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01 août 2005

Bonsoir ami(e)s des saint(e)s, qu'ils soient Celtes ou non, d'ici ou d'ailleurs!

En Belgique, SAINT JONAT DE MARCHIENNES (+ 694), depuis des siècles à l'honneur des Autels. Vies en fin de message.

Nous avons au calendrier byzantin (datation grégorienne), en plus d'une partie des saints ci-dessous :
Procession de la Sainte Croix du Seigneur;(Etc.)

Que Notre Seigneur Jésus-Christ, qui est béni dans Ses saintes et saints, par leurs prières, nous fasse miséricorde.

To: "[celt-saints]"<celt-saints@yahoogroups.com>
From: emrys@globe.net.nz>
Date sent: Sat, 31 Jul 2004 21:40:17 +1200
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Subject: [celt-saints] 1st August

Saints Celtes et anciens saints Anglais - 1er Août
(traduction personnelle http://www.amdg.be )

=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=
* Saint Kenneth du Pays de Galles
* Saint Aethelwold de Winchester
* Saint Peregrinus de Modena
* Saint Rioch d'Innisboffin
* Sainte Aled de Brecknock
* Sainte Sidwell
* Saint Secundel de Bretagne
=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=


Saint Kenneth du Pays de Galles, ermite
(Cenydd, Kyned, Kened, Keneth, Kined)
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Mort au 6ième siècle; fête de sa translation du 27 juin. On pense que saint Kenneth fut un ermite Gallois, fils d'un chef. La tradition Galloise, cependant, le fait fils de saint Gildas (29 janvier), un des plus importants moines Gallois. Il se maria et eu au moins un fils, qui devint moine sous saint Illtyd (6 novembre). Par la suite, Kenneth devint ermite, se construisit une cellule parmi les rochers de la péninsule de Gower et fonda Llangenydd. Il partit ensuite pour la Bretagne, où Ploumelin est le centre de son culte.

Un évènement extraordinaire relié au nom de Kenneth est rapporté par les sources Galloises. Kenneth, né impotent, en Bretagne, placé dans un berceau en osier et poussé sur les flots comme Moïse, arriva à l'île de "Henisweryn." Il y survécut grâce à une série de miracles et d'interventions angéliques. Elevé comme Chrétien, il devint ermite et fut rejoint par un serviteur. Cet homme vola la lance de quelques voleurs auxquels Kenneth avait donné l'hospitalité. Plus tard, saint David de Galles (11 mars) guérit Kenneth de son infirmité, mais cela déplu au saint qui demanda à redevenir comme avant. Une applique de cloche met cette histoire inachevée en évidence, histoire se terminant abruptement sans résolution.

Saint Kenneth n'est cependant pas un personnage légendaire. Le calendrier et les noms de lieu indiquent son existence. Sa Fête est célébrée au Pays de Galles, en Bretagne et Angleterre (Bénédictins, Farmer).

Tropaire de Saint Kenneth ton 2
Rejettant ta dignité princière et ta position dans le monde,.
tu te retiras dans le désert, O juste Kenneth,/
et pendant que nous nous réjouissons de ton ascèse plaisant à Dieu,/
supplie le Christ notre Dieu qu'Il sauve nos âmes.




Saint Aethelwold de Winchester, évêque
(Ethelwold)
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Né à Winchester, Angleterre, vers 908-912; mort à Beddington, 984; fête à Abingdon au 2 août; fête de sa translation 10 Septembre; Ely avait une "commemoratio" en son honneur le8 octobre, et les abbayes de Deeping et Thorney observaient une "exceptio" le 23 Octobre.

Avec saint Dunstan (19 mai) et saint Oswald d'York (28 février), Ethelwold fut un des guides du renouveau monastique Anglais au 10ième siècle, qui suivit sa quasi éradication par les Danois durant leurs raids. Il servit à la court du roi Athelstan (924-39), mais quitta pour recevoir l'ordination à la prêtrise des mains de Saint Alphege le Chauve (19 avril) le même jour que son ami saint Dunstan. Quand Dunstan devint abbé de Glastonbury en 943, et y restaura l'observance Bénédictine, le prêtre Ethelwold rejoignit la communauté et devint un de ses doyens et prieur.

Pas entièrement satisfait par la réforme à Glastonbury, il demanda à être autorisé d'aller étudier en France les réformes initiées à Cluny. Au lieu de cela, en 955, le roi Edred le fit abbé d'une abbaye en ruines, Abingdon dans le Berkshire, et confia à Ethelwold sa restauration. Il adjoint à la communauté des moines de Glastonbury et des prêtres d'ailleurs, et bâtit une nouvelle église qui comprennait des éléments de l'ancienne. Il envoya son disciple Osgar à Fleury pour y étudier à sa place.

Lors de l'exil de Dunstan par le roi Edwy vers 956, Ethelwold devint la plus importante figure de la réforme monastique. Il devint presqu'une puissance séculaire, avec son rôle de tuteur du futur roi, saint Edgar le Pacifique (8 juillet).

En 963, il fut consacré évêque de Winchester en Wessex. L'année suivante, le roi Edgar et Ethelwold remplaçèrent les chanoines séculiers par des Bénédictins d'Abingdon. Il fonda de la sorte la première cathédrale monastique, une institution spécifiquement Anglaise qui dura jusqu'à la "réforme". L'année suivante, Ethelwold remplaça les prêtres par des moines à Newminster. Dès lors, la réforme monastique fut étroitement associée au roi, dont le palais était proche de la cathédrale. Il fonda aussi ou restaura nombre d'abbayes, dont celles de Newminster et Nunnaminster à Winchester en 965, Milton Abbas (Dorset) en 964, Chertsey, Perterborough (966), Thorney (972), et Ely (970).

Aethelwold passait parfois l'entièreté du Grand Carême en reclus à l'abbaye de Thorney, où il bâtit une église avec une abside à chaque extrémité. On possède encore la charte de la dotation de Peterborough en terres, serfs, bétail, plaque d'église et 20 manuscrits.

Cet austère, habile et dynamique prêtre a reçut comme surnom "le père des moines". Le scribe de son "Bénédictional" l'appelle "Boanerges" (fils du tonnerre). Quand il était prieur de Glastonbury, il urgeait ses frères à de plus grands efforts dans leur observance monastique; il ne dormait jamais après les Matines (vers 3 heures du matin) et ne mangeait de viande qu'une fois par trimestre, et encore, uniquement sur ordre exprès de Dunstan.

Bien qu'homme pratique, il eut aussi des grands dons d'artiste. Il avait été cuisinier à Glastonbury; il oeuvra comme maçon à Abingdon, jusqu'à ce qu'à une chute d'un échafaudage; à Winchester, il fit travailler les moines aux côtés des maçons pour construire la cathédrale, et il construisit le plus puissant orgue de son temps en Angleterre. Cet orgue à tuyaux nécessitait 2 moines pour en jouer. Il avait 400 tuyaux et 36 tons. Les cloches et courones de métal pour les cierges du sanctuaire d'Abingdon étaient aussi l'oeuvre de ses mains.

Plus important encore, Ethelwold introduisit le style d'enluminure des manuscrits de Winchester dans ses monastères. Ce style surpassa vite la production de la plupart des "scriptoria" du Continent. Il est aussi le responsable de l'établissement à Winchester de la plus importante école d'écriture vernaculaire de l'époque, dont Aelfric est le plus célèbre représentant. Ses traductions linguistiquement importantes, et exactes, furent destinées à répondre aux besoins des évêques et clercs qui n'étaient pas eux-mêmes moines. La Winchester sous Ethelwold s'est aussi distinguée par sa production de la première musique polyphonique Anglaise, appelée le "Tropaire de Winchester". Sa cathédrale reconstruite à Winchester fut le cadre d'une liturgie magnifiquement riche et variée.

Le saint s'occupa aussi du bien-être matériel des laïcs de son troupeau, autant que de celui des moines. Il fit bâtir un aqueduc pour la ville.

L'épiscopat d'Aethelwold fut marqué par 3 évènements importants. D'abord, le congrès vers 970, durant lequel le "Regularis Concordia," la déclaration caractéristique sur l'observance du monachisme réformé, fut promulguée comme la norme pour les 30 abbayes réformées du sud de l'Angleterre. Basée sur les pratiques de Gent (Gand, B), Fleury (F) et Glastonbury (GB), il fut probablement compilé par Ethelwold en personne, qui fut aussi responsable d'un récit vernaculaire important sur les buts de la réforme, et d'une traduction en Vieil Anglais de la Règle de Saint Benoît, à destination des moniales qui ne connaissaient pas le latin.

Le second évènement fut la translation des reliques de Saint Swithun de Winchester (15 juillet) en 971. Et l'évènement remarquable final de l'époque d'Ethelwold fut la consécration de la cathédrale de Winchester en 980. Chaque occasion était marquée par un grand concours de clergé et de peuple, et était le signe du succès du mouvement de réforme monastique dont Dunstan et Ethelwold furent les pionniers. Leurs monastères fournirent près des 3/4 des évêques d'Angleterre jusqu'à la conquête des Normans en 1066, de même que la plupart des missionnaires envoyés en Scandinavie. Leurs abbayes furent le centre de l'art et de la littérature Vieils Anglais pour nombre d'années après.

Aethelwold débordait d'énergie pour mener à bien les réformes, peu importe les oppositions. Il était sans pitié pour les négligents, et plein de sympathie pour ceux de bonne volonté et les malheureux. Ses contemporains le décrivent aussi comme un excellent conseiller du roi et un évêque bienveillant et éclairé. Ces caractéristiques doivent être rappelées, de même que son habileté et son intransigeance, pour toute évaluation finale de sa personalité. Dans tous les évènements, son travail eut un effet à long terme. (Attwater, Bénédictins, Delaney, Farmer).

Office à notre père parmi les Saints, Aethelwold, évêque de Winchester (en anglais) :
http://www.orthodoxengland.btinternet.co.uk/servethe.htm



Saint Peregrin de Modena, ermite
(Pellegrino)
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Mort en 643. Peregrinus (signifiant "pélerin") aurait été un prince Celte et/ou moine, qui fit un pélerinage vers la Terre Sainte. A son retour, il s'installa dans les paisibles Appenins, près de Modène, en Italie, où il vécut ses 40 dernières années comme ermite. Saint Pellegrino, dans les Alpes Italiennes, porte son nom et fut son ermitage. De nos jours, on y trouve encore une hospitalité pour les voyageurs et les nécessiteux. (Bénédictins, Encyclopaedia, Husenbeth, Montague).

Dans l'art, Saint Peregrinus est dépeint comme un pélerin. Il peut aussi être montré (1) tenant une fine crosse ou (2) avec un suaire attaché à son bâton (Roeder). Il est le patron de Lucca et Modène, Itlaie, de même que celui des pélerins. (Roeder).


Saint Rioch d'Innisboffin, Abbé
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Mort vers 480. Saint Rioch serait un des neveux de saint Patrick (17 mars), fils de Darerca (22 mars), qui était une des soeurs de saint Patrick, et frère des saints Mel, Muinis et Melchu (tous au 6 février). Rioch fut abbé d'Innisboffin en Longford, Irlande (Bénédictins, Delaney).

Tropaire de Saint Rioch ton 1
L'éclat de ta vie et le triomphe de tes austérités/
brilla hors du monastère d'Innisboffin, O père Rioch,/
illuminant la nation Irlandaise et la guidant des ténèbres du paganisme/
vers la lumière de la vraie Foi./
C'est pourquoi O saint, intercède auprès du Christ notre Dieu/
afin que nous nous détournions des erreurs de notre temps et que nos âmes soient sauvées.




Sainte Aled de Brecknock, Vierge Martyre
(Adwenhelye, Almedha, Almedia, Eiluned, Eled, Elevetha, Euned)
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6ième siècle. Tout ce que nous savons de sainte Aled nous vient de l'archidiacre Gérald de Galles (alias Giraldus Cambrensis), qui vécut au 12ième siècle près d'une église qu'il décrit sur le sommet d'une colline, près du chateau de Brecon au Pays de Galles.
Sainte Aled était descendante du roi saint Brychan de Brecknock (6 avril). Elle aurait souffert le martyre sur la colline près de Brecknock, Pays de Galles. Elle aurait été une jeune moniale s'étant enfuie à Llanfillo, puis Llechfaen, et finallement Slwch Tump près de Brecon, afin d'échapper à un mariage non-souhaitable avec un prince. Elle bâtit une cellule à Brecon avec l'aide du seigneur local. Par la suite, son poursuivant la retrouva. Elle s'enfuit à nouveau, mais il la rattrapa et la décapita avec son épée. Comme dans l'histoire de sainte Winefride, une source miraculeuse jaillit du sol.

Le lieu de son martyre devint un lieu rempli de pélerins pour sa fête. On dit que "grâce aux mérites de cette vierge sainte, ceux souffrant de maladies de toute sorte recouvraient la santé pour laquelle ils priaient". Gérald continue en décrivant les dances des jeunes gens dans le cimetière et leurs chants de mélodies traditionnelles. Ensuite ils se laissaient tomber sur le sol, mimant avec leurs pieds et leurs mains le travail des labours, de la filature et du tissage, qu'ils avaient accompli contre le commandement du repos en Sabbath. Puis ils entraient à l'église avec leurs offrandes : "en prennant part à ces festivités, ils sentaient dans leurs coeurs la rémission de leur péchés, se sentaient absous et pardonnés". La petite église fut bâtie sur sa cellule, elle fut rayée de la carte en 1698. (Attwater2, Bénédictins, Encyclopaedia, Farmer).


Sainte Sidwell, Vierge Martyre
(Sativola, Sidefulla)
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Epoque inconnue; fête au 31 juillet à Roscarrock et 2 août à Exeter. Sainte Sidwell, probablement Brittanique plutôt qu'Anglo-Saxone, a été vénérée à Exeter de temps immémoriaux. Vers l'an 1.000, les pélerins affluaient à son tombeau. William Worcester et Leland la mentionnent. Le tardif catalogue médiéval des Saints Anglais, appelé le "Catalogus sanctorum pausantium in Anglia," avait ceci :

"Née à Exeter, elle fut tuée par sa belle-mère, qui avait incité les moissonneurs à la décapiter. Elle fut enterrée hors de la ville, où par ses mérites, Dieu guérit les malades".

Cette histoire de belle-mère jalouse est aussi présente dans la légende de sainte Juthwara (1er juillet), qiu serait la soeur présumée de Sidwell. Il y a des raisons pour croire que cette légende est entièrement mythique, bien que Sidwell soit réellement une sainte.

L'église de Sidwell est juste à la sortie de la porte Est d'Exeter. Tout près, il y avait une sainte source, où il y eut probablement des guérisons. Elle a une dédicace à Laneast, Cornouailles, avec sa soeur sainte Wulvella, où il y a aussi une sainte source. (Bénédictins, Farmer).

Dans l'art, Sainte Sidwell est une vierge qui porte une faux près d'une source. Elle peut aussi être montrée portant sa tête (Roeder). L'emblème de la "faux" ("scythe") et de la "source" ("well") de même que l'histoire, pourraient bien dériver de son nom, Sidwell. (Farmer). Sidwell est vénérée à Exeter, Angleterre (Roeder).



Saint Secundel, ermite
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6ième siècle. Secundel fut le compagnon de saint Friard (voir ce jour) sur l'île de Vindomitte en Bretagne. (Bénédictins).



Sources:
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Attwater, D. (1983). The Penguin Dictionary of Saints, NY: Penguin Books.
Attwater, D. (1958). A Dictionary of Saints. New York: P. J. Kenedy & Sons. [Attwater 2]
Benedictine Monks of St. Augustine Abbey, Ramsgate. (1947). The Book of Saints. NY: Macmillan.
Delaney, J. J. (1983). Pocket Dictionary of Saints, NY: Doubleday Image.
Delaney, J. J. (ed). (1978). Saints for All Seasons.Garden City, NY: Doubleday.
Encyclopaedia of Catholic Saints, August. (1966). Philadelphia: Chilton Books.
Farmer, D. H. (1997). The Oxford Dictionary of Saints. Oxford: Oxford University Press.
Husenbeth, Rev. F. C., DD, VG (ed.). (1928). Butler's Lives of the Fathers, Martyrs, and Other Principal Saints. London: Virtue & Co.
Montague, H. P. (1981). The Saints and Martyrs of Ireland. Guildford: Billing & Sons.
Roeder, H. (1956). Saints and Their Attributes, Chicago: Henry Regnery.


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Ajouts personnels :

SAINTS FRIARD ET SECONDEL, ERMITES (6ième SIÈCLE)
Vie en vieux français du 17ième siècle, par le frère dominicain breton Albert le Grand :
http://perso.wanadoo.fr/pennker/saints/sfriard.htm
dans les pages "Saints de Bretagne par Albert le Grand" du site de A. Stervinou. Kenavo, l'ami!



traductions personelles (c) : http://www.amdg.be ;


Du Synaxaire Copte Orthodoxe :
http://www.copticpope.org
http://www.copticcentre.com/synaxarium.pdf
http://www.mycopticchurch.com/saints/
Tobi 23, 1721 AM



Puisse son intercession être avec nous, et Gloire soit à Dieu à jamais. Amen!






Du site de l'Eglise Orthodoxe Serbe en Amérique du Nord
http://www.westsrbdio.org/prolog/prolog.htm


2. PROCESSION DE LA SAINTE CROIX

Cette fête fut instituée par un arrangement mutuel entre les Grecs et les Russes à l'époque de l'empereur Grec Manuel et du prince Russe André, en commémoration des victoires simultanées des Russes sur les Bulgares et des Grecs sur les Sarazins. Dans ces 2 batailles, des croix furent portées par les armées, desquelles des lumières célestes irradièrent. Dès lors, il fut institué que le 1er août, la Crox soit d'abord portée au milieu de l'église de Sainte-Sophie, puis dans les rues, pour que le peuple puisse la vénérer comme une commémoration de l'aide miraculeuse de la Croix dans les batailles précédentes. Ce n'était pas une croix ordinaire, mais la Vraie Sainte Croix qui était conservée dans l'église de la cour impériale. Le 31 juillet, la Vénérable Croix était transportée de la cour impériale à l'église Sainte-Sophie, et de là en procession à travers les rues, pour la consécration de la terre et de l'air. Finallement, le 14 août, elle retrouvait sa place dans l'église du palais impérial.




Saint Nicolas Velimirovitch, évêque d'Ochrid, Serbie (+ 05 mars 1958), rescapé de Dachau puis des persécutions communistes, auteur de ce Sanctoral "Prologue d'Ochrid".



Du site de l'Eglise Orthodoxe Russe en Amérique du Nord
http://ocafs.oca.org/





Textes à traduire plus tard :





Dans le livre "Saintes et Saints de Belgique au 1er millénaire", nous trouvons à ce jour :
http://www.amdg.be/amdg12.html "sanctoral Belgique"
[je ne placerai ici des vies de saint(e)s tirées de ce livre que de manière exceptionnelle : il vaut l'achat!]








Dans le livre en néérlandais "Vergeten Helden", volume "augustus", nous trouvons à ce jour:
http://www.amdg.be/ed-pervijze.html




D'après le sanctoral des RP Bénédictins, éditions Letouzey & Ané 1936, on trouve entre autres :


SAINT SEVER DE RUSTAN, PRÊTRE (+ VERS 500)
Saint Sever est honoré depuis un temps immémorial dans le village qui porte son nom : Saint-Sever-de-Rustan (Hautes-Pyrénées) au pays de Bigorre. Une abbaye de l'ordre de Saint-Benoît de fondation très ancienne - on voulait la faire remonter à saint Sever lui-même - fut restaurée au 10ième siècle et dura jusqu'à la RévoIution. En 1573 les huguenots la saccagèrent et brûlèrent les reliques de son saint patron.
Saint Sever n'est connu que par Grégoire de Tours qui lui consacre 2 chapitres dans son livre "De la gloire des confesseurs".
De noble famille et grand propriétaire terrien, Sever avait été ordonné prêtre. Très charitable, il dépensait ses biens en nourriture pour les pauvres et transforma 2 maisons de ses domaines du pays de Bigorre en églises, l'une auprès de "Sexciacum" (village non identifié), l'autre à environ 20 milles (30km), au lieu qui est devenu Saint-Sever-de-Rustan. Chaque dimanche, il célébrait la Messe dans les 2 endroits en couvrant à cheval la distance qui les séparait. Un jour il heurta une branche de néflier. "Que Dieu te dessèche", dit-il. Quatre jours après il repassait par là. Il vit l'arbre sec et regretta son mouvement d'impatience; il descendit de cheval et pria Dieu de rendre vie au néflier, qui reverdit aussitôt.
Sever avait l'habitude d'orner ses églises de lis. L'un d'eux, placé auprès du tombeau qu'il s'était préparé, était tout fané, mais retrouva sa première fraîcheur quand Sever quitta ce monde pour aller, "avec le reste des saints, fleurir comme une palme dans le Ciel".
Il mourut vers 500.
Bibl. - Acta sanct., 1er août, t. 1, p. 55-56. - A. Longnon, Géogr. de la Gaule au 6ième siècle, p. 600-602. - Tillemont, Mémoires, t. 12, p. 609, 691-693, prétend que Grégoire de Tours veut parler de Sulpice-Sévère, ce qui n'est pas vraisemblable.


SAINTS FRIARD ET SECONDEL, ERMITES (6ième SIÈCLE)
Né au pays nantais de parents très modestes, le Gallo-Romain Friard cultiva la terre dans ses jeunes années, au rapport de Grégoire de Tours. Mais sa grande piété le distinguait de ses compagnons de travail. Un jour qu'ils avaient été piqués par un essaim de guêpes et forcés de quitter les lieux, le saint se mit à genoux, fit le signe de la croix et les guêpes s'enfoncèrent dans leur trou.
Résolu de tout quitter pour se consacrer à Dieu, il se retira dans une île de la Loire, Vindunitta, avec l'abbé Sabaudus et le diacre Secondel. Sabaudus ne tarda pas à rentrer dans son monastère; Secondel alla prêcher aux alentours. Mais, d'après Grégoire de Tours, c'était une tentation du démon que Friard démasqua. Quelques années plus tard Secondel mourut dans les bras de Friard, mais la réputation du saint attira d'autres compagnons pour le remplacer. Saint Félix l'avait en très haute estime; aussi, quand Friard se sentit près de sa fin, lui fit-il demander de venir le bénir et lui donner le baiser de paix. Félix, retenu par des attaires importantes, lui fit dire de ne pas mourir qu'il ne l'eût vu, et le saint, très obéissant, attendit.
Il mourut aux alentours de 570. La paroisse de Besné réclame l'honneur de lui avoir donné le jour et de posséder ses reliques. D'après A. Oheix, Vindunitta serait Besné.
Bibl. - Grégoire de Tours, Vitae Patrum, 10, éd. B. Krusch, dans Mon. Germ. hist. - Biblioth. hag. lat., n. 3148. - Act. sanct., août, t. 1, p. 57-59. - A. Le Grand, Les Vies des sainte de la Bretagne Armorique, Quimper, 1901, p. 363-366. - A. Oheix, Études hagiogr., t. 1.


SAINT ETHELWOLD, ÉVÊQUE DE WINCHESTER (+ 984)
En Angleterre éclata au 10ième siècle un véritable réveil monastique (revival, comme dit dom David Knowles), qui agit sur le pays tout entier. Saint Dunstan sema la graine qui devait produire l'arbre magnifique. Sa conversion intime fut suivie vers 943 par l'abbatiat, à Glastonbury, dans le Somerset. Il y éleva une famille monastique dans l'esprit de la Règle bénédictine. Parmi ses jeunes, il y avait notre Ethelwold (Aethelweald), fils d'une haute famille de Winchester. Dans sa jeunesse il fit partie de la maison (cornitatus) du roi Aethelstan, puis fut tonsuré par saint Elphège (Aelfheah) le Chauve, évêque de Winchester de 936 à 951. Il resta quelque temps auprès du prélat, puis entra au monastère de Glastonbury sous saint Dunstan. Ethelwold fut un moine zélé pour l'étude, la prière et les humbles travaux comme ceux du jardin ou de la cuisine. Son zèle rêvait de dépasser Dunstan, d'aller sur le continent étudier la vie des monastères illustres. Mais la reine pressentant que, s'il partait, ce serait une perte irréparable, réussit à lui faire interdire tout voyage d'études à l'étranger. Le roi concéda à Ethelwold, vers 954, le monastère d'Abingdon qui était abandonné et en ruines. Le prince aida le vaillant moine à le rebâtir. Un jour il vint inspecter les travaux. L'abbé l'invita à déjeuner. Ce fut une petite fête très réussie : le déjeuner devint lunch, puis souper. On servit libéralement de l'hydromel à tout ce beau monde. On avait fermé les portes pour que nul ne pût déserter la royale beuverie. Au soir, tous ces Northumbriens se retirèrent joyeux, "in ebrietate suatim". L'hydromel n'avait pas manqué. Comme notre saint Eloi, Ethelwold était un artisan habile : il fit 2 cloches et une «roue d'or» toute pleine de clochettes. Il accomplit par le moine Osgar, qu'il envoya à Fleury-sur-Loire, son projet irréalisé d'enquête sur l'observance d'outremer. Lui-même faisait des rondes dans son monastère, pour tout surveiller. Il s'intéressait de près à toutes les constructions. Un jour il reçut une planche énorme tombant d'un échafaudage, qui lui brisa plusieurs côtes.
Le 29 novembre 963, Ethelwold fut consacré évêque de Winchester. Saint Dunstan, lui, avait été exilé par le roi Edwy. Il avait visité avec grand intérêt les monastères de Flandre et de Lorraine. Rentré en 957, il avait reçu alors l'évêché de Worcester; plus tard il aurait celui de Londres et enfin celui de Cantorbéry.
Un troisième grand moine, d'origine danoise, devait briller dans l'Église anglaise à ce moment, c'était saint Oswald, profès de Fleury-sur-Loire, dépendance de Cluny, puis évêque de Worcester et archevêque d'York. Ce triumvirat monastique, animé d'un même idéal, appuyé par un roi jeune et zélé, exerça une influence profonde sur le pays grâce à Glastonbury, Abingdon et Ramsey, le monastère d'Oswald, dans les Fens ou marais, terres basses conquises sur la baie de Wash. Ramsey avait une colonie de moines venus de Fleury.
Pour faire régner l'ordre il fallut expulser ou transférer, avec l'appui du roi, les clercs trop peu zélés. Ethelwold fut le chef de ce mouvement, jusque-là sans équivalent exact en Occident, par lequel des moines remplacèrent des clercs ou des chanoines à l'église cathédrale, où un évêque-abbé présida désormais. Ethelwold fut imité par Oswald, peut-être par Dunstan; Winchester, Worcester, plus tard Sherborne et Cantorbéry devinrent cathédrales monastiques.
Dunstan, le principal conseiller du roi Edgar, fit convoquer un synode qui se tint en 970 sous le patronage du roi et de la reine. Aux représentants du monachisme insulaire s'étaient joints des délégués de Gand et de Fleury. Mandaté par cette haute assemblée, Ethelwold rédigea une "Regularis concordia" (P. L., t. 137, col. 475) qui donnait avec quelques modifications la pratique courante des grandes abbayes du continent au 10ième siècle. Le nouveau code monastique fut accepté librement et demeura en vigueur jusqu'à la conquête normande, les monastères gardant leurs libertés locales.
Les abbayes fournirent au pays des intellectuels, des artistes, des évêques, le meilleur de son élite. Pour Dunstan, et, à un degré moindre, Ethelwold et Oswald, l'ordre monastique ne devait pas être un club d'ascètes en marge de la nation, mais le coeur même de la nation, intellectuel et spirituel. L'Église, l'État, les moines étaient étroitement solidaires. On avait une concorde des ordres : roi, évêques, moines.
Par sa réforme vigoureuse des monastères, Ethelwold souleva bien des haines. On essaya de l'empoisonner. La tentative fut vaine. Au reste, le prélat était pâle, avait souvent des douleurs aux jambes, au ventre, et dormait mal. Cependant il marchait quand même, évitait de manger oiseaux ou quadrupèdes, conformément à la Règle. Il aimait enseigner la jeunesse, lui traduire en anglais les livres latins, lui parler de grammaire ou de métrique. Ce maître souriant était un merveilleux animateur pour le bien. Dans ses inspections, il était un «lion» pour les déréglés, une "colombe" pour les bons (Aelfric).
«L'Aigle du Christ», le "père des moines", mourut à Beddington, dans le Surrey, le 1er août 984. Il avait plus de 20 ans d'épiscopat. Il fut inhumé à Winchester. Douze ans après son décès, son corps fut élevé par saint Elphège, son successeur, futur archevêque de Cantorbéry et martyr; Sa "depositio" est marquée aux anciens calendriers le 1er août. Deux calendriers seulement ont sa translation, plus exactement l'élévation de ses reliques par saint Elphège, un 10 septembre. En revanche. ils n'ont pas sa "depositio", à cause des Maccabées et de saint Pierre. On a attribué à Ethelwold un travail sur le cercle dédié à Gerbert (le pape de Rome Silvestre 2). Il existe un "bénédictionnaire de saint Ethelwold" qui est un fort beau manuscrit. Cf. E. - G. Millar, "La miniature anglaise du 10ième au 13ième siècle", Paris-Bruxelles.
Bibl. - Très bonne Vie par Aelfric, dans Chron. d'Abingdon, t.2, p. 255 (Rolls séries). Bonne Vie par Wulistan, dans Mabillon, Acta sanct. ord. .S. Bened., saec. 5, p. 608, P. L., t. 137, col, 83, ou Acta sanct., 1er août, t. 1, p. 89. - Dict. of nat. biography, t. 18, p. 37-40; t. 6, 1938, p. 901-904. - Ph. Schmitz, dans Dict. d'hist. et de géogr. eccl, t. 7, col. 1081, et Hist, de l'ordre de S.-Benoît, t. 1, 1942, p. 192-193. Dom D, Knowles, The monastic order in Angleterre., 914-1216, Londres, 1940 (excellent); cf. Bey, bénédictine, t. 57, 1947, p. 76*, n. 627; Rev. d'hist. eccl., t. 41, 1946, p. 441*), et The religious Houses of Medieval England, Londres, 1940, p. 15-20, avec la carte 1 à la fin du livre montrant les monastères groupés dans le Wessex, les Fens et vers la Severn. - J.-A. Robinson, The Times of S. Dunstan, Londres, 1923. - Abingdon (comté de Berks) fut voué à Ste Marie, au moins au 10ième siècle. Les principaux patrons de monastères en Angleterre étaient alors, avec la Vierge, S. Martin, SS. Pierre et Paul, S. Pierre, S. Paul.




Textes à corriger plus tard :





D'après les Petits Bollandistes, 7ième édition, Bar-le-Duc 1876, entre autres :

p.181-183


SAINT JONAT, ABBE DE MARCHIENNES, AU DIOCESE DE CAMBRAI (+ 694 ou 695)
Lorsque saint Amand eut fondé (vers 643) le monastère de Marchiennes ("Marchianae", sous la règle de saint Colomban) sur les terres que lui avait accordées saint Adalband, époux de sainte Rictrude, il y plaça, pour diriger les nouveaux religieux, l'un de ses disciples appelé Jonat, qui répondit parfaitement à sa confiance. On ne trouve rien dans les auteurs qui fasse connaître ses premières années : sa patrie, sa famille, son entrée en religion, tout est resté ignoré. Cette circonstance, qu'on rencontre dans la vie de presque tous les disciples de saint Amand, vient sand doute de ce que la plupart d'entre eux étaient des enfants étrangers et captifs, que le charitable missionnaire avait rachetés de l'esclavage, et fait élever dans quelque tranquille solitude.
Tous les auteurs se bornent à faire l'éloge de la sagesse et de la vertu de Jonat. Comme religieux, il était le modèle de ses frères; comne abbé, il les dirigea avec une prudence qui fait son éloge comme celui de saint Amand qui l'avait formé. Quelques mots, qu'on rencontre dans des actes très-anciens, sembleraient supposer qu'il accompagna quelquefois le missionnaire dans ses courses apostoliques. "Ces 2 hommes saints", y est-il dit, "brillant dans la maison du Seigneur comme des astres éclatants, chassaient devant eux les ténèbres profondes de l'idolâtrie et du péché. Par leurs exemples et leurs prières, ils eurent le bonheur d'introduire beaucoup d'âmes dans les Cieux".
Lorsque sainte Rictrude, après la mort de son époux, se retira au monastère de Marchiennes avec ses 2 plus jeunes filles, saint Jonat fut encore chargé de leur direction et de celle des personnes qui vinrent auprès de la sainte veuve embrasser la vie religieuse. Les conseils de son expérience, la gravité de ses moeurs et la sainteté de sa conduite, exeçèrent une très-heureuse influence sur le monastère, et dans toute la contrée, où son nom resta longtemps en vénération. Pour achever l'éloge de ce vénérable abbé, et suppléer, autant qu'il est possible, au silence des auteurs, rappelons encore ces paroles d'un ancien hagiographe : "Jonat était chaste de corps, humble d'esprit, d'un extérieur doux et pacifique, affable et aimable vers tous. Une grâce particulière brillait sur son front comme un reflet de ses vertus, et attirait invinciblement les coeurs à lui".
Il mourut au monastère de Marchiennes le 1er août 691, ou, selon d'autres, 695. Son corps reposait dans l'église de l'abbaye.
Acta Sanctorum Belgii, traduction de m. l'abbé Destombes.

Note importante : d'après la "Vie de Saint Colomban et de ses disciples", Bellefontaine, vie monastique n°40, saint Jonat ci-dessus et Jonas de Bobbio, biographe de la "geste colombannienne", ne seraient qu'une seule et même personne. Les relations en question y sont précisément décrites, entre saint Amand et tout le "monde colombanien", et l'utilisation par saint Amand des Règles et coutumes du monde monastique Celte. JMD.


SAINT EXUPERE OU SAINT SPIRE, PREMIER EVEQUE DE BAYEUX ET CONFESSEUR (+ 140)

presbytre de Rome : Saint Hygin. - Empereur romain Antonin "le Pieux".

C'est surtout le propre des Saints de ne rien préférer
au Salut des âmes, ni l'honneur, ni la gloire, ni
quoi que ce puisse être.
Saint Jean Chrysostome.

Les Mémoires de l'Eglise de Bayeux nous apprennent que saint Exupère, que l'on appelle communément saint Spire, et qu'elle reconnaît pour son premier évêque, fut un de ces heureux missionnaires que saint Clément, presbytre et disciple de saint Pierre, envoya dans les Gaules avec saint Denis l'Aréopagite, pour y annoncer la venue du Fils de Dieu. Il était romain et d'une très-noble famille, et avait été formé à toutes les sciences qui peuvent cultiver un bel esprit. Le pays qui lui échut dans la distribution des provinces des Gaules, pour la prédication de l'Evangile, fut cette partie de l'ancienne Neustrie que l'on nomme actuellement Basse-Normandie. Il s'y rendit avec joie ; et, étant entré dans Bayeux, qui dès lors en était la capitale, il y travailla avec tant de zèle, qu'il vit bientôt le succès de ses travaux, c'est-à-dire un assez grand nombre de fidèles pour composer une Eglise florissante. Il y fit donc bâtir un oratoire, où les nouveaux Chrétiens s'assemblaient, et où lui-même célébrait tous les jours les saints Mystères, et distribuait le Pain de Vie, qui est Jésus-Christ dans son Sacrement, et le pain de la Parole de Dieu. Cet oratoire était dédié en l'honneur de la sainte Vierge, et l'on croit qu'il était au lieu même où est aujourd'hui la cathédrale, qui la reconnait toujours pour sa patronne et sa titulaire.
Trois choses contribuèrent beaucoup à cet heureux succès de la prédication du nouvel apôtre. La première était la pureté de ses moeurs et la sainteté de sa vie; car on voyait en lui un homme qui vivait dans un corps comme s'il n'en eût point eu; qui ne faisait pas plus d'état des richesses et de toutes les grandeurs du monde que de la poussière qu'il foulait aux pieds; qui fuyait les honneurs avec plus de soin que les superbes n'ont d'empressement pour s'en procurer; qui supportait les injures et les persécutions avec une douceur et une patience invincibles, et dont la vie était une prière et un jeûne continuels. La seconde chose était son zèle et la force merveilleuse de sa parole ; car, outre qu'il était naturellement éloquent et qu'il avait encore perfectionné ce don par l'étude et par l'exercice, Dieu lui donnait tant d'ardeur et de feu dans la prédication, qu'il fallait être extrêmement endurci pour ne pas se rendre à la solidité de ses raisons et à la véhémence de ses exhortations. La troisième, enfin, était la puissance de faire des miracles qu'il avait reçue de Dieu; car il n'y avait point de maladie qui résistât à son commandement; ni de nécessité corporelle ou spirituelle à laquelle il ne remédiât par la force du Nom de Jésus et du signe de notre Salut et de notre rédemption. Un jour, 7 possédés lui ayant été amenés, après une longue prière qu'il fit à Dieu, les larmes aux yeux et prosterné contre terre, il les délivra par la vertu de ce signe salutaire : ce qui fut cause de leur conversion et de celle de 500 personnes qui avaient été témoins d'un miracle si éclatant. De ce nombre fut le comte de Noroy, appelé Régnobert, qui profita si bien des excellentes leçons de son maitre, qu'il devint bientôt lui-même un excellent prédicateur de l'Evangile, et qu'ayant été élevé au sacerdoce par saint Spire, il fut depuis son successeur et second évêque de Bayeux. On raconte qu'un jour un païen aveugle, entendant un sermon de Régnobert, se convertit et se fit mener à lui pour être instruit plus parfaitement et recevoir le Baptême. Régnobert se contenta de le catéchiser; mais, pour le Baptême, il voulut qu'il le reçût des mains de saint Spire. Il le prit donc par la main pour le conduire au saint prélat; mais, pendant qu'il le tenait, la vue lui fut rendue miraculeusement, et il n'eut plus besoin de guide pour marcher. Ce miracle effraya Régnobert, lui faisant craindre qu'on ne lui en attribuât l'honneur, mais consola merveilleusement saint Spire, qui était ravi de voir son double esprit rejaillir sur ses disciples.
Ce grand évêque délivra encore 7 autres démoniaques par les mêmes armes dont il s'était servi à l'égard des premiers. Mais les démons se retirèrent avec des cris si terribles, que tous les spectateurs en furent épouvantés et tombèrent à terre à demi morts. Cette chute leur fut salutaire. Ils apprirent par là à craindre Dieu et à se préserver de la damnation, où l'on est pour toute une éternité entre les mains de ces monstres, dont la rage contre les hommes est si épouvantable. Ainsi, ceux qui n'étaient pas encore du troupeau de Jésus-Christ détestèrent les erreurs du paganisme, et demandèrent instamment le saint Baptême. Le principal de ces nouveaux convertis fut Zénon, seigneur du pays, qui marcha depuis à si grands pas dans les voies de la perfection, qu'il fut bientôt jugé digne du sacerdoce et de la dignité d'archidiacre *, dont il s'acquitta saintement l'Eglise l'a mis au catalogue des Saints.
Au reste, il ne faut pas croire que saint Spire soit toujours demeuré dans Bayeux ayant tout le pays maritime de la Neustrie pour son ressort, il ne manqua pas d'y porter de tous côtés la lumière de la foi. C'est dans ces travaux évangéliques qu'il employa sa vie jusqu'à une heureuse vieillesse. Lorsqu'il se vit près de mourir, il appela ses enfants autour de lui, et, à l'imitation de Notre-Seigneur, il les exhorta à l'union entre eux, à la charité pour le prochain, au zèle du salut des âmes, au véritable amour de Dieu, et les recommanda d'une manière pleine de tendresse au Père céleste, dont ils étaient plus les enfants que les siens, puisqu'il ne les avait engendrés en Jésus-Christ qu'afin qu'ils eussent Dieu pour père. Ensuite, ayant reçu les Sacrements avec une révérence et une dévotion extraordinaires, et voyant les Anges descendre du ciel pour conduire son âme dans la gloire, il adressa ces belles paroles au souverain Seigneur qui les envoyait: « O mon Dieu! Lumière éternelle, Fontaine de toute piété et Roi de tout cet univers, en qui j'ai cru, que j'ai aimé, et dont j'ai annoncé la sainte doctrine, je vous prie de regarder d'un oeil favorable la prière de tous ceux qui auront recours à vous par mon intercession, afin que toutes vos créatures vous bénissent dans tous les siècles des siècles". Les clercs qui étaient présents répondirent : Amen. Et, au même instant, l'esprit du bienheureux Spire se sépara de son corps, pour aller jouir éternellement de la possession de son Dieu.
Saint Régnobert, son disciple, prenant soin de son corps, le fit enterrer sur une colline hors de la ville, où les fidèles firent bâtir une petite chapelle en son honneur; elle a été changée dans la suite des temps en une paroisse ; on n'y a jamais enterré : lorsqu'on l'a essayé, cette terre, par honneur pour saint Exupère, a rejeté les dépôts qu'on voulait lui confier.

CULTE ET RELIQUES.
Le corps de saint Spire fut levé par un de ses successeurs, qui le mit dans une châsse et le transporta dans l'église cathédrale de Bayeux, où il demeura jusqu'en 803. A cette époque, les fidèles Neustriens, craignant que les Normands, qui désolaient toutes leurs côtes, ne missent leurs mains sacriléges sur de si précieuses reliques, les apportèrent eux-mêmes dans un château du Gâtinois appelé Palluau, avec celles de saint Leu ou Loup, évêque de Bayeux.
80 ans après, le comte de Corbeit, nommé Haymon, avec Elisabeth, son épouse, les firent apportet avec beaucoup de magnificence dans leur ville de Corbeil, où ils firent bâtir une église en leur honneur, et y fixèrent un abbé séculier et 12 chanoines pour la célébration perpétuelle des divins Offices. Haymon voulut être enterré dans cette église, et l'on y montre aussi son tombeau avec sa représentation en marbre blanc et divers monuments et témoignages de piété. Les comptes, ses successeurs, et nos rois très-chrétiens ont accordé de grands privilèges à ce chapitre; etc.
Les prodiges ont rendu le pélerinage de Saint-Spire si célèbre, qu'on voit ordinairement dans son église une grande affluence de monde qui vient implorer son secours. Il y eut encore d'autres translations de ses reliques et de celles de saint Leu, pour les mettre dans des châsses neuves et plus magnifiques : l'une en 1317, sous le règne de Philippe le Long; l'autre en 1454, sous le règne de Charles 7, et une 3ième très-solennelle en 1649, sous le règne de Louis 13; et, comme elles ont toutes été faites le 5ième dimanche d'après Pâques, qui précède la fête de l'Ascension de Notre-Seigneur, la principale fête de saint Spire et de saint Leu se fait tous les ans en ce dimanche. On descend les châsses dès la veille pour 10 jours, on dit Matines à 10 heures du soir, et la Messe à minuit, et l'on fait la procession, le jour, à 9 heures du matin ; alors ces châsses sont portées par des hommes sages et vertueux qui composent une Confrérie de porteurs.
On descend encore la châsse de saint Spire, pour les sécheresses, les inondations et les incendies. En l'année 1648, le feu ayant pris aux mouline à poudre d'Essonne, et menacé Corbeil, qui en est proche, cette ville fut préservée de ce malheur par la châsse de saint Spire, qu'on opposa à la fureur des flammes.
De l'an 950 à l'an 1791, Corbeil possédait le corps entier de cet illustre pontife, qu'il n'invoqua jamais en vain : il en reçut de grands secours et de précieuses consolations. Aussi la consternation a-t-elle été générale en 1793, quand ses restes précieux furent profanés et livrés aux flammes sur une place publique de la ville.
On put soustraire à la profanation et à la destruction 2 insignes reliques : la mâchoire inférieure et un os de l'avant-bras. La première est déposée à Corbeil, et la deuxième est dans l'église de Bayeux, où on a rétabli l'usage de la porter, avec les autres reliques de la cathédrale, à la procession solenelle de l'Assomption.
L'église de Saint-Exupère est encore vénérée comme le lieu de sa sépulture et de celle des saints évèques, ses successeurs, et elle renferme encore les sarcophages dans lesquels leurs corps furent déposés. Plusieurs d'entre eux, et en particulier celui de saint Exupère, ont été profanés et brisés à l'époque de la Révolution. Maintenant ils sont protégés et renfermés dans l'enceinte d'une chapelle souterraine où ils sont demeurés en leur place.
Nous avons complété cette biographie au moyen de "Notes locales" fournies par m. Girard, curé de Corbeil, et par m. Le Conte, chanoine honoraire de la cathédrale et curé de Saint-Exupère, à Bayeux.

(* la fonction d'archidiacre n'existait pas encore à cette époque-là.. anachronisme.. JMD)



SAINT FRIARD, RECLUS AU DIOCESE DE NANTES, PATRON DES LABOUREURS, ET SAINT SECONDEL OU SECOND, DIACRE ET SOLITAIRE (+ 557)
évêque de Rome : Benoît 1er -- roi des Francs : Chilpéric 1er

Attachez-vous à la solitude, elle est comme la mère
de la prière et de la pureté; et là exercez-vous
chaque jour à la lecture des livres saints, à
l'examen de votre propre coeur.
Saint Bonnaventure.

Friard vint au monde vers l'an 511. Ses parents étaient de pauvres laboureurs de la paroisse de Besne (Loire Inférieure), au diocèse de Nantes, en Bretagne, mais qui avaient la crainte de Dieu et observaient fidèlement Ses Commandements. Suivant leur exemple, notre Saint s'adonna de bonne heure à la piété, et y fit en peu de temps des progrès considérables. Il jeûnait et priait avec ferveur, fréquentait dévotement les Sacrements de la Pénitence et de l'Eucharistie, assistait avec joie aux divins offices, et on ne voyait en lui que des exemples de chasteté, de modestie et d'humilité. Son occupation ordinaire était de labourer la terre et de travailler à la campagne pour gagner sa vie. Aux heures du repas, qu'il achevait en peu de temps, se contentant souvent d'un peu de pain et d'eau, il se retirait à l'écart, et se mettait à genoux pour répandre son âme devant son Dieu. Dans le plus fort de son travail, il ne perdait point le souvenir de Sa Présence : il avait toujours l'esprit élevé vers Lui et quelques versets des Psaumes dans la bouche. Il ne parlait guère avec les hommes, mais son entretien ordinaire était avec son souverain Seigneur. La pureté admirable dont il était doué faisait qu'il ne pouvait souffrir dans ses compagnons aucune action ni aucune parole lascive et déshonnête. Lorsqu'ils y tombaient, il les en reprenait avec force, et, s'ils ne s'en corrigeaient pas, il se retirait de leur compagnie, de peur d'avoir la vue ou l'ouïe souillée de quelque chose d'indécent. Il faisait souvent le signe de la Croix sur lui et sur toutes les choses qu'il maniait, et avait presque toujours sur la langue ces paroles du Roi-Prophète "Adjutorium nostrum in Nomine Domini, qui fecit coelum et terram; "Notre secours est dans le Nom du Seigneur, qui a fait le Ciel et la terre".
Cependant ses compagnons de travail, qui n'avaient guère de piété, se moquaient de sa dévotion et en faisaient entre eux des railleries. Un jour qu'un essaim de guêpes, s'étant levé dans le champ, les contraignit de s'enfuir sans pouvoir continuer la moisson, à cause des piqûres et des plaies sanglantes qu'ils en recevaient, ils lui dirent en se moquant « Eh bien ! Friard, toi qui fais tant de signes de croix sur tes yeux, tes oreilles et ta bouche, et qui l'imprimes même sur les chemins par où tu dois passer, que ne chasses-tu par ce signe ces insectes importuns qui nous empêchent de moissonner ?" Friard, jugeant qu'il y allait de la gloire de Dieu et de l'honneur de la Croix qu'il voyait méprisée, de faire quelque chose d'extraordinaire en cette occasion, se mit à genoux et pria instamment Notre-Seigneur de faire que ces mouches ne les incommodassent plus. Il sentit aussitôt que sa prière était exaucée, et dit à ses compagnons : « Allons, retournons au travail; ces insectes ne nous feront plus de mal ". Ils le suivirent, et à peine eut-il fait le signe de la Croix et dit : "Adjutorium nostrum in Nomine Domini", que les guêpes se retirèrent dans un trou de la terre, d'où elles ne sortirent plus. Ce miracle commença à le faire estimer, et fit une telle impression sur ses compagnons, qu'ils n'osaient plus se moquer de lui, mais admiraient au contraire sa vertu et en disaient du bien à tout le monde.
Un autre jour, il tomba du haut d'un grand arbre; cette chute, pendant laquelle il répéta sa prière habituelle : "Adjutorium nostrum in Nomine Domini", ne lui fit aucun mal. Plein de reconnaissance envers Dieu, qui le protégeait si visiblement, il résolut de de Le servir dans la solitude. Il communiqua ce dessein à saint Félix, évèque de Nantes, qui l'approuva et lui associa 2 compagnons : l'abbé Sabaudus, qui avait autrefois eu des emplois à la cour de Clotaire, roi des Francs, et un diacre nommé Secondel. Friard se retira avec eux dans une île de la Loire nommée Vindunet où il commença les exercices pénitences d'un véritable ermite. (Il est difficile de dire quelle est cette île, qui n'est plus connue sous ce nom). Sabaudus ne persévéra pas avec lui ; car, s'ennuyant de n'être plus abbé, et de n'avoir plus les satisfactions que sa prélature lui donnait auparavant, il s'en retourna dans son cloître ; mais peu de temps après il fut assassiné : saint Grégoire de Tours dit que l'on n'a pu en savoir la cause. Secondel eut plus de constance, et Friard mena avec lui une vie si pure et si parfaite, qu'ils paraissaient plutôt des Anges que des hommes. Leurs cellules, néanmoins, étaient peu séparées, et ils ne se parlaient que rarement, de peur que l'entretien
spirituel ne diminuât leur application en Dieu, et la ferveur avec laquelle ils s'élevaient continuellement dans le Ciel.
Cependant le démon trouva moyen de tromper Secondel ; car, lui étant apparu sous la figure de Jésus-Christ, il sut lui persuader qu'il était déjà arrivé à l'état de perfection, et qu'il devait sortir de son ermitage pour aller travailler au Salut des âmes, l'assurant qu'il autoriserait sa parole par de grands miracles : Secondel sortit sans en rien communiquer à saint Friard, et s'en alla prêcher la Parole de Dieu dans tout le voisinage. Il fit en même temps plusieurs guérisons qui paraissaient miraculeuses et qui lui attirèrent l'estime et l'admiration de tout le monde : de sorte qu'on le publiait partout comme un grand Saint. Ce succès lui enflant le coeur de plus en plus, il repassa dans l'île pour faire part à notre Saint de ces bonnes nouvelles. Mais Friard, qui était éclairé d'En-Haut, et qui, d'ailleurs, aperçut en lui des manières toutes séculières qu'il avait déjà contractées par ses relations avec les hommes, reconnut aussitôt l'artifice du démon. Il lui dit donc en soupirant et en pleurant: "Malheur à vous, mon frère ; car assurément le tentateur vous a trompé. Allez, retournez dans votre cellule, humiliez-vous devant Dieu et faites pénitence de cette faute". Ces paroles dissipèrent tout le nuage dont l'esprit de Secondel avait été couvert ; il s'aperçut lui-même de l'illusion à laquelle il avait déféré, et, sentant en lui que ses travaux évangéliques n'avaient eu pour effet que des mouvements de vaine gloire, il en gémit du plus profond de son coeur, se jeta aux pieds de Friard, et le pria d'intercéder auprès de Notre-Seigneur, afin que cette légèreté lui fût pardonnée. «Prions ensemble", lui dit Friard, «et Dieu, qui est infiniment Miséricordieux, ne manquera pas de vous être propice". Ils se mirent donc en oraison; le démon, ayant encore pris l'apparence de Notre-Seigneur, apparut de nouveau à Secondel et lui fit une sévère réprimande de ce que, contre son ordre, il avait quitté l'assistance de tant d'âmes qui se perdaient, pour revenir dans son ermitage. Mais ce saint diacre ne se laissa pas séduire une seconde fois. « Je sais", dit-il au démon, "que tu n'es point Jésus-Christ, mon Sauveur, mais un séducteur qui veut me faire perdre la couronne de la persévérance ; si tu veux que je change de sentiment, imprime sur ton front le signe salutaire de la Croix, que Jésus-Christ a toujours aimée, et tu me donneras sujet de te croire". Le démon n'en fit rien, et Secondel ayant fait le signe de la Croix sur lui-même, il s'évanouit. Mais il ne tarda pas à revenir : car s'étant fait accompagner d'une troupe de malins esprits aussi méchants que lui, il le vint retrouver et le battit si cruellement qu'il le laissa demi-mort. Ce fut là le dernier effort de cet ennemi des hommes contre le bienheureux diacre car, depuis ce temps-là, il ne l'inquiéta plus et le laissa en paix. Secondel persévéra donc plusieurs années dans sa profession, et après avoir longtemps pleuré sa légèreté, il mourut saintement, plein d'années et de bonnes oeuvres. Son corps fut inhumé dans l'église de Besné, où il a fait plusieurs miracles. Il en est le second patron.
Pour saint Friard, qui lui survécut, après qu'il lui eut rendu les devoirs de la sépulture, il revint à son ermitage et s'y enferma. Un jour, se promenant dans l'île, il trouva une branche d'arbre que le vent avait abattue. Il la ramassa, et elle lui servit de bâton plusieurs années. Mais lorsqu'elle fut entièrement sèche, il la replanta et l'arrosa avec soin. Enfin elle prit racine, porta des fleurs et des fruits, et devint un si bel arbre qu'on le venait voir par curiosité. Il s'en aperçut, et, craignant la vaine gloire, il le fit arracher : en cela il ne fut pas moins admirable que par le miracle qu'il avait fait de lui rendre la vie, tout sec qu'il était. Une autre fois, ayant rencontré un autre arbre chargé de fleurs que le vent avait déraciné, il en eut pitié et pria Dieu que tant de belles fleurs ne fussent point perdues. Ensuite il en coupa toutes les racines avec sa serpe et l'ayant fait pointu par le pied, il le ficha en terre. Sa confiance en Dieu ne fut pas inutile : à l'heure même l'arbre jeta de nouvelles racines, et, tirant le suc de la terre, il conserva ses fleurs tant qu'il fallut, et porta la même année de fort beaux fruits. Ces prodige et beaucoup d'autres attiraient grand nombre de personnes à sa cellule, pour se recommander à ses prières, et il ne manquait pas de leur donner des instructions salutaires pour les mettre dans la voie du bonheur éternel.
Enfin, le temps de sa récompense arriva ; il fut attaqué d'une fièvre violente, et sut qu'il allait mourir. Il en avertit ceux qui l'assistaient, et, leur marquant le jour où ce bonheur devait lui arriver, il les pria de l'annoncer à saint Félix, son évêque, afin qu'il voulût bien l'assister à cette heure dernière. Saint Félix se trouva alors si occupé que, ne pouvant y aller, il manda au Saint qu'il le suppliait d'attendre un peu, et qu'aussitôt que ses affaires seraient expédiées il ne manquerait pas de se rendre à sa cellule. C'est ainsi que ces amis de Dieu disposaient du temps de la vie et de la mort, comme s'ils en eussent été les maîtres absolus. Les messagers étant revenus auprès de saint Friard, qui semblait être près d'expirer, lui rapportèrent la réponse de saint Félix. « Levons-nons donc", dit-il, "et attendons notre frère" ; et en même temps la fièvre le quitta, et il se leva comme s'il n'eût plus eu mal. Lorsque saint Félix fut dégagé, il le vint trouver, suivant sa promesse. Alors cet homme céleste, qui gémissait en lui-même du retardement de son bonheur, lui en fit une plainte amoureuse, et lui dit : "O saint Prêtre, vous me faites longtemps attendre, et vous retardez extrêmement le voyage que je dois faire à l'éternité». La fièvre le reprit aussitôt, il se coucha, reçut du bienheureux évêque le baiser de paix et tous les secours que l'Eglise donne aux moribonds, et, le matin suivant, étant muni des Sacrements, de la bénédiction épiscopale et de la prière, il rendit son âme entre les mains de son Créateur. Ce fut le 1er août 577. A l'instant même sa cellule trembla, et elle fut remplie d'une odeur très-agréable. Saint Félix et ses clercs célébrèrent ses obsèques, et firent porter son corps dans l'église de Besne, lieu de sa naissance, où Dieu l'a honoré de plusieurs miracles.
Saint Friard est le patron des laboureurs, aussi bien que saint Isidore, dont nous avons donné la vie au 10 mai.
On le représente arrosant un arbrisseau. Cet arbrisseau était, comme nous l'avons vu, un bâton à l'usage du Saint. Ce bâton planté par lui et arrosé produisit des fruits. Cette merveille ayant attiré un grand concours, le Saint craignit la considération qui lui en reviendrait et abattit l'arbrisseau.

CULTE ET RELIQUES.
Ses reliques, ayant depuis été levées ds terre, ont été portées en partie dans la cathédrale de Nantes; le reste est demeuré dans cette église de Besne, dont il est le principal patron.
On conserve encore aujourd'hui, dans l'église de Besne, diocèse de Nantes, une partie des reliques de saint Friard et de saint Secondel, son ami et le compagnon de sa solitude. Ces reliques, qui ne sont plus très-considérables, sont renfermées dans 2 reliquaires en bois doré.
On y voit aussi les tombeaux des 2 Saints, qui sont en forme de cercueils, d'une seule pierre. A 1 kilomètre environ de l'église paroissiale existe un petit oratoire, que l'on assura avoir été bâti sur l'emplacement qu'occupait la cellule de saint Secondel. Tout près de cet oratoire, la tradition du pays indiquait une portion de landes qui aurait formé le petit jardin que le pieux compagnon de saint Friard cultivait de ses mains. Monseigneur l'évêque de Nantes, dans sa dernière visite pastarole, a acheté ce terrain, dont il a fait don à la fabrique, et aujourd'hui, une statue en pierre de saint Secondel s'élève au milieu du jardin, à quelques pas de l'oratoire dont nous venons de parler.
Dans le Propre du diocèse, approuvé à Rome en 1857, on a obtenu l'autorisation de faire la mémoire de saint Secondel au 29 avril, et la fête de saint Friard, au rite double-mineur, au 2 août. Ce sont les 2 jours assignés à la fête des saints Confesseurs par la tradition immémoriale de la paroisse de Besne, où leur culte est demeuré très-populaire.
Les reliques de saint Friard, que l'on possédait à la cathédrale de Nantes, avant la Révolution, ont été perdues.
Noun avons tiré cette vie de saint Grégoire de Tours et de ce que le père Alexandre, de Morlaix, a écrit dans son "Histoire des Saints de Bretagne", sur les vieux manuscrils de la même église de Besne. Nous l'avons complèté avec des notes locales dues à m. l'abbé P. Richard, vicaire général de Nantes, aujourd'hui (1876) évêque de Belley. -- Cfr "Vies des Saints de Bretagne", par Dom Lobineau.



SAINT ETHELWOLD, MOINE DE GLASTONBURY, EVEQUE DE WINCHESTER, EN ANGLETERRE, ET CONFESSEUR (+ 984)
évêque de Rome : Jean 14 - Roi d'Angleterre : Ethelred 2


Divina sapientia vera est scientia.
La sagesse divine est la vraie science.
Sextus le philosophe, Sent., 392

Saint Ethelwold, qui sortait d'une famille honnête, eut pour patrie la ville de Winchester. Animé dès son enfance d'un désir ardent de ne vivre que pour Dieu, il pria le Père des lumières de lui faire connaîttre un guide expérimenté qui pût le conduire dans les voies du Salut. Il le trouva dans la personne de saint Dunstan, abbé de Glastonbury. S'étant adressé à lui, il reçut de ses mains l'habit monastique. Il ne chercha plus que la vraie sagesse, qu'il savait préférable à tous les trésors, et pour l'acquisition de laquelle on doit tout sacrifier. La prière, les larmes et le travail firent toutes ses délices, et il dirigeait tous ses efforts vers ce bien estimable que Dieu Lui-même nous invite à nous procurer. On reconnaissait au zèle avec lequel il travaillait à se perfectionner, que le Saint-Esprit régnait déjà dans son coeur. Il montrait aussi beaucoup d'ardeur pour l'étude des sciences qui se rapportent à la religion, parce que cette étude faisait une partie essentielle de ses devoirs. Saint Dunstan, qui connut bientôt son mérite, le fit doyen de sa communauté.
En 947, le roi Edred rebâtit et dota richement l'abbaye d'Abingdon, qui avait été fondée par le roi Clissa en 675, et depuis considérablement agrandie par Ina. Ethelwold fut choisi pour gouverner cette abbaye, qui était dans le Berkshire. Il y établit une parfaite régularité, qui servit depuis de modèle à plusieurs établissements semblables. Il fit venir de Corbie un maître de chant, et adopta les observances du monastère de Fleury, alors célèbre par la sainteté de ceux qui l'habitaient. Osgar, un de ses disciples, avait passé quelque temps dans ce monastère pour rapporter en Angleterre ce qu'il aurait vu se pratiquer en France.
La fureur des Danois avait causé les plus grands ravages dans la Grande-Bretagne; on n'y voyait presque plus de maisons religieuses, et il n'y avait plus de moines qu'à Glastonbury et à Abingdon. La jeunesse y était mal élevée; l'ignorance avait pris la place du savoir, et l'on était dépourvu de tous les moyens propres à éclairer les esprits et à rendre les coeurs vertueux. Ces circonstances déplorables excitèrent le zèle de ceux qui s'intéressaient à la gloire de Dieu, et surtout de saint Dunstan, de saint Ethelwold et de saint Oswald. Ces 3 grands hommes s'appliquèrent de toutes leurs forces à rétablir le goût de l'étude et à faire refleurir les lettres.
Saint Ethelwold fut sacré évêque de Winchester par saint Dunstan, qui avait été placé sur le siège de Cantorbéry. Il eut bien des abus à réformer. Il commença par faire rentrer dans le devoir les ecclésiastiques, auxquels l'ignorance, encore plus que la corruption, faisait violer les règles les plus sacrées. Les efforts de son zèle furent cependant inutiles à l'égard de plusieurs. Les chanoines séculiers de sa cathédrale se montrèrent incorrigibles; il les chassa après leur avoir assigné de quoi subsister, et mit en leur place les moines d'Abingdon, dont il fut tout à la fois l'évêque et l'abbé. Il y en eut 3 qui prirent l'habit et restèrent attachés au service de cette église. L'année suivante, le saint évêque ôta de nouveau le monastère de Winchester aux chanoines séculiers qui l'occupaient, et leur substitua des moines qui furent gouvernés par un abbé. Il fit réparer dans la même ville le monastère des religieuses, dédié sous l'invocation de la Sainte Vierge. Ayant acheté du roi les terres et les ruines de celui de Saint-Audry, dans l'île d'Ely, lequel avait été brûlé par les Danois 100 ans auparavant, il y bâtit à la même place une célèbre abbaye d'hommes qui éprouva les effets de la libéralité du roi Edgard, et qui, depuis, fut connue sous le nom de l'île dans laquelle elle était située. Il fit aussi reconstruire, en 97O, celle de Thorney, dans le Cambridegeshire, dont il avait également acheté les ruines.
Ce fut par son secours, et sous sa direction, qu'Adolphe, chancelier du roi Edgard, fit l'acquisition du terrain de l'abbaye de Peterborough, pour le rebâtir avec la plus grande magnificence. Cette maison avait été fondée en 646, par Péada, premier roi Chrétien de Mercie. Elle n'avait toutefois été achevée que par Wulphère et Ethelred, frères de ce prince, et par Kinéburge et Kinewith leurs soeurs, qui voulurent y être enterrées. Elle avait subsisté avec une grande réputation de sainteté jusqu'à l'an 810, époque à laquelle les Danois la détruisirent. Adolphe, que l'on en regardait avec raison comme le second fondateur, y fit enterrer son fils unique, mort en bas âge, dans l'année 960. Il donna ensuite tous ses biens au monastère, y prit l'habit et en fut élu abbé.
Quoique Saint Ethelwold s'occupât fortement de la sanctification des autres, il ne négligeait pas pour cela son propre Salut. Il s'exerçait à la pratique de toutes les vertus, et rapportait tout à la gloire de Dieu. L'humilité et la charité animaient toutes ses actions extérieures. Il savait que sans ces vertus il ne lui servirait de rien de distribuer son bien aux pauvres, et même de livrer son corps aux flammes. Il savait encore que la ferveur de la dévotion doit être nourrie et augmentée dans le coeur, parce qu'autrement elle se relâche et perd son activité, à peu près comme une flèche, lancée par un arc, dont la force diminue peu à peu, et qui tombe à la fin par terre. Il joignait donc les exercices intérieurs aux fonctions extérieures, afin que les unes et les autres se soutinssent et se fortifiassent mutuellement.
Sa bienheureuse mort arriva le 1er août 984. On l'enterra dans sa cathédrale, à côté du grand autel. Plusieurs miracles ayant été opérés par son intercession, on leva son corps de terre et on le déposa solennellement sous l'autel. Cette cérémonie fut faite par saint Elphège, successeur immédiat de Saint Ethelwold.
Godescard et Acta Sanctorum.



Textes à corriger plus tard :


LES 7 FRERES MACHABES, LEUR MERE, ET LE SAINT VIEILLARD ELEAZAR, MARTYRISES A ANTIOCHE DE SYRIE, DANS LA TURQUIE D'ASIE (161 et 164 avant Jésus-Christ) p.183-189

DEDICACE DE SAINT-PIERRE-ES-LIENS, ou la Fête des chaînes du prince des Apôtres (439) p.192-199





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que les saints Anges du Seigneur veillent sur vous!

jean-michel


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