1er AOÛT.

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Bonsoir ami(e)s des saint(e)s, qu'ils soient Celtes ou non, d'ici ou d'ailleurs!
En Belgique, SAINT JONAT DE MARCHIENNES (+ 694), depuis des siècles
à l'honneur des Autels. Vies en fin de message.
Nous avons au calendrier byzantin (datation grégorienne), en
plus d'une partie des saints ci-dessous :
Procession de la Sainte Croix du Seigneur;(Etc.)
Que Notre Seigneur Jésus-Christ, qui est béni dans Ses
saintes et saints, par leurs prières, nous fasse
miséricorde.
To: "[celt-saints]"<celt-saints@yahoogroups.com>
From: emrys@globe.net.nz>
Date sent: Sat, 31 Jul 2004 21:40:17 +1200
Send reply to: celt-saints-owner@yahoogroups.com
Subject: [celt-saints] 1st August
Saints Celtes et anciens saints Anglais - 1er Août
(traduction personnelle http://www.amdg.be )
=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=
* Saint Kenneth du Pays de Galles
* Saint Aethelwold de Winchester
* Saint Peregrinus de Modena
* Saint Rioch d'Innisboffin
* Sainte Aled de Brecknock
* Sainte Sidwell
* Saint Secundel de Bretagne
=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=
Saint Kenneth du Pays de Galles, ermite
(Cenydd, Kyned, Kened, Keneth, Kined)
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Mort au 6ième siècle; fête de sa translation du 27
juin. On pense que saint Kenneth fut un ermite Gallois, fils d'un chef.
La tradition Galloise, cependant, le fait fils de saint Gildas (29
janvier), un des plus importants moines Gallois. Il se maria et eu au
moins un fils, qui devint moine sous saint Illtyd (6 novembre). Par la
suite, Kenneth devint ermite, se construisit une cellule parmi les
rochers de la péninsule de Gower et fonda Llangenydd. Il partit
ensuite pour la Bretagne, où Ploumelin est le centre de son
culte.
Un évènement extraordinaire relié au nom de
Kenneth est rapporté par les sources Galloises. Kenneth,
né impotent, en Bretagne, placé dans un berceau en osier
et poussé sur les flots comme Moïse, arriva à
l'île de "Henisweryn." Il y survécut grâce à
une série de miracles et d'interventions angéliques.
Elevé comme Chrétien, il devint ermite et fut rejoint par
un serviteur. Cet homme vola la lance de quelques voleurs auxquels
Kenneth avait donné l'hospitalité. Plus tard, saint David
de Galles (11 mars) guérit Kenneth de son infirmité, mais
cela déplu au saint qui demanda à redevenir comme avant.
Une applique de cloche met cette histoire inachevée en
évidence, histoire se terminant abruptement sans
résolution.
Saint Kenneth n'est cependant pas un personnage légendaire. Le
calendrier et les noms de lieu indiquent son existence. Sa Fête
est célébrée au Pays de Galles, en Bretagne et
Angleterre (Bénédictins, Farmer).
Tropaire de Saint Kenneth ton 2
Rejettant ta dignité princière et ta position dans le monde,.
tu te retiras dans le désert, O juste Kenneth,/
et pendant que nous nous réjouissons de ton ascèse plaisant à Dieu,/
supplie le Christ notre Dieu qu'Il sauve nos âmes.
Saint Aethelwold de Winchester, évêque
(Ethelwold)
------------------------------------------------
Né à Winchester, Angleterre, vers 908-912; mort à
Beddington, 984; fête à Abingdon au 2 août;
fête de sa translation 10 Septembre; Ely avait une "commemoratio"
en son honneur le8 octobre, et les abbayes de Deeping et Thorney
observaient une "exceptio" le 23 Octobre.
Avec saint Dunstan (19 mai) et saint Oswald d'York (28 février),
Ethelwold fut un des guides du renouveau monastique Anglais au
10ième siècle, qui suivit sa quasi éradication par
les Danois durant leurs raids. Il servit à la court du roi
Athelstan (924-39), mais quitta pour recevoir l'ordination à la
prêtrise des mains de Saint Alphege le Chauve (19 avril) le
même jour que son ami saint Dunstan. Quand Dunstan devint
abbé de Glastonbury en 943, et y restaura l'observance
Bénédictine, le prêtre Ethelwold rejoignit la
communauté et devint un de ses doyens et prieur.
Pas entièrement satisfait par la réforme à
Glastonbury, il demanda à être autorisé d'aller
étudier en France les réformes initiées à
Cluny. Au lieu de cela, en 955, le roi Edred le fit abbé d'une
abbaye en ruines, Abingdon dans le Berkshire, et confia à
Ethelwold sa restauration. Il adjoint à la communauté des
moines de Glastonbury et des prêtres d'ailleurs, et bâtit
une nouvelle église qui comprennait des éléments
de l'ancienne. Il envoya son disciple Osgar à Fleury pour y
étudier à sa place.
Lors de l'exil de Dunstan par le roi Edwy vers 956, Ethelwold devint la
plus importante figure de la réforme monastique. Il devint
presqu'une puissance séculaire, avec son rôle de tuteur du
futur roi, saint Edgar le Pacifique (8 juillet).
En 963, il fut consacré évêque de Winchester en
Wessex. L'année suivante, le roi Edgar et Ethelwold
remplaçèrent les chanoines séculiers par des
Bénédictins d'Abingdon. Il fonda de la sorte la
première cathédrale monastique, une institution
spécifiquement Anglaise qui dura jusqu'à la
"réforme". L'année suivante, Ethelwold remplaça
les prêtres par des moines à Newminster. Dès lors,
la réforme monastique fut étroitement associée au
roi, dont le palais était proche de la cathédrale. Il
fonda aussi ou restaura nombre d'abbayes, dont celles de Newminster et
Nunnaminster à Winchester en 965, Milton Abbas (Dorset) en 964,
Chertsey, Perterborough (966), Thorney (972), et Ely (970).
Aethelwold passait parfois l'entièreté du Grand
Carême en reclus à l'abbaye de Thorney, où il
bâtit une église avec une abside à chaque
extrémité. On possède encore la charte de la
dotation de Peterborough en terres, serfs, bétail, plaque
d'église et 20 manuscrits.
Cet austère, habile et dynamique prêtre a reçut
comme surnom "le père des moines". Le scribe de son
"Bénédictional" l'appelle "Boanerges" (fils du tonnerre).
Quand il était prieur de Glastonbury, il urgeait ses
frères à de plus grands efforts dans leur observance
monastique; il ne dormait jamais après les Matines (vers 3
heures du matin) et ne mangeait de viande qu'une fois par trimestre, et
encore, uniquement sur ordre exprès de Dunstan.
Bien qu'homme pratique, il eut aussi des grands dons d'artiste. Il
avait été cuisinier à Glastonbury; il oeuvra comme
maçon à Abingdon, jusqu'à ce qu'à une chute
d'un échafaudage; à Winchester, il fit travailler les
moines aux côtés des maçons pour construire la
cathédrale, et il construisit le plus puissant orgue de son
temps en Angleterre. Cet orgue à tuyaux nécessitait 2
moines pour en jouer. Il avait 400 tuyaux et 36 tons. Les cloches et
courones de métal pour les cierges du sanctuaire d'Abingdon
étaient aussi l'oeuvre de ses mains.
Plus important encore, Ethelwold introduisit le style d'enluminure des
manuscrits de Winchester dans ses monastères. Ce style surpassa
vite la production de la plupart des "scriptoria" du Continent. Il est
aussi le responsable de l'établissement à Winchester de
la plus importante école d'écriture vernaculaire de
l'époque, dont Aelfric est le plus célèbre
représentant. Ses traductions linguistiquement importantes, et
exactes, furent destinées à répondre aux besoins
des évêques et clercs qui n'étaient pas
eux-mêmes moines. La Winchester sous Ethelwold s'est aussi
distinguée par sa production de la première musique
polyphonique Anglaise, appelée le "Tropaire de Winchester". Sa
cathédrale reconstruite à Winchester fut le cadre d'une
liturgie magnifiquement riche et variée.
Le saint s'occupa aussi du bien-être matériel des
laïcs de son troupeau, autant que de celui des moines. Il fit
bâtir un aqueduc pour la ville.
L'épiscopat d'Aethelwold fut marqué par 3
évènements importants. D'abord, le congrès vers
970, durant lequel le "Regularis Concordia," la déclaration
caractéristique sur l'observance du monachisme
réformé, fut promulguée comme la norme pour les 30
abbayes réformées du sud de l'Angleterre. Basée
sur les pratiques de Gent (Gand, B), Fleury (F) et Glastonbury (GB), il
fut probablement compilé par Ethelwold en personne, qui fut
aussi responsable d'un récit vernaculaire important sur les buts
de la réforme, et d'une traduction en Vieil Anglais de la
Règle de Saint Benoît, à destination des moniales
qui ne connaissaient pas le latin.
Le second évènement fut la translation des reliques de
Saint Swithun de Winchester (15 juillet) en 971. Et
l'évènement remarquable final de l'époque
d'Ethelwold fut la consécration de la cathédrale de
Winchester en 980. Chaque occasion était marquée par un
grand concours de clergé et de peuple, et était le signe
du succès du mouvement de réforme monastique dont Dunstan
et Ethelwold furent les pionniers. Leurs monastères fournirent
près des 3/4 des évêques d'Angleterre
jusqu'à la conquête des Normans en 1066, de même que
la plupart des missionnaires envoyés en Scandinavie. Leurs
abbayes furent le centre de l'art et de la littérature Vieils
Anglais pour nombre d'années après.
Aethelwold débordait d'énergie pour mener à bien
les réformes, peu importe les oppositions. Il était sans
pitié pour les négligents, et plein de sympathie pour
ceux de bonne volonté et les malheureux. Ses contemporains le
décrivent aussi comme un excellent conseiller du roi et un
évêque bienveillant et éclairé. Ces
caractéristiques doivent être rappelées, de
même que son habileté et son intransigeance, pour toute
évaluation finale de sa personalité. Dans tous les
évènements, son travail eut un effet à long terme.
(Attwater, Bénédictins, Delaney, Farmer).
Office à notre père parmi les Saints, Aethelwold, évêque de Winchester (en anglais) :
http://www.orthodoxengland.btinternet.co.uk/servethe.htm
Saint Peregrin de Modena, ermite
(Pellegrino)
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Mort en 643. Peregrinus (signifiant "pélerin") aurait
été un prince Celte et/ou moine, qui fit un
pélerinage vers la Terre Sainte. A son retour, il s'installa
dans les paisibles Appenins, près de Modène, en Italie,
où il vécut ses 40 dernières années comme
ermite. Saint Pellegrino, dans les Alpes Italiennes, porte son nom et
fut son ermitage. De nos jours, on y trouve encore une
hospitalité pour les voyageurs et les nécessiteux.
(Bénédictins, Encyclopaedia, Husenbeth, Montague).
Dans l'art, Saint Peregrinus est dépeint comme un
pélerin. Il peut aussi être montré (1) tenant une
fine crosse ou (2) avec un suaire attaché à son
bâton (Roeder). Il est le patron de Lucca et Modène,
Itlaie, de même que celui des pélerins. (Roeder).
Saint Rioch d'Innisboffin, Abbé
----------------------------------------
Mort vers 480. Saint Rioch serait un des neveux de saint Patrick (17
mars), fils de Darerca (22 mars), qui était une des soeurs de
saint Patrick, et frère des saints Mel, Muinis et Melchu (tous
au 6 février). Rioch fut abbé d'Innisboffin en Longford,
Irlande (Bénédictins, Delaney).
Tropaire de Saint Rioch ton 1
L'éclat de ta vie et le triomphe de tes austérités/
brilla hors du monastère d'Innisboffin, O père Rioch,/
illuminant la nation Irlandaise et la guidant des ténèbres du paganisme/
vers la lumière de la vraie Foi./
C'est pourquoi O saint, intercède auprès du Christ notre Dieu/
afin que nous nous détournions des erreurs de notre temps et que nos âmes soient sauvées.
Sainte Aled de Brecknock, Vierge Martyre
(Adwenhelye, Almedha, Almedia, Eiluned, Eled, Elevetha, Euned)
-----------------------------------------------------
6ième siècle. Tout ce que nous savons de sainte Aled nous
vient de l'archidiacre Gérald de Galles (alias Giraldus
Cambrensis), qui vécut au 12ième siècle
près d'une église qu'il décrit sur le sommet d'une
colline, près du chateau de Brecon au Pays de Galles.
Sainte Aled était descendante du roi saint Brychan de Brecknock
(6 avril). Elle aurait souffert le martyre sur la colline près
de Brecknock, Pays de Galles. Elle aurait été une jeune
moniale s'étant enfuie à Llanfillo, puis Llechfaen, et
finallement Slwch Tump près de Brecon, afin d'échapper
à un mariage non-souhaitable avec un prince. Elle bâtit
une cellule à Brecon avec l'aide du seigneur local. Par la
suite, son poursuivant la retrouva. Elle s'enfuit à nouveau,
mais il la rattrapa et la décapita avec son épée.
Comme dans l'histoire de sainte Winefride, une source miraculeuse
jaillit du sol.
Le lieu de son martyre devint un lieu rempli de pélerins pour sa
fête. On dit que "grâce aux mérites de cette vierge
sainte, ceux souffrant de maladies de toute sorte recouvraient la
santé pour laquelle ils priaient". Gérald continue en
décrivant les dances des jeunes gens dans le cimetière et
leurs chants de mélodies traditionnelles. Ensuite ils se
laissaient tomber sur le sol, mimant avec leurs pieds et leurs mains le
travail des labours, de la filature et du tissage, qu'ils avaient
accompli contre le commandement du repos en Sabbath. Puis ils entraient
à l'église avec leurs offrandes : "en prennant part
à ces festivités, ils sentaient dans leurs coeurs la
rémission de leur péchés, se sentaient absous et
pardonnés". La petite église fut bâtie sur sa
cellule, elle fut rayée de la carte en 1698. (Attwater2,
Bénédictins, Encyclopaedia, Farmer).
Sainte Sidwell, Vierge Martyre
(Sativola, Sidefulla)
------------------------------------------------------------
Epoque inconnue; fête au 31 juillet à Roscarrock et 2
août à Exeter. Sainte Sidwell, probablement Brittanique
plutôt qu'Anglo-Saxone, a été
vénérée à Exeter de temps
immémoriaux. Vers l'an 1.000, les pélerins affluaient
à son tombeau. William Worcester et Leland la mentionnent. Le
tardif catalogue médiéval des Saints Anglais,
appelé le "Catalogus sanctorum pausantium in Anglia," avait ceci
:
"Née à Exeter, elle fut tuée par sa
belle-mère, qui avait incité les moissonneurs à la
décapiter. Elle fut enterrée hors de la ville, où
par ses mérites, Dieu guérit les malades".
Cette histoire de belle-mère jalouse est aussi présente
dans la légende de sainte Juthwara (1er juillet), qiu serait la
soeur présumée de Sidwell. Il y a des raisons pour croire
que cette légende est entièrement mythique, bien que
Sidwell soit réellement une sainte.
L'église de Sidwell est juste à la sortie de la porte Est
d'Exeter. Tout près, il y avait une sainte source, où il
y eut probablement des guérisons. Elle a une dédicace
à Laneast, Cornouailles, avec sa soeur sainte Wulvella,
où il y a aussi une sainte source. (Bénédictins,
Farmer).
Dans l'art, Sainte Sidwell est une vierge qui porte une faux
près d'une source. Elle peut aussi être montrée
portant sa tête (Roeder). L'emblème de la "faux"
("scythe") et de la "source" ("well") de même que l'histoire,
pourraient bien dériver de son nom, Sidwell. (Farmer). Sidwell
est vénérée à Exeter, Angleterre (Roeder).
Saint Secundel, ermite
----------------------------
6ième siècle. Secundel fut le compagnon de saint Friard
(voir ce jour) sur l'île de Vindomitte en Bretagne.
(Bénédictins).
Sources:
========
Attwater, D. (1983). The Penguin Dictionary of Saints, NY: Penguin Books.
Attwater, D. (1958). A Dictionary of Saints. New York: P. J. Kenedy & Sons. [Attwater 2]
Benedictine Monks of St. Augustine Abbey, Ramsgate. (1947). The Book of Saints. NY: Macmillan.
Delaney, J. J. (1983). Pocket Dictionary of Saints, NY: Doubleday Image.
Delaney, J. J. (ed). (1978). Saints for All Seasons.Garden City, NY: Doubleday.
Encyclopaedia of Catholic Saints, August. (1966). Philadelphia: Chilton Books.
Farmer, D. H. (1997). The Oxford Dictionary of Saints. Oxford: Oxford University Press.
Husenbeth, Rev. F. C., DD, VG (ed.). (1928). Butler's Lives of the
Fathers, Martyrs, and Other Principal Saints. London: Virtue & Co.
Montague, H. P. (1981). The Saints and Martyrs of Ireland. Guildford: Billing & Sons.
Roeder, H. (1956). Saints and Their Attributes, Chicago: Henry Regnery.
*******************************
Ajouts personnels :
SAINTS FRIARD ET SECONDEL, ERMITES (6ième SIÈCLE)
Vie en vieux français du 17ième siècle, par le frère dominicain breton Albert le Grand :
http://perso.wanadoo.fr/pennker/saints/sfriard.htm
dans les pages "Saints de Bretagne par Albert le Grand" du site de A. Stervinou. Kenavo, l'ami!
traductions personelles (c) : http://www.amdg.be ;
Du Synaxaire Copte Orthodoxe : 
http://www.copticpope.org
http://www.copticcentre.com/synaxarium.pdf
http://www.mycopticchurch.com/saints/
Tobi 23, 1721 AM

Puisse son intercession être avec nous, et Gloire soit à
Dieu à jamais. Amen!
Du site de l'Eglise Orthodoxe Serbe en Amérique du Nord
http://www.westsrbdio.org/prolog/prolog.htm

2. PROCESSION DE LA SAINTE CROIX
![]()
Cette fête fut instituée par un arrangement mutuel entre
les Grecs et les Russes à l'époque de l'empereur Grec
Manuel et du prince Russe André, en commémoration des
victoires simultanées des Russes sur les Bulgares et des Grecs
sur les Sarazins. Dans ces 2 batailles, des croix furent portées
par les armées, desquelles des lumières célestes
irradièrent. Dès lors, il fut institué que le 1er
août, la Crox soit d'abord portée au milieu de
l'église de Sainte-Sophie, puis dans les rues, pour que le
peuple puisse la vénérer comme une commémoration
de l'aide miraculeuse de la Croix dans les batailles
précédentes. Ce n'était pas une croix ordinaire,
mais la Vraie Sainte Croix qui était conservée dans
l'église de la cour impériale. Le 31 juillet, la
Vénérable Croix était transportée de la
cour impériale à l'église Sainte-Sophie, et de
là en procession à travers les rues, pour la
consécration de la terre et de l'air. Finallement, le 14
août, elle retrouvait sa place dans l'église du palais
impérial.
Saint Nicolas Velimirovitch, évêque d'Ochrid, Serbie (+
05 mars 1958), rescapé de Dachau puis des persécutions communistes, auteur de ce Sanctoral "Prologue d'Ochrid".
Du site de l'Eglise Orthodoxe Russe en Amérique du
Nord 
http://ocafs.oca.org/
Textes à traduire plus tard :
Dans le livre "Saintes et Saints de Belgique au 1er millénaire", nous trouvons à ce jour :
http://www.amdg.be/amdg12.html "sanctoral Belgique"
[je ne placerai ici des vies de saint(e)s tirées de ce livre que de manière exceptionnelle : il vaut l'achat!]
Dans le livre en néérlandais "Vergeten Helden", volume
"augustus", nous trouvons à ce jour:
http://www.amdg.be/ed-pervijze.html
D'après le sanctoral des RP Bénédictins, éditions Letouzey & Ané 1936, on trouve entre autres :
SAINT SEVER DE RUSTAN, PRÊTRE (+ VERS 500)
Saint Sever est honoré depuis un temps immémorial dans le
village qui porte son nom : Saint-Sever-de-Rustan
(Hautes-Pyrénées) au pays de Bigorre. Une abbaye de
l'ordre de Saint-Benoît de fondation très ancienne - on
voulait la faire remonter à saint Sever lui-même - fut
restaurée au 10ième siècle et dura jusqu'à
la RévoIution. En 1573 les huguenots la saccagèrent et
brûlèrent les reliques de son saint patron.
Saint Sever n'est connu que par Grégoire de Tours qui lui
consacre 2 chapitres dans son livre "De la gloire des confesseurs".
De noble famille et grand propriétaire terrien, Sever avait
été ordonné prêtre. Très charitable,
il dépensait ses biens en nourriture pour les pauvres et
transforma 2 maisons de ses domaines du pays de Bigorre en
églises, l'une auprès de "Sexciacum" (village non
identifié), l'autre à environ 20 milles (30km), au lieu
qui est devenu Saint-Sever-de-Rustan. Chaque dimanche, il
célébrait la Messe dans les 2 endroits en couvrant
à cheval la distance qui les séparait. Un jour il heurta
une branche de néflier. "Que Dieu te dessèche", dit-il.
Quatre jours après il repassait par là. Il vit l'arbre
sec et regretta son mouvement d'impatience; il descendit de cheval et
pria Dieu de rendre vie au néflier, qui reverdit aussitôt.
Sever avait l'habitude d'orner ses églises de lis. L'un d'eux,
placé auprès du tombeau qu'il s'était
préparé, était tout fané, mais retrouva sa
première fraîcheur quand Sever quitta ce monde pour aller,
"avec le reste des saints, fleurir comme une palme dans le Ciel".
Il mourut vers 500.
Bibl. - Acta sanct., 1er août, t. 1, p. 55-56. - A. Longnon,
Géogr. de la Gaule au 6ième siècle, p. 600-602. -
Tillemont, Mémoires, t. 12, p. 609, 691-693, prétend que
Grégoire de Tours veut parler de
Sulpice-Sévère, ce qui n'est pas vraisemblable.
SAINTS FRIARD ET SECONDEL, ERMITES (6ième SIÈCLE)
Né au pays nantais de parents très modestes, le
Gallo-Romain Friard cultiva la terre dans ses jeunes années, au
rapport de Grégoire de Tours. Mais sa grande piété
le distinguait de ses compagnons de travail. Un jour qu'ils avaient
été piqués par un essaim de guêpes et
forcés de quitter les lieux, le saint se mit à genoux,
fit le signe de la croix et les guêpes s'enfoncèrent dans
leur trou.
Résolu de tout quitter pour se consacrer à Dieu, il se
retira dans une île de la Loire, Vindunitta, avec l'abbé
Sabaudus et le diacre Secondel. Sabaudus ne tarda pas à rentrer
dans son monastère; Secondel alla prêcher aux alentours.
Mais, d'après Grégoire de Tours, c'était une
tentation du démon que Friard démasqua. Quelques
années plus tard Secondel mourut dans les bras de Friard, mais
la réputation du saint attira d'autres compagnons pour le
remplacer. Saint Félix l'avait en très haute estime;
aussi, quand Friard se sentit près de sa fin, lui fit-il
demander de venir le bénir et lui donner le baiser de paix.
Félix, retenu par des attaires importantes, lui fit dire de ne
pas mourir qu'il ne l'eût vu, et le saint, très
obéissant, attendit.
Il mourut aux alentours de 570. La paroisse de Besné
réclame l'honneur de lui avoir donné le jour et de
posséder ses reliques. D'après A. Oheix, Vindunitta
serait Besné.
Bibl. - Grégoire de Tours, Vitae Patrum, 10, éd. B.
Krusch, dans Mon. Germ. hist. - Biblioth. hag. lat., n. 3148. - Act.
sanct., août, t. 1, p. 57-59. - A. Le Grand, Les Vies des sainte
de la Bretagne Armorique, Quimper, 1901, p. 363-366. - A. Oheix,
Études hagiogr., t. 1.
SAINT ETHELWOLD, ÉVÊQUE DE WINCHESTER (+ 984)
En Angleterre éclata au 10ième siècle un
véritable réveil monastique (revival, comme dit dom
David Knowles), qui agit sur le pays tout entier. Saint Dunstan sema la
graine qui devait produire l'arbre magnifique. Sa conversion intime fut
suivie vers 943 par l'abbatiat, à Glastonbury, dans le Somerset.
Il y éleva une famille monastique dans l'esprit de la
Règle bénédictine. Parmi ses jeunes, il y avait
notre Ethelwold (Aethelweald), fils d'une haute famille de Winchester.
Dans sa jeunesse il fit partie de la maison (cornitatus) du roi
Aethelstan, puis fut tonsuré par saint Elphège (Aelfheah)
le Chauve, évêque de Winchester de 936 à 951. Il
resta quelque temps auprès du prélat, puis entra au
monastère de Glastonbury sous saint Dunstan. Ethelwold fut un
moine zélé pour l'étude, la prière et les
humbles travaux comme ceux du jardin ou de la cuisine. Son zèle
rêvait de dépasser Dunstan, d'aller sur le continent
étudier la vie des monastères illustres. Mais la reine
pressentant que, s'il partait, ce serait une perte irréparable,
réussit à lui faire interdire tout voyage d'études
à l'étranger. Le roi concéda à Ethelwold,
vers 954, le monastère d'Abingdon qui était
abandonné et en ruines. Le prince aida le vaillant moine
à le rebâtir. Un jour il vint inspecter les travaux.
L'abbé l'invita à déjeuner. Ce fut une petite
fête très réussie : le déjeuner devint
lunch, puis souper. On servit libéralement de l'hydromel
à tout ce beau monde. On avait fermé les portes pour que
nul ne pût déserter la royale beuverie. Au soir, tous ces
Northumbriens se retirèrent joyeux, "in ebrietate suatim".
L'hydromel n'avait pas manqué. Comme notre saint Eloi, Ethelwold
était un artisan habile : il fit 2 cloches et une «roue
d'or» toute pleine de clochettes. Il accomplit par le moine
Osgar, qu'il envoya à Fleury-sur-Loire, son projet
irréalisé d'enquête sur l'observance
d'outremer. Lui-même faisait des rondes dans son
monastère, pour tout surveiller. Il s'intéressait de
près à toutes les constructions. Un jour il
reçut une planche énorme tombant d'un
échafaudage, qui lui brisa plusieurs côtes.
Le 29 novembre 963, Ethelwold fut consacré évêque
de Winchester. Saint Dunstan, lui, avait été exilé
par le roi Edwy. Il avait visité avec grand intérêt
les monastères de Flandre et de Lorraine. Rentré en 957,
il avait reçu alors l'évêché de Worcester;
plus tard il aurait celui de Londres et enfin celui de
Cantorbéry.
Un troisième grand moine, d'origine danoise, devait briller dans
l'Église anglaise à ce moment, c'était saint
Oswald, profès de Fleury-sur-Loire, dépendance de Cluny,
puis évêque de Worcester et archevêque d'York.
Ce triumvirat monastique, animé d'un même idéal,
appuyé par un roi jeune et zélé, exerça une
influence profonde sur le pays grâce à Glastonbury,
Abingdon et Ramsey, le monastère d'Oswald, dans les Fens ou
marais, terres basses conquises sur la baie de Wash. Ramsey avait une
colonie de moines venus de Fleury.
Pour faire régner l'ordre il fallut expulser ou
transférer, avec l'appui du roi, les clercs trop peu
zélés. Ethelwold fut le chef de ce mouvement,
jusque-là sans équivalent exact en Occident, par lequel
des moines remplacèrent des clercs ou des chanoines à
l'église cathédrale, où un
évêque-abbé présida désormais.
Ethelwold fut imité par Oswald, peut-être par Dunstan;
Winchester, Worcester, plus tard Sherborne et Cantorbéry
devinrent cathédrales monastiques.
Dunstan, le principal conseiller du roi Edgar, fit convoquer un synode
qui se tint en 970 sous le patronage du roi et de la reine. Aux
représentants du monachisme insulaire s'étaient joints
des délégués de Gand et de Fleury. Mandaté
par cette haute assemblée, Ethelwold rédigea une
"Regularis concordia" (P. L., t. 137, col. 475) qui donnait avec
quelques modifications la pratique courante des grandes abbayes du
continent au 10ième siècle. Le nouveau code monastique
fut accepté librement et demeura en vigueur jusqu'à la
conquête normande, les monastères gardant leurs
libertés locales.
Les abbayes fournirent au pays des intellectuels, des artistes, des
évêques, le meilleur de son élite. Pour Dunstan,
et, à un degré moindre, Ethelwold et Oswald, l'ordre
monastique ne devait pas être un club d'ascètes en marge
de la nation, mais le coeur même de la nation, intellectuel et
spirituel. L'Église, l'État, les moines étaient
étroitement solidaires. On avait une concorde des ordres :
roi, évêques, moines.
Par sa réforme vigoureuse des monastères, Ethelwold
souleva bien des haines. On essaya de l'empoisonner. La tentative
fut vaine. Au reste, le prélat était pâle, avait
souvent des douleurs aux jambes, au ventre, et dormait mal.
Cependant il marchait quand même, évitait de manger
oiseaux ou quadrupèdes, conformément à la
Règle. Il aimait enseigner la jeunesse, lui traduire en anglais
les livres latins, lui parler de grammaire ou de métrique. Ce
maître souriant était un merveilleux animateur pour
le bien. Dans ses inspections, il était un «lion»
pour les déréglés, une "colombe" pour les bons
(Aelfric).
«L'Aigle du Christ», le "père des moines", mourut
à Beddington, dans le Surrey, le 1er août 984. Il
avait plus de 20 ans d'épiscopat. Il fut inhumé à
Winchester. Douze ans après son décès, son corps
fut élevé par saint Elphège, son successeur, futur
archevêque de Cantorbéry et martyr; Sa "depositio" est
marquée aux anciens calendriers le 1er août. Deux
calendriers seulement ont sa translation, plus exactement
l'élévation de ses reliques par saint Elphège, un
10 septembre. En revanche. ils n'ont pas sa "depositio", à cause
des Maccabées et de saint Pierre. On a attribué à
Ethelwold un travail sur le cercle dédié à Gerbert
(le pape de Rome Silvestre 2). Il existe un
"bénédictionnaire de saint Ethelwold" qui est un fort
beau manuscrit. Cf. E. - G. Millar, "La miniature anglaise du
10ième au 13ième siècle", Paris-Bruxelles.
Bibl. - Très bonne Vie par Aelfric, dans Chron. d'Abingdon, t.2,
p. 255 (Rolls séries). Bonne Vie par Wulistan, dans Mabillon,
Acta sanct. ord. .S. Bened., saec. 5, p. 608, P. L., t. 137, col, 83,
ou Acta sanct., 1er août, t. 1, p. 89. - Dict. of nat. biography,
t. 18, p. 37-40; t. 6, 1938, p. 901-904. - Ph. Schmitz, dans Dict.
d'hist. et de géogr. eccl, t. 7, col. 1081, et Hist, de l'ordre
de S.-Benoît, t. 1, 1942, p. 192-193. Dom D, Knowles, The
monastic order in Angleterre., 914-1216, Londres, 1940 (excellent); cf.
Bey, bénédictine, t. 57, 1947, p. 76*, n. 627; Rev.
d'hist. eccl., t. 41, 1946, p. 441*), et The religious Houses of
Medieval England, Londres, 1940, p. 15-20, avec la carte 1 à la
fin du livre montrant les monastères groupés dans le
Wessex, les Fens et vers la Severn. - J.-A. Robinson, The Times of S.
Dunstan, Londres, 1923. - Abingdon (comté de Berks) fut
voué à Ste Marie, au moins au 10ième
siècle. Les principaux patrons de monastères en
Angleterre étaient alors, avec la Vierge, S. Martin, SS. Pierre
et Paul, S. Pierre, S. Paul.
Textes à corriger plus tard :
D'après les Petits Bollandistes, 7ième édition, Bar-le-Duc 1876, entre autres :
p.181-183
SAINT JONAT, ABBE DE MARCHIENNES, AU DIOCESE DE CAMBRAI (+ 694 ou 695)
Lorsque saint Amand eut fondé (vers 643) le monastère de
Marchiennes ("Marchianae", sous la règle de saint Colomban) sur
les terres que lui avait accordées saint Adalband, époux
de sainte Rictrude, il y plaça, pour diriger les nouveaux
religieux, l'un de ses disciples appelé Jonat, qui
répondit parfaitement à sa confiance. On ne trouve rien
dans les auteurs qui fasse connaître ses premières
années : sa patrie, sa famille, son entrée en religion,
tout est resté ignoré. Cette circonstance, qu'on
rencontre dans la vie de presque tous les disciples de saint Amand,
vient sand doute de ce que la plupart d'entre eux étaient des
enfants étrangers et captifs, que le charitable missionnaire
avait rachetés de l'esclavage, et fait élever dans
quelque tranquille solitude.
Tous les auteurs se bornent à faire l'éloge de la sagesse
et de la vertu de Jonat. Comme religieux, il était le
modèle de ses frères; comne abbé, il les dirigea
avec une prudence qui fait son éloge comme celui de saint Amand
qui l'avait formé. Quelques mots, qu'on rencontre dans des actes
très-anciens, sembleraient supposer qu'il accompagna quelquefois
le missionnaire dans ses courses apostoliques. "Ces 2 hommes saints", y
est-il dit, "brillant dans la maison du Seigneur comme des astres
éclatants, chassaient devant eux les ténèbres
profondes de l'idolâtrie et du péché. Par leurs
exemples et leurs prières, ils eurent le bonheur d'introduire
beaucoup d'âmes dans les Cieux".
Lorsque sainte Rictrude, après la mort de son époux, se
retira au monastère de Marchiennes avec ses 2 plus jeunes
filles, saint Jonat fut encore chargé de leur direction et de
celle des personnes qui vinrent auprès de la sainte veuve
embrasser la vie religieuse. Les conseils de son expérience, la
gravité de ses moeurs et la sainteté de sa conduite,
exeçèrent une très-heureuse influence sur le
monastère, et dans toute la contrée, où son nom
resta longtemps en vénération. Pour achever
l'éloge de ce vénérable abbé, et
suppléer, autant qu'il est possible, au silence des auteurs,
rappelons encore ces paroles d'un ancien hagiographe : "Jonat
était chaste de corps, humble d'esprit, d'un extérieur
doux et pacifique, affable et aimable vers tous. Une grâce
particulière brillait sur son front comme un reflet de ses
vertus, et attirait invinciblement les coeurs à lui".
Il mourut au monastère de Marchiennes le 1er août 691, ou,
selon d'autres, 695. Son corps reposait dans l'église de
l'abbaye.
Acta Sanctorum Belgii, traduction de m. l'abbé Destombes.
Note importante : d'après la "Vie de Saint Colomban et de ses
disciples", Bellefontaine, vie monastique n°40, saint Jonat
ci-dessus et Jonas de Bobbio, biographe de la "geste colombannienne",
ne seraient qu'une seule et même personne. Les relations en
question y sont précisément décrites, entre saint
Amand et tout le "monde colombanien", et l'utilisation par saint Amand
des Règles et coutumes du monde monastique Celte. JMD.
SAINT EXUPERE OU SAINT SPIRE, PREMIER EVEQUE DE BAYEUX ET CONFESSEUR (+ 140)
presbytre de Rome : Saint Hygin. - Empereur romain Antonin "le Pieux".
Les Mémoires de l'Eglise de Bayeux nous apprennent que saint
Exupère, que l'on appelle communément saint Spire,
et qu'elle reconnaît pour son premier évêque, fut un
de ces heureux missionnaires que saint Clément, presbytre et
disciple de saint Pierre, envoya dans les Gaules avec saint Denis
l'Aréopagite, pour y annoncer la venue du Fils de Dieu. Il
était romain et d'une très-noble famille, et avait
été formé à toutes les sciences qui peuvent
cultiver un bel esprit. Le pays qui lui échut dans la
distribution des provinces des Gaules, pour la prédication
de l'Evangile, fut cette partie de l'ancienne Neustrie que l'on nomme
actuellement Basse-Normandie. Il s'y rendit avec joie ; et,
étant entré dans Bayeux, qui dès lors en
était la capitale, il y travailla avec tant de zèle,
qu'il vit bientôt le succès de ses travaux,
c'est-à-dire un assez grand nombre de fidèles pour
composer une Eglise florissante. Il y fit donc bâtir un oratoire,
où les nouveaux Chrétiens s'assemblaient, et
où lui-même célébrait tous les jours les
saints Mystères, et distribuait le Pain de Vie, qui est
Jésus-Christ dans son Sacrement, et le pain de la Parole de
Dieu. Cet oratoire était dédié en l'honneur de la
sainte Vierge, et l'on croit qu'il était au lieu même
où est aujourd'hui la cathédrale, qui la reconnait
toujours pour sa patronne et sa titulaire.
Trois choses contribuèrent beaucoup à cet heureux
succès de la prédication du nouvel apôtre. La
première était la pureté de ses moeurs et la
sainteté de sa vie; car on voyait en lui un homme qui vivait
dans un corps comme s'il n'en eût point eu; qui ne faisait pas
plus d'état des richesses et de toutes les grandeurs du monde
que de la poussière qu'il foulait aux pieds; qui fuyait les
honneurs avec plus de soin que les superbes n'ont d'empressement pour
s'en procurer; qui supportait les injures et les
persécutions avec une douceur et une patience invincibles,
et dont la vie était une prière et un jeûne
continuels. La seconde chose était son zèle et la force
merveilleuse de sa parole ; car, outre qu'il était naturellement
éloquent et qu'il avait encore perfectionné ce don
par l'étude et par l'exercice, Dieu lui donnait tant d'ardeur et
de feu dans la prédication, qu'il fallait être
extrêmement endurci pour ne pas se rendre à la
solidité de ses raisons et à la véhémence
de ses exhortations. La troisième, enfin, était la
puissance de faire des miracles qu'il avait reçue de Dieu; car
il n'y avait point de maladie qui résistât à son
commandement; ni de nécessité corporelle ou spirituelle
à laquelle il ne remédiât par la force du Nom de
Jésus et du signe de notre Salut et de notre rédemption.
Un jour, 7 possédés lui ayant été
amenés, après une longue prière qu'il fit à
Dieu, les larmes aux yeux et prosterné contre terre, il les
délivra par la vertu de ce signe salutaire : ce qui fut
cause de leur conversion et de celle de 500 personnes qui avaient
été témoins d'un miracle si éclatant. De ce
nombre fut le comte de Noroy, appelé Régnobert, qui
profita si bien des excellentes leçons de son maitre, qu'il
devint bientôt lui-même un excellent
prédicateur de l'Evangile, et qu'ayant été
élevé au sacerdoce par saint Spire, il fut depuis son
successeur et second évêque de Bayeux. On raconte qu'un
jour un païen aveugle, entendant un sermon de Régnobert, se
convertit et se fit mener à lui pour être instruit plus
parfaitement et recevoir le Baptême. Régnobert se contenta
de le catéchiser; mais, pour le Baptême, il voulut qu'il
le reçût des mains de saint Spire. Il le prit donc par la
main pour le conduire au saint prélat; mais, pendant qu'il le
tenait, la vue lui fut rendue miraculeusement, et il n'eut plus besoin
de guide pour marcher. Ce miracle effraya Régnobert, lui faisant
craindre qu'on ne lui en attribuât l'honneur, mais consola
merveilleusement saint Spire, qui était ravi de voir son double
esprit rejaillir sur ses disciples.
Ce grand évêque délivra encore 7 autres
démoniaques par les mêmes armes dont il s'était
servi à l'égard des premiers. Mais les démons se
retirèrent avec des cris si terribles, que tous les
spectateurs en furent épouvantés et tombèrent
à terre à demi morts. Cette chute leur fut salutaire. Ils
apprirent par là à craindre Dieu et à se
préserver de la damnation, où l'on est pour toute une
éternité entre les mains de ces monstres, dont la rage
contre les hommes est si épouvantable. Ainsi, ceux qui
n'étaient pas encore du troupeau de Jésus-Christ
détestèrent les erreurs du paganisme, et
demandèrent instamment le saint Baptême. Le principal
de ces nouveaux convertis fut Zénon, seigneur du pays, qui
marcha depuis à si grands pas dans les voies de la perfection,
qu'il fut bientôt jugé digne du sacerdoce et de la
dignité d'archidiacre *, dont il s'acquitta saintement l'Eglise
l'a mis au catalogue des Saints.
Au reste, il ne faut pas croire que saint Spire soit toujours
demeuré dans Bayeux ayant tout le pays maritime de la Neustrie
pour son ressort, il ne manqua pas d'y porter de tous
côtés la lumière de la foi. C'est dans ces travaux
évangéliques qu'il employa sa vie jusqu'à une
heureuse vieillesse. Lorsqu'il se vit près de mourir, il appela
ses enfants autour de lui, et, à l'imitation de Notre-Seigneur,
il les exhorta à l'union entre eux, à la charité
pour le prochain, au zèle du salut des âmes, au
véritable amour de Dieu, et les recommanda d'une manière
pleine de tendresse au Père céleste, dont ils
étaient plus les enfants que les siens, puisqu'il ne les avait
engendrés en Jésus-Christ qu'afin qu'ils eussent
Dieu pour père. Ensuite, ayant reçu les Sacrements avec
une révérence et une dévotion extraordinaires, et
voyant les Anges descendre du ciel pour conduire son âme dans la
gloire, il adressa ces belles paroles au souverain Seigneur qui les
envoyait: « O mon Dieu! Lumière éternelle, Fontaine
de toute piété et Roi de tout cet univers, en qui j'ai
cru, que j'ai aimé, et dont j'ai annoncé la sainte
doctrine, je vous prie de regarder d'un oeil favorable la
prière de tous ceux qui auront recours à vous par mon
intercession, afin que toutes vos créatures vous
bénissent dans tous les siècles des siècles". Les
clercs qui étaient présents répondirent :
Amen. Et, au même instant, l'esprit du bienheureux Spire se
sépara de son corps, pour aller jouir éternellement de la
possession de son Dieu.
Saint Régnobert, son disciple, prenant soin de son corps, le fit
enterrer sur une colline hors de la ville, où les fidèles
firent bâtir une petite chapelle en son honneur; elle a
été changée dans la suite des temps en une
paroisse ; on n'y a jamais enterré : lorsqu'on l'a
essayé, cette terre, par honneur pour saint Exupère, a
rejeté les dépôts qu'on voulait lui confier.
CULTE ET RELIQUES.
Le corps de saint Spire fut levé par un de ses successeurs, qui
le mit dans une châsse et le transporta dans l'église
cathédrale de Bayeux, où il demeura jusqu'en 803. A cette
époque, les fidèles Neustriens, craignant que les
Normands, qui désolaient toutes leurs côtes, ne missent
leurs mains sacriléges sur de si précieuses reliques, les
apportèrent eux-mêmes dans un château du
Gâtinois appelé Palluau, avec celles de saint Leu ou Loup,
évêque de Bayeux.
80 ans après, le comte de Corbeit, nommé Haymon, avec
Elisabeth, son épouse, les firent apportet avec beaucoup de
magnificence dans leur ville de Corbeil, où ils firent
bâtir une église en leur honneur, et y fixèrent un
abbé séculier et 12 chanoines pour la
célébration perpétuelle des divins Offices. Haymon
voulut être enterré dans cette église, et l'on y
montre aussi son tombeau avec sa représentation en marbre blanc
et divers monuments et témoignages de piété. Les
comptes, ses successeurs, et nos rois très-chrétiens ont
accordé de grands privilèges à ce chapitre; etc.
Les prodiges ont rendu le pélerinage de Saint-Spire si
célèbre, qu'on voit ordinairement dans son église
une grande affluence de monde qui vient implorer son secours. Il y eut
encore d'autres translations de ses reliques et de celles de saint Leu,
pour les mettre dans des châsses neuves et plus magnifiques :
l'une en 1317, sous le règne de Philippe le Long; l'autre en
1454, sous le règne de Charles 7, et une 3ième
très-solennelle en 1649, sous le règne de Louis 13; et,
comme elles ont toutes été faites le 5ième
dimanche d'après Pâques, qui précède la
fête de l'Ascension de Notre-Seigneur, la principale fête
de saint Spire et de saint Leu se fait tous les ans en ce dimanche. On
descend les châsses dès la veille pour 10 jours, on dit
Matines à 10 heures du soir, et la Messe à minuit, et
l'on fait la procession, le jour, à 9 heures du matin ; alors
ces châsses sont portées par des hommes sages et vertueux
qui composent une Confrérie de porteurs.
On descend encore la châsse de saint Spire, pour les
sécheresses, les inondations et les incendies. En
l'année 1648, le feu ayant pris aux mouline à poudre
d'Essonne, et menacé Corbeil, qui en est proche, cette ville fut
préservée de ce malheur par la châsse de saint
Spire, qu'on opposa à la fureur des flammes.
De l'an 950 à l'an 1791, Corbeil possédait le corps
entier de cet illustre pontife, qu'il n'invoqua jamais en vain : il en
reçut de grands secours et de précieuses consolations.
Aussi la consternation a-t-elle été
générale en 1793, quand ses restes précieux furent
profanés et livrés aux flammes sur une place publique de
la ville.
On put soustraire à la profanation et à la destruction 2
insignes reliques : la mâchoire inférieure et un os de
l'avant-bras. La première est déposée à
Corbeil, et la deuxième est dans l'église de Bayeux,
où on a rétabli l'usage de la porter, avec les autres
reliques de la cathédrale, à la procession solenelle de
l'Assomption.
L'église de Saint-Exupère est encore
vénérée comme le lieu de sa sépulture et de
celle des saints évèques, ses successeurs, et elle
renferme encore les sarcophages dans lesquels leurs corps furent
déposés. Plusieurs d'entre eux, et en particulier celui
de saint Exupère, ont été profanés et
brisés à l'époque de la Révolution.
Maintenant ils sont protégés et renfermés dans
l'enceinte d'une chapelle souterraine où ils sont
demeurés en leur place.
Nous avons complété cette biographie au moyen de "Notes
locales" fournies par m. Girard, curé de Corbeil, et par m. Le
Conte, chanoine honoraire de la cathédrale et curé de
Saint-Exupère, à Bayeux.
(* la fonction d'archidiacre n'existait pas encore à cette époque-là.. anachronisme.. JMD)
SAINT FRIARD, RECLUS AU DIOCESE DE NANTES, PATRON DES LABOUREURS, ET SAINT SECONDEL OU SECOND, DIACRE ET SOLITAIRE (+ 557)
évêque de Rome : Benoît 1er -- roi des Francs : Chilpéric 1er
Friard vint au monde vers l'an 511. Ses parents étaient de
pauvres laboureurs de la paroisse de Besne (Loire Inférieure),
au diocèse de Nantes, en Bretagne, mais qui avaient la crainte
de Dieu et observaient fidèlement Ses Commandements. Suivant
leur exemple, notre Saint s'adonna de bonne heure à la
piété, et y fit en peu de temps des progrès
considérables. Il jeûnait et priait avec ferveur,
fréquentait dévotement les Sacrements de la
Pénitence et de l'Eucharistie, assistait avec joie aux divins
offices, et on ne voyait en lui que des exemples de chasteté, de
modestie et d'humilité. Son occupation ordinaire était de
labourer la terre et de travailler à la campagne pour
gagner sa vie. Aux heures du repas, qu'il achevait en peu de temps, se
contentant souvent d'un peu de pain et d'eau, il se retirait à
l'écart, et se mettait à genoux pour répandre son
âme devant son Dieu. Dans le plus fort de son travail, il ne
perdait point le souvenir de Sa Présence : il avait
toujours l'esprit élevé vers Lui et quelques versets des
Psaumes dans la bouche. Il ne parlait guère avec les hommes,
mais son entretien ordinaire était avec son souverain Seigneur.
La pureté admirable dont il était doué faisait
qu'il ne pouvait souffrir dans ses compagnons aucune action ni
aucune parole lascive et déshonnête. Lorsqu'ils y
tombaient, il les en reprenait avec force, et, s'ils ne s'en
corrigeaient pas, il se retirait de leur compagnie, de peur d'avoir la
vue ou l'ouïe souillée de quelque chose d'indécent.
Il faisait souvent le signe de la Croix sur lui et sur toutes les
choses qu'il maniait, et avait presque toujours sur la langue ces
paroles du Roi-Prophète "Adjutorium nostrum in Nomine Domini,
qui fecit coelum et terram; "Notre secours est dans le Nom du Seigneur,
qui a fait le Ciel et la terre".
Cependant ses compagnons de travail, qui n'avaient guère de
piété, se moquaient de sa dévotion et en faisaient
entre eux des railleries. Un jour qu'un essaim de guêpes,
s'étant levé dans le champ, les contraignit de s'enfuir
sans pouvoir continuer la moisson, à cause des piqûres et
des plaies sanglantes qu'ils en recevaient, ils lui dirent en se
moquant « Eh bien ! Friard, toi qui fais tant de signes de croix
sur tes yeux, tes oreilles et ta bouche, et qui l'imprimes même
sur les chemins par où tu dois passer, que ne chasses-tu par ce
signe ces insectes importuns qui nous empêchent de moissonner ?"
Friard, jugeant qu'il y allait de la gloire de Dieu et de
l'honneur de la Croix qu'il voyait méprisée, de
faire quelque chose d'extraordinaire en cette occasion, se mit
à genoux et pria instamment Notre-Seigneur de faire que ces
mouches ne les incommodassent plus. Il sentit aussitôt que sa
prière était exaucée, et dit à ses
compagnons : « Allons, retournons au travail; ces insectes ne
nous feront plus de mal ". Ils le suivirent, et à peine
eut-il fait le signe de la Croix et dit : "Adjutorium nostrum in Nomine
Domini", que les guêpes se retirèrent dans un trou de la
terre, d'où elles ne sortirent plus. Ce miracle commença
à le faire estimer, et fit une telle impression sur ses
compagnons, qu'ils n'osaient plus se moquer de lui, mais admiraient au
contraire sa vertu et en disaient du bien à tout le monde.
Un autre jour, il tomba du haut d'un grand arbre; cette chute,
pendant laquelle il répéta sa prière
habituelle : "Adjutorium nostrum in Nomine Domini", ne lui fit aucun
mal. Plein de reconnaissance envers Dieu, qui le protégeait si
visiblement, il résolut de de Le servir dans la solitude. Il
communiqua ce dessein à saint Félix, évèque
de Nantes, qui l'approuva et lui associa 2 compagnons : l'abbé
Sabaudus, qui avait autrefois eu des emplois à la cour de
Clotaire, roi des Francs, et un diacre nommé Secondel. Friard se
retira avec eux dans une île de la Loire nommée Vindunet
où il commença les exercices pénitences d'un
véritable ermite. (Il est difficile de dire quelle est cette
île, qui n'est plus connue sous ce nom). Sabaudus ne
persévéra pas avec lui ; car, s'ennuyant de
n'être plus abbé, et de n'avoir plus les satisfactions que
sa prélature lui donnait auparavant, il s'en retourna dans son
cloître ; mais peu de temps après il fut assassiné
: saint Grégoire de Tours dit que l'on n'a pu en savoir la
cause. Secondel eut plus de constance, et Friard mena avec lui une
vie si pure et si parfaite, qu'ils paraissaient plutôt des Anges
que des hommes. Leurs cellules, néanmoins, étaient peu
séparées, et ils ne se parlaient que rarement, de peur
que l'entretien
spirituel ne diminuât leur application en Dieu, et la ferveur
avec laquelle ils s'élevaient continuellement dans le Ciel.
Cependant le démon trouva moyen de tromper Secondel ; car, lui
étant apparu sous la figure de Jésus-Christ, il sut lui
persuader qu'il était déjà arrivé à
l'état de perfection, et qu'il devait sortir de son ermitage
pour aller travailler au Salut des âmes, l'assurant qu'il
autoriserait sa parole par de grands miracles : Secondel sortit sans en
rien communiquer à saint Friard, et s'en alla prêcher la
Parole de Dieu dans tout le voisinage. Il fit en même temps
plusieurs guérisons qui paraissaient miraculeuses et qui lui
attirèrent l'estime et l'admiration de tout le monde : de
sorte qu'on le publiait partout comme un grand Saint. Ce succès
lui enflant le coeur de plus en plus, il repassa dans l'île pour
faire part à notre Saint de ces bonnes nouvelles. Mais
Friard, qui était éclairé d'En-Haut, et qui,
d'ailleurs, aperçut en lui des manières toutes
séculières qu'il avait déjà
contractées par ses relations avec les hommes, reconnut
aussitôt l'artifice du démon. Il lui dit donc en soupirant
et en pleurant: "Malheur à vous, mon frère ; car
assurément le tentateur vous a trompé. Allez,
retournez dans votre cellule, humiliez-vous devant Dieu et faites
pénitence de cette faute". Ces paroles dissipèrent tout
le nuage dont l'esprit de Secondel avait été couvert ; il
s'aperçut lui-même de l'illusion à laquelle il
avait déféré, et, sentant en lui que ses travaux
évangéliques n'avaient eu pour effet que des mouvements
de vaine gloire, il en gémit du plus profond de son coeur, se
jeta aux pieds de Friard, et le pria d'intercéder auprès
de Notre-Seigneur, afin que cette légèreté lui
fût pardonnée. «Prions ensemble", lui dit Friard,
«et Dieu, qui est infiniment Miséricordieux, ne manquera
pas de vous être propice". Ils se mirent donc en oraison; le
démon, ayant encore pris l'apparence de Notre-Seigneur, apparut
de nouveau à Secondel et lui fit une sévère
réprimande de ce que, contre son ordre, il avait
quitté l'assistance de tant d'âmes qui se perdaient, pour
revenir dans son ermitage. Mais ce saint diacre ne se laissa pas
séduire une seconde fois. « Je sais", dit-il au
démon, "que tu n'es point Jésus-Christ, mon Sauveur, mais
un séducteur qui veut me faire perdre la couronne de la
persévérance ; si tu veux que je change de
sentiment, imprime sur ton front le signe salutaire de la Croix, que
Jésus-Christ a toujours aimée, et tu me donneras sujet de
te croire". Le démon n'en fit rien, et Secondel ayant fait
le signe de la Croix sur lui-même, il s'évanouit. Mais il
ne tarda pas à revenir : car s'étant fait
accompagner d'une troupe de malins esprits aussi méchants
que lui, il le vint retrouver et le battit si cruellement qu'il le
laissa demi-mort. Ce fut là le dernier effort de cet ennemi des
hommes contre le bienheureux diacre car, depuis ce temps-là, il
ne l'inquiéta plus et le laissa en paix. Secondel
persévéra donc plusieurs années dans sa
profession, et après avoir longtemps pleuré sa
légèreté, il mourut saintement, plein
d'années et de bonnes oeuvres. Son corps fut inhumé dans
l'église de Besné, où il a fait plusieurs
miracles. Il en est le second patron.
Pour saint Friard, qui lui survécut, après qu'il lui eut
rendu les devoirs de la sépulture, il revint à son
ermitage et s'y enferma. Un jour, se promenant dans l'île,
il trouva une branche d'arbre que le vent avait abattue. Il la ramassa,
et elle lui servit de bâton plusieurs années. Mais
lorsqu'elle fut entièrement sèche, il la replanta et
l'arrosa avec soin. Enfin elle prit racine, porta des fleurs et des
fruits, et devint un si bel arbre qu'on le venait voir par
curiosité. Il s'en aperçut, et, craignant la vaine
gloire, il le fit arracher : en cela il ne fut pas moins
admirable que par le miracle qu'il avait fait de lui rendre la vie,
tout sec qu'il était. Une autre fois, ayant rencontré un
autre arbre chargé de fleurs que le vent avait
déraciné, il en eut pitié et pria Dieu que tant de
belles fleurs ne fussent point perdues. Ensuite il en coupa toutes les
racines avec sa serpe et l'ayant fait pointu par le pied, il le ficha
en terre. Sa confiance en Dieu ne fut pas inutile : à l'heure
même l'arbre jeta de nouvelles racines, et, tirant le suc de la
terre, il conserva ses fleurs tant qu'il fallut, et porta la même
année de fort beaux fruits. Ces prodige et beaucoup d'autres
attiraient grand nombre de personnes à sa cellule, pour se
recommander à ses prières, et il ne manquait pas de leur
donner des instructions salutaires pour les mettre dans la voie du
bonheur éternel.
Enfin, le temps de sa récompense arriva ; il fut attaqué
d'une fièvre violente, et sut qu'il allait mourir. Il en
avertit ceux qui l'assistaient, et, leur marquant le jour où ce
bonheur devait lui arriver, il les pria de l'annoncer à saint
Félix, son évêque, afin qu'il voulût bien
l'assister à cette heure dernière. Saint
Félix se trouva alors si occupé que, ne pouvant y aller,
il manda au Saint qu'il le suppliait d'attendre un peu, et
qu'aussitôt que ses affaires seraient expédiées il
ne manquerait pas de se rendre à sa cellule. C'est ainsi que ces
amis de Dieu disposaient du temps de la vie et de la mort, comme s'ils
en eussent été les maîtres absolus. Les messagers
étant revenus auprès de saint Friard, qui semblait
être près d'expirer, lui rapportèrent la
réponse de saint Félix. « Levons-nons donc",
dit-il, "et attendons notre frère" ; et en même temps
la fièvre le quitta, et il se leva comme s'il n'eût plus
eu mal. Lorsque saint Félix fut dégagé, il le vint
trouver, suivant sa promesse. Alors cet homme céleste, qui
gémissait en lui-même du retardement de son bonheur, lui
en fit une plainte amoureuse, et lui dit : "O saint Prêtre,
vous me faites longtemps attendre, et vous retardez extrêmement
le voyage que je dois faire à l'éternité».
La fièvre le reprit aussitôt, il se coucha, reçut
du bienheureux évêque le baiser de paix et tous les
secours que l'Eglise donne aux moribonds, et, le matin suivant,
étant muni des Sacrements, de la bénédiction
épiscopale et de la prière, il rendit son âme entre
les mains de son Créateur. Ce fut le 1er août 577. A
l'instant même sa cellule trembla, et elle fut remplie d'une
odeur très-agréable. Saint Félix et ses clercs
célébrèrent ses obsèques, et firent porter
son corps dans l'église de Besne, lieu de sa naissance,
où Dieu l'a honoré de plusieurs miracles.
Saint Friard est le patron des laboureurs, aussi bien que saint Isidore, dont nous avons donné la vie au 10 mai.
On le représente arrosant un arbrisseau. Cet arbrisseau
était, comme nous l'avons vu, un bâton à l'usage du
Saint. Ce bâton planté par lui et arrosé produisit
des fruits. Cette merveille ayant attiré un grand concours,
le Saint craignit la considération qui lui en reviendrait et
abattit l'arbrisseau.
CULTE ET RELIQUES.
Ses reliques, ayant depuis été levées ds terre,
ont été portées en partie dans la
cathédrale de Nantes; le reste est demeuré dans cette
église de Besne, dont il est le principal patron.
On conserve encore aujourd'hui, dans l'église de Besne,
diocèse de Nantes, une partie des reliques de saint Friard
et de saint Secondel, son ami et le compagnon de sa solitude. Ces
reliques, qui ne sont plus très-considérables, sont
renfermées dans 2 reliquaires en bois doré.
On y voit aussi les tombeaux des 2 Saints, qui sont en forme de
cercueils, d'une seule pierre. A 1 kilomètre environ de
l'église paroissiale existe un petit oratoire, que l'on assura
avoir été bâti sur l'emplacement qu'occupait la
cellule de saint Secondel. Tout près de cet oratoire, la
tradition du pays indiquait une portion de landes qui aurait
formé le petit jardin que le pieux compagnon de saint Friard
cultivait de ses mains. Monseigneur l'évêque de Nantes,
dans sa dernière visite pastarole, a acheté ce
terrain, dont il a fait don à la fabrique, et aujourd'hui, une
statue en pierre de saint Secondel s'élève au milieu du
jardin, à quelques pas de l'oratoire dont nous venons de parler.
Dans le Propre du diocèse, approuvé à Rome en
1857, on a obtenu l'autorisation de faire la mémoire de saint
Secondel au 29 avril, et la fête de saint Friard, au rite
double-mineur, au 2 août. Ce sont les 2 jours assignés
à la fête des saints Confesseurs par la tradition
immémoriale de la paroisse de Besne, où leur culte est
demeuré très-populaire.
Les reliques de saint Friard, que l'on possédait à la
cathédrale de Nantes, avant la Révolution, ont
été perdues.
Noun avons tiré cette vie de saint Grégoire de Tours et
de ce que le père Alexandre, de Morlaix, a écrit dans son
"Histoire des Saints de Bretagne", sur les vieux manuscrils de la
même église de Besne. Nous l'avons complèté
avec des notes locales dues à m. l'abbé P. Richard,
vicaire général de Nantes, aujourd'hui (1876)
évêque de Belley. -- Cfr "Vies des Saints de Bretagne",
par Dom Lobineau.
SAINT ETHELWOLD, MOINE DE GLASTONBURY, EVEQUE DE WINCHESTER, EN ANGLETERRE, ET CONFESSEUR (+ 984)
évêque de Rome : Jean 14 - Roi d'Angleterre : Ethelred 2
Saint Ethelwold, qui sortait d'une famille honnête, eut pour
patrie la ville de Winchester. Animé dès son enfance d'un
désir ardent de ne vivre que pour Dieu, il pria le Père
des lumières de lui faire connaîttre un guide
expérimenté qui pût le conduire dans les voies du
Salut. Il le trouva dans la personne de saint Dunstan, abbé de
Glastonbury. S'étant adressé à lui, il
reçut de ses mains l'habit monastique. Il ne chercha plus que la
vraie sagesse, qu'il savait préférable à tous les
trésors, et pour l'acquisition de laquelle on doit tout
sacrifier. La prière, les larmes et le travail firent
toutes ses délices, et il dirigeait tous ses efforts vers
ce bien estimable que Dieu Lui-même nous invite à nous
procurer. On reconnaissait au zèle avec lequel il travaillait
à se perfectionner, que le Saint-Esprit régnait
déjà dans son coeur. Il montrait aussi beaucoup d'ardeur
pour l'étude des sciences qui se rapportent à la
religion, parce que cette étude faisait une partie essentielle
de ses devoirs. Saint Dunstan, qui connut bientôt son
mérite, le fit doyen de sa communauté.
En 947, le roi Edred rebâtit et dota richement l'abbaye
d'Abingdon, qui avait été fondée par le roi Clissa
en 675, et depuis considérablement agrandie par Ina.
Ethelwold fut choisi pour gouverner cette abbaye, qui était dans
le Berkshire. Il y établit une parfaite
régularité, qui servit depuis de modèle à
plusieurs établissements semblables. Il fit venir de Corbie un
maître de chant, et adopta les observances du monastère de
Fleury, alors célèbre par la sainteté de ceux
qui l'habitaient. Osgar, un de ses disciples, avait passé
quelque temps dans ce monastère pour rapporter en Angleterre ce
qu'il aurait vu se pratiquer en France.
La fureur des Danois avait causé les plus grands ravages dans la
Grande-Bretagne; on n'y voyait presque plus de maisons religieuses, et
il n'y avait plus de moines qu'à Glastonbury et à
Abingdon. La jeunesse y était mal élevée;
l'ignorance avait pris la place du savoir, et l'on était
dépourvu de tous les moyens propres à éclairer les
esprits et à rendre les coeurs vertueux. Ces circonstances
déplorables excitèrent le zèle de ceux qui
s'intéressaient à la gloire de Dieu, et surtout de
saint Dunstan, de saint Ethelwold et de saint Oswald. Ces 3 grands
hommes s'appliquèrent de toutes leurs forces à
rétablir le goût de l'étude et à faire
refleurir les lettres.
Saint Ethelwold fut sacré évêque de Winchester par
saint Dunstan, qui avait été placé sur le
siège de Cantorbéry. Il eut bien des abus à
réformer. Il commença par faire rentrer dans le devoir
les ecclésiastiques, auxquels l'ignorance, encore plus que la
corruption, faisait violer les règles les plus sacrées.
Les efforts de son zèle furent cependant inutiles à
l'égard de plusieurs. Les chanoines séculiers de sa
cathédrale se montrèrent incorrigibles; il les chassa
après leur avoir assigné de quoi subsister, et mit en
leur place les moines d'Abingdon, dont il fut tout à la fois
l'évêque et l'abbé. Il y en eut 3 qui prirent
l'habit et restèrent attachés au service de cette
église. L'année suivante, le saint évêque
ôta de nouveau le monastère de Winchester aux
chanoines séculiers qui l'occupaient, et leur substitua des
moines qui furent gouvernés par un abbé. Il fit
réparer dans la même ville le monastère des
religieuses, dédié sous l'invocation de la Sainte Vierge.
Ayant acheté du roi les terres et les ruines de celui de
Saint-Audry, dans l'île d'Ely, lequel avait été
brûlé par les Danois 100 ans auparavant, il y bâtit
à la même place une célèbre abbaye d'hommes
qui éprouva les effets de la libéralité du roi
Edgard, et qui, depuis, fut connue sous le nom de l'île dans
laquelle elle était située. Il fit aussi reconstruire, en
97O, celle de Thorney, dans le Cambridegeshire, dont il avait
également acheté les ruines.
Ce fut par son secours, et sous sa direction, qu'Adolphe, chancelier du
roi Edgard, fit l'acquisition du terrain de l'abbaye de Peterborough,
pour le rebâtir avec la plus grande magnificence. Cette maison
avait été fondée en 646, par Péada, premier
roi Chrétien de Mercie. Elle n'avait toutefois été
achevée que par Wulphère et Ethelred, frères de ce
prince, et par Kinéburge et Kinewith leurs soeurs, qui voulurent
y être enterrées. Elle avait subsisté avec une
grande réputation de sainteté jusqu'à l'an 810,
époque à laquelle les Danois la détruisirent.
Adolphe, que l'on en regardait avec raison comme le second fondateur, y
fit enterrer son fils unique, mort en bas âge, dans
l'année 960. Il donna ensuite tous ses biens au
monastère, y prit l'habit et en fut élu abbé.
Quoique Saint Ethelwold s'occupât fortement de la sanctification
des autres, il ne négligeait pas pour cela son propre Salut. Il
s'exerçait à la pratique de toutes les vertus, et
rapportait tout à la gloire de Dieu. L'humilité et la
charité animaient toutes ses actions extérieures. Il
savait que sans ces vertus il ne lui servirait de rien de distribuer
son bien aux pauvres, et même de livrer son corps aux flammes. Il
savait encore que la ferveur de la dévotion doit être
nourrie et augmentée dans le coeur, parce qu'autrement elle se
relâche et perd son activité, à peu près
comme une flèche, lancée par un arc, dont la force
diminue peu à peu, et qui tombe à la fin par terre. Il
joignait donc les exercices intérieurs aux fonctions
extérieures, afin que les unes et les autres se soutinssent et
se fortifiassent mutuellement.
Sa bienheureuse mort arriva le 1er août 984. On l'enterra dans sa
cathédrale, à côté du grand autel.
Plusieurs miracles ayant été opérés par son
intercession, on leva son corps de terre et on le déposa
solennellement sous l'autel. Cette cérémonie fut faite
par saint Elphège, successeur immédiat de Saint Ethelwold.
Godescard et Acta Sanctorum.
Textes à corriger plus tard :
LES 7 FRERES MACHABES, LEUR MERE, ET LE SAINT VIEILLARD ELEAZAR,
MARTYRISES A ANTIOCHE DE SYRIE, DANS LA TURQUIE D'ASIE (161 et 164
avant Jésus-Christ) p.183-189
DEDICACE DE SAINT-PIERRE-ES-LIENS, ou la Fête des chaînes du prince des Apôtres (439) p.192-199
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que les saints Anges du Seigneur veillent sur vous!
jean-michel