Non, il nest jamais trop tard!
Lorsquon sest engagé dans des chemins de traverse et que lon se retrouve dans des situations inextricables, on est tenté de penser que personne ne peut plus rien changer. Il est trop tard...
«Il est trop tard» se conjugue de mille manières: tant dhommes et de femmes désespèrent deux-mêmes, cachant parfois leur angoisse ou leurs regrets sous une satisfaction de façade
Cest Charles, qui critique violemment lEglise, afin de justifier son choix davoir quitté la vie sacerdotale pour épouser une femme divorcée ; Claire, qui tourne en dérision «les cathos», parce quelle garde la nostalgie dune Foi quelle a ouvertement rejetée.
Cest Jérôme, qui boit de plus en plus, pour oublier quil boit; Patrick, qui pense au suicide plutôt que davouer à son épouse quil lui ment depuis des années ; des milliers de jeunes qui s en ferment dans le cercle vicieux de la drogue et de la violence.., et tant dautres qui pensent avoir atteint un point de non-retour.
Or, que nous dit Jésus ? «Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin de médecin, mais les malades. Je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs.» (1) «Il y aura plus de joie dans le Ciel pour un seul pécheur qui se repent que pour 99 justes qui nont pas besoin de repentir.» (2)
«Le Fils de lHomme est venu chercher et sauver ce qui était perdu.» (3) «Pour Dieu, tout est possible» (4), «Demandez, et lon vous donnera.» (5) Et au Bon Larron pour qui, apparemment, la rencontre avec Jésus arrivait trop tard : «En vérité, je te le dis, aujourdhui tu seras avec moi dans le Paradis» (6)
«Il est trop tard» est un mensonge de Satan. Cest lui qui prétend que nos drames sont désespérés, nos choix inexorables. Et nous nous laissons prendre à ses mensonges, parce que lamour inconditionnel de Dieu nous semble beaucoup trop beau pour être vrai. Nous ne croyons pas vraiment que «pour Dieu, tout est possible». En somme, Jésus serait venu pour tous les pécheurs... sauf pour le lamentable pécheur que je suis
Certes, lhomme peut refuser Dieu totalement, jusquà Lui préférer lEnfer - Satan est bien placé pour le savoir. Mais jusquà lheure ultime de la mort, il est encore temps daccueillir le Salut, de sen remettre à la miséricorde.
Cest pourquoi, jusquau bout, Satan cherche à nous persuader que tout est perdu, ou - autre mensonge - que nous serons sauvés de toute façon, sans aucune collaboration de notre part.
Il nest jamais trop tard, mais il nest jamais trop tôt pour se convertir.
Nous ne savons «ni le jour, ni lheure» de notre mort. Et si le Salut est gratuit - cest Jésus qui nous la mérité une fois pour toutes -, il nest pas automatique. A nous de laccepter ou de le refuser, en posant des actes significatifs. Ce ne sont pas ces actes qui vont nous sauver, mais ce sont eux qui vont ouvrir notre coeur à la miséricorde de Dieu.
Comment faire ? Comme le publicain de la parabole qui, humblement prosterné, ne sait que répéter en se frappant la poitrine : «Mon Dieu, aie pitié du pécheur que je suis !» (7). Cette humble prière peut durer des semaines, des mois, des années, mais Dieu écoute. Et Il exauce toujours celui qui se tient devant Lui comme un pauvre.
Le jour du Salut, cest aujourdhui. Quel que soit votre passé, quelles que soient les dépendances dont vous êtes prisonnier, quels que soient les obstacles qui vous empêchent de croire à la Bonne Nouvelle du Salut, vous pouvez aujourdhui même, à linstant, vous mettre à genoux pour dire au Seigneur: «Je ne sais pas si Tu maimes, je ne sais pas si je Taime, mais je voudrais revenir vers Toi».
Même sil vous paraît absolument impossible de vous convertir, même si toutes sortes de pressions vous éloignent de Dieu, même si votre désespoir est tel quaucune lumière ne brille dans vos ténèbres, même si tout ce quon peut dire de lamour de Dieu vous paraît une dérisoire langue de bois.., osez écouter le désir de votre coeur qui crie vers le bonheur éternel. Osez croire que Dieu vous offre ce bonheur-là. Il nest pas trop tard pour vous laisser aimer.
(1)Marc 2, 17. (2)Luc 15,7. (3)Luc 19, 10. (4)Matthieu 19,26. (5)Luc 11,9. (6)Luc 23,43. (7)Luc 18, 13.
in : la Foi en famille, Famille Chrétienne n° 1163 du 27 avril 2000