait pour moi; et lui-même m'avait aussi dit
de sa propre bouche : "Voici que tu dois être élevé
à la dignité épiscopale!", cette dignité
dont je n'étais pas digne. Mais d'où lui vint ensuite
l'idée de me déshonorer publiquement, devant bons
et méchants, pour ce qu'auparavant il m'avait
accordé de lui-même et avec joie - et qu'avait aussi
accordé le Seigneur qui est plus grand que tous?
Assez à ce sujet. Cependant je ne dois pas cacher le don que
Dieu m'a accordé dans la terre de ma captivité, car alors
je L'ai cherché ardemment et, à ce moment-là, je
L'ai trouvé, et Il m'a sauvé de tout mal - à ce
que je crois - "à cause de son Esprit demeurant en moi et qui a
agi en moi jusqu'à ce jour. A nouveau je le dit hardiment. Mais
Dieu sait que si un homme m'avait dit cela, je une serais
peut-être tu à cause de l'amour du Christ.
Par conséquent, je rends d'inlassables actions de
grâces à mon Dieu Qui m'a gardé fidèle au
jour de ma tentation, de sorte que je sais Lui offrir aujourd'hui mon
âme en sacrifice vivant, à lui le Christ mon Seigneur, qui
m'a gardé de toutes mes angoisses. C'est pourquoi je dis: "Qui
suis-je, O Seigneur, et à quoi m'as-Tu appelé, Toi qui as
oeuvré avec moi d'une manière si divine qu'aujourd'hui
j'exalte et magnifie sans cesse Ton Nom parmi les païens, en
quelque lieu que je sois, non seulement dans le bonheur mais aussi dans
la tribulation?" Donc quoiqu'il m'arrive de bien ou de mal, je dois
l'accepter également et toujours rendre grâces à
Dieu qui m'a appris à Lui faire confiance sans cesse, à
Lui dont on ne peut douter, et qui m'a exaucé de sorte que, bien
qu'étant ignare, j'ai osé entreprendre dans les tout
derniers jours une oeuvre sainte et admirable - imitant donc ceux dont
le Seigneur avait prédit longtemps à l'avance qu'ils
annonceraient Son Evangile avant la fin du monde, en rendant
témoignage devant toutes les nations. C'est cela que nous avons
vu, c'est cela qui est accompli : nous en sommes témoins,
l'Evangile a été prêché jusqu'aux lieux
au-delà desquels il n'y a plus personne qui vit.
Il serait trop long de raconter l'un après l'autre tous mes
labeurs, ou même une partie d'entre eux. Laissez-moi dire
brièvement comment le Dieu très bon m'a souvent
libéré de l'esclavage et de 12 dangers qui mirent ma vie
en péril, sans compter de nombreux pièges et ce que je ne
suis pas capable d'exposer par des mots. Je ne veux pas ennuyer les
lecteurs, mais Dieu, qui sait toutes choses avant qu'elles n'arrivent,
m'est garant du nombre de fois où une voix divine m'a averti,
moi, le pauvre petit ignorant.
D'où me vient cette sagesse, qui n'était pas en moi
alors que je ne savais même pas le nombre de mes jours et que
j'ignorais Dieu? D'où m'est venu ensuite un don si grand et si
salutaire - connaître Dieu et L'aimer, bien qu'au prix de
l'abandon de ma patrie et mes parents ?
Et nombre de cadeaux me furent offerts avec larmes et
gémissements, et je les ai offensés, contrairement au
voeu d'un certain nombre de mes anciens; mais, conduit par Dieu, je ne
consentis à rien et ne leur cédai pas. Ce n'était
pas une grâce de moi-même, mais Dieu, Qui est fort en moi
et s'opposa à eux tous -- comme Il fit lorsque je vins
chez les peuples d'Irlande pour prêcher l'Êvangile et subir
des outrages de la part des incroyants, pour que je m'entende reprocher
la honte d'être un étranger, que j'endure beaucoup
de persécutions et même les chaînes; et que je donne
ma liberté pour le bien d'autrui; mais, si j'en suis digne, je
suis également prêt à donner, sans
hésitation et avec joie, ma vie pour le Nom du Seigneur et je
souhaite la dépenser ici jusqu'à la mort, s'Il me
l'accorde.
Car je suis grandement redevable à Dieu, Qui m'a
accordé une grâce si grande que, par mon
intermédiaire, nombre de gens sont nés à nouveau
en Dieu et ont été ensuite confirmés; que, pour
eux, des clercs ont été ordonnés en tout lieu en
faveur de ce peuple qui venait de parvenir à la Foi et que Dieu
a pris des extrémités de la terre, comme Il L'avait
promis autrefois par Ses prophètes : "Les nations viendront
à toi des extrémités de la terre et diront :
puisque nos pères se sont procuré de vaines idoles, il
n'y a pas non plus d'utilité en elles"; et encore: "Je t'ai
établi comme une lumière parmi les nations, pour porter
le Salut jusqu'à l'extrémité de la terre".
Et c'est ici que je veux attendre la promesse de Celui qui ne fait
assurément jamais défaut, comme Il le promet dans
l'Evangile : Ils viendront de l'Orient et de l'Occident et se mettront
à table avec Abraham, Isaac et Jacob; ainsi nous avons confiance
que les croyants viendront du monde entier.
C'est pourquoi il importe de s'appliquer à la pêche
avec vigilance, selon l'exhortation et l'enseignement du Seigneur qui
dit "Venez à ma suite et je vous ferai devenir pêcheurs
d'hommes". Et Il dit encore par les prophètes : "Voici que
J'envoie des pêcheurs et des chasseurs en grand nombre, dit Dieu,
et caetera. Aussi était-il très important de tendre nos
filets, afin qu'une masse énorme, qu'une foule soit prise pour
Dieu et que, pour baptiser et exhorter le peuple qui en a besoin et qui
le désire, il y ait partout des clercs, selon la parole,
l'invitation et l'instruction du Seigneur dans l'Évangile,
où il dit : "Allez donc maintenant instruire toutes les nations,
les baptisant au Nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit et
leur apprenant à observer tout ce que Je vous ai
commandé; et voici que moi Je suis avec vous tous les jours
jusqu'à la fin du monde."
Il dit encore : "Allez donc dans le monde entier prêcher
l'Evangile à toute créature; celui qui croira et sera
baptisé sera sauvé; celui qui ne croira pas sera
condamné." Et encore : "Cet évangile du royaume
sera prêché dans le monde entier pour servir de
témoignage à toutes les nations, et alors viendra la
fin"; le Seigneur prédit, de même, par
l'intermédiaire du prophète : "Il arrivera dans les
derniers jours, dit le Seigneur, que je répandrai de mon Esprit
sur toute chair; vos fils et vos filles prophétiseront, vos
jeunes gens auront des visions et vos vieillards des songes et, en ces
jours-là, je répandrai de mon Esprit sur mes serviteurs
et sur mes servantes et ils prophétiseront" ; et, en
Osée, il dit: "Celle qui n'est pas Mon peuple, Je l'appellerai
Mon peuple et celle qui n'a pas obtenu miséricorde, Je
l'appellerai 'ayant obtenu miséricorde' et il arrivera qu'au
lieu même où il était dit : 'Vous n'êtes pas
mon peuple', ils seront appelés 'fils du Dieu vivant'."
Dès lors, comment cela se fait-il que ces gens qui, en
Irlande n'ont jamais eu la moindre connaissance de Dieu, mais qui ont
jusqu'à présent toujours adoré des idoles et des
objets impurs, sont devenus récemment un peuple du Seigneur et
sont-ils appelés fils de Dieu, que les fils des Scots et des
filles des rois des Irlandais sont-ils des moines et des vierges du
Christ ?
Parmi eux, il y avait aussi une bienheureuse Scote de race noble,
déjà adulte et de toute beauté, que je baptisai;
quelques jours plus tard, elle vint nous trouver pour un motif
particulier et elle nous expliqua qu'elle avait reçu un message
d'un envoyé de Dieu et qu'il l'invitait à devenir une
vierge du Christ et à se rapprocher de Dieu. Dieu soit
loué, 6 jours après, elle entreprit excellemment et avec
une grande ardeur ce que font aussi toutes les vierges de Dieu. Non de
par la volonté de leurs pères - elles subissent, au
contraire, de la part de leurs parents des persécutions et des
reproches immérités; et néanmoins leur nombre
s'accroît toujours davantage. Combien sont nés de nouveau
quant à être de notre race, nous en ignorons le nombre -
sans compter les veuves et ceux qui observent la continence. Parmi
elles cependant, celles qui sont maintenues en esclavage ont le plus
à souffrir. Elles endurent avec constance jusqu'aux terreurs et
aux menaces. Mais le Seigneur a accordé Sa grâce à
un grand nombre de Ses servantes; malgré l'interdiction, en
effet, elles L'imitent avec courage.
C'est pourquoi, même si je voulais les quitter pour me rendre
en (Grande-) Bretagne - et j'y serais tout à fait disposé
car j'aimerais me rendre dans ma patrie et auprès de mes
parents, et aussi jusqu'en Gaule pour visiter les frères et afin
de voir le visage des saints de mon Seigneur! Dieu sait que je le
souhaiterais vivement. Mais, enchaîné par l'Esprit, me
dénonçant d'avance comme coupable si je le fais, je
crains aussi de perdre le fruit du travail que j'ai commencé,
non de moi-même, mais c'est le Christ Seigneur qui m'a
ordonné de venir passer auprès d'eux le reste de mes
jours, si le Seigneur le veut et s'Il me préserve de toute voie
mauvaise pour que je ne pèche pas devant Lui.
J'espère que c'est ce que je devais faire. Mais je n'ai pas
confiance en moi-même tant que je demeure dans ce corps de mort,
car il est puissant, celui qui s'efforce chaque jour de me
détourner de la foi et de la pureté d'une
piété non feinte, que je me suis proposé de garder
jusqu'à la fin de ma vie pour le Christ mon Seigneur. Mais la
chair ennemie m'entraîne continuellement à la mort,
c'est-à-dire à céder indûment à ses
séductions; et je sais qu'en partie je n'ai pas mené une
vie parfaite comme d'autres fidèles, mais je le confesse
à mon Seigneur et je ne rougis pas en Sa présence; car je
ne mens pas: depuis que je L'ai connu dans ma jeunesse, l'amour de Dieu
a grandi en moi, ainsi que sa crainte, et jusqu'à
présent, par la grâce du Seigneur, j'ai gardé la
Foi.
Que rigole donc et que m'insulte qui voudra - je ne me tairai pas
et je ne cacherai pas les signes et merveilles que le Seigneur m'a
montrés, bien des années avant qu'ils ne soient
accomplis, Lui qui connaît toutes choses avant même les
temps éternels.
C'est pourquoi j'aurais dû rendre sans cesse grâces
à Dieu, qui a si souvent pardonné ma bètise et ma
négligence, et aussi de ce qu'Il m'ait à plus d'une
occasoin épargné Sa grande colère, moi qui ai
été choisit pour être Son ministre; mais je ne fus
pas rapide à répondre à ce qui m'était
manifesté et à ce que l'Esprit m'inspirait. Et le
Seigneur a eu pitié de moi en faveur de milliers et de milliers
d'hommes, parce qu'il voyait que j'étais prêt, mais que je
ne savais pas que faire dans ces circonstances. Nombreux
étaient, en effet, ceux qui s'opposaient à cette mission;
ils parlaient même entre eux derrière mon dos et disaient:
"Pourquoi celui-là se jette-t-il dans une entreprise
périlleuse chez des étrangers qui ne connaissent pas
Dieu?" Ce n'était pas par malice, mais, je l'atteste
moi-même, cela ne pouvait pas être compris d'eux à
cause de ma rusticité. Et je n'ai pas été prompt
à reconnaître la grâce qui était alors en
moi; maintenant m'est intelligible ce que j'aurais dû comprendre
auparavant.
Maintenant j'ai donc simplement exposé à mes
frères et à mes compagnons de service qui m'ont cru suite
à ce que j'ai dit et que je dis encore afin de renforcer et de
confirmer votre Foi.Puissiez-vous ambitionner, vous aussi, des buts
plus élevés et accomplir des oeuvres plus excellentes !
Ce sera ma gloire, car un fils sage est la gloire de son père.
Vous savez, et Dieu sait aussi, comment j'ai vécut au milieu
de vous depuis ma jeunesse, dans la loyauté à
l'égard de la vérité et dans la
sincérité du coeur. De même, envers ces
païens, au milieu desquels j'habite, j'ai aussi toujours fait
preuve de loyauté et je le ferai encore. Dieu sait que je n'ai
pris aucun d'eux en traîtres, et je n'y songe même pas,
à cause de Dieu et de son Eglise, de peur de susciter une
persécution contre eux et contre nous tous et que le Nom du
Seigneur ne soit blasphémé à cause de moi; il est
écrit, en effet : "Malheur à l'homme par qui le Nom
du Seigneur est blasphémé."
En effet, quoique je sois peu habile en toutes choses, je me suis
cependant efforcé de me garder aussi de mes frères
Chrétiens, des vierges du Christ et des pieuses femmes, qui
m'offraient spontanément de petits cadeaux et qui jetaient sur
l'autel une partie de leurs parures et je les leur rendais et elles
s'indignaient contre moi. Mais je le faisais à cause de l'espoir
en la permanence de ma mission, dans l'intention de me garder
prudemment en toutes choses, de peur que sous quelque
prétexte de malhonnêteté, on ne me surprenne en
faute, moi et le service de mon ministère, ou encore que,
fût-ce pour un détail infime, je ne donne lieu aux
diffamations et aux dénigrements des infidèles.
Lorsque j'ai baptisé tant de milliers d'hommes, ai-je par
hasard attendu de l'un d'eux même la moitié d'un sou?
Dites-le-moi et je vous le rendrai. Ou lorsque, par
l'intermédiaire de l'indigne que je suis, le Seigneur a
ordonné des clercs en tout lieu, et que je leur ai gratuitement
conféré le ministère, si j'ai demandé
à l'un d'eux fût-ce le prix d'une paire de chaussures,
dites-le-moi en face et je vous le rendrai.
Au contraire! J'ai tant dépensé d'argent pour vous,
afin qu'ils me reçoivent, et je suis allé vers vous et
partout à cause de vous, parmi de multiples dangers et
même jusqu'aux districts les plus distants au-delà
desquels il n'y avait plus personne et où nul n'était
jamais venu pour baptiser, ordonner des clercs ou confirmer le peuple :
par la grâce de Dieu, j'ai tout suscité avec vigilance et
de grand coeur pour votre Salut.
De temps à autre, j'offrais des présents aux rois, en
plus des récompenses dont je gratifiais leurs fils qui voyagent
avec moi. Malgré cela, ils m'arrêtèrent avec mes
compagnons et ils avaient ce jour-là un vif désir de me
tuer; mais mon temps n'était pas encore venu. Tout ce qu'ils
purent trouver sur nous, ils s'en emparèrent, et moi-même,
ils me lièrent avec des chaînes de fer ; et le
quatorzième jour, le Seigneur me libéra de leurs mains et
tout ce qui nous appartenait nous fut rendu à cause de Dieu et
de ceux qui sont nos amis intimes et familiers et que nous avions vus
auparavant.
Vous avez appris combien j'ai payé à ceux qui
rendaient la justice dans tous les districts et que je visitais
fréquemment. Je pense ne pas leur avoir donné une somme
inférieure au prix de 15 hommes, afin que vous puissiez jouir de
moi et moi toujours jouir de vous en Dieu. Je ne le regrette pas, mais
ce n'est pas assez pour moi : je dépense encore et je
dépenserai au-delà de toute mesure. Le Seigneur est assez
puissant pour m'accorder un jour de me dépenser moi-même
pour vos âmes.
En effet, sur mon âme, je prends Dieu à témoin
que je ne mens pas; pas plus que ce n'est pour susciter un
prétexte à la flatterie ou à la cupidité,
ni parce que j'attends une marque d'honneur de l'un d'entre vous, que
je vous écris. Suffisant est l'honneur qui ne se voit pas
encore mais qu'on croit dans son coeur. Fidèle est celui Qui a
fait la promesse : jamais Il ne ment.
Mais je constate que, dès le siècle présent,
le Seigneur m'a exalté au-delà de toute mesure; et je
n'étais ni digne ni tel qu'il l'eût fallu pour qu'Il
m'accorde cela. Je sais avec certitude que pauvreté et malheur
me conviennent mieux qu'abondance et délices. Car le Christ
Seigneur lui-même fut pauvre pour nous, et moi, pauvre et
malheureux, même si je voulais les richesses, je ne les
possède cependant pas. Chaque jour je m'attends à
être assassiné, pris au piège, réduit en
servitude ou à n'importe quelle éventualité mais
à cause des promesses du Ciel, je ne redoute rien de tout cela.
Selon le conseil du prophète : Jette ton souci en Dieu et
Lui-même te nourrira, je me suis, en effet, jeté
moi-même dans les mains du Dieu tout-puissant qui règne en
tout lieu.
Voici que je confie mon âme au Dieu très
fidèle, pour qui je m'acquitte d'une mission malgré ma
bassesse. Mais Dieu ne pas acception de personne et m'a choisi pour cet
office, afin que je sois Son serviteur, un des plus petits d'entre les
siens.
Comment lui rendrai-je tous ses bienfaits envers moi? Mais que
puis-je dire ou promettre à mon Seigneur, vu que je n'ai pas
d'autre capacité que celle qu'Il m'a Lui-même
donnée? Mais qu'Il scrute mon coeur et mes reins, car je
désire vivement, trop vivement même, et je me suis
préparé à ce qu'Il me donne Son calice à
boire, comme Il l'a aussi accordé à d'autres qui L'aiment.
Aussi, que, par la volonté de mon Dieu, jamais il ne
m'arrive de perdre le peuple qu'Il S'est acquis à
l'extrémité de la terre! Je prie Dieu de me donner la
persévérance et de bien vouloir que je Lui rende,
jusqu'à la fin, un témoignage fidèle à
cause de mon Dieu.
Et s'il m'est arrivé de réaliser quelque oeuvre bonne
pour mon Dieu que j'aime, je Lui demande de m'accorder de verser, en
l'honneur de Son Nom, mon sang avec ces étrangers et ces
captifs, dussé-je être privé de sépulture ou
mon cadavre dût-il être déchiquetté
indignement, membre à membre, entre les chiens ou les
bêtes fauves, ou être dévoré par les oiseaux
du ciel. J'ai l'assurance que, si cela m'arrivait, je gagnerais, comme
récompense, mon âme avec mon corps car en ce
jour-là nous ressusciterons sans aucun doute dans la
clarté du soleil - c'est-à-dire dans la gloire du Christ
Jésus, notre rédempteur -, comme des fils du Dieu vivant,
des cohéritiers du Christ, destinés à devenir
conformes à Son image; car, par Lui, avec Lui et en Lui, nous
régnerons.
C'est, en effet, sur Son ordre que ce soleil que nous voyons se
lève chaque jour pour nous, mais jamais il ne régnera et
son éclat ne subsistera pas; plus encore, tous ceux qui
l'adorent tomberont misérablement dans le châtiment, les
malheureux! Au contraire de nous, qui croyons et adorons le soleil
véritable, le Christ, qui jamais ne périra, et quiconque
fait sa volonté ne périra pas, mais il demeurera
éternellement, de même que le Christ demeure
éternellement, Lui qui règne avec Dieu le Père
tout-puissant et l'Esprit-Saint avant les siècles, maintenant et
pour tous les siècles des siècles. Amen.
Voici que, encore et à nouveau je vais exposer
brièvement les paroles de ma confession. J'atteste en
vérité et dans l'allégresse de mon coeur, devant
Dieu et devant Ses saints Anges, que je n'ai jamais eu aucun autre
motif que l'Evangile et ses promesses pour retourner un jour
auprès de cette nation, à laquelle je n'avais
échappé auparavant qu'avec difficulté.
J'adresse une prière aux hommes croyants et craignant Dieu,
qui daigneront lire et accueillir cet écrit, que Patrick, un
pécheur ignorant, a composé en Irlande: si j'ai fait ou
exposé quelque petite chose selon le bon plaisir de Dieu, que
nul ne dise que c'est l'ignorant que je suis qui l'a faite, mais pensez
- vu que c'est la pure vérité - que ce fut un don de
Dieu.
Ceci est ma confession avant que je ne meure.
+ Jusqu'ici le livre rédigé de la main de Patrick, et
Patrick est parti pour les Cieux le 17 de mars.
Fin du livre 1, début du livre 2.
+ huc usque volumen quod Patricius manu conscripsit sua, septima decima
martii die translatus est Patricius ad caelos.
D EXPLICIT LIBER I INCIPIT LIBER II CG
EXPLICIT LIBER PRIMUS INCIPIT SECUNDUS F
Source:
Christian Classics Ethereal Library
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Notes :
a. Le texte latin mentionne les innombrables citations bibliques
dont le texte de saint Patrick est parsemé - pour être
plus clair, Patrick est un "homme biblique" et comme tous les grands
parmi les Pères et Mères de l'Eglise, il est tellement
imprégné de la Sainte Ecriture qu'il est difficile de
discerner chez lui quand la phrase est de sa composition ou quand elle
est l'articulation d'une citation biblique dans une phrase
composée par lui. A l'occasion, lorsque le restant du sanctoral
sera bien en page et que tous les jours seront acceptablement
composés, je retravaillerai ce texte-ci pour y incorporer en
note toutes ces références. C'est une merveille.
b. Etant seul à travailler sur ces textes, des fautes
d'orthographe, de grammaire et de syntaxe subsistent sûrement.
Pour le Christ, pour saint Patrick,
, et je
corrigerai. Que Jésus, Marie et Patrick vous
bénissent! (bénédiction Irlandaise traditionnelle)
Beannachtaí na Féile
Pádraig duit - joyeuse fête de Saint Patrick!
Saint Patrick, évêque Celtique du 5ème
siècle, Apôtre de l'Irlande, saint Orthodoxe
Occidental, son rôle et héritage dans
l'Église, et comment il vécut le Grand
Carême de 439. Photos de pèlerinage à
la montagne de saint Patrick et de la colonne de Westport, Irlande.