25 avril

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25 avril 2005

Bonsoir ami(e)s des saint(e)s, qu'ils soient Celtes ou non, d'ici ou d'ailleurs! 

En Belgique, abbé-évêque saint Ermin, successeur de saint Ursmer au siège de Lobbes, depuis des siècles à l'honneur des Autels. Vies en fin de message.



Nous avons au calendrier byzantin (datation grégorienne), en plus d'une partie des saints ci-dessous :
SAINT SYLVESTRE D'OBNORSK, MOINE (+ 25.04.1479);(Etc.)

Que Notre Seigneur Jésus-Christ, qui est béni dans Ses saintes et saints, par leurs prières, nous fasse miséricorde.

To: "[celt-saints]"<celt-saints@yahoogroups.com>
From: emrys@globe.net.nz>
Date sent: Sun, 24 Apr 2005 20:42:31 +1200
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Subject: [celt-saints] April 25

Saints Celtes et anciens saints Anglais - 25 Avril
(traduction personnelle http://www.amdg.be )

=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=
* Saint Keby de Cornouailles
* Saint Macaille de Croghan
* Saint Maughold de Man
* Sainte Mella de Doire-Melle
=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=


Saint Kebius (Keby), évêque
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4ième siècle. Saint Kebius fut ordonné évêque par saint Hilaire de Poitiers, et, retournant dans sa patrie, il prêcha la conversion en Cornouailles (Husenbeth).


Saint Macaille de Croghan, évêque
(Macculi, Macull)
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Mort vers 489. Les sources nous rapportent qu'il y aurait 2 évêques portant ce nom dont la fête a lieu en ce jour. L'un était disciple de saint Patrick, et l'autre fut converti par lui (bien que les récits ne nous permettent pas de savoir lequel des 2 fut un disciple de Patrick, stricto sensu). Un était disciple de Saint Mel et assista Mel dans la réception des voeux de sainte Brigitte. La tradition rapporte que Mel se trompa dans les textes et fit usage de la consécration épiscopale, et que Macaille protesta vivement. Saint Mel refusa d'admettre qu'il y avait une erreur, répondant qu'il s'agissait de la volonté de Dieu.
Ce Macaille devint le premier évêque de Croghan, Offaly. L'autre, aussi connu comme Saint Maccai, lui aussi disciple de Saint Patrick, est vénéré dans l'île de Bute.

Le second Macaille, qui avait été converti par Patrick, était un prince Irlandais et capitaine de bandits. Après sa converions, il devint un nouvel homme, se fondant sur l'esprit du Christ. Afin d'éviter les tentations du monde, il se retira dans l'Ile de Man (Eubonia), au large des côtes du Lancashire, Angleterre. Auparavant, saint Patrick avait envoyé son neveu, saint Germain, comme évêque, pour implanter l'Eglise sur l'île. Germain eut les saints Romulus et Conindrus comme successeurs, à l'époque desquels Macaille arriva sur l'île, et commença à y mener une vie austère et péntientielle dans la région montagneuse appelée à présent Saint Maughold, d'après son nom. Après leurs morts, Macaille fut unaniment choisit comme évêque par le peuple Manx. Macaille est commémoré dans les calendriers Brittoniques et Irlandais.

Dans le cimetière d'une des 18 paroisses de l'île, on trouve la source Saint Maughold. L'eau très claire de la source est récoltée dans un grand bac en pierre. Ceux qui ont besoin de se guérir de divers meaux, en particulier empoisonnement, sont assis dans la chaise du saint juste au-dessus de la source et on leur donne un verre d'eau de cette source à boire. Le tombeau de Macaille s'y trouvait jusqu'à ce que ses reliques soient dispersées durant la "Réforme" (Bénédictins, Encyclopaedia, Husenbeth, Montague).

Tropaire de Saint Macaille Ton 2
Tu fut un précieux compagnon des Saints d'Irlande /
et tu oeuvra avec les saints Patrick, Mel et Brigitte. /
Protège par ta prière tout ceux qui oeuvre pour la Foi /
afin que Dieu soit glorifié, / O juste Père Macaille.






Saint Maughold de Man, évêque
(Macaille, Maccaldus, Machalus, Machella, Maghor, Maccul)
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Mort vers 488.
Saint Maughold était un prince Irlandais, et un chef de bande réputé, qui fut convertit par saint Patrick. Dès sa conversion, il devint un homme nouveau, vivant en Christ.


Une version de la légende dit que Patrick lui demanda de prendre la mer sur un coracle sans rames comme pénitence pour ses actes mauvais. Une autre dit qu'il fit voile afin d'éviter les tentations du monde. Dans les 2 histoires, il se retira sur l'Ile de Man (Eubonia), au large des côtes du Lancashire, Angleterre.

Auparavant, saint Patrick avait envoyé son neveu, saint Germain, comme évêque, pour implanter l'Eglise sur l'île. Germain eut les saints Romulus et Conindrus comme successeurs, à l'époque desquels Macaille arriva sur l'île, et commença à y mener une vie austère et péntientielle dans la région montagneuse appelée à présent Saint Maughold, d'après son nom. Après leurs morts, Macaille fut unaniment choisit comme évêque par le peuple Manx. Macaille est commémoré dans les calendriers Brittoniques et Irlandais.

Dans le cimetière d'une des 18 paroisses de l'île, on trouve la source Saint Maughold. L'eau très claire de la source est récoltée dans un grand bac en pierre. Ceux qui ont besoin de se guérir de divers meaux, en particulier empoisonnement, sont assis dans la chaise du saint juste au-dessus de la source et on leur donne un verre d'eau de cette source à boire. Le tombeau de Macaille s'y trouvait jusqu'à ce que ses reliques soient dispersées durant la "Réforme"

Maughold, commémoré dans les calendriers Brittoniques et Irlandais, est décrit dans le Martyrologe d'Oengus comme un "baton en or, un grand lingot, le grand évêque MacCaille". Nombre de caractéristiques topologiques de l'Ile de Man, qui est divisée en 25 paroisses, portent le nom de Maughold. Une église à Castletown, Ecosse, lui est dédiée. William Worcestre dit qu'il était natif des Orkneys, et que son tombeau se trouve sur l'Ile de Man (Attwater, Bénédictins, Encyclopaedia, Farmer, Gill, Husenbeth, Montague).

Une autre Vie :

Saint Machald de Man (498)
(Manghold ou Machaldus)
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Il y a plusieurs manières d'épeler son nom de MacCaille, de Maccul et le latin Machaldus, jusqu'à Maughold, comme il est appelé sur l'Ile e Man. Dans la Vie de saint Patrick, nous le rencontrons comme chef de bande de brigands, fondant comme un oiseau de proie sur les voyageurs et ne respectant ni cet évêque missionnaire ni le Dieu qu'il proclamait. Lorsque Patrick fut à Saul, Machald et ses desperados montèrent un complot. Un d'eux, appelé Garban, allait faire semblant d'être mort, recouvert d'un manteau, et se tiendrait gisant le long de la route. Lorsque Patrick arriverait, Machald le supplierait de prier pour le corps, et lorsqu'il découvrirait le corps, toute la bande lui sauterait dessus.

Le stratagème ne fonctionna pas comme prévu. Lorsque le manteau fut soulevé, Garban était vraiment mort. Le chc des voleurs fut immense, et ils tombèrent à genoux devant le bon évêque, confessant leur faute et le suppliant pour leur camarade. Saint Patrick pria pour eux, et Garban retrouva la vie. Il leur ordonna de rendre leurs biens mal acquis à leurs légitimes propriétaires, et Machald, qui avait demandé une plus sévère pénitence, se fit dire de s'enchaîner à un bateau, de prendre la mer, ayant jetté au loin les rames et la clé de ses chaînes, s'autorisant d'aller à la dérive jusqu'à la terre que Dieu choisirait.

Machald obéit, et il fut jetté au rivage dans une baie sur l'Ile de Man, où 2 missionnaires Chrétiens, Conindrus et Romulus, avaient leur installation. Plus tôt dans la journée, ils avaient pêché un poisson dans lequel ils avaient trouvé une clé, celle des menottes de Machald, et c'est ainsi qu'il partagea la demeure des saints hommes et devint leur serviteur. Ils lui apprirent à lire et écrire, et pour finir il fut ordonné prêtre. Lorsque Germain, que Patrick avait envoyé pour évangéliser l'île, mourrut, Conindrus devint évêque de Man, et Machald lui succéda comme 3ème évêque. On lui attribue l'organisation de l'île en 17 paroisses, et il aurait visité l'Ecosse et le Pays de Galles, bien qu'il ne rentra jamais en Irlande. Il mourrut 10 ans après saint Patrick et fut enterré dans l'église qui porte son nom, où l'on trouve encore une grande croix Celtique. Dans le cimetière il y avait, depuis de très longues années, un cerceuil de pierre, qui récoltait une eau cristalline, très prisée des insulaires pour guérir diverses maladies, mais qui fut par la suite détruit par les Danois.

Les Chroniques de Man, écrites par les moines de l'abbaye de Rushen sur l'île, qui se trouvent à présent au British Museum, rapportent qu'une fois un Viking, après la bataille à Ramsey, avait prévu de piller l'église, mais que durant la nuit il fut visité par saint Machald, qui le frappa 3 fois de son bâton sur la poitrine. Il mourrut d'une attaque cardiaque, et ses compagnons embarquèrent et firent voile à toute hâte. Les anciennes armes du diocèse avaient le portrait d'un évêque se tenant sur un bateau, avec une étoile et une clé au-dessus de lui.
Saint Machald est vénéré comme le principal patron de l'Ile de Man (Baring-Gould, Bowen).




Antiques et authentiques documents de l'Histoire Ecclésiastique de l'île de Man :
http://www.ee.surrey.ac.uk/Contrib/manx/fulltext/wd1837/p001.htm

Site internet de l'île de Man
http://www.gov.im/mnh/

Les Croix de Manxx
http://www.isle-of-man.com/interests/crosses/index.htm


Sainte Mella de Doire-Melle, Abbesse et veuve
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Née dans le Connaught; morte vers 780. Sainte Mella était la mère des Saints Cannech et Tigernach. Après le décès de son époux, Mella embrassa la vie religieuse et mourrut comme abbesse de Doire-Melle, Leitrim (Bénédictins).


Sources:
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Attwater, D. (1983). The Penguin Dictionary of Saints, NY: Penguin Books.
Baring-Gould, S. (1882) The Lives of the Saints (15 volumes) John Hodges.
Benedictine Monks of St. Augustine Abbey, Ramsgate. (1947). The Book of Saints. NY: Macmillan.
Benedictine Monks of St. Augustine Abbey, Ramsgate. (1966). The Book of Saints. NY: Thomas Y. Crowell.
Bowen, Paul. When We Were One: A Yearbook of the Saints of the British Isles Complied from Ancient Calendars.
Encyclopaedia of Catholic Saints, July. (1966). Philadelphia: Chilton Books.
Farmer, D. H. (1997). The Oxford dictionary of saints. Oxford: Oxford University Press.
Gill, F. C. (1958). The Glorious Company: Lives of Great Christians for Daily Devotion, vol. I. London: Epworth Press.
Husenbeth, Rev. F. C., DD, VG (ed.). (1928). Butler's Lives of the Fathers, Martyrs, and Other Principal Saints. London: Virtue & Co.
Montague, H. P. (1981). The Saints and Martyrs of Ireland. Guildford: Billing & Sons.



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Ajouts personnels :



En Belgique, nous fêtons l' abbé-évêque saint Ermin,
successeur de saint Ursmer au siège de Lobbes. Né au Ciel le dimanche suivant la fête de saint Ursmer, mais de longues années plus tard. Un abbé-évêque.. sacré par son prédécesseur, sans passer par quelqu'autre siège que ce soit.. comme en Irlande alors qu'ils n'étaient pas Irlandais.. si on ne comprend pas ce que je veux dire, je peux faire un dessin sur d'où nous sommes, nous les Celtes de la Gaule Belgique :-)

Ce 25 avril, c'est la fête de l'Evangéliste saint Marc dans toute la Chrétienté apostolique.. sauf en 2004 dans l'Eglise qui a initié cette fête, celle de Rome, où on ne fête plus les saints le dimanche, et quasiment plus les autres jours non plus. Quelle perte terrible. Un arbre sans racine, enfin, voyez autour de vous, nul besoin de juger pour constater à quel désastre ça mène. Désastre qui attend les Eglises orientales installées en Occident puisqu'elles font pareil vis à vis des saints du coin, vraies racines de la chrétienté locale.. elles ne tiendront pas sans racines face à la tempête qui se lève.
Intéressante fête de cet Evangéliste aussi par les mentions de la tradition sur le saint. Avant un certain siècle où les chrétiens vivaient vraiment du Christ, où, en dehors du pitoyable épisode de Victor de Rome, personne ne cherchait à avoir un pouvoir humain sur personne, il n'y avait pas d'Eglise qui s'inventait dès lors des mythes fondateurs. Vint le 4ième siècle, et ses "fausses décrètales gélasiennes", sa "donation de Constantin" en gestation, etc. Et bien entendu le mythe totalement ridicule d'un saint Pierre fondant l'Eglise de Rome. En Orient on ne voulut pas rester à la traîne, et on eu le mythe de saint André à Constantinople (qui n'existait pas encore et pour cause), et idem à Alexandrie avec saint Marc. Rien, rien de rien n'existe dans les documents les plus anciens, les plus antiques auteurs n'en parlent jamais. Mais à partir de ce maudit siècle-là, bingo, la course au pouvoir est entamée, et tout d'un coup, les Apôtres dont rien de certain n'était connu auparavant quant aux premières années chrétiennes, parce que peu en était dit dans l'Ecriture, on voit naître des mythes les concernant. Et des affirmations dogmatiques sont inventées, à l'encontre même de l'Evangile et des Epitres. Moins on sait, plus on invente. On s'étonnera alors que j'aime tant les Pères Apostoliques et que j'insiste tant sur leur témoignage, capital pour savoir faire le tri entre le vrai et le mensonge, entre l'apostolique et la peste du pouvoir, entre la Foi et l'illusion orgueilleuse. C'est eux qui m'ont rendu "Orthodoxe", mais c'est eux aussi qui me montrent que l'Orthodoxie n'est pas apostolique si elle prétend ne pouvoir être qu'exclusivement orientale..
Dans toutes ces histoires de pouvoir ecclésial terrestre, c'est tout de même "cocasse" que les 2 seuls Apôtres dont on soit sûr de ce qu'ils ont posés comme fondations ecclésiales, à savoir saint Jean et saint Paul, personne n'a cherché à les incorporer dans ses mythes. On en rirait s'il n'y avait ce POISON du pouvoir humain, de l'orgueil, de la volonté de dominer l'autre, de détruire l'autre s'il ne devient comme soi-même. Poison toujours très actif de nos jours. Maranatha, reviens vite, Seigneur Jésus, on est paumés.



saint Marc, évangéliaire de sainte Aure (Aurore), 9ème siècle, Paris.


traductions personelles (c) : http://www.amdg.be ;


Du Synaxaire Copte Orthodoxe :
http://www.copticpope.org
http://www.copticcentre.com/synaxarium.pdf
http://www.mycopticchurch.com/saints/
17ème jour du mois bénit de Paramoude 1721


Martyre de saint Jacques l'Apôtre, frère de saint Jean l'Apôtre
En ce jour, saint Jacques l'Apôtre, fils de Zébédée, et frère de saint Jean l'Apôtre, fut martyrisé. Après avoir prêché l'Evangile en Judée et en Samarie, il partit pour l'Espagne. Il y prêcha l'Evangile, et le peuple crût dans le Seigneur Christ. Il retourna à Jérusalem et poursuivit son ministère.
Il recommandait toujours à son troupeau de faire l'aumône aux pauvres, aux nécessiteux et aux faibles. Ils l'accusèrent devant Hérode qui l'appela et lui dit : "Es-tu celui qui instigue le peuple à ne pas payer les impôts à César mais à donner aux pauvres et aux églises?" Alors il le frappa et l'épée, lui tranchant la tête, et saint Jacques reçut la couronne du martyre. Clément d'Alexandrie, un des pères du 2ème siècle, dit : "Le soldat qui attrapa le saint, quand il vit son courage, il réalisa qu'il devait y avoir une meilleure vie et demanda au Saint son pardon. Alors le soldat confessa le Christ et reçut la couronne du martyre (Actes 12,1-2) en même temps que l'Apôtre, en l'an 44".
Hérode ayant vu que cela plaisait aux Juifs, il fit aussi saisir Pierre. Et quand il l'eut arrêté, il le jetta en prison, et fit placer 4 escouades de soldats pour le garder, espérant le présenter au peuple pour la Pâque (Acts 12,3-4).
Et ainsi un jour Hérode, vêtu d'un apparat royal, s'assis sur son trone et leur fit une harangue. Et le peuple criait sans cesse, "c'est la voix d'un dieu, pas celle d'un homme!" Aussitôt, un Ange du Seigneur le frappa, parce qu'il ne rendait pas gloire à Dieu. Et il fut dévoré par les vers et mourrut. (Actes 12,21-23)
Quand au corps de saint Jacques, les fidèles l'emportèrent, le mirent dans un linceul et l'ensevelirent dans le Temple. On dit que le corps de saint Jacques fut transféré en Espagne, où Jacques le Majeur est considéré comme leur Apôtre.



Puisse son intercession être avec nous, et Gloire soit à Dieu à jamais. Amen!






Du site de l'Eglise Orthodoxe Serbe en Amérique du Nord
http://www.westsrbdio.org/prolog/prolog.htm



1. SAINT APÔTRE ET EVANGELISTE MARC
Marc était le compagnon de voyage et l'assistant de l'Apôtre Pierre qui, dans sa première épitre, l'appelle son fils, "Celle qui est à Babylone, élue comme vous, vous salue, ainsi que Marc, mon fils. " (1 Pierre 5,13), non pas selon la chair, mais un fils selon l'esprit. Pendant qu'il était à Rome avec Pierre, les fidèles le supplièrent d'écrire pour eux les salutaires enseignements du Seigneur Jésus, Ses miracles, et Sa vie. C'est ainsi que Marc rédigea le saint Evangile que l'Apôtre Pierre vit, et attesta quant à sa véracité. Marc fut nommé évêque par l'Apôtre Pierre et envoyé en Egypte pour prêcher. C'est ainsi que Marc fut le premier prédicateur de la Bonne Nouvelle (Evangile) en Egypte, et aussi le premier évêque d'Egypte. L'Egypte était entièrement opprimée par les profondes ténèbres du paganisme, de l'idolâtrie, des devins et de la méchanceté. Avec l'aide de Dieu, saint Marc réussit à semer la semence de l'enseignement du Christ à travers la Lybie, l'Ammonicie, et la Pentapole. De Pentopolis, saint Marc parvint à Alexandrie où l'Esprit de Dieu le mena. A Alexandrie, il réussit à fonder l'Eglise de Dieu et installa des évêques, des prêtres et des diacres et les confirma tous dans l'honorable Foi. Marc confirma sa prédication à travers nombre de grands miracles. Lorsque les païens élevèrent des accusations contre Marc, comme destructeur de leur croyance idolâtre, et lorsque le gouverneur de la ville commença à chercher Marc, il repartit en hâte pour Pentopolis, où il continua à renforcer son travail antérieur. 2 ans plus tard, Marc retourna à nouveau à Alexandrie, à la grande joie de tous les fidèles, dont le nombre s'était grandement multiplié. A cette occasion, les païens s'emparèrent de Marc, le lièrent fermement et commencèrent à le trainer sur les pavés en criant : "amenons le taureau à l'enclos". Blessé et saignant de partout, ils le jettèrent en prison où, au départ, un Ange céleste apparut à Marc et l'encouragea et le renforça. Après cela, le Seigneur Jésus Lui-même lui apparut et lui dit : "La paix soit avec toi, Marc, Mon Evangéliste!" A cela, Marc répondit "La paix soit avec Toi aussi, mon Seigneur Jésus-Christ!" Le lendemain, les vicieux extrairent Marc de sa prison et recommencèrent à le traîner dans les rues au son du même cri : "Amenons le taureau à l'enclos". Complètement épuisé et déchiré, Marc susura "Entre Tes mains O Seigneur, je remet mon esprit". Marc expira et son âme fut transférée dans un monde meilleur. Ses saintes reliques furent honorablement enterrée par les Chrétiens et, à travers les siècles, ses reliques donnent la guérison au peuple, contre toutes les afflictions, douleurs et maladies.


[ Texte regorgeant de tous les anachronismes et mythes qu'une certaine forme de "tradition", utilisant toujours des documents fort tardifs, sans fondements antiques et authentiques, rigoureusement apocryphes et démontrés tels, a pourtant finit par imposer dans les enseignements ecclésiaux. Bah. Tant qu'on ne s'en sert pas pour revendiquer un titre de "chef de toute la terre"... JMD ]




2. SAINT ANIANUS, SECOND EVEQUE D'ALEXANDRIE
Lorsque Marc sortit du bateau qui toucha terre à Alexandrie, une de ses 2 sandales se déchira à son pied. Alors, il vit un cordonnier à qui il donna sa sandale à réparer. En recousant la sandale, le cordonnier se perça avec l'aiguille dans sa main gauche, et le sang commença à gicler, et le cordonnier hurla de douleur. Alors l'Apôtre de Dieu mèla de la poussière à sa salive, et enduisit la main blessée, et soudain la main fut guérie et intacte. Surpris de ce miracle, le cordonnier invita Marc en sa maison. Entendant l'homélie de Marc, Anianus (car tel était le nom du cordonnier) fut baptisé; lui et toute sa maisonné. Anianus fit preuve d'une telle vertu et de tant de zèle pour le travail de Dieu que saint Marc le consacra évêque. Ce saint homme fut le 2ème évêque de l'Eglise d'Alexandrie.


HYMNE DE LOUANGE - LE SAINT APOTRE ET EVANGELISTE MARC
L'Evangéliste Marc, vers l'Egypte il s'enfuit
Comme une abeille vers le miel. Et l'Egypte expérimenta
La douceur du miel du Christ; la douceur de la connaissance vivante,
Et le peuple commença à être supris du Christ :
Comment Lui, dans Son divin intérêt, devint Incarné
Comment Lui, Il S'humilia pour le Salut de l'homme,
Et comment Il ressuscita avec gloire et puissance.
A travers les noires ténèbres, jusqu'à présent, nous marchions!
Les Egyptiens disent :  "Et maintenant pour nous, le soleil brille,"
Réjouissons-nous O peuple en ce jour radieux!
Mais cette merveilleuse récolte, Marc l'abreuva avec son sang,
Et à cause de cela, les idoles éclatèrent.
Et l'Egypte, la terre des pharaons, fut baptisée
Devint le champs de Dieu, l'Eglise Apostolique
.



REFLEXION - Le diable trouve vite de l'ouvrage pour les mains innocupées, et un Ange trouve vite du travail pour les mains diligentes. Dans ce monde de mouvement permanent et de changement constant, l'homme, qu'il le veuille ou non, doit toujours être occupé, que ce soit à des bonnes ou à de mauvaises oeuvres. L'oisif n'est en vérité pas un paresseux. Il est un diligent ouvrier du diable. Un corps oisif et une âme oisive sont le champs le plus souhaitable pour les labours et semailles du diable. Saint Antoine le Grand dit : "Le corps a besoin d'être soumis et plongé dans des travaux prolongés". Saint Ephrem le Syrien enseigne : "Enseignes-toi à travailler, afin que tu n'aie pas à apprendre à supplier". Tous les autres saints Pères, sans exception, parlent de la nécessité du travail pour le Salut de l'âme humaine. Les Apôtres et tous les saints nous donnent un exemple de labeur, continu, concentré, physique comme spirituel. Le fait que l'oisif, par son oisiveté, ne prolonge pas pour autant sa vie sur terre, mais au contraire la raccourcit, cela est clairement constaté par la longévité de nombre de saints, les plus grands travailleurs parmi les travailleurs de ce monde.

CONTEMPLATION - Pour contempler le Seigneur Jésus Ressuscité :
1. Comment Sa Résurrection nous incite et nous renforce en chaque bonne oeuvre; physique et spirituelle;
2. Comment Sa Résurrection éclaire chacune de nos bonnes oeuvres avec la lumière de l'espoir dans le Dieu Vivant, Qui compte sur nos oeuvres, les mesure et les préserve pour le Jour du Jugement.


HOMELIE - A propos de l'amour du travail qu'avaient les Apôtres
"Nous ne nous sommes fait donner par personne le pain que nous mangions, mais de nuit comme de jour nous étions au travail, dans le labeur et la fatigue, pour n'être à la charge d'aucun de vous" (2 Thessaloniciens 3,8).
D'abord mettre en pratique, ensuite l'enseigner. Tous les Apôtres et tous les saints de Dieu ont respecté cette règle. Ainsi l'Apôtre Paul, avant même de donner sa règle "si quelqu'un ne veut pas travailler, qu'il ne mange pas non plus"
(2 Thessaloniciens 3,10), déclare pour lui-même et ses assistants dans la prédication qu'ils n'ont pas mangé le pain de qui que ce soit pour rien, mais plutôt gagné leur pain par leurs efforts et travaux. "Nuit et jour nous avons travaillé!" Voyez les vrais ouvriers! Contemplez ces abeilles porteuses du miel du Christ! Jour et nuit à la tâche : où ont-ils du temps pour pécher? Jour et nuit à la tâche : où auraient-ils le loisir de pécher? Jour et nuit à la tâche : où est-ce que le diable pourrait tisser sa toile de passions? Jour et nuit à la tâche : en quoi auraient-ils fait scandale?
Dans certains monastères Egyptiens et Palestiniens, il vivait jusqu'à 10.000 moines. Ils vivaient tous du travail de leurs mains : tissant des paniers, fabriquant des ruchese, des paillassons, et autres artisanats. Jour et nuit à la tâche, et jour et nuit en prière. Lorsqu'un moine vendait ses ruches en ville pour un prix plus élevé que le prix fixé par l'abbé, pour cela, le moine expérimentait la punition. Pour les ascètes, il n'était pas une question d'enrichissement, mais uniquement de la nourriture la plus essentielle, et du vêtement le plus simple. En cela, les ascètes étaient et sont les vrais successeurs du grand Apôtre.
Mes frères, fuyons la paresse comme si c'était une caverne pleine de bêtes sauvages. Si par hasard nous tombions dans une caverne de bêtes sauvages, nous nous en enfuirions au plus vite, avant que les bêtes sauvages n'aient pu refermer l'entrée. La caverne est la demeure où le paresseux cherche un repos. Les bêtes sauvages sont les esprits mauvais qui, dans une telle demeure, se sentent encore plus chez eux qu'auprès de leur roi dans l'Hadès. O Seigneur, Toi Qui est merveilleux dans toutes les oeuvres de Ta Création, réveille-nous de la paresse, et encourage-nous à oeuvrer nuit et jour par Ton encourageant Saint Esprit.

A Toi soit la gloire et la reconnaissance, à jamais. Amen.



Saint Nicolas Velimirovitch, évêque d'Ochrid, Serbie (+ 05 mars 1958), rescapé de Dachau puis des persécutions communistes, auteur de ce Sanctoral "Prologue d'Ochrid".



Du site de l'Eglise Orthodoxe Russe en Amérique du Nord
http://ocafs.oca.org/

Icône de la Mère de Dieu de Constantinople
Cette Icône de la Theotokos est vénérée localement à l'église de la Dormition de Moscou sur Malaya Dimitrovka. Cette image est différente de cette de l'Icône de la très sainte Théotokos de Constantinople célébrée le 17 septembre, bien qu'elle semble en être une copie. L'icône miraculeuse de Constantinople apparut le 25 avril 1071



SAINT SYLVESTRE D'OBNORSK, MOINE (+ 25.04.1479)

Le moine Sylvestre d'Obnorsk fut un des disciples et novices de saint Serge de Radonège (+ 1392, 25 septembre et 5 juillet). Après avoir vécu dans l'obéissance au monastère de la Trinité, le moine Sylvestre reçut la bénédiction pour aller vivre en ermite dans la forêt sauvage.
Dans la forêt profonde sur la rivière Obnora, qui s'écoulait dans le fleuve Kostroma, il planta une croix en un lieu choisit et commença ses travaux ascétiques. Longtemps durant, personne ne sut rien du saint ermite. Sa cellule fut découverte par un paysan qui s'était égaré. Il expliqua à l'ermite, bousculé, que les gens avaient vu des rayons lumineux, et une colonne de nuages au-dessus de sa demeure. Le moine versa des larmes de regret, car son lieu de solitude avait été découvert. Le pèlerin sollicita du saint qu'il lui raconte sa vie.
Saint Sylvestre dit qu'il vivait là depuis longtemps, et qu'il mangeait des écorces d'arbre et des racines. Au départ, il s'était affaibli, sans pain, et était tombé au sol de faiblesse. Alors un Ange de Dieu lui était apparut sous l'apparence d'un homme merveilleux, et avait touché sa main. Dès cet instant, saint Sylvestre n'expérimenta plus la détresse. Une autre fois, le paysan revint auprès du saint et lui apporta du pain et une réserve de farine.
Cette rencontre fut suffisante pour que les exploits de l'ermite soient connus de nombre de gens. Bientôt les paysans commencèrent à venir vers lui, venant des exploitations environantes. Saint Sylvestre leur permit de bâtir des cellules près de la sienne.
Lorsque les frères se furent rassemblés, saint Sylvestre partit pour Moscou et sollicita de saint Alexis (12 février) la bénédiction pour la construction d'un temple en l'honneur de la Résurrection du Christ. Le hiérarque lui donna un antimension (tissus contenant des reliques de martyrs, nécessaire que l'on pose sur la table pour pouvoir y célébrer la Divine Liturgie), et le fit higoumène du monastère.
Avec la construction de l'église, le nombre de frères grandit vite, et le saint se retira fréquemment pour prier en solitaire dans l'épaisse forêt. Ce lieu reçut le nom de "Bosquet de l'ordre," parce que saint Sylvestre avait ordonné qu'on n'y coupe pas un seul arbre. Dans ce bosquet, il creusa 3 puits, et un 4ème au flanc d'une colline sur la rivière Obnora. Lorsque le saint rentrait de sa solitude, nombre de gens l'attendaient au monastère, et chacun voulait recevoir sa bénédiction et écouter ses conseils.
Le saint fut frappé d'une maladie fatale, et les frères, qui étaient dans la détresse à chaque fois qu'il se retirait dans son isolement, furent encore plus affligés par sa proche mort. "Ne vous attristez pas de cela, mes frères bien-aimés", disait-il pour les consoler, "car tout se passe selon la volonté de Dieu. Gardez les Commandements du Seigneur, et ne craignez pas de souffrir de malheur en ce monde, afin de pouvoir recevoir la récompense dans les Cieux. Si j'ai été trouvé intrépide devant le Seigneur, et que ma vie Lui a plut, alors ce saint lieu ne diminuera pas après mon départ. Priez le Seigneur Dieu et Sa Toute-Pure Mère, afin que vous soyez délivrés de la tentation". Saint Sylvestre mourrut le 25 avril 1479, et fut enseveli du côté droit de l'église de la Résurrection, qui était en bois.
On a enregistré des miracles du saint et on a encore ces récits pour l'année 1645, avec 23 miracles décrits.
Le saint guérit 12 personnes de possession démoniaque et de délire, et 6 autres d'affliction des yeux. Un miracle édifiant eu lieu en 1645. Le hiéromoine Job du monastère ordonna à des paysans de couper le bosquet interdit dans la forêt, pour avoir du bois de chauffage. Il fut frappé de cécité. Après 4 semaines, il reconnut son péché, se repentit et fit voeu de ne plus en faire selon sa volonté mais de suivre les avis des frères. Le hiéromoine servit un Moleben à l'église, après quoi il se fit amener le reliquaire de saint Sylvestre, et là, il recouvra la vue.





Textes à traduire plus tard :


Saint Apôtre et Evangéliste Marc


Tropaire de Saint Marc l'Evangéliste Ton 4
Dès ton enfance la lumière de la vérité t'illumina, O Marc,
Et tu aima le labeur du Christ Sauveur.
C'est pourquoi tu suivis Pierre avec zèle
Et servit Paul comme un bon collaborateur,
Et tu illumines le monde avec ton saint Evangile.



Kondakion de Saint Marc l'Evangéliste Ton 2
Lorsque tu reçus la grâce du Saint Esprit d'en haut, O Apôtre,
Tu déjouas les pièges des philosophes et rassemblas toutes les nations dans ton filet,
Les amenant à ton Seigneur, O glorieux Marc,
Par la prédication du divin Evangile.





Dans le livre "Saintes et Saints de Belgique au 1er millénaire", nous trouvons à ce jour :
http://www.amdg.be/amdg12.html "sanctoral Belgique"
[je ne placerai ici des vies de saint(e)s tirées de ce livre que de manière exceptionnelle : il vaut l'achat!]








Dans le livre en néérlandais "Vergeten Helden", volume "april", nous trouvons à ce jour:
http://www.amdg.be/ed-pervijze.html




D'après le sanctoral des RP Bénédictins, éditions Letouzey & Ané 1936, on trouve entre autres :



SAINT ERMIN, ABBÉ ET ÉVÊQUE (+ 737)
1. VIE. - Ermin ou Erminon naquit à Herly dans le pays de Laon, de parents nobles et opulents. Admis à l'école de Laon alors placée sous l'autorité épiscopale de Madelgaire, il y acquit en peu d'années de grandes connaissances profanes et sacrées. L'évêque, charmé de ses vertus, lui conféra les saints ordres, le choisit pour son chapelain et son confesseur, le nomma enfin chanoine de l'église cathédrale de Notre-Dame de Laon.
Ursmer, qui le reçut ensuite comme religieux dans son abbaye de Lobbes, ne tarda pas à apprécier les qualités éminentes de ce nouveau disciple. Se sentant mourir, il voulut désigner aux moines celui d'entre eux qu'il trouvait le plus capable de les diriger dans la voie de la perfection. Comme la vertu d'Ermin éclatait aux yeux de tous, il n'hésita pas à le proposer comme son successeur et il lui conféra le caractère épiscopal. Les religieux applaudirent unanimement à ce choix; ils le reconnurent à l'instant, s'agenouillèrent devant lui, l'installèrent dans la place réservée à l'abbé. Ermin n'accepta cette dignité abbatiale que sur les ordres formels de son supérieur. La sagesse et la prudence de sa direction lui valurent la vénération de toute la communauté: on vit alors à Lobbes la piété et la discipline portées à leur plus haut degré de perfection. Lorsque les circonstances le lui permettaient, Ermin se consacrait à la prédication. Comme évêque régionnaire, il parcourut les contrées où son prédécesseur avait déjà répandu les lumières de l'Évangile, gagna partout des âmes à Dieu, affermit dans la foi celles qu'Ursmer avait converties.
Le biographe Anson rapporte, sur le témoignage de Flabert disciple d'Errnin, que ce saint prélat avait le don de pro phétie; plusieurs faits tendent à confirmer l'existence de ce don. Ainsi, une nuit après l'office, Ermin, suivant sa coutume, était resté seul dans l'église pour prier : malgré tous ses efforts pour rester éveillé, il succomba au sommeil. Il lui sembla entendre une voix qui lui disait : "La victoire est à Charles!" Lorsque les frères furent levés le lendemain, Errnin les réunit et leur communiqua cette vision; le bruit public ne tarda pas à la confirmer. On sut que Charles Martel venait de remporter une victoire sur Ragenfrède à Vinchy, dans le Cambrésis (719). Deux ans plus tard, Ermin s'était rendu dans le village de Floyon où était né Ursmer; il fit connaître aux religieux qui l'accompagnaient que Radbode, duc des Frisons, venait de mourir. Ce chef barbare, que les missionnaires avaient voulu amener au christianisme sans y réussir, périt misérablement. au moment même où il songeait à une nouvelle invasion sur les terres des Francs.
Ermin s'endormit dans le Seigneur, le 25 avril 737. Son corps fut inhumé à côté de celui d'Ursmer dans l'église de la Colline.
Il. CULTE. - On trouve le nom d'Ermin dans un bon nombre de martyrologes, et notamment au martyrologe romain. Son culte a été de tout temps célèbre au monastère de Lobbes où il était considéré comme le second patron. On faisait sa fête le 25 avril comme dies natalis, on commémorait la translation du corps le 26 octobre, et, le 2 avril, la délivrance miraculeuse de l'abbaye menacée par les Hongrois cette faveur était attribuée à la protection d'Ursmer et d'Ermin. - Le nouveau propre de Soissons fait mémoire de saint Ermin le 26 avril.
Bibl. - La vie d'Ermin comme celle d'Ursmer (voir 19 avril) a été écrite par Anson; on la trouve dans Acta sanct., 25 avril. - J. Vos, Lobbes, son abbaye et son chapitre, Louvain, 1865.


A Syracuse, en Sicile, les saints martyrs et frères Évode, Hermogène et Callista (+ 304).
Évode et Hermogène, deux frères chrétiens de Syracuse, avec Callista, leur soeur, furent mis à mort pour la Foi en des circonstances que nous ignorons. Certains martyrologes les nomment au 1er ou au 2 septembre. Cajetanus dans ses "Vies des saints", nous dit qu'ils étaient honorés à Syracuse du temps de saint Jean Damascène.

A Antioche, les saints Philon et Agathopode, diacres, dont le bienheureux Ignace, évêque et martyr, fait une mention élogieuse dans ses Lettres. D'après Baronius (Notes sur le martyrologe romain) ces deux diacres de l'Église d'Antioche accompagnèrent en l'an 107 l'évêque Ignace (voir 1er février) dans son voyage à Rome. Après le martyre de l'évêque, ils rapportèrent ses ossements à Antioche. Ils auraient composé les Actes du martyre, et Philon serait devenu évêque de Tarse. Mais on ignore où l'on a pris les détails concernant leur martyre (Acta sanct., 25 avril).


En Irlande, saint Maccaille, évêque (+ 498).
Deux fois, on rencontre ce nom, sous la forme Macalleus ou Machalus dans les martyrologes irlandais, par exemple de Tamlach au 25 avril. L'un fut disciple de saint Patrice et de saint Mel, fut évêque de Croghan; il aurait donné le voile à sainte Brigitte. Diverses églises lui sont dédiées en Ecosse et la fête est au 25 avril. Un autre, converti par saint Patrice, fut évêque dans l'île de Man. (Acta sanct., 25 avril; O'Hanlon, Irish saints, t. 4, p.486 Forbes, Calendar of Scottish saints, p. 70.)
A Lyon, saint Rustique, évêque et confesseur (+ 501).
22ième évêque de Lyon, d'après les listes épiscopales, Rustique, suivant Ennodius, accueillit saint Épiphane de Pavie quand celui-ci vint dans les Gaules. L'épitaphe de Rustique, trouvée à Saint-Nizier, où il fut enterré, marque le 25 avril 501 comme date de la mort. C'est aussi à cette date que le nom est inscrit dans le martyrologe hiéronymien. (Duchesne, Fastes épisc., t. 2, p. 163.)


LES GRANDES LITANIES
Notion. - Litanie signifie supplication à laquelle est liée l'idée de sacrifice. On désigna sous le nom de litanie une fonction liturgique dans laquelle l'Église et le peuple chrétien se proposaient d'adresser une supplication plus instante dans un sanctuaire indiqué où, partant d'un point donné, on se rendait en procession. Les invocations en série avec finale suppliante que l'on faisait au cours de cette procession, et la procession elle-même, reçurent le nom de litanies. La dénomination majeure ou mineure indiquait la solennité ou l'importance que l'on entendait donner à cette cérémonie.
Celle du 25 avril reçut le nom de litanie majeure ou grandes litanies. Le vulgaire lui a donné le nom de saint Marc, mais il faut remarquer qu'elle n'a aucun rapport avec la fête de cet évangéliste. On faisait à Rome la litanie du 25 avril, à une époque où la fête de saint Marc n'était pas encore connue. Aussi bien, quand il y a lieu de renvoyer la fête de saint Marc à un autre jour, la litanie reste fixée au 25 avril.
Origine. - Dans la Rome païenne, il y eut le 25 avril une fête très populaire une procession se formait sur la voie Flaminienne, gagnait le pont Milvius, se rendait de là au sanctuaire du dieu Robigus, que l'on invoquait contre la rouille des blés (robigo) : l'époque choisie coïncidait avec les gelées tardives de la lune rousse. - L'usage païen disparut, on y substitua une fête chrétienne. Le parcours de la procession fut à peu près le même. On partait de Saint-Laurent in Lucina, église la plus proche de la voie Fiaminienne, à partir du pont Milvius, on se dirigeait à gauche vers le Vatican, on s'arrêtait à un oratoire de Sainte-Croix, puis dans l'atrium de Saint-Pierre et l'on arrivait ainsi dans la basilique où se célébrait la messe.
Mais à quelle occasion et à quelle date s'est faite cette transformation? On a voulu l'attribuer à saint Grégoire le Grand, qui au début de son pontificat (590) avait ordonné une procession de pénitence pour la cessation de l'épidémie dont Pélage II avait été victime. Mais le parcours de cette procession ne fut pas du tout le même que celui du 25 avril, et cette litanie extraordinaire ne fut pas renouvelée.
Il est bien probable que la litanie majeure fut antérieure à saint Grégoire. On a le récit d'une procession qui se fit sous saint Grégoire où l'on partit de Saint-Laurent in Lucina, non pas au mois d'avril, mais sans doute le vendredi des quatre-temps de septembre (Rev. bénéd., 1888, t.5, p. 152 et 199).
Au 8ième siècle où la litanie majeure avait lieu le 25 avril, le Liber pontificalis dit bien que c'était une tradition fort ancienne, mais on manque de preuve pour affirmer que cette tradition vient de saint Grégoire. Avant lui, du reste, nous avons celle que le pape Pélage 1er (556-561) prescrivit de Saint-Pancrace à Saint-Pierre; et bien avant encore saint Léon dans un de ses sermons fait mention d'une procession qui avait lieu annuellement en souvenir d'une délivrance de Rome. Mais l'anniversaire de cette délivrance en 455 était au 29 juin. Comme cette procession de pénitence cadrait mal avec la joyeuse solennité de la Saint-Pierre, la fixation en fut laissée au pontife. En 591, saint Grégoire la mit en septembre. Rien n'empêche qu'il ne l'ait fixée ensuite au mois d'avril quand il restaura les stations. En somme il faut dire que nous ignorons la date et les circonstances de cette institution, qui passa ensuite aux autres Églises, et fut générale au 8ième siècle. Le jour devint même un jour férié et consacré par l'abstinence.
Importance pratique et signification. - Dans la pensée de l'Église, la litanie majeure est une supplication de pénitence, au milieu même des joies pascales. Saint Grégoire le Grand l'explique clairement dans l'invitation qu'il adresse à son peuple : "Accomplissons cette litanie", dit-il, "avec un coeur rempli de dévotion, pour mériter d'être ainsi purifiés de nos péchés. Il convient de nous humilier puisque les maux qui nous affligent sont la suite de nos transgressions et de nos offenses, et sont, dans les vues de la Providence, un remède salutaire. Pendant les saints mystères, rendons ainsi grâces à Dieu pour tous les bienfaits dont il nous a comblés." - Ainsi expiation, humiliation, reconnaissance, tels sont les sentiments qui doivent nous animer en cette supplication. L'humble demande du repentir peut seule nous délivrer des fléaux qui s'abattent sur le monde; le repentir privé a son complément indispensable dans la pénitence publique pratiquée par la communauté chrétienne. Aussi faut-il déplorer de nosjours l'indifférence du grand nombre à l'égard des supplications publiques auxquelles l'Eglise nous convie.
Bibl. - A. Molien, La prière de l'Eglise, t. 11 L'année liturgique, p. 497. - P. Paris, Litanie majeure, dans Dict. pratiq. des connaiss. religieuses, t. 4, col. 408. -


SAINT MARC, ÉVANGÉLISTE (1er SIECLE)



1. VIE. - 1. Une question qui arrête le biographe quand il s'agit de décrire la vie de saint Marc d'après le Nouveau Testament est celle de savoir si le Juif compagnon des apôtres, nommé Jean de son nom d'Israélite, surnommé Marc d'un nom romain, est le même personnage que Marc l'évangéliste. Des exégètes modernes, à la suite de Baronius, Tillemont, etc., ont cru devoir distinguer deux personnages, mais leur nombre n'est pas très grand : la plupart des auteurs, s'appuyant d'ailleurs sur l'antiquité, sont pour l'identification de Jean Marc et de Marc l'évangéliste. D'après ce dernier sentiment, disons d'abord ce que le Nouveau Testament nous apprend de Marc.
Aucun détail ne nous est fourni sur ses premières années. La première fois qu'il est mentionné dans les Actes des apôtres (12, 12) Jean, surnommé Marc, est donné comme fils de Marie; il possède à Jérusalem une maison où se réunissent les disciples, et c'est à cette maison hospitalière que l'apôtre saint Pierre vint frapper la nuit où il sortait de prison, délivré par un ange (l'an 42 ou 44). On en conclut que Marie, mère de Jean était chrétienne, et spécialement attachée au chef des apôtres; Marc probablement converti et peut-être baptisé par saint Pierre devait se regarder comme son fils. Il devait être assez jeune, car nous le voyons débuter dans la vie apostolique, sous les auspices de son cousin Barnabé, lévite de Chypre; lorsque Barnabé et Saul (c'est-à-dire l'apôtre saint Paul) revinrent de Jérusalem à Antioche, ils prirent avec eux Jean, surnommé Marc (Act., 12, 25). Ce dernier cependant ne fut pas employé au ministère de la prédication : il apparut plutôt comme serviteur chargé du matériel (Act., 13, 1-5 et 15, 37) remplissant certaines fonctions extérieures de l'apostolat, ou l'office de procureur chargé des arrangements relatifs à la nourriture, aux Voyages.
A Pergé, en Pamphylie, Jean se sépara des deux apôtres et revint à Jérusalem (Act., 13, 13), nous ignorons pour quels motifs. Il était à Antioche, au moment où allait commencer le second voyage apostolique de saint Paul : Barnabé désirait emmener Marc avec lui, Paul s'y refusa (Act., 15, 37). Alors se produisit un désaccord qui amena la séparation des deux apôtres. Tandis que Paul allait parcourir la Syrie et la Cilicie, Barnabé avec Marc prit la direction de l'île de Chypre, au printemps de l'an 52. Peut-être cette île était-elle la patrie de Marc, comme elle l'était de son cousin. A partir de ce moment, l'auteur du livre des Actes ne nous parle plus de Marc.
Il s'écoulera une dizaine d'années jusqu'au moment où Marc se retrouva à Rome, vers 62 ou 63. Alors, il était avec Aristarque et Jésus dit le Juste, le seul Juif d'origine qui travaillait avec Paul pour le règne de Dieu. Ainsi s'exprimait le grand apôtre écrivant aux Colossiens (4, 10); il prenait soin d'indiquer l'origine juive de Marc; ce qui confirme les renseignements fournis par le livre des Actes; il ajoutait ce détail que Marc était cousin germain de Barnabé. Paul avait donc oublié le dissentiment d'Antioche; Marc s'était proposé de visiter les chrétiens de Colosses et Paul demandait qu'on lui fît bon accueil.
Pendant sa seconde captivité à Rome, Paul écrivant à Timothée alors à Éphèse, lui demandait de venir le voir et d'amener Marc, toujours utile en vue du ministère (II Tim., 4, 11). Ces dernières expressions donnent à entendre que Marc se contentait d'une situation subordonnée, renonçant volontiers à briller, pour s'assujettir à des personnalités plus hautes, s'assurant ainsi le mérite de la modestie.
Marc vint sans doute à Rome à cette époque. Saint Pierre, écrivant de cette ville qu'il désignait sous le nom de Babylone, aux Églises du Pont, de la Galatie, les saluait de la part de Marc, désignant celui-ci comme son fils (I Petr., 5, 13). Il s'agit vraiseniblablement d'une filiation spirituelle par le baptême (voir saint Jérôme, In Is.,65, 24; P. L., t. 24, col. 650). La date du séjour commun de Pierre et de Marc à Rome que quelques-uns ont voulu rapporter à l'an 42, date du premier voyage de saint Pierre en cette ville, est plus probablement postérieure à l'an 60, et se rapproche du moment où les deux apôtres Pierre et Paul subirent le martyre, soit 64 ou 67. Par la façon dont s'exprime saint Pierre, on peut juger que l'activité apostolique de Marc en Orient avait été grande et qu'il était connu des destinataires de l'épître.
2. Aux renseignements puisés dans le Nouveau Testament, soit Actes, soit Épîtres, sur la personne de Marc, ajoutons maintenant ceux que fournit la tradition.
Un texte de Papias, rapporté par Eusèbe (Hist. eccl., 3, 39, 15) dit de Marc qu' « interprète de Pierre, il écrivit exactement tout ce dont il se souvint, mais non dans l'ordre de ce que le Seigneur avait dit ou fait. Car il n'avait pas entendu le Seigneur et n'avait pas été son disciple, mais bien plus tard, comme je disais, celui de Pierre. Celui-ci donnait son enseignement selon les besoins sans se proposer de mettre en ordre les discours du Seigneur. De sorte que Marc ne fut pas en faute, ayant écrit certaines choses selon qu'il se les rappelait. Il ne se souciait que d'une chose, ne rien omettre de ce qu'il avait entendu et ne rien rapporter que de véritable. " -- Papias donne pour garant de ce qu'il affirme, Jean le Presbytre, un disciple des apôtres, un homme de la génération qui l'a précédé, très bien informé sur les origines. Avec lui saint Justin, saint Irénée, Tertullien s'accordent pour nous donner sur Marc et son évangile le témoignage des Églises d'Asie et d'Occident : "Marc a été le rédacteur de l'évangile d'après les prédications de saint Pierre. "
Nous passons sur des points de détail où la tradition n'est pas tout à fait d'accord au sujet de Marc, pour voir ce qu'elle nous dit de cet évangéliste comme fondateur de l'Église d'Alexandrie. Les témoignages ici sont de nature diverse et d'origine relativement récente. Il n'y a aucune trace de cette tradition dans ce que nous possédons de Clément d'Alexandrie et d'Origène. Denis d'Alexandrie parle bien de Jean, nommé aussi Marc, mais ne fait point allusion à la tradition alexandrine (Eusèbe, Hist. eccl, 7, 25). Cependant cette tradition paraît avoir été fixée à Rome dès l'an 200. Eusèbe, qui la mentionne, l'avait probablement trouvée dans Jules Africain et l'a rattachée à sa Chronologie (Hist. eccl., 2, 16); la mision de Marc à Alexandrie aurait eu lieu, d'après le texte arménien, la première année de Claude, d'après saint Jérôme, la troisième, et il aurait eu pour successeur Anien (voir ce jour) la huitième année de Néron, en 62. Eusèbe se gardait bien de dire que Marc fût mort cette année-là, d'autant qu'on le retrouve à ce moment à Rome, d'après le Nouveau Testament (voir plus haut). Saint Jérôme a pourtant fait cette supposition qu'Anien avait remplacé Marc seulement après la mort de celui-ci. Beaucoup de critiques pensent que Marc aurait quitté Alexandrie pour aller ailleurs, à Rome, par exemple. Toujours est-il que la tradition, au sujet de la fondation de l'Église d'Alexandrie par saint Marc, a dominé sans conteste à partir du 4ième siècle. (Constit. apost., 7, 46; S. Épiphane, De haeresibus, 1.1, 6, P. G., t. 41, col. 900.)
3. Marc fut-il réellement martyr? Aucun Père ancien, pas même saint Jérôme, ne nous le dit. Cependant, d'après le Chronicon pascale, il aurait été martyrisé sous Trajan (P. G., t.92, col. 608). - Tillemont (Mém. pour hist. eccl., t. 2, p. 513) assure que nonobstant le silence d'Eusèbe et de saint Jérôme, on ne peut guère douter du martyre de Marc, après ce qu'en disent ses Actes : ceux-ci sont appuyés par Bède (son martyrologe et les suivants du Moyen-Age), par le consentement de l'Église grecque, par la Chronique d'Alexandrie, la Chronique orientale, par Eutychius rendant témoignage à la tradition de l'Église d'Égypte. De plus, le concile de Rome tenu sous Gélase assure que saint Marc a consommé sa vie par un glorieux martyre. Palladius (Histoire lausiaque, c. 113) nous apprend qu'on venait de bien loin à Alexandrie pour prier au martyre (martyrium., i. e. tombeau) de ce bienheureux athlète. De telles expressions marquent qu'au commencement du 5ième siècle on mettait Marc au rang des martyrs. Ainsi, il n'est plus nécessaire de confirmer cette assertion par des autorités moins considérables, comme le sacramentaire, ou Grégoire de Tours, ou la liturgie éthiopienne.
Les Actes de saint Marc, que les bollandistes ont édité au 25 avril, s'expriment ainsi au sujet de Marc à Alexandrie : Avec Anien, Marc ordonna seulement trois prêtres, Mélie, Sabin et Cerdon, sept diacres et onze autres personnes pour servir de ministres. Il s'en retourna ensuite dans la Pentapole où il demeura deux ans, confirma les fidèles, établit des évêques et d'autres ministres. Il revint de là à Alexandrie, où il fut ravi de voir les fidèles augmentés en nombre, en foi et en grâce; il les encouragea tout de nouveau, pria pour eux, puis se retira (d'après la Chronique orientale, il alla à Rome où il fut présent au martyre de saint Pierre et de saint Paul). Il revint ensuite à Alexandrie : les païens, ne pouvant souffrir les miracles que Dieu opérait par lui et les railleries que les chrétiens faisaient de leurs idoles, crièrent que Marc était un magicien. Dieu le cacha durant quelque temps. Un jour de dimanche, où les chrétiens célébraient leur grande fête de Pâques, et les païens la fête de leur idole Sérapis (24 avril 68), ceux-ci se saisirent de Marc, lui mirent une corde au cou et le traînèrent en criant « Menons ce buffle à Bucoles! » - C'était un lieu plein de roches et de précipices, situé sur le littoral, et destiné apparemment pour nourrir les boeufs. Ils le traînèrent en effet depuis le matin jusqu'au soir, la terre et les pierres furent couvertes de son sang:
quant à lui, il rendait grâces à Dieu d'être jugé digne de souffrir pour son saint nom. Le soir venu, ils le mirent dans une prison et délibérèrent sur le genre de mort qu'ils lui feraient subir. Plusieurs visions, durant la nuit, consolèrent le généreux athlète en lui annonçant son prochain triomphe. Le lendemain, en effet, il consomma son martyre. Non contents de lui avoir ôté la vie, les païens voulurent brûler son corps en un lieu appelé Ad angelos (les messagers ou les anges), mais un grand orage les obligea de se retirer. Les chrétiens vinrent recueillir ce qui restait de son corps, le portèrent au lieu de Bucoles où ils avaient coutume de se réunir et l'ensevelirent avec les cérémonies du pays en y joignant la prière.
4. Sur la composition du second évangile par saint Marc, nous renvoyons à ce qu'en ont écrit les commentateurs et les exégètes dans leurs introductions. Nous mentionnerons seulement quelques lignes empruntées au R. P. Lagrange : « Il faut reconnaître que la tradition est unanime à attribuer un évangile à Marc; elle ajoute que Marc a écrit, comme disciple de saint Pierre... il est regardé comme interprète de Pierre dans ses catéchèses de Rome. Mais l'accord cesse, même parmi les auteurs catholiques, quand il s'agit de préciser la date que la tradition assigne à l'évangile. Deux dates seulement sont possibles, ou bien 42 ou 43, ou bien entre la mort de saint Pierre et de saint Paul et l'an 70.
« C'est à Rome, d'après la tradition alexandrine reçue par Eusèbe et saint Jérôme, que Marc aurait écrit son évangile. Rien n'empêche qu'il se soit après cela rendu à Alexandrie pour y prêcher la foi. D'après le Chronicon pascale, il mourut sous Trajan. Voici les grandes lignes de la tradition authentique, avec les divergences : Saint Marc était disciple de saint Pierre et n'avait pas été disciple du Seigneur (et pourtant on en a fait un disciple de Jésus). Il a écrit, d'après ses souvenirs, ce que Pierre avait enseigné (on veut que Pierre ait connu sa tentative, qu'il l'ait connue par révélation, qu'il ait approuvé l'évangile terminé). Cependant, d'après Papias et saint Irénée, Marc a écrit après la mort de saint Pierre.
Marc a prêché à Alexandrie où il a eu pour successeur Anien, assez probablement après sa mort. Il est naturel qu'il y ait apporté son évangile. (A cette prédication on a voulu assigner une date très haute; de là l'embarras chronologique qui a fait mourir Marc en 62, et l'idée qu'il avait composé son évangile avant 43). Et quoique l'ancienne tradition ait placé la composition de l'évangile à Rome ou en Italie, on a dit aussi que cet évangile avait été écrit en Egypte.
« En mettant de côté les superfétations ordinaires de la légende, il suffit de reporter après la mort de saint Pierre l'apostolat alexandrin, si on le regarde comme bien établi, pour que les faits concordent d'une façon très satisfaisante. Ce n'est pas une opération arbitraire, car une partie de la tradition est demeurée fidèle à cet ordre : la date de 42, assignée à la fondation dù siège d'Alexandrie par les chronologistes, s'explique par le désir de mettre cette métropole sur le même rang que Rome et Antioche. »
II.    CULTE. - 1. Mention dans les martyrologes. - Tous les anciens martyrologes parlent de saint Marc. Quelques-uns, comme l'hiéronymien, le placent au 23 septembre; Tillemont déclare qu'on n'en sait pas la raison. La plupart le mettent au 25 avril; tels sont le martyrologe de Bède qui se base sur la passion de saint Marc; on y déclare que le martyre eut lieu la quatorzième année de Néron; le martyrologe de Florus qui ajoute à Bède quelques détails puisés dans saint Jérôme; le Vetus Romanum, et enfin Adon qui trouve moyen d'insérer une interpolation relative aux loca Bucoliae; le martyrologe romain dit la huitième année de Néron (Quentin, Martyrol. hist. du Moyen-Age, p. 85, 306, 425, 585 et 621). - Les grecs nomment encore saint Marc, le 11 janvier, en un quartier dit le Taureau, peut-être à cause d'une dédicace d'église.
2° Les reliques. - Le corps de saint Marc fut longtemps vénéré à Alexandrie. Les Actes de saint Pierre d'Alexandrie disent positivement que Marc fut martyrisé à Bucoles, qu'il y avait là une église bâtie vers 310 et un cimetière dit de « Saint-Marc ». Pierre lui-même souffrit en ce lieu, et demanda à ses bourreaux la liberté d'aller prier sur le tombeau de Marc. - D'après Palladius (Histoire lausiaque, c.113) le saint prêtre Philorome vint à pied de Galatie en Cappadoce pour visiter le tombeau de saint Marc.
Le corps de saint Marc était encore vénéré à Alexandrie au 8ième siècle, bien que la ville fût alors sous la domination mahométane : il se trouvait dans un tombeau de marbre en une église située à droite de l'entrée de la ville. On prétend que, vers 815, des marchands vénitiens emportèrent les ossements dissimulés au fond d'un panier. Les bollandistes donnèrent à ce sujet une relation tirée de Baronius, mais considérée comme suspecte par Tillemont. - Bernard, moine français, qui fit le voyage d'Orient en 870, assure qu'alors le corps de saint Marc n'était plus à Alexandrie, mais avait été porté à Venise. Mais, dans cette ville, on ne savait pas précisément où était le corps. Au 14ième siècle, le Doge et les procurateurs de la république prétendaient connaître seuls l'endroit où se trouvait le corps et en faisaient un secret aux autres. - Les Vénitiens ont pris saint Marc pour leur patron, et font mémoire de la translation du corps, le 31 janvier.
Bibl. - Sur la personne de saint Marc, la première source à consulter, ce sont les écrits du Nouveau Testament. Pour ceux qui n'admettent pas l'identification avec Jean Marc, voir Tillemont, Mém. pour hist. eccl.,t.2, p. 89; Patrizi, De evangeliis, Fribourg en Brisg., 1853; Lamy, Introductio in N. T., Louvain, 1893, t. 2, p. 225; Drach, Épitres de S. Paul, p. 503. -
Pour ceux qui l'admettent, Dict. de la Bible, t. 15, col. 716; Lagrange, Évangile selon S. Marc, Paris, 1911, Introd., p. 17. Il y a ensuite la tradition (voir plus haut I, 2°).
II.    Pour le martyre et l'apostoJat à Alexandrie, Passio sancti Marci, Actes que l'on croit avoir été composés au 4ième ou au 5ième siècle. Voir Acta sanct., 25 avril avec remarques de Henschenius.
III. Translation à Venise et miracles opérés à cette occasion, voir Acta sanct. 25 avril.

[note perso : le détail du jeune homme s'encourant nu à Gethsemani est seulement présent dans l'Evangile selon saint Marc. Saint Jean et saint Matthieu, voire même saint Luc, étaient présents. Pourquoi n'en rien dire? Ne serait-ce que parce qu'on constate que les détails touchant la personne du rédacteur, dans les 4 Evangiles, est toujours rapporté par le concerné, pas par les autres.. quelle délicatesse.. on en est loins.. Cela donnerait en tout cas un "point de départ" de la présence du jeune homme, sans en faire un disciple selon les critères des Apôtres, puisque le disciple, saint Jean nous l'explique de A à Z, saint Pierre ne l'est devenu qu'après la Résurrection.]


SAINT ANIEN, EVÉQUE (+ 86)
Anien fut le premier disciple que fit saint Marc, quand il vint annoncer la foi de Jésus-Christ dans Alexandrie. Les Actes de saint Marc racontent qu'Anien, d'origine païenne, avait été réduit à la misère par suite d'un naufrage et avait été recueilli par un savetier de la ville qui lui donnait du travail. Lorsque Marc entra dans Alexandrie, il donna sa chaussure à raccommoder à cet ouvrier assez malhabile. Anien fut frappé de l'éclat qui brillait sur le visage de l'apôtre : une distraction fit qu'il se perça le doigt avec son alène. La souffrance lui arracha un cri de douleur; il aurait alors poussé cette exclamation : "Unique Dieu"! que l'on peut juger vraisemblable même chez un païen. Marc en prit occasion d'instruire cet homme après avoir guéri son doigt. Anien lui en témoigna sa reconnaissance en l'introduisant dans sa maison; il se fit baptiser avec toute sa famille.
Deux ans plus tard, Marc établit Anien évêque d'Alexandrie, ordonna trois prêtres, sept diacres et onze autres ministres qu'il plaça sous sa direction. Eusèbe considère Anien comme un homme aimé de Dieu et admirable en toute sa conduite. Selon l'opinion la plus probable, Anien gouverna l'Église d'Alexandrie 18 ans et sept mois après la mort de Marc. On croit qu'il mourut le 26 novembre 86. Cependant le martyrologe romain marque sa fête le 25 avril avec, celle de saint Marc; d'autres la mettent au 1er ou au 2 octobre.
Bibl - Voir Actes de saint Marc pour la conversion - Eusèbe, Hist. eccl., 1. 2, c. 24 pour l'épiscopat. - Tillemont, Mém. pour hist. eccl., t.2,, p. 99 et 514.


SAINT PHÉBADE D'AGEN, ÉVÊQUE (+ VERS 393)
Phébade (alias Fiari), originaire d'Aquitaine et non d'Espagne comme l'a cru Baronius, était évêque d'Agen dès 357. Il montra son attachement à la foi de Nicée, et fut dans les Gaules un intrépide adversaire de l'arianisme, après saint Hilaire avec lequel il était dans l'intimité : après l'exil de ce grand évêque, il travailla à garantir son troupeau de l'infection arienne. Contre la seconde formule de Sirmium, il composa un traité qui subsiste encore. Il joua un rôle important au concile de Rimini en 359, présida le concile de Valence en 374 et celui de Saragosse en 380. Il faut probablement l'identifier avec le Ségatius auquel est adressée la lettre 86 de saint Ambroise, commune à lui et à Delphin de Bordeaux. Saint Jérôme lui a fait une place dans son traité Des hommes illustres (c. 108). Phébade mourut après 392; sa fête est au 25 avril, et au 26 dans le nouveau propre d'Agen. Les reliques sont à Venerque, diocèse de Toulouse, depuis 1112.
Bibl. - Tillemont, Mém. pour hist. eccl., t. 6, p. 457. - Duchesne, Fastes épisc., t. 2, p. 63.


SAINT ÉTIENNE D'ANTIOCHE, ÉVÊQUE ET MARTYR (+ 479)
A la faveur de Zénon, comte d'Orient et gendre de l'empereur Léon, Pierre le Foulon, hérétique eutychien, avait occupé le siège d'Antioche vers 464. Léon, l'ayant appris, voulut qu'on rétablît à Antioche l'évêque légitime nommé Martyrius : mais celui-ci, voyant la division régner dans son troupeau, renonça publiquement à sa dignité. Les catholiques élurent à sa place Etienne, un homme de sainte vie. Pierre le Foulon demeura caché dans la ville et entretint des cabales secrètes contre le nouvel élu. A la mort de Léon et de son petit-fils, Zénon, qui leur succéda, ne jugea pas à propos de contrister les fidèles d'Antioche. Mais le tyran Basilisque l'ayant détrôné obligea Étienne à se retirer pour céder la place à Pierre le Foulon.
Zénon, revenu au pouvoir 20 mois plus tard, fit rendre le siège patriarcal à Étienne. Le calme procuré par la politique de l'empereur ne fut pas de longue durée. Pierre le Foulon n'était pas sorti d'Antioche malgré les instances qu'avait faites le pape Simplicius auprès de Zénon. Un jour les eutychiens furieux entrèrent dans l'église  avec le dessein de massacrer le patriarche Étienne, ils l'attaquèrent à l'autel, le percèrent de coups, lui donnèrent la mort et allèrent jeter son corps dans la rivière de l'Oronte. L'empereur averti de ce meurtre punit les coupables, mais la paix ne fut point rendue pour cela à l'Église désolée. Zénon voyant que l'élection ne pouvait se faire dans Antioche même ordonna pour cette fois qu'il y serait procédé à Constantinople par le patriarche Acace assisté des autres évêques. On nomma ainsi un autre Étienne, pour l'élévation duquel on demanda l'agrément de Simplicius. La réponse du pape à cette demande laisse entendre qu'Étienne avait eu des compagnons de son martyre.
La fête d'Étienne est au martyrologe romain du 25 avril. On prétend qu'à Venise il y a une partie des reliques de cet Étienne avec celles de divers autres chrétiens d'Orient à l'hôpital Saint-Lazare. Il n'est pas fait mention de ce saint patriarche dans les ménologes grecs.
Bibl. - Ce que l'on sait de saint Étienne est tiré des écrivains ecclésiastiques d'Orient, comme Évagre, Théodore le Lecteur, Théophane, etc., et aussi de quelques épitres du pape Simplicius. - Voir aussi Acta sanct., 25 avril.


SAINT MACÉDONIUS II DE CONSTANTINOPLE, ÉVÊQUE (+ 516)
Macédonius, deuxième du nom, patriarche de Constanti nople, qu'il ne faut pas confondre avec l'hérésiarque Macédonius, l'un de ses prédécesseurs sur ce même siège, florissait au commencement du 6ième siècle. Son zèle pour la défense de la Foi et son attachement à la doctrine du concile de Chalcédoine lui attirèrent la colère de l'empereur Anastase qui voulut le faire déposer en 510. Le clergé et le peuple de Constantinople réclamèrent si fortement que le prince n'osa passer outre. Toutefois, l'année suivante, Anastase envoyait Macédonius en exil, et lui substituait un intrus, nommé Timothée. Les actes originaux du concile de Chalcédoine que le saint patriarche avait cachés dans son église furent retrouvés et Anastase les fit brûler. Macédonius mourut en exil, l'an 516.
Il est honoré chez les grecs, le 25 avril. Si l'on ne trouve pas son nom dans le martyrologe romain, c'est parce que Baronius ne l'a point vu dans la traduction d'un ménologe faite par le cardinal Sirlet; c'est peut-être aussi parce que Macédonius et Euphémius refusèrent de rayer des diptyques le nom d'Acace. Cependant Macédonius a toujours conservé la foi dans sa pureté; il a même cherché à se réunir au pape en quoi il a été entravé par l'empereur Anastase. Son nom fut remis sur les diptyques en 518 sous Justin Ier; le pape Hormisdas l'ayant fait retrancher l'année suivante, il y fut replacé.
Bibl. - L'histoire de ce saint patriarche est principalement dans les Collections de Théodore le Lecteur, la Chronographie de Théophane. - Voir aussi Acta sanct., 25 avril.


SAINT HÉRIBALD D'AUXERRE, ÉVÊQUE ET CONFESSEUR (VERS 857)
Héribald avait d'abord été abbé de Saint-Germain d'Auxerre, il succéda à son oncle Angelelme sur le siège de cette ville. Si l'on s'en rapporte aux Gesta, les dates ne sont pas faciles à concilier. Ayant été sacré par Aidric, archevêque de Sens, ayant siégé 33 ans et étant mort vers 857, il a dû être sacré vers 824. Or il se trouve qu'Aldric n'est devenu archevêque de Sens qu'en 829. - En cette année 829, Héribald assista au concile de Paris; en 833, il était à l'assemblée de Compiègne où Louis le Pieux fut déposé; l'année suivante, il accompagnait Lothaire en Italie.
Le 1er septembre 841, il transféra solennellement les reliques de saint Germain, le 16 janvier 849, il recevait un diplôme de Charles le Chauve. En 850, il signait la lettre que l'épiscopat français adressait à Nominoé. Il figure à diverses reprises dans la correspondance de Loup de Ferrières. Les derniers actes où l'on trouve le nom d'Héribald sont la charte royale du 24 août 855 en faveur de Saint-Calais, et la lettre des évêques de la province de Sens au clergé de Paris à l'occasion de l'élévation d'Énée sur le siège épiscopal de cette dernière ville.
Héribald aimait les sciences : il fit venir de tous côtés des maîtres célèbres qui donnèrent un nouveau lustre aux offices religieux de son église; il embellit sa cathédrale et d'autres églises de son diocèse. Il mourut le 5 avril 857: cependant sa fête se place au 25 avril, que l'on croit être l'anniversaire des funérailles.
Bibl. - Acta sanct., 25 avril. - P. L., t. 138, col. 250. - Duru, Bibliothèque historique de l'Yonne, t.1, p. 354. - Duchesne, Fastes épisc., t.2, p. 450.


Textes à corriger plus tard :





D'après les Petits Bollandistes, 7ième édition, Bar-le-Duc 1876, entre autres :

p.19-21


SAINT ERMIN, EVEQUE REGIONNAIRE (+ 737)
Ermin, né à Erclie, au territoire de Laon, de parents honnêtes et vertueux, se fit remarquer dès l'enfance par sa piété comme par son intelligence. Ses vertus croissant avec les années, Madalgaire, évêque de Laon, l'éleva au sacerdoce. Il embrassa ensuite la profession monastique sous la discipline de saint Ursmer, abbé de Lobbes, dont il fut le disciple et le compagnon. S'il aspirait à surpasser ses frères, c'était uniquement par l'humilité du coeur, l'austérité de la vie et l'amour de la pauvreté évangélique. Lorsque le saint Abbé se vit arrivé à un âge très-avancé, sachant combien Ermin était apte au gouvernement des âmes, il le désigna pour son successeur, à la satisfaction de tout le monde. Pendant qu'il soutenait dignement le fardeau de cette fonction, il reçut le caractère épiscopal , comme Ursmer, et après lui tous les abbés de Lobbes; mais il n'obtint aucune juridiction précise, et il porta la lumière de l'Evangile aux peuples circonvoisins : il était évêque régionnaire. Après de nombreux travaux entrepris et accomplis pour la gloire de Dieu, il en alla recevoir la récompense le 25 avril de l'an 737. Sa mémoire est l'objet d'une vénération spéciale dans le bourg d'Erclie, qui a pris le nom de Saint-Erme, et qui s'honore beaucoup de son patronage.
"Propre" de Soissons




SAINT PHEBADE, appelé en Gascogne Saint Fiari, évêque d'Agen (fin du 4ème siècle)
Ce fut vers le milieu du 4ème sicèle qu'on éleva Phébade sur le siège épiscopal d'Agen, seconde ville d'Aquitaine. Il se montra toujours très-zélé pour la défense de la consubstantialité du Verbe, ce qui parut surtout dans son attachement invincible à saint Hilaire de Poitiers. Il ne se contenta pas de rejeter la seconde formule de "foi" dressée à Sirmium par les Ariens et souscrite par le célèbre Osius en 358; il prit aussi la plume pour en montrer tout le venin, et empêcha par là qu'elle ne fût reçue dans l'Aquitaine. Nous avons encore son ouvrage. On y remarque beaucoup de justesse et de solidilé dans les raisonnements. Les subtilités et les équivoques des Ariens y sont dévoilées, et la doctrine catholique la plus orthodoxe y est défendue avec force.
On trouve cet ouvrage dans la "Bibl. des Pères", t. 4, p. 400.
Dans le concile de Rimini, qui se tint en 359, saint Phébade s'opposa courageusement aux efforts de l'hérésie avec saint Servais de Tongres. Il est vrai que ces 2 évêques se laissèrent à la fin tromper par les menées artificieuses d'Ursace et de Valens, et qu'ils admirent une proposition captieuse à double sens; mais ils n'eurent pas plus tôt découvert le piège qu'on leur avait tendu, qu'ils réclamèrent hautement, et condamnèrent tout ce qui s'était fait à Rimini (1). Le saint évêque d'Agen répara sa faute par le zèle qu'il montra pour la saine doctrine dans les Conciles de Paris et de Saragosse (2).
On ignore l'année précise de sa mort. Il vivait encore en 392, lorsque saint Jérôme écrivait son "Catalogue des hommes illustres", et était alors extrêmement âgé. L'Eglise d'Agen l'honore le 26 avril.
L'Italie a toujours mis une différence entre les évêques qui souscrivirent les formules de Rimini et ceux qui firent une si courageuse résistance sous l'inspiration du Phébade et de Servais. En voici un témoignage authentique et flatteur. Spon, dans ses "Voyages", raconte que le cardinal Spada fit dresser une colonne dans un petit village, près du golfe Adriatique, en mémoire de la protestation des évêques catholiques contre les conciliabules de Rimini. Cette colonne est dressée devant l'église Saint-Apollinaire, paroisse de ce village, où les évêques fidèles vinrent célébrer les saints Mystères après la défection du plus grand nombre, resté en possession de l'église de Rimini.
Le village lui-même prit le nom de "Catholica".
Les reliques de saint Phébade furent, dans la suite, transportées à Périgueux, puis à Venerques, dans le diocèse de Toulouse : elles y reposent encore dans l'ancienne église d'une abbaye fondée par Louis le Débonnaire. Cet édifice est remarquable : il appartient au style roman et parait avoir été bâti au 12ème siècle. Il y avait autrefois dans Agen une église dédiée sous son invocation : il y reste, pour tout souvenir de lui, une rue qui porte son nom populaire de saint Fiari. En 1653, cette ville s'était placée sous sa protection pour être délivrée du fléau de la peste. En mémoire de ce voeu, les autorités de la ville d'Agen assistent encore toutes les années à la Messe solennelle de saint Phébade qui se célèbre à la cathédrale le 26 avril. A la fin du 17ème siècle, le séminaire diocésain romain fut construit hors des murs de la ville et placé sous le patronage du saint Phébade, ce qui recommande assez, dit le Propre du diocèse, la célébrité du saint patron.
Voir les "Annales" de Baronius; "Histoire du diocèse d'Agen", par m. l'abbé Barrère et m. Salvan, "Hist. de l'Eglise de Toulouse".

(1) Voir saint Hilaire, frag. 11; saint Jérôme, L. 4, in Lucifer, n.6; Théodoret, Hist., L. 2, ch. 17; saint Sulpice Sévère, Hist. L. 2, n. 16. Dom Rivet, "Hist. littér. de la France", t. 1er, part. 2, attribue à saint Phébade un savant traité contre le concile de Rimini, qui est écrit avec d'autant plus d'élégance que de solidité. On en trouve une traduction grecque parmi les discours de saint Grégoire de Nazianze. C'est le 49ème discours de ce Père. Henri Etienne imprima le traité de saint Phébade contre les Ariens, à Paris, en 1570. M. Migne l'a reproduit, d'après Galland, dans le tome 53 de la Patrologie, et y a joint un traité "De Fide", ainsi que la réfuation du concile de Rimini qu'on lui attribue.
(2) Le premier se tint en 360, et le second en 380.



Textes à corriger plus tard :


SAINT MARC L'EVANGELISTE (+ 68)
p.21-31

Fin du commentaire des Petits Bollandistes, pp.30-31:
"Le corps de saint Marc était encore conservé et vénéré à Alexandrie au 8ème siècle (1), quoique la ville fût alors sous la domination des Mahométans. Il y reposait dans la terre sous un tombeau de marbre, devant l'autel d'une église qu'on trouvait à droite en entrant dans la ville du côlé de la terre, hors de la porte Orientale (2). Il y avait là un monastère, qui subsistait encore avec l'église en 870. Vers l'an 815, sous l'empire de Léon l'Arménien (3), le corps du Saint en fut enlevé et transporté à Venise. Les Bollandistes nous donnent une histoire de cette translation. On y voit plusieurs miracles opérés par la puissance de la médiation de Saint Marc, les matelots délivrés d'un naufrage, le corps sacré lançant du milieu du navire des rayons de lumière et se manifestant ainsi à ceux qui ignoraient le secret de l'équipage, les incrédules punis et les possédés soustraits aux atteintes des esprits malins.
Le cardinal Baronius, après avoir rapporté la relation de la translation du corps de saint Marc, ajoute que les Vénitiens l'avaient placé dans un endroit tout à fait secret, afin que les Français, ou d'autres peuples, ne vinssent point l'enlever de leur ville.
Depuis 1831, il repose sous le maître-autel de l'église qui porte son nom et qui est la principale de Venise. Cette ville a choisi saint Marc pour son principal patron; elle a dans ses armes un lion avec ces mots : "Pax tibi, Marce, Evangelista mi!" c'est-à-dire, "Marc, mon Evangéliste, que la paix soit avec toi!"

(1) Boll. 25 apr. p.353, et Bed. (an. 815)
(2) Mabil., de Bened., t.3
(3) Baron., 820, n.29, 50

On croit généralement que saint Marc a écrit son Evasgile en grec [*]. On en conserve, dans le trésor de la basilique de Saint-Marc, à Venise, une traduction latine, manuscrit très-ancien et devenu complétement inutile, tant il est détérioré.
[* divers linguistes et non des moindres ont amplement démontré que le texte grec était un décalque d'un texte sémite. Les spécialistes, non-byzantins puisque ces derniers se refusent à tout ce qui n'est pas grec, se divisent entre ceux qui penchent pour l'araméen, et ceux pour l'hébreux. Feu l'abbé Jean Carmignac a donné un très large aperçu de la question dans ses divers ouvrages, avec exemples concrets, se basant d'ailleurs sur la patristique (saint Irénée) pour démontrer la solidité de sa thèse. JMD]

On agite une foule de questions touchant ce manuocrit. Est-ce l'original de saint Marc? Est-il en grec ou en latin? etc. Au lieu de les résoudre avec Mabillon, Montfaucon, Scipion Maffeï, nous avons cru plus expéditif de nous adreeser directement au conservateur du trésor de saint Marc. Voici la traduction française de sa réponse écrite en italien :
'Renseignements exacts sur l'exemplaire de l'Evangile de saint Marc, conservé dans le trésor de la basilique Saint-Marc, à Venise.
Cet exemplaire existe réellement, et comprend les 5 premiers cahiers de l'Evangile de saint Marc; les 2 derniers, détachés de cet exemplaire, sont gardés dans la cathédrale de Saint-Vito, à Prague.
C'est par erreur qu'on croit cet exemplaire écrit de la main de l'évangéliste saint Marc; il n'est qu'une copie que l'on estime être du 6ème siècle.
Il est écrit en latin et en lettres onciales.
Il est tellement déterioré par l'humidité, que le papier membraneux sur lequel il est écrit, est réduit en une espèce de pâte : un seul feuillet, moins endommagé, est conservé entre 2 verres. On n'aperçoit plus que de légères traces d'écritures.
Les premiers renseignements que l'on a sur cet exemplaire remontent à 615. A cette époque, il était gardé dans le monastère de Saint-Jean de Timave, en Frioul. On sait que plus tard, en 1085, il était dans le manastère de Bélinèse, et qu'à la fin du 13ème siècle, ou au commencement du 14ème, il passa à la cathédrale d'Aquilée.
Il faisait partie d'un volume qui renfermait les 4 Evangélistes. Charles 4, empereur, venu en Italie, en demanda une portion : on lui fit don, le 3 novembre 1157, des 2 derniers cahiers contenant la fin de l'Evangile de saint Marc. Les 5 autres cahiers, contenant le reste de ce même Evangile, ont été transportés à Venise, en 1420, de Cividale, où ils étaient depuis 2 ans.
Aujourd'hui donc, la portion de ce volume qui comprend les Evangiles de saint Matthieu, de saint Luc et de saint Jean, se conserve à Cividale, ville de Frioul; ce qui reste des 5 premiers cahiers de l'Evangile de saint Marc est à Venise, et Prague possède les 2 derniers.'

Outre son Evangile et la part qu'il peut avoir eue à la première Epitre de saint Pierre, les Syriens disent (Corn. à Lap., in Matth., p. 41) que c'est saint Marc qui a traduit le Nouveau Testament en leur langue. Nous avons aussi sous son nom une Liturgie dont se servent encore aujourd'hui les Egyptiens. Elle est intitulée : "La Divine liturgie, ou Messe du saint Apôtre et Evangéliste Marc, disciple de saint Pierre". Elle commence par ces mots : "Nous vous rendons grâce, ô Seigneur, notre Dieu".
Elle respire une grande piété, une Foi vive, et un sentiment profond de la présence de Dieu. Elle rappelle plusieurs des grands faits du Nouveau Testament, les miracles des Apôtres et la plupart de nos dogmes catholiques. En voici un passage :
"Seigneur Jésus-Christ, notre Dieu, qui avez choisi les 12 Apôtres, et qui les avez envoyés comme 12 astres dans l'univers, pour éclairer les hommes, pour prêcher et enseigner l'Evangile de votre Royaume, pour guérir parmi les peuples toutes les maladies et toutes les infirmités; qui avez soufllé sur eux en leur disant 'Recevez le Saint-Esprit consolateur. A quiconque vous remettrez les péchés, les péchés seront remis...'; soufflez ainsi sur nous, vos serviteurs, à ce moment où nous entrons dans votre sanctuaire, pour accomplir l'oeuvre par excellence du ministère sacré..."
Nicétas le Paphlagonian, et plusieurs autres auteurs, attribuent à saint Marc cette Liturgie, bien qu'ils reconnaissent que plusieurs choses y ont été ajoutées dans la suite.

Anien, disciple de saint Marc, fut son successeur sur le trône patriarcal [*] d'Alexandrie. Sa ferveur et sa capacité déterminèrent saint Marc à l'établir évêque d'Alexandrie, durant son absence. Il gouverna cette Eglise 4 ans avec saint Marc, et près de 19 ans après sa mort, selon que le rapporte la "Chronique Orientale". Saint Anien mourrut l'an 86, le dimanche 26 de novembre. Le martyrologe romain marque sa fête le 25 d'avril, avec celle de saint Marc. Eusèbe dit (1), en parlant de lui, que "c'était un homme fort aimé de Dieu et admirable en toutes choses". Saint Epiphane (2) dit qu'une église fut fondée à Alexandrie sous son invocation. On la voayit au 4ème siècle.
Son successeur fut saint Mélien. C'est le premier des 3 prêtres que saint Marc avait ordonnés à Alexandrie. Les "Constitutions Apostoliquees" (3) disent qu'il fut consacré évêque par saint Luc.
Ce fut dans le 6ème siècle que des patriarches d'Alexandrie donnèrent dans l'erreur d'Eutychès, qui enseignait qu'il n'y a qu'une Nature en Jésus-Christ. Quoiqu'ils fassent profession d'anathématiser Eutychès et Apollinaire, ils ne reconnaissent néanmoins , dit-on, qu'une seule Nature en Jésus-Christ, et assurent que le Verbe a pris un corps parfait auquel Il s'est uni sans altération, sans mélange et sans division, en une seule Nature et une seule Personne. Ils n'ont aucune autre erreur sur les autres points de la religion [**]. L'Eglise des Jacobites est fort étendue. Le patriarcat d'Alexandrie comprend dans sa juridiction les Eglises de Syrie, d'Ethiopie, d'Abbysinie, d'Arménie, de Mésopotamie.

Outre la vie du saint Evangéliste que nous avons donnée, il en existait encore une autre que les Bollandistes trouvent moins ancienne et moins fidèle. La première existait dès le 3ème et le 4ème siècle. Procope, diacre, au commencement du 7ème siècle, et Nicétas David, qui vivait au 9ème siècle, ont fait le panégyrique de saint Marc. Leurs discours sont conservés parmi les écrits des Anciens.
"Acta Sanctorum", traduction de m. Maistre, "Hist. des 72 Disciples"; le p. Cahier, "Caractéristiques"; Freppel, "Clément d'Alexandrie".
Tous les martyrologes font mémoire de saint Marc, et généralement tous les auteurs de l'Histoire ecclésiastique.

(1) Eusèbe, L. 2, ch. 25.
(2) Ephiph. Haeres., 69, ch. 2
(3) Const. ap. L. 7, ch. 46

[* mes remarques concernant saint Pierre à Rome ou saint André à Constantinople sont bien entendu valables pour saint Marc à Alexandrie. Et nottament cet usage d'un titre, pape ou patriarche, dès le premier siècle. C'est pur anachronisme, et ceux qui vous prétendent le contraire n'ont qu'à vous montrer des document d'époque prouvant le contraire. Auquel cas je ferai amende honorable. En attendant, ce titre appartient à l'évolution de l'ecclésiologie, à la naissance du système patriarcal quand les Eglises, à tort ou à raison, calqueront l'organisation ecclésiale sur celle de l'Etat païen, c'est-à-dire l'Empire Romain.
** Depuis lors, les discussions entre théologiens auraient montré qu'il n'y avait en réalité qu'une question de vocabulaire - et on sait que le vocabulaire "formatte" tant la manière de penser que la philosophie sous-jacente de la pensée. En tout cas, au centre de formation théologique "Saint-Jean", on nous avait indiqué que les discussions avaient finit par aboutir à la compréhension que le "muna phusis" de saint Cyril, pape et patriarche d'Alexandrie, qui est la formule conservée par nos frères Coptes à ce jour, en fidèlité à leur Père dans la Foi, ne devait pas se comprendre de la manière dont les théologiens Grecs ont voulu la comprendre à l'époque de Chalcédoine, mais bien dans le sens le plus orthodoxe du terme.
Au demeurant, la traduction anglaise du traité sur l'Unité du Christ de saint Cyril, parue aux éditions du séminaire Saint-Vladimir de New-York, est très explicite sur ce point dans l'introduction.
Je terminerais ma réflexion sur 2 points que m'inspirent ces histoires de divisions terribles, qui déchirent le Corps du Christ.
A. L'aspect politique a joué à l'époque autant, si pas plus, que l'aspect linguistique. L'intransigeance des clercs Grecs, qui ne voulaient pas reconnaître autre chose que de la barbarie dans tout ce qui n'était pas hellénistique aussi dans la manière de penser et d'exprimer les choses, n'avait d'équivalent que leur volonté d'hégémonie politique. Et l'Eglise était un instrument tout trouvé pour appuyer ce qui déjà se délitait temporellement parlant. Le Canon 28, rejetté par les 4 autres Patriarcats de la Pentarchie à l'époque, n'était compréhensible, si on en restait au niveau purement humain, que lorsqu'un empereur résidait à Constantinople. L'empereur voulait que l'évêque de sa ville de résidence aie un statut supérieur à tous les autres d'Orient. Voyez la complexe histoire du siège patriarcal de Constantinople.
Donc dans un cadre pareil, cette volonté d'asseoir une préséance, cette recherche d'une dignité humaine, de prestige mondain, bien que diamétralement contraire à cet exemple de la recherche de la "dernière place" (ou plutôt l'avant-dernière, le Christ occupant à jamais la dernière!), on comprend qu'ils aient tenté de l'asseoir de manière conciliaire. Mais l'histoire des Conciles et la réaction UNANIME dans toute la Chrétienté nous montre bien, de manière irréfutable, que ce Canon a été composé hors cadre conciliaire. Et voté en conciliabule, "à la Rimini" ou "Brigandage d'Ephèse".
Entretemps, il n'y a plus d'empereur "Chrétien". Il n'y a plus de Constantinople. Les conditions "humainement compréhensibles", politiques, n'existent plus. Un frein naturel, une répugnance normale, face à une aberration anti-évangélique peut s'estomper pour permettre une réunification. Enfin.. le jour où on n'entendra plus dans les paroisses Grecques "patriarche de la Nouvelle Rome", bien entendu, parce qu'il y a loin de la coupe aux lèvres...
B. Le problème de la condamnation : elle a eu lieu en Concile Oecuménique. Seul un nouveau Concile Oecuménique peut la lever. Vu que les aspects théologiques sont éclaircis, cela ne devrait pas poser de problème.. si seulement un tel Concile était possible. Or.. dans les faits.. si toute Eglise professant la Foi reçue des saints Apôtres, professée sans modification ni altération par les Mères et Pères de l'Eglise, par les Pères des Conciles Oecuméniques (les vrais, pas ceux qui n'en ont que le titre..), Foi qui est la norme et non pas Eglise (ou dirigeant d'Eglise) qui le serait, si une telle Eglise, rassemblée autour de son évêque, Père de cette Eglise locale, a donc la plénitude de la Foi, elle a la "catholicité", en attendant, il est impossible de nier qu'au-delà de ce niveau "Eglise locale", il n'y a plus d'Unité. On peut se bercer d'illusions, mais si c'était le cas, il y a belle lurette qu'un Concile Oecuménique aurait pu être rassemblé. Depuis l'an 870, dernier Concile à répondre aux critères "d'oecuménicité", il n'a plus été possible d'y parvenir. Prions que le nouvel évêque et pape de Rome soit celui qui parvienne à se mettre enfin à l'écoute de l'Esprit-Saint, Qui parle aux Eglises , et ramène son Patriarcat dans le giron de la Foi apostolique. Alors un Concile sera possible, et alors ce qui a été déchiré par l'orgueil et l'aveuglément humain pourra être réparé. Oremus, frères et soeurs qui aimez le Christ Sauveur, oremus!
JMD
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que les saints Anges du Seigneur veillent sur vous!

jean-michel


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